{"id":3868,"date":"2016-05-27T11:56:23","date_gmt":"2016-05-27T15:56:23","guid":{"rendered":"https:\/\/legionmagfren.wpengine.com\/?p=3868"},"modified":"2016-05-27T11:56:23","modified_gmt":"2016-05-27T15:56:23","slug":"etait-ce-une-erreur-que-denvoyer-le-hms-hood-affronter-le-bismarck","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/2016\/05\/etait-ce-une-erreur-que-denvoyer-le-hms-hood-affronter-le-bismarck\/","title":{"rendered":"\u00c9tait-ce une erreur que d\u2019envoyer  le HMS Hood affronter le Bismarck?"},"content":{"rendered":"<p class=\"p1\"><img fetchpriority=\"high\" decoding=\"async\" class=\"alignnone size-full wp-image-3869\" src=\"https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2016\/05\/Face-to-Face-Slider.jpg\" alt=\"Face to Face Slider\" width=\"480\" height=\"270\" srcset=\"https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2016\/05\/Face-to-Face-Slider.jpg 480w, https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2016\/05\/Face-to-Face-Slider-300x169.jpg 300w\" sizes=\"(max-width: 480px) 100vw, 480px\" \/><\/p>\n<h3 class=\"p1\"><span class=\"s1\"><i>Marc Milner dit que <\/i><span style=\"color: #800000;\"><strong>NON<\/strong><\/span><\/span><\/h3>\n<p class=\"p1\"><span class=\"s1\"><b>C\u2019 \u00e9tait le devoir <\/b>du HMS <i>Hood<\/i> de combattre l\u2019ennemi, et il y a trois bonnes raisons pour lesquelles il fut engag\u00e9 dans la bataille contre le navire allemand <i>Bismarck<\/i> en 1941.<\/span><\/p>\n<p class=\"p2\"><span class=\"s1\">La premi\u00e8re, c\u2019est simplement que le <i>Hood<\/i>, de la classe Admiral, \u00e9tait le navire le plus rapide de la flotte britannique. La plupart des cuirass\u00e9s britanniques \u00e9taient trop lents pour rattraper le <i>Bismarck<\/i>\u00a0: <\/span>m\u00eame les navires de la classe <span class=\"s1\">King George V allaient \u00e0 trois ou quatre n\u0153uds de moins. Le <i>Hood<\/i>, dont la vitesse maximale \u00e9tait de 31 n\u0153uds et le d\u00e9placement de 47 000 tonnes, pouvait prendre la mer par tous les temps, et sa vitesse \u00e9tait sup\u00e9rieure d\u2019un n\u0153ud \u00e0 celle de son rival allemand.<\/span><\/p>\n<p class=\"p2\"><span class=\"s1\">La deuxi\u00e8me raison, c\u2019est que les d\u00e9fauts dans le blindage du <i>Hood<\/i> \u00e9taient bien connus, mais ils ne suffisaient pas \u00e0 le garder au port. Par exemple, la ceinture principale \u00e9tait en plaques blind\u00e9es de 12 pouces, soit trois pouces de moins que celles des nouveaux KGV. Certes, le blinda-ge \u00e9tait plus mince \u00e0 la proue et \u00e0 la poupe, et entre la ceinture principale et le pont principal, et cela le rendait vuln\u00e9rable, mais la protection \u00e9tait jug\u00e9e tout juste suffisante. Le blinda-ge de son pont \u00e9tait faible, \u00ab espac\u00e9 \u00bben plaques de deux ou trois pouces et con\u00e7u pour r\u00e9sister \u00e0 des obus \u00e0 trajectoire plut\u00f4t plate. Tout le monde savait qu\u2019il n\u2019\u00e9tait pas par\u00e9 au feu plongeant, mais les cuirass\u00e9s ne l\u2019\u00e9taient g\u00e9n\u00e9ralement pas.<\/span><\/p>\n<p class=\"p2\"><span class=\"s1\">Les tactiques du vice-amiral Lancelot Holland compensaient les faiblesses du <i>Hood<\/i>. Il le faisait traverser la zone de feu plongeant, \u00e0 distance maximale, aussi vite que possible, jusqu\u2019\u00e0 ce qu\u2019il atteigne ce que les Am\u00e9ricains appelaient la \u00ab zone d\u2019immunit\u00e9 \u00bb : l\u2019endroit o\u00f9 le pont et la cuirasse pouvaient r\u00e9sister au feu de l\u2019ennemi.