{"id":276,"date":"2009-11-01T00:15:04","date_gmt":"2009-11-01T04:15:04","guid":{"rendered":"https:\/\/legionmagfren.wpengine.com\/index.php\/2009\/11\/des-esprits-en-conflit-blessures-de-stress-operationnel\/"},"modified":"2009-10-29T15:44:00","modified_gmt":"2009-10-29T19:44:00","slug":"des-esprits-en-conflit-blessures-de-stress-operationnel","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/2009\/11\/des-esprits-en-conflit-blessures-de-stress-operationnel\/","title":{"rendered":"Des esprits en conflit: Blessures de stress op\u00e9rationnel"},"content":{"rendered":"<div class=\"caption_img \"\tstyle=\"width:630px\"><img fetchpriority=\"high\" decoding=\"async\" src=\"http:\/\/www.legionmagazine.com\/en\/wp-content\/uploads\/2009\/10\/osiintro.jpg\" alt=\". [ILLUSTRATION : FRED SEBASTIAN]\" class=\"top\" height=\"236\" width=\"630\" \/><\/p>\n<div class=\"caption\"><span>. <\/span><\/div>\n<div class=\"credit\"><span>ILLUSTRATION : FRED SEBASTIAN<\/span><\/div>\n<\/div>\n<p>Le sergent Shawn Clarke sait \u00e0 quel point les Forces canadiennes ont progress\u00e9 au chapitre des traumatismes de stress op\u00e9rationnel. S\u2019il s\u2019\u00e9tait connu il y a 10 ans tel qu\u2019il est aujourd\u2019hui \u2014 un v\u00e9t\u00e9ran de la guerre d\u2019Afghanistan souffrant du trouble de stress post-traumatique \u2014 il se serait dit \u00ab arr\u00eate de te plaindre, esp\u00e8ce de lavette! C\u2019est ce que j\u2019aurais dit \u00e0 un gars comme moi. \u00bb<\/p>\n<p>Mais les choses ont chang\u00e9 en dix ans, presque du tout au tout.<\/p>\n<p>Clarke fait partie d\u2019un nombre croissant de militaires et d\u2019anciens combattants qui r\u00e9cup\u00e8rent apr\u00e8s un traumatisme de stress op\u00e9rationnel (TSO) et, comme beaucoup d\u2019entre eux, il n\u2019a pas peur de d\u00e9fier les gens \u2014 m\u00eame les hauts grad\u00e9s \u2014 qui n\u2019ont pas de tact ou de respect pour ceux qui souffrent d\u2019un TSO. \u00ab Si j\u2019entends un commentaire, je r\u00e9ponds, \u201cArr\u00eatez-vous!\u201d Et \u00e7a m\u2019est \u00e9gal qui c\u2019est. Je dis : \u201c\u00c9coutez, j\u2019ai entendu ce que vous venez de dire. Croyez-le ou non, mais c\u2019est \u00e7a la politique, alors vous allez vous y conformer ou bien je vais pousser plus avant\u201d. \u00bb<\/p>\n<p>Autrefois, cela aurait \u00e9t\u00e9 une entrave \u00e0 la carri\u00e8re; aujourd\u2019hui, on reconnait qu\u2019il est n\u00e9cessaire de cr\u00e9er une \u00ab culture d\u2019acceptation \u00bb en ce qui a trait aux pro\u00adbl\u00e8mes de sant\u00e9 mentale.<\/p>\n<p>\u00ab La conscientisation, surmonter l\u2019infamie caus\u00e9e par les probl\u00e8mes de sant\u00e9 mentale, rien n\u2019est plus important pour moi \u00bb, dit le g\u00e9n\u00e9ral Walter Natynczyk en lan\u00e7ant une campagne de sensibilisation qu\u2019il esp\u00e8re va changer s\u00e9rieusement l\u2019attitude li\u00e9e aux traumatismes concernant la psych\u00e9, pour qu\u2019elle soit comparable \u00e0 celle qui concerne les blessures physiques. \u00ab Nous avons tous la m\u00eame responsabilit\u00e9, quel que soit notre grade; de s\u2019entraider, d\u2019aider les gens dans le besoin. \u00bb<\/p>\n<p>Les gens qui sont charg\u00e9s du bien-\u00eatre des militaires et des anciens combattants ont fait des progr\u00e8s remarquables au chapitre des TSO, ces 10 derni\u00e8res ann\u00e9es. Les Forces ont fait des efforts pour diminuer les TSO gr\u00e2ce au criblage, \u00e0 l\u2019\u00e9ducation, \u00e0 la formation et au traitement. Anciens combattants Canada (ACC) octroie de l\u2019aide psychosociale et des avantages aux anciens combattants diagnostiqu\u00e9s comme souffrant de TSO; dont certains qui en souffrent depuis plus de 60 ans. Les officiers d\u2019entraide de la L\u00e9gion royale canadienne s\u2019efforcent d\u2019identifier les anciens combattants \u2014 jeunes ou vieux \u2014 qui pr\u00e9sentent des sympt\u00f4mes de TSO, s\u2019occupent de leur traitement et leur offrent leur appui.<\/p>\n<p>En r\u00e8gle g\u00e9n\u00e9rale, c\u2019est l\u2019histoire d\u2019un succ\u00e8s, mais il y a eu des rebondissements tragiques. Cependant, ce n\u2019est pas de la fiction. Quand on appelle \u00e0 l\u2019aide en vain, les r\u00e9sultats sont catastrophiques pour les souffrants et leurs familles.<\/p>\n<p>L\u2019\u00e9pouse d\u2019un certain officier des Forces canadiennes d\u2019une ville des Prairies a pass\u00e9 le printemps et l\u2019automne \u00e0 voir son mari, Philip, s\u2019effondrer. Sa sp\u00e9cialit\u00e9 est rare et il a le sens du devoir, alors apr\u00e8s son retour d\u2019Afghanistan, ayant eu des traitements pour un TSPT, il a repris le travail, lequel devait \u00eatre \u00e0 temps partiel. \u00ab On ne sait trop comment, le temps partiel est devenu du temps plein \u00bb, dit l\u2019\u00e9pouse, Caitlyn (ils nous ont demand\u00e9 de ne pas d\u00e9voiler leur identit\u00e9). Philip a pris part \u00e0 un exercice malgr\u00e9 le fait que cela d\u00e9clenchait ses sympt\u00f4mes; bien qu\u2019il soit incapable de rester assis le temps d\u2019un film; bien que son humeur soit devenue instable.