{"id":29,"date":"2007-11-01T21:22:50","date_gmt":"2007-11-02T02:22:50","guid":{"rendered":"http:\/\/28330.vws.magma.ca\/fr\/?p=29"},"modified":"2008-01-27T22:24:27","modified_gmt":"2008-01-28T03:24:27","slug":"lodyssee-du-souvenir","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/2007\/11\/lodyssee-du-souvenir\/","title":{"rendered":"L&#8217;odyss\u00e9e du souvenir"},"content":{"rendered":"<p>Les membres du P\u00e8lerinage des leaders de la jeunesse de la                   L\u00e9gion royale canadienne ont \u00e9t\u00e9 frapp\u00e9s par le son des applaudissements                   en arrivant \u00e0 Buron, une petite ville voisine de Caen.<\/p>\n<p>Le groupe de 26 personnes participaient au p\u00e8lerinage bisannuel                   de la L\u00e9gion qui est all\u00e9 visiter les cimeti\u00e8res militaires                   canadiens, les champs de bataille et les monuments \u00e9rig\u00e9s en                   l&#8217;honneur des sacrifices et triomphes des Canadiens aux deux                   guerres mondiales. Les leaders de la jeunesse avaient \u00e9t\u00e9 invit\u00e9s \u00e0 r\u00e9gler                   une c\u00e9r\u00e9monie du souvenir dans la ville, et ils avaient accept\u00e9 de                   d\u00e9filer jusqu&#8217;\u00e0 la place.<\/p>\n<p>Jason Forster de la filiale Hampton (N.-B.), \u00e2g\u00e9 de 28 ans,                   assembla une garde du drapeau, ce pour quoi il fallait organiser                   d&#8217;autres membres du groupe deux par deux derri\u00e8re un assortiment                   de drapeaux. Ni Forster ni les autres membres du groupe n&#8217;avaient                   vu l&#8217;endroit o\u00f9 ils devaient se rendre avant d&#8217;avoir tourn\u00e9 le                   coin.<\/p>\n<p>Au tournant, le d\u00e9fil\u00e9 a vite \u00e9t\u00e9 l&#8217;objet de l&#8217;attention d&#8217;environ                   100 citoyens qui ont re\u00e7u les visiteurs en les applaudissant                   g\u00e9n\u00e9reusement et fortement. Bien que les gens du groupe ne                   fussent pas de la g\u00e9n\u00e9ration qui \u00e9tait l\u00e0-bas il y a 63 ans,                   ils repr\u00e9sentaient l&#8217;effort canadien qui a lib\u00e9r\u00e9 le village,                   en 1944, au d\u00e9but de la bataille de la Normandie.<\/p>\n<p>Les Canadiens ont d\u00e9pos\u00e9 une couronne devant le c\u00e9notaphe                   au cours de la br\u00e8ve c\u00e9r\u00e9monie r\u00e9gl\u00e9e dans la place. Les leaders                   de la jeunesse et les autres membres du groupe de la L\u00e9gion                   se sont ensuite enlev\u00e9 le coquelicot qu&#8217;ils portaient au revers                   et l&#8217;ont piqu\u00e9 dans la couronne. Les gens du pays les ont suivis                   avec leurs propres fleurs et couronnes, et puis ils ont accept\u00e9 avec                   joie les coquelicots suppl\u00e9mentaires que leur a remis le coordonnateur                   du voyage Steven Clark de la Direction nationale.<\/p>\n<p>Peu apr\u00e8s, des tables ont \u00e9t\u00e9 apport\u00e9es sur lesquelles des                   bouteilles de cidre local ont \u00e9t\u00e9 d\u00e9pos\u00e9es. La langue a caus\u00e9 quelques                   petits inconv\u00e9nients entre les Fran\u00e7ais et le groupe de la                   L\u00e9gion qui \u00e9tait principalement anglophone, mais l&#8217;hospitalit\u00e9 et                   l&#8217;affection \u00e9taient quand m\u00eame \u00e9videntes. &#8220;Ce sont les choses                   comme celles-l\u00e0 dont on se souvient apr\u00e8s le voyage&#8221;, dit Forster. &#8220;C&#8217;\u00e9tait                   tout \u00e0 fait inattendu. Je n&#8217;avais jamais pens\u00e9 me trouver \u00e0 la                   t\u00eate d&#8217;un d\u00e9fil\u00e9 que des gens applaudiraient en guise d&#8217;appr\u00e9ciation.