{"id":3023,"date":"2014-11-01T00:01:49","date_gmt":"2014-11-01T04:01:49","guid":{"rendered":"https:\/\/legionmagfren.wpengine.com\/?p=3023"},"modified":"2014-10-16T14:22:04","modified_gmt":"2014-10-16T18:22:04","slug":"sachopper-vers-la-guerre","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/2014\/11\/sachopper-vers-la-guerre\/","title":{"rendered":"S&#8217;achopper vers la guerre"},"content":{"rendered":"<p><strong><\/strong><strong><\/strong><strong>Les bottes se d\u00e9sint\u00e9graient dans la boue, les fusils se coin\u00e7aient et il n\u2019y avait pas suffisamment de camions ni d\u2019obus pour l\u2019artillerie. En outre, dans cette jeune nation qui allait en guerre r\u00e9gnaient la m\u00e9fiance et le copinage.<\/strong><\/p>\n<p>La r\u00e9ponse du Canada \u00e0 la Premi\u00e8re Guerre mondiale a \u00e9t\u00e9 imm\u00e9diate, enthousiaste et d\u2019une \u00e9chelle sans pr\u00e9c\u00e9dent en aout 1914; toutefois, il y a eu beaucoup de faux d\u00e9parts et de mauvais tournants lors de son entr\u00e9e \u00e0 la guerre. Personne n\u2019avait essay\u00e9 de construire, r\u00e9unir et \u00e9quiper une force exp\u00e9ditionnaire d\u2019une telle ampleur auparavant, et rares \u00e9taient les gens qui pouvaient pr\u00e9voir les probl\u00e8mes logistiques qui accompagneraient son d\u00e9ploiement outre-mer, sans parler de son soutien au front de l\u2019ouest.<\/p>\n<p><a href=\"https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2014\/11\/falsestarts1_17228u-loc.jpg\"><\/p>\n<div class=\"caption_img \"\tstyle=\"width:515px\"><img fetchpriority=\"high\" decoding=\"async\" class=\"alignnone size-full wp-image-3061\" alt=\"Des soldats \u00e0 l entrainement \u00e0 Valcartier. [PHOTO : LIBRARY OF CONGRESS\u201417228u]\" src=\"https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2014\/11\/falsestarts1_17228u-loc.jpg\" width=\"515\" height=\"228\" srcset=\"https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2014\/11\/falsestarts1_17228u-loc.jpg 515w, https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2014\/11\/falsestarts1_17228u-loc-300x132.jpg 300w\" sizes=\"(max-width: 515px) 100vw, 515px\" \/><\/p>\n<div class=\"caption\"><span>Des soldats \u00e0 l entrainement \u00e0 Valcartier. <\/span><\/div>\n<div class=\"credit\"><span>PHOTO : LIBRARY OF CONGRESS\u201417228u<\/span><\/div>\n<\/div>\n<p><\/a><\/p>\n<p>Ainsi, la jeune nation qui, au milieu d\u2019une vive controverse, avait envoy\u00e9 des contingents combattre \u00e0 la guerre d\u2019Afrique du Sud (1899-1902), se pr\u00e9parait \u00e0 envoyer une division de plus de 20 000 soldats rejoindre les forces britanniques en France, et elle pr\u00e9voyait en envoyer encore plus par la suite.<\/p>\n<p>Le premier contingent, form\u00e9 de plus de 30 000 hommes, a travers\u00e9 l\u2019oc\u00e9an en octobre 1914 dans l\u2019une des plus grandes armadas qui ait jamais quitt\u00e9 les rives canadiennes. Les Canadiens ont form\u00e9 leur propre corps \u00e0 la fin de 1915, une formation qui un an plus tard avait grandi \u00e0 quatre divisions. L\u2019ampleur de la contribution du Canada \u00e9tait, sans aucun doute, immense. Mais \u00e0 quel point le pays \u00e9tait-il pr\u00eat \u00e0 mener une guerre mondiale moderne en 1914?<\/p>\n<p>Et qui \u00e9taient les premiers \u00e0 se ranger sous les drapeaux?<\/p>\n<p>Sam Hughes domine la sc\u00e8ne nationale durant cette premi\u00e8re partie de la narration concernant la guerre. En tant que ministre de la Milice et de la D\u00e9fense depuis 1911, c\u2019\u00e9tait d\u00e9j\u00e0 un personnage hors du commun qui avait travaill\u00e9 sans rel\u00e2che pour r\u00e9former la milice \u00e0 un minist\u00e8re dont le budget avait d\u00e9j\u00e0 \u00e9t\u00e9 augment\u00e9 de mani\u00e8re significative depuis la guerre des Boers sous son pr\u00e9d\u00e9cesseur, Frederick Borden.