{"id":2743,"date":"2014-07-07T01:01:25","date_gmt":"2014-07-07T05:01:25","guid":{"rendered":"https:\/\/legionmagfren.wpengine.com\/?p=2743"},"modified":"2014-06-12T14:17:06","modified_gmt":"2014-06-12T18:17:06","slug":"le-musee-du-grenier-voici-les-gagnants-du-concours-faiseurs-dhistoire-de-la-revue-legion","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/2014\/07\/le-musee-du-grenier-voici-les-gagnants-du-concours-faiseurs-dhistoire-de-la-revue-legion\/","title":{"rendered":"Le Mus\u00e9e du grenier: Voici les gagnants du concours Faiseurs d\u2019histoire de la Revue L\u00e9gion"},"content":{"rendered":"<h2><a href=\"https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2014\/07\/hm_historymakerslogo-fre.jpg\"><img fetchpriority=\"high\" decoding=\"async\" class=\"alignnone size-full wp-image-2792\" alt=\"HM_HistoryMakerslogo-FRE\" src=\"https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2014\/07\/hm_historymakerslogo-fre.jpg\" width=\"515\" height=\"292\" srcset=\"https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2014\/07\/hm_historymakerslogo-fre.jpg 515w, https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2014\/07\/hm_historymakerslogo-fre-300x170.jpg 300w\" sizes=\"(max-width: 515px) 100vw, 515px\" \/><\/a><\/h2>\n<h2>L\u2019histoire du Canada est vivante. Dans tous les coins du pays, dans les salons, dans les greniers et dans les chambres d\u2019amis, il y a des art\u00e9facts relatifs \u00e0 la longue histoire, parfois difficile, de ce pays.<\/h2>\n<p>Cette histoire vit dans les comptes rendus de famille et dans les souvenirs et les petites ou grandes reliques qui sont conserv\u00e9es, parfois montr\u00e9es fi\u00e8rement, parfois cach\u00e9es, dans presque tous les m\u00e9nages canadiens. Andrew Burtch, directeur par int\u00e9rim de la recherche, des expositions et de l\u2019interpr\u00e9tation au Mus\u00e9e canadien de la guerre, appelle cela \u00ab le Mus\u00e9e du grenier \u00bb.<\/p>\n<p>Notre concours Faiseurs d\u2019histoire, qui s\u2019est d\u00e9roul\u00e9 de la fin de 2013 au d\u00e9but de 2014, \u00e9tait une tentative visant \u00e0 mettre certains de ces tr\u00e9sors au grand jour. Nos juges n\u2019ont pas trouv\u00e9 facile de choisir trois laur\u00e9ats parmi les plus de 60 inscriptions provenant de tous les coins du pays. Gr\u00e2ce \u00e0 ces gagnants, vous verrez presque toute la gamme du pass\u00e9 militaire du Canada \u00e0 partir de la guerre de 1812 jusqu\u2019\u00e0 la lutte contre les nazis pendant la Seconde Guerre mondiale, en passant par la guerre des Boers et la Premi\u00e8re Guerre mondiale.<\/p>\n<p>Cependant, ils ne repr\u00e9sentent que la pointe de l\u2019iceberg historique. Dans notre concours ont \u00e9t\u00e9 pr\u00e9sent\u00e9es toutes sortes de choses allant d\u2019un clairon bossel\u00e9 qui pourrait bien avoir \u00e9t\u00e9 pr\u00e9sent \u00e0 la Charge de la Brigade l\u00e9g\u00e8re pendant la guerre de Crim\u00e9e (a-t-il \u00e9t\u00e9 utilis\u00e9 pour sonner la charge?), jusqu\u2019\u00e0 un album de rares photos originales documentant les exploits du Rocky Mountain Rangers \u00e0 Sitka au cours de la Seconde Guerre mondiale.<\/p>\n<p>Pour choisir trois inscriptions en tenant compte de la \u00ab signification historique \u00bb, nous nous sommes adress\u00e9s aux meilleurs dans le domaine : les experts du Mus\u00e9e canadien de la guerre.