&#8221;<\/p>\n<p>Il y a eu maintes surprises durant le p\u00e8lerinage qui s&#8217;est                   d\u00e9roul\u00e9 du 5 au 19 juillet, un voyage ayant commenc\u00e9 \u00e0 l&#8217;a\u00e9roport                   international Pearson de Toronto o\u00f9 le groupe s&#8217;est assembl\u00e9 pour                   le vol \u00e0 destination de Paris. Apr\u00e8s Paris, l&#8217;odyss\u00e9e du souvenir                   est pass\u00e9e dans le Nord de la France, en Belgique et aux Pays-Bas,                   et pour finir elle a travers\u00e9 la Manche jusqu&#8217;en Angleterre                   o\u00f9 l&#8217;avion du retour a d\u00e9coll\u00e9 \u00e0 l&#8217;a\u00e9roport de Heathrow.<\/p>\n<p>\u00c0 la t\u00eate du groupe se trouvaient le premier vice-pr\u00e9sident                   national Wilf Edmond et son \u00e9pouse Annie de Donkin (N.-\u00c9.).                   Le guide accompagnateur \u00e9tait John Goheen, le directeur d&#8217;une \u00e9cole                   de Port Coquitlam (C.-B.). Goheen, qui a \u00e9t\u00e9 p\u00e8lerin en 1995,                   fait partie des meubles depuis lors, aux p\u00e8lerinages, et il                   augmente constamment ses connaissances sur les contributions                   militaires canadiennes. La Direction nationale a parrain\u00e9 un                   p\u00e8lerin de chacune des 10 divisions mais le repr\u00e9sentant de                   l&#8217;\u00cele-du-Prince-\u00c9douard a d\u00fb se retirer avant le d\u00e9part de                   la d\u00e9l\u00e9gation.<\/p>\n<p>En plus de Forster, il y avait David Timms de Squamish (C.-B.),                   Bill Taylor de Wetaskiwin (Alb.), Rod Holowaty de Kipling (Sask.),                   Cheryl McCallum de Dryden (Ont.), Lisa Weber de Mount Forest                   (Ont.), H\u00e9l\u00e8ne Bouchard de Jonqui\u00e8re (Qc), John Brewer de Marion                   Bridge (N.-\u00c9.) et George Brown de New Harbour (T.-N.) parmi                   les p\u00e8lerins. La plupart des d\u00e9l\u00e9gu\u00e9s \u00e9taient soit leader de                   cadets, soit enseignant. L&#8217;obligation d&#8217;avoir moins de 40 ans                   afin d&#8217;\u00eatre choisi p\u00e8lerin a d\u00fb \u00eatre abrog\u00e9e afin d&#8217;attirer                   les meilleurs candidats pour rapporter le message au pays.                   Et \u00e0 partir du commencement, tous les leaders de la jeunesse \u00e9taient                   enthousiastes \u00e0 propos de ce dont ils faisaient l&#8217;exp\u00e9rience.<\/p>\n<p>Un certain nombre de personnes ont pay\u00e9 leurs propres frais,                   qui s&#8217;\u00e9taient jointes au groupe pour des raisons particuli\u00e8res.                   Parmi elles se trouvait Christina Farrell de St. Albans (T.-N.).                   Elle a particip\u00e9 au p\u00e8lerinage de 2005 et a d\u00e9cid\u00e9 d&#8217;y retourner                   cette ann\u00e9e avec Ed Fewer de Grand Falls\/Windsor (T.-N.) pour                   lui montrer les lieux et revivre son exp\u00e9rience. Daniel Hiscock,                   de Grand Falls\/ Windsor aussi, les accompagnait.<\/p>\n<p>Bouchard \u00e9tait accompagn\u00e9e par son mari Sylvain Simard, un                   instructeur de cadets. Robert et Viviane Lafraniere de Manitowaning,                   une ville situ\u00e9e sur l&#8217;\u00eele ontarienne de Manitoulin, \u00e9taient                   du voyage pour aller voir la tombe de l&#8217;homonyme de Robert,                   un oncle enterr\u00e9 au cimeti\u00e8re militaire canadien de Beny-sur-Mer.                   Joan Ferguson de Calgary et sa ni\u00e8ce Margaret Bodnark de Coquitlam                   (C.-B.) d\u00e9siraient voir des endroits dont elles avaient trouv\u00e9 la                   description dans le journal de la Premi\u00e8re Guerre mondiale                   du p\u00e8re de Ferguson. Et puis il y avait aussi Lynn et Phyllis                   Giberson d&#8217;Arthurette (N.-B.), Travis Minor de Bonnyville (Alb.)                   et Lisa Peterson de Fox Creek (Alb.).