{"id":2371,"date":"2013-11-07T00:01:46","date_gmt":"2013-11-07T04:01:46","guid":{"rendered":"https:\/\/legionmagfren.wpengine.com\/?p=2371"},"modified":"2013-10-31T11:39:41","modified_gmt":"2013-10-31T15:39:41","slug":"le-pelerinage-du-souvenir-de-2013-de-la-legion-royale-canadienne-la-montre-des-pelerins","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/2013\/11\/le-pelerinage-du-souvenir-de-2013-de-la-legion-royale-canadienne-la-montre-des-pelerins\/","title":{"rendered":"Le p\u00e8lerinage du souvenir de 2013 de la L\u00e9gion royale canadienne : La montre des pelerins"},"content":{"rendered":"<div class=\"caption_img \"\tstyle=\"width:515px\"><img fetchpriority=\"high\" decoding=\"async\" class=\"alignnone size-full wp-image-2372\" alt=\" Les membres du p\u00e8lerinage de la L\u00e9gion s\u2019approchent du Monument comm\u00e9moratif du Canada \u00e0 Vimy. [Photo : Sharon Adams]\" src=\"https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2013\/10\/Pilgrimage1.jpg\" width=\"515\" height=\"343\" srcset=\"https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2013\/10\/Pilgrimage1.jpg 515w, https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2013\/10\/Pilgrimage1-300x199.jpg 300w\" sizes=\"(max-width: 515px) 100vw, 515px\" \/><\/p>\n<div class=\"caption\"><span> Les membres du p\u00e8lerinage de la L\u00e9gion s\u2019approchent du Monument comm\u00e9moratif du Canada \u00e0 Vimy. <\/span><\/div>\n<div class=\"credit\"><span>Photo : Sharon Adams<\/span><\/div>\n<\/div>\n<p><strong>Alex Wilson de Killam, en Alberta, a gagn\u00e9 une montre \u00e0 un carnaval il y a un si\u00e8cle. Il l\u2019avait dans la poche quand il s\u2019est enr\u00f4l\u00e9 et durant la bataille de Passchendaele, o\u00f9 il a \u00e9t\u00e9 bless\u00e9.<\/strong><\/p>\n<p><strong>Ce jeune brancardier a rapport\u00e9 au Canada deux choses qu\u2019il aimait\u00a0: son \u00e9pouse, Leah Beatrice Jones, qui l\u2019avait soign\u00e9, et la montre Elgin qu\u2019il avait gagn\u00e9e.<\/strong><\/p>\n<p>\u00ab\u00a0La montre \u00e9tait bris\u00e9e quand j\u2019en ai h\u00e9rit\u00e9, en 1969, nous dit le fils d\u2019Alex, Dave, qui n\u2019a pas pris part au p\u00e8lerinage. On l\u2019a remont\u00e9e, mais elle ne fonctionnait plus.\u00a0\u00bb Cette montre, dont les aiguilles indiquaient entre 11\u00a0h\u00a04 et 11\u00a0h\u00a05, est un objet du patrimoine familial qui ne sert pas \u00e0 lire l\u2019heure, mais qui est d\u2019un autre temps.<\/p>\n<p>Dave a remis la montre \u00e0 son petit-fils, Alec Dreichel de Westerose, en Alberta, pour qu\u2019il la porte durant le P\u00e8lerinage du souvenir de 2013 de la L\u00e9gion royale canadienne. \u00ab\u00a0Je voulais la rapporter \u00e0 Passchendaele en l\u2019honneur de mon arri\u00e8re-grand-p\u00e8re\u00a0\u00bb, nous explique ce technicien en soins m\u00e9dicaux d\u2019urgence qui, lui aussi, a port\u00e9 des brancards. Pr\u00e8s de Passchendaele, l\u2019ayant sortie de sa poche, Dreichel a remarqu\u00e9 quelque chose de singulier. L\u2019aiguille des secondes bougeait. \u00ab\u00a0Je me suis dit\u00a0: oh, non! L\u2019aiguille s\u2019est d\u00e9croch\u00e9e.