{"id":4,"date":"2008-01-20T11:00:53","date_gmt":"2008-01-20T16:00:53","guid":{"rendered":"http:\/\/s31865.gridserver.com\/fr\/?p=4"},"modified":"2008-02-27T13:50:44","modified_gmt":"2008-02-27T18:50:44","slug":"operation-meduse-la-bataille-du-panjwai-partie-3-la-chute-de-l-objectif-rugby","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/2008\/01\/operation-meduse-la-bataille-du-panjwai-partie-3-la-chute-de-l-objectif-rugby\/","title":{"rendered":"Op\u00e9ration M\u00e9duse : la bataille du Panjwai \u2014 Partie 3: la chute de l\u2019objectif Rugby"},"content":{"rendered":"<p> <img fetchpriority=\"high\" decoding=\"async\" src=\"http:\/\/28330.vws.magma.ca\/fr\/wp-content\/uploads\/2008\/01\/secondpage1.jpg\" alt=\"secondpage1.jpg\" class=\"top\" height=\"235\" width=\"630\" \/><\/p>\n<p>Quand les soldats canadiens du nouveau roulement sont arriv\u00e9s \u00e0 Kandahar,                   en aout 2006, ils ne s&#8217;attendaient pas du tout \u00e0 ce sur quoi                   ils sont tomb\u00e9s.<\/p>\n<p>Ils s&#8217;\u00e9taient entrain\u00e9s \u00e0 la guerre contreinsurrectionnelle,                   mais ce sur quoi ils sont tomb\u00e9s ressemblait davantage \u00e0 une                   guerre conventionnelle.<\/p>\n<p>Ils sont tomb\u00e9s sur la bataille du Panjwai. Ils s&#8217;agissait                   d&#8217;une bataille de plein fouet contre un ennemi adoptant une                   tactique sovi\u00e9tique comme moyen de d\u00e9fense. Ce fut, durant                   16 semaines, une h\u00e9catombe de batailles rang\u00e9es et de bombardements                   a\u00e9riens.<\/p>\n<p>Ce ne sont pas les Canadiens qui ont choisi M\u00e9duse, pas exactement.                   Il serait plus juste de dire qu&#8217;ils n&#8217;avaient pas le choix.                   Les troupes ennemies s&#8217;assemblaient; et elles mena\u00e7aient tout.                   Il fallait les arr\u00eater.<\/p>\n<p>Alors la bataille a eu lieu.<\/p>\n<p>Du 3 aout au 14 octobre 2006, \u00e0 partir du premier affrontement                   important \u00e0 l&#8217;\u00e9cole blanche de Pashmul et jusqu&#8217;\u00e0 la grande                   attaque du stade de reconstruction de l&#8217;Op\u00e9ration M\u00e9duse, 19                   soldats canadiens sont morts \u00e0 la bataille du Panjwai et plusieurs                   douzaines d&#8217;autres ont \u00e9t\u00e9 bless\u00e9s.<\/p>\n<p>Il y a des statistiques qui donnent une tr\u00e8s bonne id\u00e9e de                   l&#8217;histoire : sur les 19 soldats tu\u00e9s durant cette p\u00e9riode,                   11 l&#8217;ont \u00e9t\u00e9 directement par le feu de l&#8217;ennemi. Depuis les                   six ans que des Canadiens sont en Afghanistan, deux autres                   soldats seulement ont \u00e9t\u00e9 tu\u00e9s par le feu direct de l&#8217;ennemi.                   C&#8217;est dans le district du Panjwai, au sud-ouest de Kandahar,                   qu&#8217;est n\u00e9 le mouvement des talibans, \u00e0 la petite mosqu\u00e9e d&#8217;un                   village appel\u00e9 Sangisar. Le district lui-m\u00eame est un peu plus \u00e9tendu                   que le champ de bataille de M\u00e9duse, dans le cadre de laquelle                   on s&#8217;est concentr\u00e9 sur les positions d\u00e9fensives des talibans,                   dans la r\u00e9gion du village de Pashmul, qu&#8217;on a surnomm\u00e9 objectif                   Rugby.<\/p>\n<p>La poche \u00e9tait bord\u00e9e au nord par l&#8217;autoroute 1, route tr\u00e8s                   passante entre Kandahar et Kaboul. Au sud et \u00e0 l&#8217;est, la rivi\u00e8re                   Arghandab est une fronti\u00e8re g\u00e9ographique tenace, et \u00e0 l&#8217;ouest                   se trouve un d\u00e9dale de villages et de terres irr\u00e9guli\u00e8res s&#8217;\u00e9talant                   jusqu&#8217;\u00e0 la province voisine, Helmand.<\/p>\n<p>Dans cette troisi\u00e8me et derni\u00e8re partie de notre s\u00e9rie sur                   l&#8217;Op\u00e9ration M\u00e9duse, le groupement tactique canadien, \u00e9clat\u00e9 par                   la perte de la Compagnie Charles, se regroupe et met \u00e0 ex\u00e9cution                   une attaque en plusieurs \u00e9tapes, \u00e0 partir du nord, avec en                   t\u00eate la Compagnie Bravo du 1er Bataillon du Royal Canadian                   Regiment command\u00e9e par le major Geoff Abthorpe.<\/p>\n<p>Pendant ce temps, au sud, l&#8217;escadron ISTAR (renseignement,                   surveillance, acquisition d&#8217;objectifs et reconnaissance) du                   major Andrew Lussier, unit\u00e9 presque de la grandeur d&#8217;une compagnie                   qui comprenait surtout des Royal Canadian Dragoons, prit ce                   qu&#8217;il restait de la Compagnie Charles et forma la force op\u00e9rationnelle                   Grizzly sous un colonel \u00e9tats-unien du nom de Steve Williams,                   indicatif d&#8217;appel Grizzly Six, qui avait alors la t\u00e2che de                   garder la ligne sud et semer le d\u00e9sordre parmi les forces ennemies                   de l&#8217;autre c\u00f4t\u00e9 de la rivi\u00e8re Arghandab.<\/p>\n<p>La Compagnie Alpha du 2e Bataillon de la Princess Patricia&#8217;s                   Canadian Light Infantry, command\u00e9e par le major Charles Wright,                   soutenait les forces du RCR au nord. En plus, la Force op\u00e9rationnelle                   31, comprenant surtout des membres des U.S. Special Forces,                   sillonnait la zone sud du champ de bataille, et la Force op\u00e9rationnelle                   Mohawk, compagnie de soldats am\u00e9ricains d\u00e9tach\u00e9s en grande                   partie de la 10th Mountain Division de la U.S. Army, participait                   aussi au combat. Les gros canons de 155 mm de la 2nd Royal                   Canadian Horse Artillery, command\u00e9e par le major Greg Ivey,                   appuyaient toute la brigade.<\/p>\n<p>Le lieutenant-colonel Omer Lavoie, commandant du bataillon                   du RCR, \u00e9tait aussi le commandant du groupement tactique canadien                   sur les lieux. Au terrain d&#8217;aviation de Kandahar, le brigadier-g\u00e9n\u00e9ral                   David Fraser \u00e9tait le commandant de la brigade, qui donnait                   des ordres \u00e0 Lavoie tout en commandant les op\u00e9rations de l&#8217;OTAN                   dans le Sud de l&#8217;Afghanistan.<\/p>\n<p>Au sens militaire classique, on ne pouvait pas envisager l&#8217;\u00e9chec.                   