{"id":386,"date":"2010-03-01T00:01:40","date_gmt":"2010-03-01T04:01:40","guid":{"rendered":"https:\/\/legionmagfren.wpengine.com\/?p=386"},"modified":"2010-02-22T17:05:56","modified_gmt":"2010-02-22T21:05:56","slug":"souvenir-d-italie","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/2010\/03\/souvenir-d-italie\/","title":{"rendered":"Souvenir d\u2019Italie"},"content":{"rendered":"<div class=\"caption_img \"\tstyle=\"width:630px\"><img fetchpriority=\"high\" decoding=\"async\" class=\"top\" title=\"Des anciens combattants et des \u00e9tudiants au cimeti\u00e8re de la Moro apr\u00e8s une c\u00e9r\u00e9monie aux chandelles. [PHOTO : TOM MacGREGOR]\" src=\"http:\/\/www.legionmagazine.com\/en\/wp-content\/uploads\/2010\/03\/ItalyIntro2.jpg\" alt=\"Des anciens combattants et des \u00e9tudiants au cimeti\u00e8re de la Moro apr\u00e8s une c\u00e9r\u00e9monie aux chandelles. [PHOTO : TOM MacGREGOR]\" width=\"630\" height=\"236\" \/><\/p>\n<div class=\"caption\"><span>Des anciens combattants et des \u00e9tudiants au cimeti\u00e8re de la Moro apr\u00e8s une c\u00e9r\u00e9monie aux chandelles. <\/span><\/div>\n<div class=\"credit\"><span>PHOTO : TOM MacGREGOR<\/span><\/div>\n<\/div>\n<p><strong>Son corps gisait depuis 65 ans au cimeti\u00e8re militaire canadien de la Moro, pr\u00e8s d\u2019Ortona (Italie), sous une pierre portant l\u2019inscription Known unto God (connu de Dieu seul). C\u2019est \u00e0 Ortona et dans ses environs qu\u2019ont eu lieu certains des combats les plus terribles qu\u2019ont endur\u00e9s les Canadiens \u00e0 la Seconde Guerre mondiale. Comme en t\u00e9moignent les 1\u00a0614 autres tombes du cimeti\u00e8re.<\/strong><\/p>\n<p>En fait, bien que le corps git encore l\u00e0-bas, il n\u2019est plus inconnu.<\/p>\n<p>Les membres du p\u00e8lerinage d\u2019Anciens Combattants Canada, organis\u00e9 en l\u2019honneur du 65e anniversaire de la campagne d\u2019Italie, et des \u00e9l\u00e8ves canadiens de l\u2019\u00e9cole CCI Renaissance de Lanciano ont particip\u00e9 \u00e0 la d\u00e9dicace d\u2019une nouvelle pierre tombale pour le sergent suppl\u00e9ant John Aubrey Matthew, lors d\u2019une simple c\u00e9r\u00e9monie des Forces canadiennes. Celle qu\u2019elle rempla\u00e7ait portait l\u2019inscription suivante\u00a0:<\/p>\n<p><em>Un soldat de la guerre de 1939-1945<br \/>\nUn sergent du Hastings and Prince Edward Regiment<\/em><\/p>\n<p>Gr\u00e2ce aux recherches approfondies de la famille de Matthew et de la Direction de l\u2019histoire et du patrimoine du minist\u00e8re de la D\u00e9fense nationale, il a \u00e9t\u00e9 d\u00e9montr\u00e9 cat\u00e9goriquement que les restes ne peuvent \u00eatre que ceux de Matthew, de Stayner (Ont.). Des t\u00e9moins ont rapport\u00e9 que Matthew avait \u00e9t\u00e9 bless\u00e9 au combat, le 30 janvier 1944, quand deux compa-gnies des Hastings soutenues par l\u2019aviation et l\u2019artillerie et par six chars d\u2019assaut du Calgary Regiment ont essay\u00e9 de traverser la plaine d\u2019Arielli en plein jour. Cependant, \u00e0 cause des combats, Matthew ne put \u00eatre \u00e9vacu\u00e9.<\/p>\n<p>Quand les porteurs de civi\u00e8re sont retourn\u00e9s, ils ne l\u2019ont pas trouv\u00e9. Huit mois apr\u00e8s, en septembre, le corps a \u00e9t\u00e9 trouv\u00e9 par d\u2019autres Canadiens qui n\u2019ont pu d\u00e9terminer que son grade et son r\u00e9giment.