<\/p>\n<p><a href=\"https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2014\/11\/falsestarts3_c020240.jpg\"><\/p>\n<div class=\"caption_img \"\tstyle=\"width:515px\"><img decoding=\"async\" class=\"alignnone size-full wp-image-3078\" alt=\"Le ministre de la Milice et de la D\u00e9fense, Sam Hughes. [PHOTO : BIBLIOTH\u00c8QUE ET ARCHIVES CANADA\u2014C020240]\" src=\"https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2014\/11\/falsestarts3_c020240.jpg\" width=\"515\" height=\"742\" srcset=\"https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2014\/11\/falsestarts3_c020240.jpg 515w, https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2014\/11\/falsestarts3_c020240-208x300.jpg 208w\" sizes=\"(max-width: 515px) 100vw, 515px\" \/><\/p>\n<div class=\"caption\"><span>Le ministre de la Milice et de la D\u00e9fense, Sam Hughes. <\/span><\/div>\n<div class=\"credit\"><span>PHOTO : BIBLIOTH\u00c8QUE ET ARCHIVES CANADA\u2014C020240<\/span><\/div>\n<\/div>\n<p><\/a><\/p>\n<p>Hughes se plaisait \u00e0 affronter les militaires de carri\u00e8re de la force permanente (dont les effectifs \u00e9taient d\u2019environ 3 000 hommes) qui formaient le noyau de la milice volontaire \u00e0 temps partiel (plus de 70 000 hommes dans tous les coins du pays). Hughes, strictement sobre, tournait en d\u00e9rision les r\u00e9guliers comme \u00e9tant des \u00ab tire-au-flanc de taverne \u00bb inutilement pr\u00e9occup\u00e9s par un \u00ab r\u00e9gime de d\u00e9fil\u00e9s de garnison \u00bb. En ce qui le concernait, les libres-penseurs volontaires canadiens, s\u2019ils \u00e9taient form\u00e9s correctement, seraient bien sup\u00e9rieurs \u00e0 leurs homologues de la force permanente, astreints qu\u2019\u00e9taient ces derniers par des conventions et des traditions militaires archa\u00efques.<\/p>\n<p>C\u2019est Hugues qui a mis de c\u00f4t\u00e9 le plan de mobilisation qu\u2019avait \u00e9labor\u00e9 le personnel de la force permanente avant la guerre, optant plut\u00f4t pour appeler les b\u00e9n\u00e9voles de partout au Dominion, par une sorte de lev\u00e9e de masse, \u00e0 un camp qui n\u2019existait pas encore \u00e0 Valcartier, au Qu\u00e9bec.<\/p>\n<p>Hughes a obtenu des r\u00e9sultats \u2014 du moins au d\u00e9but. \u00c0 la troisi\u00e8me semaine du mois d\u2019aout, plus de 25 000 hommes s\u2019\u00e9taient port\u00e9s volontaires au service outre-mer. Un mois apr\u00e8s, la taille du contingent avait augment\u00e9 \u00e0 33 000. La zone d\u2019entrainement de Valcartier, pr\u00e8s de Qu\u00e9bec, avait pris forme rapidement, une grande \u00e9tendue broussailleuse \u00e9tant transform\u00e9e en un vaste \u00e9talement de champs de tir et une agglom\u00e9ration de tentes.<\/p>\n<p>Le contingent a vite mis le cap sur la Grande-Bretagne, o\u00f9 il est arriv\u00e9 en octobre. Alors que la mobilisation proc\u00e9dait \u00e0 une vitesse vertigineuse, il manquait aux troupes une grande partie du fourniment et de l\u2019\u00e9quipement dont elles avaient besoin pour mener une guerre totale moderne.<\/p>\n<p><a href=\"https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2014\/11\/falsestarts2_pa022739.jpg\"><\/p>\n<div class=\"caption_img \"\tstyle=\"width:515px\"><img decoding=\"async\" class=\"alignnone size-full wp-image-3079\" alt=\"Des membres du premier contingent canadien \u00e0 Valcartier, 1914. [PHOTO : BIBLIOTH\u00c8QUE ET ARCHIVES CANADA\u2014PA022739]\" src=\"https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2014\/11\/falsestarts2_pa022739.jpg\" width=\"515\" height=\"432\" srcset=\"https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2014\/11\/falsestarts2_pa022739.jpg 515w, https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2014\/11\/falsestarts2_pa022739-300x251.jpg 300w\" sizes=\"(max-width: 515px) 100vw, 515px\" \/><\/p>\n<div class=\"caption\"><span>Des membres du premier contingent canadien \u00e0 Valcartier, 1914. <\/span><\/div>\n<div class=\"credit\"><span>PHOTO : BIBLIOTH\u00c8QUE ET ARCHIVES CANADA\u2014PA022739<\/span><\/div>\n<\/div>\n<p><\/a><\/p>\n<p>Les volontaires<\/p>\n<p>Qui \u00e9taient donc ces hommes qui se sont si vite enr\u00f4l\u00e9s dans le premier contingent du Corps exp\u00e9ditionnaire canadien (CEC)?<\/p>\n<p>La question n\u2019est pas si simple, car l\u2019identit\u00e9 nationale au d\u00e9but du XXe si\u00e8cle n\u2019\u00e9quivaut pas exactement aux valeurs canadiennes de 2014. Au moins deux tiers des quelque 1 500 officiers du premier contingent \u00e9taient n\u00e9s au Canada, mais dans les autres rangs, ce sont les gens qui avaient immigr\u00e9 au Canada, en provenance des iles britanniques, qui formaient cette m\u00eame proportion. L\u2019importance de ce rapport, deux tiers des simples soldats n\u00e9s en Grande-Bretagne, est discutable puisque nous ne savons pas exactement depuis combien de temps ces hommes \u00e9taient arriv\u00e9s au Canada. Compte tenu de l\u2019afflux d\u2019immigrants britanniques tout juste avant la guerre, il est pourtant possible qu\u2019un grand nombre de ceux qui \u00e9taient d\u2019origine britannique \u00e9taient adultes \u00e0 leur arriv\u00e9e au Canada.