{"id":3890,"date":"2016-07-13T14:05:40","date_gmt":"2016-07-13T18:05:40","guid":{"rendered":"https:\/\/legionmagfren.wpengine.com\/?p=3890"},"modified":"2016-07-13T14:07:17","modified_gmt":"2016-07-13T18:07:17","slug":"orgueil-et-prejuges-au-front","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/2016\/07\/orgueil-et-prejuges-au-front\/","title":{"rendered":"Orgueil et pr\u00e9jug\u00e9s au front"},"content":{"rendered":"<div class=\"caption_img\">\r\n        <img fetchpriority=\"high\" decoding=\"async\" class=\"wp-image-3897\" src=\"https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2016\/07\/PPNEW.jpg\" alt=\"PPNEW\" width=\"600\" height=\"417\" srcset=\"https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2016\/07\/PPNEW.jpg 1500w, https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2016\/07\/PPNEW-300x208.jpg 300w, https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2016\/07\/PPNEW-768x534.jpg 768w, https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2016\/07\/PPNEW-1024x711.jpg 1024w\" sizes=\"(max-width: 600px) 100vw, 600px\" \/>\r\n        <div class=\"caption\">\r\n            <span>MUSIQUE: La musique du 2e Bataillon de construction \u00e9tait populaire.<\/span>\r\n            \r\n        <div class=\"credit\">\r\n            <span><\/span>\r\n        <\/div>\r\n\r\n        <\/div>\r\n        \r\n    <\/div>\n<h3 class=\"p1\" style=\"text-align: center;\"><span class=\"s1\">Apr\u00e8s une pression consid\u00e9rable par<br \/>\ndes Noirs et leurs partisans blancs,<br \/>\nle Canada a form\u00e9 un bataillon de Noirs,<br \/>\nmais ils devaient se battre avec des<br \/>\npelles, pas avec des fusils.<\/span><\/h3>\n<p class=\"p1\"><span class=\"s1\"><b>\u00ab J\u2019AI LA CHANCE <\/b><\/span>d\u2019avoir d\u2019excellentes recrues, et je pensais qu\u2019il serait injuste pour ces hommes de les obliger \u00e0 se m\u00ealer \u00e0 des n\u00e8gres. \u00bb<\/p>\n<p class=\"p2\">Le lieutenant-colonel George Fowler, commandant du 104<sup>e<\/sup> Bataillon, a \u00e9crit ces mots dans l\u2019espoir de faire retirer 20 soldats \u00ab de couleur \u00bb de son unit\u00e9. Malgr\u00e9 la politique officielle du gouvernement canadien qui d\u00e9clarait clairement qu\u2019on pouvait accepter des volontaires noirs, les bureaux de recrutement les refusaient souvent. Toutefois, environ 1 500 Noirs ont r\u00e9ussi \u00e0 s\u2019enr\u00f4ler dans le Corps exp\u00e9ditionnaire canadien (CEC). Apr\u00e8s deux ans de pression exerc\u00e9e par des lea-deurs noirs, et leurs alli\u00e9s blancs, le gouvernement a finalement autoris\u00e9 la cr\u00e9ation d\u2019une unit\u00e9 de Noirs. Il y avait probablement alors quelque 20 000 Noirs au Canada, dont la plupart se trouvaient en <span class=\"s2\">Nouvelle-\u00c9cosse (7 000) et en Ontario (5 000); ils \u00e9taient moins nombreux au Nouveau-Brunswick<\/span> (1 000) et dans les provinces de l\u2019Ouest.<\/p>\n<p class=\"p2\">L\u2019arm\u00e9e de terre choisit de baser sa nouvelle unit\u00e9 en Nouvelle-\u00c9cosse parce qu\u2019il s\u2019y trouvait une importante population noire. Le 2<sup>e<\/sup> Bataillon de construction, dont le quartier g\u00e9n\u00e9ral serait \u00e0 Pictou, fut autoris\u00e9 le 5 juillet 1916. Le Canada forma trois bataillons de construction pendant la Premi\u00e8re Guerre mondiale. Ce type d\u2019unit\u00e9s ne sert plus aujourd\u2019hui, mais on en avait alors grand besoin pour des t\u00e2ches essentielles. Ces unit\u00e9s construisaient et entretenaient, entre autres, les tranch\u00e9es, les routes, les ponts et les chemins de fer.