<\/p>\n<p>Le capitaine aum\u00f4nier Claude Lussier a dit des pri\u00e8res et puis le colonel John Mitchell, accompagn\u00e9 par l\u2019infirmi\u00e8re Betty Brown, v\u00e9t\u00e9rane de la campagne d\u2019Italie de 92 ans, a d\u00e9pos\u00e9 des fleurs au pied de la nouvelle pierre tombale.<\/p>\n<p>Une c\u00e9r\u00e9monie \u00e0 la chandelle a commenc\u00e9 au coucher du soleil. Chacun des d\u00e9l\u00e9gu\u00e9s et des \u00e9tudiants avait re\u00e7u une bougie en arrivant au cimeti\u00e8re. Les anciens combattants du voyage, Betty Brown, Henry Beaudry de la Saskatoon Light Infantry, Roland Demers du Corps royal du g\u00e9nie canadien, David Morton de l\u2019Aviation royale du Canada et William Miller, surnomm\u00e9 Dusty, de la Marine royale canadienne, ont allum\u00e9 les bougies des participants qui d\u00e9filaient devant eux.<\/p>\n<p>Les mots obs\u00e9dants de Amazing Grace, sur une m\u00e9lodie lancinante, ont \u00e9t\u00e9 chant\u00e9s par les \u00e9l\u00e8ves Brittany Tummers et Kay Petryk, pendant que les participants contemplaient les pierres. La sonnerie aux morts, le r\u00e9veil et la complainte ont suivi. Les jeunes se sont rassembl\u00e9s pour r\u00e9citer l\u2019Engagement au Souvenir\u00a0:<\/p>\n<p><em>Ils \u00e9taient jeunes, tout comme nous,<br \/>\nAvec amour, ils ont servi leur patrie.<br \/>\nNous nous engageons envers eux \u00e0 d\u00e9fier le temps qui passe,<br \/>\nEt \u00e0 tenir bien haut le flambeau du Souvenir.<\/em><\/p>\n<p>La c\u00e9r\u00e9monie \u00e9tait l\u2019un des \u00e9v\u00e8nements les plus touchants du p\u00e8lerinage dirig\u00e9 par le ministre des Anciens Combattants Greg Thompson du 26 novembre au 5 d\u00e9cembre. Les s\u00e9nateurs Michael Meighen et Wilfrid Moore et les d\u00e9put\u00e9s Rob Oliphant, Peter Stoffer et Guy Andr\u00e9 se sont joints aux anciens combattants et \u00e0 leurs gar-diens. Parmi les dirigeants des principales organisations d\u2019anciens combattants se trouvaient la premi\u00e8re vice-pr\u00e9sidente de la L\u00e9gion royale canadienne Pat Varga, Robert Ross du Conseil national des associations d\u2019anciens combattants et Gordon Marsh des Army, Navy and Air Force Veterans in Canada.<\/p>\n<p>La d\u00e9l\u00e9gation s\u2019\u00e9tait rassembl\u00e9e au Sunnybrook Health Sciences Centre, \u00e0 Toronto, la ville canadienne o\u00f9 se trouve le plus grand nombre de personnes qui parlent italien, pour souhaiter bon voyage aux v\u00e9t\u00e9rans de la campagne d\u2019Italie, aux anciens combattants du Sunnybrook et aux \u00e9l\u00e8ves de l\u2019\u00e9cole secondaire Leaside.<\/p>\n<p>Thompson rappela \u00e0 l\u2019audience que c\u2019est Lady Nancy Astor qui a invent\u00e9 le terme D-Day Dodgers (resquilleurs du jour J) pour d\u00e9crire les soldats qui se battaient en Italie, comme s\u2019ils avaient choisi de se battre l\u00e0-bas plut\u00f4t qu\u2019en Normandie. \u00ab\u00a0Lady Astor \u00e9tait compl\u00e8tement dans l\u2019erreur. [\u2026] 93\u00a0000 Canadiens y ont servi [&#8230;]; les combats, qui ont dur\u00e9 20 mois, ont \u00e9t\u00e9 les combats terrestres les plus longs de la Seconde Guerre mon\u00addiale; trois Canadiens y ont m\u00e9rit\u00e9 la Croix de Victoria; et 6\u00a0000 Canadiens y ont fait le sacrifice ultime\u00a0: nos pertes les plus nombreuses de tous les pays [\u2026] \u00e0 la guerre\u00a0\u00bb, dit-il.