{"id":252,"date":"2009-07-02T08:38:33","date_gmt":"2009-07-02T12:38:33","guid":{"rendered":"https:\/\/legionmagfren.wpengine.com\/index.php\/2009\/07\/le-coquelicot-prend-racine\/"},"modified":"2009-07-02T08:37:55","modified_gmt":"2009-07-02T12:37:55","slug":"le-coquelicot-prend-racine","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/2009\/07\/le-coquelicot-prend-racine\/","title":{"rendered":"Le coquelicot prend racine"},"content":{"rendered":"<div class=\"caption_img \"\tstyle=\"width:630px\"><img fetchpriority=\"high\" decoding=\"async\" src=\"http:\/\/www.legionmagazine.com\/en\/wp-content\/uploads\/2009\/06\/historyintro.jpg\" alt=\"une vieille photo d\u2019anciens combattants fabriquant des couronnes et des coquelicots \u00e0 Montr\u00e9al. [PHOTO : mus\u00e9e canadien de la guerre\u201419720228-001]\" class=\"top\" height=\"236\" width=\"630\" \/><\/p>\n<div class=\"caption\"><span>une vieille photo d\u2019anciens combattants fabriquant des couronnes et des coquelicots \u00e0 Montr\u00e9al. <\/span><\/div>\n<div class=\"credit\"><span>PHOTO : mus\u00e9e canadien de la guerre\u201419720228-001<\/span><\/div>\n<\/div>\n<p><strong>Les explosions caus\u00e9es par l\u2019artillerie et les mines pendant la Premi\u00e8re Guerre mondiale ont tellement retourn\u00e9 la terre que le m\u00e9lange de cultures et de v\u00e9g\u00e9tation n\u2019arrivaient \u00e0 croitre. Une fleur sauvage fleurissait toutefois dans cette terre agit\u00e9e\u00a0: le coquelicot. Sa couleur rappelait aux soldats le sang vers\u00e9 \u00e0 m\u00eame le sol et elle inspira le Canadien John McCrae \u00e0 \u00e9crire son po\u00e8me fameux Au Champ d\u2019honneur.<\/strong><\/p>\n<p>Le po\u00e8me a inspir\u00e9, \u00e0 son tour, la campagne du coquelicot de la L\u00e9gion royale canadienne telle que nous la connaissons aujourd\u2019hui. Chaque ann\u00e9e, pendant les deux semaines qui pr\u00e9c\u00e8dent le jour du Souvenir, quelque 19 millions de coquelicots sont distribu\u00e9s au Canada.<\/p>\n<p>Le coquelicot pour revers est un morceau de plastique rouge model\u00e9 couvert d\u2019un flocage (qui ressemble \u00e0 du velours). L\u2019\u00e9pingle, dans le centre noir, sert \u00e0 le fixer au v\u00eatement. Le coquelicot con\u00e7u \u00e0 l\u2019origine \u00e9tait noir au centre, mais en 1980, cette couleur a \u00e9t\u00e9 remplac\u00e9e par du vert. Le centre est redevenu noir en 2002, comme l\u2019est le centre des coquelicots des Flandres.<\/p>\n<div class=\"caption_img middle\"\tstyle=\"width:515px\"><img decoding=\"async\" src=\"http:\/\/www.legionmagazine.com\/en\/wp-content\/uploads\/2009\/06\/historyinset1.jpg\" alt=\"Les l\u00e9gionnaires de ce qui \u00e9tait alors Fort William (Ont.) distribuaient des coquelicots aux \u00e9coliers. [PHOTOS : ARCHIVES DE LA REVUE L\u00c9GION]\" align=\"middle\" height=\"419\" width=\"515\" \/><\/p>\n<div class=\"caption\"><span>Les l\u00e9gionnaires de ce qui \u00e9tait alors Fort William (Ont.) distribuaient des coquelicots aux \u00e9coliers. <\/span><\/div>\n<div class=\"credit\"><span>PHOTOS : ARCHIVES DE LA REVUE L\u00c9GION<\/span><\/div>\n<\/div>\n<p>Comme toujours, ils sont distribu\u00e9s gratuitement. Quand une personne fait un don \u00e0 la campagne annuelle, c\u2019est strictement son bon vouloir. Les fonds ramass\u00e9s servent \u00e0 assister ceux qui ont servi ou qui se trouvent dans le besoin. La campagne est souvent vue comme \u00ab\u00a0l\u2019aide aux vivants par les morts\u00a0\u00bb. En 2007, on a ramass\u00e9 16,4 millions de dollars.<\/p>\n<p>Bien que l\u2019auteur d\u2019Au Champ d\u2019honneur \u00e9tait canadien, la campagne du coquelicot trouve ses origines en France et aux \u00c9tats-Unis.<\/p>\n<p>En novembre 1918, Moina Michael, qui travaillait au si\u00e8ge des Secr\u00e9taires militaires d\u2019outre-mer du YMCA \u00e0 New York, inspir\u00e9e par le po\u00e8me de McCrae, acheta des coquelicots en soie qui seraient port\u00e9s \u00e0 l\u2019Armistice. Elle s\u2019est ensuite mise \u00e0 promouvoir le port du coquelicot \u00e0 chaque Armistice.