{"id":255,"date":"2009-07-02T08:41:22","date_gmt":"2009-07-02T12:41:22","guid":{"rendered":"https:\/\/legionmagfren.wpengine.com\/index.php\/2009\/07\/ou-poussent-les-coquelicots\/"},"modified":"2009-07-02T08:39:20","modified_gmt":"2009-07-02T12:39:20","slug":"ou-poussent-les-coquelicots","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/2009\/07\/ou-poussent-les-coquelicots\/","title":{"rendered":"O\u00f9 poussent les coquelicots"},"content":{"rendered":"<div class=\"caption_img \"\tstyle=\"width:630px\"><img fetchpriority=\"high\" decoding=\"async\" src=\"http:\/\/www.legionmagazine.com\/en\/wp-content\/uploads\/2009\/06\/poemintro.jpg\" alt=\"John McCrae s\u2019est fait l\u2019ami d\u2019une victime du nom de Bonneau pendant la guerre. [PHOTO : LIBRAIRIE ET ARCHIVES CANADA\u2014C46284]\" class=\"top\" height=\"236\" width=\"630\" \/><\/p>\n<div class=\"caption\"><span>John McCrae s\u2019est fait l\u2019ami d\u2019une victime du nom de Bonneau pendant la guerre. <\/span><\/div>\n<div class=\"credit\"><span>PHOTO : LIBRAIRIE ET ARCHIVES CANADA\u2014C46284<\/span><\/div>\n<\/div>\n<p><strong>\u00c9puis\u00e9 et d\u00e9sesp\u00e9r\u00e9 du carnage incessant qu\u2019on apportait dans sa salle op\u00e9ratoire de fortune, le major John McCrae, du Service de sant\u00e9 de l\u2019arm\u00e9e canadienne, faisait de son mieux pour garder les bless\u00e9s en vie pendant les violents combats de la deuxi\u00e8me bataille d\u2019Ypres.<\/strong><\/p>\n<p>McCrae connaissait bien la guerre. Vrai patriote de l\u2019Empire britannique, il avait servi en Afrique du Sud pendant la guerre des Boers en tant qu\u2019officier d\u2019artillerie. Il aimait encore l\u2019artillerie, mais, \u00e9tant devenu m\u00e9decin, il avait \u00e9t\u00e9 appel\u00e9 \u00e0 servir o\u00f9 son expertise serait le plus utile. Le 2 mai 1915 lui parvint la nouvelle qu\u2019un de ses amis, le lieutenant Alexis Helmer, qui dirigeait un feu d\u2019artillerie, avait \u00e9t\u00e9 tu\u00e9.<\/p>\n<p>Helmer \u00e9tait m\u00e9thodiste mais il n\u2019y avait pas d\u2019aum\u00f4nier, alors McCrae assista \u00e0 son enterrement et r\u00e9cita de m\u00e9moire un passage de l\u2019ordre d\u2019enterrement des morts de l\u2019\u00c9glise anglicane.<\/p>\n<p>Il existe plusieurs r\u00e9cits \u00e0 savoir si c\u2019est ce m\u00eame soir-l\u00e0 ou le lendemain matin que McCrae, en 15 minutes, a \u00e9crit le po\u00e8me pour lequel son nom serait toujours associ\u00e9.<\/p>\n<p><strong>Au Champ d\u2019honneur<\/strong><\/p>\n<p><em><strong>Au champ d\u2019honneur, les coquelicots<br \/>\nSont parsem\u00e9s de lot en lot<br \/>\nAupr\u00e8s des croix; et dans l\u2019espace<br \/>\nLes alouettes devenues lasses<br \/>\nM\u00ealent leurs chants au sifflement<br \/>\nDes obusiers.<\/strong><\/em><\/p>\n<p><em><strong>Nous sommes morts<br \/>\nNous qui songions la veille encor\u2019<br \/>\n\u00c0 nos parents, \u00e0 nos amis,<br \/>\nC\u2019est nous qui reposons ici<br \/>\nAu Champ d\u2019honneur.<\/strong><\/em><\/p>\n<p><em><strong>\u00c0 vous jeunes d\u00e9sabus\u00e9s<br \/>\n\u00c0 vous de porter l&#8217;oriflamme et de garder au fond de l&#8217;\u00e2me le go\u00fbt de vivre en libert\u00e9.<br \/>\nAcceptez le d\u00e9fi, sinon les coquelicots se faneront Au Champ d&#8217;honneur.