<\/p>\n<p>En quittant l&#8217;a\u00e9roport, le groupe a pris la route de Caen,                   une ville qui a \u00e9t\u00e9 lib\u00e9r\u00e9e au d\u00e9but du mois de juillet 1944.                   La premi\u00e8re escale a \u00e9t\u00e9 faite au mus\u00e9e Le M\u00e9morial, qui a \u00e9t\u00e9 \u00e9tabli                   en 1988 pour enregistrer les exp\u00e9riences de la France occup\u00e9e                   et de sa lib\u00e9ration. Pendant leur visite, les leaders de la                   jeunesse sont all\u00e9s voir le Jardin canadien du Souvenir et                   le parc international du mus\u00e9e. Ce beau jardin est parrain\u00e9 et                   entretenu par la Fondation canadienne des champs de bataille                   gr\u00e2ce en partie au soutien de la L\u00e9gion royale canadienne.<\/p>\n<p>Ce soir-l\u00e0, les membres du groupe ont fait connaissance durant                   ce qui s&#8217;est av\u00e9r\u00e9 n&#8217;\u00eatre que le premier des nombreux repas                   r\u00e9guliers en soir\u00e9e. Tout au long du voyage, ces rassemblements                   aux repas ont donn\u00e9 l&#8217;occasion aux participants de bavarder                   et de r\u00e9fl\u00e9chir aux activit\u00e9s de la journ\u00e9e. Tout de suite                   apr\u00e8s leur premier repas ensemble, ils sont all\u00e9s s&#8217;exercer,                   en uniforme de la L\u00e9gion, en vue des 14 c\u00e9r\u00e9monies auxquelles                   ils allaient prendre part au cours du voyage.<\/p>\n<p>\u00c0 chaque endroit o\u00f9 a eu lieu une c\u00e9r\u00e9monie, on a choisi un                   sergent d&#8217;armes et cinq membres de la garde du drapeau. Ces                   derniers devaient porter la Feuille d&#8217;\u00e9rable, l&#8217;Union Jack                   et le Red Ensign, ainsi que le drapeau des Nations unies et                   celui de la Direction nationale. La plupart des c\u00e9r\u00e9monies                   ont \u00e9t\u00e9 r\u00e9gl\u00e9es \u00e0 un cimeti\u00e8re de la Commission des s\u00e9pultures                   de guerre du Commonwealth o\u00f9 la garde du drapeau s&#8217;est assembl\u00e9e                   pr\u00e8s de la Croix du sacrifice en pierre: o\u00f9 ces installations                   sont fr\u00e9quentes aux cimeti\u00e8res militaires. Le reste du groupe                   formait deux lignes face \u00e0 face, et la personne, ou les personnes,                   choisies pour d\u00e9poser la couronne compl\u00e9taient un carr\u00e9 avec                   le d\u00e9l\u00e9gu\u00e9 qui r\u00e9citait l&#8217;Acte du Souvenir.<\/p>\n<p>Le lendemain de leur r\u00e9p\u00e9tition avait lieu un des nombreux                   d\u00e9parts tr\u00e8s matinaux de l&#8217;h\u00f4tel. Il s&#8217;agissait d&#8217;aller aux                   plages du jour J \u00e0 Berni\u00e8res-sur-Mer et Courseulles-sur-Mer.                   Aujourd&#8217;hui, ces endroits de la c\u00f4te normande sont des destinations                   paisibles pour nombre de vacanciers mais, il y a des ann\u00e9es,                   ils \u00e9taient couverts de fils de fer barbel\u00e9s de l&#8217;Europe forteresse.<\/p>\n<p>Goheen ayant d\u00e9crit les d\u00e9barquements, il laissa le temps                   aux participants de se promener et permettre \u00e0 leur imagination                   d&#8217;errer dans la r\u00e9gion o\u00f9 tant de faits capitaux, souvent fatals,                   ont eu lieu.<\/p>\n<p>Peterson, le pr\u00e9sident de la filiale Fox Creek (Alb.), avait                   apport\u00e9 un sac pour y mettre un peu de sable. &#8220;Ma fille m&#8217;a                   demand\u00e9 de rapporter quelque chose de chaque endroit o\u00f9 nous                   allons&#8221;, dit-elle.