{"id":422,"date":"2010-05-01T00:30:57","date_gmt":"2010-05-01T04:30:57","guid":{"rendered":"https:\/\/legionmagfren.wpengine.com\/?p=422"},"modified":"2010-05-03T08:30:09","modified_gmt":"2010-05-03T12:30:09","slug":"les-chemins-de-la-victoire","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/2010\/05\/les-chemins-de-la-victoire\/","title":{"rendered":"Les\u2008Chemins\u2008De La Victoire"},"content":{"rendered":"<div class=\"caption_img \"\tstyle=\"width:630px\"><img fetchpriority=\"high\" decoding=\"async\" class=\"alignnone size-full wp-image-425\" title=\"Le lieutenant-g\u00e9n\u00e9ral Charles Foulkes (\u00e0 g. au c.) accepte la reddition des forces allemandes aux Pays-Bas, le 7 mai 1945. [PHOTO : ALEXANDER STIRTON, BIBLIOTH\u00c8QUE ET ARCHIVES CANADA \u2014 PA138588]\" src=\"https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2010\/05\/FrenchVElead.jpg\" alt=\"Le lieutenant-g\u00e9n\u00e9ral Charles Foulkes (\u00e0 g. au c.) accepte la reddition des forces allemandes aux Pays-Bas, le 7 mai 1945. [PHOTO : ALEXANDER STIRTON, BIBLIOTH\u00c8QUE ET ARCHIVES CANADA \u2014 PA138588]\" width=\"630\" height=\"236\" srcset=\"https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2010\/05\/FrenchVElead.jpg 630w, https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2010\/05\/FrenchVElead-300x112.jpg 300w\" sizes=\"(max-width: 630px) 100vw, 630px\" \/><\/p>\n<div class=\"caption\"><span>Le lieutenant-g\u00e9n\u00e9ral Charles Foulkes (\u00e0 g. au c.) accepte la reddition des forces allemandes aux Pays-Bas, le 7 mai 1945. <\/span><\/div>\n<div class=\"credit\"><span>PHOTO : ALEXANDER STIRTON, BIBLIOTH\u00c8QUE ET ARCHIVES CANADA \u2014 PA138588<\/span><\/div>\n<\/div>\n<p><strong>John Gray, officier du renseignement, est un des premiers lib\u00e9rateurs canadiens \u00e0 Rotterdam apr\u00e8s la reddition allemande. En sortant de la mairie, o\u00f9 il a demand\u00e9 o\u00f9 se trouvaient les chefs de la r\u00e9sistance de la ville, il voit une dizaine de Hollandais autour de sa jeep. \u00ab\u00a0En m\u2019appr\u00eatant \u00e0 monter, j\u2019ai vu le reste de notre repas dans une boite en carton\u00a0: des sandwichs et une tarte. Si ces hommes avaient faim, est-ce qu\u2019on m\u2019en voudrait?\u00a0\u00bb Gray demande alors \u00e0 un des hommes si la nourriture les int\u00e9resse. Le Hollandais \u00ab\u00a0m\u2019a d\u00e9visag\u00e9 d\u2019un air incr\u00e9dule\u00a0: si elle les int\u00e9resse?\u00a0\u00bb Il s\u2019assoit sur le capot de la jeep o\u00f9 il rompt les sandwichs en petits morceaux pour en donner une petite poign\u00e9e \u00e0 chacun. Les hommes mangent lentement, avec un plaisir \u00e9vident, et l\u00e8chent leurs mains pour en recueillir les moindres miettes. Certains ont eu du sandwich; d\u2019autres, de la tarte, et tous s\u2019en l\u00e8chent les l\u00e8vres\u2026 \u00ab\u00a0Beaucoup de soldats, dit Gray, ont fait une exp\u00e9rience semblable le premier jour [\u2026] et pour beaucoup de Hollandais, le gout m\u00eame de la libert\u00e9 a \u00e9t\u00e9 pendant longtemps une bouch\u00e9e de bon pain ou de p\u00e2tisserie comme ceux qu\u2019ils avaient presque oubli\u00e9.\u00a0\u00bb<\/strong><\/p>\n<p>\u00c0 La Haye, un ado hollandais regarde le premier char d\u2019assaut canadien rouler dans sa rue. \u00ab\u00a0Un lourd silence s\u2019\u00e9tablit dans la ville\u00a0\u00bb, \u00e9crit-il par la suite, dans un style qu\u2019on pourrait qualifier de biblique, \u00ab\u00a0et il fut soudainement bris\u00e9 par un grand cri qui sembla \u00e9maner de la terre, et les habitants mont\u00e8rent sur le char et en sortirent le soldat, et ils pleuraient.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>La r\u00e9action exub\u00e9rante des Hollandais \u00e0 la lib\u00e9ration est \u00e9vi-dente partout. Apr\u00e8s cinq ans d\u2019occupation nazie, de terreur, ils sont libres; apr\u00e8s \u00ab\u00a0l\u2019hiver de la famine, ou de la faim\u00a0\u00bb de 1944-1945, ils vont \u00eatre nourris. Les soldats de la Premi\u00e8re Arm\u00e9e canadienne ont lib\u00e9r\u00e9 les Pays-Bas\u00a0: la partie de la Seconde Guerre mondiale qui a le plus ravi les soldats cana-diens. Or la route vers la victoire en Europe a \u00e9t\u00e9 longue.