{"id":234,"date":"2009-03-01T00:05:14","date_gmt":"2009-03-01T04:05:14","guid":{"rendered":"https:\/\/legionmagfren.wpengine.com\/index.php\/2009\/03\/a-ortona-dans-le-temps-et-maintenant\/"},"modified":"2009-02-20T12:10:59","modified_gmt":"2009-02-20T16:10:59","slug":"a-ortona-dans-le-temps-et-maintenant","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/2009\/03\/a-ortona-dans-le-temps-et-maintenant\/","title":{"rendered":"\u00c0 Ortona dans le temps et maintenant"},"content":{"rendered":"<div class=\"caption_img \"\tstyle=\"width:630px\"><img fetchpriority=\"high\" decoding=\"async\" src=\"http:\/\/www.legionmagazine.com\/en\/wp-content\/uploads\/2009\/02\/ortonaintro.jpg\" alt=\"Plus de 1 200 \u00e9l\u00e8ves quittent le cimeti\u00e8re de guerre canadien de la Moro, \u00e0 Ortona, en d\u00e9filant avec leur drapeau \u00ab reliant les g\u00e9n\u00e9rations \u00bb [PHOTO : DAN BLACK]\" class=\"top\" height=\"236\" width=\"630\" \/><\/p>\n<div class=\"caption\"><span>Plus de 1 200 \u00e9l\u00e8ves quittent le cimeti\u00e8re de guerre canadien de la Moro, \u00e0 Ortona, en d\u00e9filant avec leur drapeau \u00ab reliant les g\u00e9n\u00e9rations \u00bb <\/span><\/div>\n<div class=\"credit\"><span>PHOTO : DAN BLACK<\/span><\/div>\n<\/div>\n<p><strong>T\u00f4t le matin du 25 novembre 2008 :<\/strong><\/p>\n<p>Les grands autocars s\u2019arr\u00eatent un par un dans l\u2019all\u00e9e \u00e9troite qui longe la c\u00f4te ouest de l\u2019Adriatique. Il fait froid, il y a du vent, et la pluie menace de tomber sur la voute en pierres qui relie l\u2019\u00e9glise de San Donato au cimeti\u00e8re de guerre canadien de la Moro.<\/p>\n<p>Pendant quelques secondes entre les arriv\u00e9es, tout est silence, sauf le bruissement du vent du nord dans les oliveraies et les pergolas couvertes de plantes grimpantes. \u00c0 cinq kilom\u00e8tres au nord, sur un plateau qui donne sur la mer et une vall\u00e9e tranquille, se trouve l\u2019ancienne ville d\u2019Ortona, reconstruite, aux maisons \u00e0 deux ou trois \u00e9tages blotties sous la cath\u00e9drale San Tommaso.<\/p>\n<p>\u00c0 deux milles environ au sud-ouest, invisible, au bord d\u2019un long ravin, il y a la Casa Berardi o\u00f9, le 14 d\u00e9cembre 1943, un petit groupe de soldats cana\u00addiens r\u00e9solus a tenu, contre toute attente, \u00e0 une bataille brutale qui s\u2019est termin\u00e9e par la capture d\u2019une position cl\u00e9 et la remise d\u2019une Croix de Victoria \u00e0 un Canadien fran\u00e7ais de Cabano (Qc). Plus au sud, du c\u00f4t\u00e9 nord de la Moro, se trouvent les villages de fermiers Villa Rogatti, La Torre et San Leonardo.<\/p>\n<p>Des dizaines d\u2019adolescents cana\u00addiens, en manteau \u00e9carlate, pantalons noirs et chemise kaki, descendent sur la chauss\u00e9e mouill\u00e9e, par les portes avant et arri\u00e8re du premier car. Ceux qui se trouvaient dans le premier car viennent de regarder une courte vid\u00e9o montrant l\u2019endroit 65 ans auparavant.