<\/p>\n<p>C\u2019est sa d\u00e9cision de demander la lib\u00e9ration tout de suite apr\u00e8s l\u2019exercice qui lui a permis de continuer. Philip \u00ab s\u2019effor\u00e7ait d\u2019\u00eatre \u00e0 la hauteur \u00bb de l\u2019uniforme jusqu\u2019\u00e0 ce qu\u2019il s\u2019aper\u00e7oive que pour sa sant\u00e9 et pour celle de sa famille, il lui faudrait enlever cet uniforme \u00e0 tout jamais.<\/p>\n<p>Pendant que Philip s\u2019\u00e9croulait, les Forces lan\u00e7aient leur campagne sur la sant\u00e9 mentale et exhortaient leurs membres \u00e0 combattre l\u2019infamie, \u00e0 s\u2019appuyer les uns les autres; et \u00e0 faire preuve de vigilance pour remarquer quand ceux qu\u2019ils commandaient, leur copains ou eux-m\u00eames avaient besoin d\u2019aide.<\/p>\n<p>Mais combattre l\u2019infamie ou prendre garde \u00e0 sa propre sant\u00e9 n\u2019ont rien de facile. \u00ab Pour susciter un changement culturel, il va nous falloir des ann\u00e9es \u00bb, dit Shawn Hearn, coordinateur du Canada atlantique et directeur du soutien et de l\u2019administration des bless\u00e9s pour le r\u00e9seau de Soutien social aux blessures de stress op\u00e9rationnel (SSBSO). Survivant d\u2019une BSO lui-m\u00eame, Hearn sait que les guerriers sont form\u00e9s pour penser \u00e0 la mission d\u2019abord, \u00e0 leurs pairs en deu\u00adxi\u00e8me lieu et \u00e0 eux-m\u00eames bien apr\u00e8s.<\/p>\n<p>Dans la culture militaire, depuis tr\u00e8s longtemps, la faiblesse \u00e9quivaut \u00e0 l\u2019\u00e9chec et craquer mentalement \u00e9quivaut \u00e0 une faiblesse de la personnalit\u00e9. Les sympt\u00f4mes du traumatisme caus\u00e9 par le combat ont \u00e9t\u00e9 remarqu\u00e9s depuis des milliers d\u2019ann\u00e9es, et principalement r\u00e9pudi\u00e9s en tant que l\u00e2chet\u00e9. \u00c0 la Premi\u00e8re Guerre mondiale, nombre de victimes de ce qu\u2019on appelait des \u00ab traumatismes dus aux bombardements \u00bb \u00e9taient pass\u00e9s en jugement et puis ex\u00e9cut\u00e9s pour des crimes allant de la l\u00e2chet\u00e9 jusqu\u2019\u00e0 la d\u00e9sertion, en passant par l\u2019insubordination.<\/p>\n<p>Au Canada, les changements ont acc\u00e9l\u00e9r\u00e9. \u00ab Il y a quand m\u00eame beaucoup d\u2019am\u00e9liorations \u00e0 faire \u00bb, dit Hearn. En 2008, une \u00e9tude au Centre de recherche de l\u2019H\u00f4pital Douglas a indiqu\u00e9 qu\u2019un tiers des membres des Forces n\u2019essaieraient pas d\u2019obtenir de traitements pour la sant\u00e9 mentale parce qu\u2019ils avaient peur de se faire qualifier de fa\u00e7on n\u00e9gative.<\/p>\n<p>Pendant longtemps, les grad\u00e9s \u00ab \u00e9taient tr\u00e8s r\u00e9ticents quand il s\u2019agissait d\u2019admettre qu\u2019il y avait un probl\u00e8me \u00bb, dit le Dr Greg Passey, psychiatre et militaire pendant 22 ans. Quand ses recherches, en 1993, ont indiqu\u00e9 qu\u2019il y avait un taux de SSPT de 15 p. 100 et un taux de d\u00e9pression de 13 p. 100 parmi deux unit\u00e9s de maintien de la paix revenant au pays, \u00ab ils ont dit que mes statistiques \u00e9taient incorrectes \u00bb.<\/p>\n<p>ACC a fait les frais d\u2019une vague d\u2019anciens combattants souffrant de BSO peu de temps apr\u00e8s. \u00ab Au milieu des ann\u00e9es 90, il y a beaucoup plus d\u2019anciens combattants qui sont venus nous voir \u00e0 cause de pro\u00adbl\u00e8mes de sant\u00e9 mentale car (les missions militaires du Canada) \u00e0 l\u2019\u00e9tranger leur avaient fait changer de r\u00f4le \u00bb, dit Raymond Lalonde, directeur du Centre national pour traumatismes li\u00e9s au stress op\u00e9rationnel de l\u2019H\u00f4pital Ste-Anne \u00e0 Montr\u00e9al. \u00ab En 2001, on a conclu un accord avec le minis\u00adt\u00e8re de la D\u00e9fense nationale pour essayer de travailler ensemble. \u00bb<\/p>\n<p>Il y a eu plusieurs \u00e9v\u00e8nements qui ont amen\u00e9 beaucoup de progr\u00e8s. Le g\u00e9n\u00e9ral \u00e0 la retraite et s\u00e9nateur Rom\u00e9o Dallaire, qui a dirig\u00e9 une mission de maintien de la paix en 1994 au Rwanda, a d\u00e9voil\u00e9 qu\u2019il souffre de SSPT et qu\u2019il a essay\u00e9 de se suicider en 2000. ACC a sond\u00e9 2 700 clients en 2000 et d\u00e9couvert que 15 p. 100 souffraient de SSPT et 28 p. 100 souffraient de d\u00e9pression majeure. En 2003, l\u2019ann\u00e9e o\u00f9 sortait le livre de Dallaire J\u2019ai serr\u00e9 la main du diable, 25 soldats et anciens combattants souffrant de SSPT ont engag\u00e9 un proc\u00e8s demandant 60 millions de dollars en dommages pour traitement pr\u00e9sum\u00e9 inad\u00e9quat. En 2002, le protecteur du citoyen du MDN a rapport\u00e9 que les traitements pour les gens souffrant de BSO \u00e9taient inad\u00e9quats.<\/p>\n<p>Dans un tel contexte, ACC et le MDN se sont associ\u00e9s. La motivation est \u00e9conomique, en plus d\u2019\u00eatre humanitaire. \u00c9tant donn\u00e9 que les BSO sont plus difficiles et plus couteuses \u00e0 traiter quand on attend avant de les diagnostiquer, les deux minist\u00e8res peuvent faire des \u00e9conomies, \u00e0 la longue, gr\u00e2ce \u00e0 un syst\u00e8me qui permette d\u2019identifier rapidement les BSO et de les traiter efficacement.<\/p>\n<p>Ils ont institu\u00e9 le Centre pour le soutien des militaires bless\u00e9s ou retrait\u00e9s et de leurs familles du MDN et d\u2019ACC, et \u00e9difi\u00e9 un r\u00e9seau national de cliniques de traitement et de programmes de soutien pour les traumatismes de stress op\u00e9rationnel \u00e0 l\u2019\u00e9chelle du pays afin de servir les militaires, les anciens combattants et les membres de la Gendarmerie royale du Canada. \u00ab Nous avions l\u2019intention de cr\u00e9er une suite de services et de politiques, ind\u00e9pendamment de l\u2019endroit o\u00f9 habite le militaire ou l\u2019ancien combattant \u00bb, nous explique Lalonde.