<\/p>\n<p>Parmi les gens de ce groupe, ceux qui ont eu des temps difficiles dans leur nouveau pays n\u2019\u00e9taient pas rares, car de nombreuses r\u00e9gions du Canada ont subi un ralentissement \u00e9conomique difficile durant les ann\u00e9es d\u2019avant-guerre. Sur le march\u00e9 du travail, les embauch\u00e9s les plus r\u00e9cents \u00e9taient souvent les premiers \u00e0 se faire renvoyer. Il est probable qu\u2019en ce temps-l\u00e0, au moins une partie des volontaires d\u2019origine britannique voulaient simplement un billet gratuit pour retourner \u00e0 leur pays y recommencer leur vie.<\/p>\n<p>Les hommes d\u2019origine britannique ne sont pas les seuls parmi les nouveaux venus qui ont r\u00e9pondu \u00e0 l\u2019appel en 1914. Plus de trois millions d\u2019immigrants \u00e9taient venus au Canada entre 1901 et 1921. Environ les deux tiers venaient du Royaume-Uni ou des \u00c9tats-Unis, mais bon nombre venaient d\u2019autres pays europ\u00e9ens. Daniel Tenaille, officier du 5e bataillon tu\u00e9 en mai 1915 pr\u00e8s de Festubert, en France, \u00e9tait originaire de France. L\u2019un de ses compatriotes, Raymond Brutinel, est le d\u00e9fenseur renomm\u00e9 de la mitrailleuse qui a command\u00e9 une unit\u00e9 de voitures blind\u00e9es sp\u00e9ciales du CEC : l\u2019Automobile Machine Gun Brigade.<\/p>\n<p><a href=\"https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2014\/11\/falsestarts4_19990058-001.jpg\"><\/p>\n<div class=\"caption_img \"\tstyle=\"width:515px\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignnone size-full wp-image-3080\" alt=\"Des \u00ab sujets d un pays ennemi \u00bb dans un camp d internement \u00e0 Valcartier. Au moins 25 camps d internement et postes d accueil ont exist\u00e9 au Canada entre 1914 et 1920. [PHOTO : MUS\u00c8E CANADIEN DE LA GUERRE\u201419990058-001]\" src=\"https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2014\/11\/falsestarts4_19990058-001.jpg\" width=\"515\" height=\"101\" srcset=\"https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2014\/11\/falsestarts4_19990058-001.jpg 515w, https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2014\/11\/falsestarts4_19990058-001-300x58.jpg 300w\" sizes=\"(max-width: 515px) 100vw, 515px\" \/><\/p>\n<div class=\"caption\"><span>Des \u00ab sujets d un pays ennemi \u00bb dans un camp d internement \u00e0 Valcartier. Au moins 25 camps d internement et postes d accueil ont exist\u00e9 au Canada entre 1914 et 1920. <\/span><\/div>\n<div class=\"credit\"><span>PHOTO : MUS\u00c8E CANADIEN DE LA GUERRE\u201419990058-001<\/span><\/div>\n<\/div>\n<p><\/a><\/p>\n<p>Alors, dans quelle mesure \u00e9tait-il \u00ab canadien \u00bb, ce premier contingent ? Certes, une partie des hommes \u00e9taient canadiens autant de par les insignes qu\u2019ils portaient sur leur uniforme, que de par leur attitude ou leur temp\u00e9rament.<\/p>\n<p>Les Canadiens de 2014 trouveront probablement un certain r\u00e9confort dans la composition multiethnique ou transnationale du premier contingent du CEC (bient\u00f4t appel\u00e9 1re Division). Apr\u00e8s tout, ce sont ces hommes m\u00eames qui ont acquis une certaine notori\u00e9t\u00e9 relativement au rel\u00e2chement de discipline durant l\u2019hiver 1914-1915 sur la plaine de Salisbury, surtout en ce qui concernait les boissons fortes. Bien que Hughes ait insist\u00e9 pour un r\u00e9gime sec dans les camps canadiens, les soldats trouvaient toujours \u00e0 boire pendant leur temps libre dans les tavernes locales, ou bien ils prenaient une cuite lors d\u2019une vir\u00e9e rapide mais mouvement\u00e9e \u00e0 Londres.<\/p>\n<p>Les soldats de la 1re Division se sont rapidement forg\u00e9 une r\u00e9putation d\u2019ivrognes bagarreurs, de voyous venus d\u2019extr\u00eame occident pour donner une le\u00e7on bien m\u00e9rit\u00e9e aux boches. Il y a l\u00e0 une certaine ironie, \u00e9tant donn\u00e9 le nombre d\u2019hommes de la division qui avaient grandi en Grande-Bretagne.