\u00a0\u00bb<\/p>\n<div class=\"caption_img \"\tstyle=\"width:515px\"><img decoding=\"async\" class=\"alignnone size-full wp-image-2374\" alt=\"Alec Dreichel admire la montre de gousset de son grand-p\u00e8re. [Photo : Sharon Adams]\" src=\"https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2013\/10\/Pilgrimage3.jpg\" width=\"515\" height=\"814\" srcset=\"https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2013\/10\/Pilgrimage3.jpg 515w, https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2013\/10\/Pilgrimage3-189x300.jpg 189w\" sizes=\"(max-width: 515px) 100vw, 515px\" \/><\/p>\n<div class=\"caption\"><span>Alec Dreichel admire la montre de gousset de son grand-p\u00e8re. <\/span><\/div>\n<div class=\"credit\"><span>Photo : Sharon Adams<\/span><\/div>\n<\/div>\n<p>Et puis il entendit le tic-tac.<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0C\u2019est probablement parce qu\u2019elle a \u00e9t\u00e9 secou\u00e9e pendant le voyage, dit Dreichel. Mais au fond de moi, je sais que l\u2019explication la plus probable n\u2019est pas rationnelle.\u00a0\u00bb Il a l\u2019impression que son arri\u00e8re-grand-p\u00e8re lui a donn\u00e9 une petite tape sur l\u2019\u00e9paule.<\/p>\n<p>Les p\u00e8lerins trouvent qu\u2019il est possible de porter le deuil d\u2019\u00e9trangers tu\u00e9s il y a longtemps, ou de se sentir proche d\u2019un a\u00efeul mort \u00e0 la guerre. \u00ab\u00a0Il y a une diff\u00e9rence entre visiter un champ de bataille et y faire un p\u00e8lerinage\u00a0\u00bb, nous explique John Goheen, qui guide le p\u00e8lerinage de la L\u00e9gion pour la neuvi\u00e8me fois. Il appelle \u00ab\u00a0m\u00e9moire \u00e9clair\u00e9e\u00a0\u00bb une partie de cette diff\u00e9rence, laquelle a rapport \u00e0 l\u2019\u00e9tude de l\u2019histoire, \u00e0 la visite des lieux o\u00f9 elle s\u2019est produite, \u00e0 se renseigner sur le sort des gens qui l\u2019ont v\u00e9cue, et \u00e0 comm\u00e9morer ceux qui y sont morts.<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Les \u00e9motions la modifient\u00a0\u00bb, dit Tom MacDonald, p\u00e8lerin de l\u2019\u00cele-du-Prince-\u00c9douard qui a \u00e9t\u00e9 surpris de pleurer \u00e0 la plage Juno, o\u00f9 les Canadiens ont d\u00e9barqu\u00e9 au jour J, en juin 1944. \u00ab\u00a0Sur cette plage, on les imagine quitter les p\u00e9niches de d\u00e9barquement dans l\u2019eau froide. Il y en avait qui, ne sachant pas nager, \u00e9taient p\u00e9trifi\u00e9s quand on a abaiss\u00e9 la rampe. Et puis ils voyaient les \u00e9clairs sortant de la bouche des canons.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Dans l\u2019eau, on jurerait ressentir l\u2019angoisse\u00a0\u00bb, ajoute la p\u00e8lerine Belinda Wilson de la Division de l\u2019Ontario.<\/p>\n<div class=\"caption_img \"\tstyle=\"width:515px\"><img decoding=\"async\" class=\"alignnone size-full wp-image-2373\" alt=\"Charles Leguerrier s\u2019essuie les larmes apr\u00e8s avoir d\u00e9pos\u00e9 une couronne avec Sam Newman au monument en bordure de route en l\u2019honneur d\u2019Andrew Mynarski, VC. [Photo : Sharon Adams]\" src=\"https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2013\/10\/Pilgrimage2.jpg\" width=\"515\" height=\"458\" srcset=\"https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2013\/10\/Pilgrimage2.jpg 515w, https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2013\/10\/Pilgrimage2-300x266.jpg 