<\/p>\n<p>Les Forces ont ajout\u00e9 un proc\u00e9d\u00e9 de criblage pr\u00e9c\u00e9dant le d\u00e9ploiement, en 2003, quand les hauts grad\u00e9s militaires dirent s\u2019inqui\u00e9ter du fait qu\u2019on d\u00e9ployait des soldats ayant des probl\u00e8mes de sant\u00e9 mentale. Une pause de cinq jours de d\u00e9tente \u00e9tait pr\u00e9vue \u00e0 la fin des d\u00e9ploiements op\u00e9rationnels, pour permettre aux professionnels de la sant\u00e9 mentale de d\u00e9pister les probl\u00e8mes chez les soldats avant leur retour au Canada.<\/p>\n<p>Le programme d\u2019\u00e9ducation et de formation des Forces sur les BSO devrait avoir touch\u00e9 environ 15 000 militaires \u00e0 la fin de l\u2019ann\u00e9e. \u00ab Plus de 80 p. 100 de ceux qui pourraient b\u00e9n\u00e9ficier d\u2019une aide en sant\u00e9 mentale ne savent pas qu\u2019ils en ont besoin \u00bb, dit le sergent Doug Brown \u00e0 une vingtaine de jeunes officiers lors d\u2019une classe sur les BSO dans le cadre de leur premier programme de formation officiel. Les cours sur les BSO sont donn\u00e9s par le Bureau des conf\u00e9renciers conjoints de la Sant\u00e9 mentale et des Blessures de stress op\u00e9rationnel, un organisme cr\u00e9\u00e9 en 2007 par les Forces et ACC. Les cours sont donn\u00e9s par des \u00e9quipes de militaires et d\u2019anciens combattants souffrant de BSO. Le personnel militaire de tous les grades apprend \u00e0 d\u00e9celer les BSO, \u00e0 supporter le stress, \u00e0 aider les autres \u00e0 supporter un \u00e9v\u00e8nement traumatique, \u00e0 combattre l\u2019infamie. On lui raconte aussi l\u2019histoire d\u2019un soldat ou d\u2019un ancien combattant qui a eu une BSO.<\/p>\n<p>\u00ab Cette campagne \u00e9ducative est le fondement \u00bb, dit le lieutenant-colonel St\u00e9phane Grenier, un conseiller sp\u00e9cial des Forces sur les BSO charg\u00e9 d\u2019\u00e9laborer une strat\u00e9gie d\u2019\u00e9ducation nationale. \u00c0 la fin de l\u2019ann\u00e9e, dit-il, la formation pr\u00e9- et post-d\u00e9ploiement comprendra une composante sur la sant\u00e9 mentale.<\/p>\n<p>Combattre l\u2019id\u00e9e fausse comme quoi tous ceux qui souffrent d\u2019un traumatisme lors d\u2019une affectation op\u00e9rationnelle vont souffrir de BSO est encore une bataille. \u00ab D\u00e9ploiement n\u2019\u00e9gale pas traumatisme. Le d\u00e9ploiement est une bonne chose pour un militaire, qui a \u00e9t\u00e9 bien pr\u00e9par\u00e9 et entrain\u00e9 \u00bb, dit Grenier.<\/p>\n<p>Les pr\u00e9paratifs et l\u2019entrainement concernant les BSO n\u2019existaient pas au d\u00e9but de sa carri\u00e8re, dit le lieutenant-colonel Rakesh Jetly, psychiatre et conseiller en sant\u00e9 mentale charg\u00e9 de surveiller les probl\u00e8mes cliniques des BSO. Il n\u2019y avait \u00ab pratiquement aucun (soutien) au chapitre de la sant\u00e9 mentale. Apr\u00e8s le Rwanda [\u2026] de retour \u00e0 Ottawa, on nous remettait notre trousse et on nous donnait cong\u00e9 en moins de 20 heures. [&#8230;] Il y a des gens qui tombaient malades; il y a des gens qui se suicidaient. \u00bb Les recherches sur les gens souffrant de BSO indiquent que presque la moiti\u00e9 pensent au suicide et qu\u2019environ 19 p. 100 s\u2019y essaient. Maintenant, il y a une formation pr\u00e9-d\u00e9ploiement et \u00ab des services de sant\u00e9 mentale \u00e9nergiques dans le th\u00e9\u00e2tre [\u2026]. La moiti\u00e9 (de ceux qui sont affect\u00e9s par un traumatisme) se font d\u00e9j\u00e0 soigner \u00bb lorsqu\u2019ils reviennent, dit-il. Cela va \u00eatre payant : une \u00e9tude des victimes de la guerre du Liban de 1982 indique que, m\u00eame 20 ans apr\u00e8s, les taux de SSPT et de sympt\u00f4mes psychiatriques sont inf\u00e9rieurs chez ceux qui se sont fait soigner au front. Ils sont aussi moins seuls et fonctionnent mieux en soci\u00e9t\u00e9.<\/p>\n<p>L\u2019\u00e9ducation aussi donne des r\u00e9sultats. \u00ab Autrefois, les gens attendaient entre quatre et sept ans apr\u00e8s le commencement des sympt\u00f4mes, quand leur vie commen\u00e7ait \u00e0 \u00eatre ruin\u00e9e, avant de demander des traitements, dit Grenier. Maintenant, ils se font soigner plus vite. \u00bb<\/p>\n<p>\u00ab C\u2019est pas du tout vrai qu\u2019on est lib\u00e9r\u00e9 si on a \u00e9t\u00e9 diagnostiqu\u00e9 \u00bb, dit Jetly. Grenier a \u00e9t\u00e9 promu plusieurs fois malgr\u00e9 le fait qu\u2019il souffre d\u2019une BSO lui-m\u00eame. Souffrir d\u2019une BSO ne signifie pas n\u00e9cessairement qu\u2019on est renvoy\u00e9 au Canada pendant une mission. \u00ab Dans le th\u00e9\u00e2tre, si quelqu\u2019un a des difficult\u00e9s, il peut se faire \u00e9valuer et commencer \u00e0 se faire soigner [\u2026] il ne retourne pas obligatoirement chez lui. La grande majorit\u00e9 d\u2019entre eux continuent leur affectation. C\u2019est un message important pour les soldats \u00bb, ajoute Jetly.