<\/p>\n<div class=\"caption_img\">\r\n        <img decoding=\"async\" class=\"wp-image-3899\" src=\"https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2016\/07\/PPNEW3.jpg\" alt=\"PPNEW3\" width=\"600\" height=\"234\" srcset=\"https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2016\/07\/PPNEW3.jpg 3000w, https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2016\/07\/PPNEW3-300x117.jpg 300w, https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2016\/07\/PPNEW3-768x300.jpg 768w, https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2016\/07\/PPNEW3-1024x400.jpg 1024w\" sizes=\"(max-width: 600px) 100vw, 600px\" \/>\r\n        <div class=\"caption\">\r\n            <span>Le plus choquant \u00e9tait peut-\u00eatre que, m\u00eame quand ils portaient l\u2019uniforme de leur pays, la s\u00e9gr\u00e9gation \u00e0 leur encontre se poursuivait. \u00c0 Truro, ils devaient s\u2019assoir \u00e0 l\u2019\u00e9tage dans la salle de cin\u00e9ma, jusqu\u2019\u00e0 ce que quelques officiers de l\u2019unit\u00e9 interviennent. <\/span>\r\n            \r\n        <div class=\"credit\">\r\n            <span>Universit\u00e9 Acadia\/1900.237-WWI\/42;<\/span>\r\n        <\/div>\r\n\r\n        <\/div>\r\n        \r\n    <\/div>\n<p class=\"p2\">Le 2<sup>e<\/sup> Bataillon de construction est la seule unit\u00e9 noire jamais institu\u00e9e au Canada apr\u00e8s la Conf\u00e9d\u00e9ration. N\u00e9anmoins, les officiers \u00e9taient blancs, \u00e0 l\u2019exception notable d\u2019un seul.<\/p>\n<p class=\"p2\">L\u2019aum\u00f4nier de l\u2019unit\u00e9, le r\u00e9v\u00e9rend William White, \u00e9tait l\u2019un des tr\u00e8s rares officiers noirs de l\u2019Empire britannique \u00e0 la Grande Guerre, mais en tant qu\u2019aum\u00f4nier, son grade de capitaine n\u2019\u00e9tait qu\u2019honorifique. Fils d\u2019esclave, il \u00e9tait originaire de Virginie et avait immigr\u00e9 en Nouvelle-\u00c9cosse en 1900. Il avait \u00e9tudi\u00e9 la th\u00e9ologie \u00e0 l\u2019universit\u00e9 Acadia, o\u00f9 il obtint un dipl\u00f4me en 1903. Il s\u2019installa ensuite \u00e0 Truro o\u00f9 il \u00e9tait ministre du Culte de l\u2019\u00c9glise baptiste de Sion. Il \u00e9tait aussi le p\u00e8re de Portia White, c\u00e9l\u00e8bre cantatrice contralto pendant les ann\u00e9es 1940 et 1950.<\/p>\n<p class=\"p2\">La plupart des sous-officiers sup\u00e9rieurs de l\u2019unit\u00e9 \u00e9taient noirs, mais il y avait des <span class=\"s2\">exceptions. Les deux plus haut grad\u00e9s, le<\/span> sergent-major r\u00e9gimentaire et le sergent quartier-maitre r\u00e9gimentaire, \u00e9taient blancs. En effet, les Noirs ayant une exp\u00e9rience du commandement \u00e9taient rares en ce temps-l\u00e0, surtout dans le domaine militaire. Le sergent-major r\u00e9gimentaire et le sergent quartier-maitre r\u00e9gimentaire furent promus au rang d\u2019officier pendant la guerre et rest\u00e8rent dans l\u2019unit\u00e9.<\/p>\n<div class=\"caption_img\">\r\n        <img decoding=\"async\" class=\"wp-image-3898\" src=\"https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2016\/07\/PPNEW2.jpg\" alt=\"PPNEW2\" width=\"600\" height=\"821\" srcset=\"https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2016\/07\/PPNEW2.jpg 700w, https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2016\/07\/PPNEW2-219x300.jpg 219w\" sizes=\"(max-width: 600px) 100vw, 600px\" \/>\r\n        <div class=\"caption\">\r\n            <span>AUM\u00d4NIER: Le capitaine William White \u00e9tait l\u2019aum\u00f4nier de l\u2019unit\u00e9, l\u2019un des rares officiers noirs dans l\u2019arm\u00e9e de l\u2019Empire britannique. <\/span>\r\n            \r\n        <div class=\"credit\">\r\n            <span>Collection Lt.