<\/p>\n<p><a href=\"https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2014\/11\/falsestarts5_19440025-009.jpg\"><\/p>\n<div class=\"caption_img \"\tstyle=\"width:515px\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignnone size-full wp-image-3081\" alt=\"Le fusil Ross MK III fabriqu\u00e9 au Canada. [PHOTO : MUS\u00c8E CANADIEN DE LA GUERRE\u201419440025-009]\" src=\"https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2014\/11\/falsestarts5_19440025-009.jpg\" width=\"515\" height=\"106\" srcset=\"https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2014\/11\/falsestarts5_19440025-009.jpg 515w, https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2014\/11\/falsestarts5_19440025-009-300x61.jpg 300w\" sizes=\"(max-width: 515px) 100vw, 515px\" \/><\/p>\n<div class=\"caption\"><span>Le fusil Ross MK III fabriqu\u00e9 au Canada. <\/span><\/div>\n<div class=\"credit\"><span>PHOTO : MUS\u00c8E CANADIEN DE LA GUERRE\u201419440025-009<\/span><\/div>\n<\/div>\n<p><\/a><\/p>\n<p>\u00c9quiper les volontaires<\/p>\n<p>Les arm\u00e9es modernes n\u00e9cessitent un grand nombre de produits manufactur\u00e9s et de fournitures pour exister, pour combattre. Le CEC ne faisait pas exception, mais en r\u00e8gle g\u00e9n\u00e9rale, les efforts du gouvernement du Canada n\u2019ont pas suffi \u00e0 \u00e9quiper ad\u00e9quatement les forces pr\u00e9vues pour l\u2019\u00e9tranger qui \u00e9taient en pleine expansion durant les premi\u00e8res phases de la guerre.<\/p>\n<p>Les \u00e9valuations historiques de l\u2019approvisionnement canadien pendant la Premi\u00e8re Guerre mondiale se concentrent g\u00e9n\u00e9ralement sur l\u2019infortun\u00e9 fusil Ross. Hughes \u00e9tait un champion de cette arme qui avait \u00e9t\u00e9 adopt\u00e9e pour le service canadien par le gouvernement de Laurier une dizaine d\u2019ann\u00e9es avant la guerre. Alors que les faiblesses du fusil Ross ont \u00e9t\u00e9 d\u2019une triste \u00e9vidence sur le champ de bataille en 1915 (l\u2019arme avait tendance \u00e0 s\u2019enrayer lorsqu\u2019on tirait rapidement), ce n\u2019est certainement pas le seul \u00e9l\u00e9ment du fourniment qui posait des difficult\u00e9s.<\/p>\n<p>Les bottes et les uniformes r\u00e9glementaires fabriqu\u00e9s au Canada ne pouvaient pas r\u00e9sister aux rigueurs du service militaire et ils ont \u00e9t\u00e9 remplac\u00e9s en grand nombre par le minist\u00e8re de la guerre avant que les soldats canadiens n\u2019atteignent le front. L\u2019officier britannique \u00e0 la t\u00eate de la 1re Division, le lieutenant-g\u00e9n\u00e9ral Edwin Alderson, a eu la sagesse de se d\u00e9barrasser du harnachement canadien de type Oliver avant que la division ne parte pour la France, le rempla\u00e7ant par le harnais \u00e0 sangles mod\u00e8le 1908 de loin sup\u00e9rieur qui \u00e9tait la norme dans l\u2019infanterie britannique.<\/p>\n<p>La buffl\u00e8terie Oliver, principalement en cuir, \u00e9tait mal con\u00e7ue et inconfortable. La cartouchi\u00e8re volumineuse, par exemple, \u00e9tait malencontreusement situ\u00e9e sur le dessus de l\u2019estomac, ce qui rendait difficile de tirer couch\u00e9. Le mod\u00e8le am\u00e9lior\u00e9 \u00e9mis en 1915 n\u2019\u00e9tait gu\u00e8re meilleur. Dans un rapport d\u2019essais accablant, un officier d\u2019\u00e9tat-major canadien a observ\u00e9 qu\u2019il \u00ab ne pensait pas que des hommes portant cet \u00e9quipement puissent arriver \u00e0 un champ de bataille en condition pour se battre, ni ne pourraient-ils soutenir une cadence de tir aussi bonne que celle qu\u2019ils soutiendraient si leurs munitions \u00e9taient dispers\u00e9es sur le corps \u00bb.<\/p>\n<p><a href=\"https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2014\/11\/falsestarts6_pa-000014.jpg\"><\/p>\n<div class=\"caption_img \"\tstyle=\"width:515px\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignnone size-full wp-image-3082\" alt=\"Des camions et des hommes attendent \u00e0 une  installation de munitions, juin 1916. [PHOTO : BIBLIOTH\u00c8QUE ET ARCHIVES CANADA\u2014PA000014]-000014\" src=\"https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2014\/11\/falsestarts6_pa-000014.jpg\" width=\"515\" height=\"324\" srcset=\"https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2014\/11\/falsestarts6_pa-000014.jpg 