300w\" sizes=\"(max-width: 515px) 100vw, 515px\" \/><\/p>\n<div class=\"caption\"><span>Charles Leguerrier s\u2019essuie les larmes apr\u00e8s avoir d\u00e9pos\u00e9 une couronne avec Sam Newman au monument en bordure de route en l\u2019honneur d\u2019Andrew Mynarski, VC. <\/span><\/div>\n<div class=\"credit\"><span>Photo : Sharon Adams<\/span><\/div>\n<\/div>\n<p>Ce sont les premi\u00e8res larmes du p\u00e8lerinage de deux semaines effectu\u00e9 aux champs de bataille, aux monuments et aux mus\u00e9es et cimeti\u00e8res de France, de Belgique et des Pays-Bas, qui servent \u00e0 signaler le courage et les sacrifices des Canadiens aux deux guerres mondiales. Le vice-pr\u00e9sident national et chef de la d\u00e9l\u00e9gation, Dave Flannigan, et son \u00e9pouse Vera sont accompagn\u00e9s par Goheen, directeur d\u2019une \u00e9cole de Port Coquitlam (C.-B.), les p\u00e8lerins des divisions Dreichel, Shaun Francis d\u2019Aldergrove (C.-B.), Wilson de Fenelon Falls (Ont.), MacDonald de Souris, Lane Gray de Quill Lake (Sask.), Tom Irvine de Montr\u00e9al, Kathleen Kennedy de Stellarton (N.-\u00c9.) et son mari Don, Linda Kohut de Winnipeg, Selby Luffman de Mount Pearl (T.-N.) et son \u00e9pouse Helen, ainsi que John Ladouceur de Haneytown (N.-B.) et son \u00e9pouse Helen. Les p\u00e8lerins qui ont pay\u00e9 leurs propres frais sont Allan Hodgson de Nipawin (Sask.), les Albertains James Baldwin de Calgary et Rita Hill de Vulcan, les Ontariens Charles Leguerrier de Fonthill, Sam Newman de London et Betty et Percy Price d\u2019Ottawa, et le Terre-Neuvien Ed Fewer de Grand Falls-Windsor.<\/p>\n<p>La derni\u00e8re partie de ce p\u00e8lerinage qui a eu lieu du 6 au 20 juillet a surtout concern\u00e9 des endroits de la Grande Guerre\u00a0: Passchendaele, Beaumont-Hamel et la Somme. La ferme Essex, o\u00f9 le lieutenant-colonel John McCrae a compos\u00e9 In Flanders Fields, et le cimeti\u00e8re communal de Wimereux o\u00f9 git ce soldat-po\u00e8te font partie des endroits importants qu\u2019on a visit\u00e9s, ainsi que la cr\u00eate de Vimy, o\u00f9 les quatre divisions canadiennes ont combattu ensemble de mani\u00e8re coh\u00e9sive pour la premi\u00e8re fois. Il s\u2019agissait d\u2019une importante \u00e9tape sur la voie de l\u2019identit\u00e9 nationale, dit Goheen. Nombreux sont ceux qui, s\u2019\u00e9tant enr\u00f4l\u00e9s en tant que Britanniques, ont termin\u00e9 la guerre en tant que Canadiens.<\/p>\n<p>Le voyage a commenc\u00e9 aux lieux de la Seconde Guerre mondiale\u00a0: la place Juno et les villes et champs o\u00f9 les Canadiens se sont battus en 1944, Dieppe o\u00f9 a eu lieu le raid d\u00e9sastreux de 1942 et o\u00f9 ont perdu la vie 907 des quelque 5\u00a0000 Canadiens qui y prenaient part, et le canal Leopold, lieu de combats fr\u00e9n\u00e9tiques lors de la bataille de l\u2019Escaut.