{"id":264,"date":"2009-09-01T00:01:15","date_gmt":"2009-09-01T04:01:15","guid":{"rendered":"https:\/\/legionmagfren.wpengine.com\/index.php\/2009\/09\/a-la-decouverte-des-champs-de-bataille\/"},"modified":"2009-08-19T13:15:33","modified_gmt":"2009-08-19T17:15:33","slug":"a-la-decouverte-des-champs-de-bataille","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/2009\/09\/a-la-decouverte-des-champs-de-bataille\/","title":{"rendered":"\u00c0 la d\u00e9couverte des champs de bataille"},"content":{"rendered":"<div class=\"caption_img \"\tstyle=\"width:630px\"><img fetchpriority=\"high\" decoding=\"async\" src=\"http:\/\/www.legionmagazine.com\/en\/wp-content\/uploads\/2009\/08\/edutoursintro.jpg\" alt=\"Un simulacre de bataille dans le cadre du Camp Husky \u00e0 Ottawa, en 2008. [PHOTO : DAN BLACK]\" class=\"top\" height=\"236\" width=\"630\" \/><\/p>\n<div class=\"caption\"><span>Un simulacre de bataille dans le cadre du Camp Husky \u00e0 Ottawa, en 2008. <\/span><\/div>\n<div class=\"credit\"><span>PHOTO : DAN BLACK<\/span><\/div>\n<\/div>\n<p><strong>Chaque enseignant depuis Platon a probablement entendu la m\u00eame plainte plusieurs fois\u00a0: \u00ab\u00a0L\u2019histoire, ce n\u2019est qu\u2019une liste ennuyeuse de noms et de dates!\u00a0\u00bb<\/strong><\/p>\n<p>Cependant, pour un certain nombre d\u2019\u00e9tudiants canadiens, l\u2019histoire militaire de notre pays, c\u2019est bien davantage, gr\u00e2ce aux efforts d\u2019anciens combattants, d\u2019enseignants du secondaire et d\u2019autres adultes qui d\u00e9sirent que les actes pos\u00e9s par nos soldats ne soient pas oubli\u00e9s.<\/p>\n<p>En novembre 2008, par exemple, quelque 1\u00a0400 \u00e9l\u00e8ves et 200 enseignants d\u2019\u00e9coles secondaires sont all\u00e9s \u00e0 Ortona, un port strat\u00e9gique de la c\u00f4te est de l\u2019Italie o\u00f9 les Canadiens ont men\u00e9 un combat brutal en 1943 (\u00c0 Ortona, dans le temps et maintenant, mars\/ avril). Ce voyage \u00e9tait l\u2019aboutissement de mois de pr\u00e9paratifs. Quand ces \u00e9l\u00e8ves sont arriv\u00e9s \u00e0 Ortona, un grand nombre d\u2019entre eux s\u2019\u00e9taient d\u00e9j\u00e0 fait une image tr\u00e8s nette de ce qui s\u2019\u00e9tait pass\u00e9 l\u00e0-bas.<\/p>\n<p>\u00c0 Woodstock (Ont.), les 30 \u00e9l\u00e8ves de l\u2019\u00e9cole secondaire Huron Park qui parti-cipaient au voyage avaient fait des recherches sur certains soldats en particulier. Rachel McLean, \u00e2g\u00e9e de 16 ans, avait \u00e9t\u00e9 jumel\u00e9e \u00e0 un soldat de la ville avoisinante de Stratford. Le neveu de cet homme lui avait montr\u00e9 six albums de photos remplis. \u00ab\u00a0\u00c7a aurait pu \u00eatre mon p\u00e8re\u00a0\u00bb, dit-elle.<\/p>\n<p>McLean faisait aussi partie des 200 enseignants et \u00e9l\u00e8ves ontariens qui sont all\u00e9s, avant le voyage, au Camp Husky du Polygone de Connaught, \u00e0 Ottawa. Il a fallu un an \u00e0 l\u2019organisateur du camp Gene Michaud, un v\u00e9t\u00e9ran des Forces canadiennes qui enseigne l\u2019histoire \u00e0 l\u2019\u00e9cole secondaire Notre Dame, \u00e0 Ottawa, pour organiser la manifestation qui a cout\u00e9 20\u00a0000 $.<\/p>\n<p>Quand les jeunes \u00e9taient r\u00e9veill\u00e9s \u00e0 5 h 30, dans les logements pour cadets, ils se mettaient l\u2019uniforme du grade qui leur avait \u00e9t\u00e9 assign\u00e9. Ensuite, ils sortaient o\u00f9 les attendaient un char Sherman et des chenilles porte-Bren. L\u2019effet sur les jeunes \u00e9tait instantan\u00e9 et remarquable, se souvient Michaud. \u00ab\u00a0Personne ne riait ni ne faisait des farces \u00a0\u00bb, dit-il.