{"id":3095,"date":"2014-11-25T00:01:53","date_gmt":"2014-11-25T04:01:53","guid":{"rendered":"https:\/\/legionmagfren.wpengine.com\/?p=3095"},"modified":"2014-10-21T09:12:12","modified_gmt":"2014-10-21T13:12:12","slug":"le-royal-22e-regiment-celebre-100-ans-de-service-et-de-sacrifice","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/2014\/11\/le-royal-22e-regiment-celebre-100-ans-de-service-et-de-sacrifice\/","title":{"rendered":"Le Royal 22e R\u00e9giment c\u00e9l\u00e8bre 100 ans de service et de sacrifice"},"content":{"rendered":"<p><strong>Il y a une chapelle calme et digne dans la Citadelle, le fort aux murs \u00e9pais qui domine l\u2019horizon de la ville de Qu\u00e9bec. La chapelle est un lieu sacr\u00e9 pour le Royal 22<sup>e<\/sup> R\u00e9giment, qui a son quartier g\u00e9n\u00e9ral dans le fort et dont le 100<sup>e<\/sup> anniversaire a lieu cette ann\u00e9e.<\/strong><\/p>\n<div class=\"caption_img \"\tstyle=\"width:515px\"><img fetchpriority=\"high\" decoding=\"async\" class=\"alignnone size-full wp-image-3103\" alt=\"Des membres du 22e Bataillon se d\u00e9tendent dans les tranch\u00e9es, juillet 1916. [PHOTO : BIBLIOTH\u00c8QUE ET ARCHIVES CANADA\u2014PA000262]\" src=\"https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2014\/11\/vandoos1.jpg\" width=\"515\" height=\"430\" srcset=\"https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2014\/11\/vandoos1.jpg 515w, https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2014\/11\/vandoos1-300x250.jpg 300w\" sizes=\"(max-width: 515px) 100vw, 515px\" \/><\/p>\n<div class=\"caption\"><span>Des membres du 22e Bataillon se d\u00e9tendent dans les tranch\u00e9es, juillet 1916. <\/span><\/div>\n<div class=\"credit\"><span>PHOTO : BIBLIOTH\u00c8QUE ET ARCHIVES CANADA\u2014PA000262<\/span><\/div>\n<\/div>\n<p>Le major-g\u00e9n\u00e9ral Georges Vanier, vaillant soldat canadien-fran\u00e7ais qui a perdu une jambe \u00e0 la Premi\u00e8re Guerre mondiale et qui a command\u00e9 le R22R par la suite en plus d\u2019avoir \u00e9t\u00e9 le deuxi\u00e8me gouverneur g\u00e9n\u00e9ral n\u00e9 au Canada, a \u00e9t\u00e9 enterr\u00e9 dans la chapelle. \u00c0 c\u00f4t\u00e9 de lui g\u00eet son \u00e9pouse, Pauline, dont les bonnes \u0153uvres distinguent sa carri\u00e8re. L\u2019ancien drapeau consacr\u00e9 du r\u00e9giment est accroch\u00e9 au plafond, et dans l\u2019enceinte se trouve de la terre de la tombe des deux membres du r\u00e9giment \u00e0 qui la Croix de Victoria a \u00e9t\u00e9 d\u00e9cern\u00e9e \u00e0 la Premi\u00e8re Guerre mondiale, ainsi que les cendres de Paul Triquet, qui a obtenu la Croix de Victoria en Italie \u00e0 la Seconde Guerre mondiale.<\/p>\n<div class=\"caption_img \"\tstyle=\"width:515px\"><img decoding=\"async\" class=\"alignnone size-full wp-image-3102\" alt=\"Le major Georges Vanier, juin 1918. [PHOTO : ERNEST MAUNDER, MINIST\u00c8RE DE LA DEFENSE NATIONALE, BIBLIOTH\u00c8QUE ET ARCHIVES CANADA\u2014PA002777]\" src=\"https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2014\/11\/vandoos2.jpg\" width=\"515\" height=\"661\" srcset=\"https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2014\/11\/vandoos2.jpg 515w, https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2014\/11\/vandoos2-233x300.jpg 233w\" sizes=\"(max-width: 515px) 100vw, 