<\/p>\n<p>Deux ann\u00e9es plus tard, la Fran\u00e7aise Anna E. Gu\u00e9rin \u00e9tait aux \u00c9tats-Unis pour ramasser des fonds pour les orphelins. Elle con\u00e7ut l\u2019id\u00e9e d\u2019une campagne du coquelicot qui servirait \u00e0 ramasser des fonds pour ceux qui avaient \u00e9t\u00e9 d\u00e9pouill\u00e9s par la guerre. De retour en France, elle alla voir des anciens combattants bless\u00e9s qui se mirent \u00e0 fabriquer des coquelicots \u00e0 distribuer, en \u00e9change de dons.<\/p>\n<p>Elle s\u2019en alla en Grande-Bretagne o\u00f9 elle convainquit le mar\u00e9chal Earl Haig d\u2019employer les soldats bless\u00e9s pour faire des coquelicots \u00e0 porter au revers. Il encouragea aussi la British Legion \u00e0 marquer sa premi\u00e8re campagne du coquelicot, en 1921, avec des coquelicots achet\u00e9s en France.<\/p>\n<div class=\"caption_img middle\"\tstyle=\"width:515px\"><img decoding=\"async\" src=\"http:\/\/www.legionmagazine.com\/en\/wp-content\/uploads\/2009\/06\/historyinset2.jpg\" alt=\"Les dames auxiliaires de Peterborough (Ont.) distribuent des coquelicots au d\u00e9but des ann\u00e9es 1970. [PHOTO : ARCHIVES DE LA REVUE L\u00c9GION]\" align=\"middle\" height=\"416\" width=\"515\" \/><\/p>\n<div class=\"caption\"><span>Les dames auxiliaires de Peterborough (Ont.) distribuent des coquelicots au d\u00e9but des ann\u00e9es 1970. <\/span><\/div>\n<div class=\"credit\"><span>PHOTO : ARCHIVES DE LA REVUE L\u00c9GION<\/span><\/div>\n<\/div>\n<p>Cette m\u00eame ann\u00e9e-l\u00e0, Gu\u00e9rin vint en Ontario, \u00e0 Port Arthur (actuellement une partie de Thunder Bay), o\u00f9 elle assista \u00e0 un congr\u00e8s de la Great War Veterans Association (association des v\u00e9t\u00e9rans de la Grande Guerre), le plus grand des groupes d\u2019anciens combattants qui allaient former la L\u00e9gion canadienne. \u00ab\u00a0La GWVA a vite accept\u00e9 la suggestion que le coquelicot soit port\u00e9 \u00e0 l\u2019Armistice et, le 11 novembre 1921, les coquelicots fabriqu\u00e9s par les femmes et enfants de France \u00e9taient distribu\u00e9s au Canada, sous le parrainage de la GWVA, pour la premi\u00e8re fois\u00a0\u00bb, \u00e9crivait Clifford Bowering dans Service, une histoire de la L\u00e9gion royale canadienne publi\u00e9e en 1960.<\/p>\n<p>En 1922, le minist\u00e8re f\u00e9d\u00e9ral du R\u00e9tablissement civil des soldats parvenait \u00e0 un accord avec Vetcraft Industries Inc. pour produire les coquelicots pour la campagne du coquelicot de 1922. Vetcraft employait des anciens combattants invalides pour la manufacture de divers objets artisanaux.<\/p>\n<p>La campagne du coquelicot aurait trois objectifs\u00a0: servir de signe visible du souvenir, ramasser des fonds pour les anciens combattants dans le besoin et donner du travail aux anciens combattants invalides. \u00ab\u00a0De fa\u00e7on appropri\u00e9e, au Canada, la manufacture des r\u00e9pliques en soie s\u2019\u00e9tait concentr\u00e9e peu \u00e0 peu entre les mains des hommes qui avaient \u00e9t\u00e9 bris\u00e9s par le conflit. Les hommes qui ne pouvaient se faire embaucher dans le monde du commerce ordinaire trouvaient dans la manufacture de ces petites fleurs une t\u00e2che sacr\u00e9e et agr\u00e9able. Leurs doigts ne sont peut-\u00eatre pas agiles et leur rendement est peut-\u00eatre modeste, mais ils s\u2019appliquent pour un r\u00e9sultat que les proc\u00e9d\u00e9s de fabrication commerciaux rapides ne peuvent certainement pas couvrir\u00a0\u00bb, \u00e9crivait-on dans le Legionary, le pr\u00e9d\u00e9cesseur de la revue L\u00e9gion.