<\/strong><\/em><\/p>\n<p>Publi\u00e9 anonymement dans la revue Punch le 8 d\u00e9cembre 1915, le po\u00e8me a circul\u00e9 grandement, en Angleterre et en Am\u00e9rique du Nord.<\/p>\n<p>Moina Michael, enseignante de G\u00e9orgie (\u00c9tats-Unis) d\u00e9tach\u00e9e du si\u00e8ge des Secr\u00e9taires militaires d\u2019outre-mer du YMCA de New York pendant la guerre, allait jouer un r\u00f4le dans le lancement de la campagne du coquelicot en Am\u00e9rique du Nord. Elle \u00e9crirait par la suite une r\u00e9ponse au d\u00e9fi que lan\u00e7ait le po\u00e8me qu\u2019elle lut dans la revue \u00e9tats-unienne Ladies Home Journal en 1918.<\/p>\n<p><strong>Nous garderons la foi<\/strong><\/p>\n<p><em><strong>Vous qui reposez au champ d\u2019honneur<br \/>\n\u2014 pour vous redresser<br \/>\nNous avons accept\u00e9 votre flambeau<br \/>\nEt le tenant bien haut<br \/>\nNous donnons notre foi aux disparus<br \/>\nNous aussi v\u00e9n\u00e9rons le rouge coquelicot<br \/>\nQui cro\u00eet au champ o\u00f9 la valeur a conduit<\/strong><\/em><\/p>\n<p><em><strong>Il semble signifier aux cieux<br \/>\nQue le sang des h\u00e9ros est immortel<br \/>\nEt qu\u2019il donne de l\u2019\u00e9clat au rouge<br \/>\nDe la fleur qui s\u2019\u00e9panouit au-dessus des d\u00e9funts<br \/>\nAu Champ d\u2019honneur<\/strong><\/em><\/p>\n<p><em><strong>Et maintenant, le flambeau et le rouge coquelicot<br \/>\nPortez-les en l\u2019honneur de nos morts<br \/>\nN\u2019ayez pas peur d\u2019avoir p\u00e9ri pour rien<br \/>\nNous avons appris la le\u00e7on que vous avez enseign\u00e9e<br \/>\nAu Champ d\u2019honneur<\/strong><\/em><\/p>\n<p>Apr\u00e8s la Grande Guerre, pendant des ann\u00e9es, Michael s\u2019est faite la cham\u00ad-pionne de la campagne du coquelicot. Son po\u00e8me et bien d\u2019autres qu\u2019on consid\u00e9rait comme des r\u00e9ponses au po\u00e8me originaire de McCrae, ont \u00e9t\u00e9 publi\u00e9s. Cependant, il est bon de remarquer que beaucoup d\u2019entre eux varient quant \u00e0 la ponctuation, l\u2019orthographe et le style, y compris la r\u00e9ponse suivante compos\u00e9e par R.W. Lilliard.<\/p>\n<p><strong>La r\u00e9ponse de l\u2019Am\u00e9rique<\/strong><\/p>\n<p><em><strong>Gisez en paix, h\u00e9ros des Flandres<br \/>\nLe combat que vous avez si courageusement men\u00e9<br \/>\nNous l\u2019avons repris<br \/>\nEt nous vous donnerons<br \/>\nVraiment foi, \u00e0 vous qui reposez l\u00e0<br \/>\n\u00c0 chacun une croix assign\u00e9e<br \/>\nEt les coquelicots au-dessus de lui<br \/>\nQuand son propre sang \u00e9tait rouge<br \/>\nAlors que votre repos soit doux et\u00a0 profond<br \/>\nAu Champ d\u2019honneur<\/strong><\/em><\/p>\n<p><em><strong>N\u2019ayez crainte d\u2019\u00eatre mort pour rien<br \/>\nNous avons saisi le flambeau que vous nous avez lanc\u00e9<br \/>\nDix millions de mains le l\u00e8veront haut<br \/>\nEt la libert\u00e9 jamais ne s\u2019estompera<br \/>\nNous avons appris la le\u00e7on que vous avez enseign\u00e9e<br \/>\nAu Champ d\u2019honneur<\/strong><\/em><\/p>\n<p>La New York Times Book Review (Critique litt\u00e9raire du New York Times) rapportait plusieurs des r\u00e9ponses faites au po\u00e8me de McCrae, suite \u00e0 la question qu\u2019un lecteur posait en novembre 1918, et on y remarquait que celui qu\u2019on connaissait le mieux \u00e9tait celui de C.B. Galbreath, et il y fut alors imprim\u00e9.