<\/p>\n<p>Les sp\u00e9cialistes du Mus\u00e9e de la guerre sont habitu\u00e9s \u00e0 raconter des histoires par l\u2019interm\u00e9diaire d\u2019objets historiques, alors on ne sera pas surpris que les gagnants pr\u00e9sent\u00e9s ci-apr\u00e8s r\u00e9v\u00e8lent tous quelque chose d\u2019int\u00e9ressant sur l\u2019histoire du Canada. \u00ab \u00c0 part les objets eux-m\u00eames, ce qui leur donne de l\u2019importance sur le plan de l\u2019histoire, ce sont les comptes rendus \u00bb, nous explique Eric Fernberg, juge des Faiseurs d\u2019histoire et gestionnaire de collections du Mus\u00e9e. \u00ab Ces trois histoires sont extraordinaires. Et quand on met le compte rendu avec l\u2019art\u00e9fact, d\u2019apr\u00e8s nous, c\u2019est l\u00e0 que se d\u00e9gagent les vainqueurs \u00bb.<\/p>\n<h2><a href=\"https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2014\/07\/hm_firstplace.jpg\"><\/p>\n<div class=\"caption_img \"\tstyle=\"width:515px\"><img decoding=\"async\" class=\"alignnone size-full wp-image-2764\" alt=\"Chris Graham tenant une photographie de son grand-p\u00e8re Charles Heathcote Graham derri\u00e8re quelques-uns de ses art\u00e9facts. [PHOTO : WAYNE SIMPSON PHOTOGRAPHY]\" src=\"https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2014\/07\/hm_firstplace.jpg\" width=\"515\" height=\"772\" srcset=\"https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2014\/07\/hm_firstplace.jpg 515w, https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2014\/07\/hm_firstplace-200x300.jpg 200w\" sizes=\"(max-width: 515px) 100vw, 515px\" \/><\/p>\n<div class=\"caption\"><span>Chris Graham tenant une photographie de son grand-p\u00e8re Charles Heathcote Graham derri\u00e8re quelques-uns de ses art\u00e9facts. <\/span><\/div>\n<div class=\"credit\"><span>PHOTO : WAYNE SIMPSON PHOTOGRAPHY<\/span><\/div>\n<\/div>\n<p><\/a><\/h2>\n<h2><strong>Premier prix, 1 500 $ : les art\u00e9facts de Charles Heathcote Graham<\/strong><\/h2>\n<p><em>Inscrits par son petit-fils Chris Graham<\/em><\/p>\n<h2><em><\/em><span style=\"color: #999999;\"><em>\u00ab C\u2019\u00e9tait l\u2019un des plus jeunes, sinon le plus jeune, des Canadiens en service \u00e0 la guerre des Boers en tant que clairon dans le Lord Strathcona Horse. \u00bb<\/em><\/span><\/h2>\n<p>Charles Heathcote Graham est un ancien combattant canadien dont l\u2019histoire est tout \u00e0 fait inhabituelle. Graham est all\u00e9 outre-mer tout d\u2019abord comme clairon du Lord Strathcona Horse \u00e0 l\u2019\u00e2ge de 14 ans, pour servir en Afrique du Sud, \u00e0 la guerre des Boers. Il est ensuite reparti \u00e0 l\u2019\u00e9tranger lors du couronnement du roi \u00c9douard VII en 1902 et, \u00e0 nouveau, lors de la Premi\u00e8re Guerre mondiale se battre en tant que lieutenant de la batterie 24 de l\u2019Artillerie canadienne de campagne.<\/p>\n<p>La s\u00e9rie d\u2019art\u00e9facts que Heathcote a recueillie au cours de son service est tout aussi \u00e9tonnante que ses \u00e9tats de service. Ils vont d\u2019un fusil Mauser enlev\u00e9 \u00e0 l\u2019ennemi pendant la guerre des Boers jusqu\u2019\u00e0 des images du couronnement, en passant par une multitude de souvenirs importants de la Premi\u00e8re Guerre mondiale; les art\u00e9facts, tels que photographi\u00e9s, sont impressionnants. \u00ab Le jeune homme est parti en tant que musicien en Afrique du Sud, d\u2019o\u00f9 il a ramen\u00e9 un fusil des Boers en souvenir, mais il a ensuite continu\u00e9 de servir, il est all\u00e9 au couronnement, et il a poursuivi son service \u00e0 la Premi\u00e8re Guerre mondiale parce qu\u2019il \u00e9tait encore assez jeune. Il s\u2019agit d\u2019une belle inscription, \u00bb a d\u00e9clar\u00e9 Fernberg.