515px\" \/><\/p>\n<div class=\"caption\"><span>Le major Georges Vanier, juin 1918. <\/span><\/div>\n<div class=\"credit\"><span>PHOTO : ERNEST MAUNDER, MINIST\u00c8RE DE LA DEFENSE NATIONALE, BIBLIOTH\u00c8QUE ET ARCHIVES CANADA\u2014PA002777<\/span><\/div>\n<\/div>\n<p>Un Livre du souvenir est expos\u00e9 au centre de la chapelle, qui donne la liste des membres du r\u00e9giment qui ont fait le sacrifice supr\u00eame. Mais ce livre est inachev\u00e9. La calligraphie pour ajouter ceux qui sont morts en Afghanistan n\u2019est pas encore faite.<\/p>\n<p>Le livre sacr\u00e9 sert \u00e0 rappeler qu\u2019en m\u00eame temps qu\u2019il c\u00e9l\u00e8bre son centenaire, le r\u00e9giment est toujours une unit\u00e9 de combat qui continue de servir et de se sacrifier.<\/p>\n<p>L\u2019histoire de l\u2019unit\u00e9 prend vie dans le mus\u00e9e r\u00e9gimentaire, lequel a d\u00e9m\u00e9nag\u00e9 de l\u2019endroit o\u00f9 il a eu son origine en 1950. Le nouveau mus\u00e9e qui a ouvert ses portes en mai contient un plus grand nombre d\u2019art\u00e9facts et utilise la technologie contemporaine pour interagir avec les visiteurs.<\/p>\n<p>La Citadelle est le quartier g\u00e9n\u00e9ral du 2<sup>e<\/sup> Bataillon du R22R ainsi que le foyer spirituel du r\u00e9giment tout entier. Aujourd\u2019hui, il compte cinq bataillons : trois de la force r\u00e9guli\u00e8re et deux de r\u00e9serve. Le Premier, infanterie m\u00e9canis\u00e9e, et le Troisi\u00e8me, infanterie l\u00e9g\u00e8re avec une compagnie de parachutistes, sont stationn\u00e9s \u00e0 la Base des Forces canadiennes Valcartier, \u00e0 30 kilom\u00e8tres au nord de Qu\u00e9bec, tandis que les bataillons de r\u00e9serve sont respectivement \u00e0 Laval et \u00e0 Saint-Hyacinthe, au Qu\u00e9bec.<\/p>\n<p>L\u2019histoire fait \u00e9galement partie d\u2019une c\u00e9r\u00e9monie quotidienne, la Rel\u00e8ve de la garde, tous les \u00e9t\u00e9s du 24 juin jusqu\u2019\u00e0 la f\u00eate du Travail. V\u00eatus d\u2019\u00e9carlate et coiff\u00e9s d\u2019immenses bonnets en peau d\u2019ours noir, les membres de l\u2019unit\u00e9 qui ont \u00e9t\u00e9 de garde pendant 24 heures sont relev\u00e9s par une unit\u00e9 lors d\u2019une c\u00e9r\u00e9monie d\u00e9ployant l\u2019apparat de d\u00e9fil\u00e9s de pr\u00e9cision, la musique r\u00e9gimentaire et le passage de Baptiste X, un bouc tib\u00e9tain descendant de l\u2019animal donn\u00e9 \u00e0 l\u2019unit\u00e9 par son colonel en chef, la Reine Elizabeth.<\/p>\n<div class=\"caption_img \"\tstyle=\"width:515px\"><img decoding=\"async\" class=\"alignnone size-full wp-image-3101\" alt=\"Le bouc tib\u00e9tain Baptiste X prend part \u00e0 la c\u00e9r\u00e9monie de rel\u00e8ve de la garde \u00e0 la Citadelle de Qu\u00e9bec. [PHOTO : TOM MacGROR]\" src=\"https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2014\/11\/vandoos3.jpg\" width=\"515\" height=\"317\" srcset=\"https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2014\/11\/vandoos3.jpg 515w, https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2014\/11\/vandoos3-300x184.jpg 300w\" sizes=\"(max-width: 515px) 100vw, 515px\" \/><\/p>\n<div class=\"caption\"><span>Le bouc tib\u00e9tain Baptiste X prend part \u00e0 la c\u00e9r\u00e9monie de rel\u00e8ve de la garde \u00e0 la Citadelle de Qu\u00e9bec. <\/span><\/div>\n<div