<\/p>\n<div class=\"caption_img \"\tstyle=\"width:515px\"><img decoding=\"async\" style=\"vertical-align: middle;\" title=\"Les anciens combattants Dusty Miller et Roland Demers bavardent en attendant que commence la c\u00e9r\u00e9monie. [PHOTO : TOM MacGREGOR]\" src=\"http:\/\/www.legionmagazine.com\/en\/wp-content\/uploads\/2010\/03\/ItalyInset1.jpg\" alt=\"Les anciens combattants Dusty Miller et Roland Demers bavardent en attendant que commence la c\u00e9r\u00e9monie. [PHOTO : TOM MacGREGOR]\" width=\"515\" height=\"376\" \/><\/p>\n<div class=\"caption\"><span>Les anciens combattants Dusty Miller et Roland Demers bavardent en attendant que commence la c\u00e9r\u00e9monie. <\/span><\/div>\n<div class=\"credit\"><span>PHOTO : TOM MacGREGOR<\/span><\/div>\n<\/div>\n<p>Brown et le r\u00e9sident de Sunnybrook Don Stewart ont racont\u00e9 leurs exp\u00e9riences aux \u00e9l\u00e8ves et puis ils ont r\u00e9pondu \u00e0 leurs questions. Brown se souvenait du d\u00e9barquement en Sicile. \u00ab On portait les uniformes des hommes et les gars ont trouv\u00e9 des fournitures m\u00e9dicales que l\u2019ennemi avait abandonn\u00e9es. On a r\u00e9ussi \u00e0 \u00e9tablir un h\u00f4pital en attendant qu\u2019on nous apporte d\u2019autres fournitures.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>La d\u00e9l\u00e9gation a pris l\u2019avion pour Rome \u00e0 Toronto et puis l\u2019autocar jusqu\u2019\u00e0 Cassino, \u00e0 quelques heures plus loin. La premi\u00e8re fois qu\u2019il est all\u00e9 en Italie, David Morton de Gibsons (C.-B.) ne s\u2019y est pas rendu aussi vite. En tant qu\u2019\u00e9lectricien d\u2019a\u00e9ronef de l\u2019Aviation royale du Canada, il a suivi les troupes partout en Italie, mais c\u2019est le voyage en bateau dont il se souvient le mieux. \u00ab\u00a0Les quartiers \u00e9taient serr\u00e9s. Il y avait des tables o\u00f9 deux gars se couchaient sur la longueur. Et puis il y avait des hamacs au-dessus\u00a0\u00bb, racontait-il.<\/p>\n<p>La d\u00e9l\u00e9gation n\u2019est pas all\u00e9e en Sicile, mais le d\u00e9but de la campagne d\u2019Italie a \u00e9t\u00e9 d\u00e9crit lors des pr\u00e9sentations de deux repr\u00e9sentants de la jeunesse, Nolan Hill de Calgary et M\u00e9lanie Morin de Drummond (N-B.). Ils avaient particip\u00e9 tous deux \u00e0 la semaine Le Canada se souvient dans le cadre du programme Rencontres du Canada, \u00e0 Ottawa.<\/p>\n<p>Bien avant le voyage, Hill et Morin avaient fait des recherches sur un soldat mort en Sicile dont la tombe est inconnue. Leurs pr\u00e9sentations ont \u00e9t\u00e9 faites \u00e0 la premi\u00e8re c\u00e9r\u00e9monie du voyage, qui a eu lieu au monument de Cassino, au cimeti\u00e8re militaire du m\u00eame nom.<\/p>\n<p>L\u2019\u00e9l\u00e8ve Hill de l\u2019\u00e9cole secondaire Bowness de Calgary, \u00e2g\u00e9 de 16 ans, a racont\u00e9 l\u2019histoire de William Albert Gair, un jeune agriculteur de Strome (Alb.) qui s\u2019est engag\u00e9 dans le 49th Edmonton Regiment (dont le nom a chang\u00e9 \u00e0 Loyal Edmonton Regiment par la suite).<\/p>\n<p>Il dit que la mort de Gair a \u00e9t\u00e9 rapport\u00e9e comme ayant eu lieu, au combat, dans la ville de Piazza Armerina, le 16 juillet 1943\u00a0: huit jours avant son 25e anniversaire.