<\/p>\n<p>Le IIe Corps canadien faisait partie de la Premi\u00e8re Arm\u00e9e canadienne command\u00e9e par le lieutenant-g\u00e9n\u00e9ral Harry Crerar quand il a travers\u00e9 la Normandie. Ensuite, il y a eu le nettoyage de la c\u00f4te de la Manche et puis, apr\u00e8s, la bataille f\u00e9roce pour l\u2019ouverture de l\u2019estuaire de l\u2019Escaut, en octobre et novembre 1944.<\/p>\n<p>\u00c0 la fin f\u00e9vrier, le Ier Corps canadien du g\u00e9n\u00e9ral Charles Foulkes, en Italie, prenait la route vers le nord pour se joindre \u00e0 la Premi\u00e8re Arm\u00e9e canadienne, pendant que le IIe, command\u00e9 par le lieutenant-g\u00e9n\u00e9ral Guy Simonds, traversait la Rh\u00e9nanie et puis, dans le cadre de l\u2019op\u00e9ration Plunder, traversait le Rhin. Les combats \u00e9taient difficiles et les victimes, nombreuses, car les Allemands r\u00e9sistaient avec beaucoup de d\u00e9termination aux arm\u00e9es alli\u00e9es qui s\u2019approchaient du Reich.<\/p>\n<div class=\"caption_img \"\tstyle=\"width:515px\"><img decoding=\"async\" style=\"vertical-align: middle;\" title=\"Des soldats canadiens et des civils hollandais heureux c\u00e9l\u00e9brant la lib\u00e9ration d\u2019Utrecht, le 7 mai 1945. [PHOTO : ALEXANDER STIRTON, BIBLIOTH\u00c8QUE ET ARCHIVES CANADA \u2014 PA140417]\" src=\"http:\/\/www.legionmagazine.com\/en\/wp-content\/uploads\/2010\/05\/VEDayInset1.jpg\" alt=\"Des soldats canadiens et des civils hollandais heureux c\u00e9l\u00e9brant la lib\u00e9ration d\u2019Utrecht, le 7 mai 1945. [PHOTO : ALEXANDER STIRTON, BIBLIOTH\u00c8QUE ET ARCHIVES CANADA \u2014 PA140417]\" width=\"515\" height=\"510\" \/><\/p>\n<div class=\"caption\"><span>Des soldats canadiens et des civils hollandais heureux c\u00e9l\u00e9brant la lib\u00e9ration d\u2019Utrecht, le 7 mai 1945. <\/span><\/div>\n<div class=\"credit\"><span>PHOTO : ALEXANDER STIRTON, BIBLIOTH\u00c8QUE ET ARCHIVES CANADA \u2014 PA140417<\/span><\/div>\n<\/div>\n<p>Ensuite, alors que le Ier Corps se dirigeait vers le nord-ouest de la Hollande, le IIe allait vers le nord-est, traversant le canal Twente et la fronti\u00e8re hollandaise-allemande durant la premi\u00e8re semaine d\u2019avril, avec pour objectifs Oldenbourg et, au-del\u00e0, le fleuve Weser. Les combats qu\u2019a d\u00fb livrer la 4e Division blind\u00e9e canadienne ont souvent \u00e9t\u00e9 terribles. \u00c0 Delden, une compagnie du r\u00e9giment de Lincoln et Welland demanda un tir de mortiers sur sa propre position afin de repousser une attaque. \u00c0 Sogel, le 9 avril, de l\u2019autre c\u00f4t\u00e9 de la fronti\u00e8re, les fantassins motoris\u00e9s du Lake Superior Regt. nettoy\u00e8rent la ville et essuy\u00e8rent une contrattaque brutale le lendemain. \u00c0 peu pr\u00e8s 30 ennemis atteignirent le centre-ville o\u00f9 ils prirent la 12e Ambulance de campagne pour cible. Le capitaine Harry Jolley, un dentiste qui avait servi en Grande-Bretagne et en Italie auparavant, se trouva dans un combat \u00e0 mort et, peut-\u00eatre \u00e0 sa surprise, ses actions furent si louables qu\u2019il fut cit\u00e9 \u00e0 l\u2019ordre du jour (il avait esp\u00e9r\u00e9 recevoir la Croix militaire) et re\u00e7ut la M\u00e9daille de l\u2019Empire britannique par la suite. Jolley ne mentionna pas l\u2019action dans sa prochaine lettre, disant simplement \u00e0 sa s\u0153ur qu\u2019il \u00e9tait en train de lire Forever Amber, le roman lubrique du jour, qu\u2019il ne trouvait \u00ab\u00a0pas tr\u00e8s excitant\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>Quelques jours apr\u00e8s, on informa (erron\u00e9ment, a-t-on su par la suite) le major-g\u00e9n\u00e9ral Christopher Vokes, commandant de la division, que le commandant des Argyll and Sutherland Highlanders avait \u00e9t\u00e9 tu\u00e9 par un civil, \u00e0 Friesoythe. Vokes donna l\u2019ordre de d\u00e9truire la ville en repr\u00e9sailles. \u00ab\u00a0On se servait des d\u00e9combres pour construire les rues qu\u2019il nous fallait pour les chars, dit-il des ann\u00e9es plus tard. Je dois avouer que je ressens encore un profond sentiment de perte (\u00e0 propos de la mort de son officier) et pas beaucoup de remords \u00e0 propos de l\u2019\u00e9limination de Friesoythe.\u00a0\u00bb Les Canadiens avaient fait de gros efforts pour pr\u00e9server les civils hollandais de leur feu. Ils ne se sont pas inqui\u00e9t\u00e9s outre mesure des Allemands.