{"id":247,"date":"2009-05-01T00:01:21","date_gmt":"2009-05-01T04:01:21","guid":{"rendered":"https:\/\/legionmagfren.wpengine.com\/index.php\/2009\/05\/la-filiere-francaise\/"},"modified":"2009-04-22T12:48:15","modified_gmt":"2009-04-22T16:48:15","slug":"la-filiere-francaise","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/2009\/05\/la-filiere-francaise\/","title":{"rendered":"La Fili\u00e8re Fran\u00e7aise"},"content":{"rendered":"<div class=\"caption_img \"\tstyle=\"width:630px\"><img fetchpriority=\"high\" decoding=\"async\" src=\"http:\/\/www.legionmagazine.com\/en\/wp-content\/uploads\/2009\/04\/todayintro.jpg\" alt=\"Des jeunes assistent, en 1969, aux c\u00e9r\u00e9monies r\u00e9gl\u00e9es au cimeti\u00e8re militaire canadien de B\u00e9ny-sur-Mer. [PHOTO : JOHN EVANS PHOTOGRAPHY LTD.]\" class=\"top\" height=\"236\" width=\"630\" \/><\/p>\n<div class=\"caption\"><span>Des jeunes assistent, en 1969, aux c\u00e9r\u00e9monies r\u00e9gl\u00e9es au cimeti\u00e8re militaire canadien de B\u00e9ny-sur-Mer. <\/span><\/div>\n<div class=\"credit\"><span>PHOTO : JOHN EVANS PHOTOGRAPHY LTD.<\/span><\/div>\n<\/div>\n<p><strong>CIMETI\u00c8RE MILITAIRE DU COMMONWEALTH, BAYEUX, NORMANDIE, 5 JUIN 1955\u00a0: Lise Enguerrand, dos courb\u00e9 et fr\u00eale, \u00e9tait une villageoise pauvre d\u2019un peu plus de 70 ans. Torontois, \u00e2g\u00e9 de 21 ans, j\u2019\u00e9tudiais \u00e0 Paris. Nous \u00e9tions l\u00e0 tous les deux en l\u2019honneur de Stuart Hogarth de Hampton (Ont.). Stu \u00e9tait un sergent canadien de 28 ans tu\u00e9 le 4 septembre 1944, trois mois apr\u00e8s l\u2019invasion de la Normandie par les alli\u00e9s, le 6 juin. Sa m\u00e8re, une cousine \u00e9loign\u00e9e de la mienne, m\u2019avait demand\u00e9 de me rendre \u00e0 ce majestueux jardin affligeant pour la repr\u00e9senter au bord de la tombe.<br \/>\n<\/strong><\/p>\n<p>Madame Enguerrand \u00e9tait l\u00e0, comme chaque semaine, pour \u00e9pousseter la pierre tombale de Stu et y d\u00e9poser des fleurs. Elle \u00e9tait l\u00e0 et elle viendrait encore pendant des ann\u00e9es, en tant que \u00ab\u00a0m\u00e8re fran\u00e7aise\u00a0\u00bb de Stu.<\/p>\n<p>Sa mission hebdomadaire au cimeti\u00e8re \u00e9tait pour moi la premi\u00e8re indication de comment nombre de Fran\u00e7ais se sentaient par rapport aux sacrifices du Canada aux deux guerres mondiales\u00a0: 66\u00a0655 tu\u00e9s \u00e0 la premi\u00e8re; plus de 45\u00a0000 (tous les th\u00e9\u00e2tres) \u00e0 la seconde. Madame Enguerrand me dit qu\u2019un \u00ab\u00a0bon nombre\u00a0\u00bb de ses amies avaient aussi \u201cadopt\u00e9\u201d un des 181 Canadiens (parmi les 4\u00a0144 du Commonwealth) morts \u00e0 la Seconde Guerre mondiale qui gisent \u00e0 Bayeux.<\/p>\n<p>Cette visite a fait du souvenir de la guerre un instrument qui a transform\u00e9 ma fa\u00e7on de voir le Canada. Je me suis souvent demand\u00e9 de quelle fa\u00e7on l\u2019attitude des Fran\u00e7ais a \u00e9volu\u00e9 depuis ma visite \u00e0 Bayeux.