<\/p>\n<div class=\"caption_img middle\"\tstyle=\"width:515px\"><img decoding=\"async\" src=\"http:\/\/www.legionmagazine.com\/en\/wp-content\/uploads\/2009\/02\/ortonainset1.jpg\" alt=\"Une compagnie  des Seaforth Highlanders s\u2019avance vers Ortona en 1943. [ PHOTO : FREDERICK G. WHITCOMBE, LIBRAIRIE ET ARCHIVES CANADA\u2013PA152749]\" align=\"middle\" height=\"628\" width=\"515\" \/><\/p>\n<div class=\"caption\"><span>Une compagnie  des Seaforth Highlanders s\u2019avance vers Ortona en 1943. <\/span><\/div>\n<div class=\"credit\"><span>PHOTO : FREDERICK G. WHITCOMBE, LIBRAIRIE ET ARCHIVES CANADA\u2013PA152749<\/span><\/div>\n<\/div>\n<p>Pendant la prochaine heure, plus de 1 200 \u00e9coliers vont passer en-dessous de la voute et se disperser dans le cimeti\u00e8re \u00e0 la pelouse immacul\u00e9e. La plupart, sinon tous, ont carnet et crayon, ou un appareil photo num\u00e9rique. Et ils ont tous quelque chose d\u2019autre : une promesse \u00e0 tenir, une qu\u00eate \u00e0 r\u00e9aliser; c\u2019est un petit p\u00e8lerinage priv\u00e9 qui a non seulement couvert des milliers de kilom\u00e8tres, du Canada \u00e0 l\u2019Italie, mais qui leur a fait examiner l\u2019histoire militaire canadienne comme jamais auparavant. Il s\u2019agira de chercher en leur for int\u00e9rieur ainsi que d\u2019examiner l\u2019histoire d\u2019une bataille qui en son temps on surnommait la petite Stalingrad.<\/p>\n<p>On esp\u00e8re, ou en tout cas leurs enseignants esp\u00e8rent certainement, que ce voyage en Italie va les aider \u00e0 mieux comprendre ce qu\u2019ont ressenti les milliers de jeunes hommes qui avaient quitt\u00e9 leurs proches et \u00e9taient venus servir en Italie pendant la campagne des alli\u00e9s qui a dur\u00e9 de 1943 \u00e0 1945. Ils ont lu, par exemple, que plus du quart des 92 757 Canadiens de tous les grades qui ont fait la campagne en ont \u00e9t\u00e9 victimes. Plus de 400 officiers et presque 5 000 hommes ont trouv\u00e9 la mort. Presque 19 500 autres ont \u00e9t\u00e9 bless\u00e9s et 365 sont morts de causes autres que l\u2019action ennemie.<\/p>\n<p>Pour beaucoup des \u00e9coliers, des parents, des enseignants et des chape\u00adrons, c\u2019est un voyage qui entrelace les influences que sont la curiosit\u00e9, la tristesse et la col\u00e8re pour en faire un cadre global du souvenir en l\u2019honneur de ceux qui gisent sous leurs pieds. Ici, il y a 1 615 tombes, dont 1 375 sont celles de Canadiens.<\/p>\n<p>Mais bien que le voyage serve \u00e0 regarder 65 ans en arri\u00e8re, il sert aussi \u00e0 jeter un coup d\u2019\u0153il sur le monde d\u2019aujourd\u2019hui, notamment sur la guerre en Afghanistan. Car en plus d\u2019offrir ses respects \u00e0 un Canadien tu\u00e9 en Italie, chaque \u00e9colier s\u2019est renseign\u00e9 sur un soldat de la mission actuelle du Canada, et ils l\u2019ont tous d\u00e9montr\u00e9 en ajoutant des carr\u00e9s de tissus, avec leur nom et le nom de leurs \u00ab deux soldats \u00bb, \u00e0 une banni\u00e8re immense intitul\u00e9e Hands Across The Generations Flag (drapeau des mains reliant les g\u00e9n\u00e9rations).