-Col. D.H. Sutherland, River John, N.-\u00c9.; archives Esther Clark Wright<\/span>\r\n        <\/div>\r\n\r\n        <\/div>\r\n        \r\n    <\/div>\n<p class=\"p1\"><b>Le lieutenant-colonel Daniel Sutherland<\/b>, important entrepreneur ferroviaire de la Nouvelle-\u00c9cosse, commandait l\u2019unit\u00e9. \u00c0 peu pr\u00e8s la moiti\u00e9 des officiers venaient de cette province, le reste de l\u2019Ontario ou d\u2019ailleurs. D\u2019ordinaire, les unit\u00e9s du CEC recrutaient des gens de leur r\u00e9gion, mais le 2<sup>e<\/sup> Bataillon de construction recrutait ses membres partout au Canada, ce qui en faisait une unit\u00e9 vraiment nationale. Les jeunes Noirs qui se sont port\u00e9s volontaires au d\u00e9but, dont plusieurs qui \u00e9taient encore adolescents, venaient de tous les coins du pays.<\/p>\n<p class=\"p2\">L\u2019effectif du bataillon devait s\u2019\u00e9lever \u00e0 1 049, tous rangs compris, et 180 recrues furent vite log\u00e9es dans un \u00e9difice de Pictou. L\u2019unit\u00e9 d\u00e9m\u00e9nagea \u00e0 Truro au bout de deux mois, car le commandant pensait que le recrutement y serait facilit\u00e9 par la pr\u00e9sence d\u2019une importante communaut\u00e9 noire locale, mais ce ne fut pas le cas.<\/p>\n<p class=\"p2\">L\u2019unit\u00e9 mena des campagnes de recrutement partout dans la province, mais leur succ\u00e8s fut mitig\u00e9. Il semblait que le bataillon n\u2019atteindrait pas l\u2019effectif minimum autoris\u00e9. Bien que les Noirs eussent alors leur propre unit\u00e9, la s\u00e9gr\u00e9gation et le statut non combattant du bataillon d\u00e9rangeaient certains d\u2019entre eux, on le comprend. Le refus essuy\u00e9 auparavant en dissuada probablement d\u2019autres d\u2019essayer \u00e0 nouveau de s\u2019enr\u00f4ler.<\/p>\n<div class=\"caption_img\">\r\n        <img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"wp-image-3903\" src=\"https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2016\/07\/PPNEW7.jpg\" alt=\"PPNEW7\" width=\"600\" height=\"377\" srcset=\"https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2016\/07\/PPNEW7.jpg 2100w, https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2016\/07\/PPNEW7-300x189.jpg 300w, https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2016\/07\/PPNEW7-768x483.jpg 768w, https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2016\/07\/PPNEW7-1024x644.jpg 1024w\" sizes=\"(max-width: 600px) 100vw, 600px\" \/>\r\n        <div class=\"caption\">\r\n            <span>OFFICIERS: Le capitaine William White (premier rang, au centre) pose avec les autres officiers de la 2e. <\/span>\r\n            \r\n        <div class=\"credit\">\r\n            <span>Soci\u00e9t\u00e9 canadienne des postes; collection Lt.-Col. D.H. Sutherland, River John, N.-\u00c9..<\/span>\r\n        <\/div>\r\n\r\n        <\/div>\r\n        \r\n    <\/div>\n<p class=\"p2\">Plusieurs Noirs qui s\u2019engag\u00e8rent pensaient : \u00ab l\u2019arm\u00e9e de terre nous a laiss\u00e9s nous engager, mais elle ne nous permet pas de combattre. On nous a donn\u00e9 des pelles, pas des fusils \u00bb, mais le plus choquant \u00e9tait peut-\u00eatre que, m\u00eame quand ils portaient l\u2019uniforme de leur pays, la s\u00e9gr\u00e9gation \u00e0 leur encontre se poursuivait. \u00c0 Truro, ils devaient s\u2019assoir \u00e0 l\u2019\u00e9tage dans la salle de cin\u00e9ma, jusqu\u2019\u00e0 ce que quelques officiers de l\u2019unit\u00e9 interviennent.