<\/p>\n<p>Les facteurs cl\u00e9s sont l\u2019\u00e2ge et la g\u00e9ographie, et puis ensuite les attitudes officielles. \u00c9videmment, les Fran\u00e7ais qui ont travers\u00e9 les \u00e9v\u00e8nements de 1939 \u00e0 1945 ont des souvenirs imp\u00e9rissables de l\u2019envergure de la guerre et de son importance. Les plages du d\u00e9barquement rappellent constamment les sacrifices du Canada aux gens qui habitent pr\u00e8s d\u2019elles. Les monuments et les cimeti\u00e8res sont nombreux, qui renforcent leurs affinit\u00e9s pour les Canadiens. Une ou deux fois par ann\u00e9e\u00a0 les anciens combattants canadiens aux cheveux blancs, les fonctionnaires canadiens et les gardes d\u2019honneur arrivent; m\u00eame leur passage dans les h\u00f4tels et les restaurants servent \u00e0 pr\u00e9server les souvenirs. Nos anciens combattants sont re\u00e7us le mieux qui soit, y compris par les enfants qui agitent des drapeaux canadiens.<\/p>\n<p>Les maires, les chambres de commerce, les bureaux de tourisme et les associations citoyennes comm\u00e9moratrices de la guerre renforcent cet accueil par des \u00e9v\u00e8nements pour les visi\u00ad-teurs canadiens. Dieppe, quand on se souvient du raid catastrophique de 1942, devient pratiquement une ville cana\u00ad\u00addienne, chaque ann\u00e9e, le 19 aout. Quand les passants fran\u00e7ais voient l\u2019emplacement des mitrailleuses allemandes au-dessus des plages, ils comprennent que l\u2019entreprise des Canadiens \u00e9tait vou\u00e9e \u00e0 l\u2019\u00e9chec. Mais ils apprennent que les sacrifices du Canada \u00e9taient une \u00e9preuve de l\u2019\u00e9norme invasion du jour J qui a eu lieu moins de 22 mois plus tard.<\/p>\n<p>Cette reconnaissance a \u00e9t\u00e9 transmise aux g\u00e9n\u00e9rations suivantes et pas uniquement sur le territoire fran\u00e7ais. Philippe Martin, de Vimy, pr\u00e9sident des Amis du M\u00e9morial canadien, se souvient des 10\u00a0062 victimes canadiennes de l\u2019attaque de la cr\u00eate, \u00e0 la Grande Guerre. \u00ab\u00a0La plupart de nos 150 membres sont ici par conviction, pour perp\u00e9tuer la m\u00e9moire de ceux qui sont morts pour nous. Le Monument comm\u00e9moratif du Canada \u00e0 Vimy est essentiel \u00e0 la vie de Vimy (4\u00a0675 habitants). Il nous inspire tous; qu\u2019on se souvienne de notre pass\u00e9. Nos enfants le visitent avec les parents et les enseignants.\u00a0\u00bb<\/p>\n<div class=\"caption_img middle\"\tstyle=\"width:515px\"><img decoding=\"async\" src=\"http:\/\/www.legionmagazine.com\/en\/wp-content\/uploads\/2009\/04\/todayinset1.jpg\" alt=\"Discours fait lors des c\u00e9r\u00e9monies de lib\u00e9ration militaire. [PHOTO : ARM\u00c9E CANADIENNE]\" align=\"middle\" height=\"347\" width=\"515\" \/><\/p>\n<div class=\"caption\"><span>Discours fait lors des c\u00e9r\u00e9monies de lib\u00e9ration militaire. <\/span><\/div>\n<div class=\"credit\"><span>PHOTO : ARM\u00c9E CANADIENNE<\/span><\/div>\n<\/div>\n<p>La contribution des Canadiens \u00e0 la Seconde Guerre mondiale est comm\u00e9mor\u00e9e de maintes fa\u00e7ons \u00e0 Hong Kong, en Italie, en Belgique et aux Pays-Bas. Certains des moments les plus poignants sont communs aux \u00e9coliers qui comm\u00e9morent d\u2019apr\u00e8s ce qu\u2019on leur enseigne \u00e0 l\u2019\u00e9cole et chez eux.