<\/p>\n<div class=\"caption_img middle\"\tstyle=\"width:515px\"><img decoding=\"async\" src=\"http:\/\/www.legionmagazine.com\/en\/wp-content\/uploads\/2009\/02\/ortonainset2.jpg\" alt=\"Les \u00e9l\u00e8ves assistent \u00e0 une c\u00e9r\u00e9monie de comm\u00e9moration au cimeti\u00e8re de guerre canadien de la Moro. [PHOTO : DAN BLACK]\" align=\"middle\" height=\"466\" width=\"515\" \/><\/p>\n<div class=\"caption\"><span>Les \u00e9l\u00e8ves assistent \u00e0 une c\u00e9r\u00e9monie de comm\u00e9moration au cimeti\u00e8re de guerre canadien de la Moro. <\/span><\/div>\n<div class=\"credit\"><span>PHOTO : DAN BLACK<\/span><\/div>\n<\/div>\n<p>Mais rien que de se trouver parmi ces pierres tombales d\u2019un blanc velout\u00e9 au cimeti\u00e8re de la Moro, de voir ce qu\u2019a cout\u00e9 la guerre, non pas en termes de statistiques mais de vies de particuliers perdues, est immensurable. Les \u00e9ducateurs, dont Rosie Kruhlak de Morinville (Alb.), Gene Michaud d\u2019Ottawa et David Chisholm de Summerside (\u00ce.-P.-\u00c9.) voient ces moments comme \u00ab enseignables \u00bb, quand les yeux s\u2019\u00e9carquillent et que la\u00a0 bouche b\u00e9e en une expression de compr\u00e9hension : \u2018Ouah! Je comprends! Je comprends vraiment!<\/p>\n<p>David Robinson, enseignant qui a men\u00e9 plus de 1 700 \u00e9coliers en France, en avril 2007, \u00e0 l\u2019occasion du 90e anniversaire de la bataille de la cr\u00eate de Vimy, est \u00e0 la t\u00eate du voyage en souvenir du 65e anniversaire d\u2019Ortona. En descendant du car, lors de ce qui va \u00eatre le point culminant d\u2019un travail de plusieurs mois comprenant d\u2019innombrables courriels et r\u00e9unions avec des officiels du Canada, de l\u2019Italie et du Vatican, il l\u00e8ve les yeux au ciel : \u00ab Pourvu qu\u2019il ne pleuve pas. \u00bb<\/p>\n<p><strong>4 d\u00e9cembre 1943 : <\/strong><\/p>\n<p>La 1re Division canadienne est au bord de la Moro. Deux jours apr\u00e8s, la 1re Brigade blind\u00e9e canadienne la rejoint. Leur mission, grosso modo, est de traverser une vall\u00e9e de six kilom\u00e8tres de largeur, faire une br\u00e8che dans les lignes allemandes et capturer Ortona. Dans la vall\u00e9e, il y a des fermes, des champs parsem\u00e9s de mines et des positions de mitrailleuse ennemies. Il y a aussi des oliveraies, des vignes, des ponts d\u00e9truits et des ravins profonds.<\/p>\n<div class=\"caption_img middle\"\tstyle=\"width:515px\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"http:\/\/www.legionmagazine.com\/en\/wp-content\/uploads\/2009\/02\/ortonainset3.jpg\" alt=\"La vall\u00e9e de la Moro, le 8 d\u00e9cembre 1943. [PHOTO : TERRY ROWE, LIBRAIRIE ET ARCHIVES CANADA\u2013PA166307]\" align=\"middle\" height=\"255\" width=\"515\" \/><\/p>\n<div class=\"caption\"><span>La vall\u00e9e de la Moro, le 8 d\u00e9cembre 1943. <\/span><\/div>\n<div class=\"credit\"><span>PHOTO : TERRY ROWE, LIBRAIRIE ET ARCHIVES CANADA\u2013PA166307<\/span><\/div>\n<\/div>\n<p><strong>La noirceur aidant, 5-6 d\u00e9cembre 1943 :\u00a0 <\/strong><\/p>\n<p>Le Hastings and Prince Edward Regiment, les Seaforth Highlanders of Canada et la Princess Patricia\u2019s Canadian Light Infantry commencent \u00e0 traverser la Moro. L\u2019attaque du Hastings, pr\u00e8s de l\u2019embouchure, a pour but de distraire l\u2019ennemi des Seaforth et de la PPCLI dont les objectifs sont, respectivement, San Leonardo et Villa Rogatti. Pendant la nuit, la PPCLI capture son objectif et puis le d\u00e9fend. Le Hastings \u00e9tablit aussi une petite t\u00eate de pont.