515w, https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2014\/11\/falsestarts6_pa-000014-300x188.jpg 300w\" sizes=\"(max-width: 515px) 100vw, 515px\" \/><\/p>\n<div class=\"caption\"><span>Des camions et des hommes attendent \u00e0 une  installation de munitions, juin 1916. <\/span><\/div>\n<div class=\"credit\"><span>PHOTO : BIBLIOTH\u00c8QUE ET ARCHIVES CANADA\u2014PA000014<\/span><\/div>\n<\/div>\n<p><\/a><\/p>\n<p>Une r\u00e9partition homog\u00e8ne et \u00e9quilibr\u00e9e de la charge \u00e9tait un atout majeur du harnais \u00e0 sangles de mod\u00e8le 1908, un assemblage enti\u00e8rement ajustable en coton tiss\u00e9 comprenant des poches \u00e0 cartouches accessibles, une bouteille d\u2019eau, une pelle-pioche, un porte-ba\u00efonnette, et un paquetage. Il \u00e9tait bien en avance sur son temps et heureusement, il est rest\u00e9 la norme tout au long de la guerre pour la plupart des soldats canadiens \u00e0 pied qui allaient au front.<\/p>\n<p>Il \u00e9tait d\u00e9j\u00e0 clair en 1914 et au d\u00e9but 1915 qu\u2019il faudrait un nombre immense de munitions pour l\u2019artillerie durant le nouveau conflit. Le gouvernement du Canada, dans l\u2019espoir de stimuler une \u00e9conomie en perte de vitesse au moyen de la production de guerre, a cr\u00e9\u00e9 le Comit\u00e9 des obus pour administrer les contrats sous les auspices de Sam Hughes. La plupart des membres du comit\u00e9 \u00e9taient des amis de Hughes, et de fa\u00e7on pr\u00e9visible, les conflits d\u2019int\u00e9r\u00eats abondaient. Pire encore, les fabricants vendaient des produits d\u00e9fectueux, ou bien ils \u00e9taient incapables d\u2019honorer les commandes \u00e0 un moment o\u00f9 les Alli\u00e9s \u00e9taient d\u00e9sesp\u00e9r\u00e9ment \u00e0 court de munitions.<\/p>\n<p>\u00c0 partir de juin 1915, le Comit\u00e9 des obus n\u2019avait re\u00e7u que 5,5 millions de dollars en munitions sur les 170 millions de dollars promis par les fabricants canadiens. Frustr\u00e9s de ce grave d\u00e9ficit, les acheteurs britanniques passaient leurs commandes aux \u00c9tats-Unis plut\u00f4t qu\u2019au Canada. L\u2019argent est \u00e9loquent; le premier ministre Robert Borden \u00e9tait \u00e0 l\u2019\u00e9coute, et il d\u00e9cida de dissoudre le Comit\u00e9 des obus. Ce dernier a \u00e9t\u00e9 remplac\u00e9 par la nouvelle Commission imp\u00e9riale des munitions, et elle a fini par remettre la production canadienne sur la bonne voie. La valeur d\u2019obus export\u00e9s par le Canada est pass\u00e9e de 5,5 millions de dollars en 1915 \u00e0 presque 24 millions en 1917.<\/p>\n<p>Une grande partie des munitions produites par le Canada est all\u00e9e aux puissances alli\u00e9es, mais il n\u2019importait gu\u00e8re combien d\u2019obus le Canada pouvait fournir \u00e0 sa propre arm\u00e9e si la capacit\u00e9 de transport aux premi\u00e8res lignes des forces outre-mer n\u2019\u00e9tait pas suffisante. Le gouvernement du Canada, au cours de la premi\u00e8re partie de la guerre, a \u00e9t\u00e9 incapable d\u2019\u00e9quiper le CEC d\u2019un mat\u00e9riel de transport m\u00e9canique (TM) ou hippomobile fiable, en particulier les camions de trois tonnes dont l\u2019importance pour la logistique relative aux champs de bataille a augment\u00e9 tout au long de la guerre.<\/p>\n<p><a href=\"https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2014\/11\/falsestarts7_c006258.jpg\"><\/p>\n<div class=\"caption_img \"\tstyle=\"width:515px\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignnone size-full wp-image-3083\" alt=\"Le Princess Patricia\u2019s Canadian Light Infantry sortent du terrain d expositions en d\u00e9filant, \u00e0 Ottawa, 1914. [PHOTO : BIBLIOTH\u00c8QUE ET ARCHIVES CANADA\u2014C006258]\" src=\"https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2014\/11\/falsestarts7_c006258.jpg\" width=\"515\" height=\"409\" srcset=\"https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2014\/11\/falsestarts7_c006258.jpg 515w, https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2014\/11\/falsestarts7_c006258-300x238.jpg 300w\" sizes=\"(max-width: 515px) 100vw, 515px\" \/><\/p>\n<div class=\"caption\"><span>Le Princess Patricia\u2019s Canadian Light Infantry sortent du terrain d expositions en d\u00e9filant, \u00e0 Ottawa, 1914. <\/span><\/div>\n<div class=\"credit\"><span>PHOTO : BIBLIOTH\u00c8QUE