Le lieutenant-g\u00e9n\u00e9ral Michel Gauthier, commandant du Commandement                   de la Force exp\u00e9ditionnaire du Canada, \u00e9tait au bon endroit                   pour observer la pression strat\u00e9gique du commandement sup\u00e9rieur                   qui a oblig\u00e9 les Canadiens \u00e0 agir. \u00ab La Force internationale                   d&#8217;assistance \u00e0 la s\u00e9curit\u00e9 (FIAS) de l&#8217;OTAN s&#8217;est rendue responsable                   des op\u00e9rations dans le Sud de l&#8217;Afghanistan au d\u00e9but du mois                   d&#8217;aout \u00bb, dit Gauthier. \u00ab Ainsi, dans le Sud de l&#8217;Afghanistan                   (et il s&#8217;agit ici du contexte de la perception des Afghans                   concernant la coalition&#8211;qui serait l\u00e0 pour aider ou pas&#8211;et                   la perception des talibans et des insurg\u00e9s concernant la coalition)                   il y a ce nouveau commandement qui est responsable du Sud de                   l&#8217;Afghanistan.<\/p>\n<p>\u00ab Alors il y a cette dynamique o\u00f9 les talibans ont l&#8217;intention                   d&#8217;\u00e9prouver la FIAS. Et tout ceci concerne la cr\u00e9dibilit\u00e9 de                   la FIAS par rapport \u00e0 l&#8217;Afghanistan et \u00e0 son gouvernement,                   alors je dirais que toutes sortes de pressions ont \u00e9t\u00e9 faites                   sur la FIAS dans le but de d\u00e9montrer au peuple afghan que la                   FIAS et l&#8217;OTAN s&#8217;engageaient en Afghanistan et qu&#8217;ils s&#8217;engageaient \u00e0 prot\u00e9ger                   le peuple afghan. Et ce n&#8217;est pas de la propagande, c&#8217;est la                   r\u00e9alit\u00e9. C&#8217;est-\u00e0-dire que c&#8217;\u00e9tait la r\u00e9alit\u00e9 au niveau strat\u00e9gique                   dans le Sud de l&#8217;Afghanistan.<\/p>\n<p>\u00ab Il y avait une vraie pression, un vrai danger provenant                   de cette force talibane qui prenait une attitude conventionnelle                   au Panjwai, et qui avait clairement l&#8217;intention de s\u00e9parer                   Kandahar du reste du pays et de tronquer l&#8217;autoroute 1. \u00c9videmment,                   tout cela n&#8217;augurait rien de bon pour l&#8217;avenir du Sud de l&#8217;Afghanistan.                   Il fallait donc faire quelque chose pour gagner la confiance                   du peuple afghan : commencer \u00e0 faire en sorte d&#8217;obtenir leurs                   confidences et se d\u00e9barrasser des m\u00e9chants pour qu&#8217;il n&#8217;y ait                   plus de danger. \u00bb<\/p>\n<p>L&#8217;Op\u00e9ration M\u00e9duse devait mettre fin au danger et apporter                   la paix et la stabilit\u00e9 au Panjwai. Ce serait le premier combat                   terrestre m\u00e9canis\u00e9 \u00e0 tous crins, par une brigade command\u00e9e                   par un Canadien, depuis la Seconde Guerre mondiale, et \u00e7a allait                   commencer bien mal.<\/p>\n<p>Samedi, 2 septembre, premier jour des op\u00e9rations de combat,                   la Compagnie Charles du major Matthew Sprague venait de foncer                   jusqu&#8217;\u00e0 ses premiers objectifs, Masum Ghar et Mar Ghar, sans                   opposition, et de commencer \u00e0 marteler les talibans de l&#8217;autre                   c\u00f4t\u00e9 de l&#8217;Arghandab.<\/p>\n<p>Au nord, la compagnie d&#8217;Abthorpe, en position au sud de l&#8217;autoroute                   1, commen\u00e7ait \u00e0 \u00e9changer des coups de feu avec les forces ennemies                   qui se trouvaient l\u00e0.<\/p>\n<p>Cette op\u00e9ration n&#8217;avait rien de surprenant. L&#8217;ennemi savait                   que les Canadiens allaient arriver. Tout le monde avait \u00e9t\u00e9 averti,                   conform\u00e9ment au plan, pour que les civils aient l&#8217;occasion                   de s&#8217;en aller.<\/p>\n<p>Sprague et Abthorpe ayant saisi leurs premiers objectifs,                   comme pr\u00e9vu, il y aurait une p\u00e9riode d&#8217;observation et de collecte                   de renseignements et on commencerait un bombardement de 72                   heures contre les forces ennemies qui se trouvaient dans la                   poche avant de lancer l&#8217;attaque terrestre.<\/p>\n<p>En renfort, les alli\u00e9s de l&#8217;OTAN avaient pr\u00e9par\u00e9 la r\u00e9gion                   autour du Panjwai avec toutes sortes de moyens a\u00e9riens : des                   chasseurs, des bombardiers, des h\u00e9licopt\u00e8res d&#8217;attaque, des                   drones et m\u00eame des avions espions.<\/p>\n<p>Au sol, tout juste au sud de Masum Ghar, Lussier et son escadron                   ISTAR allaient voir quelque chose d&#8217;horrible. \u00ab Regardez, major! \u00bb cria                   un des hommes de Lussier alors que des soldats regardaient                   le ciel, n&#8217;en croyant pas leurs yeux.<\/p>\n<p>Le major sortit de son VBL, dirigea son regard vers le ciel                   et vit un gros avion espion britannique Nimrod MR2, envelopp\u00e9 par                   des flammes orange vif, qui dessinait un arc dans les airs                   en descendant rapidement.<\/p>\n<p>Lussier, \u00e0 c\u00f4t\u00e9 de ses hommes, regarda l&#8217;avion s&#8217;\u00e9craser et                   exploser \u00e0 quelques kilom\u00e8tres de l\u00e0.<\/p>\n<p>Il y eut une course effr\u00e9n\u00e9e pour se rendre au lieu de l&#8217;\u00e9crasement.                   Lussier envoya son peloton de reconnaissance sans h\u00e9siter.                   Quelqu&#8217;un aurait pu avoir besoin de secours et il fallait absolument                   emp\u00eacher le lieu de l&#8217;\u00e9crasement de tomber entre les mains                   de l&#8217;ennemi.<\/p>\n<p>Mais il n&#8217;y a rien de simple en Afghanistan et ce fut difficile                   de passer par les petites routes et les villages pour s&#8217;y rendre.                   Heureusement qu&#8217;un h\u00e9licopt\u00e8re d&#8217;attaque am\u00e9ricain Apache apparut                   au-dessus de la force de Lussier pour lui indiquer le chemin \u00e0 prendre.<\/p>\n<p>Il fallut se rendre \u00e0 l&#8217;\u00e9vidence : il n&#8217;y avait pas de survivant.<\/p>\n<p>Il y avait 14 hommes \u00e0 bord du Nimrod quand il s&#8217;est \u00e9cras\u00e9.                   C&#8217;\u00e9tait l&#8217;incident causant le plus grand nombre de morts militaires                   britanniques depuis la guerre des Malouines de 1982.