<\/p>\n<p>La division de Vokes, dont l\u2019infanterie provenait de la 10e Brigade du brigadier J.C. Jefferson, dut ensuite trouver un moyen de traverser le large canal Kusten, \u00e0 quelques kilom\u00e8tres au sud d\u2019Oldenbourg. Les Allemands avaient deux bataillons de fantassins de marine et des parachutistes pour d\u00e9fendre leur berge du canal et, les 17 et 18 avril, Jefferson fit traverser les fantassins de l\u2019Algonquin Regt. en bateaux. La t\u00eate de pont s\u2019implanta malgr\u00e9 une tr\u00e8s forte r\u00e9sistance et, peu apr\u00e8s, les hommes du Corps royal du g\u00e9nie canadien man\u0153uvr\u00e8rent des radeaux et construisirent un pont sur le canal. Malgr\u00e9 les lourdes pertes, la 4e blind\u00e9e maintint sa pouss\u00e9e.<\/p>\n<p>Les combats en Hollande se poursuivirent, presque sans cesse. Les 2e et 3e divisions d\u2019infanterie canadienne avaient la t\u00e2che de nettoyer le Nord-Est du pays, assist\u00e9es par la 1re Division blind\u00e9e polonaise et ensuite par la 5e Division blind\u00e9e canadienne du major-g\u00e9n\u00e9ral Bert Hoffmeister qui avait \u00e9t\u00e9 d\u00e9tach\u00e9e du corps command\u00e9 par Foulkes. La 3e Division eut de la difficult\u00e9 \u00e0 Warnsveld o\u00f9 elle captura des soldats ados qui, m\u00eame en avril 1945, \u00ab\u00a0pensaient que l\u2019Allemagne allait gagner; leur confiance en Hitler et envers le nazisme [\u2026] toujours in\u00e9branlable\u00a0\u00bb. Le teneur de journal de guerre du R\u00e9giment de la Chaudi\u00e8re remarqua \u00e0 Zutphen que \u00ab\u00a0les ennemis [\u2026] \u00e9taient souvent des troupes de premi\u00e8re classe \u00e0 l\u2019esprit tr\u00e8s combatif\u00a0\u00bb. Les Canadiens prirent la ville le 8 avril.<\/p>\n<div class=\"caption_img \"\tstyle=\"width:515px\"><img decoding=\"async\" style=\"vertical-align: middle;\" title=\"Des Torontois lisent les nouvelles lors des c\u00e9l\u00e9brations, au centre-ville, du jour de la victoire en Europe en mai 1945. [PHOTO : OFFICE NATIONAL DU FILM  DU CANADA, BIBLIOTH\u00c8QUE ET ARCHIVES CANADA \u2014 PA114627]\" src=\"http:\/\/www.legionmagazine.com\/en\/wp-content\/uploads\/2010\/05\/VEDayInset2.jpg\" alt=\"Des Torontois lisent les nouvelles lors des c\u00e9l\u00e9brations, au centre-ville, du jour de la victoire en Europe en mai 1945. [PHOTO : OFFICE NATIONAL DU FILM  DU CANADA, BIBLIOTH\u00c8QUE ET ARCHIVES CANADA \u2014 PA114627]\" width=\"515\" height=\"537\" \/><\/p>\n<div class=\"caption\"><span>Des Torontois lisent les nouvelles lors des c\u00e9l\u00e9brations, au centre-ville, du jour de la victoire en Europe en mai 1945. <\/span><\/div>\n<div class=\"credit\"><span>PHOTO : OFFICE NATIONAL DU FILM  DU CANADA, BIBLIOTH\u00c8QUE ET ARCHIVES CANADA \u2014 PA114627<\/span><\/div>\n<\/div>\n<p>Cinq jours plus tard, la 2e Division atteignit Groningen, la sixi\u00e8me ville des Pays-Bas en importance, o\u00f9 elle aussi endura une r\u00e9sistance acharn\u00e9e de l\u2019infanterie allemande et des troupes SS n\u00e9erlandaises. Les SS, sachant ce qui les attendait \u00e0 la lib\u00e9ration de la Hollande, r\u00e9sist\u00e8rent farouchement, livrant combat au corps \u00e0 corps dans les maisons et dans les rues. Certains se mirent des v\u00eatements civils, se m\u00ealant aux citoyens hollandais qui c\u00e9l\u00e9braient leur lib\u00e9ration imminente, pour tirer sur les fantassins des 5e et 6e brigades canadiennes. Ils furent tu\u00e9s \u00e0 vue. Le 16 avril, les Allemands se rendirent. L\u2019infanterie de la 2e Division avait eu 209 victimes.<\/p>\n<p>La 3e Division, ayant nettoy\u00e9 Deventer le 11 avril, prit le chemin de Leeuwarden, \u00e0 15 kilom\u00e8tres de la mer du Nord. \u00c0 Harlingen, sur la c\u00f4te, la Highland Light Inf. mena une attaque \u00ab\u00a0de commande urgente\u00a0\u00bb, c\u2019est-\u00e0-dire que le bataillon allait de l\u2019avant aussi vite que possible. Plus de 400 Allemands leur tomb\u00e8rent entre les mains, \u00ab\u00a0beaucoup d\u2019entre eux en \u00e9tat d\u2019ivresse\u00a0\u00bb; la r\u00e9sistance s\u2019effondra si rapidement qu\u2019il n\u2019y eut aucune victime.