<\/p>\n<p class=\"p2\">L\u2019une des photos souvent utilis\u00e9es pour repr\u00e9senter le 2<sup>e<\/sup> Bataillon de construction, notamment sur le timbre du Mois du patrimoine africain de Postes Canada (ci-contre), est celle o\u00f9 figure Joseph Alexander Parris, <span class=\"s2\">p\u00e8re de Sylvia Parris. Chaque fois que Sylvia voit la photographie, elle remarque : \u00ab Elle<\/span> suscite toujours chez moi la fiert\u00e9, la tris-tesse, la curiosit\u00e9, la d\u00e9ception. C\u2019est s\u00fbr que c\u2019est un solide gaillard dans son uniforme. Il a l\u2019air s\u00fbr de lui, un jeune homme volontaire et r\u00e9solu. J\u2019aimerais en savoir plus sur son parcours personnel, sur l\u2019histoire du bataillon et ses contributions \u00e0 la libert\u00e9 \u00bb.<\/p>\n<p class=\"p2\">Quelque 300 Noirs venaient de la Nouvelle-\u00c9cosse; il y en avait environ 400 autres qui ne purent pas s\u2019enr\u00f4ler parce qu\u2019ils travaillaient dans les mines de charbon, emploi essentiel. Le reste du Canada fournit 125 recrues, environ 20 p. 100 de l\u2019effectif final du bataillon. Chose int\u00e9ressante, 163 Noirs am\u00e9ricains s\u2019enr\u00f4l\u00e8rent aussi, c\u2019est-\u00e0-dire quelque 25 p. 100. Sutherland recruta aussi aux Antilles britanniques, o\u00f9 il trouva quelques soldats de plus. Malgr\u00e9 son effectif insuffisant, Sutherland se fit dire en d\u00e9cembre 1916 qu\u2019on avait besoin de son bataillon en France. Lors du d\u00e9part de l\u2019unit\u00e9, les autorit\u00e9s militaires essay\u00e8rent de maintenir la s\u00e9gr\u00e9gation en la transportant dans un bateau s\u00e9par\u00e9. Heureusement, la marine refusa et en mars 1917, 624 hommes de tous grades embarqu\u00e8rent \u00e0 Halifax. Ils d\u00e9barqu\u00e8rent deux semaines plus tard \u00e0 Liverpool et mont\u00e8rent dans un train imm\u00e9diatement pour se rendre \u00e0 leur camp situ\u00e9 au sud de l\u2019Angleterre.<\/p>\n<div class=\"caption_img\">\r\n        <img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"wp-image-3894\" src=\"https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2016\/07\/PP6.jpg\" alt=\"BLACK-SINGLE-STAMP_400.indd\" width=\"400\" height=\"400\" srcset=\"https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2016\/07\/PP6.jpg 1613w, https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2016\/07\/PP6-150x150.jpg 150w, https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2016\/07\/PP6-300x300.jpg 300w, https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2016\/07\/PP6-768x768.jpg 768w, https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2016\/07\/PP6-1024x1024.jpg 1024w, https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2016\/07\/PP6-50x50.jpg 50w, https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2016\/07\/PP6-140x140.jpg 140w\" sizes=\"(max-width: 400px) 100vw, 400px\" \/>\r\n        <div class=\"caption\">\r\n            <span>TIMBRE: Postes Canada a imprim\u00e9 un timbre en l\u2019honneur de la 2e en f\u00e9vrier.<\/span>\r\n            \r\n        <div class=\"credit\">\r\n            <span><\/span>\r\n        <\/div>\r\n\r\n        <\/div>\r\n        \r\n    <\/div>\n<p class=\"p2\">Durant son s\u00e9jour en Angleterre, l\u2019unit\u00e9 s\u2019entraina \u00e0 construire et \u00e0 r\u00e9parer des tranch\u00e9es et des routes dans le camp canadien. La guerre se fit vraiment sentir quand il fallut d\u00e9signer des sentinelles permanentes \u00e0 cause du grand nombre de raids a\u00e9riens.