<\/p>\n<p>L\u2019histoire n\u2019est rien sans les art\u00e9facts, et les art\u00e9facts ne sont rien sans l\u2019histoire. Il s\u2019agissait d\u2019une inscription compl\u00e8te; c\u2019est pour cela que les juges lui ont accord\u00e9 la premi\u00e8re place. \u00ab Elle en raconte tellement sur l\u2019histoire, a ajout\u00e9 Fernberg, la dur\u00e9e du service, l\u2019attachement ind\u00e9fectible au Canada du citoyen soldat. \u00bb<\/p>\n<p>C\u2019est Chris Graham, enseignant retrait\u00e9 d\u2019Owen Sound, en Ontario, qui a ins-crit les art\u00e9facts. Il n\u2019avait que huit ans quand son grand-p\u00e8re est mort, mais il se souvient d\u2019\u00eatre assis sur ses genoux pour l\u2019\u00e9couter chanter des chansonnettes de guerre. Come to the cookhouse door, boys, come to the cookhouse door (Venez \u00e0 la porte de la cuisine, les gars, venez \u00e0 la porte de la cuisine, NDT).<\/p>\n<p>\u00ab Je me souviens qu\u2019il racontait des histoires sur la guerre des Boers \u00e0 mon p\u00e8re \u00bb, dit Graham. \u00ab\u00a0Quand les boulets de canon volaient, il n\u2019y avait rien d\u2019\u00e9trange \u00e0 voir quelqu\u2019un perdre une jambe ou une t\u00eate alors que les boulets s\u2019abattaient autour d\u2019eux \u00bb.<\/p>\n<p>Les art\u00e9facts avaient tous \u00e9t\u00e9 expos\u00e9s dans la maison du grand-p\u00e8re de Graham avant d\u2019\u00eatre transf\u00e9r\u00e9s \u00e0 la maison de son p\u00e8re. Son p\u00e8re a \u00e9galement servi en Afrique du Sud, mais au cours de la Seconde Guerre mondiale. Il y a dix ans que les objets sont expos\u00e9s dans la maison de Graham.<\/p>\n<p>\u00ab Il a tout encadr\u00e9, et son nom \u00e9tait partout, a d\u00e9clar\u00e9 Graham. Au cours de la Premi\u00e8re Guerre mondiale, on craignait beaucoup d\u2019exploser au point o\u00f9 l\u2019on ne retrouverait que des parties de corps. Alors, il inscrivait son nom partout. Charles Heathcote Graham. \u00bb<\/p>\n<p>\u00ab Il avait probablement le TSPT, a ajout\u00e9 Graham \u00e0 propos de son grand-p\u00e8re. Une des fa\u00e7ons dont les anciens combattants r\u00e9agissaient alors au stress, c\u2019est en buvant. Il buvait beaucoup, et il disparaissait de Goderich (Ontario) pendant des jours d\u2019affil\u00e9e. Et il \u00e9tait joueur. \u00c0 un moment donn\u00e9, il a perdu un chalet qu\u2019il poss\u00e9dait au bord du Canal Rideau. \u00bb<\/p>\n<p>Heathcote Graham \u00e9tait architecte et dessinateur quand il \u00e9tait au pays, et bien qu\u2019il ait \u00e9t\u00e9 collectionneur et organisateur d\u2019art\u00e9facts d\u00e9vou\u00e9 (Graham dit que la collection comprend des boucles de ceinture allemandes de la Premi\u00e8re Guerre mondiale encore macul\u00e9es de sang), il ne parlait pas beaucoup de la guerre ni de son service. \u00ab C\u2019\u00e9tait tout simplement un lointain souvenir qu\u2019il gardait pour lui. \u00bb<\/p>\n<p>\u00ab C\u2019est \u00e9vident, nous a expliqu\u00e9 Andrew Burtch du Mus\u00e9e de la guerre. Il y a clairement un argument pour mettre cela en premi\u00e8re place : la