<\/p>\n<p>Le sergent Douglas Brown en est un exemple. Il lui a fallu 10 ans avant de demander de l\u2019aide, et il a continu\u00e9 de travailler pendant cinq ann\u00e9es de traitements. Au d\u00e9but, les s\u00e9ances de th\u00e9rapie avaient lieu une fois par semaine, et puis une fois par mois et ensuite tous les deux mois, et il lui arrive encore de demander de l\u2019aide \u00e0 l\u2019occasion. \u00ab On a des hauts et des bas \u00bb, nous explique-t-il. Quand on obtient de l\u2019aide au bon moment, cela emp\u00eache les petits probl\u00e8mes de devenir des gros probl\u00e8mes. \u00ab Le fait est que quand on souffre de SSPT, c\u2019est pour la vie, dit Passey. Il y a des gens qui ont eu une r\u00e9mission et qui ont \u00e9t\u00e9 envoy\u00e9 en mission, mais c\u2019est comme le diab\u00e8te. Quand on l\u2019a, il est toujours en arri\u00e8re-plan m\u00eame si on ne ressent pas les sympt\u00f4mes. Je vais toujours avoir besoin de l\u2019aide de quelqu\u2019un pour rester stable, dit Brown. Quand on a un bas [&#8230;] c\u2019est soit qu\u2019on oublie quelque chose qu\u2019on nous a enseign\u00e9, soit qu\u2019on n\u2019a pas l\u2019aptitude n\u00e9cessaire, alors on a besoin d\u2019aide. \u00bb<\/p>\n<p>Toutefois, si \u00e0 la fin du traitement, la BSO emp\u00eache quelqu\u2019un de se conformer \u00e0 la stipulation concernant l\u2019universalit\u00e9 de service \u2014 une politique des Forces qui exige que les membres soient \u00ab physiquement en forme, employables et d\u00e9ployables pour les fonctions op\u00e9rationnelles \u00bb \u2014 il pourrait \u00eatre lib\u00e9r\u00e9 pour raison m\u00e9dicale. Clarke risquait de l\u2019\u00eatre. Heureusement, il a obtenu un poste de SSBSO \u00e0 Terre-Neuve, alors ses comp\u00e9tences et son exp\u00e9rience ne seront pas enti\u00e8rement perdues pour les militaires en service.<\/p>\n<p>Oui, les Forces vont mieux, dit Dallaire. \u00ab Mais nos syst\u00e8mes ne sont pas aussi sophistiqu\u00e9s qu\u2019ils devraient l\u2019\u00eatre. \u00bb Les soldats continuent de souffrir de BSO et ceux qui \u00ab passent entre les mailles du filet \u00bb sont souvent dans l\u2019esprit du public; en partie, dit Jetly, parce que ceux qui se font soigner et continuent de travailler ne se font gu\u00e8re remarquer. Non seulement l\u2019anonymat est-il maintenu, mais \u00ab nous n\u2019exploitons pas nos patients \u00bb pour des interviews m\u00e9diatiques.<\/p>\n<p>Les gens ayant eu des mauvaises exp\u00e9riences qui acceptent de parler ne manquent pas. M\u00eame en continuant les am\u00e9liorations, il y a des gens qui passent entre les mailles du filet et les condamnations se poursuivent. En 2007, le V\u00e9rificateur g\u00e9n\u00e9ral du Canada a rapport\u00e9 que, dans les Forces, \u00ab la demande de soins de sant\u00e9 mentale d\u00e9passe les ressources courantes \u00bb. Il \u00e9tait d\u00e9clar\u00e9 dans ce m\u00eame rapport du V\u00e9rificateur g\u00e9n\u00e9ral que le MDN \u00ab n\u2019avait pas de cadre de mesure du rendement capable de donner des renseignements fiables \u00e0 savoir comment le syst\u00e8me de soins de sant\u00e9 fonctionne \u00bb.<\/p>\n<p>Le syst\u00e8me de sant\u00e9 des Forces, ajoutait le rapport, \u00ab utilise encore des dossiers m\u00e9dicaux sur papier. Par cons\u00e9quent, \u00e0 moins que le Minist\u00e8re ne d\u00e9ploie des efforts consid\u00e9rables pour recueillir des donn\u00e9es dossier par dossier, il s\u2019av\u00e8re tr\u00e8s difficile de fournir \u00e0 la direction de l\u2019information g\u00e9n\u00e9rale sur la sant\u00e9 pour fins d\u2019analyse ou de contr\u00f4le \u00bb.<\/p>\n<p>Le protecteur du citoyen du MDN et le Comit\u00e9 permanent de la d\u00e9fense nationale de la Chambre des communes se sont dits frustr\u00e9s que les Forces ne puissent donner des chiffres exacts sur le SSPT. En 2008, le protecteur du citoyen du MDN d\u00e9plorait l\u2019absence d\u2019une base de donn\u00e9es nationale permettant de jauger l\u2019importance du probl\u00e8me, d\u2019\u00e9tablir les besoins de services et de mesurer l\u2019efficacit\u00e9 des programmes. Le Syst\u00e8me d\u2019information de sant\u00e9 des Forces canadiennes, un projet qui a d\u00e9but\u00e9 en 1999, ne doit \u00eatre en ligne qu\u2019en 2011, l\u2019ann\u00e9e o\u00f9 l\u2019engagement en Afghanistan touchera \u00e0 sa fin.<\/p>\n<p>Le comit\u00e9 permanent a extrapol\u00e9 la fr\u00e9quence de SSPT en se fondant sur 8 200 questionnaires remplis par des soldats dans les six mois apr\u00e8s leur retour d\u2019Afghanistan. Les chiffres indiquent que 27 p. 100 sont revenus avec des pr\u00ado\u00adbl\u00e8mes, y compris le SSPT, la d\u00e9pression et la consommation abusive d\u2019alcool. \u00c9tant donn\u00e9 que 27 000 militaires ont d\u00e9j\u00e0 servi en Afghanistan, il se pourrait que quelque 3 640 d\u2019entre eux souffrent de troubles mentaux.<\/p>\n<p>Le nombre de BSO qui ne sont pas li\u00e9es \u00e0 la mission afghane pourraient vraiment gonfler ce chiffre, comme celles qui ont eu lieu en service aux Balkans, en Somalie ou au Rwanda, ou bien celles qui sont dues \u00e0 des traumatismes caus\u00e9s en service au Canada. Les chiffres ne comprennent pas non plus ceux dont les sympt\u00f4mes ne se manifestent pas (ou qui sont cach\u00e9s) pendant le service. ACC a actuellement quelque 12 000 clients qui ont une invalidit\u00e9 mentale, dont plus de 60 p. 100 souffrent de SSPT, dit Lalonde. Les Forces avaient en tout 4 917 cas li\u00e9s \u00e0 la sant\u00e9 mentale le 31 janvier 2008.