<\/p>\n<p>Apr\u00e8s les pr\u00e9sentations, les d\u00e9l\u00e9gu\u00e9s ont pris part \u00e0 une c\u00e9r\u00e9monie comm\u00e9morative \u00e0 la Croix du Sacrifice du cimeti\u00e8re. Sur les plus de 4\u00a0200 pierres tombales, 855 sont celles de Canadiens. L\u2019endroit \u00e9tait couvert de brume pendant toute la matin\u00e9e. Elle s\u2019est dissip\u00e9e en m\u00eame temps que le sergent cornemuseur William MacDougall des Cameron Highlanders d\u2019Ottawa jouait la complainte et la magnifique abbaye tout en haut du Monte Cassino paraissait \u00e0 nos yeux. La construction originale a \u00e9t\u00e9 d\u00e9truite pendant la guerre.<\/p>\n<p>La d\u00e9l\u00e9gation a li\u00e9 connaissance avec le professeur Gianni Blasi un peu plus tard. N\u00e9 en Italie, il a grandi en Ontario et il est retourn\u00e9 en Italie o\u00f9 il est devenu professeur. Il se passionne pour l\u2019histoire de la r\u00e9gion et les contributions qu\u2019y ont apport\u00e9es les Canadiens pendant la guerre. Le professeur a guid\u00e9 le groupe au mus\u00e9e avoisinant et, le lendemain, lui a montr\u00e9 o\u00f9 se sont battus les Canadiens. \u00ab\u00a0Les Allemands s\u2019\u00e9taient rendus maitres du terrain \u00e9lev\u00e9 et les Canadiens ont d\u00fb s\u2019y battre\u00a0\u00bb, dit-il en pointant le doigt vers les montagnes des deux c\u00f4t\u00e9s de la vall\u00e9e de la Liri. Sa voix trahissait l\u2019amertume quand il parlait des troupes coloniales fran\u00e7aises qui se sont battues dans les montagnes et qui \u00e9taient notoires non seulement pour leur f\u00e9rocit\u00e9 au combat, mais aussi pour leur rapine et le viol des gens du coin. Il dit que sa m\u00e8re et sa s\u0153ur s\u2019\u00e9taient enfuies \u00e0 l\u2019arriv\u00e9e des Marocains. Elles n\u2019\u00e9taient pas assez bien chauss\u00e9es. Elles sont tomb\u00e9es sur des soldats canadiens. \u00ab\u00a0Un des Canadiens a attrap\u00e9 sa s\u0153ur, ma tante, une femme pas tr\u00e8s grande et l\u2019a emmen\u00e9e sous une tente. Ma m\u00e8re \u00e9tait terrifi\u00e9e et elle se demandait pourquoi les autres soldats canadiens ne manifestaient aucune inqui\u00e9tude. Quand ils sont revenus, peu apr\u00e8s, ma tante portait des bottes de soldat. C\u2019est comme \u00e7a qu\u2019on se souvient des Canadiens. On se souvient de leur bont\u00e9.\u00a0\u00bb<\/p>\n<div class=\"caption_img \"\tstyle=\"width:515px\"><img decoding=\"async\" style=\"vertical-align: middle;\" title=\"Le sergent cornemuseur William MacDougall joue sur les murs de Pontecorvo, au-dessus de la vall\u00e9e de la Liri. [PHOTO : TOM MacGREGOR]\" src=\"http:\/\/www.legionmagazine.com\/en\/wp-content\/uploads\/2010\/03\/ItalyInset5.jpg\" alt=\"Le sergent cornemuseur William MacDougall joue sur les murs de Pontecorvo, au-dessus de la vall\u00e9e de la Liri. [PHOTO : TOM MacGREGOR]\" width=\"515\" height=\"867\" \/><\/p>\n<div class=\"caption\"><span>Le sergent cornemuseur William MacDougall joue sur les murs de Pontecorvo, au-dessus de la vall\u00e9e de la Liri. <\/span><\/div>\n<div class=\"credit\"><span>PHOTO : TOM MacGREGOR<\/span><\/div>\n<\/div>\n<p>\u00c0 Ortona, la d\u00e9l\u00e9gation est all\u00e9e voir le monument Le Prix de la paix \u00e0 la Piazza del Plebiscito, une place centrale qui a \u00e9t\u00e9 un terrain d\u2019abattage pendant les combats. Le monument repr\u00e9sente un soldat qui soigne un camarade bless\u00e9.