<\/p>\n<p>On a rapport\u00e9 qu&#8217;un incendie \u00e9lectrique a \u00e9t\u00e9 la cause de                   l&#8217;\u00e9crasement. Aussit\u00f4t que les Canadiens eurent assur\u00e9 l&#8217;endroit,                   un escadron de secours am\u00e9ricain atterrit et, ensemble, ils                   se mirent \u00e0 la sinistre besogne. L&#8217;avion ayant explos\u00e9 lors                   de l&#8217;impact, les d\u00e9bris \u00e9taient \u00e9parpill\u00e9s sur une grande surface. \u00ab Nous                   avons examin\u00e9 la place \u00e0 la recherche de restes humains et                   de mat\u00e9riel \u00e0 caract\u00e8re confidentiel \u00bb, dit Lussier. \u00ab C&#8217;\u00e9tait                   un carnage et c&#8217;\u00e9tait un travail effroyable. Je pense que le                   plus gros morceau parmi les restes humains \u00e9tait un peu plus                   gros qu&#8217;un ballon de soccer. Il y avait toutes sortes de cochonneries                   de tous les bords. C&#8217;\u00e9tait une jungle toxique.<\/p>\n<p>\u00ab C&#8217;\u00e9tait l\u00e0 une affaire \u00e9trange, pleine d&#8217;ironie. M\u00e9duse                   n&#8217;avait pas vraiment commenc\u00e9, on ne faisait que se mettre                   en posture, et on est les premiers \u00e0 voir du sang et de la                   merde. Alors, voyez-vous, mes gars ont ressenti tout un choc. \u00bb<\/p>\n<p>Lussier et son escadron sont rest\u00e9s sur les lieux de l&#8217;\u00e9crasement                   toute la nuit et ont recommenc\u00e9 le travail le lendemain matin,                   3 septembre. \u00ab Le moral \u00e9tait bas, bien s\u00fbr, et les gars s&#8217;apitoyaient                   sur leur propre sort. Ensuite, la Compagnie Charles a travers\u00e9 la                   rivi\u00e8re et elle s&#8217;est fait secouer, et on a appris que quatre                   de nos gars \u00e9taient morts et d&#8217;autres \u00e9taient bless\u00e9s, et tout.<\/p>\n<p>\u00ab C&#8217;\u00e9tait toute une exp\u00e9rience. J&#8217;\u00e9coutais la bataille \u00e0 la                   radio tout en marchant dans le champ recouvert de d\u00e9bris. On \u00e9tait                   assez pr\u00eat pour entendre les coups de feu et les explosions,                   et tout. On voyait les a\u00e9ronefs qui allaient \u00e7a et l\u00e0, donnant                   un coup de main. C&#8217;\u00e9tait \u00e9pouvantable d&#8217;entendre toute l&#8217;affaire \u00e0 la                   radio. Tout ce qu&#8217;on voulait faire, c&#8217;\u00e9tait d&#8217;aller les aider.<\/p>\n<p>\u00ab Mes gars ont arr\u00eat\u00e9 de s&#8217;apitoyer sur leur propre sort \u00e0 ce                   moment-l\u00e0. C&#8217;\u00e9tait comme &#8221; C&#8217;est quoi que diable qu&#8217;on fait                   piti\u00e9? &#8221; \u00bb<\/p>\n<p>Ce que Lussier entendait, c&#8217;\u00e9tait la Compagnie Charles qui                   tombait en plein sur une importante force ennemie tr\u00e8s aguerrie \u00e0 l&#8217;objectif                   Rugby.<\/p>\n<p>M\u00e9duse n&#8217;allait pas se faire d\u00e9railler si facilement que \u00e7a,                   mais, au milieu de l&#8217;apr\u00e8s-midi du 3 septembre, la situation                   n&#8217;\u00e9tait pas tr\u00e8s bonne. La premi\u00e8re attaque terrestre avait \u00e9chou\u00e9 et                   18 soldats de la coalition \u00e9taient morts. Et on n&#8217;\u00e9tait pas                   encore au bout de la malchance.<\/p>\n<p>\u00c0 quelques kilom\u00e8tres au nord de Rugby, la compagnie d&#8217;Abthorpe \u00e9tait                   d\u00e9ploy\u00e9e en une mince ligne au sud de l&#8217;autoroute.<\/p>\n<p>Quand la Compagnie Charles traversait la rivi\u00e8re, la Compagnie                   Bravo avait d\u00e9j\u00e0 \u00e9t\u00e9 \u00e0 cette position pendant quelques jours. \u00ab Notre                   t\u00e2che \u00e9tait simple \u00bb, dit Abthorpe. \u00ab On devait faire une feinte                   au sud de l&#8217;autoroute pour d\u00e9tourner l&#8217;attention de l&#8217;ennemi.                   Tout le monde savait que le groupement tactique allait se concentrer                   sur le sud, mais, en traversant l&#8217;autoroute \u00e0 partir de la                   base de patrouille Wilson, on esp\u00e9rait pouvoir \u00e9tablir une                   garde, prot\u00e9ger l&#8217;autoroute et nos lignes de communication,                   ainsi que distraire l&#8217;attention des talibans vers le nord. \u00bb<\/p>\n<p>La Compagnie Bravo s&#8217;\u00e9tait d\u00e9ploy\u00e9e le long de son premier                   objectif&#8211;surnomm\u00e9 Cracked Roof&#8211;lequel \u00e9tait un syst\u00e8me de foss\u00e9s                   tr\u00e8s profonds et de routes qui passait par Pasab, petit village                   au nord de Pashmul.<\/p>\n<p>Peu de temps apr\u00e8s que Bravo avait pris position, elle fut                   attaqu\u00e9e par deux insurg\u00e9s tr\u00e8s ambitieux qui s&#8217;imaginaient                   pouvoir prendre tout un peloton de VBL sans rien de plus que                   leur fusil d&#8217;assaut AK-47. \u00ab C&#8217;\u00e9tait on ne peut plus surr\u00e9el \u00bb,                   dit Abthorpe. \u00ab Les deux talibans se sont lev\u00e9s \u00e0 d\u00e9couvert                   sur un mur de boue et ont commenc\u00e9 \u00e0 tirer sur les VBL avec                   leur AK, et rien d&#8217;autre. \u00bb<\/p>\n<p>Le 5e Peloton, command\u00e9 par le lieutenant Jeff Bell, refusa                   de s&#8217;en laisser imposer et lan\u00e7a une attaque rapide contre                   l&#8217;enceinte d&#8217;o\u00f9 tiraient les hommes. Il r\u00e9clama \u00e0 l&#8217;artillerie                   un bombardement \u00e0 \u00e9clatement a\u00e9rien, et finie la r\u00e9sistance.                   Malgr\u00e9 des recherches approfondies, un seul corps fut retrouv\u00e9.<\/p>\n<p>\u00ab Cette \u00e9tape (de M\u00e9duse) \u00bb, dit le capitaine Piers Pappin,                   commandant du 4e Peloton de la Compagnie Charles, \u00ab je la compare                   presque \u00e0 la guerre bidon, comme dans le temps de la Seconde                   Guerre mondiale, simplement parce qu&#8217;on a men\u00e9 notre feinte                   et on est rest\u00e9s \u00e0 cette ligne pendant un bon nombre de jours                   sans que l&#8217;ennemi agisse. On savait qu&#8217;ils \u00e9taient l\u00e0, mais,                   il n&#8217;y avait pas de mouvement ni rien. C&#8217;\u00e9tait la M\u00e9duse bidon. \u00bb<\/p>\n<p>Le matin du 3 septembre, Bravo patrouillait encore le long                   du Cracked Roof car le major Abthorpe apprenait \u00e0 accepter                   la nouvelle situation tactique dans le sillage de l&#8217;attaque                   surprise de la Compagnie Charles. \u00ab Ainsi, la consigne (d&#8217;attaquer)                   fut toute une surprise. Nos ordres, mes ordres, \u00e9taient de                   feinter vers le sud de l&#8217;autoroute 1. La Compagnie Charles                   allait grimper Masum Ghar et, nous deux, des deux bouts, on                   allait observer comment les choses se passaient pendant au                   moins 24 heures, et puis on devait commencer le bombardement                   de 72 heures. J&#8217;ai donn\u00e9 des instructions selon ce plan de                   feux. Alors, tout semblait aller bien.