class=\"credit\"><span>PHOTO : TOM MacGROR<\/span><\/div>\n<\/div>\n<p>\u00ab Le protocole est une importante partie de tout ce qu\u2019il y a \u00e0 la Citadelle \u00bb, dit le lieutenant-colonel \u00c9ric Laforest, commandant de la base en 2012-2014. La Citadelle est une r\u00e9sidence officielle du gouverneur g\u00e9n\u00e9ral. C\u2019est aussi une r\u00e9sidence de Laforest et de sa famille. \u00ab Il y a des fois o\u00f9, dans cette vieille maison, je me sens comme un officier britannique du XVIII<sup>e<\/sup> si\u00e8cle sirotant du scotch devant un feu de foyer \u00bb.<\/p>\n<p>Laforest nous explique le r\u00f4le qu\u2019il a jou\u00e9 comme commandant. \u00ab En fait, je porte trois chapeaux ici. Tout d\u2019abord, j\u2019ai le commandement de la Citadelle et tout le protocole qui l\u2019accompagne. Je suis responsable du bataillon, et je dois veiller \u00e0 ce qu\u2019il soit pr\u00eat au combat, et troisi\u00e8mement, je suis pr\u00e9sident du mus\u00e9e qu\u2019on vient d\u2019achever. \u00bb<\/p>\n<p>Le Mus\u00e9e adopte une approche chronologique soign\u00e9e concernant l\u2019histoire de l\u2019unit\u00e9, \u00e0 partir d\u2019aout 1914, quand la guerre a \u00e9t\u00e9 d\u00e9clar\u00e9e. M\u00eame si les officiers de la force permanence avaient r\u00e9dig\u00e9 les plans de mobilisation avant le d\u00e9clenchement de la guerre pour profiter du syst\u00e8me de milice au Canada, le ministre de la Milice et de la D\u00e9fense Sam Hughes se m\u00e9fiait du syst\u00e8me r\u00e9gimentaire et favorisait de nouvelles unit\u00e9s num\u00e9rot\u00e9es.<\/p>\n<p>Les volontaires de langue fran\u00e7aise \u00e9taient dispers\u00e9s parmi les unit\u00e9s et les ordres \u00e9taient tous donn\u00e9s en anglais.<\/p>\n<p>Une forte pression politique a \u00e9t\u00e9 exerc\u00e9e sur le premier ministre, Robert Borden, par les Canadiens francophones au Qu\u00e9bec afin de former un bataillon de langue fran\u00e7aise. Comme le Princess Patricia\u2019s Canadian Light Infantry qui f\u00eate aussi son centenaire en 2014, il a fallu des fonds priv\u00e9s, un don de 50 000 $ du D<sup>r<\/sup> Arthur Mignault qui avait fait fortune dans l\u2019industrie pharmaceutique, pour convaincre le gouvernement de lever une unit\u00e9 francophone avec des aum\u00f4niers catholiques romains.<\/p>\n<p>Comme le dit un guide aux touristes venus voir la Citadelle : \u00ab C\u2019\u00e9tait d\u00e9j\u00e0 assez grave de se faire tuer parce qu\u2019on ne pouvait pas comprendre les ordres, on ne voulait pas en plus se faire administrer les derniers sacrements par un pasteur protestant. \u00bb<\/p>\n<p>La nouvelle unit\u00e9, qui est devenue op\u00e9rationnelle le 14 octobre 1914, \u00e9tait le 22<sup>e<\/sup> Bon (canadien-fran\u00e7ais) et son commandant \u00e9tait Fr\u00e9d\u00e9ric Mondelet Gaudet, originaire de Trois-Rivi\u00e8res et dipl\u00f4m\u00e9 du Coll\u00e8ge militaire royal de Kingston, en Ontario. La formation a d\u00e9but\u00e9 \u00e0 Montr\u00e9al et \u00e0 Saint-Jean, mais quand les tentations de la grande ville ont caus\u00e9 des probl\u00e8mes de d\u00e9sertion et de moral, l\u2019unit\u00e9 a d\u00e9m\u00e9nag\u00e9 \u00e0 Amherst, en Nouvelle-\u00c9cosse, avant de partir pour l\u2019Angleterre, en mai 1915, \u00e0 bord du <i>Saxonia<\/i>.