<\/p>\n<p class=\"p2\">Au d\u00e9but du mois de mai, l\u2019unit\u00e9 \u2013 dont l\u2019effectif \u00e9tait toujours inf\u00e9rieur de quelque 300 hommes au minimum requis \u2013 fut r\u00e9organis\u00e9e en tant que compagnie et Sutherland reprit le grade de major pour en garder le commandement. Le nouvel effectif consistait en 506 hommes et 10 officiers.<\/p>\n<p class=\"p2\">Le 17 mai, la 2<sup>e<\/sup> Compagnie de construction traversa la Manche pour se rendre en France. Elle passa deux jours d\u00e9primants dans un train, sous la pluie, et deux autres sur les routes jusqu\u2019\u00e0 Lajoux, pr\u00e8s de la fronti\u00e8re suisse. C\u2019est l\u00e0, dans le massif du Jura, qu\u2019elle passa le reste de la guerre.<\/p>\n<div class=\"caption_img\">\r\n        <img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"wp-image-3902\" src=\"https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2016\/07\/PPNEW6.jpg\" alt=\"PPNEW6\" width=\"300\" height=\"731\" srcset=\"https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2016\/07\/PPNEW6.jpg 1373w, https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2016\/07\/PPNEW6-123x300.jpg 123w, https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2016\/07\/PPNEW6-768x1871.jpg 768w, https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2016\/07\/PPNEW6-420x1024.jpg 420w\" sizes=\"(max-width: 300px) 100vw, 300px\" \/>\r\n        <div class=\"caption\">\r\n            <span>LE COMMANDANT: Le lieutenant-colonel Daniel Sutherland \u00e9tait entrepreneur de chemins de fers avant la guerre. <\/span>\r\n            \r\n        <div class=\"credit\">\r\n            <span>D.H. Sutherland, River John, N.-\u00c9.<\/span>\r\n        <\/div>\r\n\r\n        <\/div>\r\n        \r\n    <\/div>\n<p class=\"p2\">La compagnie \u00e9tait rattach\u00e9e au district n<sup>o<\/sup> 5 du Corps forestier canadien outre-mer. Les soldats du bataillon s\u2019occupaient du buchage, du sciage et du transport du bois avec quatre autres compagnies du Corps forestier. Durant la Premi\u00e8re Guerre mondiale, le bois \u00e9tait beaucoup plus important qu\u2019il ne l\u2019a \u00e9t\u00e9 pendant les guerres suivantes. Il servait \u00e0 la construction des tranch\u00e9es, des caillebotis, des plateformes de pi\u00e8ce et \u00e0 bien d\u2019autres choses.<\/p>\n<p class=\"p2\">Des hommes s\u2019occupaient du transport des planches pendant qu\u2019un d\u00e9tachement de 50 autres prenait part aux activit\u00e9s de fores-terie, dont la construction d\u2019un chemin de fer \u00e0 voie \u00e9troite pour transporter les troncs jusqu\u2019\u00e0 la scierie. Il y avait aussi une centaine d\u2019hommes qui entretenaient les routes. De temps \u00e0 autre, des escouades travaillaient ailleurs; certains des soldats travaillaient au front o\u00f9 ils installaient des barbel\u00e9s, et o\u00f9 ils \u00e9taient pris pour cible par l\u2019artillerie.<\/p>\n<p class=\"p2\">Un des officiers, le lieutenant et ing\u00e9nieur civil James Hayes, avait servi dans la milice avant la guerre. Il s\u2019\u00e9tait port\u00e9 volontaire pour le service outre-mer quand la guerre avait commenc\u00e9, mais comme cela n\u2019arrivait pas, il a \u00e9t\u00e9 \u00ab port\u00e9 volontaire \u00bb pour la 2<sup>e<\/sup> compagnie. Kempton Hayes remarque que, bien que son p\u00e8re f\u00fbt au d\u00e9part \u00ab m\u00e9content \u00bb de cette d\u00e9cision, il avait voulu faire son devoir et \u00e9tait parti outre-mer avec son unit\u00e9. \u00c0 Lajoux, il \u00e9tait responsable des postes de pompage et des conduites d\u2019eau.