<\/span><\/p>\n<p class=\"p2\"><span class=\"s1\">On peut dire que Holland attei-gnit son but. Le <i>Hood<\/i> se trouvait \u00e0 une distance de 15 000 m\u00e8tres de l\u2019ennemi lorsque Holland le fit virer pour pr\u00e9senter son armure la plus \u00e9paisse et permettre aux tourelles de poupe de tirer. \u00c0 cette distance-l\u00e0, le feu du <i>Bismarck<\/i> frapperait le pont du <i>Hood<\/i> \u00e0 un angle d\u2019environ 14 degr\u00e9s, trop ferm\u00e9, m\u00eame d\u2019apr\u00e8s les Allemands, pour percer le pont. La destruction semble avoir \u00e9t\u00e9 caus\u00e9e par un obus qui p\u00e9n\u00e9tra le blindage, traversant la cuirasse de 12 pouces, ou peut-\u00eatre l\u00e9g\u00e8rement plus haut, et fit exploser un des magasins. Ce sont des choses qui arrivent. Si le <i>Hood<\/i> et le HMS <i>Prince of Wales<\/i> avaient eu quelques minutes de plus, vu leurs armements \u2013 huit canons de 15 pouces et dix de 14 pouces \u2013, cela aurait pu se passer autrement.<\/span><\/p>\n<h3 class=\"p1\" style=\"text-align: center;\"><span class=\"s1\">Le <i>Hood<\/i> pouvait prendre la mer<br \/>\npar tous les temps, et sa vitesse<br \/>\n\u00e9tait sup\u00e9rieure d\u2019un n\u0153ud \u00e0 celle<br \/>\nde son rival allemand.<\/span><\/h3>\n<p class=\"p2\"><span class=\"s1\">La troisi\u00e8me raison pour laquelle le <i>Hood<\/i> devait \u00eatre envoy\u00e9 \u00e0 la recherche du <i>Bismarck<\/i>, c\u2019est simplement que les Britanniques n\u2019avaient pas suffisamment de cuirass\u00e9s : 14 seulement en mai 1941. Les quatre petits cuirass\u00e9s de la classe R \u00e9taient encore plus vieux que le <i>Hood<\/i> et n\u2019\u00e9taient pas de taille \u00e0 affronter un cuirass\u00e9 moderne. Les cinq b\u00e2timents de la classe Elizabeth qui avaient \u00e9t\u00e9 reconstruits se trouvaient \u00e0 Alexandrie, en \u00c9gypte, o\u00f9 ils observaient la marine italienne. Quant aux deux b\u00e2timents de la classe Nelson b\u00e2tis dans les ann\u00e9es 1920 conform\u00e9ment aux restrictions d\u2019un trait\u00e9, le HMS <i>Rodney<\/i> \u00e9tait en route pour les \u00c9tats-Unis pour se faire remettre en \u00e9tat et le HMS <i>Nelson<\/i> se trouvait \u00e0 Freetown, en Sierra Leone, o\u00f9 il avait escort\u00e9 un convoi de soldats. Les meilleurs de la flotte de combat de la marine royale, deux cuirass\u00e9s de la classe King George V (42 000 tonnes, 28 n\u0153uds) et le <i>Hood<\/i> r\u00e9cemment mis en service, \u00e9taient bas\u00e9s \u00e0 Scapa Flow pour guetter le <i>Bismarck<\/i>.<\/span><\/p>\n<p class=\"p2\"><span class=\"s1\">Le <i>Hood<\/i> devait y aller. Avec de la chance, il aurait pu survivre \u00e0 la bataille du d\u00e9troit du Danemark. En fait, le <i>Bismarck<\/i> a \u00e9t\u00e9 suffisam-ment endommag\u00e9 pour que les bombardiers-torpilleurs Fairy Swordfish du HMS <i>Ark Royal <\/i>puissent l\u2019atteindre, et pour qu\u2019une malchance encore plus improba-ble signe sa derni\u00e8re heure.<\/span><\/p>\n<hr \/>\n<h3 class=\"p1\"><span class=\"s1\"><i>Iain Ballantyne dit que <\/i><span style=\"color: #800000;\">OUI<\/span><\/span><\/h3>\n<p class=\"p1\"><b>La bataille <\/b>du d\u00e9troit de Danemark avait \u00e0 peine huit minutes quand l\u2019int\u00e9rieur du poste de contr\u00f4le d\u2019artillerie du HMS <i>Prince of Wales<\/i> fut \u00e9clair\u00e9 par ce qui ressemblait un brillant et soudain lever de soleil.<\/p>\n<p class=\"p2\">Trop occup\u00e9 pour regarder, le capitaine de corvette Colin McMullen, officier du poste de contr\u00f4le d\u2019artillerie du cuirass\u00e9, continua de faire feu sur le <i>Bismarck<\/i>. La lumi\u00e8re vive provenait de l\u2019explosion du HMS <i>Hood<\/i>, dont la proue se dressait \u00e0 la verticale alors que les deux canons de 15 pouces de sa tourelle A tiraient vaillamment une derni\u00e8re salve. Les marins et fusiliers \u00e0 bord du croiseur HMS <i>Suffolk<\/i> qui en furent t\u00e9moins eurent peine \u00e0 en croire leurs yeux.<\/p>\n<p class=\"p2\">Avec le recul, le verdict g\u00e9n\u00e9ralement admis est que oui, ce fut une erreur d\u2019envoyer le <i>Hood<\/i>, cuirass\u00e9 de l\u2019\u00e9poque de la Premi\u00e8re Guerre mondiale, se battre contre le <i>Bismarck<\/i>, cuirass\u00e9 moderne puissamment arm\u00e9 et prot\u00e9g\u00e9. Il aurait mieux valu que le <i>Hood<\/i> soit retir\u00e9 de la circulation longtemps avant et remplac\u00e9 par un cuirass\u00e9 mo-derne plus rapide et mieux blind\u00e9.