<\/p>\n<p>\u00ab On a roul\u00e9 les 1 et 2, et on a engag\u00e9 le combat avec les                   talibans. On voit que les talibans sont vraiment l\u00e0, alors                   on commence \u00e0 se faire une id\u00e9e. Et puis, la nuit du 2 septembre,                   on m&#8217;appelle pour me dire de me tenir pr\u00eat. Que la Compagnie                   Charles est en train de traverser. Et de passer la consigne.<\/p>\n<p>\u00ab Alors je me suis dit &#8220;Okay. \u00c7a m&#8217;int\u00e9resse.&#8221;<\/p>\n<p>\u00ab Ils traversent. On sait ce qui se passe. Ils se red\u00e9ploient                   au sud, de l&#8217;autre c\u00f4t\u00e9 de la rivi\u00e8re.<\/p>\n<p>\u00ab Alors on se met en mode de t&#8212;&#8212;k, \u00e7a y est. \u00bb<\/p>\n<p>Vu la r\u00e9sistance sur laquelle la Compagnie Charles est tomb\u00e9e \u00e0 Rugby,                   les soldats de Bravo sont partis du principe qu&#8217;ils allaient                   tomber sur un gros combat de l&#8217;autre c\u00f4t\u00e9 de Cracked Roof,                   contre leur objectif, surnomm\u00e9 Templar, directement au nord                   de Pashmul.<\/p>\n<p>Pendant ce temps, le matin du 3 septembre, l&#8217;escadron de Lussier                   a d\u00fb se diriger vers le nord jusqu&#8217;\u00e0 la base de patrouille                   Wilson, pr\u00e8s de l&#8217;endroit o\u00f9 Bravo a \u00e9t\u00e9 d\u00e9ploy\u00e9e, pour d\u00e9poser                   un de ses soldats, la caporale Kelly Dove, dont l&#8217;\u00e9poux, l&#8217;adjudant                   Rick Nolan, avait \u00e9t\u00e9 tu\u00e9 ce jour-l\u00e0.<\/p>\n<p>Lussier a ensuite re\u00e7u l&#8217;ordre de rejoindre la Compagnie Bravo                   qui se pr\u00e9parait \u00e0 passer \u00e0 l&#8217;attaque en traversant Cracked                   Roof, le lendemain \u00e0 l&#8217;aube.<\/p>\n<p>\u00ab Le lendemain, on \u00e9tait pr\u00eats, \u00e0 la ligne de d\u00e9part, aux                   premi\u00e8res lueurs du jour; je pense qu&#8217;il \u00e9tait 5 h 30, dit                   Lussier, et on \u00e9tait tous align\u00e9s tout juste au sud de l&#8217;autoroute                   1. \u00bb<\/p>\n<p>D&#8217;apr\u00e8s le plan, Bravo et ISTAR devaient charger \u00e0 travers                   Cracked Roof pour attirer l&#8217;attention de l&#8217;ennemi vers le nord.                   Les ordres concernant l&#8217;attaque leur ayant \u00e9t\u00e9 donn\u00e9s rapidement,                   les soldats prenaient position et s&#8217;appr\u00eataient pour la bataille. \u00ab Et                   c&#8217;est \u00e0 ce moment-l\u00e0 qu&#8217;on a appris la nouvelle : &#8220;Stop! stop!                   stop! La Compagnie Charles vient de se faire arroser&#8221; \u00bb, dit                   Lussier.<\/p>\n<p>Le matin du 4 septembre, la Compagnie Charles, qui avait re\u00e7u                   la consigne de s&#8217;appr\u00eater et de retraverser l&#8217;Arghandab pour                   attaquer Rugby de nouveau, \u00e9tait mitraill\u00e9e par un A-10 \u00e9tats-unien,                   et le simple soldat Mark Graham \u00e9tait tu\u00e9 et plus de 30 autres                   bless\u00e9s, y compris le commandant Sprague.<\/p>\n<p>Tout s&#8217;arr\u00eata. Les op\u00e9rations offensives furent presque enti\u00e8rement                   stopp\u00e9es en attendant que le commandement canadien d\u00e9cide ce                   qu&#8217;il fallait faire. L&#8217;escadron ISTAR de Lussier prit une position                   temporaire dans le d\u00e9sert pendant que Bravo gardait la ligne                   de bataille nordique.<\/p>\n<p>C&#8217;\u00e9tait le moment de r\u00e9\u00e9valuer s\u00e9rieusement le plan de bataille.                   Tout le monde resta sur ses positions pendant que les sup\u00e9rieurs                   discutaient. \u00ab Eh bien (Lavoie) et moi avons beaucoup parl\u00e9 apr\u00e8s                   cet incident de tir ami \u00bb, dit Fraser. \u00ab J&#8217;ai m\u00eame appel\u00e9 (Lavoie) \u00e0 mon                   poste de commandement pour discuter de quand on allait traverser                   la rivi\u00e8re.<\/p>\n<p>\u00ab On a modifi\u00e9 le plan parce qu&#8217;il y a eu un \u00e9v\u00e9nement important                   ce jour-l\u00e0 et je m&#8217;en suis servi pour faire croire aux talibans                   qu&#8217;on allait continuer de traverser l&#8217;Arghandab comme ils pensaient                   qu&#8217;on le ferait. Et apr\u00e8s, \u00e0 la place, on s&#8217;est orient\u00e9s au                   nord, on s&#8217;est braqu\u00e9s du nord, d&#8217;o\u00f9 les talibans ne pensaient                   pas qu&#8217;on viendrait, vers le sud.<\/p>\n<p>\u00ab C&#8217;est alors que la Force op\u00e9rationnelle Grizzly est entr\u00e9e                   en jeu. On a donn\u00e9 des tireurs d&#8217;\u00e9lite \u00e0 ce qu&#8217;il restait de                   la Compagnie Charles, on leur a donn\u00e9 des gens qui commanderaient                   le feu direct et l&#8217;appui a\u00e9rien rapproch\u00e9, et j&#8217;ai dit au colonel                   Williams : &#8220;Faites en sorte qu&#8217;on vous prenne pour une organisation                   de mille hommes, faites croire aux talibans que vous \u00eates toujours                   Omer Lavoie.&#8221;<\/p>\n<p>\u00ab Et c&#8217;est ce qu&#8217;on a fait pendant les trois, quatre jours                   suivants; on a continu\u00e9 de serrer les talibans de trois directions,                   en venant du nord, la Force op\u00e9rationnelle Grizzly du sud et                   la Force op\u00e9rationnelle 31 au sud-est. Et c&#8217;est ce qu&#8217;on a                   fait jusqu&#8217;\u00e0 ce qu&#8217;on atteigne Rugby. \u00bb<\/p>\n<p>Ainsi, l&#8217;op\u00e9ration \u00e9tant alors concentr\u00e9e carr\u00e9ment sur la                   Compagnie Bravo, des choses ont commenc\u00e9 \u00e0 se passer au nord.                   Lors d&#8217;une occasion m\u00e9morable, des soldats ont attrap\u00e9 quelques                   meneurs talibans qui essayaient de \u00ab prendre la tangente \u00bb.<\/p>\n<p>\u00ab Une berline blanche s&#8217;arr\u00eate \u00bb, se souvient Abthorpe, \u00ab avec                   des gens qui essaient de quitter notre bulle de s\u00e9curit\u00e9. Alors                   on leur demande : &#8220;D&#8217;o\u00f9 venez-vous? Pourquoi partez-vous?