<\/p>\n<p>Les rangs \u00e9taient remplis de jeunes durs canadiens-fran\u00e7ais. Beaucoup avaient servi dans une unit\u00e9 de milice de langue fran\u00e7aise comme les Voltigeurs de Qu\u00e9bec et les r\u00e9giments Maisonneuve et Ch\u00e2teauguay. On y a ajout\u00e9 des Acadiens des Maritimes et des francophones du Nord de l\u2019Ontario et du Manitoba.<\/p>\n<p>Quand ils ont rejoint le reste du Corps exp\u00e9ditionnaire canadien, leurs camarades anglophones avaient du mal \u00e0 prononcer le num\u00e9ro vingt-deux qu\u2019ils pronon\u00e7aient vandou et les Canadiens-Fran\u00e7ais l\u2019ont adopt\u00e9 comme surnom.<\/p>\n<p>La guerre avait un an lorsque le 22<sup>e<\/sup> est all\u00e9 en Flandre, en septembre 1915, et son esprit combatif a vite saut\u00e9 aux yeux. Il a particip\u00e9 \u00e0 la plupart des grandes batailles tout au long de la guerre.<\/p>\n<p>Le 22<sup>e<\/sup> s\u2019est d\u2019abord distingu\u00e9 en septembre 1916, lorsqu\u2019il a pris part \u00e0 une offensive \u00e0 Flers-Courcelette. Le lieutenant-colonel Thomas-Louis Tremblay leur a dit : \u00ab C\u2019est notre premi\u00e8re grosse attaque. Nous devons r\u00e9ussir en l\u2019honneur de tous les Canadiens-Fran\u00e7ais, lesquels nous repr\u00e9sentons en France. \u00bb L\u2019attaque a r\u00e9ussi. Le 22<sup>e<\/sup> a repouss\u00e9 14 contrattaques allemandes, sans perdre du terrain. Quatre-vingt-huit hommes ont \u00e9t\u00e9 tu\u00e9s en quatre jours de combats, dont six officiers. Cent-dix-neuf autres ont \u00e9t\u00e9 bless\u00e9s.<\/p>\n<p>Les honneurs de bataille se sont accumul\u00e9s : Flers-Courcelette, Vimy, la Somme, Mont Sorrel, Arras, Ypres, Passchendaele, Amiens, Cambrai.<\/p>\n<p>Dans la nuit du 8 au 9 juin 1918, le caporal Joseph Kaeble s\u2019est retrouv\u00e9 responsable d\u2019une section de mitrailleuses \u00e0 Neuville-Vitasse, en France. Apr\u00e8s un bombardement intense, quelque 50 soldats ennemis se sont avanc\u00e9s vers sa position. \u00c0 ce moment-l\u00e0, tous les hommes de sa section sauf un avaient \u00e9t\u00e9 bless\u00e9s ou tu\u00e9s; Kaeble a saut\u00e9 par-dessus le parapet et bien qu\u2019il ait \u00e9t\u00e9 bless\u00e9 par des obus et des bombes, il tenait sa mitrailleuse contre sa hanche et s\u2019est mis \u00e0 tirer. Enfin, bless\u00e9 \u00e0 mort, il est retomb\u00e9 dans la tranch\u00e9e tout en continuant de tirer. La Croix de Victoria lui a \u00e9t\u00e9 d\u00e9cern\u00e9e \u00e0 titre posthume.<\/p>\n<p>Le lieutenant Jean Brillant est mort avec autant de valeur deux mois plus tard, \u00e0 la bataille d\u2019Amiens. Pendant deux jours de violents combats, il avait men\u00e9 une compagnie lors d\u2019une avance de 15 kilom\u00e8tres. Deux fois, il s\u2019\u00e9tait pr\u00e9cipit\u00e9 sur des nids de mitrailleuses, se faisant blesser et tuant des soldats ennemis. En fin de compte, alors qu\u2019il \u00e9tait retenu par une arme de campagne, il a organis\u00e9 et men\u00e9 un groupe qui s\u2019est pr\u00e9cipit\u00e9 sur l\u2019ennemi. Il avait couru environ 600 m\u00e8tres quand il a \u00e9t\u00e9 gri\u00e8vement bless\u00e9 pour la troisi\u00e8me fois et s\u2019est effondr\u00e9, \u00e9puis\u00e9 et perdant son sang. \u00c0 lui aussi, la Croix de Victoria a \u00e9t\u00e9 d\u00e9cern\u00e9e \u00e0 titre posthume.