panoplie, le niveau de la documentation, la connexion non seulement avec l\u2019individu, mais avec sa ville natale, le mat\u00e9riel de son service dans diff\u00e9rents th\u00e9\u00e2tres, les photos, les art\u00e9facts. C\u2019est complet. \u00bb<\/p>\n<p><a href=\"https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2014\/07\/hm_2ndplace.jpg\"><\/p>\n<div class=\"caption_img \"\tstyle=\"width:515px\"><img decoding=\"async\" class=\"alignnone size-full wp-image-2769\" alt=\"Le v\u00e9t\u00e9ran de la Seconde Guerre mondiale Charles Roberts et le  drapeau gr\u00e2ce auquel il a surv\u00e9cu. [PHOTO : HELEN TRACZYNSKI PHOTOGRAPHY] \" src=\"https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2014\/07\/hm_2ndplace.jpg\" width=\"515\" height=\"340\" srcset=\"https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2014\/07\/hm_2ndplace.jpg 515w, https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2014\/07\/hm_2ndplace-300x198.jpg 300w\" sizes=\"(max-width: 515px) 100vw, 515px\" \/><\/p>\n<div class=\"caption\"><span>Le v\u00e9t\u00e9ran de la Seconde Guerre mondiale Charles Roberts et le  drapeau gr\u00e2ce auquel il a surv\u00e9cu. <\/span><\/div>\n<div class=\"credit\"><span>PHOTO : HELEN TRACZYNSKI PHOTOGRAPHY<\/span><\/div>\n<\/div>\n<p><\/a><\/p>\n<h2><strong>Deuxi\u00e8me place, 1 000 $ : drapeau nazi de Stalag 8b<br \/>\n<\/strong><\/h2>\n<p><em>Inscrit par Charles Roberts<br \/>\n<\/em><\/p>\n<h2><span style=\"color: #999999;\"><em>\u00ab Presque soixante-dix ans apr\u00e8s, j\u2019ai encore le drapeau. Pour moi, ce n\u2019est pas un troph\u00e9e ni un butin de guerre, c\u2019est un souvenir des nombreuses bonnes \u00e2mes qui n\u2019ont pas surv\u00e9cu \u00e0 la marche de 1945. \u00bb<\/em><\/span><\/h2>\n<p>\u00ab C\u2019est l\u2019histoire de quelqu\u2019un qui a subi l\u2019enfer \u00bb, dit Burtch apr\u00e8s avoir lu la pr\u00e9sentation de Charles Roberts, celle d\u2019un Canadien v\u00e9t\u00e9ran de la Seconde Guerre mondiale qui a \u00e9t\u00e9 abattu et fait prisonnier, et qui a ensuite utilis\u00e9 un drapeau nazi qu\u2019il avait vol\u00e9 pour survivre \u00e0 une marche de la mort \u00e0 travers l\u2019Europe, \u00e0 pied, en hiver.<\/p>\n<p>\u00ab C\u2019\u00e9tait le 21e jour du mois de janvier 1945, et l\u2019ordre avait \u00e9t\u00e9 donn\u00e9 de transf\u00e9rer tous les prisonniers \u00e0 Berlin pour y former un mur humain contre les Am\u00e9ricains et les Russes \u00bb, m\u2019a dit Roberts, maintenant \u00e2g\u00e9 de 93 ans, au t\u00e9l\u00e9phone, de son domicile de London, en Ontario. \u00ab C\u2019\u00e9tait quelque chose de tr\u00e8s excitant, surtout pour les prisonniers qui \u00e9taient l\u00e0 depuis le d\u00e9but. \u00bb<\/p>\n<p>Il s\u2019agissait du d\u00e9but de la marche de la mort inf\u00e2me, lorsque des dizaines de milliers de prisonniers alli\u00e9s ont \u00e9t\u00e9 contraints \u00e0 marcher vers Berlin en hiver, avec peu de nourriture et encore moins d\u2019abris.