<\/p>\n<p>Cependant, pendant des dizaines d\u2019ann\u00e9es apr\u00e8s 1945, les politiques gaullistes ont att\u00e9nu\u00e9 la contribution des alli\u00e9s. La strat\u00e9gie de de Gaulle \u00e9tait d\u2019effacer l\u2019humiliation qu\u2019\u00e9tait la d\u00e9faite de la France en 1940. Il voulait faire croire aux Fran\u00e7ais que la France avait jou\u00e9 un r\u00f4le d\u00e9terminant lors de sa lib\u00e9ration. Il mentionnait rarement les contributions des alli\u00e9s et dissuadait l\u2019assistance des personnalit\u00e9s fran\u00e7ai\u00adses aux c\u00e9l\u00e9brations comm\u00e9moratives alli\u00e9es. Cela devint encore plus \u00e9vident apr\u00e8s qu\u2019il a incit\u00e9 le Qu\u00e9bec \u00e0 se s\u00e9parer, en 1967.<\/p>\n<p>Il y eut une tr\u00eave du nationalisme gaulliste en 1988, quand le pr\u00e9sident Fran\u00e7ois Mitterrand a ouvert le grandiose M\u00e9morial de Caen\u00a0: un mus\u00e9e de \u00ab\u00a0l\u2019histoire pour la paix\u00a0\u00bb du 20e si\u00e8cle, o\u00f9 la contribution des alli\u00e9s et des Canadiens pendant la campagne de Normandie est fort bien repr\u00e9sent\u00e9e. Dirig\u00e9 par la Ville de Caen, le m\u00e9morial est richement pris en charge par la population et les entrepri\u00adses. Ses 84 employ\u00e9s re\u00e7oivent quelque 400\u00a0000 visiteurs chaque ann\u00e9e.<\/p>\n<p>Aujourd\u2019hui, la France comprend que la comm\u00e9moration militaire est une partie essentielle des relations France-Canada, surtout pour le Canada anglophone. L\u2019ancien ambassadeur Daniel Jouanneau soulignait cela de mani\u00e8re syst\u00e9matique. L\u2019ambassadeur actuel Fran\u00e7ois Delattre aussi.<\/p>\n<p>En commen\u00e7ant par Le Monument comm\u00e9moratif du Canada \u00e0 Vimy, la France a donn\u00e9 des terres au Canada pour des cimeti\u00e8res et des monuments. La France officielle est toujours bien repr\u00e9sent\u00e9e aux \u00e9v\u00e8nements canadiens. Le jour de la Normandie (6 juin) a commenc\u00e9, gr\u00e2ce \u00e0 l\u2019encouragement de l\u2019\u00c9tat, en 2004, \u00e0 raviver et perp\u00e9tuer les souvenirs des Fran\u00e7ais par rapport aux sacrifices militaires canadiens et alli\u00e9s \u00e0 la campagne qui a chang\u00e9 le cours de la guerre.<\/p>\n<p>Nombre d\u2019initiatives locales rappellent naturellement les Fran\u00e7ais qui ont p\u00e9ri\u00a0: pour la France, la Premi\u00e8re Guerre mondiale a \u00e9t\u00e9 un holocauste g\u00e9n\u00e9rationnel. Mais Nathalie Worthington, directrice du Centre de la plage Juno, fait remarquer les innombrables faits des citoyens ordinaires en l\u2019honneur des Canadiens. \u00ab\u00a0Pendant plus de 60 ans, dit-elle, le Comit\u00e9 Juno Normandie-Canada a organis\u00e9 des hommages aux Canadiens \u00e0 travers la Normandie. En aout dernier, il a inaugur\u00e9 un monument \u00e0 Falaise en l\u2019honneur des aviateurs canadiens et, en juin, il va d\u00e9voiler un monument comm\u00e9morant les marins canadiens.