<\/p>\n<p>Le R\u00e9giment a perdu 1 147 hommes pendant ou juste apr\u00e8s la Premi\u00e8re Guerre mondiale. En outre, 2 893 de ses hommes ont \u00e9t\u00e9 bless\u00e9s. Le r\u00e9giment a adopt\u00e9 la devise <i>Je me souviens<\/i> (<i>de ceux qui sont tomb\u00e9s<\/i>).<\/p>\n<p>L\u2019unit\u00e9 a \u00e9t\u00e9 dissoute apr\u00e8s la guerre, mais un puissant groupe de pression a convaincu le gouvernement de former un r\u00e9giment de langue fran\u00e7aise permanent. Le 1<sup>er<\/sup> avril 1920, il a \u00e9t\u00e9 reform\u00e9 en tant que 22<sup>e<\/sup> R\u00e9giment et son quartier g\u00e9n\u00e9ral s\u2019est situ\u00e9 dans la Citadelle. Le titre Royal a \u00e9t\u00e9 ajout\u00e9 au nom du r\u00e9giment par le roi George V en 1921.<\/p>\n<p>\u00c0 la Seconde Guerre mondiale, le Royal 22<sup>e<\/sup> R\u00e9giment a \u00e9t\u00e9 \u00e0 nouveau engag\u00e9 au combat. En 1940, il a re\u00e7u l\u2019honneur de garder le palais de Buckingham \u00e0 la demande de George VI. Le Royal 22<sup>e<\/sup> R\u00e9giment a d\u00e9barqu\u00e9 en Sicile en 1943, et il a combattu en Italie continentale o\u00f9 son drapeau a encore \u00e9t\u00e9 d\u00e9cor\u00e9.<\/p>\n<p>L\u2019attribution de la Croix de Victoria a \u00e9t\u00e9 beaucoup plus rare \u00e0 la Seconde Guerre mondiale, mais le R22R a re\u00e7u la premi\u00e8re des trois qui ont \u00e9t\u00e9 d\u00e9cern\u00e9es pendant la campagne d\u2019Italie. C\u2019\u00e9tait pour le 14 d\u00e9cembre 1943, alors que le capitaine Paul Triquet avait re\u00e7u l\u2019ordre de mener sa compagnie dans un vignoble, apr\u00e8s avoir travers\u00e9 un ravin, pour prendre la Casa Berardi, une grande maison familiale. La compagnie a \u00e9t\u00e9 vite coinc\u00e9e et ses officiers ainsi que la moiti\u00e9 de ses hommes ont \u00e9t\u00e9 mis hors de combat. D\u2019apr\u00e8s sa citation, Triquet a encourag\u00e9 ses hommes au moyen du sans fil : \u00ab Il y a des ennemis devant nous, derri\u00e8re nous et sur nos flancs. Il ne reste qu\u2019une place sans danger, soit vers l\u2019objectif. \u00bb<\/p>\n<p>Les hommes l\u2019ont suivi jusqu\u2019\u00e0 l\u2019objectif, l\u2019ont pris et ont repouss\u00e9 les contrattaques.<\/p>\n<p>Le Royal 22<sup>e<\/sup> R\u00e9giment a pass\u00e9 la derni\u00e8re partie de la guerre aux Pays-Bas et en Allemagne du Nord.<\/p>\n<p>Cinq ans apr\u00e8s, le r\u00e9giment retournait au combat \u00e0 la guerre de Cor\u00e9e. Un deuxi\u00e8me bataillon a \u00e9t\u00e9 form\u00e9 \u00e0 Valcartier en aout 1950, qui s\u2019est entrain\u00e9 pendant six mois \u00e0 Fort Lewis dans l\u2019\u00e9tat de Washington. Le 2<sup>e<\/sup> Bon a \u00e9t\u00e9 relev\u00e9 par le 1<sup>er<\/sup> Bon, qui a \u00e9t\u00e9 relev\u00e9 par le 3<sup>e<\/sup>. Les n\u00e9gociations de paix ont commenc\u00e9 en juillet 1951, mais les f\u00e9roces combats se sont poursuivis. En novembre 1951, le 22<sup>e<\/sup> a repouss\u00e9 de violentes attaques \u00e0 la colline 355.<\/p>\n<p>Cent-dix officiers, sous-officiers et simples soldats ont \u00e9t\u00e9 tu\u00e9s pendant la guerre, et presque 470 ont \u00e9t\u00e9 bless\u00e9s. La simple inscription au drapeau <i>Cor\u00e9e<\/i> a \u00e9t\u00e9 d\u00e9cern\u00e9e au r\u00e9giment. Elle s\u2019ajoutait aux 18 qui lui avaient \u00e9t\u00e9 d\u00e9cern\u00e9es pendant la Premi\u00e8re Guerre mondiale et aux 25 obtenues \u00e0 la deuxi\u00e8me.