<\/p>\n<p class=\"p2\">Cependant, les Britanniques n\u2019avaient pas le choix. Leur marine \u00e9tait encore la plus puissante du monde, mais elle \u00e9tait d\u00e9ploy\u00e9e sur tous les oc\u00e9ans, surtout<br \/>\ndans l\u2019Atlantique, pour escorter les convois.<\/p>\n<p class=\"p2\">L\u2019amiral John Tovey, comman-dant de la flotte territoriale \u00e0 bord du HMS <i>King George V <\/i>mouill\u00e9 \u00e0 Scapa Flow, devait trouver la meilleure mani\u00e8re de placer ses navires, et il finit par d\u00e9cider d\u2019envoyer vers l\u2019Islande un groupe de chasse form\u00e9 du <i>Hood<\/i> et du <i>Prince of Wales<\/i>. Il s\u2019agissait \u00e9ventuellement d\u2019effectuer une interception, soit dans le d\u00e9troit du Danemark, soit dans le pertuis entre l\u2019Islande et les iles F\u00e9ro\u00e9.<\/p>\n<p class=\"p2\">La d\u00e9cision de Tovey \u00e9tait motiv\u00e9e par l\u2019\u00e9chec de l\u2019interception de navires pr\u00e9dateurs allemands quelques mois auparavant. Il avait alors r\u00e9agi \u00e0 une alerte<br \/>\nsemblable en d\u00e9ployant la flotte territoriale au complet au sud de l\u2019Islande.<\/p>\n<p class=\"p2\">Il s\u2019aper\u00e7ut bient\u00f4t qu\u2019il avait commis une grave erreur, car lorsque le carburant vint \u00e0 manquer, il n\u2019avait pas d\u2019unit\u00e9 importante en r\u00e9serve. La flotte territoriale se replia, et le <i>Gneisenau<\/i> et le <i>Scharnhorst<\/i> se gliss\u00e8rent dans l\u2019Atlantique Nord pour faire les d\u00e9g\u00e2ts que l\u2019on sait<br \/>\ndans les voies maritimes.<\/p>\n<p class=\"p2\" style=\"text-align: left;\">Cette fois-ci, Tovey avait l\u2019intention de retenir une force de frappe suffisante pour r\u00e9agir aux \u00e9v\u00e8nements. Le <i>King George\u00a0V<\/i> serait reli\u00e9 \u00e0 l\u2019amiraut\u00e9 par fil terrestre aussi longtemps que possible afin de recevoir les derniers renseignements du centre d\u2019op\u00e9rations de la marine.<\/p>\n<h3 class=\"p1\" style=\"text-align: center;\">M\u00eame si le <i>Bismarck <\/i>le surpassait,<br \/>\nla question \u00e0 se poser, c\u2019est plut\u00f4t<br \/>\npourquoi diable le <i>Hood<\/i> aurait-il<br \/>\nd\u00fb \u00eatre retenu?<\/h3>\n<p class=\"p2\">Si le <i>Bismarck<\/i> \u00e9chappait au <i>Hood<\/i> et au <i>Prince of Wales<\/i>, Tovey essaierait de l\u2019intercepter ailleurs avec le <i>King George V<\/i>, le porte-avion HMS <i>Victorious<\/i> et quelques croiseurs.<\/p>\n<p class=\"p2\">Donc, du point de vue tactique, la d\u00e9cision de Tovey \u00e9tait la bonne. Vu le manque de navires majeurs, il associa le nouveau cuirass\u00e9 bien prot\u00e9g\u00e9 et rapide <i>Prince of Wales<\/i> \u2013 qui n\u2019avait pas eu de bapt\u00eame du feu et qui \u00e9prouvait quelques probl\u00e8mes avec ses canons de 14 pouces \u2013, et le <i>Hood<\/i>, dont les canons de 15 pouces avaient fait leurs preuves au combat.<\/p>\n<p class=\"p2\">Oui, le risque de perdre le <i>Hood<\/i> \u00e9tait r\u00e9el, mais \u00e0 la guerre comme \u00e0 la guerre. Apr\u00e8s deux ans de combats, des milliers d\u2019hommes avaient d\u00e9j\u00e0 fait l\u2019ultime sacrifice, la Luftwaffe martelait la flotte m\u00e9diterran\u00e9enne au large de la Cr\u00e8te, et les marins britanniques \u00e9taient habitu\u00e9s aux situations d\u00e9licates. Alors, m\u00eame si le <i>Bismarck<\/i> le surpassait, la question \u00e0 se poser, c\u2019est plut\u00f4t : pourquoi diable le <i>Hood<\/i> aurait-il d\u00fb \u00eatre retenu?<\/p>\n<p class=\"p2\">\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Marc Milner dit que NON C\u2019 \u00e9tait le devoir du HMS Hood de combattre l\u2019ennemi, et il y a trois bonnes raisons pour lesquelles il fut engag\u00e9 dans la bataille contre le navire allemand Bismarck en 1941. 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