<\/p>\n<div class=\"caption_img\">\r\n        <img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"wp-image-3900\" src=\"https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2016\/07\/PPNew4.jpg\" alt=\"PPNew4\" width=\"600\" height=\"400\" srcset=\"https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2016\/07\/PPNew4.jpg 1500w, https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2016\/07\/PPNew4-300x200.jpg 300w, https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2016\/07\/PPNew4-768x512.jpg 768w, https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2016\/07\/PPNew4-1024x683.jpg 1024w\" sizes=\"(max-width: 600px) 100vw, 600px\" \/>\r\n        <div class=\"caption\">\r\n            <span>FORESTERIE: L\u2019unit\u00e9 travaillait aux c\u00f4t\u00e9s du Corps forestier canadien outre-mer. <\/span>\r\n            \r\n        <div class=\"credit\">\r\n            <span>Collection Lt.-Col. D.H. Sutherland, River John, N.-\u00c9.<\/span>\r\n        <\/div>\r\n\r\n        <\/div>\r\n        \r\n    <\/div>\n<p class=\"p2\">Le journal de l\u2019aum\u00f4nier White r\u00e9v\u00e8le que les membres de l\u2019unit\u00e9 travaillaient dur, et que leur bien\u00eatre l\u2019inqui\u00e9tait tout le temps. Pourtant, ils \u00e9taient toujours trait\u00e9s comme des citoyens de seconde classe. Ils \u00e9taient les derniers \u00e0 recevoir l\u2019approvisionnement, et des fois, ils ne recevaient ni sous-v\u00eatements ni chaussettes. Heureusement, le bataillon avait son propre m\u00e9decin, le capitaine n\u00e9o\u00e9cossais Dan Murray (grand-p\u00e8re de la chanteuse Anne Murray), mais quand il \u00e9tait absent, les autres m\u00e9decins blancs refusaient souvent de soigner les soldats de la 2<sup>e<\/sup>.<\/p>\n<p class=\"p2\">Lorsque la conscription fut promulgu\u00e9e, vers la fin de l\u2019ann\u00e9e 1917, ironie cruelle,\u00a0les Noirs y \u00e9taient aussi soumis. Les hommes qui s\u2019\u00e9taient port\u00e9s volontaires deux ans auparavant et \u00e0 qui on avait oppos\u00e9 un refus \u00e0 cause de la couleur de leur peau \u00e9taient alors oblig\u00e9s par la loi de s\u2019enr\u00f4ler, et ils risquaient de lourdes sanctions en cas de manquement \u00e0 ce devoir.<\/p>\n<div class=\"caption_img\">\r\n        <img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"wp-image-3901\" src=\"https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2016\/07\/PPNEW5.jpg\" alt=\"PPNEW5\" width=\"600\" height=\"652\" srcset=\"https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2016\/07\/PPNEW5.jpg 943w, https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2016\/07\/PPNEW5-276x300.jpg 276w, https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2016\/07\/PPNEW5-768x834.jpg 768w\" sizes=\"(max-width: 600px) 100vw, 600px\" \/>\r\n        <div class=\"caption\">\r\n            <span>ENGAG\u00c9S: Les fr\u00e8res n\u00e9o\u00e9cossais George et James Downy s\u2019enr\u00f4l\u00e8rent dans le bataillon en octobre 1916. <\/span>\r\n            \r\n        <div class=\"credit\">\r\n            <span>Black Cultural Centre of Nova Scotia<\/span>\r\n        <\/div>\r\n\r\n        <\/div>\r\n        \r\n    <\/div>\n<p class=\"p2\">La 2<sup>e<\/sup> Compagnie de construction est retourn\u00e9e \u00e0 Halifax apr\u00e8s la guerre, en janvier 1919, et elle a \u00e9t\u00e9 dissoute officiellement le 15 septembre 1920. La seule unit\u00e9 militaire de Noirs au Canada n\u2019\u00e9tait plus.<\/p>\n<p class=\"p2\">Sylvia Parris dit qu\u2019elle aurait \u00ab tellement voulu pouvoir demander \u00e0 son p\u00e8re :<\/p>\n<p>\u201cC\u2019\u00e9tait comment le voyage outre-mer? As-tu vu l\u2019oncle Bill apr\u00e8s avoir quitt\u00e9 le navire? Tes parents te manquaient-ils?