<\/p>\n<p><strong>8-9 d\u00e9cembre 1943 :<\/strong><\/p>\n<p>Les 48th Highlanders of Canada attaquent \u00e0 l\u2019ouest de San Leonardo et le Royal Canadian Regt. attaque ailleurs, esp\u00e9rant prendre le village par le c\u00f4t\u00e9. Malgr\u00e9 la pluie drue et le ciel nuageux, les frappes a\u00e9riennes des alli\u00e9s ont affaibli les positions de l\u2019ennemi. Pendant ce temps, le Corps royal du g\u00e9nie canadien, faisant fi du feu nourri de l\u2019ennemi, pr\u00e9pare la travers\u00e9e de la rivi\u00e8re par les blind\u00e9s. Des chars d\u2019assaut du Calgary Regt., accompagn\u00e9s par les Seaforth Highlanders, s\u2019avancent dans la ville. Les Allemands n\u2019abandonnent pas facilement, mais les Canadiens prennent San Leonardo.<\/p>\n<p><strong>25 novembre 2008 : <\/strong><\/p>\n<p>Au cimeti\u00e8re canadien de la guerre de la Moro, l\u2019\u00e9coli\u00e8re Heather Shearer de Port Perry (Ont.) se tient devant le lot 9 de la rang\u00e9e F11, toute seule. Elle a trouv\u00e9 la tombe d\u2019un soldat qui n\u2019a surv\u00e9cu qu\u2019environ cinq mois au d\u00e9barquement en Sicile du 10 juillet 1943. Shearer a inscrit les renseignements sur le simple soldat Steve Andronick dans un carnet. \u00ab Il est n\u00e9 \u00e0 Vancouver et a servi dans les Seaforth Highlanders of Canada, dit-elle. Il a particip\u00e9 \u00e0 la capture de mitrailleurs, \u00e0 San Leonardo, le 8 d\u00e9cembre 1943. Il est mort le 17 d\u00e9cembre. L\u2019ennemi tirait sur eux du haut d\u2019une colline\u2026 Il y en a beaucoup qui ne s\u2019en sont pas sortis. \u00bb<\/p>\n<p>Il y a aussi des renseignements sur un Canadien qui a servi en Afghanistan, dans son carnet. Le sergent Darcy Scott Tedford est un des deux soldats tu\u00e9s, dans une embuscade pr\u00e8s de Pashmul, en Afghanistan, le 14 octobre 2006. Deux autres soldats y ont \u00e9t\u00e9 bless\u00e9s. Les militants avaient tir\u00e9 des grenades propuls\u00e9es par fus\u00e9e sur l\u2019unit\u00e9 de Tedford, qui gardait la construction d\u2019une route. N\u00e9 \u00e0 Calgary, Tedford avait grandi \u00e0 Earltown (N.-\u00c9.) et servait dans le 1er Bataillon du Royal Canadian Regt. bas\u00e9 \u00e0 Petawawa (Ont.). \u00ab Il \u00e9tait mari\u00e9 et avait deux petites filles&#8230; \u00bb nous explique Shearer.<\/p>\n<p><strong>10-11 d\u00e9cembre 1943 :\u00a0<\/strong><\/p>\n<p>\u00c0 moins d\u2019un mille au sud d\u2019Ortona, parall\u00e8le \u00e0 la Moro, il y a un long ravin. M\u00eame s\u2019il a \u00e9t\u00e9 fortement bombard\u00e9 par les avions alli\u00e9s, c\u2019est une position de d\u00e9fense allemande formidable. Le Loyal Edmonton Regt. lance son attaque, avec l\u2019appui de chars d\u2019assaut, vers un carrefour au nord du ravin, mais, bien que des renforts lui permettent de garder une partie du terrain gagn\u00e9, il finit par \u00eatre repouss\u00e9. La PPCLI prend la cr\u00eate de Vino, du c\u00f4t\u00e9 sud, avec l\u2019aide de chars d\u2019assaut. Une autre attaque ayant pour but de traverser le ravin et capturer un endroit surnomm\u00e9 Cider Crossroads (carrefour du cidre) \u00e9choue au sud-est d\u2019Ortona. Une attaque du West Nova Scotia Regt. aussi, au bout ouest du ravin, est repouss\u00e9e.