<\/p>\n<p>\u00c0 Courseulles-sur-Mer, le groupe est all\u00e9 au Centre de la                   plage Juno, qui a ouvert ses portes en 2003 gr\u00e2ce \u00e0 des dons,                   dont un de la L\u00e9gion royale canadienne. Ce centre est l&#8217;endroit                   qui int\u00e9ressait le plus Lynn et Phyllis Giberson quand elles                   se sont inscrites au voyage. &#8220;Pour mon 70e anniversaire, mes                   enfants m&#8217;ont achet\u00e9 une brique du Centre de la plage Juno&#8221;,                   dit Lynn. Un nom est inscrit sur chaque brique achet\u00e9e par,                   ou pour, des particuliers, qui est expos\u00e9e \u00e0 l&#8217;ext\u00e9rieur du                   centre. &#8220;La dame au comptoir nous a donn\u00e9 un petit coup de                   main pour trouver la n\u00f4tre. Quand les enfants me l&#8217;ont achet\u00e9e,                   j&#8217;ai d\u00e9cid\u00e9 que je viendrais la voir&#8221;, dit-il.<\/p>\n<p>Une \u00e9motion encore plus forte a \u00e9t\u00e9 ressentie l&#8217;apr\u00e8s-midi,                   quand le groupe est all\u00e9 \u00e0 l&#8217;abbaye d&#8217;Ardenne, o\u00f9 20 soldats                   canadiens ont \u00e9t\u00e9 ex\u00e9cut\u00e9s, en juin 1944, par des membres de                   la 12e division de Panzer SS. N&#8217;ayant donn\u00e9 que son nom, son                   grade et son num\u00e9ro matricule, chaque prisonnier fut emmen\u00e9 dans                   la cour du jardin, l&#8217;un apr\u00e8s l&#8217;autre, et tu\u00e9 par balle ou                   avec un instrument contondant. Le commandant Kurt Meyer a \u00e9t\u00e9 traduit                   en justice et a purg\u00e9 une peine de prison pour crimes de guerre.<\/p>\n<p>Le groupe est aussi all\u00e9 aux cimeti\u00e8res militaires canadiens                   de Beny-sur-Mer et de Bretteville-sur-Laize o\u00f9 il a r\u00e9gl\u00e9 des                   rites. Les p\u00e8lerins ont \u00e9t\u00e9 tr\u00e8s impressionn\u00e9s \u00e0 Bretteville                   o\u00f9 les champs environnants \u00e9taient pleins de coquelicots. Plusieurs                   participants en ont ramass\u00e9 et press\u00e9 dans des livres.<\/p>\n<p>Edmond a fait une d\u00e9couverte surprenante en se promenant parmi                   les rang\u00e9es de pierres tombales \u00e0 Bretteville. Il a trouv\u00e9 la                   tombe de Francis Quann des Fusiliers de Sherbrooke. Quann \u00e9tait                   un ami du fr\u00e8re a\u00een\u00e9 d&#8217;Edmond \u00e0 Glace Bay (N.-\u00c9.). &#8220;Je me souviens                   d&#8217;une No\u00ebl o\u00f9 ma m\u00e8re l&#8217;avait invit\u00e9 chez nous apr\u00e8s la messe                   de minuit. \u00c0 la No\u00ebl suivante, on savait qu&#8217;il \u00e9tait mort.                   Mais je ne savais pas du tout o\u00f9 il avait \u00e9t\u00e9 enseveli.&#8221;<\/p>\n<p>Quann est mort le 8 ao\u00fbt 1944.<\/p>\n<p>Apr\u00e8s avoir pass\u00e9 trois nuits \u00e0 Caen, le groupe est pass\u00e9 par                   Arras, mais c&#8217;est \u00e0 Dieppe que le voyage a pris le plus d&#8217;importance.                   Cette ville c\u00f4ti\u00e8re est une vill\u00e9giature populaire, mais c&#8217;est                   aussi un endroit qui hante les souvenirs des Canadiens. C&#8217;est                   aux plages de Dieppe, Pourville et Puys que les Canadiens ont                   d\u00e9barqu\u00e9 le 19 ao\u00fbt 1942, o\u00f9 ils ont \u00e9t\u00e9 re\u00e7us par le feu allemand                   venant des hauteurs tr\u00e8s fortifi\u00e9es. Sur les 4 963 Canadiens                   qui se sont embarqu\u00e9s pour l&#8217;op\u00e9ration il y a 65 ans, 907 ont \u00e9t\u00e9 tu\u00e9s                   ou sont morts de leurs blessures. Plus de 1 900 ont \u00e9t\u00e9 faits                   prisonniers. Les pierres de la grosseur d&#8217;un poing qui couvrent                   les plages \u00e9taient glissantes sous les pieds des d\u00e9l\u00e9gu\u00e9s qui                   essayaient de s&#8217;imaginer \u00e0 quel point elles formaient un obstacle                   difficile pour les jeunes hommes qui sautaient en bas des engins                   de d\u00e9barquement, plein poids sur le dos et le fusil \u00e0 la main.