<\/p>\n<p>C\u2019est \u00e0 Ortona que les Canadiens ont invent\u00e9 la sorte de combat qu\u2019on appelle le percement de trous de communication. Ils entraient dans un \u00e9difice et le d\u00e9barrassaient des soldats ennemis. Ensuite, ils faisaient un trou dans un mur qui communiquait avec la maison voisine, au moyen d\u2019explosifs et puis ils y entraient pour la nettoyer. Les soldats n\u2019\u00e9taient donc pas oblig\u00e9s de descendre dans la rue o\u00f9 ils auraient \u00e9t\u00e9 pris en cible. \u00ab\u00a0C\u2019est \u00e0 Ortona que le courage et la d\u00e9termination des Canadiens ont fusionn\u00e9 en une victoire vraiment remarquable\u00a0: une victoire terriblement couteuse qui a \u00e9t\u00e9 obtenue contre toute attente. C\u2019est aussi l\u2019endroit o\u00f9 l\u2019Italie a subi l\u2019une de ses pires d\u00e9vastations, dit Thompson. Le prix de notre victoire est inscrit non loin, o\u00f9 presque 1\u00a0400 Canadiens sont enterr\u00e9s.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Francesca et Maria LaSorda, deux s\u0153urs, s\u2019\u00e9taient cach\u00e9es pr\u00e8s de la place avec 24 autres Italiens pendant l\u2019occupation allemande. Depuis le d\u00e9voilement du monument, en 1999, elles y d\u00e9posaient des fleurs lors d\u2019un rituel quoti\u00addien. Maria est d\u00e9c\u00e9d\u00e9e en janvier 2009.<\/p>\n<p>Thompson, l\u2019ambassadeur du Canada en Italie James Fox et les dignitaires de la r\u00e9gion ont d\u00e9pos\u00e9 des couronnes de fleurs lors de cette c\u00e9r\u00e9monie sp\u00e9ciale. Ensuite, Francesca LaSorda a \u00e9t\u00e9 invit\u00e9e \u00e0 d\u00e9poser la premi\u00e8re fleur.<\/p>\n<p>Dans la foule se trouvaient ce jour-l\u00e0 deux soldats en permission, les caporaux Kyle Yarston et Matt Swanston des Seaforth Highlanders of Canada d\u2019aujourd\u2019hui, qui servaient en Afghanistan. \u00ab\u00a0On voulait venir \u00e0 Ortona parce que les Canadiens, dont Smokey Smith [d\u00e9cor\u00e9 de la Croix de Victoria], s\u2019y sont tellement distingu\u00e9s\u00a0\u00bb, nous a expliqu\u00e9 Yarston.<\/p>\n<p>Le lendemain, le groupe a pris le chemin de Rimini, mais sans oublier de faire une halte \u00e0 la Casa Berardi. C\u2019est l\u00e0, le 14 d\u00e9cembre 1943, que le capitaine Paul Triquet, \u00e0 la t\u00eate d\u2019une compagnie du Royal 22e R\u00e9giment, a travers\u00e9 le secteur qu\u2019on appelait le ravin pour prendre le hameau de Casa Berardi et \u00e9tablir une t\u00eate de pont.<\/p>\n<p>D\u2019apr\u00e8s la citation li\u00e9e \u00e0 la Croix de Victoria publi\u00e9e dans la London Gazette, Triquet, la moiti\u00e9 de sa compagnie morte ou bless\u00e9e, s\u2019\u00e9cria\u00a0: \u00ab\u00a0L\u2019ennemi est devant nous, derri\u00e8re nous et des deux c\u00f4t\u00e9s; le seul endroit s\u00e9curitaire, c\u2019est l\u2019objectif.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Une plaque en son honneur est fix\u00e9e \u00e0 un mur ext\u00e9rieur de la maison de la famille Berardi et un monument en l\u2019honneur du r\u00e9giment est situ\u00e9 \u00e0 quelques pieds de l\u00e0, o\u00f9 la d\u00e9l\u00e9gation a \u00e9t\u00e9 re\u00e7ue par le colonel Lanfranco Berardi. \u00ab\u00a0Mon grand-p\u00e8re offrait aux soldats et aux officiers, en signe d\u2019amiti\u00e9, un excellent vin rouge qu\u2019il tirait d\u2019un grand tonneau. Ils tachaient souvent leurs v\u00eatements, alors ils rempla\u00e7aient les uniformes tach\u00e9s par des propres et jetaient les vieux. Ma m\u00e8re ramassait ces uniformes [\u2026] des v\u00eatements pour mon fr\u00e8re et pour moi. Je peux donc dire que j\u2019avais l\u2019honneur de porter l\u2019uniforme canadien quand j\u2019avais cinq ans.