<\/p>\n<p>Les anciens combattants de la g\u00e9n\u00e9ration \u00e0 qui on disait \u00ab d\u2019arr\u00eater de se plaindre \u00bb viennent encore demander des traitements pour les blessures qu\u2019ils ont subies il y a 60 ans, dit Gerry Finlay, un agent du bureau d\u2019entraide de la Division de l\u2019Alberta\u2013Territoires du Nord-Ouest. \u00ab Il y a ce facteur de fiert\u00e9 chez les anciens combattants les plus vieux. \u201cJe faisais mon travail, pas plus que mes camarades.\u201d Ils ne se plaignent pas \u00bb. Quand il leur parle \u00e0 l\u2019occasion d\u2019une demande qu\u2019ils font \u00e0 ACC, Finlay \u00e9coute leurs histoires; comme celle d\u2019un ancien combattant de 82 ans qui a pass\u00e9 la Seconde Guerre mondiale \u00e0 s\u2019occuper de d\u00e9minage, de bombes qui n\u2019avaient pas explos\u00e9 et de pi\u00e8ges. Une \u00e9valuation psychiatrique que la L\u00e9gion avait arrang\u00e9e a indiqu\u00e9 que ce sapeur souffrait de SSPT depuis lors, et qu\u2019il avait droit \u00e0 une pension pour invalidit\u00e9. Imaginez le soulagement, \u00e0 82 ans \u00bb, dit Finlay.<\/p>\n<p>\u00c9tant donn\u00e9 les d\u00e9cennies d\u2019arri\u00e9r\u00e9s, l\u2019apparition tardive des sympt\u00f4mes et les gens qui ne savent pas qu\u2019ils ont besoin d\u2019aide, il est difficile de connaitre l\u2019\u00e9tendue du probl\u00e8me. Un rapport de 2008 pour le directeur parlementaire du budget \u00e9value les couts d\u2019invalidit\u00e9 et de sant\u00e9 de la mission afghane \u00e0 entre 476 millions et 1,7 milliard de dollars, d\u00e9pendant des effectifs de l\u2019ann\u00e9e.<\/p>\n<p>Le manque de donn\u00e9es est une des raisons pour lesquelles des gens \u00ab passent \u00e0 travers les mailles du filet \u00bb, une expression qu\u2019on entend si souvent lors des audiences qu\u2019elle \u00ab en a perdu sa notori\u00e9t\u00e9 \u00bb, remarquait le comit\u00e9 permanent dans son rapport de 2009 inti\u00adtul\u00e9 Pour de meilleurs soins : services de sant\u00e9 offerts au personnel des Forces canadiennes, en particulier dans le cas des SSPT. \u00ab Si les Canadiens s\u2019attendent \u00e0 ce que nos soldats fassent ce qu\u2019on leur demande, ce n\u2019est que justice que ces m\u00eames soldats puissent avoir con\u00adfiance qu\u2019on s\u2019occupera d\u2019eux s\u2019ils se font blesser en service. \u00bb<\/p>\n<p>Bien que les services de sant\u00e9 des Forces soient parmi les meilleurs au monde, dit le rapport du comit\u00e9, il y a \u00ab des militaires ou des membres de leur famille qui n\u2019ont pas re\u00e7u de soins ad\u00e9quats \u00bb. Trois causes principales y sont distingu\u00e9es : une br\u00e8che entre la politique et la mise en application, un manque chronique de professionnels de la sant\u00e9, et l\u2019infamie.<\/p>\n<p>Dallaire dit que le rythme op\u00e9rationnel est une cause importante de la br\u00e8che li\u00e9e \u00e0 la mise en application. Il n\u2019y a tout simplement pas assez de personnel, dit-il. L\u2019effectif de la force r\u00e9guli\u00e8re est d\u2019environ 66 000 personnes aujourd\u2019hui, qui \u00e9tait de presque 90 000 au d\u00e9but des ann\u00e9es 1990. Un rapport fait par le protecteur du citoyen du MDN en d\u00e9cembre 2008 d\u00e9clarait que les Forces et ses membres \u00ab sont stress\u00e9s au point de rompre \u00bb \u00e0 cause de l\u2019augmentation importante de l\u2019intensit\u00e9 des op\u00e9rations de combat. (Les Forces sont en train de recruter, dont l\u2019objectif est un effectif de 100 000 personnes, 70 000 r\u00e9guliers et 30 000 r\u00e9servistes, en 2027.)<\/p>\n<p>\u00ab Il y a actuellement des soldats canadiens qui ont plus d\u2019exp\u00e9rience du combat que les v\u00e9t\u00e9rans de la Seconde Guerre mondiale \u00bb, dit Dallaire. Quand les garnisons n\u2019ont pas suffisamment de personnel, le roulement des membres est plus rapide et ceux qui sont laiss\u00e9s derri\u00e8re \u00ab font le travail de deux, trois, ou m\u00eame quatre personnes \u00bb. \u00c9tant donn\u00e9 la nature de la guerre et des ennemis d\u2019aujourd\u2019hui, les soldats sont constamment en \u00e9tat d\u2019alerte lorsqu\u2019en op\u00e9ration et ils sont incessamment sous les projecteurs des m\u00e9dias.<\/p>\n<p>Quand on demande si le niveau des effectifs est suffisant pour accomplir les missions ais\u00e9ment, on nous r\u00e9pond que les Forces proc\u00e8dent \u00e0 une v\u00e9rification avant les op\u00e9rations pour s\u2019assurer que \u00ab le personnel, l\u2019\u00e9quipement et les ressources requis sont en place pour la dur\u00e9e de la mission. Bien que nous ayons ressenti de la tension en ce qui a trait \u00e0 certaines professions et \u00e0 certaines capa\u00adcit\u00e9s, nous nous sommes acquitt\u00e9s de nos obligations avec notre personnel actuel \u00bb.