<\/p>\n<p>Les participants s&#8217;\u00e9tant install\u00e9s dans la ville d&#8217;Arras,                   pr\u00e8s de la cr\u00eate de Vimy, leurs pens\u00e9es ont abandonn\u00e9 la Seconde                   Guerre mondiale et sont pass\u00e9es \u00e0 la Grande Guerre. La visite                   et la c\u00e9r\u00e9monie \u00e0 Beaumont Hamel avaient beaucoup d&#8217;importance                   pour les Terre-Neuviens. &#8220;J&#8217;ai d\u00e9couvert il n&#8217;y a pas longtemps                   combien de mes anc\u00eatres se sont battus ici&#8221;, dit George Brown,                   un capitaine de corvette de la ligue des cadets. &#8220;Je n&#8217;ai commenc\u00e9 une                   lecture sur la bataille qu&#8217;en pr\u00e9vision de ce voyage et j&#8217;ai                   appris qu&#8217;une grande partie de ma famille y a particip\u00e9.&#8221;<\/p>\n<p>Les p\u00e8lerins ont trouv\u00e9 le caribou rebelle perch\u00e9 sur son                   rocher, en une journ\u00e9e ensoleill\u00e9e mais fra\u00eeche, qui regardait                   s\u00e9v\u00e8rement \u00e0 travers le no man&#8217;s land vers les positions qu&#8217;occupaient                   autrefois les forces allemandes. Le terrain, qui est un site                   historique national, est encore cribl\u00e9 des trous des obus de                   l&#8217;artillerie utilis\u00e9e durant la bataille. Un sentier serpente \u00e0 travers                   les tranch\u00e9es dans le parc, bien qu&#8217;une grande partie de la                   zone soit interdite aux visiteurs pour pr\u00e9venir l&#8217;\u00e9rosion.                   Le gazon est entretenu par un troupeau de moutons qui le broute                   car le terrain est trop irr\u00e9gulier et trop dangereux pour qu&#8217;on                   puisse utiliser un \u00e9quipement conventionnel pour le tondre.<\/p>\n<p>C&#8217;est le 1er juillet 1916, le premier jour de la co\u00fbteuse                   offensive de la Somme, que le Newfoundland Regiment a re\u00e7u                   l&#8217;ordre de passer \u00e0 l&#8217;attaque. Le r\u00e9giment malchanceux s&#8217;est                   avanc\u00e9 directement vers les positions fortifi\u00e9es de l&#8217;ennemi.                   Ce fut un massacre. Sur les 801 soldats qui se sont lanc\u00e9s \u00e0 l&#8217;attaque,                   il n&#8217;en restait que 68 sans blessure pour r\u00e9pondre \u00e0 l&#8217;appel                   le lendemain.<\/p>\n<p>Arlene King, la directrice du site de Beaumont Hamel, a re\u00e7u                   le groupe et particip\u00e9 \u00e0 la c\u00e9r\u00e9monie solennelle \u00e0 la base                   du monument. L&#8217;humeur l\u00e0-bas \u00e9tait bien diff\u00e9rente de ce qu&#8217;elle                   allait \u00eatre deux jours plus tard quand le groupe s&#8217;est trouv\u00e9,                   non loin, au Monument comm\u00e9moratif du Canada \u00e0 Vimy, l&#8217;endroit                   du plus fameux triomphe canadien de la Premi\u00e8re Guerre mondiale.<\/p>\n<p>Goheen, menant le groupe en haut du monument sanctifi\u00e9, s&#8217;est                   arr\u00eat\u00e9 \u00e0 un endroit commode pour signaler le nom de son parent                   Walter William Goheen, un des 11 285 militaires canadiens dont                   le nom a \u00e9t\u00e9 grav\u00e9 sur le monument : des gens qui ont \u00e9t\u00e9 port\u00e9s &#8220;disparus,                   pr\u00e9sum\u00e9s morts&#8221; en France durant la Premi\u00e8re Guerre mondiale.