\u00a0\u00bb<\/p>\n<div class=\"caption_img \"\tstyle=\"width:515px\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" style=\"vertical-align: middle;\" title=\"La premi\u00e8re vice-pr\u00e9sidente de la L\u00e9gion Pat Varga d\u00e9pose une couronne au cimeti\u00e8re militaire de Cassino, assist\u00e9e par la repr\u00e9sentante de la jeunesse M\u00e9lanie Morin. [PHOTO : TOM MacGREGOR]\" src=\"http:\/\/www.legionmagazine.com\/en\/wp-content\/uploads\/2010\/03\/ItalyInset7.jpg\" alt=\"La premi\u00e8re vice-pr\u00e9sidente de la L\u00e9gion Pat Varga d\u00e9pose une couronne au cimeti\u00e8re militaire de Cassino, assist\u00e9e par la  repr\u00e9sentante de la jeunesse M\u00e9lanie Morin. [PHOTO : TOM MacGREGOR]\" width=\"515\" height=\"422\" \/><\/p>\n<div class=\"caption\"><span>La premi\u00e8re vice-pr\u00e9sidente de la L\u00e9gion Pat Varga d\u00e9pose une couronne au cimeti\u00e8re militaire de Cassino, assist\u00e9e par la  repr\u00e9sentante de la jeunesse M\u00e9lanie Morin. <\/span><\/div>\n<div class=\"credit\"><span>PHOTO : TOM MacGREGOR<\/span><\/div>\n<\/div>\n<p>La d\u00e9l\u00e9gation a fait deux autres haltes pour comm\u00e9morer les Canadiens qui ont obtenu la Croix de Victoria \u00e0 la campagne d\u2019Italie. Elle a honor\u00e9 le major John Keefer Mahony du Westminster Regiment. Il avait travers\u00e9 la rivi\u00e8re Melfa en plein jour avec sa compagnie, sous le feu nourri de l\u2019ennemi et \u00e9tabli une t\u00eate de pont cruciale. Mahony a organis\u00e9 ses hommes sans cesse pour r\u00e9sister aux contrattaques pendant plusieurs heures, m\u00eame apr\u00e8s avoir \u00e9t\u00e9 bless\u00e9, une fois \u00e0 la t\u00eate et deux fois \u00e0 la jambe.<\/p>\n<p>Avant de s\u2019arr\u00eater \u00e0 Rimini, la d\u00e9l\u00e9gation a fait une visite \u00e0 Cesena et d\u00e9pos\u00e9 une couronne devant une plaque d\u00e9di\u00e9e au simple soldat Smokey Smith, \u00e0 la Piazza del Popolo. La nuit du 21 au 22 octobre 1944, les Seaforth Highlanders of Canada ont travers\u00e9 la rivi\u00e8re Savio grossie par les pluies torrentielles. Pendant les combats, Smith et deux autres soldats sont tomb\u00e9s sur des chars ennemis. Un de ses camarades ayant \u00e9t\u00e9 bless\u00e9, Smith se leva et immobilisa un des chars, \u00e0 30 pieds seulement de ce dernier, en tirant dessus avec un PIAT (lance-bombes antichars d\u2019infanterie). Quand des soldats saut\u00e8rent du char et coururent vers Smith, il fit feu de sa mitraillette Thompson, tuant quatre d\u2019entre eux et dispersant les autres. \u00ab\u00a0Presque imm\u00e9diatement, est-il dit dans la citation de la Croix de Victoria de Smith, un autre char a ouvert le feu et d\u2019autres fantassins se sont dirig\u00e9s vers lui. Il a trouv\u00e9 des magasins \u00e0 Thompson abandonn\u00e9s dans un foss\u00e9 et a prot\u00e9g\u00e9 ses camarades avec sa mitraillette jusqu\u2019\u00e0 ce qu\u2019ils finissent par renoncer et qu\u2019ils se retirent dans le d\u00e9sordre.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>La premi\u00e8re vice-pr\u00e9sidente nationale Pat Varga a eu le grand bonheur de le connaitre. \u00ab\u00a0C\u2019\u00e9tait un homme merveilleux qui a bien servi son pays\u00a0\u00bb, dit-elle.