<\/p>\n<p>D\u2019apr\u00e8s la politique actuelle, un membre des Forces qui revient d\u2019une affectation de 180 jours ou plus ne peut pas \u00eatre sujet \u00e0 une autre affectation semblable avant un an; on donne un r\u00e9pit de 60 jours aux membres qui ont \u00e9t\u00e9 d\u00e9ploy\u00e9s pendant au moins six mois. Pendant ce temps-l\u00e0, ils sont exempt\u00e9s de poste, d\u2019exercice, de cours ou de devoirs temporaires qui les obligeraient \u00e0 s\u2019\u00e9loigner de chez eux pendant plus d\u2019une journ\u00e9e. Le taux de SSPT et de stress d\u00fb \u00e0 un incident grave commence \u00e0 grimper en fl\u00e8che au bout de 210 jours \u00e0 l\u2019ext\u00e9rieur de chez soi. \u00ab Les membres qui passent plus de temps \u00e0 l\u2019ext\u00e9rieur risquent davantage de souffrir de SSPT \u00bb, est-il dit dans l\u2019\u00e9tude PERSTEMPO de 2007, laquelle sert \u00e0 analyser les facteurs qui affectent le moral des troupes.<\/p>\n<p>\u00ab Normalement, on ne demande pas aux membres des Forces d\u2019accepter un d\u00e9ploiement \u00e0 une affectation op\u00e9rationnelle de six ou 12 mois plus d\u2019une fois en trois ans, poursuivait la r\u00e9ponse des Forces. Cependant, quand on tient compte des exigences op\u00e9rationnelles et de la capacit\u00e9 de roulement de l\u2019unit\u00e9, cet objectif n\u2019est pas toujours atteignable. \u00bb<\/p>\n<p>Les commandants peuvent \u00ab d\u00e9roger aux intervalles de d\u00e9ploiement s\u2019il y a un besoin op\u00e9rationnel \u00bb. Depuis 2006, les Forces ont un syst\u00e8me qui sert \u00e0 tenir compte du temps que les militaires passent loin de chez eux, une information qui sert \u00e0 identifier les professions trop charg\u00e9es et \u00e0 partager la charge des d\u00e9ploiements de mani\u00e8re \u00e9quitable. Les Forces \u00ab sont d\u00e9cid\u00e9es \u00e0 \u00e9quilibrer le rythme op\u00e9rationnel actuel d\u2019apr\u00e8s les besoins de leurs membres et de leurs familles \u00bb, en reconnaissant que les d\u00e9ploiements, l\u2019entrainement, les cours et les fonctions temporaires impliquent de lourdes charges pour les familles.<\/p>\n<p>La politique semble avoir bonne allure sur le papier, mais il est dit dans le rapport Pour de meilleurs soins que \u00ab le probl\u00e8me principal des Forces est le manque de personnel, presque partout, presque toujours \u00bb. Il d\u00e9crivait l\u2019exp\u00e9\u00adrience d\u2019une unit\u00e9 pendant une affectation de sept mois, en 2007. Certains sont tomb\u00e9s malades de retour chez eux, en cong\u00e9, et ils ne l\u2019ont pas rapport\u00e9 quand ils ont repris le service; et puis ils sont retourn\u00e9s \u00e0 un moment o\u00f9 l\u2019on a demand\u00e9 aux sous-officiers de suppl\u00e9er aux postes d\u2019entrainement d\u2019officiers affect\u00e9s outre-mer, pendant la saison des affectations, quand les leaders \u00e9taient assign\u00e9s \u00e0 de nouveaux postes, \u00e0 divers endroits. Juste quand on a le plus besoin de superviseurs pour d\u00e9celer et traiter les BSO, dit le rapport, leurs rangs sont \u00ab dispers\u00e9s \u00e0 cause des charges et des postes \u00bb.<\/p>\n<p>Le sergent Ted Peacock du 1er R\u00e9giment du g\u00e9nie de combat d\u2019Edmonton, qui a \u00e9t\u00e9 sujet \u00e0 cinq affectations \u2014 au Kuwait, en Iraq, en Croatie\/Bosnie et en Afghanistan \u2014 en 2004-2005 et en 2006-2007, a \u00e9t\u00e9 victime du rythme. Il avait d\u00e9j\u00e0 demand\u00e9 un emploi moins mouvement\u00e9, en 2007, apr\u00e8s le cong\u00e9 subs\u00e9quent \u00e0 son tour en Afghanistan, mais on lui r\u00e9pondit qu\u2019il serait parti pendant le mois de juin. Pendant les trois semaines du mois de mai pass\u00e9es au travail, il \u00e9tait parti huit jours. Ensuite, son cong\u00e9 d\u2019\u00e9t\u00e9 a \u00e9t\u00e9 annul\u00e9 et ce fut plus qu\u2019il ne pouvait supporter. Un jour, il a demand\u00e9 \u00e0 son \u00e9pouse de ne pas ramener leurs petits gar\u00e7ons \u00e0 la maison parce qu\u2019il ne voulait pas qu\u2019ils le voient dans l\u2019\u00e9tat o\u00f9 il se trouvait. Il avait d\u00e9truit son atelier, auquel il tenait tant et il ne pouvait s\u2019emp\u00eacher de pleu\u00adrer. Ensuite, il s\u2019est mis \u00e0 passer des journ\u00e9es enti\u00e8res au lit.<\/p>\n<p>Son \u00e9pouse Angelle a \u00e9t\u00e9 surprise d\u2019apprendre qu\u2019on l\u2019avait diagnostiqu\u00e9 deux ans auparavant comme souffrant d\u2019un trouble d\u2019adaptation. \u00ab Je comprends que tout le monde est surmen\u00e9, mais il avait \u00e9t\u00e9 diagnostiqu\u00e9 il y avait deux ans [\u2026] et qu\u2019ont-ils fait? Ils l\u2019ont envoy\u00e9 prendre un cours et puis ils l\u2019ont envoy\u00e9 \u00e0 l\u2019entrainement. \u00bb Il n\u2019a pas \u00e9t\u00e9 soign\u00e9 \u00e0 ce moment-l\u00e0. \u00ab Je ne tiens pas l\u2019arm\u00e9e enti\u00e8rement responsable \u00bb, dit-elle. Pour Ted, le devoir passait toujours en premier. \u00ab Une grande partie est due aux affectations, au rythme, \u00e0 la vie. \u00bb Cet \u00e9t\u00e9, on l\u2019a envoy\u00e9 \u00e0 une th\u00e9rapie de patient hospitalis\u00e9 pour d\u00e9pression, trouble d\u2019adaptation et SSPT.