<\/p>\n<div class=\"caption_img \"\tstyle=\"width:515px\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignnone size-full wp-image-2375\" alt=\"Sam Newman et le vice-pr\u00e9sident national de la L\u00e9gion, Dave Flannigan, au salut au cimeti\u00e8re de Tyne Cot. [Photo : Sharon Adams]\" src=\"https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2013\/10\/Pilgrimage4.jpg\" width=\"515\" height=\"357\" srcset=\"https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2013\/10\/Pilgrimage4.jpg 515w, https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2013\/10\/Pilgrimage4-300x207.jpg 300w\" sizes=\"(max-width: 515px) 100vw, 515px\" \/><\/p>\n<div class=\"caption\"><span>Sam Newman et le vice-pr\u00e9sident national de la L\u00e9gion, Dave Flannigan, au salut au cimeti\u00e8re de Tyne Cot. <\/span><\/div>\n<div class=\"credit\"><span>Photo : Sharon Adams<\/span><\/div>\n<\/div>\n<p>Aujourd\u2019hui, de la plage Juno \u00e0 Caen, il y a une demi-heure de voiture, mais en 1944, les alli\u00e9s ont d\u00fb se battre pendant plus d\u2019un mois pour faire le m\u00eame trajet. Le monu\u00adment qui sert \u00e0 honorer la 9e Brigade canadienne \u00e0 Hell\u2019s Corner (coin infernal, NDT), pr\u00e8s de Villons-les-Buissons, en France, a \u00e9t\u00e9 baptis\u00e9 ainsi \u00e0 cause de leurs combats f\u00e9roces avec la fanatique 12e division de panzers de la jeunesse hitl\u00e9rienne. Goheen nous parle du simple soldat Lorne Brown des North Nova Scotia Highlanders, qui a re\u00e7u huit coups de ba\u00efonnette alors qu\u2019il avait d\u00e9j\u00e0 \u00e9t\u00e9 bless\u00e9, le premier des plus de 150 Canadiens assassin\u00e9s pendant les premi\u00e8res semaines de la bataille de Normandie. L\u2019\u00e9tat d\u2019esprit des p\u00e8lerins est sombre \u00e0 l\u2019abbaye d\u2019Ardenne o\u00f9 20 prisonniers canadiens ont \u00e9t\u00e9 tu\u00e9s par des coups ou des balles dans la t\u00eate les 7, 8 et 17 juin.<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0J\u2019ai ressenti tellement de tristesse l\u00e0-bas, tellement de mal, tellement de douleur\u00a0\u00bb, dit Wilson. Il n\u2019y a pas de p\u00e8le\u00adrin qui ne soit affect\u00e9 par le jardin froid, humide et sombre, o\u00f9 les oiseaux ne chantent m\u00eame pas pendant les deux minutes de silence. L\u2019ambiance est encore \u00e0 la d\u00e9prime au ch\u00e2teau d\u2019Audrieu o\u00f9 les p\u00e8lerins d\u00e9posent une couronne dans les bois en m\u00e9moire des 26 Canadiens qui y ont \u00e9t\u00e9 ex\u00e9cut\u00e9s. L\u2019instituteur James Baldwin ajoute le message qu\u2019a compos\u00e9 un \u00e9colier de 4e ann\u00e9e dans le cadre d\u2019un projet comm\u00e9moratif. \u00ab\u00a0Il s\u2019agit d\u2019un projet \u00e0 trois volets\u00a0: ils \u00e9crivent un message, on le d\u00e9pose en comm\u00e9moration, et quelqu\u2019un d\u2019autre qui passe par l\u00e0 le lit.\u00a0\u00bb Il est particuli\u00e8rement satisfaisant de le d\u00e9poser ici, dit-il, dans cet endroit isol\u00e9, si facile \u00e0 n\u00e9gliger comme lieu de comm\u00e9moration.<\/p>\n<p>Les indications que la guerre est pass\u00e9e par l\u00e0 se per\u00e7oivent dans les vieux \u00e9difices aux briques trou\u00e9es par des balles ou dont l\u2019aspect indique que des trous d\u2019obus y ont \u00e9t\u00e9 colmat\u00e9s. Il n\u2019est pas rare de trouver des munitions non \u00e9clat\u00e9es d\u00e9pos\u00e9es pr\u00e8s d\u2019un monument pour le ramassage; il y en a m\u00eame de la Premi\u00e8re Guerre mondiale. Il suffit de quelques minutes autour du cimeti\u00e8re d\u2019un champ de bataille pour en trouver. Les p\u00e8lerins de la L\u00e9gion ramassent ardemment ces souvenirs pour les pr\u00e9sentations qu\u2019ils ont promis de faire \u00e0 leur retour.