<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Le Camp Husky a \u00e9t\u00e9 une exp\u00e9rience extraordinaire\u00a0\u00bb, dit l\u2019\u00e9l\u00e8ve Brent Holmes de Huron Park et il ajoute que l\u2019information sur le combat au corps \u00e0 corps, l\u2019\u00e9quipement, les tactiques et les autres d\u00e9tails de la bataille \u00e9taient consi-d\u00e9rables. \u00ab\u00a0Ce qu\u2019on a appris l\u00e0-bas a \u00e9t\u00e9 tr\u00e8s important \u00e0 Ortona.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Il est clair que le pr\u00e9lude qu\u2019il faut pour pr\u00e9parer les \u00e9l\u00e8ves \u00e0 un voyage comme celui-ci n\u00e9cessite beaucoup de temps et d\u2019\u00e9nergie. Alors pourquoi les enseignants et les autres adultes le font-ils? \u00ab\u00a0Vous pouvez vous brancher \u00e0 l\u2019histoire\u00a0\u00bb, dit Dan Kellerd, directeur g\u00e9n\u00e9ral d\u2019Explorica Canada Inc., une entreprise de voyage qui a organis\u00e9 la participation de beaucoup d\u2019\u00e9coles relativement au voyage \u00e0 Ortona.<\/p>\n<p>Au moyen de ce branchement, les enseignants ont l\u2019occasion de donner une impression qui dure aux \u00e9l\u00e8ves et de vraiment leur donner un aper\u00e7u de l\u2019histoire. \u00ab\u00a0Les enseignants aiment tous savoir qu\u2019ils ont eu une influence de quelque sorte\u00a0\u00bb, dit Dave Robinson de Port Perry (Ont.), qui a enseign\u00e9 l\u2019histoire \u00e0 l\u2019\u00e9cole secondaire et qui s\u2019est fait le champion des tours d\u2019histoire militaire depuis longtemps. Il a particip\u00e9 \u00e0 quatre d\u2019entre eux pour l\u2019instant \u2014 des tours qui servaient \u00e0 se pencher sur le jour J, Hong Kong, Vimy et Ortona \u2014 et il aide les enseignants \u00e0 pr\u00e9parer leurs \u00e9l\u00e8ves au voyage \u00e0 venir aux Pays-Bas en l\u2019honneur du jour de la victoire en Europe. Il a fait des pr\u00e9sentations dans 90 \u00e9coles du pays pour promouvoir les tours.<\/p>\n<p>Robinson croit qu\u2019il est crucial de faire en sorte que les \u00e9l\u00e8ves canadiens comprennent notre histoire, car le r\u00f4le des soldats canadiens est souvent n\u00e9glig\u00e9 ou mal repr\u00e9sent\u00e9 dans les films \u00e9trangers et les jeux vid\u00e9os. \u00ab\u00a0Ces alt\u00e9rations de la v\u00e9rit\u00e9 seraient accept\u00e9es comme \u00e9tant vraies si nous ne veillions pas \u00e0 ce que les jeunes d\u2019aujourd\u2019hui en fassent l\u2019exp\u00e9rience.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Deb Wojtkiw, une enseignante d\u2019\u00e9tudes sociales de l\u2019\u00e9cole secondaire Morinville Community de Morinville (Alb.), s\u2019est int\u00e9ress\u00e9e au voyage \u00e0 Ortona \u00e0 la suite d\u2019une des pr\u00e9sentations de Robinson.<\/p>\n<p>Si pr\u00e9cieux ces voyages soient-ils pour les \u00e9l\u00e8ves, ce n\u2019est pas toujours facile de les organiser. Entre autres, l\u2019investissement en argent est gros\u00a0: le cout pour le voyage \u00e0 Ortona \u00e9tait d\u2019entre 2 700 $ et 3 200 $ par \u00e9l\u00e8ve (d\u00e9pendamment de la longueur du vol et du forfait choisi). \u00c0 bien des \u00e9coles, les \u00e9l\u00e8ves font une lev\u00e9e de fonds consid\u00e9rable pour compenser la diff\u00e9rence d\u2019avec le cout de l\u2019excursion.