<\/p>\n<p>Les soldats comme Philip et Ted ne pensaient pas \u00e0 l\u2019autonomie en mati\u00e8re de sant\u00e9 comme \u00e9tant une partie de leurs fonctions. Cela ne faisait simplement pas partie de leur culture militaire. \u00ab Sans une direction forte et engag\u00e9e, les modifications \u00e0 la culture sont bien plus difficiles \u00e0 effectuer et elles prennent plus longtemps, dit la protectrice du citoyen par int\u00e9rim du MDN d\u2019alors Mary McFadyen. \u00ab Le leadership mitig\u00e9 a des cons\u00e9quences r\u00e9elles, des fois d\u00e9vastatrices, pour les particuliers. \u00bb<\/p>\n<p>Un rapport r\u00e9cent du Comit\u00e9 de la d\u00e9fense de la Chambre des communes a exalt\u00e9 le progr\u00e8s identifi\u00e9 dans un sondage des Forces, men\u00e9 de 2006 \u00e0 2008, qui indiquait que 80 p. 100 des sond\u00e9s n\u2019\u00e9taient pas d\u2019accord avec \u00ab l\u2019infamie st\u00e9r\u00e9otyp\u00e9e \u00bb. Le sondage a aussi montr\u00e9 que la plupart des militaires ne croient pas que les gens qui souffrent de troubles de sant\u00e9 mentale sont faibles ou que leur carri\u00e8re sera affect\u00e9e. Il s\u2019agit de tout un contraste par rapport au sondage de 8 441 soldats, men\u00e9 en 2002, o\u00f9 quatre sur 10 de ceux qui avaient besoin d\u2019aide psychologique refusaient d\u2019en demander.<\/p>\n<p>Mais, remarquant que \u00ab les attitudes concernant les probl\u00e8mes de sant\u00e9 mentale dans les Forces sont toujours principalement mauvaises \u00bb, le comit\u00e9 a recommand\u00e9 au ministre de la D\u00e9fense et au chef d\u2019\u00e9tat-major de la d\u00e9fense de faire ensemble une annonce publique \u00e0 tous les membres des Forces canadiennes, afin de d\u00e9crire les efforts importants qui sont faits pour vaincre l\u2019infamie.<\/p>\n<p>La semaine suivante, Natynczyk lan\u00e7ait la campagne de conscientisation sur la sant\u00e9 mentale. Dans un vid\u00e9o, sur le site Web forces.gc.ca, il s\u2019adresse au personnel des Forces. \u00ab Ce sont ceux qui ont eu de l\u2019aide des coll\u00e8gues et des leaders de leur unit\u00e9 qui ont les meilleures chances de reprendre du service. Je m\u2019attends \u00e0 ce que les leaders de tous les niveaux cr\u00e9ent une atmosph\u00e8re de compr\u00e9hension, d\u2019acceptation et de soutien [&#8230;]. \u00bb<\/p>\n<p>Le Bureau des conf\u00e9renciers conjoints et le SSVSO sont consid\u00e9r\u00e9s comme les piliers de la campagne Soyez la diff\u00e9rence. En m\u00eame temps, l\u2019unit\u00e9 interarm\u00e9es de soutien au personnel (UISP), qui a \u00e9t\u00e9 con\u00e7ue pour rapetisser certaines des mailles du filet, offre des avantages et du soutien au personnel militaire malade ou bless\u00e9 et \u00e0 leurs familles. Gr\u00e2ce \u00e0 ses 19 Centres int\u00e9gr\u00e9s de soutien au personnel (CISP) \u00e0 travers le pays, l\u2019UISP permet aux militaires d\u2019avoir acc\u00e8s aux m\u00eames normes de soins, sans tenir compte du service ou du lieu.<\/p>\n<p>Les CISP sont une immense am\u00e9lioration par rapport \u00e0 l\u2019ancien syst\u00e8me, dit le lieutenant-colonel Joe Pollock, commandant du CISP pour la r\u00e9gion de l\u2019Alberta et du Nord du Canada. Le premier CISP a \u00e9t\u00e9 \u00e9tabli \u00e0 la BFC Edmonton, en mars. \u00ab C\u2019est un progr\u00e8s r\u00e9volutionnaire en ce qui a trait au soutien qu\u2019on leur procure \u00bb, dit-il. L\u2019ancien syst\u00e8me \u00e9tait compliqu\u00e9 et d\u00e9sordonn\u00e9, ajoute-t-il, et \u00ab maintenant, il est coordonn\u00e9 et les programmes et les services des Forces et d\u2019ACC sont sous un m\u00eame toit : les travailleurs sociaux, les th\u00e9rapeutes, les gestionnaires de cas, le SSVSO et le Centre de ressources pour les familles des militaires [\u2026]. Il y a aussi 14 employ\u00e9s d\u2019ACC, un aum\u00f4nier \u2014 et la L\u00e9gion royale canadienne. Autrefois, tous ces experts \u00e9taient dispers\u00e9s de tous c\u00f4t\u00e9s. \u00bb Maintenant, quand quelqu\u2019un est affect\u00e9 \u00e0 un CISP, une \u00e9quipe s\u2019occupe du dossier ensemble, qui d\u00e9cide qui va faire quoi et quand.<\/p>\n<p>On esp\u00e8re que ces services vont les aider \u00e0 conserver le personnel. Par exemple, la formation d\u2019un fantassin coute environ 315 000 $ : un investissement qui pourrait \u00eatre gaspill\u00e9 s\u2019il perd confiance et quitte le service. Il y avait un simple soldat de 23 ans, bless\u00e9 s\u00e9rieusement \u00e0 la t\u00eate lors d\u2019un accident v\u00e9hiculaire en Afghanistan, qui a \u00e9t\u00e9 ramen\u00e9 chez lui. On lui a diagnostiqu\u00e9 un syndrome post-commotion c\u00e9r\u00e9brale et un trouble anxieux. Pendant qu\u2019il r\u00e9cup\u00e9rait, son unit\u00e9 a aussi \u00e9t\u00e9 ramen\u00e9e au Canada, mais les formalit\u00e9s administratives ont retard\u00e9 le dossier qui l\u2019aurait ramen\u00e9 \u00e0 son unit\u00e9. Il a \u00e9t\u00e9 affect\u00e9 \u00e0 la section des \u00ab \u201cd\u00e9biles\u201d, avec les autres personnes bris\u00e9es \u00bb. Ensuite, il a eu une exp\u00e9rience humiliante, quand il est pass\u00e9 \u00e0 c\u00f4t\u00e9 de ses amis qui se mettaient en ligne au peloton alors que, lui, il servait du caf\u00e9 et des p\u00e2tisseries \u00e0 des officiers. \u00ab C\u2019est pas pour \u00e7a que je me suis engag\u00e9. \u00bb<\/p>\n<p>Il d\u00e9cida de d\u00e9missionner, bien qu\u2019il restait encore neuf mois \u00e0 son contrat. \u00ab Qu\u2019est-ce qui arriverait si j\u2019\u00e9tais bless\u00e9 encore? O\u00f9 est-ce qu\u2019on m\u2019enverrait\u2026 \u00e0 la section des d\u00e9biles encore? \u00bb<\/p>\n<p>Les soldats bless\u00e9s, affect\u00e9s id\u00e9alement \u00e0 un CISP pr\u00e8s de leur famille, ont dor\u00e9navant l\u2019appui d\u2019une unit\u00e9 traditionnelle pendant qu\u2019ils gu\u00e9rissent et qu\u2019ils reprennent des forces, ainsi que l\u2019acc\u00e8s aux programmes et aux avantages des partenaires des services, dont les servi\u00adces de transition et des clients d\u2019ACC, le r\u00e9gime d\u2019assurance-revenu militaire (RARM), les centres de ressources pour les familles des militaires. Les CISP leur offrent une transition vers leur unit\u00e9 r\u00e9guli\u00e8re ou vers la vie civile.