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Exemples suppl\u00e9mentaires\u00a0: la commune du Mesnil-Patry, o\u00f9 114 membres des 1st Hussars et des Queen\u2019s Own Rifles sont morts, a \u00e9rig\u00e9, place des Canadiens, un monument au Canada. Le coll\u00e8ge de Courseulles a construit un monument canadien magnifique. Et, ce qui est peut-\u00eatre le plus \u00e9mouvant, chaque ann\u00e9e depuis 2004, le coll\u00e8ge professionnel Victor-L\u00e9pine de Caen demande aux \u00e9l\u00e8ves de comm\u00e9morer, au Coin Westlake, la mort de trois fr\u00e8res Canadiens de Westlake.<\/p>\n<p>Claude G\u00e9rard, pr\u00e9sident de l\u2019association de b\u00e9n\u00e9voles Jubilee, est d\u00e9\u00e7u des autorit\u00e9s de l\u2019\u00e9ducation nationale\u00a0: \u00ab\u00a0Ce que nos membres regrettent vraiment, disait-il \u00e0 un journal en aout 2006, c\u2019est le manque de visites des \u00e9coles de Dieppe (au mus\u00e9e du m\u00e9morial de Dieppe). Je ne comprends pas le manque d\u2019int\u00e9r\u00eat du minist\u00e8re de l\u2019\u00e9ducation pour une page si importante de notre histoire locale, nationale et internationale.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Une histoire tout \u00e0 fait diff\u00e9rente nous vient de Marc Pottier, directeur de l\u2019\u00e9ducation et de la recherche du M\u00e9morial de Caen. Il ne se plaint pas du gouvernement, car son institution attire les jeunes gens facilement. \u00ab\u00a0Sur les 400\u00a0000 qui vien-nent chaque ann\u00e9e, la moiti\u00e9 ont moins de 20 ans et un bon tiers viennent dans le cadre de visites organis\u00e9es par leur \u00e9cole.<\/p>\n<p>Pourquoi le mus\u00e9e a-t-il autant de succ\u00e8s? Nous ne faisons pas que pr\u00e9senter les expositions; nous les expliquons en utilisant tous les outils de la p\u00e9dagogie moderne\u00a0: les trousses, les films, les d\u00e9bats, les expositions interactives. Tout ce que nous faisons cible des groupes d\u2019\u00e2ge sp\u00e9cifique\u00a0: primaire, secondaire et universit\u00e9. Nous aidons chaque enfant, chaque jeune, \u00e0 faire ses propres d\u00e9couvertes, pour qu\u2019il ait vraiment compris. M\u00eame que, chaque ann\u00e9e, on forme 1\u00a0000 enseignants pour appuyer cette approche p\u00e9dagogique, une approche qui ouvre l\u2019esprit.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Comme le d\u00e9montre de mani\u00e8re imaginative le M\u00e9morial de Caen, pour rejoindre les Fran\u00e7ais de tout \u00e2ge, surtout les jeunes, il faut mettre la technologie au service de la p\u00e9dagogie. Les objets \u00ab\u00a0morts\u00a0\u00bb \u2014 les armes, les uniformes, les casques \u2014 sont int\u00e9ressants, mais seulement jusqu\u2019\u00e0 un certain point. Pourquoi ne pas avoir d\u2019expositions interactives, avec des jeux vid\u00e9os et des effets sp\u00e9ciaux; pourquoi ne pas faire survoler les champs de bataille par Google Earth (satellites spatiaux).