<\/p>\n<div class=\"caption_img middle\"\tstyle=\"width:515px\"><img decoding=\"async\" src=\"http:\/\/www.legionmagazine.com\/en\/wp-content\/uploads\/2009\/08\/edutoursinset1.jpg\" alt=\"Des cadets officiers du Coll\u00e8ge militaire royal du Canada examinent une tranch\u00e9e restaur\u00e9e \u00e0 la cr\u00eate de Vimy (France). [PHOTO : ADAM DAY]\" align=\"middle\" height=\"765\" width=\"515\" \/><\/p>\n<div class=\"caption\"><span>Des cadets officiers du Coll\u00e8ge militaire royal du Canada examinent une tranch\u00e9e restaur\u00e9e \u00e0 la cr\u00eate de Vimy (France). <\/span><\/div>\n<div class=\"credit\"><span>PHOTO : ADAM DAY<\/span><\/div>\n<\/div>\n<p>Mais les jeunes ne sont pas les seuls qui travaillent fort. En plus de pr\u00e9parer les \u00e9l\u00e8ves en classe, beaucoup d\u2019enseignants travaillent en coulisse pour ramasser des fonds et n\u00e9gocier avec les autorit\u00e9s. \u00c0 Huron Park, par exemple, le chef du d\u00e9partement d\u2019histoire Stephen Hill a d\u00fb demander la permission plusieurs fois \u00e0 son conseil scolaire avant d\u2019obtenir son accord. Son directeur et la collectivit\u00e9 ont \u00e9t\u00e9 d\u2019un grand secours, dit-il, mais les surintendants s\u2019inqui\u00e9taient du nombre de jours d\u2019\u00e9cole que les \u00e9l\u00e8ves allaient manquer.<\/p>\n<p>Malgr\u00e9 les obstacles, les enseignants \u00e9taient ravis des effets du voyage sur leurs \u00e9l\u00e8ves. \u00ab\u00a0Question d\u2019apprentissage, c\u2019\u00e9tait une exp\u00e9rience que je ne pouvais pas leur donner en classe\u00a0\u00bb, dit Lindsay Hall, enseignante d\u2019histoire.<\/p>\n<p>Il y a aussi des efforts \u00e0 l\u2019ext\u00e9rieur des salles de classe servant \u00e0 infuser l\u2019histoire militaire canadienne aux \u00e9l\u00e8ves. \u00c0 Summerside (\u00ce.-P.-\u00c9.), par exemple, la filiale George Pearkes VC de la L\u00e9gion organise une manifestation, chaque jour du Souvenir depuis neuf ans, en recr\u00e9ant une p\u00e9riode particuli\u00e8re de l\u2019histoire mi\u00adlitaire. Celle de l\u2019an dernier se rapportait \u00e0 Ortona car 20 \u00e9l\u00e8ves de la localit\u00e9 s\u2019\u00e9taient inscrits au voyage dirig\u00e9 par Robinson. Il y a d\u2019autres filiales de la L\u00e9gion qui ont reconnu l\u2019importance d\u2019aider les \u00e9l\u00e8ves d\u2019\u00e9cole secondaire et les \u00e9tudiants d\u2019universit\u00e9 \u00e0 se pr\u00e9parer aux visites des lieux de batailles et qui organisent diverses activit\u00e9s.<\/p>\n<p>Six des \u00e9l\u00e8ves avaient \u00e9t\u00e9 affect\u00e9s \u00e0 un Prince-\u00c9douardien v\u00e9t\u00e9ran de la bataille d\u2019Ortona chacun. \u00c0 la filiale, chaque \u00e9l\u00e8ve a fait une pr\u00e9sentation sur le soldat avec qui il avait \u00e9t\u00e9 associ\u00e9, laquelle \u00e9tait regard\u00e9e par les familles dans une atmosph\u00e8re comprenant de la musique d\u2019\u00e9poque, des uniformes et des larmes. Dans tous les coins du pays, les filiales de la L\u00e9gion aident les \u00e9l\u00e8ves \u00e0 assimiler le pass\u00e9 militaire canadien soit avant, soit apr\u00e8s leur voyage outre-mer.