<\/p>\n<p>Tout au long du voyage, chaque p\u00e8lerin fait une pr\u00e9sentation \u00e0 c\u00f4t\u00e9 de la tombe d\u2019un soldat de la Premi\u00e8re Guerre mondiale. Gray nous pr\u00e9sente Alex Decoteau qui a fix\u00e9 un record national \u00e0 la course de cinq kilom\u00e8tres aux Olympiques de 1912 et qui a \u00e9t\u00e9 le premier policier autochtone d\u2019Edmonton. Il a \u00e9t\u00e9 tu\u00e9 \u00e0 Passchendaele en 1917, et son nom perdure dans des temples de la renomm\u00e9e des sports et dans une course sur route de cinq kilom\u00e8tres. La plupart des pr\u00e9sentations concernent des soldats reconnus principalement pour avoir simplement fait leur devoir. Le simple soldat William Dodds en \u00e9tait un, dont le nom est \u00e9crit sur une pierre tombale du cimeti\u00e8re de Tyne Cot, sur des c\u00e9notaphes de Glenboro, au Manitoba, o\u00f9 il a \u00e9t\u00e9 fer\u00ad\u00ad\u00admier, et \u00e0 Wroxeter, en Ontario, o\u00f9 il a grandi, ainsi qu\u2019\u00e0 \u00ab\u00a0un endroit qu\u2019il ne se serait jamais imagin\u00e9\u00a0: en ligne\u00a0\u00bb, dans des sites comme celui du Canadian Great War Project, fait remarquer la p\u00e8lerine manitobaine Linda Kohut.<\/p>\n<div class=\"caption_img \"\tstyle=\"width:515px\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignnone size-full wp-image-2377\" alt=\"La figure endeuill\u00e9e de la M\u00e8re Canada se dresse au-dessus de Belinda Wilson, de Tom MacDonald et de Tom Irvine qui r\u00e9cup\u00e8rent leur drapeau au monument de Vimy. [Photo : Sharon Adams]\" src=\"https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2013\/10\/Pilgrimage6.jpg\" width=\"515\" height=\"664\" srcset=\"https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2013\/10\/Pilgrimage6.jpg 515w, https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2013\/10\/Pilgrimage6-232x300.jpg 232w\" sizes=\"(max-width: 515px) 100vw, 515px\" \/><\/p>\n<div class=\"caption\"><span>La figure endeuill\u00e9e de la M\u00e8re Canada se dresse au-dessus de Belinda Wilson, de Tom MacDonald et de Tom Irvine qui r\u00e9cup\u00e8rent leur drapeau au monument de Vimy. <\/span><\/div>\n<div class=\"credit\"><span>Photo : Sharon Adams<\/span><\/div>\n<\/div>\n<p>Les p\u00e8lerins ont aussi cherch\u00e9 des noms de soldat sur les pierres tombales et sur les monuments, et ils sont all\u00e9s voir des champs de bataille au nom de leurs proches. Gray trouve la tombe du caporal suppl\u00e9ant Alvin Milton Rustad de Rose Valley, en Saskatchewan, pour le neveu de Rustad, au cimeti\u00e8re militaire canadien de Beny-sur-Mer, en Normandie. Il a trouv\u00e9 la mort au jour J, son char d\u2019assaut amphibie ayant coul\u00e9 avant d\u2019atteindre la terre ferme. Gray a d\u00e9pos\u00e9 sur la tombe une croix faite par ses \u00e9l\u00e8ves. L\u00e0-bas aussi, Hodgson a trouv\u00e9 la pierre tombale de son oncle Harry Anderson qui, comme Brown, a \u00e9t\u00e9 tu\u00e9 le 9 juin 1944 alors qu\u2019il aurait d\u00fb \u00eatre fait prisonnier. \u00ab\u00a0Il a probablement la famille la plus nombreuse de tous ceux qui sont ici, mais personne n\u2019\u00e9tait encore venu voir sa tombe.