<\/p>\n<p>\u00c0 Otterlo, une rupture allemande donna lieu \u00e0 des combats d\u00e9sesp\u00e9r\u00e9s la nuit des 16 et 17 avril. Le poste de commandement du g\u00e9n\u00e9ral Hoffmeister se trouvait dans la ville avec des troupes du Irish Regt. of Canada, des Governor General\u2019s Horse Guards et trois r\u00e9giments d\u2019artillerie. L\u2019ennemi prit tout le monde par surprise, lan\u00e7ant des grenades, tirant au mortier et lan\u00e7ant des cris (d\u2019homme ivre, dirent certains Canadiens). Hoffmeister se trouvait en plein milieu des combats \u2014 en pyjamas, selon certains \u2014 alors que les artilleurs les affrontaient au corps \u00e0 corps. Trois cents Allemands trouv\u00e8rent la mort lors de ces combats d\u00e9sordonn\u00e9s.<\/p>\n<div class=\"caption_img \"\tstyle=\"width:515px\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" style=\"vertical-align: middle;\" title=\"VEDayInset3\" src=\"http:\/\/www.legionmagazine.com\/en\/wp-content\/uploads\/2010\/05\/VEDayInset3.jpg\" alt=\"Des membres du Seaforth Highlanders of Canada fument, le 5 mai 1945, devant une affiche qui attire l\u2019attention sur la guerre au Pacifique. [PHOTO : MICHAEL M. DEAN, BIBLIOTH\u00c8QUE ET ARCHIVES CANADA \u2014 PA137732]\" width=\"515\" height=\"469\" \/><\/p>\n<div class=\"caption\"><span>Des membres du Seaforth Highlanders of Canada fument, le 5 mai 1945, devant une affiche qui attire l\u2019attention sur la guerre au Pacifique. <\/span><\/div>\n<div class=\"credit\"><span>PHOTO : MICHAEL M. DEAN, BIBLIOTH\u00c8QUE ET ARCHIVES CANADA \u2014 PA137732<\/span><\/div>\n<\/div>\n<p>L\u2019unit\u00e9 de Hoffmeister prit ensuite la route de Delfzijl, petit port hollandais en face de la ville allemande de Emden, \u00e0 l\u2019embouchure du fleuve Ems. Quelque 1\u00a0500 soldats allemands, dans un syst\u00e8me de tranch\u00e9es bien prot\u00e9g\u00e9 par des barbel\u00e9s et appuy\u00e9s par des canons navals de gros calibre, se battirent f\u00e9rocement l\u00e0 aussi. L\u2019attaque des Canadiens, command\u00e9e par le brigadier Ian Johnston de la 11e Brigade Canadienne d\u2019infanterie, commen\u00e7a le 25 avril. L\u2019infanterie, des hommes du Westminster Regt., du Irish Regt. of Canada, du Perth Regt. et des Cape Breton Higthlanders, s\u2019avan\u00e7a lentement sous le feu ennemi, d\u00e9minant le terrain. Le terrain \u00e9tait boueux, ce qui lui rendait la vie encore plus difficile. Le Perth subit 78 pertes en cinq jours lors du nettoyage des abords de Delfzijl.<\/p>\n<p>La prise de la ville m\u00eame \u00e9tait la responsabilit\u00e9 du Cape Breton, son attaque principale devant avoir lieu le 30 avril \u00e0 22 h. Les d\u00e9fenses allemandes, ancr\u00e9es gr\u00e2ce \u00e0 d\u2019immenses bunkers en b\u00e9ton de quatre pieds d\u2019\u00e9paisseur, devaient \u00eatre nettoy\u00e9es et la r\u00e9sistance dura jusqu\u2019au 2 mai, bien qu\u2019Adolf Hitler s\u2019\u00e9tait d\u00e9j\u00e0 suicid\u00e9 dans les ruines du Troisi\u00e8me Reich \u00e0 Berlin. Les 10 jours de combats aux environs de Delfzijl et puis dans la ville avaient cout\u00e9 62 morts et 168 bless\u00e9s aux Cape Breton Highlanders. Il est \u00e9crit dans le journal de guerre du r\u00e9giment que ce fut son combat le plus dur de la guerre\u00a0: un commentaire extraordinaire pour une unit\u00e9 qui s\u2019est battue aux lignes Hitler et gothique en Italie, et un t\u00e9moignage de la r\u00e9sistance fanatique des nazis qui dura jusqu\u2019\u00e0 la toute fin de la guerre.<\/p>\n<div class=\"caption_img \"\tstyle=\"width:515px\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" style=\"vertical-align: middle;\" title=\"Un portrait d\u2019Hitler fracass\u00e9 contre un v\u00e9hicule allemand d\u00e9truit en mai 1945. [PHOTO : DAN GURAVICH, BIBLIOTH\u00c8QUE ET ARCHIVES CANADA \u2014 PA130978]\" src=\"http:\/\/www.legionmagazine.com\/en\/wp-content\/uploads\/2010\/05\/VEDayInset4.jpg\" alt=\"Un portrait d\u2019Hitler fracass\u00e9 contre un v\u00e9hicule allemand d\u00e9truit en mai 1945. [PHOTO : DAN GURAVICH, BIBLIOTH\u00c8QUE ET ARCHIVES CANADA \u2014 PA130978]\" width=\"515\" height=\"409\" \/><\/p>\n<div class=\"caption\"><span>Un portrait d\u2019Hitler fracass\u00e9 contre un v\u00e9hicule allemand d\u00e9truit en mai 1945. <\/span><\/div>\n<div class=\"credit\"><span>PHOTO : DAN GURAVICH, BIBLIOTH\u00c8QUE ET ARCHIVES CANADA \u2014 PA130978<\/span><\/div>\n<\/div>\n<p>Pendant que ces combats avaient lieu sur sol hollandais, en avril, la population des villes continuait de mourir de faim. Le commandement des alli\u00e9s et le gouvernement hollandais en exil \u00e0 Londres \u00e9taient au courant des privations \u2014 la ration ali-mentaire quotidienne d\u2019un travailleur \u00e9tait d\u2019entre 320 et 500 calories \u2014 et on s\u2019inqui\u00e9tait que les soldats allemands \u00e0 l\u2019Ouest du pays d\u00e9foncent les digues s\u2019ils \u00e9taient attaqu\u00e9s. C\u2019est l\u00e0 qu\u2019on en \u00e9tait au d\u00e9but d\u2019avril, quand le Reichskommissar nazi Arthur Seyss-Inquart autorisa la livraison de nourriture pourvu que les troupes alli\u00e9es ne traversent pas ses lignes. Le reichskommissar avait exerc\u00e9 une monstrueuse tyrannie; il avait probablement peur du sort qui serait le sien apr\u00e8s sa reddition et il essayait de n\u00e9gocier la cl\u00e9mence des alli\u00e9s. Le 28 avril, un accord de cessez-le-feu entra en vigueur au front du Ier Corps canadien. Peu apr\u00e8s, les camions traversaient la ligne et les avions du Bomber Command parachutaient des rations dans le cadre de l\u2019op\u00e9ration Manna. La 1re Arm\u00e9e canadienne envoya 1\u00a0600 tonnes de nourriture par jour et les quartiers g\u00e9n\u00e9raux sup\u00e9rieurs prirent des arrangements afin d\u2019envoyer du charbon pour la production d\u2019\u00e9lectricit\u00e9. Les bombardiers largu\u00e8rent 11 millions de rations\u00a0: la manne tombant du ciel; ou tout au moins, c\u2019est ce qu\u2019ont d\u00fb penser les Hollandais.<\/p>\n<p>Les efforts d\u2019urgence n\u2019avaient pas coup\u00e9 court \u00e0 la spirale du nombre des morts. Au moins 150\u00a0000 Hollandais des r\u00e9gions urbaines souffraient d\u2019\u0153d\u00e8me d\u2019inanition et le taux de mortalit\u00e9 atteignait environ 10 p. 100. Et le geste \u00ab\u00a0humanitaire\u00a0\u00bb de Seyss-Inquart \u2014 ses troupes avaient d\u00e9fonc\u00e9 les digues soudainement, sadiquement et par l\u00e0 inond\u00e9 les terres hollandaises juste avant le d\u00e9but des n\u00e9gociations \u2014 ne le prot\u00e9gea pas de l\u2019\u00e9chafaud.<\/p>\n<div class=\"caption_img \"\tstyle=\"width:515px\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" style=\"vertical-align: middle;\" title=\"Une cuill\u00e8re d\u00e9passant de ses pantalons, un gar\u00e7on hollandais esp\u00e8re obtenir de la nourriture pendant l\u2019hiver de la famine. [PHOTO : TACONIS KRYN, BIBLIOTH\u00c8QUE ET ARCHIVES CANADA \u2014 PA169941]\" src=\"http:\/\/www.legionmagazine.com\/en\/wp-content\/uploads\/2010\/05\/VEDayInset8.jpg\" alt=\"Une cuill\u00e8re d\u00e9passant de ses pantalons, un gar\u00e7on hollandais esp\u00e8re obtenir de la nourriture pendant l\u2019hiver de la famine. [PHOTO : TACONIS KRYN, BIBLIOTH\u00c8QUE ET ARCHIVES CANADA \u2014 PA169941]\" width=\"515\" height=\"797\" \/><\/p>\n<div class=\"caption\"><span>Une cuill\u00e8re d\u00e9passant de ses pantalons, un gar\u00e7on hollandais esp\u00e8re obtenir de la nourriture pendant l\u2019hiver de la famine. <\/span><\/div>\n<div class=\"credit\"><span>PHOTO : TACONIS KRYN, BIBLIOTH\u00c8QUE ET ARCHIVES CANADA \u2014 PA169941<\/span><\/div>\n<\/div>\n<p>L\u2019amertume des Hollandais \u00e9tait justifi\u00e9e; celle des Canadiens aussi. Le g\u00e9n\u00e9ral Harry Crerar s\u2019\u00e9tait battu avec les Allemands \u00e0 deux guerres et il ne voulait pas que ses soldats mourant en Allemagne soient ensevelis dans une terre ennemie. Il donna la consigne que les restes de ceux qui mourraient en Allemagne \u2014 1\u00a0482 pendant les six derni\u00e8res semaines de la guerre \u2014 soient transport\u00e9s aux Pays-Bas pour \u00eatre enterr\u00e9s \u00e0 Groesbeek ou \u00e0 Holten, les lieux choisis par les Canadiens comme cimeti\u00e8res de la Commission des s\u00e9pultures de guerre du Commonwealth.