<\/p>\n<p>Apr\u00e8s le voyage \u00e0 Ortona, les \u00e9l\u00e8ves de Huron Park ont fait part de leurs exp\u00e9riences aux anciens combattants de la localit\u00e9 et Hills a remarqu\u00e9 un r\u00e9el changement de la mani\u00e8re dont les jeu-nes agissaient envers les anciens combattants. Avant le voyage, ils \u00e9taient mal \u00e0 l\u2019aise quand ils parlaient \u00e0 des gens d\u2019une autre g\u00e9n\u00e9ration, mais apr\u00e8s, \u00ab\u00a0ils se sentaient vraiment confortables\u2026 ils s\u2019entendaient imm\u00e9diatement\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>Ils avaient aussi une meilleure compr\u00e9hension de leur pays. \u00ab\u00a0Je pense que les jeunes ressentaient une nouvelle fiert\u00e9, \u00e0 propos de qui ils sont, en retournant chez eux, dit Wojtkiw. Je pense que c\u2019est tr\u00e8s important, parce que nous sommes inond\u00e9s par les m\u00e9dias am\u00e9ricains [\u2026]. Je pense qu\u2019il est important pour les jeunes d\u2019\u00eatre fiers de leur pays.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Les effets ont \u00e9t\u00e9 surprenants chez certains des \u00e9l\u00e8ves.<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0\u00c7a vous change vraiment, de mani\u00e8res qu\u2019on s\u2019attend pas\u00a0\u00bb, dit Holmes, qui remarquait que ses amis qui \u00e9taient du voyage et lui, ne peuvent plus jouer \u00e0 des jeux vid\u00e9os violents, car ils ont tr\u00e8s bien saisi que la guerre n\u2019a rien d\u2019amusant.<\/p>\n<p>Le 2 juin dernier, l\u2019\u00e9tudiant en histoire de l\u2019Universit\u00e9 d\u2019Ottawa Zack Cavasin se tenait au cimeti\u00e8re Nine Elms (neuf ormes), en France, \u00e0 c\u00f4t\u00e9 de la tombe du soldat canadien Howard Ford. Ford avait \u00e9t\u00e9 tu\u00e9 \u00e0 la cr\u00eate de Vimy et Cavasin avait pass\u00e9 des mois en recherches sur le soldat et sa famille pour se pr\u00e9parer \u00e0 un tour des champs de bataille dans le cadre d\u2019un voyage de la Fondation canadienne des champs de bataille (FCCB) en France et en Belgique. Il \u00e9tait nerveux lors de la pr\u00e9sentation sur le jeune soldat qu\u2019il fit aux autres \u00e9tudiants. \u00ab\u00a0C\u2019est une des pr\u00e9sentations les plus difficiles que j\u2019ai d\u00fb entreprendre\u00a0\u00bb, \u00e9crivait-il dans le journal que chaque participant du tour doit tenir pendant le voyage.<\/p>\n<p>Le fr\u00e8re de Ford, qui avait aussi combattu \u00e0 Vimy, \u00e9crivit une lettre \u00e0 leurs parents \u00e0 propos de la mort du soldat, que Cavasin lut aux autres \u00e9tudiants. \u00ab\u00a0Je n\u2019arrive pas \u00e0 (m\u2019imaginer) d\u2019avoir \u00e0 \u00e9crire \u00e0 mes parents pour leur dire qu\u2019un de mes fr\u00e8res ou s\u0153urs est mort\u00a0\u00bb, \u00e9crivait-il par la suite.<\/p>\n<div class=\"caption_img middle\"\tstyle=\"width:515px\"><img decoding=\"async\" src=\"http:\/\/www.legionmagazine.com\/en\/wp-content\/uploads\/2009\/08\/edutoursinset2.jpg\" alt=\"En France, des \u00e9tudiants examinent les plage de Dieppe. [PHOTO : SHARON ADAMS]\" align=\"middle\" height=\"435\" width=\"515\" \/><\/p>\n<div class=\"caption\"><span>En France, des \u00e9tudiants examinent les plage de Dieppe. <\/span><\/div>\n<div class=\"credit\"><span>PHOTO : SHARON ADAMS<\/span><\/div>\n<\/div>\n<p>Ce genre de connexion visc\u00e9rale, \u00e9motionnelle est un des objets des voyages de la FCCB. Depuis 1995, la FCCB \u2014 une organisation fond\u00e9e en 1992 pour pr\u00e9ser-ver la m\u00e9moire de l\u2019histoire militaire des Canadiens \u2014 a emmen\u00e9 