ET ARCHIVES CANADA\u2014C006258<\/span><\/div>\n<\/div>\n<p><\/a><\/p>\n<p>Avant le d\u00e9clenchement des hostilit\u00e9s, la milice canadienne n\u2019avait pratiquement pas de capacit\u00e9 de TM \u00e0 proprement parler. La plus grande partie de l\u2019approvisionnement aux camps d\u2019entrainement d\u2019\u00e9t\u00e9 se faisait par des wagons tir\u00e9s par des chevaux depuis des dizaines d\u2019ann\u00e9es. Les dirigeants de la milice avaient envisag\u00e9 un syst\u00e8me de subventions selon lequel le gouvernement effectuerait des paiements annuels aux civils exploitants des flottes de transport \u00e0 moteur, et en \u00e9change, ils promettraient de mettre leurs v\u00e9hicules \u00e0 la disposition des forces arm\u00e9es en temps de guerre. Cependant, un tel syst\u00e8me \u00e9tait impraticable au Canada d\u2019avant-guerre, car il n\u2019y avait tout simplement pas assez de camions lourds utilis\u00e9s pour les livraisons. Cela voulait dire que le gouvernement devrait acheter des v\u00e9hicules de transport d\u00e9j\u00e0 sur le march\u00e9 pour le premier contingent, et cela sans perdre de temps.<\/p>\n<p>Une division des forces exp\u00e9ditionnaires britanniques typique en 1914 avait 165 v\u00e9hicules \u00e0 moteur, dont plus de 150 \u00e9taient des camions de diverses tailles (130 d\u2019entre eux \u00e9taient de trois tonnes). Au d\u00e9clenchement de la guerre, Sam Hughes a nomm\u00e9 T.A. Russell, un coll\u00e8gue conservateur propri\u00e9taire de la Canada Cycle and Motor Company et pr\u00e9sident de la Russell Motor Car Company, pour qu\u2019il ach\u00e8te des v\u00e9hicules, sans restriction de provenance, pour le premier contingent.<\/p>\n<p>Russell a command\u00e9 plusieurs voitures \u00e0 la Russell Motor Car, ainsi qu\u2019environ 50 camions am\u00e9ricains de mod\u00e8le White, Jeffrey, ou Kelly-Springfield. Il avait un int\u00e9r\u00eat personnel dans les deux transactions en tant que pr\u00e9sident de Russell Motor Car et en tant qu\u2019agent de vente canadien de Jeffrey et de Kelly-Springfield. Vu le grand nombre de protestations faites par le public, il y a eu une Commission royale d\u2019enqu\u00eate, laquelle a jug\u00e9 que Russell n\u2019avait pas agi de mani\u00e8re inappropri\u00e9e. Les lib\u00e9raux pensaient autrement, et ils ont pr\u00e9sent\u00e9 aux Canadiens une litanie de m\u00e9faits des conservateurs, accusant le gouvernement de complicit\u00e9 concernant le pr\u00e9l\u00e8vement de \u00ab millions de dollars \u00bb au moyen de sa gestion des contrats de guerre.<\/p>\n<p>Lorsque la 1re Division est arriv\u00e9e en Angleterre, son mat\u00e9riel comprenait cinq marques de camion (White, Jeffrey, Kelly-Springfield, Gramm, et Peerless) totalisant environ 160 machines. La force de transport de la division \u00e9tait peut-\u00eatre suffisante en th\u00e9orie, mais en pratique, pas du tout. Il y avait trop de marques diff\u00e9rentes en service, pas assez de pi\u00e8ces de rechange, et certains mod\u00e8les n\u2019\u00e9taient pas \u00e0 la hauteur pour ce qui est de la logistique du champ de bataille. Les fortes pr\u00e9cipitations sur la plaine de Salisbury au cours de l\u2019hiver 1914-1915 n\u2019ont pas facilit\u00e9 leur entretien non plus.<\/p>\n<p><a href=\"https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2014\/11\/falsestarts9_russell-and-his-cars.jpg\"><\/p>\n<div class=\"caption_img \"\tstyle=\"width:515px\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignnone size-full wp-image-3084\" alt=\"Voitures automobiles Russel expos\u00e9es au d\u00e9but des ann\u00e9es 1900. [PHOTO : BIBLIOTH\u00c8QUE PUBLIQUE DE TORONTO]\" src=\"https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2014\/11\/falsestarts9_russell-and-his-cars.jpg\" width=\"515\" height=\"396\" srcset=\"https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2014\/11\/falsestarts9_russell-and-his-cars.jpg 515w, https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2014\/11\/falsestarts9_russell-and-his-cars-300x230.jpg 300w\" sizes=\"(max-width: 515px) 100vw, 515px\" \/><\/p>\n<div class=\"caption\"><span>Voitures automobiles Russel expos\u00e9es au d\u00e9but des ann\u00e9es 1900. <\/span><\/div>\n<div class=\"credit\"><span>PHOTO : BIBLIOTH\u00c8QUE PUBLIQUE DE TORONTO<\/span><\/div>\n<\/div>\n<p><\/a><\/p>\n<p>Sur