<\/p>\n<p>Or la guerre touchait \u00e0 sa fin. Le capitaine Jolley, \u00e9coutant la radio le 1er mai, syntonisa un poste allemand qui jouait La Chevauch\u00e9e des Walkyries sans cesse jusqu\u2019\u00e0 l\u2019importante annonce qui eut lieu \u00e0 10\u00a0h\u00a025\u00a0: Hitler \u00e9tait mort. \u00ab\u00a0C\u2019\u00e9tait d\u00e9cevant\u00a0\u00bb, \u00e9crivit-il. La reddition des Allemands, qui eut finalement lieu le 7 mai, fut d\u00e9cevante elle aussi. \u00ab\u00a0C\u2019est un jour, aurait-on pu croire, o\u00f9 un vieux soldat pourrait se rappeler les sc\u00e8nes inoubliables\u00a0: le drame, les \u00e9motions intenses, le soulagement, la joie, les larmes, le rire.\u00a0\u00bb Ce ne fut pas le cas. \u00ab\u00a0Personne n\u2019a cri\u00e9, lanc\u00e9 son chapeau en l\u2019air, ni rien dans le genre [\u2026]. Je ressentais; je ne sais\u2026 pratiquement rien. Si j\u2019ai ressenti quelque chose, c\u2019est la surprise, et j\u2019\u00e9tais peut-\u00eatre impatient et contrari\u00e9 de ne pas r\u00e9agir d\u2019une mani\u00e8re qui correspondait plus \u00e0 l\u2019occasion.\u00a0\u00bb<\/p>\n<div class=\"caption_img \"\tstyle=\"width:515px\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" style=\"vertical-align: middle;\" title=\"Le premier ministre Mackenzie King et Louis St-Laurent annoncent le message sur le jour de la victoire en Europe. [PHOTO : NICHOLAS MORANT, BIBLIOTH\u00c8QUE ET ARCHIVES CANADA \u2014 C022716]\" src=\"http:\/\/www.legionmagazine.com\/en\/wp-content\/uploads\/2010\/05\/VEDayInset9.jpg\" alt=\"Le premier ministre Mackenzie King et Louis St-Laurent annoncent le message sur le jour de la victoire en Europe. [PHOTO : NICHOLAS MORANT, BIBLIOTH\u00c8QUE ET ARCHIVES CANADA \u2014 C022716]\" width=\"515\" height=\"409\" \/><\/p>\n<div class=\"caption\"><span>Le premier ministre Mackenzie King et Louis St-Laurent annoncent le message sur le jour de la victoire en Europe. <\/span><\/div>\n<div class=\"credit\"><span>PHOTO : NICHOLAS MORANT, BIBLIOTH\u00c8QUE ET ARCHIVES CANADA \u2014 C022716<\/span><\/div>\n<\/div>\n<p>Jolley dit avoir appris par la suite que la plupart des soldats au front avaient r\u00e9agi comme lui. C\u2019est certainement le cas de l\u2019artilleur James Brady et des hommes de son \u00e9quipe, qui se trouvaient aussi en Allemagne le jour de la victoire en Europe. \u00ab\u00a0Nous n\u2019exultons pas, nous ne ressentons que la l\u00e9g\u00e8re satisfaction du travail accompli, et d\u2019\u00eatre \u00e0 m\u00eame de revoir le Canada.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Revoir le Canada. Les Canadiens ne voulaient que rentrer chez eux. Presque tous \u00e9taient des civils en uniforme; parce qu\u2019au fond, ils \u00e9taient presque tous des civils. Le brigadier James Roberts, commandant de la 8e Brigade, avait n\u00e9goci\u00e9 la reddition allemande au front de la 3e Division canadienne. Le g\u00e9n\u00e9ral allemand avec qui il avait trait\u00e9 lui avait demand\u00e9 s\u2019il \u00e9tait soldat professionnel. Roberts, qui avait \u00e9t\u00e9 lieutenant dans la milice en 1939, dit dans son autobiographie\u00a0: \u00ab\u00a0J\u2019ai r\u00e9pondu, simplement, que je n\u2019avais jamais \u00e9t\u00e9 soldat professionnel, que comme la plupart des soldats canadiens, je m\u2019\u00e9tais port\u00e9 volontaire et qu\u2019avant la guerre, j\u2019\u00e9tais fabricant de cr\u00e8me glac\u00e9e.\u00a0\u00bb L\u2019Allemand, avait remarqu\u00e9 Roberts, fut grandement offens\u00e9 d\u2019\u00eatre oblig\u00e9 de se rendre \u00e0 \u00ab\u00a0un civil ordinaire\u00a0\u00bb .<\/p>\n<p>Le lendemain de la victoire en Europe, le r\u00e9giment de l\u2019artilleur Brady se rassemble \u00e0 un service comm\u00e9moratif. Comme il l\u2019a \u00e9crit dans son journal, \u00ab\u00a0le colonel se met \u00e0 lire les noms de nos 36 morts. Sa voix tremblote et il remet la feuille \u00e0 l\u2019adjudant qui plie le papier, le met dans sa poche et dit doucement\u00a0: \u201cCe n\u2019est pas n\u00e9cessaire. C\u2019\u00e9taient nos camarades. Nous nous souvenons d\u2019eux\u201d\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>Il n\u2019y a pas de doute que les Hollandais se rappellent encore onze Canadezen (nos Canadiens). En Hollande, les c\u00e9l\u00e9brations nationales des 50e et 60e anniversaires du jour de la victoire en Europe ont \u00e9t\u00e9 immenses et les anciens combattants canadiens y ont \u00e9t\u00e9 acclam\u00e9s sinc\u00e8rement partout, avec \u00e9motion, avec enthousiasme. Le d\u00e9fil\u00e9 \u00e0 Apeldoorn, en mai 1995 \u2014 que j\u2019ai vu moi-m\u00eame \u2014 est une de mes exp\u00e9riences les plus \u00e9mouvantes\u00a0: les anciens combattants \u00e0 pied ou en v\u00e9hicule sous des banni\u00e8res pendues \u00e0 travers les rues parsem\u00e9es de drapeaux et sur lesquelles \u00e9tait \u00e9crit Bless you boys (Soyez b\u00e9nis les gars). Des \u00e9coliers de Deventer visitent le cimeti\u00e8re militaire canadien de Holten chaque ann\u00e9e, \u00e0 la veille de la No\u00ebl, et allument un cierge sur chacune des 1\u00a0394 tombes.