<\/p>\n<p>Est-ce que la reconnaissance des Fran\u00e7ais envers les exploits militaires et les sacrifices canadiens va durer? \u00ab\u00a0Tout \u00e0 fait\u00a0\u00bb, nous assure le lieutenant-g\u00e9n\u00e9ral grandement d\u00e9cor\u00e9, \u00e0 la retraite, Charles Belzile, un des directeurs fondateurs de la Fondation canadienne des champs de bataille et grand pr\u00e9sident honoraire de la L\u00e9gion royale canadienne. \u00ab\u00a0L\u2019int\u00e9r\u00eat que les Fran\u00e7ais t\u00e9moignent au Canada est durable et encourageant. Nous sommes heureux surtout de l\u2019appui des \u00e9coles\u00a0: les enseignants et les \u00e9l\u00e8ves organisent des veill\u00e9es \u00e0 la chandelle au cimeti\u00e8re canadien de B\u00e9ny-sur-Mer, entre autres, de leur propre initiative.<\/p>\n<p>Worthington, du Centre de la plage Juno, est tout \u00e0 fait d\u2019accord. \u00ab\u00a0Les Fran\u00e7ais ressentent une immense sympathie envers le Canada, et \u00e7a va durer. Pour les gens de la Normandie, le Canada est maintenant dans nos g\u00e8nes, dans notre m\u00e9moire collective. Courseulles (o\u00f9 elle est n\u00e9e), Caen et Falaise appartiennent au Canada autant qu\u2019\u00e0 la Normandie.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Yves Le Maner, directeur du \u00ab\u00a0mus\u00e9e comm\u00e9moratif et militaire\u00a0\u00bb savant La Coupole, en France, est du m\u00eame avis, que \u00ab\u00a0les souvenirs durent naturellement plus longtemps pr\u00e8s des champs de bataille. Et l\u2019\u00e9ducation des jeunes est cruciale. Car Hollywood \u2014 en plus des photos et des films libres que l\u2019on peut obtenir facilement \u2014 pourrait faire croire que les Am\u00e9ricains sont venus tout seuls. Mais nous faisons tr\u00e8s attention au Canada, pour toujours.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Tous ceux qui travaillent \u00e0 la comm\u00e9moration militaire savent que les souvenirs fran\u00e7ais des sacrifices des Canadiens sont fragiles comme les fleurs. Il faut les arroser, une g\u00e9n\u00e9ration apr\u00e8s l\u2019autre. Et il faut les interpr\u00e9ter sans cesse, d\u2019apr\u00e8s les valeurs, le voca-bulaire et les outils de chaque \u00e9poque.<\/p>\n<p>Madame Enguerrand, avec les bouquets de fleurs qu\u2019elle a cueillies elle-m\u00eame, exprimait la d\u00e9votion des Fran\u00e7ais de son temps envers le Canada. Le z\u00e8le pour un tel t\u00e9moignage peut varier au fil du temps, et d\u2019apr\u00e8s la contig\u00fcit\u00e9 des champs de bataille. Mais de fa\u00e7ons autres que celle de cette femme fr\u00eale et modeste de Bayeux \u2014 bien qu\u2019avec autant de c\u0153ur \u2014 la plupart des Fran\u00e7ais et des Fran\u00e7aises font le v\u0153u de ne jamais oublier ceci\u00a0: le Canada a, deux fois, particip\u00e9 au r\u00e9tablissement de la libert\u00e9 et de la paix.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Des jeunes assistent, en 1969, aux c\u00e9r\u00e9monies r\u00e9gl\u00e9es au cimeti\u00e8re militaire canadien de B\u00e9ny-sur-Mer. PHOTO : JOHN EVANS PHOTOGRAPHY LTD. CIMETI\u00c8RE MILITAIRE DU COMMONWEALTH, BAYEUX, NORMANDIE, 5 JUIN 1955\u00a0: Lise Enguerrand, dos courb\u00e9 et fr\u00eale, \u00e9tait une villageoise pauvre d\u2019un peu plus de 70 ans. Torontois, \u00e2g\u00e9 de 21 ans, j\u2019\u00e9tudiais \u00e0 Paris. 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