des groupes d\u2019\u00e9tudiants universitaires de partout au Canada aux champs de bataille europ\u00e9ens. Chaque ann\u00e9e, elle choisit 12 participants parmi des dizaines de demandes. \u00ab\u00a0Dans nos voyages, on essaie de provoquer des jeunes gens motiv\u00e9s, dit Serge Durflinger, professeur agr\u00e9g\u00e9 de l\u2019Universit\u00e9 d\u2019Ottawa qui, avec le colonel David Patterson, a anim\u00e9 le voyage de la FCCB, en France et en Belgique, en juin 2009. Ils avaient d\u00e9j\u00e0 guid\u00e9 des tours de la FCCB tous les deux. Durflinger se sp\u00e9cialise en enseignement de l\u2019histoire politique et sociale de la guerre et Patterson se concentre sur l\u2019aspect militaire.<\/p>\n<p>Les voyages ont pour objet d\u2019encou-rager les \u00e9l\u00e8ves \u00e0 penser \u00e0 une carri\u00e8re reli\u00e9e \u00e0 l\u2019histoire. Il semble que cela fonctionne; Durflinger fait remarquer que beaucoup de v\u00e9t\u00e9rans des voyages sont devenus professeurs, journalistes, conservateurs de mus\u00e9e et autres professionnels de l\u2019histoire.<\/p>\n<p>Le voyage de 16 jours de cette ann\u00e9e est pass\u00e9 par des sites des deux guerres mondiales, notamment \u00e0 Ypres, \u00e0 la cr\u00eate de Vimy et \u00e0 Dieppe. Chaque \u00e9tudiant a d\u00e9bours\u00e9 1\u00a0500 $ pour en \u00eatre, \u00e0 peu pr\u00e8s un tiers du cout et la FCCB leur a donn\u00e9 une bourse pour le reste. L\u2019itin\u00e9raire change un peu chaque ann\u00e9e \u2014 celui de l\u2019an dernier se concentrait sur la lib\u00e9ration des Pays-Bas \u2014 mais il y a toujours une composante sur la Normandie.<\/p>\n<p>Tyler Turek, \u00e9tudiant en maitrise en histoire, \u00e0 l\u2019Universit\u00e9 d\u2019Ottawa, qui a particip\u00e9 au voyage de cette ann\u00e9e, a \u00e9t\u00e9 frapp\u00e9 par l\u2019intensit\u00e9 des souvenirs de beaucoup d\u2019Europ\u00e9ens \u00e0 propos des deux guerres mondiales. M\u00eame dans les villes les plus petites, dit-il, il a trouv\u00e9 des magasins o\u00f9 l\u2019on vendait des obus d\u00e9terr\u00e9s dans les champs. Et \u00e0 une c\u00e9r\u00e9monie \u00e0 la porte de Menin, \u00e0 Ypres, en Belgique, le groupe a rencontr\u00e9 une femme dans les 90 ans qui \u00e9tait l\u00e0 pour honorer les soldats canadiens de leurs sacrifices. \u00ab\u00a0C\u2019est tout \u00e0 fait r\u00e9el pour elle, pourquoi ne le serait-ce pas pour nous\u00a0\u00bb, demandait Turek.<\/p>\n<p>Une autre \u00e9tudiante du voyage, Louise Janisse, a \u00e9t\u00e9 \u00e9mue par l\u2019empathie des r\u00e9sidants normands de Beny-sur-Mer. \u00ab\u00a0Le moment qui m\u2019a le plus touch\u00e9 a \u00e9t\u00e9 quand j\u2019ai entendu des Normands chanter notre hymne national. Quand je me suis mise \u00e0 chanter le O Canada en fran\u00e7ais, j\u2019entendais les Normandes qui chantaient en fran\u00e7ais avec moi\u00a0\u00bb, \u00e9crivait-elle dans son journal. \u00ab\u00a0Le jour du Souvenir n\u2019est peut-\u00eatre pas le jour le plus cher ou le plus respect\u00e9 au Canada, mais, apr\u00e8s avoir assist\u00e9 \u00e0 la c\u00e9r\u00e9monie \u00e0 Beny-sur-Mer, je suis s\u00fbre que les Normands ne vont jamais oublier les sacrifices du Canada.