<\/p>\n<p>Peacock, par exemple, a \u00e9t\u00e9 affect\u00e9 au CISP d\u2019Edmonton, qui avait d\u00e9j\u00e0 servi en ce qui a trait aux formalit\u00e9s administratives et \u00e0 la r\u00e9duction du nombre de d\u00e9placements \u00e0 la base. Quand il sera pr\u00eat, le programme de travail int\u00e9gr\u00e9 l\u2019aidera \u00e0 retourner \u00e0 l\u2019\u00e9cole ou \u00e0 se pr\u00e9parer \u00e0 travailler : \u00ab on est encore venu \u00e0 mon secours tant qu\u2019on a pu \u00bb.<\/p>\n<p>\u00ab La grande diff\u00e9rence entre les ann\u00e9es 1990 et cette d\u00e9cennie, c\u2019est le soutien, dit Passey. Le manque de soutien peut \u00eatre tout aussi traumatisant que l\u2019\u00e9v\u00e8nement lui-m\u00eame \u00bb, dit-il. Le soutien est tr\u00e8s important pour l\u2019endurance, ce qui est crucial quand il s\u2019agit de se prot\u00e9ger des BSO. \u00ab Je pense que les Forces vont bien mieux. \u00bb<\/p>\n<p><strong>BESOIN D\u2019AIDE? <\/strong><\/p>\n<p><strong>Le Programme d\u2019aide aux membres des Forces canadiennes et la ligne d\u2019\u00e9coute 24 heures par jour d\u2019Anciens combattants Canada<\/strong> : les deux offrent de l\u2019aide psychosociale 24 heures par jour, \u00e0 longueur d\u2019ann\u00e9e. 1-800-268-7708.<\/p>\n<p><strong>Centres de soutien pour traumatisme et stress op\u00e9rationnel des Forces canadiennes<\/strong> : Ces centres sont situ\u00e9s partout au Canada et les informations pour communiquer avec eux se trouvent en passant par le lien des services de sant\u00e9 mentale des Forces canadiennes \u00e0 <a href=\"http:\/\/www.forces.gc.ca\/health-sante\/ps\/mh-sm\/otssc-cstso\/default-fra.asp\" target=\"_blank\">http:\/\/www.forces.gc.ca\/health-sante\/ps\/mh-sm\/otssc-cstso\/default-fra.asp<\/a><\/p>\n<p><strong>Centre pour le soutien des militaires bless\u00e9s ou retrait\u00e9s et de leurs familles, du minist\u00e8re de la D\u00e9fense nationale<\/strong> : Il offre des renseignements et des services aux militaires et aux anciens combattants malades ou bless\u00e9s et \u00e0 leurs familles. 1-800-883-6094<\/p>\n<p><strong>Soutien social aux victimes de stress op\u00e9rationnel (SSVSO)<\/strong> : Ce r\u00e9seau de services est offert aux membres en service et aux anciens combattants (ainsi qu\u2019\u00e0 la Gendarmerie royale du Canada) et \u00e0 leurs familles. Il offre un soutien aux pairs, aux familles et de deuil. <a href=\"http:\/\/www.osiss.ca\" target=\"_blank\">www.osiss.ca<\/a><\/p>\n<p><strong>Cliniques de traumatismes de stress op\u00e9rationnel d\u2019Anciens combattants Canada<\/strong> : Les renseignements pour communiquer avec les cliniques se trouvent \u00e0 l\u2019en-t\u00eate Sant\u00e9 mentale \u00e0 <a href=\"http:\/\/www.vac-acc.gc.ca\/clientele\" target=\"_blank\">www.vac-acc.gc.ca\/clientele\u00a0 <\/a><\/p>\n<p><strong>L\u00e9gion royale canadienne :<\/strong> La plus grande organisation de service au Canada, elle a des officiers d\u2019entraide dans tous les coins du pays. Ils se trouvent aux filiales et aux bureaux divisionnaires de la L\u00e9gion d\u2019un oc\u00e9an \u00e0 l\u2019autre, ainsi qu\u2019au quartier g\u00e9n\u00e9ral, \u00e0 Kanata (Ont.). Appelez sans frais au 1-877-534-4666 ou consultez <a href=\"http:\/\/www.legion.ca\" target=\"_blank\">www.legion.ca<\/a> et passez par Bureau d\u2019entraide. Les traumatismes de stress op\u00e9rationnel, comme par exemple la d\u00e9pression et le trouble de stress post-traumatique, peuvent donner droit \u00e0 des avantages d\u2019invalidit\u00e9 ou \u00e0 une pension. Les agents d\u2019entraide des divisions ou de la direction nationale assistent et repr\u00e9sentent les anciens combattants en ce qui a trait \u00e0 la proc\u00e9dure des demandes. Point n&#8217;est besoin d&#8217;\u00eatre membre de la L\u00e9gion pour obtenir de l&#8217;aide.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>. ILLUSTRATION : FRED SEBASTIAN Le sergent Shawn Clarke sait \u00e0 quel point les Forces canadiennes ont progress\u00e9 au chapitre des traumatismes de stress op\u00e9rationnel. S\u2019il s\u2019\u00e9tait connu il y a 10 ans tel qu\u2019il est aujourd\u2019hui \u2014 un v\u00e9t\u00e9ran de la guerre d\u2019Afghanistan souffrant du trouble de stress post-traumatique \u2014 il se serait dit [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":3,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[3],"tags":[],"class_list":["post-276","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-articles-principaux"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/276","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/3"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=276"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/276\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=276"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=276"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=276"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}