\u00a0\u00bb Par la suite, au monument comm\u00e9moratif du Canada \u00e0 Vimy, Hodgson trouve le nom de son grand-oncle, Arthur Hodgson qui est all\u00e9 \u00e0 la guerre avec ses trois fr\u00e8res et qui est le seul \u00e0 ne pas en \u00eatre revenu. Victor et Jack ont v\u00e9cu \u00ab\u00a0jusqu\u2019\u00e0 un \u00e2ge avanc\u00e9\u00a0\u00bb, mais Billy est mort des suites du gaz de combat.<\/p>\n<p>L\u2019oncle de Kennedy, Victor Bouchie, a subi un autre sort\u00a0: il est mort \u00e0 23 ans, en 1944, alors qu\u2019il d\u00e9montrait la mani\u00e8re de d\u00e9sarmer une grenade. Il a \u00e9t\u00e9 enterr\u00e9 au cimeti\u00e8re militaire de Brookwood, en Angleterre. \u00ab\u00a0C\u2019\u00e9tait le premier enfant de ma grand-m\u00e8re. Elle n\u2019a pas eu l\u2019occasion de lui dire au revoir quand il est parti en guerre.\u00a0\u00bb Quelques semaines avant de mourir, alors qu\u2019elle avait 92 ans, la grand-m\u00e8re de Kennedy lui a montr\u00e9 les pi\u00e8ces de monnaie que Victor avait envoy\u00e9es \u00e0 sa m\u00e8re apr\u00e8s s\u2019\u00eatre vid\u00e9 les poches. \u00ab\u00a0On ne se remet jamais de la perte d\u2019un enfant, nous explique Kennedy. Elle n\u2019avait pas de lieu de repos \u00e0 visiter, alors elle n\u2019a jamais pu tourner la page.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Quant \u00e0 la famille de Flannigan, elle a pu tourner la page gr\u00e2ce \u00e0 des visites \u00e0 la tombe du grand-oncle qui portait le m\u00eame nom que lui et qui \u00e9tait un des premiers 500 membres du Newfoundland Regiment. Il avait \u00e9t\u00e9 fait prisonnier en 1916, quand il avait 20 ans, et il a \u00e9t\u00e9 enterr\u00e9 en Belgique, au cimeti\u00e8re communal de Tournai. \u00ab\u00a0J\u2019ai feuillet\u00e9 le livre\u00a0: sa tombe est la seule sur laquelle personne ne s\u2019\u00e9tait jamais recueilli; \u00e7a m\u2019a vraiment boulevers\u00e9, dit Flannigan. Il a finalement \u00e9t\u00e9 visit\u00e9, deux fois.\u00a0\u00bb On pense qu\u2019une vingtaine de prisonniers morts en m\u00eame temps que lui \u00ab\u00a0\u00e0 la suite d\u2019une blessure caus\u00e9e par une seule balle\u00a0\u00bb, le 4 mai 1918, ont \u00e9t\u00e9 assassin\u00e9s.<\/p>\n<p>Les p\u00e8lerins de 2013 ont pris part \u00e0 11 services comm\u00e9moratifs protocolaires, dont un \u00e0 la porte de Menin d\u2019Ypres, o\u00f9 la circulation s\u2019arr\u00eate tous les jours \u00e0 20\u00a0h pour une c\u00e9r\u00e9monie o\u00f9 est jou\u00e9e la derni\u00e8re sonnerie, et un au monument de Vimy, o\u00f9 on leur a donn\u00e9 la m\u00e9daille du p\u00e8lerinage de Vimy.<\/p>\n<p>Pr\u00e8s du canal Leopold, \u00e0 Eede, le r\u00e9sidant Erik Buzeign assiste \u00e0 la c\u00e9r\u00e9monie de la L\u00e9gion et d\u00e9pose son coquelicot en souvenir de son p\u00e8re qui, quand il \u00e9tait ado, en Belgique, a donn\u00e9 un coup de main pour transporter les cadavres au cimeti\u00e8re militaire canadien d\u2019Adegem. Le fermier fran\u00e7ais de 73 ans Guy Frimout est arriv\u00e9 par hasard pr\u00e8s de Saint-Martin de Fontenay quand les p\u00e8lerins se trouvaient pr\u00e8s de la plaque comm\u00e9morative cr\u00e9\u00e9e en l\u2019honneur des Fusiliers du Mont-Royal qui se sont battus pour prendre les fermes Troteval et Beauvoir. Frimout se souvient de ces combats, lesquels ont eu lieu quand il avait quatre ans. Sa m\u00e8re, qui a maintenant 90 ans, a donn\u00e9 \u00e0 manger aux soldats. \u00ab\u00a0J\u2019ai le c\u0153ur gonfl\u00e9, dit Frimout pour excuser ses larmes. Cela a tant de signification pour moi.