\u201d \u00bb Elle n\u2019a malheureusement pas pu lui poser ces questions avant sa mort.<\/p>\n<p class=\"p2\">\u00ab La raison principale, remarque-t-elle, c\u2019est que cette importante partie de l\u2019histoire du Canada et de la Nouvelle-\u00c9cosse n\u2019\u00e9tait pas enseign\u00e9e quand j\u2019allais \u00e0 l\u2019\u00e9cole. \u00bb<\/p>\n<div class=\"caption_img\">\r\n        <img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"wp-image-3904\" src=\"https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2016\/07\/PP12.jpg\" alt=\"PP12\" width=\"600\" height=\"419\" srcset=\"https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2016\/07\/PP12.jpg 1482w, https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2016\/07\/PP12-300x210.jpg 300w, https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2016\/07\/PP12-768x537.jpg 768w, https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2016\/07\/PP12-1024x716.jpg 1024w\" sizes=\"(max-width: 600px) 100vw, 600px\" \/>\r\n        <div class=\"caption\">\r\n            <span>Des membres de la 2e Compagnie de construction devant un h\u00f4pital dans le massif du Jura, en France. <\/span>\r\n            \r\n        <div class=\"credit\">\r\n            <span>collection Lt.-Col. D.H. Sutherland, River John, N.-\u00c9.<\/span>\r\n        <\/div>\r\n\r\n        <\/div>\r\n        \r\n    <\/div>\n<p class=\"p2\">Elle pense, maintenant, aux conversations qu\u2019elle aurait pu avoir avec lui : \u00ab \u201cPapa, aujourd\u2019hui, on a parl\u00e9 du 2<sup>e<\/sup> Bataillon de construction. Le professeur nous a dit d\u2019en parler \u00e0 nos familles.\u201d Imaginez tout ce que cela aurait pu \u00e9voquer. \u00bb<\/p>\n<p class=\"p2\">Un monument de granite \u00e9rig\u00e9 au quai de marchandises de Pictou par la Commission des lieux et monuments historiques du Canada en souvenir de la contribution de l\u2019unit\u00e9 au Canada a \u00e9t\u00e9 d\u00e9voil\u00e9, en juillet 1993, en l\u2019honneur du 2<sup>e<\/sup> Bataillon de construction. Depuis lors, un service comm\u00e9moratif annuel y a lieu pour honorer les hommes du \u00ab Bataillon de Noirs \u00bb qui ont pers\u00e9v\u00e9r\u00e9 contre les pr\u00e9jug\u00e9s et servi leur pays avec fiert\u00e9.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Apr\u00e8s une pression consid\u00e9rable par des Noirs et leurs partisans blancs, le Canada a form\u00e9 un bataillon de Noirs, mais ils devaient se battre avec des pelles, pas avec des fusils. \u00ab J\u2019AI LA CHANCE d\u2019avoir d\u2019excellentes recrues, et je pensais qu\u2019il serait injuste pour ces hommes de les obliger \u00e0 se m\u00ealer \u00e0 des [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":26,"featured_media":3897,"comment_status":"closed","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[3],"tags":[],"class_list":["post-3890","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-articles-principaux"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/3890","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/26"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=3890"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/3890\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media\/3897"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=3890"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=3890"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=3890"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}