les cinq marques de camions exp\u00e9di\u00e9s en Grande-Bretagne pour la 1re Division, il n\u2019y en a que trois qui sont r\u00e9ellement all\u00e9s en France. Les autres ont \u00e9t\u00e9 retenus en raison de la mauvaise qualit\u00e9 relative \u00e0 l\u2019entretien, mais aussi pour compenser les p\u00e9nuries graves dans le deuxi\u00e8me contingent envoy\u00e9 \u00e0 l\u2019\u00e9tranger (la 2e Division). Pour lors, le minist\u00e8re de la Guerre a compens\u00e9 l\u2019\u00e9cart, quelque 50 camions, \u00e0 partir de ses propres r\u00e9serves pour terminer la formation de la 1re Division sur le terrain. Sam Hughes \u00e9tait contrari\u00e9 par les substitutions, insistant comme toujours que tout \u00e9quipement que le gouvernement canadien fournissait \u00e0 ses troupes \u00e9tait certainement le meilleur qui se puisse avoir. Alderson, commandant de la 1re Division, savait mieux que personne ce qu\u2019il en \u00e9tait vraiment, et il cherchait partout des v\u00e9hicules utilisables.<\/p>\n<p>L\u2019\u00e9quipement de la 1re Division n\u2019\u00e9tait certainement pas le meilleur, mais celui de la 2e Division ne lui \u00e9tait gu\u00e8re sup\u00e9rieur en 1915. Alors que les troupes de la nouvelle division arrivaient \u00e0 l\u2019\u00e9tranger, les autorit\u00e9s militaires canadiennes situ\u00e9es en Angleterre ne savaient pas du tout si le TM du Canada avait \u00e9t\u00e9 envoy\u00e9, ou s\u2019il fallait se le procurer ailleurs. Personne dans le minist\u00e8re de Hughes n\u2019avait trouv\u00e9 le temps de r\u00e9pondre aux questions r\u00e9p\u00e9t\u00e9es sur ce point essentiel.<\/p>\n<p>En juin 1915, encore, deux mois avant de quitter l\u2019Angleterre pour le front, il manquait des v\u00e9hicules \u00e0 la 2e Division. Hughes avait promis \u00e0 maintes reprises que les camions seraient \u00ab exp\u00e9di\u00e9s dans une semaine ou deux \u00bb, mais ils n\u2019arrivaient jamais, semblait-il. Ils faisaient cruellement d\u00e9faut, m\u00eame quand la division restait en cantonnement. Comme l\u2019a fait remarqu\u00e9 l\u2019un des officiers d\u2019\u00e9tat-major de la division, Hughes \u00e9tait responsable des livraisons de vivres et de fournitures pour quelque 18 000 hommes et 2 000 chevaux dans la r\u00e9gion d\u2019entrainement de Shorncliffe, mais seuls 20 camions, emprunt\u00e9s aux Britanniques, \u00e9taient disponibles pour tout ce travail. Il \u00e9tait presque impossible d\u2019alimenter tous les soldats avec si peu de v\u00e9hicules. En aout, il manquait encore pr\u00e8s de 70 v\u00e9hicules \u00e0 la division. On ne pouvait gu\u00e8re faire autrement qu\u2019emprunter d\u2019autres camions au War Office de Grande-Bretagne, une d\u00e9cision impopulaire \u00e0 Ottawa.<\/p>\n<p><a href=\"https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2014\/11\/falsestarts10_19710261-0791.jpg\"><\/p>\n<div class=\"caption_img \"\tstyle=\"width:515px\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignnone size-full wp-image-3086\" alt=\"Navires transportant le premier contingent de l autre c\u00f4t\u00e9 de l Atlantique, octobre 1914. [ILLUSTRATION : MUS\u00c8E CANADIEN DE LA GUERRE\u201419710261-0791]\" src=\"https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2014\/11\/falsestarts10_19710261-0791.jpg\" width=\"515\" height=\"294\" srcset=\"https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2014\/11\/falsestarts10_19710261-0791.jpg 515w, https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2014\/11\/falsestarts10_19710261-0791-300x171.jpg 300w\" sizes=\"(max-width: 515px) 100vw, 515px\" \/><\/p>\n<div class=\"caption\"><span>Navires transportant le premier contingent de l autre c\u00f4t\u00e9 de l Atlantique, octobre 1914. <\/span><\/div>\n<div class=\"credit\"><span>ILLUSTRATION : MUS\u00c8E CANADIEN DE LA GUERRE\u201419710261-0791<\/span><\/div>\n<\/div>\n<p><\/a><\/p>\n<p>Pourquoi le gouvernement canadien a-t-il eu tellement de difficult\u00e9s relativement \u00e0 l\u2019acquisition de mat\u00e9riel? En grande partie parce qu\u2019il ne pouvait se procurer les types de camions dont il avait besoin qu\u2019aux \u00c9tats-Unis, et les constructeurs am\u00e9ricains \u00e9taient submerg\u00e9s de commandes. Mais il y avait d\u2019autres inefficacit\u00e9s qui ne r\u00e9sultaient que de consid\u00e9rations politiques canadiennes dans le syst\u00e8me, comme la r\u00e9ticence \u00e0 supprimer les interm\u00e9diaires canadiens qui servaient d\u2019agents de vente aux constructeurs d\u2019automobiles \u00e9tats-uniens.