\u00a0\u00bb<\/p>\n<div class=\"caption_img \"\tstyle=\"width:515px\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignnone size-full wp-image-2379\" alt=\"Guy Frimout, fermier fran\u00e7ais, montre des trous de balle. [Photo : Sharon Adams]\" src=\"https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2013\/10\/Pilgrimage8.jpg\" width=\"515\" height=\"710\" srcset=\"https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2013\/10\/Pilgrimage8.jpg 515w, https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2013\/10\/Pilgrimage8-217x300.jpg 217w\" sizes=\"(max-width: 515px) 100vw, 515px\" \/><\/p>\n<div class=\"caption\"><span>Guy Frimout, fermier fran\u00e7ais, montre des trous de balle. <\/span><\/div>\n<div class=\"credit\"><span>Photo : Sharon Adams<\/span><\/div>\n<\/div>\n<p>Herv\u00e9 Hoffer, propri\u00e9taire de la Canada House, montre le monument qu\u2019il a b\u00e2ti, \u00e0 la plage Juno, en l\u2019honneur des Queen\u2019s Own Rifles dont les pertes au jour J se sont \u00e9le\u00adv\u00e9es \u00e0 plus de 100 morts et bless\u00e9s; pr\u00e8s d\u2019Authie, Daniel et Denise Collet, des Amis du<\/p>\n<p>Canada, offrent une r\u00e9ception et racontent des histoires sur la guerre; pendant une courte pause \u00e0 Tailleville, le maire et son \u00e9pouse arrivent \u00e0 l\u2019improviste avec un album de photos; un homme qui promenait son chien \u00e0 Pourville, pr\u00e8s de Dieppe, dit \u00e0 MacDonald que la mer \u00e9tait rouge le jour du raid. \u00ab\u00a0Cette plage est la v\u00f4tre\u00a0\u00bb, dit-il. \u00c0 Adegem, Gilbert Van Landschoot dit qu\u2019il a construit le mus\u00e9e militaire Canada-Pologne pour remercier les lib\u00e9rateurs qui ont probablement sauv\u00e9 son p\u00e8re de la Gestapo. Au mus\u00e9e du Mont Ormel, un homme de la r\u00e9gion d\u00e9crit d\u2019une voix \u00e9trangl\u00e9e la bataille de la br\u00e8che de Falaise que les Allemands voulaient utiliser pour s\u2019enfuir \u00e0 tout prix, et que les Canadiens et les Polonais voulaient boucher co\u00fbte que co\u00fbte. La puanteur, dans la chaleur d\u2019aout 1944, s\u2019\u00e9levait jusqu\u2019aux avions qui survolaient le champ de bataille, et il a fallu 20 ans, soit toute son enfance et sa jeunesse, pour le nettoyer.<\/p>\n<p>Ces \u00e9changes entre les p\u00e8lerins et les citoyens de la place permettent aux visiteurs de se mettre \u00e0 la place des soldats canadiens. \u00ab\u00a0Il est important de rendre hommage, dit Luffman, et pas seulement aux gars \u00e0 qui on a d\u00e9cern\u00e9 la Croix de Victoria.\u00a0\u00bb Luffman a servi pendant 42 ans dans les forces r\u00e9guli\u00e8res, dans la r\u00e9serve et dans le programme des cadets de l\u2019Arm\u00e9e. Il ne peut retenir ses larmes au cimeti\u00e8re o\u00f9 ont \u00e9t\u00e9 concentr\u00e9s, en 1918, les restes des soldats qui avaient pris part aux batailles du canal du Nord. \u00ab\u00a0Je pensais en savoir beaucoup, dit-il, mais je ne m\u2019\u00e9tais pas rendu compte de l\u2019ampleur, du nombre de Canadiens morts au combat ici.