<\/p>\n<p>Walter Goheen est mort le 1er octobre 1918, un mois seulement                   avant l&#8217;armistice. Le monument de Vimy est superbe, qui a \u00e9t\u00e9 restaur\u00e9 et                   consacr\u00e9 \u00e0 nouveau en avril dernier (Anniversaire sur la cr\u00eate,                   juillet\/ao\u00fbt). Cet hommage au sacrifice de la nation cr\u00e9\u00e9 par                   Walter S. Allward, d&#8217;une hauteur de 10 \u00e9tages, comporte des                   pyl\u00f4nes et des statues caract\u00e9ristiques, dont une femme qui                   pleure ses fils tomb\u00e9s au champ d&#8217;honneur.<\/p>\n<p>Goheen a fait bien attention d&#8217;expliquer que, bien que la                   bataille de Vimy soit celle qui va rester grav\u00e9e dans l&#8217;esprit                   des Canadiens \u00e0 jamais, il y a aussi plusieurs autres batailles                   canadiennes co\u00fbteuses auxquelles le Corps d&#8217;arm\u00e9e canadien                   a particip\u00e9 avant la fin de la guerre. &#8220;Une fois que les commandants                   britanniques ont compris que les Canadiens \u00e9taient les meilleurs \u00e0 leur                   disposition, ils s&#8217;en sont servi comme fer de lance \u00e0 quelques-unes                   des pires batailles&#8221;, dit-il.<\/p>\n<p>La plus fameuse de ces batailles est celle de Passchendaele,                   laquelle s&#8217;est pass\u00e9e en automne 1917, une t\u00e2che impossible                   qui, d&#8217;apr\u00e8s le g\u00e9n\u00e9ral canadien sir Arthur Currie, ne pouvait                   pas \u00eatre accomplie sans 16 000 victimes. Sa pr\u00e9diction s&#8217;est                   r\u00e9v\u00e9l\u00e9e terriblement juste.<\/p>\n<p>Le groupe a visit\u00e9 des sites de la Premi\u00e8re Guerre mondiale                   qui ne sont pas aussi bien connus, comme ceux de la colline                   70 et du canal Albert. De dire Goheen, Currie lui-m\u00eame aurait                   pr\u00e9f\u00e9r\u00e9 que le magnifique monument d&#8217;Allward soit situ\u00e9 au                   canal.<\/p>\n<p>En Belgique, le groupe a pass\u00e9 la nuit \u00e0 la ville historique                   d&#8217;Ypres, dont on dit que c&#8217;est le troph\u00e9e de la Premi\u00e8re Guerre                   mondiale pour lequel on s&#8217;est le plus battu.<\/p>\n<p>Bien que la ville ait \u00e9t\u00e9 presque enti\u00e8rement d\u00e9molie durant                   les combats, Ypres, gr\u00e2ce \u00e0 la d\u00e9termination des alli\u00e9s, n&#8217;est                   pas tomb\u00e9e aux mains des Allemands.<\/p>\n<p>Le Mus\u00e9e de la guerre du Canada s&#8217;\u00e9tait joint au mus\u00e9e du                   monument de Passchendaele pour organiser une exposition sp\u00e9ciale                   sur Passchendaele, laquelle a lieu, \u00e0 Ypres, durant le p\u00e8lerinage.                   L&#8217;exposition a commenc\u00e9 le 13 juillet \u00e0 la ferme Waterfields                   o\u00f9 se trouvait le quartier g\u00e9n\u00e9ral des alli\u00e9s durant la bataille.<\/p>\n<p>Le groupe a \u00e9t\u00e9 invit\u00e9 \u00e0 la r\u00e9ception d&#8217;ouverture par l&#8217;ambassadrice                   du Canada en Belgique, Laurette Glasgow. Le ministre d&#8217;Anciens                   combattants Canada Gregory Thompson et le ministre des Affaires                   indiennes et du Nord d&#8217;alors, Jim Prentice, dont des parents                   ont servi \u00e0 cette bataille, \u00e9taient pr\u00e9sents aussi.<\/p>\n<p>Non loin d&#8217;Ypres, le groupe a fait une escale \u00e0 la ferme Essex                   o\u00f9 se trouve un petit cimeti\u00e8re militaire. C&#8217;est aussi le lieu                   d&#8217;une infirmerie de campagne restaur\u00e9e o\u00f9, en 1915, le major                   John McCrae, \u00e9puis\u00e9 et fatigu\u00e9 de la guerre, a \u00e9crit son fameux                   po\u00e8me, Au champ d&#8217;honneur. Les membres du voyage pouvaient                   s&#8217;imaginer les conditions dans lesquelles le personnel m\u00e9dical                   travaillait durant les combats implacables.