<\/p>\n<p>Roberts ne s\u2019est pas rendu compte \u00e0 ce moment-l\u00e0 que ce qu\u2019il faisait lorsque les prisonniers s\u2019appr\u00eataient \u00e0 quitter le camp allait lui sauver la vie. \u00ab Un garde allemand avait de la difficult\u00e9 \u00e0 descendre le drapeau du camp, s\u2019est-il souvenu. Je lui ai demand\u00e9 en souriant s\u2019il voulait que je l\u2019aide. Il \u00e9tait assez \u00e9nerv\u00e9, alors il m\u2019a dit de porter le drapeau au camion. Alors je suis parti avec le drapeau et je l\u2019ai simplement fourr\u00e9 dans ma veste. J\u2019ai pris la route avec les autres sans regarder derri\u00e8re moi. \u00bb<\/p>\n<p>Le drapeau qui a tenu Roberts au chaud cet hiver-l\u00e0 n\u2019\u00e9tait pas un petit morceau de tissu; il mesure 2,5 m\u00e8tres de longueur et 1,5 m de hauteur, et il est en toile \u00e9paisse. \u00ab\u00a0Il faisait assez froid, dit-il. C\u2019\u00e9tait le mois de janvier et nous avions toute une marche \u00e0 faire, \u00e0 partir de la Pologne jusqu\u2019\u00e0 Berlin. C\u2019est vers avril que nous sommes arriv\u00e9s. Nous avons perdu beaucoup de gens. Il y en a beaucoup qui n\u2019ont pas surv\u00e9cu. Nous n\u2019avions que de vieux v\u00eatements, tout ce que nous pouvions ramasser. Ils avaient tr\u00e8s froid, 25 ou 30 kilom\u00e8tres par jour de marche, tout mouill\u00e9s et ensuite jet\u00e9s dans une grange quelque part. Juste une question d\u2019un pied contre l\u2019autre. C\u2019\u00e9tait une marche tr\u00e9pidante. Il y en a beaucoup qui \u00e9taient \u00e0 bout de forces. Les Allemands voulaient qu\u2019on avance et il n\u2019y avait pas moyen de refuser. \u00bb<\/p>\n<p>Il est difficile de savoir exactement combien, mais le nombre des marcheurs qui sont tomb\u00e9s en chemin est tr\u00e8s \u00e9lev\u00e9, sid\u00e9rant.<\/p>\n<p>\u00ab Ce n\u2019\u00e9tait pas trop excitant \u00e0 ce moment-l\u00e0. On passait une grande partie du temps \u00e0 contrarier les gardes allemands; il fallait se tenir occup\u00e9, voyez-vous. C\u2019\u00e9tait assez amusant de penser que le gars m\u2019avait remis le drapeau et que je ne m\u2019\u00e9tais pas fait prendre. \u00bb<\/p>\n<p>Pour les juges, le drapeau \u00e9tait significatif, mais c\u2019est l\u2019histoire de la survie de Roberts qui a assur\u00e9 sa victoire.<\/p>\n<p>\u00ab Il arrive souvent qu\u2019on nous offre des drapeaux que nous ne pouvons pas accepter parce que les histoires sont tellement impr\u00e9cises, la provenance, ambig\u00fce. Mais \u00e7a, avec un t\u00e9moin oculaire et un compte rendu personnel, de l\u2019avoir utilis\u00e9 comme v\u00eatement pour se prot\u00e9ger des intemp\u00e9ries, le symbolisme est assez bon, a d\u00e9clar\u00e9 Fernberg. C\u2019est un dur, ce gars-l\u00e0. \u00bb<\/p>\n<p>\u00ab \u00c7a marche sur plusieurs niveaux. Il y a la connexion personnelle, de l\u2019avoir pris pour survivre, mais c\u2019est aussi un petit acte de r\u00e9bellion, une petite victoire d\u2019un temps o\u00f9 les victoires ne sont pas tr\u00e8s faciles \u00e0 trouver. Et il est toujours vivant? \u00bb dit Burtch en secouant l\u00e9g\u00e8rement la t\u00eate. \u00ab J\u2019aimerais que la L\u00e9gion lui offre un repas. \u00bb<\/p>\n<p>Quant \u00e0 la deuxi\u00e8me place au concours de la Revue L\u00e9gion et ce repas gratuit : \u00ab Excitant \u00bb, a d\u00e9clar\u00e9 Roberts. \u00ab C\u2019est la chose la plus excitante qui me soit arriv\u00e9e, \u00e0 part mon mariage. \u00bb<\/p>\n<p><a href=\"https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2014\/07\/hm_thirdplace.jpg\"><\/p>\n<div class=\"caption_img \"\tstyle=\"width:515px\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignnone size-full wp-image-2772\" alt=\"Timothy Popp montre la m\u00e9daille de Clark. [PHOTO : WARNE