<\/p>\n<p>La derni\u00e8re c\u00e9r\u00e9monie du voyage a eu lieu au cimeti\u00e8re militaire de la cr\u00eate de Coriano, pr\u00e8s de Rimini, o\u00f9 427 Canadiens reposent parmi les 1\u00a0940 tombes du Commonwealth. Rimini \u00e9tait cruciale pour la d\u00e9fense allemande car ce port de mer \u00e9tait reli\u00e9 au nord industriel par la voie ferr\u00e9e. Pour l\u2019atteindre, il fallait faire une br\u00e8che dans la ligne Gothic. C\u2019est pourquoi les Canadiens ont d\u00fb traverser une demi-douzaine de rivi\u00e8res, comme s\u2019en souvient Roland Demers de Tecumseh (Ont.), ancien du Corps royal du g\u00e9nie canadien \u00e2g\u00e9 de 87 ans. \u00ab\u00a0Pour pouvoir construire les ponts, il fallait d\u2019abord d\u00e9miner. Quand on trouvait une mine, on la sortait de l\u2019eau et on la neutralisait en lui enlevant le d\u00e9tonateur. Bien entendu, apr\u00e8s un certain temps, l\u2019ennemi s\u2019est mis \u00e0 les attacher deux par deux. Quand on tirait sur une d\u2019elles, l\u2019autre explosait.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>La ligne Gothic \u00e9tait fortement d\u00e9fendue depuis la cr\u00eate. Deux divisions blind\u00e9es, la 1re britannique et la 5e canadienne, se sont battues pendant une semaine pour pouvoir prendre la cr\u00eate. Quand Rimini a finalement \u00e9t\u00e9 rejointe, les Allemands s\u2019en \u00e9taient enfuis, mais elle avait \u00e9t\u00e9 presque d\u00e9truite et plus de 1\u00a0000 de ses habitants avaient \u00e9t\u00e9 tu\u00e9s. \u00ab\u00a0La semaine pass\u00e9e, nous avons retrac\u00e9 les pas de Canadiens vraiment remarquables. Nous avons suivi le chemin de 93\u00a0000 Canadiens qui m\u00e9ritent vraiment qu\u2019on les compte parmi les h\u00e9ros de notre pays, dit Thompson.<\/p>\n<p>Un \u00e9v\u00e8nement inattendu a eu lieu lors de la lecture de l\u2019Acte du souvenir\u00a0: Pat Varga de la L\u00e9gion et Ron Griffis de l\u2019Association canadienne de V\u00e9t\u00e9rans des forces de la paix des Nations Unies avaient accompagn\u00e9 au podium Henry Beaudry, r\u00e9sident de 88 ans de la r\u00e9serve des Premi\u00e8res nations Sweetgrass (Sask.) et ancien prisonnier de guerre. La premi\u00e8re vice-pr\u00e9sidente nationale a d\u2019abord lu l\u2019Acte en anglais; ensuite, Griffis l\u2019a lu en fran\u00e7ais et puis Beaudry a demand\u00e9 \u00e0 Varga s\u2019il pouvait prendre la parole. Il s\u2019est approch\u00e9 du microphone pour remercier le Cr\u00e9ateur et le gouvernement de l\u2019occasion de retourner \u00e0 un pays o\u00f9 il a perdu tant de camarades.<\/p>\n<p>La foule, surprise, s\u2019est lev\u00e9e pour l\u2019acclamer.<\/p>\n<p>Les mots de Beaudry ont servi \u00e0 r\u00e9sumer l\u2019importance du long voyage et le besoin de ne jamais oublier ceux qui ont servi et ceux qui ne sont pas revenus de la campagne d\u2019Italie.<\/p>\n<h2>\n<div class=\"caption_img \"\tstyle=\"width:515px\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" style=\"vertical-align: middle;\" title=\"Le repr\u00e9sentant de la jeunesse Nolan Hill \u00e0 c\u00f4t\u00e9 du monument Le Prix de la paix. [PHOTO : TOM MacGREGOR]\" src=\"http:\/\/www.legionmagazine.com\/en\/wp-content\/uploads\/2010\/03\/StudentInset.jpg\" alt=\"Le repr\u00e9sentant de la jeunesse Nolan Hill \u00e0 c\u00f4t\u00e9 du monument Le Prix de la paix. [PHOTO : TOM