<\/p>\n<p>Depuis lors, le 22<sup>e<\/sup> a servi dans des op\u00e9rations de maintien de la paix autour du monde, y compris plusieurs s\u00e9jours \u00e0 Chypre o\u00f9 deux de ses membres ont \u00e9t\u00e9 tu\u00e9s lors de l\u2019invasion turque des ann\u00e9es 1970. Vu qu\u2019ils parlaient fran\u00e7ais, les soldats du Royal 22<sup>e<\/sup> R\u00e9giment ont naturellement \u00e9t\u00e9 choisis pour aller en Ha\u00efti \u00e0 plusieurs reprises, notamment apr\u00e8s le tremblement de terre d\u00e9vastateur de 2010.<\/p>\n<div class=\"caption_img \"\tstyle=\"width:515px\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignnone size-full wp-image-3100\" alt=\"Des parachutistes du 3e Bon en Ukraine se pr\u00e9parent \u00e0 faire des exercices, juillet 2011. [PHOTO : CPL JAX KENNEDY, CAM\u00c9RA DE COMBAT DES FORCES CANADIENNES]\" src=\"https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2014\/11\/vandoos4.jpg\" width=\"515\" height=\"314\" srcset=\"https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2014\/11\/vandoos4.jpg 515w, https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2014\/11\/vandoos4-300x182.jpg 300w\" sizes=\"(max-width: 515px) 100vw, 515px\" \/><\/p>\n<div class=\"caption\"><span>Des parachutistes du 3e Bon en Ukraine se pr\u00e9parent \u00e0 faire des exercices, juillet 2011. <\/span><\/div>\n<div class=\"credit\"><span>PHOTO : CPL JAX KENNEDY, CAM\u00c9RA DE COMBAT DES FORCES CANADIENNES<\/span><\/div>\n<\/div>\n<p>Le Mus\u00e9e montre \u00e9galement le 22<sup>e<\/sup> \u00e0 l\u2019honneur \u00e0 nouveau en 1990, pendant la crise d\u2019Oka o\u00f9 des Mohawks d\u2019une r\u00e9serve de pr\u00e8s de Montr\u00e9al ont \u00e9rig\u00e9 des barricades pour protester contre l\u2019expansion d\u2019un terrain de golf et le d\u00e9veloppement r\u00e9sidentiel. Des manifestants autochtones ont \u00e9galement bloqu\u00e9 le pont Mercier, ce qui a paralys\u00e9 la circulation des banlieusards \u00e0 Montr\u00e9al et fait pression sur le gouvernement du Qu\u00e9bec pour r\u00e9soudre la situation.<\/p>\n<p>Les \u00e9v\u00e8nements se sont aggrav\u00e9s quand un membre de la S\u00fbret\u00e9 du Qu\u00e9bec a \u00e9t\u00e9 abattu d\u2019un coup de fusil, et le gouvernement du Qu\u00e9bec a demand\u00e9 \u00e0 l\u2019arm\u00e9e d\u2019intervenir. Environ 800 membres du R22R ont remplac\u00e9 la police et pris position \u00e0 quelques m\u00e8tres \u00e0 peine des barricades. Une image durable de l\u2019\u00e9poque montre le jeune visage du soldat Patrick Cloutier du Royal 22<sup>e<\/sup> R\u00e9giment se tenant devant un manifestant autochtone au visage couvert par un foulard, quelques centim\u00e8tres \u00e0 peine s\u00e9parant le nez de l\u2019un de celui de l\u2019autre.