<\/p>\n<p>McCrae re\u00e7ut la nouvelle de la mort de son bon ami, le lieutenant                   Alexis Helmer, un officier d&#8217;artillerie qui a \u00e9t\u00e9 atteint directement                   par l&#8217;ennemi. C&#8217;est McCrae qui a offici\u00e9 au service improvis\u00e9 de                   son camarade. Ensuite, d&#8217;apr\u00e8s des rapports annexes, il aurait                   pris un peu de temps pour retrouver son aplomb avant d&#8217;\u00e9crire                   le po\u00e8me, ce qu&#8217;il aurait fait en quelques instants.<\/p>\n<p>Chaque nuit pass\u00e9e \u00e0 Ypres, le groupe a assist\u00e9 \u00e0 la c\u00e9r\u00e9monie                   de la derni\u00e8re sonnerie \u00e0 la porte de Menin. Il s&#8217;agit d&#8217;une                   porte qui, d\u00e9truite durant la guerre, a \u00e9t\u00e9 reconstruite en                   tant que monument aux soldats du Commonwealth dont on ne conna\u00eet                   pas la derni\u00e8re demeure. Au-dessus des deux escaliers, qui                   s&#8217;\u00e9l\u00e8vent \u00e0 partir de la route qui passe sous la porte, se                   trouve l&#8217;inscription suivante : &#8220;Ici sont inscrits les noms                   d&#8217;officiers et d&#8217;hommes qui sont tomb\u00e9s au saillant d&#8217;Ypres                   mais pour qui la fortune de la guerre a refus\u00e9 l&#8217;enterrement                   honorable qu&#8217;ont eu leurs camarades mortuaires.&#8221;<\/p>\n<p>Termin\u00e9e en 1927, la porte de Menin est devenue fameuse gr\u00e2ce \u00e0 la                   c\u00e9r\u00e9monie toute simple qui y est r\u00e9gl\u00e9e chaque soir par des                   pompiers d&#8217;Ypres. La circulation est stopp\u00e9e \u00e0 20 h exactement                   dans l&#8217;art\u00e8re qui entre dans la ville. Les pompiers arrivent,                   en bicyclette d&#8217;habitude, et ils jouent la derni\u00e8re sonnerie                   et puis le r\u00e9veil avec leurs clairons. La plupart des soirs,                   il y a bien peu de touristes au courant de la manifestation                   qui assistent \u00e0 la c\u00e9r\u00e9monie.<\/p>\n<p>Les choses ne se sont pas pass\u00e9es ainsi le 12 juillet, quand                   un service comm\u00e9moratif a \u00e9t\u00e9 r\u00e9gl\u00e9 \u00e0 l&#8217;occasion du 80e anniversaire                   de la porte. La reine Elizabeth est all\u00e9e \u00e0 la porte en priv\u00e9 cet                   apr\u00e8s-midi-l\u00e0 et le m\u00eame soir l&#8217;anniversaire a \u00e9t\u00e9 c\u00e9l\u00e9br\u00e9 par                   les gouverneurs g\u00e9n\u00e9raux Michael Jeffery de l&#8217;Australie et                   Anand Satyanand de la Nouvelle-Z\u00e9lande. Le ministre d&#8217;Anciens                   combattants Canada Gregory Thompson y repr\u00e9sentait le Canada                   et il a r\u00e9cit\u00e9 Au champ d&#8217;honneur devant une foule de plus                   de 2 000 personnes.<\/p>\n<p>Le troisi\u00e8me soir \u00e0 Ypres, le groupe de la L\u00e9gion a eu l&#8217;insigne                   honneur de d\u00e9filer \u00e0 la c\u00e9r\u00e9monie nocturne et Edmond celui                   de lire l&#8217;Acte du Souvenir. Les pompiers ont aussi fait venir                   un cornemuseur dont les notes sinistres ont r\u00e9sonn\u00e9 \u00e0 travers                   l&#8217;immense porte. &#8220;Je pense que la c\u00e9r\u00e9monie de la porte de                   Menin a \u00e9t\u00e9 la plus touchante de tout le voyage&#8221;, dit Timms. &#8220;On                   pouvait pratiquement sentir la pr\u00e9sence des gens dont les noms                   sont inscrits sur les murs pendant qu&#8217;on jouait la derni\u00e8re                   sonnerie.&#8221;<\/p>\n<p>Le groupe est retourn\u00e9 \u00e0 l&#8217;histoire de la Seconde Guerre mondiale                   en poursuivant son trajet aux Pays-Bas, o\u00f9 il a pass\u00e9 deux                   nuits \u00e0 Oosterbeek, pr\u00e8s d&#8217;Arnhem. En chemin, il a fait escale                   au canal Leopold et \u00e0 d&#8217;autres sites, pour se souvenir des                   terribles combats qui ont eu lieu au Scheldt, au Nord de la                   Belgique et au Sud-Ouest des Pays-Bas, en automne 1944.