&#8221; Et                   puis c&#8217;est quand on est en train de parler \u00e0 ces trois gars \u00e2g\u00e9s                   qu&#8217;un cellulaire sonne. L&#8217;interpr\u00e8te (qui travaillait pour                   les Canadiens) prit le t\u00e9l\u00e9phone et r\u00e9pondit. C&#8217;\u00e9tait un commandant                   sup\u00e9rieur taliban qui criait \u00e0 ces trois gars, leur demandant &#8220;pourquoi                   ils n&#8217;attaquaient pas les Canadiens. Vu qu&#8217;ils avaient eu beaucoup                   de succ\u00e8s au sud, ils auraient d\u00fb attaquer au nord&#8221;. Eh bien,                   ces gars essayaient de s&#8217;enfuir \u00e0 ce moment-l\u00e0. \u00bb<\/p>\n<p>Le 5 septembre, Bravo a subi ses premi\u00e8res victimes&#8211;quatre                   bless\u00e9s&#8211;lorsqu&#8217;un groupe de combattants ennemis a essay\u00e9 de                   prendre sa position par le flanc et pris un de ses VBL comme                   point de mire avec des grenades propuls\u00e9es par fus\u00e9e et des                   canons sans recul.<\/p>\n<p>Malgr\u00e9 l&#8217;activit\u00e9 ennemie, les soldats de Bravo patrouillaient                   le long de la tranch\u00e9e profonde Cracked Roof pour bien connaitre                   le terrain et obtenir des renseignements sur les positions                   de l&#8217;ennemi.<\/p>\n<p>Bravo, toutes ses forces \u00e0 leur place, finit par faire une                   br\u00e8che, traversa la tranch\u00e9e, et se mit en marche vers le sud.<\/p>\n<p>Pendant les quelques nuits qui suivirent, le peloton de reconnaissance                   allait se disperser dans la noirceur, \u00e9clairant le chemin que                   les troupes allaient emprunter le lendemain. C&#8217;\u00e9tait une avanc\u00e9e                   classique et Bravo passa \u00e0 travers une faible r\u00e9sistance jusqu&#8217;\u00e0 l&#8217;objectif                   Templar. \u00ab Les talibans, depuis qu&#8217;ils avaient d\u00e9cid\u00e9 de se                   battre de mani\u00e8re conventionnelle, imitaient, presque exactement,                   les tactiques sovi\u00e9tiques du temps de la guerre froide auxquelles                   certains d&#8217;entre nous avaient \u00e9t\u00e9 entrain\u00e9s quand on \u00e9tait                   des jeunes officiers \u00bb, dit Abthorpe.<\/p>\n<p>\u00ab Ils avaient des postes d&#8217;observation de deux hommes, une                   ligne d\u00e9fensive ext\u00e9rieure tr\u00e8s mince, et puis, quand on y                   entrait, des positions d\u00e9fensives tr\u00e8s tr\u00e8s solides \u00e0 l&#8217;objectif                   Rugby et (les autres objectifs). Tr\u00e8s tr\u00e8s bien d\u00e9taill\u00e9es,                   tr\u00e8s bien retranch\u00e9es. Avec du recul, il est facile d&#8217;analyser                   et dire &#8220;des tactiques comme dans le manuel, des tactiques                   conventionnelles exactement comme dans le manuel&#8221;. \u00bb<\/p>\n<p>Pendant ce temps, au sud, \u00e0 Masum Ghar et \u00e0 Mar Ghar, Lussier                   et la Force op\u00e9rationnelle Grizzly infligeaient des dommages                   importants aux talibans pi\u00e9g\u00e9s et entour\u00e9s.<\/p>\n<p>\u00ab Mes ordres \u00e9taient simples \u00bb, dit Lussier. \u00ab Semer le d\u00e9sordre                   chez l&#8217;ennemi.<\/p>\n<p>\u00ab Les talibans nous ont rendu un fier service; ils avaient                   fait partir pratiquement tous les civils, alors il s&#8217;agissait                   vraiment d&#8217;un champ de bataille lin\u00e9aire \u00e0 ce moment-l\u00e0. Il                   y avait mes lignes, il y avait la rivi\u00e8re Arghandab qui \u00e9tait                   essentiellement la zone neutre, et puis, de l&#8217;autre c\u00f4t\u00e9, tout                   le monde \u00e9tait taliban. \u00c7a nous facilitait les choses. On a                   tir\u00e9 sur ces gars et on les a bombard\u00e9s pendant quatre, cinq                   jours pendant que le groupement tactique avan\u00e7ait, au nord. \u00bb<\/p>\n<p>Lussier et son \u00e9quipe de surveillance ont pass\u00e9 beaucoup de                   temps \u00e0 l&#8217;\u00e9coute des talibans qui se parlaient \u00e0 la radio.<\/p>\n<p>Ils avaient des m\u00e9thodes \u00e0 la radio, comme nous, et pendant                   ce temps on savait qu&#8217;on ne les laissait pas dormir du tout                   : ils ne pouvaient pas se reposer. On les bombardait constamment.                   Et on s&#8217;est aper\u00e7u, au deuxi\u00e8me ou troisi\u00e8me jour, qu&#8217;il y                   avait beaucoup de disputes \u00e0 la radio; on entendait beaucoup                   de noms alors on a recueilli beaucoup de renseignements sur                   eux gr\u00e2ce \u00e0 ce qu&#8217;ils disaient.<\/p>\n<p>\u00ab Par exemple, Ahmed appelle Haji \u00e0 la radio et dit : &#8220;Est-ce                   que tu rentres souper?&#8221; Et l&#8217;autre r\u00e9pond, &#8220;Non. Le commandant                   m&#8217;a dit de ne pas quitter le pont blanc.&#8221;<\/p>\n<p>\u00ab Alors je regarde ma photo de surveillance a\u00e9rienne et je                   dis : &#8220;Le voil\u00e0, le pont blanc.&#8221; Alors, quand j&#8217;ordonne \u00e0 l&#8217;artillerie                   de le bombarder, il revient \u00e0 la radio et dit : &#8220;On s&#8217;est tous                   r\u00e9unis dans la grange derri\u00e8re toi.&#8221; Alors je matraque le pont                   blanc et je matraque la grange. Et ensuite on entend : &#8220;On                   a beaucoup de victimes, envoie les camions.&#8221; Alors on attend                   et quand on voit les camions qui arrivent, on les matraque                   aussi.<\/p>\n<p>\u00ab Quatre-vingts gars ont \u00e9t\u00e9 tu\u00e9s ce jour-l\u00e0. On l&#8217;a vu. On                   l&#8217;a regard\u00e9. Alors il ne s&#8217;agit pas de conjecture. C&#8217;est donc                   des choses comme \u00e7a : les gens font des erreurs quand ils sont \u00e9puis\u00e9s                   et tendus. On a tu\u00e9 beaucoup de gens, voyez-vous; on a tu\u00e9 beaucoup                   de talibans. Et il ne s&#8217;agit pas d&#8217;une organisation qui peut                   se permettre deux cents victimes. Ils ne sont pas pr\u00eats \u00e0 les \u00e9vacuer.                   Ils ne peuvent pas s&#8217;occuper d&#8217;un tel nombre de bless\u00e9s. Alors                   ils s&#8217;effondrent. \u00c7a faisait partie du travail de d\u00e9stabilisation. \u00bb<\/p>\n<p>Toutefois, au sud, les choses ne se passaient pas exactement                   comme pr\u00e9vu. Le colonel Williams, commandant am\u00e9ricain de la                   Force op\u00e9rationnelle Grizzly, avait une mani\u00e8re agressive bien \u00e0 lui                   d&#8217;aborder le combat. Williams, qu&#8217;on disait \u00ab gonfl\u00e9 ou d\u00e9brid\u00e9 \u00bb, \u00e9tait                   toujours en avant, menant l&#8217;avanc\u00e9e, mais il n&#8217;avait pas vraiment                   r\u00e9ussi \u00e0 convaincre Lussier et les autres officiers canadiens                   que sa mani\u00e8re de courir et tirer \u00e9tait vraiment la meilleure.