<\/p>\n<p><strong>Au Champ d\u2019honneur (une r\u00e9ponse)<\/strong><br \/>\n<em><strong>Au champ d\u2019honneur les canons tonnent<br \/>\nEt les \u00e9clairs irr\u00e9guliers \u00e9clairent la noirceur<br \/>\nAlors qu\u2019au-dessus; comme l\u2019aigle, volent<br \/>\nLes f\u00e9roces destroyers des cieux<br \/>\nTach\u00e9e, la terre o\u00f9 vous gisez<br \/>\nEst plus rouge que la fleur du coquelicot<br \/>\nAu Champ d\u2019honneur<\/strong><\/em><\/p>\n<p><em><strong>Reposez, h\u00e9ros, l\u2019obus criard<br \/>\nLa tranch\u00e9e tremblante, le cri de surprise<br \/>\nLa fureur infernale du combat<br \/>\nNe vous toucheront, car tout va bien<br \/>\nDormez en paix, car tout va bien<\/strong><\/em><\/p>\n<p><em><strong>Nous portons votre flambeau bien haut<br \/>\nLe c\u0153ur battant, nous jurons<br \/>\nNotre foi de combattre jusqu\u2019au bout<br \/>\nPour pulv\u00e9riser l\u2019ennemi, ou dormir avec vous<br \/>\nAu Champ d\u2019honneur<\/strong><\/em><\/p>\n<p>Il y a une autre r\u00e9ponse au po\u00e8me de McCrae qui s\u2019est faite partie de la tradition litt\u00e9raire. Il a \u00e9t\u00e9 \u00e9crit par John Mitchell, un po\u00e8te rest\u00e9 par ailleurs dans l\u2019ombre, mais qui a \u00e9t\u00e9 immorta\u00adlis\u00e9 quand Hazel Felleman l\u2019a choisi pour son anthologie de 1936 intitul\u00e9e The Best Loved Poems Of The American People (Les po\u00e8mes pr\u00e9f\u00e9r\u00e9s du peuple am\u00e9ricain).\u00a0 Felleman avait longtemps \u00e9t\u00e9 \u00e9ditrice de la New York Times Book Review (Critique litt\u00e9raire du New York Times). L\u2019anthologie de 670 pages contient 575 po\u00e8mes, dont In Flanders Fields. Le livre a \u00e9t\u00e9 indispensable dans la biblioth\u00e8que d\u2019une g\u00e9n\u00e9ration \u00e9tats-unienne et canadienne pendant quelques d\u00e9cennies suivant sa parution. Les distributeurs \u00e9valuent \u00e0 1,5 million le nombre de copies imprim\u00e9es.<\/p>\n<p>Le po\u00e8me de Mitchell a pour titre Reply to In Flanders Fields (R\u00e9ponse \u00e0 In Flanders Fields)<\/p>\n<p><strong>Reply to In Flanders Field<\/strong><br \/>\n<em><strong>Oh! dormez en paix o\u00f9 pousse le coquelicot<br \/>\nLe flambeau que votre main a l\u00e2ch\u00e9 en tombant<br \/>\nSaisi par nous, tenu bien haut \u00e0 nouveau<br \/>\nSignal lumineux dans le ciel des Flandres<br \/>\nQui att\u00e9nue la lumi\u00e8re des \u00e9toiles<\/strong><\/em><\/p>\n<p><em><strong>Vous, nos morts, avez retenu l\u2019ennemi<br \/>\nEt avant que le coquelicot cesse de fl\u00e9chir<br \/>\nNous vous aurons prouv\u00e9 notre foi<br \/>\n\u00c0 vous qui gisez<br \/>\nAu Champ d\u2019honneur<\/strong><\/em><\/p>\n<p><em><strong>Dormez en paix, nous allons vite<br \/>\nVers vous qui avez p\u00e9ri courageusement et savez<br \/>\nQue dans d\u2019autres champs a \u00e9t\u00e9 entendu le cri<br \/>\nDe la libert\u00e9, de vous qui gisez<br \/>\nImmobile o\u00f9 pousse le coquelicot<br \/>\nAu Champ d\u2019honneur<\/strong><\/em><\/p>\n<p><em><strong>Car en grondant, ci et l\u00e0<br \/>\nL\u2019\u00e9clair clignote, le ciel s\u2019\u00e9claire<br \/>\nLes puissantes arm\u00e9es poignent et,<br \/>\nAu-dessus du bruit des combats hurlent<\/strong><\/em><\/p>\n<p><em><strong>Silencieux parmi les canons ici-bas<br \/>\nLes c\u0153urs intr\u00e9pides qui combattent l\u2019ennemi<br \/>\nEt gardent l\u2019endroit o\u00f9 pousse le coquelicot<br \/>\nOh! Dormez en paix, vous tous qui gisez<br \/>\nAu Champ d\u2019honneur<\/strong><\/em><\/p>\n<p><em><strong>Et le coquelicot continue de fl\u00e9chir<br \/>\nEntre les croix et les rang\u00e9es dress\u00e9<br \/>\nLes alouettes continuent leur vol<br \/>\nEt chantent maintenant leur berceuse<br \/>\nPour vous qui dormez o\u00f9 pousse le coquelicot<br \/>\nAu Champ d\u2019honneur<\/strong><\/em><\/p>\n<p>La r\u00e9ponse au po\u00e8me de McCrae la plus touchante est peut-\u00eatre celle qu\u2019a \u00e9crite, apr\u00e8s la mort de ce dernier, sa connaissance de guerre, Frederick George Scott. Scott, po\u00e8te c\u00e9l\u00e8bre avant la guerre, est un pasteur anglican que McCrae avait connu au Canada. Scott a servi comme aum\u00f4nier dans la 1re Division cana\u00ad-dienne \u00e0 la Premi\u00e8re Guerre mondiale. Il a surv\u00e9cu \u00e0 la guerre et ses m\u00e9moires, The Great War As I Saw It (la Grande Guerre telle que je l\u2019ai vue), sont souvent cit\u00e9s comme m\u00e9moires personnels de la guerre du point de vue canadien.<\/p>\n<p>Scott faisait partie de la d\u00e9l\u00e9gation qui est all\u00e9e en France en 1936 assister au d\u00e9voilement du M\u00e9morial de Vimy. \u00c0 ce moment-l\u00e0, il \u00e9tait v\u00e9n\u00e9rable archi\u00ad-diacre Scott. Son po\u00e8me, qu\u2019il a curieusement intitul\u00e9 Rememberance (souvenir [sauf que le troisi\u00e8me e est un ajout erron\u00e9]) \u2014 et il refusait de le corriger \u2014 lui a \u00e9t\u00e9 inspir\u00e9 par le p\u00e8lerinage et le m\u00e9morial superbe.<\/p>\n<p><strong>Rememberance<\/strong><br \/>\n<em><strong>Les roses du souvenir poussent<br \/>\nmaintenant<br \/>\nO\u00f9 autrefois poussaient les coquelicots<br \/>\nAu Champ d\u2019honneur<\/strong><\/em><\/p>\n<p><em><strong>Le parfum des doux myosotis<br \/>\nPlane maintenant autour de chaque lot<br \/>\nEt ceux qui dorment ne sont pas oubli\u00e9s<br \/>\nAu Champ d\u2019honneur<\/strong><\/em><\/p>\n<p><em><strong>Nos h\u00e9ros ont pay\u00e9 le prix de la paix<br \/>\nPriez que Dieu nous sauve de la guerre<br \/>\nQue d\u2019autres h\u00e9ros ne soient emport\u00e9s<br \/>\nAu Champ d\u2019honneur<\/strong><\/em><\/p>\n<p><em><strong>Le flambeau qu\u2019ils ont lanc\u00e9 en mourant<br \/>\nQue Dieu en \u00e9claire une meilleure Terre<br \/>\nEt que tout le monde s\u2019unisse<br \/>\nAux champs flamands<\/strong><\/em><\/p>\n<p>Lorsque Scott a \u00e9crit sa r\u00e9ponse, le coquelicot \u00e9tait d\u00e9j\u00e0 devenu le symbole du souvenir. \u00c0 tel point que des coquelicots avaient \u00e9t\u00e9 sculpt\u00e9s sur le monument qu\u2019il \u00e9tait all\u00e9 voir d\u00e9voiler en France. D\u2019une certaine mani\u00e8re, le monument est une r\u00e9ponse aussi.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>John McCrae s\u2019est fait l\u2019ami d\u2019une victime du nom de Bonneau pendant la guerre. 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