MacGREGOR]\" width=\"515\" height=\"569\" \/><\/p>\n<div class=\"caption\"><span>Le repr\u00e9sentant de la jeunesse Nolan Hill \u00e0 c\u00f4t\u00e9 du monument Le Prix de la paix. <\/span><\/div>\n<div class=\"credit\"><span>PHOTO : TOM MacGREGOR<\/span><\/div>\n<\/div>\n<\/h2>\n<h2><span style=\"white-space: pre;\">Ma rencontre avec l&#8217;histoire<\/span><\/h2>\n<p><strong>Nolan Hill<\/strong><\/p>\n<p><strong>Au d\u00e9but d\u2019un voyage en l\u2019honneur du 65e anniversaire de la campagne d\u2019Italie, l\u2019ambassadeur de la jeunesse de Rencontres du Canada, Nolan Hill de Calgary, a \u00e9t\u00e9 invit\u00e9 \u00e0 \u00e9crire un compte rendu des exp\u00e9riences qu\u2019il a eues pendant le p\u00e8lerinage d\u2019Anciens Combattants Canada.<\/strong><\/p>\n<p>Mon voyage en Italie, pour comm\u00e9morer le 65e anniversaire de la campagne d\u2019Italie, a \u00e9t\u00e9 une exp\u00e9rience inoubliable. J\u2019ai vu l\u2019incidence de la Seconde Guerre mondiale sur le Canada, de mes propres yeux. L\u2019occasion de parler avec des anciens combattants et d\u2019\u00e9couter leurs histoires a \u00e9t\u00e9 incroyablement instructive et enrichissante. J\u2019ai entendu des histoires de camaraderie, de bravoure et de chances impossibles surmont\u00e9es. Tout cela est encore pr\u00e9sent \u00e0 mon esprit.<\/p>\n<p>Mes conversations avec les anciens combattants font partie des exp\u00e9\u00adrien\u00adces les plus enrichissantes que j\u2019ai eues pendant le p\u00e8lerinage d\u2019Anciens Combattants Canada, qui a eu lieu du 26 novembre au 5 d\u00e9cembre. Ils \u00e9taient si ouverts et honn\u00eates, et cela m\u2019a donn\u00e9 un aper\u00e7u incroyable sur comment c\u2019\u00e9tait en ce temps-l\u00e0. J\u2019ai plus appris sur l\u2019histoire lors de mes conversations avec eux que dans n\u2019importe quel livre d\u2019histoire. Je n\u2019oublierai jamais les anciens combattants et leurs histoires. Ils ont vraiment chang\u00e9 ma vie.<\/p>\n<p>Mon exp\u00e9rience la plus m\u00e9morable a \u00e9t\u00e9 la visite au cimeti\u00e8re militaire de Cassino, le deuxi\u00e8me cimeti\u00e8re en importance de la Seconde Guerre mondiale en Italie. Sur le panneau 15 du monument de Cassino, j\u2019ai trouv\u00e9 le nom du soldat William Albert Gair qui a \u00e9t\u00e9 tu\u00e9 le 16 juillet 1943 en Sicile. J\u2019avais fait des recherches sur lui avant de partir et j\u2019ai eu le triste privil\u00e8ge, devant le panneau 15, au cimeti\u00e8re, de parler de sa vie et de son service. La c\u00e9r\u00e9monie a \u00e9t\u00e9 tr\u00e8s \u00e9mouvante, pour moi et pour tous les autres de la d\u00e9l\u00e9gation.<\/p>\n<p>Mes exp\u00e9riences en Italie seront grav\u00e9es dans ma m\u00e9moire \u00e0 tout jamais. Elles ont renforc\u00e9 mon sentiment de responsabilit\u00e9 \u00e0 \u00ab porter le flambeau \u00bb et j\u2019ai l\u2019intention de le faire. Je n\u2019oublierai jamais les D-Day Dodgers (resquilleurs du jour J).<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Des anciens combattants et des \u00e9tudiants au cimeti\u00e8re de la Moro apr\u00e8s une c\u00e9r\u00e9monie aux chandelles. PHOTO : TOM MacGREGOR Son corps gisait depuis 65 ans au cimeti\u00e8re militaire canadien de la Moro, pr\u00e8s d\u2019Ortona (Italie), sous une pierre portant l\u2019inscription Known unto God (connu de Dieu seul). 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