PHOTOGRAPHY]\" src=\"https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2014\/07\/hm_thirdplace.jpg\" width=\"515\" height=\"710\" srcset=\"https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2014\/07\/hm_thirdplace.jpg 515w, https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2014\/07\/hm_thirdplace-217x300.jpg 217w\" sizes=\"(max-width: 515px) 100vw, 515px\" \/><\/p>\n<div class=\"caption\"><span>Timothy Popp montre la m\u00e9daille de Clark. <\/span><\/div>\n<div class=\"credit\"><span>PHOTO : WARNE PHOTOGRAPHY<\/span><\/div>\n<\/div>\n<p><\/a><\/p>\n<p><a href=\"https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2014\/07\/hm_medalside.jpg\"><\/p>\n<div class=\"caption_img \"\tstyle=\"width:515px\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignnone size-full wp-image-2774\" alt=\"[PHOTO : WARNE PHOTOGRAPHY]\" src=\"https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2014\/07\/hm_medalside.jpg\" width=\"515\" height=\"219\" srcset=\"https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2014\/07\/hm_medalside.jpg 515w, https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2014\/07\/hm_medalside-300x127.jpg 300w\" sizes=\"(max-width: 515px) 100vw, 515px\" \/><\/p>\n<div class=\"credit\"><span>PHOTO : WARNE PHOTOGRAPHY<\/span><\/div>\n<\/div>\n<p><\/a><\/p>\n<h2><strong>Troisi\u00e8me place, 500 $ : la m\u00e9daille d\u2019un Scout canadien de la guerre de 1812<br \/>\n<\/strong><\/h2>\n<p><em>Inscrite par Timothy Popp<br \/>\n<\/em><\/p>\n<h2><span style=\"color: #999999;\"><em>\u00ab Alexander Clark \u00e9tait scout et interpr\u00e8te pour les Premi\u00e8res Nations et les troupes britanniques. Il \u00e9tait alors tr\u00e8s jeune, \u00e0 peine 13 ans, et il \u00e9tait membre de la tribu des Wyandot. \u00bb<\/em><\/span><\/h2>\n<p>Alexander Clark, scout et interpr\u00e8te \u00e0 la guerre de 1812, \u00e9tait un agent de liaison entre les troupes et les guer-riers des Premi\u00e8res Nations, qui a re\u00e7u la British Military General Service Medal.<\/p>\n<p>Clark avait \u00e9t\u00e9 \u00e9lev\u00e9 en tant que personne d\u2019une Premi\u00e8re Nation, dans la tribu des Wyandot, m\u00eame si son p\u00e8re \u00e9tait blanc. Il a commenc\u00e9 \u00e0 servir d\u2019interpr\u00e8te entre les troupes britanniques et les combattants des Premi\u00e8res Nations lorsqu\u2019il \u00e9tait \u00e2g\u00e9 de 13 ans seulement.<\/p>\n<p>\u00ab Il y a une diable de diff\u00e9rence entre un homme identifi\u00e9 comme \u00e9tant un scout sur sa m\u00e9daille et quelqu\u2019un qui \u00e9tait dans le 49e R\u00e9giment d\u2019infanterie. C\u2019est donn\u00e9 dans la milice canadienne, et c\u2019est donn\u00e9 \u00e0 un scout. C\u2019est vraiment rare. Cela la rend encore plus sp\u00e9ciale \u00bb, dit Fernberg.<\/p>\n<p>Clark a \u00e9t\u00e9 impliqu\u00e9 dans plusieurs des plus grandes et plus importantes batailles de la guerre, notamment la bataille de Lundy\u2019s Lane. Il \u00e9tait \u00e9galement \u00e0 Fort Detroit avec Isaac Brock et les chefs Tecumseh et Split Log.<\/p>\n<p>\u00ab Cela transcende les deux mondes : celui des op\u00e9rations militaires britanniques et celui des Premi\u00e8res Nations. Cela indique les partenariats. Et bien s\u00fbr, nous sommes dans le circuit du 200e anniversaire de la guerre \u00bb, a ajout\u00e9 Fernberg.