<\/p>\n<p>Une partie de la solution \u00e9tait d\u2019enlever la responsabilit\u00e9 de l\u2019acquisition de mat\u00e9riel de guerre \u00e0 Hughes. Un nouveau comit\u00e9 d\u2019acquisition de mat\u00e9riel de guerre a \u00e9t\u00e9 cr\u00e9\u00e9 sous sir Edward Kemp, ministre de confiance au cabinet de Borden.<\/p>\n<p>Dans la course folle pour fournir des v\u00e9hicules \u00e0 moteur aux premiers contingents, le gouvernement a permis aux officiers et aux hommes de transporter leurs propres v\u00e9hicules de l\u2019autre c\u00f4t\u00e9 de l\u2019oc\u00e9an ou d\u2019en acheter l\u00e0-bas. Les soldats canadiens qui offraient leurs machines pour l\u2019usage militaire officiel le faisaient \u00ab \u00e0 titre gracieux \u00bb, mais il \u00e9tait entendu que le gouvernement canadien paierait le carburant et l\u2019huile, ainsi que l\u2019entretien quotidien et les r\u00e9parations : un engagement financier non n\u00e9gligeable.<\/p>\n<p>Certains des soldats canadiens des deux divisions ont saut\u00e9 sur l\u2019occasion de poss\u00e9der et de conduire un v\u00e9hicule priv\u00e9 aux d\u00e9pens du public. Dans les camps de l\u2019arm\u00e9e largement espac\u00e9s dans le sud de l\u2019Angleterre, \u00eatre propri\u00e9taire d\u2019un v\u00e9hicule \u00e9quivalait \u00e0 la libert\u00e9 et \u00e0 du prestige pendant les permissions. Bien s\u00fbr, les membres du CEC qui offraient leur voiture ou leur motocyclette maintenaient que tout cela \u00e9tait dans l\u2019int\u00e9r\u00eat du public, mais le projet s\u2019est av\u00e9r\u00e9 de peu de valeur au point de vue militaire. En r\u00e9alit\u00e9, l\u2019entretien d\u2019une collection h\u00e9t\u00e9roclite de v\u00e9hicules priv\u00e9s \u00e9tait un casse-t\u00eate couteux, et la plupart des soldats \u00e9taient beaucoup plus int\u00e9ress\u00e9s par une moto ou une voiture qu\u2019ils auraient \u00e0 disposition pendant les fins de semaine ou les soirs de \u00ab vir\u00e9e \u00bb que par le bien de l\u2019effort de guerre. La politique a \u00e9t\u00e9 peu \u00e0 peu abandonn\u00e9e alors que la guerre s\u2019intensifiait en 1916.<\/p>\n<p><em>Au cours de la d\u00e9cennie qui s\u2019\u00e9tait pass\u00e9e entre la guerre d\u2019Afrique du Sud et l\u2019appel aux armes de 1914, les Canadiens avaient eu un regain d\u2019int\u00e9r\u00eat pour les affaires militaires. Il y avait alors un exc\u00e9dent de volontaires, m\u00eame si la plupart d\u2019entre eux n\u2019\u00e9taient pas n\u00e9s au Canada. Mais quel que soit l\u2019endroit d\u2019o\u00f9 ils \u00e9taient venus, les hommes du premier contingent ont d\u00fb apprendre de dures le\u00e7ons lors de leurs premi\u00e8res batailles : une r\u00e9alit\u00e9 qui s\u2019est manifest\u00e9e aux soldats de toutes les arm\u00e9es \u00e0 une guerre mondiale qui a consomm\u00e9 des millions de vies.<\/em><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Les bottes se d\u00e9sint\u00e9graient dans la boue, les fusils se coin\u00e7aient et il n\u2019y avait pas suffisamment de camions ni d\u2019obus pour l\u2019artillerie. En outre, dans cette jeune nation qui allait en guerre r\u00e9gnaient la m\u00e9fiance et le copinage. La r\u00e9ponse du Canada \u00e0 la Premi\u00e8re Guerre mondiale a \u00e9t\u00e9 imm\u00e9diate, enthousiaste et d\u2019une \u00e9chelle [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":44,"featured_media":3079,"comment_status":"closed","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[3],"tags":[],"class_list":["post-3023","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-articles-principaux"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/3023","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/44"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=3023"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/3023\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media\/3079"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=3023"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=3023"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=3023"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}