<\/p>\n<div class=\"caption_img \"\tstyle=\"width:515px\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" style=\"vertical-align: middle;\" title=\"Les sourires et le manifeste disent tout apr\u00e8s la fin des hostilit\u00e9s en Europe. [PHOTO : ARCHIVES DE LA REVUE L\u00c9GION]\" src=\"http:\/\/www.legionmagazine.com\/en\/wp-content\/uploads\/2010\/05\/VEDayInset13.jpg\" alt=\"Les sourires et le manifeste disent tout apr\u00e8s la fin des hostilit\u00e9s en Europe. [PHOTO : ARCHIVES DE LA REVUE L\u00c9GION]\" width=\"515\" height=\"409\" \/><\/p>\n<div class=\"caption\"><span>Les sourires et le manifeste disent tout apr\u00e8s la fin des hostilit\u00e9s en Europe. <\/span><\/div>\n<div class=\"credit\"><span>PHOTO : ARCHIVES DE LA REVUE L\u00c9GION<\/span><\/div>\n<\/div>\n<p>Le grand nombre de familles hollandaises qui y vont \u00e0 longueur d\u2019ann\u00e9e est encore plus \u00e9mouvant, car elles le font volontairement, sans se concerter. On entend les adultes dire aux enfants que sous ces pierres tombales gisent les hommes venus de l\u2019autre c\u00f4t\u00e9 de la mer pour redonner la libert\u00e9 aux Pays-Bas. Un agent de police d\u2019une petite collectivit\u00e9 non loin de Groesbeek le r\u00e9suma de la meilleure fa\u00e7on\u00a0: \u00ab\u00a0\u00c0 la Seconde Guerre mondiale, vous, les Canadiens n\u2019aviez pas \u00e9t\u00e9 attaqu\u00e9s. Vous n\u2019\u00e9tiez pas oblig\u00e9s d\u2019aller en guerre. Mais vous avez d\u00e9cid\u00e9 de nous venir en aide, ici. Beaucoup de vos jeunes hommes et femmes ont donn\u00e9 leur vie afin que la Hollande recouvre la libert\u00e9. Nous ne vous oublierons jamais.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Le 65e anniversaire du jour de la victoire en Europe va avoir lieu cette ann\u00e9e et il y aura \u00e0 nouveau des comm\u00e9morations et des c\u00e9l\u00e9brations aux Pays-Bas, surement les derni\u00e8res auxquelles pourront assister beaucoup d\u2019anciens combattants canadiens. Il n\u2019emp\u00eache que rien n\u2019indique que les Hollandais oublieront. Prenons l\u2019exp\u00e9rience de Malcolm Young, lieutenant du 8e R\u00e9giment de reconnaissance de la 2e Division il y a 65 ans. Son unit\u00e9 avait r\u00e9quisitionn\u00e9 une maison \u00e0 Appeltern dont les propri\u00e9taires, les Loeffen, avaient 10 enfants. Young a pris des photos de la famille et il n\u2019a jamais oubli\u00e9 la gentillesse dont elle fit preuve envers ses hommes. En 2005, \u00e0 l\u2019H\u00f4pital Sainte-Anne pour anciens combattants, il a \u00e9t\u00e9 pr\u00e9sent\u00e9 \u00e0 la princesse Margriet, n\u00e9e \u00e0 Ottawa car sa m\u00e8re, la princesse Juliana, s\u2019y \u00e9tait exil\u00e9e pendant la guerre. Il demanda \u00e0 la princesse de l\u2019aider \u00e0 retrouver les Loeffen, ce qu\u2019elle eut la gentillesse de faire.<\/p>\n<p>Le reste de l\u2019histoire a \u00e9t\u00e9 publi\u00e9 dans le quotidien montr\u00e9alais The Gazette\u00a0: \u00ab\u00a0Deux semaines apr\u00e8s, Young recevait un coup de t\u00e9l\u00e9phone de Hanny van Dongen, petite-fille du couple qui l\u2019avait h\u00e9berg\u00e9. \u201cMa famille a \u00e9t\u00e9 tr\u00e8s surprise; elle d\u00e9sirait le voir\u201d, dit van Dongen, qui habite pr\u00e8s d\u2019Appeltern. En juin, deux ans apr\u00e8s la visite de la princesse, Young et son \u00e9pouse, May, sont retourn\u00e9s en Hollande pour voir quatre des enfants Loeffen. L\u2019une d\u2019eux, Thera Loeffen, qui avait neuf ans en 1944, se rappelait que Young lui avait donn\u00e9 du chocolat [\u2026]. \u201cIls \u00e9taient tr\u00e8s bons pour nous et je voulais les revoir pour les remercier \u00bb, dit Young.\u00a0 L\u2019estime mutuelle semble sinc\u00e8re.