<\/p>\n<p>La situation se fit pressante plusieurs fois, surtout durant                   la deuxi\u00e8me semaine du mois de septembre, apr\u00e8s que Williams                   a ordonn\u00e9 \u00e0 Lussier et au reste de la Compagnie Charles de                   traverser l&#8217;Arghandab et d&#8217;entrer dans le territoire ennemi                   presque sans pr\u00e9paration ou renseignements. \u00ab Ben, l&#8217;affaire                   c&#8217;est que j&#8217;\u00e9tais le Canadien sup\u00e9rieur qui lui avait \u00e9t\u00e9 d\u00e9tach\u00e9 et                   il voulait juste foncer \u00bb, dit Lussier. \u00ab Il a dit, tout simplement, &#8220;Okay,                   on y va. On traverse la rivi\u00e8re tout de suite.&#8221;<\/p>\n<p>\u00ab Et je lui ai dit &#8220;non&#8221;. Mais ce n&#8217;est pas chose facile,                   pour un major, de dire \u00e7a \u00e0 un colonel, mais je lui ai dit &#8220;non&#8221;,                   j&#8217;ai dit : &#8220;\u00e9coutez, il y a des choses qu&#8217;on doit apprendre                   par rapport \u00e0 \u00e7a.&#8221;<\/p>\n<p>\u00ab Je voulais envoyer des gens en reconnaissance la nuit d&#8217;avant                   pour v\u00e9rifier la rive de l&#8217;autre c\u00f4t\u00e9, pour s&#8217;assurer que les                   v\u00e9hicules pourraient monter de l&#8217;autre c\u00f4t\u00e9, parce que \u00e7a sert \u00e0 quoi                   d&#8217;essayer de lancer un assaut en traversant une rivi\u00e8re si                   on peut pas mettre un pied sur l&#8217;autre rive?<\/p>\n<p>\u00ab Et puis il a fini par \u00eatre d&#8217;accord avec moi. J&#8217;ai dit &#8220;ben                   voyons, on va pas foncer \u00e0 nu. On a d\u00e9j\u00e0 essay\u00e9, on s&#8217;est fait                   calisser une racl\u00e9e&#8221;. Alors je lui ai dit qu&#8217;on allait envoyer                   la patrouille de reconnaissance de l&#8217;autre c\u00f4t\u00e9. C&#8217;est ce qu&#8217;on                   a fait, et puis on a travers\u00e9 le lendemain.<\/p>\n<p>\u00ab Je ne voulais pas mettre Charles dans cette position \u00e0 nouveau.                   En aucune fa\u00e7on. C&#8217;\u00e9tait compl\u00e8tement illogique. L&#8217;affaire                   c&#8217;est que, au bout du compte, le temps n&#8217;a pas d&#8217;importance                   l\u00e0-bas. Si \u00e7a ne marche pas aujourd&#8217;hui, on ira demain. Apr\u00e8s                   tout, ils n&#8217;\u00e9taient pas en train de nous attaquer. Ils n&#8217;\u00e9taient                   pas en train d&#8217;attaquer Ottawa.<\/p>\n<p>\u00ab Il m&#8217;a parl\u00e9 en priv\u00e9 par la suite : &#8220;\u00c9coutez, m&#8217;a-t-il                   dit, j&#8217;ai l&#8217;impression que vous h\u00e9sitez un peu.&#8221; Et quand je                   lui ai expliqu\u00e9 exactement ce que je pensais, il a \u00e9t\u00e9 d&#8217;accord                   avec moi. J&#8217;veux dire, il aurait pu me faire prendre la porte,                   juste l\u00e0. \u00bb<\/p>\n<p>En fin de compte, la Compagnie Charles est bien retourn\u00e9e                   de l&#8217;autre c\u00f4t\u00e9 de l&#8217;Arghandab. Cette fois-l\u00e0, la travers\u00e9e                   s&#8217;est faite \u00e0 un autre endroit, plus vers l&#8217;est, pr\u00e8s de Mar                   Ghar, et il n&#8217;y a gu\u00e8re eu de r\u00e9sistance.<\/p>\n<p>Le capitaine Derek Wessan, commandant du 7e Peloton de Charles                   d\u00e9tach\u00e9 \u00e0 la Force op\u00e9rationnelle Grizzly, fut un des premiers                   soldats \u00e0 Rugby au cours des jours suivants.<\/p>\n<p>Wessan se rappelle une sc\u00e8ne un tout petit peu moins d\u00e9sordonn\u00e9e,                   o\u00f9 les unit\u00e9s avaient re\u00e7u la consigne d&#8217;avancer vers Rugby                   rapidement et de chercher l&#8217;ennemi. \u00ab Grizzly Six ne donnait                   que tr\u00e8s peu de renseignements \u00bb, dit Wessan. Il disait simplement &#8220;Euh,                   allez deux kilom\u00e8tres par l\u00e0.&#8221; \u00c0 chaque fois qu&#8217;on arrivait                   au terme de notre manoeuvre, on avait une consigne : &#8220;Avancez                   d&#8217;un autre kilom\u00e8tre.&#8221; En fait, on avan\u00e7ait jusqu&#8217;au contact,                   sans le dire exactement.<\/p>\n<p>\u00ab On le faisait pas de fa\u00e7on aussi d\u00e9lib\u00e9r\u00e9e que j&#8217;aurais                   voulu.<\/p>\n<p>\u00ab On continuait d&#8217;aller de l&#8217;avant. Et encore de l&#8217;avant.                   Et, tout \u00e0 coup, on s&#8217;est retrouv\u00e9 dans un champ. On s&#8217;\u00e9tait                   pas f&#8211;r\u00e9s du point de vue de la g\u00e9ographie, on savait simplement                   pas exactement o\u00f9 on se trouvait; et o\u00f9 on \u00e9tait, c&#8217;est o\u00f9 Frank                   Mellish et Will Cushley s&#8217;\u00e9taient fait tuer le 3 septembre. \u00bb<\/p>\n<p>Il faisait noir quand Wessan est arriv\u00e9 \u00e0 Rugby. Il est descendu                   de son VBL et a vu les d\u00e9bris des v\u00e9hicules qui avaient \u00e9t\u00e9 abandonn\u00e9s                   pr\u00e8s de deux semaines auparavant et qui avaient \u00e9t\u00e9 d\u00e9truits                   par des frappes a\u00e9riennes de la coalition. \u00ab On \u00e9tait les premiers                   soldats depuis le 3 septembre \u00bb, dit Wessan doucement.<\/p>\n<p>Ensuite, le lendemain matin, ils re\u00e7urent l&#8217;ordre d&#8217;aller                   au nord jusqu&#8217;au labyrinthe d&#8217;enceintes et de terrain d\u00e9fensif                   difficultueux de Pashmul-m\u00eame. Cette fois-l\u00e0 encore, ils ont                   avanc\u00e9 sans vrai plan, ne faisant que suivre la consigne du                   colonel William d&#8217;activer. \u00ab C&#8217;est \u00e0 ce moment-l\u00e0 que j&#8217;ai                   perdu mon calme \u00bb, dit Wessan. \u00ab J&#8217;ai dit &#8220;C&#8217;est pas comme \u00e7a                   qu&#8217;on fait. On va perdre quelqu&#8217;un.&#8221;<\/p>\n<p>\u00ab Le peloton lui-m\u00eame ne fonctionnait pas d&#8217;une mani\u00e8re imprudente,                   mais le proc\u00e9d\u00e9 de la manoeuvre n&#8217;\u00e9tait pas aussi avis\u00e9 que                   j&#8217;aurais aim\u00e9.