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Le d\u00e9sir de vraiment comprendre les efforts qu\u2019ont faits les soldats canadiens \u00e0 la guerre inspire un autre groupe d\u2019\u00e9tudiants, tous les ans, \u00e0 aller en Europe. Pendant le cong\u00e9 du mois de f\u00e9vrier, entre 25 et 30 \u00e9tudiants de troisi\u00e8me ou quatri\u00e8me ann\u00e9e du Coll\u00e8ge militaire royal de Kingston vont six jours \u00e0 la Somme, \u00e0 Vimy, \u00e0 Passchendaele, \u00e0 Amiens, \u00e0 Dieppe, et en Normandie. \u00ab\u00a0Nous voulons rendre ces voyages aussi techniques que possible\u00a0\u00bb, dit le major Michael Boire, professeur adjoint d\u2019histoire au CMR qui a guid\u00e9 plusieurs de ces voyages. Chaque \u00e9tudiant prend six classes en soir\u00e9e pour se pr\u00e9parer au voyage et Boire fait aussi des recher-ches approfondies pour pouvoir r\u00e9pondre aux questions les plus pr\u00e9cises. Quand il s\u2019agit de diriger un tel voyage, insiste-t-il, \u00ab\u00a0il faut que la personne ait vraiment beaucoup lu\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>Boire fait tr\u00e8s attention pour pr\u00e9senter les exp\u00e9riences des soldats canadiens dans un contexte d\u2019\u00e9poque. Il faut rendre \u00e0 C\u00e9sar ce qui est \u00e0 C\u00e9sar, bien s\u00fbr, mais il \u00e9vite fermement d\u2019exag\u00e9rer le r\u00f4le des Canadiens quand il pr\u00e9sente une bataille, une tentation \u00e0 laquelle, d\u2019apr\u00e8s lui, beaucoup de gens sont incapables de r\u00e9sister. \u00ab\u00a0Une grande partie de l\u2019histoire canadienne est tellement biais\u00e9e que s\u2019en est embarrassant\u00a0\u00bb, dit-il franchement.<\/p>\n<div class=\"caption_img middle\"\tstyle=\"width:515px\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"http:\/\/www.legionmagazine.com\/en\/wp-content\/uploads\/2009\/08\/edutoursinset3.jpg\" alt=\"L\u2019enseignant Dave Robinson au cimeti\u00e8re militaire polonais de Monte Cassino (Italie) avec des \u00e9l\u00e8ves, en 2008. [PHOTO : DAN BLACK]\" align=\"middle\" height=\"875\" width=\"515\" \/><\/p>\n<div class=\"caption\"><span>L\u2019enseignant Dave Robinson au cimeti\u00e8re militaire polonais de Monte Cassino (Italie) avec des \u00e9l\u00e8ves, en 2008. <\/span><\/div>\n<div class=\"credit\"><span>PHOTO : DAN BLACK<\/span><\/div>\n<\/div>\n<p>Il encourage les enseignants et les \u00e9l\u00e8ves, ceux qui participent \u00e0 ces voya\u00adges autant que les autres, \u00e0 lire un grand nombre de sources primaires et secondaires et \u00e0 communiquer avec lui s\u2019ils d\u00e9sirent des recommandations sur les documents \u00e0 \u00e9tudier.<\/p>\n<p>Pour faire partie d\u2019un des tours de Boire, les \u00e9tudiants doivent le convaincre qu\u2019ils sont suffisamment m\u00fbrs et int\u00e9ress\u00e9s \u00e0 tirer profit du voyage. \u00ab\u00a0Je ne veux pas gaspiller cette occasion sur un niais\u00a0\u00bb, dit-il, franchement, comme \u00e0 son habitude. Chaque \u00e9tudiant doit d\u00e9bour\u00adser 500 $ et un fonds des anciens couvre les 1\u00a0500 $ par participant qui manquent.<\/p>\n<p>Pour \u00e0 peu pr\u00e8s la moiti\u00e9 des \u00e9tudiants qui y vont chaque ann\u00e9e, dit-il, \u00ab\u00a0c\u2019est une exp\u00e9rience tr\u00e8s \u00e9mouvante\u00a0\u00bb. S\u2019il y a des parents enterr\u00e9s \u00e0 un des lieux visit\u00e9s, Boire fait en sorte qu\u2019ils aillent voir les tombes, pourvu qu\u2019ils aient trouv\u00e9 assez de renseignements. D\u2019autres \u00e9tudiants sont jumel\u00e9s avec des anciens combattants avec lesquels ils n\u2019ont aucun lien personnel. Le professeur du CMR exhorte les \u00e9tudiants \u00e0 penser aux circonstances de chaque soldat\u00a0: par exemple, les gens des divers endroits du pays pourraient avoir fait l\u2019exp\u00e9rience de la guerre de diverses mani\u00e8res. Il dit que de telles recherches font souvent d\u00e9couvrir des d\u00e9tails fascinants aux \u00e9tudiants. \u00ab\u00a0Nous avons tous une vie excitante\u00a0\u00bb, dit-il simplement.