<\/p>\n<div class=\"caption_img middle\"\tstyle=\"width:515px\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"http:\/\/www.legionmagazine.com\/en\/wp-content\/uploads\/2009\/06\/historyinset3.jpg\" alt=\"La princesse Alice (au c.), \u00e9pouse du gouverneur g\u00e9n\u00e9ral canadien, le comte d\u2019Athlone, lance la campagne annuelle du coquelicot pendant la Seconde Guerre mondiale. [PHOTO : ARCHIVES DE LA REVUE L\u00c9GION]\" align=\"middle\" height=\"388\" width=\"515\" \/><\/p>\n<div class=\"caption\"><span>La princesse Alice (au c.), \u00e9pouse du gouverneur g\u00e9n\u00e9ral canadien, le comte d\u2019Athlone, lance la campagne annuelle du coquelicot pendant la Seconde Guerre mondiale. <\/span><\/div>\n<div class=\"credit\"><span>PHOTO : ARCHIVES DE LA REVUE L\u00c9GION<\/span><\/div>\n<\/div>\n<p>En 1925, le Canada \u00e9tait le pays d\u2019accueil du congr\u00e8s de la Ligue des anciens des arm\u00e9es du Commonwealth britannique o\u00f9 il fut d\u00e9cid\u00e9 que le coquelicot serait dor\u00e9navant l\u2019embl\u00e8me universel du souvenir partout dans l\u2019Empire britannique.<\/p>\n<p>La campagne du coquelicot a grandi chaque ann\u00e9e depuis, surtout ces derni\u00e8res ann\u00e9es. \u00ab\u00a0D\u2019apr\u00e8s moi, elle a commenc\u00e9 \u00e0 vraiment grandir lors de l\u2019\u00e9tablissement de la Tombe du Soldat inconnu (en 2000) et de la vague des deux minutes de silence (en 1999)\u00a0\u00bb, dit le pr\u00e9sident du Comit\u00e9 national du coquelicot et du souvenir Gordon Moore. \u00ab\u00a0Les trois ou quatre derni\u00e8res ann\u00e9es, cons\u00e9quence de l\u2019Afghanistan, les gens vont aux c\u00e9notaphes en grand nombre assister aux services.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Les coquelicots ont \u00e9t\u00e9 fabriqu\u00e9s par Vetcraft Industries Ltd. jusqu\u2019en 1996, l\u2019ann\u00e9e o\u00f9 Anciens combattants Canada a cess\u00e9 de patronner la soci\u00e9t\u00e9. La L\u00e9gion a alors pris la responsabilit\u00e9 des coquelicots et des couronnes et adjug\u00e9 le contrat \u00e0 une soci\u00e9t\u00e9 ferm\u00e9e de Toronto.<\/p>\n<div class=\"caption_img middle\"\tstyle=\"width:516px\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"http:\/\/www.legionmagazine.com\/en\/wp-content\/uploads\/2009\/06\/historyinset4.jpg\" alt=\"Les dames auxiliaires en visite \u00e0 une \u00e9cole dans le cadre de la campagne du coquelicot au milieu des ann\u00e9es 1970. [PHOTO : ARCHIVES DE LA REVUE L\u00c9GION]\" align=\"middle\" height=\"389\" width=\"516\" \/><\/p>\n<div class=\"caption\"><span>Les dames auxiliaires en visite \u00e0 une \u00e9cole dans le cadre de la campagne du coquelicot au milieu des ann\u00e9es 1970. <\/span><\/div>\n<div class=\"credit\"><span>PHOTO : ARCHIVES DE LA REVUE L\u00c9GION<\/span><\/div>\n<\/div>\n<p>Le coquelicot \u00e0 revers cause bien de la frustration car il se perd facilement; il peut se faire d\u00e9crocher par une ceinture de s\u00e9curit\u00e9 ou par quelque autre objet. La Direction nationale a lanc\u00e9 r\u00e9cemment les coquelicots collants \u2014 sans \u00e9pingle \u2014 lesquels sont distribu\u00e9s dans les \u00e9tablissements de soins de longue dur\u00e9e o\u00f9 les \u00e9pingles sont des inconv\u00e9nients. Ils y sont tr\u00e8s populaires.<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Il me faut une dizaine de coquelicots \u00e0 chaque p\u00e9riode du jour du Souvenir. \u00c7a me d\u00e9range pas de donner 5 $ de plus pour en remplacer un\u00a0\u00bb, dit Moore. \u00ab\u00a0Une fois, j\u2019ai dis \u00e0 une dame dans une r\u00e9sidence pour a\u00een\u00e9s que si on enfonce l\u2019\u00e9pingle dans une gomme \u00e0 crayon, \u00e7a l\u2019emp\u00eache de tomber, dit Moore. Elle m\u2019a r\u00e9pondu\u00a0: \u201cMerci du conseil et voici un autre don de 5 $\u201d.\u00a0\u00bb<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>une vieille photo d\u2019anciens combattants fabriquant des couronnes et des coquelicots \u00e0 Montr\u00e9al. 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