<\/p>\n<p>\u00ab L&#8217;affaire, c&#8217;est que si j&#8217;ai perdu mon calme, c&#8217;est parce                   que j&#8217;avais promis \u00e0 mes gars que dor\u00e9navant on allait essayer                   de faire les choses aussi pos\u00e9ment que possible, alors on n&#8217;allait                   pas faire rentrer qui que ce soit au pays plus t\u00f4t que pr\u00e9vu. \u00bb<\/p>\n<p>Heureusement qu&#8217;\u00e0 ce moment-l\u00e0 les forces talibanes avaient \u00e9t\u00e9 d\u00e9cim\u00e9es                   par presque 10 jours de frappes a\u00e9riennes, d&#8217;artillerie et                   de feu direct des VBL, et puis, \u00e0 part de quelques petites                   collisions, il n&#8217;y a pas eu de combat important quand Rugby                   est tomb\u00e9. \u00ab On a \u00e9tabli une ligne juste au nord de l&#8217;\u00e9cole                   et, tout \u00e0 coup, il y a des antennes de VBL qui apparaissaient                   au nord \u00bb, dit Wessan. \u00ab C&#8217;\u00e9tait d\u00e9lirant. C&#8217;\u00e9tait le bout,                   Rugby \u00e9tait pris et tout allait comme sur des roulettes. \u00bb<\/p>\n<p>En fin de compte, Grizzly Six est un homme que d&#8217;aucuns ont                   appel\u00e9 un chef de combat brave qui avan\u00e7ait habituellement                   en faisant fi du feu de l&#8217;ennemi. Toutefois, le fait qu&#8217;il                   risquait la vie des hommes sous son commandement d&#8217;une telle                   fa\u00e7on n&#8217;a pas \u00e9t\u00e9 accept\u00e9 aussi facilement.<\/p>\n<p>Ce genre d&#8217;effort, en vue de trouver un \u00e9quilibre entre les                   op\u00e9rations agressives et les op\u00e9rations risqu\u00e9es, est un des                   th\u00e8mes incessants de l&#8217;Op\u00e9ration M\u00e9duse. Ce sont les renseignements                   sur le champ de bataille, ou leur manque, qui font osciller                   la balance. Si on n&#8217;a pas de bons renseignements, l&#8217;avanc\u00e9e                   comporte des risques importants, ou m\u00eame catastrophiques. La                   Compagnie Charles a certainement appris cette le\u00e7on \u00e0 la dure,                   le 3 septembre.<\/p>\n<p>Toutefois, comme le remarque Fraser, les renseignements sur                   le champ de bataille ne sont jamais certains et m\u00eame les meilleures \u00e9valuations                   de la situation ennemie risquent d&#8217;\u00eatre erron\u00e9es.<\/p>\n<p>\u00ab L&#8217;autre affaire que les Canadiens devraient comprendre \u00bb,                   dit Fraser. \u00ab C&#8217;est qu&#8217;on n&#8217;a jamais 100 pour cent de renseignements,                   d&#8217;accord? Pour parler m\u00e9taphoriquement, si j&#8217;en ai 20 pour                   cent, je suis content. On peut suivre toutes les lignes th\u00e9oriques,                   de A \u00e0 Z, par rapport \u00e0 tout ce qu&#8217;il faut faire, mais en fin                   de compte, on se bat avec un ennemi et il faut travailler dans                   un monde imparfait, ce qui n&#8217;est pas chose facile. \u00bb<\/p>\n<p>Quant aux commandants sur place, c&#8217;est certainement ce doute \u00e0 propos                   des renseignements qui les pousse \u00e0 compter sur les tactiques                   m\u00e9thodiques et l&#8217;avanc\u00e9e r\u00e9fl\u00e9chie.<\/p>\n<p>Bien que le militaire ne soit certainement pas une d\u00e9mocratie,                   ce n&#8217;est pas non plus une dictature. Si l&#8217;arm\u00e9e a une doctrine                   et une planification, c&#8217;est justement dans le but d&#8217;arriver \u00e0 un                   consensus sur la mani\u00e8re dont les op\u00e9rations devraient \u00eatre                   men\u00e9es. Mais on peut quand m\u00eame laisser la doctrine de c\u00f4t\u00e9 et                   on peut quand m\u00eame abandonner le plan : le commandant tactique                   doit d\u00e9cider lui-m\u00eame si l&#8217;on doit ob\u00e9ir \u00e0 l&#8217;ordre ou pas.<\/p>\n<p>Comme le remarque Gauthier, \u00ab c&#8217;est une op\u00e9ration de combat,                   et c&#8217;est une op\u00e9ration tactique, alors il n&#8217;y a ni certitude                   ni solution parfaite aux probl\u00e8mes qu&#8217;on rencontre lors du                   combat. Ainsi, on peut dire que \u00e7a revient \u00e0 la jugeote \u00e0 chaque \u00e9tape,                   si telle d\u00e9cision, tel jour, \u00e9tait la bonne ou la mauvaise. \u00bb<\/p>\n<p>Quant aux commandement et contr\u00f4le durant M\u00e9duse, Gauthier                   dit qu&#8217;il n&#8217;avait pas de raison de s&#8217;opposer aux d\u00e9cisions                   prises \u00e0 l&#8217;\u00e9chelon de la brigade durant l&#8217;op\u00e9ration, ou de                   les critiquer apr\u00e8s coup. Malgr\u00e9 les cas o\u00f9 les commandants                   tactiques comme Lussier, Lavoie, Sprague et Wessan ont fait                   objection \u00e0 certains ordres, pour Gauthier, l&#8217;important c&#8217;est                   la n\u00e9cessit\u00e9 militaire de pr\u00eater attention \u00e0 l&#8217;autorit\u00e9 dans                   la chaine de commandement.<\/p>\n<p>\u00ab Si (Lavoie) s&#8217;\u00e9tait oppos\u00e9 \u00e0 ce qu&#8217;on lui demandait de faire                   au point o\u00f9 il se serait convaincu que ce n&#8217;\u00e9tait pas la chose \u00e0 faire,                   il ne l&#8217;aurait pas faite. Et on peut direla m\u00eame chose dans                   le cas de Sprague. Ainsi, malgr\u00e9 le fait qu&#8217;ils ne pensaient                   probablement pas que c&#8217;\u00e9tait la meilleure fa\u00e7on de faire les                   choses, il y a beaucoup de fa\u00e7ons de faire les choses. \u00bb<\/p>\n<p>De toute fa\u00e7on, vu que le stade du combat de l&#8217;op\u00e9ration M\u00e9duse \u00e9tait                   th\u00e9oriquement termin\u00e9, c&#8217;\u00e9tait le moment de commencer le stade                   de la reconstruction.<\/p>\n<p>Les efforts concernant la reconstruction du Panjwai et l&#8217;am\u00e9lioration                   de sa connexion \u00e0 l&#8217;\u00e9conomie de Kandahar \u00e9taient concentr\u00e9s                   sur la construction d&#8217;une nouvelle route, appel\u00e9e Route Summit,                   qui irait directement vers le nord \u00e0 partir de la ville de                   Bazaar-e-Panjwai et rencontrerait l&#8217;autoroute 1 pr\u00e8s de la                   base de patrouille Wilson.<\/p>\n<p>Durant le mois suivant et, en fait, durant plusieurs mois,                   le groupement tactique devrait surtout s&#8217;occuper de la d\u00e9fense                   de la Route Summit et de la garde du territoire qu&#8217;il venait                   de prendre.