<\/p>\n<p>\u00c0 son retour \u00e0 Bruges, en Belgique, le voyage a vraiment touch\u00e9 \u00e0 sa                   fin. Il ne restait au groupe que d&#8217;aller \u00e0 Calais (France)                   et puis de traverser la Manche pour Londres, o\u00f9 il passerait                   une nuit, avant l&#8217;avion du retour au Canada. En cours, il a                   r\u00e9gl\u00e9 une c\u00e9r\u00e9monie en l&#8217;honneur des disparus marins. Durant                   cette derni\u00e8re, une couronne a \u00e9t\u00e9 lanc\u00e9e du transbordeur \u00e0 la                   mer.<\/p>\n<p>La derni\u00e8re escale, convenablement, a \u00e9t\u00e9 celle de Wimereux,                   pr\u00e8s de Calais. L\u00e0, dans un petit cimeti\u00e8re, \u00e0 port\u00e9e de vue                   de la mer, se trouve la derni\u00e8re demeure du lieutenant-colonel                   John McCrae.<\/p>\n<p>Les tombes de ce cimeti\u00e8re ont des pierres tombales plates                   car le terrain est trop instable pour les verticales. Goheen,                   qui d&#8217;habitude voyageait avec un bloc-notes rempli, pour faire                   ses comptes rendus, avait \u00e9trangement laiss\u00e9 ses papiers dans                   l&#8217;autocar. Il a donn\u00e9 une vue d&#8217;ensemble du travail dans l&#8217;h\u00f4pital                   de campagne o\u00f9 McCrae travaillait et puis il a ajout\u00e9 &#8220;aucune                   c\u00e9r\u00e9monie officielle n&#8217;a \u00e9t\u00e9 pr\u00e9vue ici. Mais on a pens\u00e9 que                   vous aimeriez prendre une minute pour \u00e9couter les vers \u00e9ternels                   de McCrae&#8221;. Il r\u00e9cita alors en entier le petit po\u00e8me Au champ                   d&#8217;honneur.<\/p>\n<p>Par la suite, le groupe s&#8217;est balad\u00e9 pour la derni\u00e8re fois                   dans un cimeti\u00e8re du Commonwealth. Plusieurs p\u00e8lerins ont dessin\u00e9 la                   pierre tombale de McCrae.<\/p>\n<p>\u00c0 Londres, Edmond s&#8217;est fait l&#8217;h\u00f4te durant un souper d&#8217;adieu. &#8220;Des                   jeunes hommes sont arriv\u00e9s ici qui venaient de tous les coins                   du Canada. Ils se sont battus et ont p\u00e9ri [&#8230;]. Nous avons march\u00e9 sur                   leurs pas.&#8221;<\/p>\n<p>Son message aux participants \u00e9tait clair : &#8220;Tout ce que je                   vous demande c&#8217;est de ne pas garder ceci pour vous. Si vous                   avez l&#8217;occasion de parler \u00e0 un groupe de jeunes, faites-leur                   part de ce que vous avez v\u00e9cu durant cette p\u00e9riode de deux                   semaines.&#8221;<\/p>\n<p>Le premier vice-pr\u00e9sident national dit en conclusion : &#8220;C&#8217;est                   la derni\u00e8re fois que nous nous r\u00e9unissons avant de nous rendre \u00e0 l&#8217;a\u00e9roport                   s\u00e9par\u00e9ment, demain matin. J&#8217;ai pens\u00e9 que ce serait appropri\u00e9 de                   chanter ensemble.&#8221;<\/p>\n<p>Il a alors dirig\u00e9 le groupe dans une interpr\u00e9tation, venant                   du fond du coeur, de We&#8217;ll Meet Again (nous nous reverrons),                   la complainte rendue c\u00e9l\u00e8bre par la ch\u00e9rie des militaires de                   la Seconde Guerre mondiale Vera Lynn et qui concerne des amoureux                   s\u00e9par\u00e9s par la guerre.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Les membres du P\u00e8lerinage des leaders de la jeunesse de la L\u00e9gion royale canadienne ont \u00e9t\u00e9 frapp\u00e9s par le son des applaudissements en arrivant \u00e0 Buron, une petite ville voisine de Caen. 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