<\/p>\n<div class=\"caption_img middle\"\tstyle=\"width:515px\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"http:\/\/www.legionmagazine.com\/en\/wp-content\/uploads\/2009\/08\/edutoursinset4.jpg\" alt=\"En France, des \u00e9tudiants examinent les tranch\u00e9es de Beaumont Hamel. [PHOTO : SHARON ADAMS]\" align=\"middle\" height=\"643\" width=\"515\" \/><\/p>\n<div class=\"caption\"><span>En France, des \u00e9tudiants examinent les tranch\u00e9es de Beaumont Hamel. <\/span><\/div>\n<div class=\"credit\"><span>PHOTO : SHARON ADAMS<\/span><\/div>\n<\/div>\n<p>Les d\u00e9tails fascinants sur les vies perdues \u00e0 la guerre sont aussi d\u00e9couverts par les jeunes repr\u00e9sentants qui participent aux p\u00e8lerinages d\u2019Anciens combattants Canada et par ceux qui participent au P\u00e8lerinage du souvenir des leaders de la jeunesse de la L\u00e9gion, qui a lieu tous les deux ans. Les exp\u00e9riences acquises lors de ces voyages servent \u00e0 \u00e9duquer les participants qui, \u00e0 leur tour, servent \u00e0 \u00e9duquer et \u00e0 encourager les autres.<\/p>\n<p>Bien que beaucoup a \u00e9t\u00e9 fait dans nos \u00e9coles, les enseignants et les \u00e9l\u00e8ves nous chantent toujours le m\u00eame refrain\u00a0: il est important de fournir assez de fonds et d\u2019appui pour que les \u00e9tudiants \u00e0 venir puissent profiter d\u2019exp\u00e9riences semblables. \u00c9tant donn\u00e9 que les guerres mondiales reculent de plus en plus dans le pass\u00e9, il existe un danger qu\u2019elles soient toutes deux oubli\u00e9es par les g\u00e9n\u00e9rations \u00e0 venir. Les \u00e9tudiants qui ont pris part \u00e0 un de ces tours disent que ce serait tragique. \u00ab\u00a0Comment pourrait-on ne pas se souvenir de ceci?\u00a0\u00bb demande l\u2019\u00e9l\u00e8ve du secondaire Brent Holmes.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Un simulacre de bataille dans le cadre du Camp Husky \u00e0 Ottawa, en 2008. PHOTO : DAN BLACK Chaque enseignant depuis Platon a probablement entendu la m\u00eame plainte plusieurs fois\u00a0: \u00ab\u00a0L\u2019histoire, ce n\u2019est qu\u2019une liste ennuyeuse de noms et de dates!\u00a0\u00bb Cependant, pour un certain nombre d\u2019\u00e9tudiants canadiens, l\u2019histoire militaire de notre pays, c\u2019est bien [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":13,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[3],"tags":[],"class_list":["post-264","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-articles-principaux"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/264","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/13"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=264"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/264\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=264"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=264"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=264"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}