<\/p>\n<p>Bien que les principales op\u00e9rations de combat \u00e9taient termin\u00e9es                   avant le 14 septembre, les talibans ne semblaient pas vouloir                   accepter leur d\u00e9faite. Effectivement, cette p\u00e9riode de reconstruction                   s&#8217;est av\u00e9r\u00e9e plus mortelle que l&#8217;op\u00e9ration elle-m\u00eame, car une                   combinaison de bombes de circonstance, de bombes suicidaires,                   de combats et de mines a tu\u00e9 10 autres soldats canadiens durant                   le mois qui a suivi la capture de l&#8217;objectif Rugby.<\/p>\n<p>Pour les Canadiens, le probl\u00e8me concernant la garde de la                   construction de la Route Summit c&#8217;est que, bien qu&#8217;ils pouvaient                   d\u00e9fendre comme il faut leur nouvelle route, ils n&#8217;avaient pas                   assez de main-d&#8217;oeuvre pour aller tuer l&#8217;ennemi \u00e0 l&#8217;ouest, ni                   m\u00eame le faire reculer.<\/p>\n<p>\u00ab On n&#8217;avait pas assez de puissance de combat pour ce genre                   de nettoyage \u00bb, dit Lussier. \u00ab Il faudrait une brigade pour                   faire \u00e7a. Et l&#8217;autre chose dont les gens ne tiennent pas compte,                   c&#8217;est que nos cong\u00e9s ont commenc\u00e9 \u00e0 ce moment-l\u00e0. Alors un                   tiers de notre force est parti.<\/p>\n<p>?\u00ab Vous savez, m\u00eame si on avait eu l&#8217;\u00e9quipe de combat au complet,                   ou le groupement tactique au complet, ici, honn\u00eatement, je                   ne crois pas que notre puissance de combat aurait suffi. Je                   veux dire, m\u00eame pour prendre Pashmul, il nous a fallu l&#8217;aide                   des Am\u00e9ricains. Et on \u00e9tait la priorit\u00e9 pour tout ce qu&#8217;il                   y avait dans les airs au-dessus du th\u00e9\u00e2tre; et qui est parti                   apr\u00e8s coup. Je veux dire, on l&#8217;a toujours eu quand on en a                   eu besoin, mais on l&#8217;avait certainement pas en grand comme \u00e0 Pashmul. \u00bb<\/p>\n<p>Fraser sait tr\u00e8s bien quels probl\u00e8mes il faudrait surmonter                   pour mettre la main sur une puissance de combat qui pourrait                   suffire. Toutefois, en fin de compte, un certain nombre de                   soldats seulement \u00e9taient disponibles. \u00ab L&#8217;OTAN \u00e9tait paralys\u00e9 au                   point de vue politique et ne pouvait pas me donner plus que                   ce que je pouvais obtenir (\u00e0 l&#8217;int\u00e9rieur de ma brigade) \u00bb,                   dit Fraser. \u00ab Les autres pays de l&#8217;OTAN avaient des contraintes                   politiques par rapport \u00e0 ce qu&#8217;ils pouvaient me fournir. Et                   ce n&#8217;est pas mon r\u00f4le de faire des commentaires l\u00e0-dessus;                   les choses \u00e9taient ce qu&#8217;elles \u00e9taient, d&#8217;accord? C&#8217;est mon                   expression pr\u00e9f\u00e9r\u00e9e : les choses sont ce qu&#8217;elles sont, et                   on fait ce qu&#8217;il faut. \u00bb<\/p>\n<p>En r\u00e9alit\u00e9, il n&#8217;y avait pas assez de troupes, de l&#8217;OTAN ou                   de l&#8217;arm\u00e9e nationale afghane, pour nettoyer et garder le terrain                   afin d&#8217;emp\u00eacher les talibans d&#8217;attaquer.<\/p>\n<p>D&#8217;apr\u00e8s les chiffres, on ne peut pas dire que la mission afghane                   a eu \u00e9norm\u00e9ment d&#8217;importance pour les alli\u00e9s de l&#8217;OTAN.<\/p>\n<p>Les forces militaires combin\u00e9es de l&#8217;OTAN se chiffrent \u00e0 un                   tout petit peu plus de neuf millions d&#8217;hommes; il n&#8217;y en a                   pourtant que 38 500 en Afghanistan&#8211;moins d&#8217;un demi pour cent                   de la force totale.<\/p>\n<p>C&#8217;est vraiment diff\u00e9rent en ce qui concerne le Canada dont                   la force afghane de 2 500 personnes constitue 2,6 pour cent                   de toutes ses forces militaires, r\u00e9guli\u00e8res et de r\u00e9serve.                   Si les pays de l&#8217;OTAN contribuaient proportionnellement autant                   que le Canada, il y aurait 238 225 soldats en Afghanistan.<\/p>\n<p>Il est facile de comprendre que les efforts de l&#8217;OTAN sont                   une tentative concernant une guerre complexe et difficile en                   s&#8217;engageant au minimum. Le r\u00e9sultat semble en \u00eatre que l&#8217;OTAN                   est trop fort pour perdre, mais trop faible pour gagner.<\/p>\n<p>En fin de compte, M\u00e9duse a \u00e9t\u00e9 consid\u00e9r\u00e9e un succ\u00e8s tactique.                   L&#8217;op\u00e9ration a nettoy\u00e9 la poche du Panjwai et mis fin \u00e0 l&#8217;espoir                   qu&#8217;avaient les talibans de repousser l&#8217;OTAN \u00e0 l&#8217;ext\u00e9rieur de                   l&#8217;Afghanistan en une saison de combats.<\/p>\n<p>Toutefois, la bataille pour le Panjwai n&#8217;est pas encore finie.                   Il y a encore des soldats canadiens qui y meurent.<\/p>\n<p>Bien qu&#8217;il soit peut-\u00eatre trop t\u00f4t pour savoir si une paix                   de l&#8217;OTAN profitera jamais au Panjwai, ce qui est clair c&#8217;est                   qu&#8217;entre le 3 aout et le 14 octobre 2006, des Canadiens s&#8217;y                   sont battus pour le nettoyer. Ils ont tu\u00e9 beaucoup d&#8217;hommes,                   mais ils en ont perdu beaucoup aussi. C&#8217;\u00e9tait une bataille                   historique. Les suivants ont trouv\u00e9 la mort : Le caporal Chris                   Reid, le sergent Vaughan Ingram, le caporal Bryce Keller, le                   simple soldat Kevin Dallaire, le sergent Shane Stachnik, l&#8217;adjudant                   Rick Nolan, l&#8217;adjudant Frank Mellish, le simple soldat Will                   Cushley, le simple soldat Mark Graham, le simple soldat Dave                   Byers, le caporal Shane Keating, le caporal Keith Morley, le                   caporal Glen Arnold, le simple soldat Josh Klukie, le sergent                   Craig Gillam, le caporal Robert Mitchell, le troupier Mark                   Wilson, le sergent Darcy Tedford, le simple soldat Blake Williamson.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Quand les soldats canadiens du nouveau roulement sont arriv\u00e9s \u00e0 Kandahar, en aout 2006, ils ne s&#8217;attendaient pas du tout \u00e0 ce sur quoi ils sont tomb\u00e9s. Ils s&#8217;\u00e9taient entrain\u00e9s \u00e0 la guerre contreinsurrectionnelle, mais ce sur quoi ils sont tomb\u00e9s ressemblait davantage \u00e0 une guerre conventionnelle. Ils sont tomb\u00e9s sur la bataille du Panjwai. 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