<\/p>\n<div class=\"caption_img \"\tstyle=\"width:515px\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignnone size-full wp-image-3099\" alt=\"Un membre du r\u00e9giment revient de patrouille \u00e0 Kaboul, en Afghanistan, avril 2004. [PHOTO : SGT FRANK HUDEC, CAM\u00c9RA DE COMBAT DES FORCES CANADIENNES]\" src=\"https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2014\/11\/vandoos5.jpg\" width=\"515\" height=\"794\" srcset=\"https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2014\/11\/vandoos5.jpg 515w, https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2014\/11\/vandoos5-194x300.jpg 194w\" sizes=\"(max-width: 515px) 100vw, 515px\" \/><\/p>\n<div class=\"caption\"><span>Un membre du r\u00e9giment revient de patrouille \u00e0 Kaboul, en Afghanistan, avril 2004. <\/span><\/div>\n<div class=\"credit\"><span>PHOTO : SGT FRANK HUDEC, CAM\u00c9RA DE COMBAT DES FORCES CANADIENNES<\/span><\/div>\n<\/div>\n<p>Les barricades du pont Mercier ont \u00e9t\u00e9 retir\u00e9es peu apr\u00e8s, et en quelques jours, les manifestants qui restaient ont d\u00e9pos\u00e9 les armes aux pieds de l\u2019arm\u00e9e.<\/p>\n<p>Pendant la m\u00eame d\u00e9cennie, le r\u00e9giment a \u00e9t\u00e9 en service command\u00e9 en Bosnie. L\u2019adjudant Ken Jalbert en \u00e9tait. \u00ab J\u2019\u00e9tais chauffeur d\u2019un transport de troupes blind\u00e9. C\u2019\u00e9tait un peu effrayant de se trouver l\u00e0-bas dans le terrain neutre. Je n\u2019avais que 19 ans \u00e0 ce moment-l\u00e0\u00a0\u00bb, dit Jalbert.<\/p>\n<p>Le malaise par rapport aux conflits arm\u00e9s \u00e0 l\u2019\u00e9tranger s\u2019est ranim\u00e9 au Qu\u00e9bec, en 2007, quand on a annonc\u00e9 que le Royal 22<sup>e<\/sup> R\u00e9giment serait renvoy\u00e9 en Afghanistan. Le R\u00e9giment avait servi \u00e0 Kaboul avant, mais le Kandahar \u00e9tait un endroit tr\u00e8s diff\u00e9rent. Le gouvernement a tent\u00e9 de sensibiliser la population de la province relativement \u00e0 l\u2019arm\u00e9e en invitant les membres des Forces arm\u00e9es canadiennes \u00e0 un match de football des Alouettes de Montr\u00e9al et en organisant un d\u00e9fil\u00e9 \u00e0 Qu\u00e9bec. Les deux \u00e9v\u00e8nements ont attir\u00e9 des foules qui les ont applaudis, et des manifestants qui ont protest\u00e9 contre l\u2019envoi d\u2019hommes au conflit.<\/p>\n<p>Quand un certain nombre de membres des Forces arm\u00e9es canadiennes ont \u00e9t\u00e9 invit\u00e9s \u00e0 l\u2019Assembl\u00e9e nationale, ils ont \u00e9t\u00e9 ovationn\u00e9s. Cependant, quelques membres du Parti qu\u00e9b\u00e9cois sont demeur\u00e9s cois.<\/p>\n<p>Quelques semaines seulement apr\u00e8s son arriv\u00e9e en Afghanistan, le soldat Simon Longtin a \u00e9t\u00e9 tu\u00e9 par une bombe enterr\u00e9e au bord d\u2019une route alors qu\u2019il voyageait dans un convoi canadien au Kandahar. Peu apr\u00e8s, un autre membre du 22<sup>e<\/sup> a \u00e9t\u00e9 tu\u00e9 lorsque son v\u00e9hicule a heurt\u00e9 un dispositif explosif de circonstance, qui a aussi tu\u00e9 un autre soldat canadien et leur traducteur afghan et bless\u00e9 un cam\u00e9raman de Radio-Canada. Presque une vingtaine d\u2019autres membres du 22<sup>e<\/sup> allaient \u00eatre tu\u00e9s avant que le r\u00e9giment ne reparte d\u2019Afghanistan, en 2012.<\/p>\n<p>Les noms de ces morts seront ajout\u00e9s au Livre du souvenir, dans la chapelle de la Citadelle : un autre rappel sombre, mais puissant, des cent ann\u00e9es de service et de sacrifice du r\u00e9giment.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Il y a une chapelle calme et digne dans la Citadelle, le fort aux murs \u00e9pais qui domine l\u2019horizon de la ville de Qu\u00e9bec. 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