<\/p>\n<p>Les liens tiss\u00e9s pendant la guerre demeurent. \u00c9videmment, pour les Hollandais, il y a un \u00e9l\u00e9ment de promotion touristique ces jours-ci, mais il y a plus, beaucoup plus. Les femmes dans la vingtaine qui offrent leur b\u00e9b\u00e9 aux baisers d\u2019un ancien combattant canadien \u2014 ce que j\u2019ai vu \u00e0 Apeldoorn en 1995 et en 2005 \u2014 pour pouvoir lui dire un jour qu\u2019il a touch\u00e9 un homme qui a particip\u00e9 \u00e0 la lib\u00e9ration de leur pays en 1945, en est certainement une preuve.<\/p>\n<p>Les Canadiens qui ont fait la guerre se souviennent de leurs amis, de leurs camarades morts, du bon temps et des moments difficiles. Mais est-ce que les Canadiens \u2014 la plupart sont n\u00e9s apr\u00e8s la fin de la Seconde Guerre mondiale et un grand nombre sont la prog\u00e9niture d\u2019immigrants de l\u2019apr\u00e8s-guerre \u2014 se souviennent du courage et des sacrifices de la g\u00e9n\u00e9ration qui a fait la guerre et qui l\u2019a gagn\u00e9e?<\/p>\n<p>Pas autant qu\u2019ils le devraient. Pas grand-chose a \u00e9t\u00e9 fait, pendant des ann\u00e9es, pour encourager le souvenir ou enseigner l\u2019histoire de ces temps affreux. Toutefois, lentement, les choses changent. Il y a beaucoup d\u2019enseignants d\u00e9vou\u00e9s qui emm\u00e8nent des \u00e9coliers en voyage aux champs de bataille et qui leur apprennent l\u2019histoire de la Seconde Guerre mondiale. Il y a le nouveau Mus\u00e9e canadien de la guerre qui a d\u2019excellentes expositions et un bon site Web. Il y a la Tombe du Soldat inconnu \u00e0 Ottawa. Et il y a le jour du Souvenir qui, chaque ann\u00e9e, grandit et s\u2019am\u00e9liore. Il est indiciblement \u00e9mouvant de voir la foule, au Monument comm\u00e9moratif de guerre du Canada, d\u00e9poser les coquelicots de la L\u00e9gion sur la Tombe tous les 11 novembre, comme en 2000, quand c\u2019est arriv\u00e9, pour la premi\u00e8re fois, spontan\u00e9ment. Nous savons que les Hollandais s\u2019en souviennent et comm\u00e9morent leurs sacrifices et leur lib\u00e9ration, et que de plus en plus de Canadiens se souviennent aussi de ceux qui se sont battus pour la libert\u00e9.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>John Gray, officier du renseignement, est un des premiers lib\u00e9rateurs canadiens \u00e0 Rotterdam apr\u00e8s la reddition allemande. En sortant de la mairie, o\u00f9 il a demand\u00e9 o\u00f9 se trouvaient les chefs de la r\u00e9sistance de la ville, il voit une dizaine de Hollandais autour de sa jeep. \u00ab En m\u2019appr\u00eatant \u00e0 monter, j\u2019ai vu le reste de notre repas dans une boite en carton : des sandwichs et une tarte. Si ces hommes avaient faim, est-ce qu\u2019on m\u2019en voudrait? \u00bb Gray demande alors \u00e0 un des hommes si la nourriture les int\u00e9resse. Le Hollandais \u00ab m\u2019a d\u00e9visag\u00e9 d\u2019un air incr\u00e9dule : si elle les int\u00e9resse? \u00bb Il s\u2019assoit sur le capot de la jeep o\u00f9 il rompt les sandwichs en petits morceaux pour en donner une petite poign\u00e9e \u00e0 chacun. Les hommes mangent lentement, avec un plaisir \u00e9vident, et l\u00e8chent leurs mains pour en recueillir les moindres miettes. Certains ont eu du sandwich; d\u2019autres, de la tarte, et tous s\u2019en l\u00e8chent les l\u00e8vres\u2026 \u00ab Beaucoup de soldats, dit Gray, ont fait une exp\u00e9rience semblable le premier jour [\u2026] et pour beaucoup de Hollandais, le gout m\u00eame de la libert\u00e9 a \u00e9t\u00e9 pendant longtemps une bouch\u00e9e de bon pain ou de p\u00e2tisserie comme ceux qu\u2019ils avaient presque oubli\u00e9. \u00bb<\/p>\n","protected":false},"author":5,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[3],"tags":[],"class_list":["post-422","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-articles-principaux"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/422","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/5"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=422"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/422\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=422"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=422"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=422"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}