\u00a0\u00bb Presque 67\u00a0000 soldats canadiens sont morts \u00e0 la Premi\u00e8re Guerre mondiale. \u00ab\u00a0On voit la feuille d\u2019\u00e9rable partout dans les cimeti\u00e8res comme celui-ci. J\u2019en suis tr\u00e8s \u00e9mu&#8230;\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Irvine a pass\u00e9 23 ans dans le Black Watch, dont une affectation en \u00c9gypte comme partie d\u2019une Force d\u2019urgence des Nations Unies. Il a lui aussi \u00e9t\u00e9 saisi par l\u2019\u00e9motion, surtout \u00e0 la cr\u00eate de Verri\u00e8res, o\u00f9 la plus grande partie du r\u00e9giment Black Watch a \u00e9t\u00e9 supprim\u00e9e en 1944. \u00ab\u00a0Je suis en train de marcher o\u00f9 ils ont port\u00e9 leurs pas.\u00a0\u00bb Il passe la main sur la pierre tombale du major Frederick Philip Griffin. Ce dernier, oblig\u00e9 d\u2019assumer le commandement \u00e0 l\u2019\u00e2ge de 26 ans apr\u00e8s que ses commandants avaient tous \u00e9t\u00e9 tu\u00e9s ou bless\u00e9s, avait re\u00e7u l\u2019ordre de prendre la cr\u00eate d\u2019assaut. Sans \u00eatre soutenu par les chars d\u2019assaut, il a men\u00e9 sto\u00efquement 300 hommes \u00e0 d\u00e9couvert sous le feu de l\u2019ennemi; 60 ont atteint le sommet, mais 15 seulement ont surv\u00e9cu; le corps de Griffin a \u00e9t\u00e9 trouv\u00e9 en haut de la c\u00f4te.<\/p>\n<p>Le touriste des champs de bataille et ancien combattant Dick Sheppard de Guildford, en Angleterre, s\u2019arr\u00eate pour f\u00e9liciter les p\u00e8lerins d\u2019organiser une c\u00e9r\u00e9monie de la L\u00e9gion au cimeti\u00e8re de Tyne Cot. \u00ab\u00a0Nous, les gars, on pleure pas souvent, mais je sens que \u00e7a risque de m\u2019arriver\u00a0\u00bb, dit-il. Irvine r\u00e9pond sans aucune g\u00eane\u00a0: \u00ab\u00a0Oh, on a pleur\u00e9 pendant ce voyage-ci. On a beaucoup pleur\u00e9.\u00a0\u00bb<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Alex Wilson de Killam, en Alberta, a gagn\u00e9 une montre \u00e0 un carnaval il y a un si\u00e8cle. Il l\u2019avait dans la poche quand il s\u2019est enr\u00f4l\u00e9 et durant la bataille de Passchendaele, o\u00f9 il a \u00e9t\u00e9 bless\u00e9.<\/p>\n<p>Ce jeune brancardier a rapport\u00e9 au Canada deux choses qu\u2019il aimait : son \u00e9pouse, Leah Beatrice Jones, qui l\u2019avait soign\u00e9, et la montre Elgin qu\u2019il avait gagn\u00e9e.<\/p>\n","protected":false},"author":3,"featured_media":2380,"comment_status":"closed","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[3],"tags":[],"class_list":["post-2371","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-articles-principaux"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/2371","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/3"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=2371"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/2371\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media\/2380"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=2371"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=2371"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=2371"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}