<\/p>\n<p>\u00ab Une chose int\u00e9ressante \u00e0 propos de cette m\u00e9daille, c\u2019est que la t\u00eate est \u00e0 l\u2019envers, \u00bb a d\u00e9clar\u00e9 le soumis-sionnaire Timothy Popp de Battleford, en Saskatchewan. \u00ab La m\u00e9daille a \u00e9t\u00e9 plac\u00e9e dans un \u00e9tau pour la graver et elle \u00e9tait \u00e0 l\u2019envers, par inadvertance. \u00bb<\/p>\n<p>Clark est n\u00e9 en 1800 et mort en 1876. La m\u00e9daille a \u00e9t\u00e9 d\u00e9cern\u00e9e en 1865, apr\u00e8s que Clark eut \u00e9crit une lettre demandant une r\u00e9mun\u00e9ration pour son r\u00f4le pendant la guerre.<\/p>\n<p>Popp a trouv\u00e9 une copie de la lettre dans les archives canadiennes. \u00ab Monsieur, \u00bb y est-il \u00e9crit. \u00ab Je soussign\u00e9, Alex Clark, chef indien Wyandot, fait par la pr\u00e9sente une demande de gratification ou d\u2019autre aide que le Dominion peut donner aux Indiens survivants de la guerre de 1812. \u00bb<\/p>\n<p>Les dossiers indiquent que Clark a re\u00e7u 20 $. Apr\u00e8s sa mort en 1876, Clark a \u00e9t\u00e9 enterr\u00e9 dans un cimeti\u00e8re des Premi\u00e8res Nations du comt\u00e9 d\u2019Essex, en Ontario.<\/p>\n<p>\u00ab C\u2019est une belle m\u00e9daille, \u00bb dit Fernberg. \u00ab Ce jeune homme travaillait probablement aux c\u00f4t\u00e9s des rangers de Caldwell. C\u2019est une histoire int\u00e9ressante. \u00bb<\/p>\n<p>Bien qu\u2019il s\u2019agisse certainement d\u2019une m\u00e9daille rare, l\u2019inconv\u00e9nient pour les juges a \u00e9t\u00e9 l\u2019absence de compte rendu ou de provenance familiaux. \u00ab Ce jeune homme est fascinant, mais son histoire n\u2019est pas tr\u00e8s claire. C\u2019est une tr\u00e8s belle histoire et je ne doute pas de ce qu\u2019on nous a racont\u00e9, mais il n\u2019y a aucun lien de famille \u00bb,a d\u00e9clar\u00e9 Fernberg.<\/p>\n<p>Malgr\u00e9 tout, le caract\u00e8re exceptionnel de la m\u00e9daille et l\u2019histoire qu\u2019elle raconte sur les d\u00e9buts de l\u2019histoire du Canada \u00e9taient trop importants pour qu\u2019on puisse les n\u00e9gliger.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>L\u2019histoire du Canada est vivante. Dans tous les coins du pays, dans les salons, dans les greniers et dans les chambres d\u2019amis, il y a des art\u00e9facts relatifs \u00e0 la longue histoire, parfois difficile, de ce pays.<\/p>\n<p>Cette histoire vit dans les comptes rendus de famille et dans les souvenirs et les petites ou grandes reliques qui sont conserv\u00e9es, parfois montr\u00e9es fi\u00e8rement, parfois cach\u00e9es, dans presque tous les m\u00e9nages canadiens. Andrew Burtch, directeur par int\u00e9rim de la recherche, des expositions et de l\u2019interpr\u00e9tation au Mus\u00e9e canadien de la guerre, appelle cela \u00ab le Mus\u00e9e du grenier \u00bb.<\/p>\n","protected":false},"author":2,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[3],"tags":[],"class_list":["post-2743","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-articles-principaux"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/2743","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=2743"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/2743\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=2743"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=2743"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=2743"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}