{"id":3726,"date":"2016-02-25T14:51:09","date_gmt":"2016-02-25T18:51:09","guid":{"rendered":"https:\/\/legionmagfren.wpengine.com\/?p=3726"},"modified":"2016-02-25T14:51:09","modified_gmt":"2016-02-25T18:51:09","slug":"la-conscription-la-question-qui-a-dechire-le-canada","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/2016\/02\/la-conscription-la-question-qui-a-dechire-le-canada\/","title":{"rendered":"La conscription: la question qui a d\u00e9chir\u00e9 le Canada"},"content":{"rendered":"<p class=\"p1\"><span class=\"s1\"><strong>Au<\/strong> d\u00e9but de la Premi\u00e8re Guerre mondiale, en aout 1914, des milliers de Canadiens, jeunes ou vieux, sont all\u00e9s \u00e0 l\u2019entrainement au Camp Valcartier. Les volontaires \u00e9taient alors nombreux, et le Canada \u00e9tait pr\u00eat \u00e0 montrer \u00e0 la Grande-Bretagne, et au monde, qu\u2019il repr\u00e9sentait une force \u00e0 ne pas sous-estimer. Le premier ministre, sir Robert Borden, avait promis au Canada qu\u2019il n\u2019y aurait pas de conscription.<\/span><\/p>\n<p class=\"p2\"><span class=\"s1\">En 1916, le nombre de personnes qui se portaient volontaires pour le Corps canadien diminuait de plus en plus. Ceux qui restaient n\u2019avaient gu\u00e8re de loyaut\u00e9 envers la Grande-Bretagne, et ils voyaient la guerre comme \u00e9tant une guerre de la Grande-Bretagne, pas du Canada (beaucoup parmi ceux qui s\u2019\u00e9taient engag\u00e9s au d\u00e9but \u00e9taient sujets britanniques r\u00e9sidant au Canada). Beaucoup de gens pensaient que partir pour la guerre revenait \u00e0 un suicide, et vu l\u2019abondance d\u2019emplois au Canada, nul n\u2019\u00e9tait besoin de quitter le pays.<\/span><\/p>\n<p class=\"p2\"><span class=\"s1\">Quand Borden est all\u00e9 en Europe au printemps de 1917, il a appris ce que la prise de la cr\u00eate de Vimy avait vraiment cout\u00e9 au Corps canadien. \u00c0 son retour, il a estim\u00e9 qu\u2019il \u00e9tait de son devoir, et de celui du Canada, de renforcer les troupes au front.\u00a0Il a donc jug\u00e9 que le service obligatoire \u00e9tait n\u00e9cessaire.<\/span><\/p>\n<p class=\"p2\"><span class=\"s1\">\u00c0 la Chambre des communes, en mai, Borden a parl\u00e9 de la gravit\u00e9 de la situation en Europe. Le projet de loi sur le service militaire de 1917 a rapidement suivi, et le 29 aout, la conscription devenait loi. Laurier et son parti lib\u00e9ral ont \u00e9t\u00e9 prompts \u00e0 s\u2019y opposer. En juin, Borden avait offert une coalition politique \u00e0 Laurier. Ce dernier a refus\u00e9 parce qu\u2019il estimait qu\u2019il perdrait l\u2019appui du Canada fran\u00e7ais s\u2019il acceptait.<\/span><\/p>\n<p class=\"p2\"><span class=\"s1\">Le gouvernement pr\u00e9voyait enr\u00f4ler 100 000 hommes dans le cadre de la loi sur la conscription. Les conservateurs ont eu une im-portante victoire \u00e0 l\u2019\u00e9lection de d\u00e9cembre 1917, et l\u2019enr\u00f4lement a commenc\u00e9 en janvier 1918. L\u2019indignation s\u2019est rapidement propag\u00e9e au pays, et le Canada fran\u00e7ais n\u2019\u00e9tait pas seul \u00e0 s\u2019opposer \u00e0 la conscription. Parmi les 405 395 hommes qui avaient \u00e9t\u00e9 jug\u00e9s aptes au service, 94 % ont d\u00e9pos\u00e9 une demande d\u2019exemption, et pr\u00e8s de 87 % l\u2019ont obtenue.<\/p>\n<p><\/span><\/p>\n<h3 class=\"p1\" style=\"text-align: center;\"><span class=\"s1\">C\u2019est au Qu\u00e9bec qu\u2019a eu<br \/>\nlieu la contestation la<br \/>\nplus violente.<\/p>\n<p><\/span><\/h3>\n<p class=\"p2\"><span class=\"s1\">Bien que la majorit\u00e9 des appel\u00e9s se soient oppos\u00e9s \u00e0 la conscription, c\u2019est au Qu\u00e9bec qu\u2019a eu lieu la contestation la plus violente. Le 28 mars, une \u00e9meute a \u00e9clat\u00e9 quand la police de Qu\u00e9bec s\u2019est mise \u00e0 arr\u00eater les hommes qui n\u2019avaient pas de documents d\u2019exemption. Les affrontements ont dur\u00e9 3 jours. Les foules ont d\u00e9truit les bureaux du registraire et, le 1<sup>er<\/sup> avril, les troupes ont \u00e9t\u00e9 appel\u00e9es en renfort par le gouvernement et ont \u00e9t\u00e9 accueillies avec des roches et des boules de neige. Les soldats ont ouvert le feu sur les ma-nifestants et, r\u00e9sultat : beaucoup de soldats bless\u00e9s et de civils morts. Cette fin de semaine de P\u00e2ques a indubitablement \u00e9t\u00e9 la plus violente des protestations survenues au Canada.<\/span><\/p>\n<p class=\"p2\"><span class=\"s1\">Le Premier ministre Borden a-t-il pris la bonne d\u00e9cision quand il a demand\u00e9 la conscription? Le d\u00e9bat \u00e0 ce sujet dure encore parmi les historiens. Mais on sait que, sur les 99 651 conscrits, 47 509 sont all\u00e9s en Europe, et seulement 24 132 de ce Corps canadien ont pris part au combat avant la fin de la guerre.<\/span><\/p>\n<p class=\"p2\"><span class=\"s1\">Les conscrits ont \u00e9t\u00e9 indispensables au cours des Cent jours du Canada. Ces Cent jours ont cout\u00e9 tr\u00e8s cher &#8211; 45 000 bless\u00e9s &#8211; et les conscrits \u00e9taient l\u00e0 pour renflouer les rangs, qui ont permis au Canada de r\u00e9sister puis de d\u00e9faire l\u2019arm\u00e9e allemande au front occidental. Ce qui est certain, c\u2019est que si la guerre avait continu\u00e9 en 1919, comme le pr\u00e9voyaient les Alli\u00e9s, les conscrits auraient tous \u00e9t\u00e9 n\u00e9cessaires, et de toute urgence. Le Canada \u00e9tait pr\u00eat \u00e0 soutenir ses troupes \u00e0 l\u2019\u00e9tranger, quoi qu\u2019il lui en coute. <\/span><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Au d\u00e9but de la Premi\u00e8re Guerre mondiale, en aout 1914, des milliers de Canadiens, jeunes ou vieux, sont all\u00e9s \u00e0 l\u2019entrainement au Camp Valcartier. 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