<\/p>\n<p><strong>13 d\u00e9cembre 1943 : <\/strong><\/p>\n<p>Le feu des mitrailleuses et des mortiers tape dru sur le Carleton and York Regt. Cependant, un petit groupe des Seaforth traverse la ligne allemande et fait presque 80 prisonniers. Sans renforts, les Highlanders se replient, mais un endroit faible des d\u00e9fenses ennemies est d\u00e9couvert pr\u00e8s de Casa Berardi.<\/p>\n<p><strong>25 novembre 2008 :\u00a0 <\/strong><\/p>\n<p>L\u2019air froid et humide venant du nord fait tousser Franca Fiset. L\u2019enseignante de l\u2019\u00e9cole secondaire catholique Notre-Dame d\u2019Ottawa d\u00e9cide de s\u2019\u00e9carter des centaines d\u2019\u00e9l\u00e8ves qui se mettent en ligne au cimeti\u00e8re de la Moro o\u00f9 une c\u00e9r\u00e9monie comm\u00e9morative va avoir lieu. Elle se retrouve bient\u00f4t derri\u00e8re la foule, non loin d\u2019une Italienne \u00e2g\u00e9e. \u00ab Elle s\u2019appelle Adaluisa Budano. Elle vient de d\u00e9poser une collection de bio\u00adgraphies militaires au bureau de l\u2019enre\u00adgistrement du cimeti\u00e8re. Elle avait 17 ans en d\u00e9cembre 1943. \u00bb Les Canadiens se sont saisis de sa maison pour en faire un quartier g\u00e9n\u00e9ral de l\u2019arm\u00e9e. Sa m\u00e8re et elle cuisinaient et faisaient la lessive et elle dit \u00e0 Fiset que les Canadiens \u00e9taient tr\u00e8s gentils et leur fournissaient deux choses qui se faisaient tr\u00e8s rares : de la nourriture et un peu de s\u00e9curit\u00e9. \u00ab Je suis tr\u00e8s heureuse de l\u2019avoir rencontr\u00e9e \u00bb, dit l\u2019enseignante.<\/p>\n<p><strong>14 d\u00e9cembre 1943 :<\/strong><\/p>\n<p>Le Royal 22e R\u00e9giment, avec l\u2019aide de sept chars de l\u2019Ontario Regt., se lance \u00e0 l\u2019attaque du secteur qui n\u2019est plus aussi faible qu\u2019avant. Un char allemand cach\u00e9 tient les Canadiens en respect jusqu\u2019\u00e0 ce que le sergent J.P. Rousseau le fasse sauter avec un lance-bombes anti-chars d\u2019infanterie PIAT. Pendant que les fantassins, pris sous le feu des soldats ennemis \u00e9liminent ces derniers, les chars Sherman d\u00e9truisent trois Panzer Mark IV. L\u2019artillerie et les mortiers tirant sur leur position d\u00e9couverte, les Canadiens se mettent \u00e0 couvert dans la Casa Berardi. Le capitaine Paul Triquet orga\u00adnise ses forces, environ 15 hommes, quelques chars, un petit nombre de fusils et peu de munitions, et tient sa position jusqu\u2019\u00e0 l\u2019arriv\u00e9e des renforts. On lui d\u00e9cerne la Croix de Victoria et \u00e0 Rousseau, la M\u00e9daille militaire. La Croix militaire est \u00e9galement d\u00e9cern\u00e9e au major H.A. Smith, commandant d\u2019un certain nombre de chars.<\/p>\n<p><strong>25 novembre 2008 :<\/strong><\/p>\n<p>L\u2019\u00e9l\u00e8ve Victoria Lisi et son p\u00e8re Nick, sergent-chef de la police r\u00e9gionale de Durham (Ont.), arrivent devant la tombe du simple soldat \u00c9mile Comeau. Victoria dit qu\u2019il est mort le 15 d\u00e9cembre 1943, \u00e0 22 ans, de blessures subies au ravin. \u00ab Il n\u2019\u00e9tait p\u00e8re de personne, mais il \u00e9tait tr\u00e8s li\u00e9 avec sa famille en Nouvelle-\u00c9cosse. Je suis s\u00fbre que les gens qui le connaissaient seraient heureux de savoir que nous pronon\u00e7ons quelques mots ici. Ses parents ont \u00e9crit beaucoup de lettres \u00e0 son sujet apr\u00e8s sa mort. Son dossier, aux archives d\u2019Ottawa, comprend plus de 68 pages&#8230; J\u2019esp\u00e8re qu\u2019il nous regarde du ciel et qu\u2019il est heureux que nous soyons ici pour le remercier de son sacrifice supr\u00eame. \u00bb<\/p>\n<p><strong>18 d\u00e9cembre 1943 :<\/strong><\/p>\n<p>Les 48th Highlanders participent \u00e0 l\u2019\u00e9tablissement d\u2019une saillie dans les d\u00e9fenses allemandes pr\u00e8s de Casa Berardi. La position permet aux Canadiens de s\u00e9parer en deux une route importante entre le Cider Crossroads et la Villa Grande, situ\u00e9e \u00e0 plus d\u2019un mille \u00e0 vol d\u2019oiseau, au nord-ouest.<\/p>\n<p><strong>25 novembre 2008 : <\/strong><\/p>\n<p>Amie Nault, \u00e2g\u00e9e de 15 ans, de l\u2019\u00e9cole secondaire Port Perry (Ont.), arrive devant la tombe du simple soldat Albert Barber, qui a servi dans le Carleton &amp; York Regt. \u00ab Le voici \u00bb, dit-elle et elle s\u2019agenouille pour d\u00e9poser une petite croix en bois, sur laquelle un coquelicot a \u00e9t\u00e9 fix\u00e9, devant la pierre tombale. \u00ab Sa m\u00e8re s\u2019appelait Alice et son p\u00e8re, William. Il habitait \u00e0 Fredericton et il \u00e9tait passionn\u00e9 de sant\u00e9; il aimait faire de l\u2019exercice et se nourrissait bien. Il aimait beaucoup l\u2019arm\u00e9e. \u00bb<\/p>\n<div class=\"caption_img middle\"\tstyle=\"width:515px\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"http:\/\/www.legionmagazine.com\/en\/wp-content\/uploads\/2009\/02\/ortonainset6.jpg\" alt=\"Amie Nault d\u00e9pose une croix  devant la tombe du simple soldat Albert Barber. [PHOTO : DAN BLACK]\" align=\"middle\" height=\"714\" width=\"515\" \/><\/p>\n<div class=\"caption\"><span>Amie Nault d\u00e9pose une croix  devant la tombe du simple soldat Albert Barber. <\/span><\/div>\n<div class=\"credit\"><span>PHOTO : DAN BLACK<\/span><\/div>\n<\/div>\n<p>L\u2019\u00e9l\u00e8ve de 10e ann\u00e9e a vite trouv\u00e9 la tombe. Elle a visit\u00e9 un site Web de la Commission des s\u00e9pultures de guerre du Commonwealth avant de partir du Canada et d\u00e9termin\u00e9 l\u2019endroit de la tombe de 43 soldats assign\u00e9s \u00e0 son \u00e9cole. \u00ab Il y a beaucoup de gens qui disent nous nous souvenons\u2026 nous nous souvenons. C\u2019est assez \u00e9trange de venir ici, mais quand on est ici pour de vrai, devant la tombe de quelqu\u2019un sur qui on a fait des recherches, \u00e7a devient personnel et tr\u00e8s vrai. Les gens sont morts par centaines pr\u00e8s d\u2019ici. On ne peut pas l\u2019oublier. \u00bb<\/p>\n<p><strong>19 d\u00e9cembre 1943 :<\/strong><\/p>\n<p>Apr\u00e8s un gros bombardement de l\u2019artillerie, le 18 d\u00e9cembre, l\u2019attaque du Cider Crossroads se poursuit. En fin de journ\u00e9e, le terrain est entre les mains des Canadiens. Ortona est \u00e0 moins de deux milles de l\u00e0.<\/p>\n<p><strong>25 novembre 2008 :<\/strong><\/p>\n<p>Kelly Charko, \u00e9l\u00e8ve de 12e ann\u00e9e de Winnipeg, pense au simple soldat Dean Lewis, tu\u00e9 le 13 d\u00e9cembre 1943. \u00ab Il a r\u00e9ussi la travers\u00e9e de la Sicile; il servait dans la PPCLI, dit-elle. C\u2019est surr\u00e9el de se trouver ici, dans ce cimeti\u00e8re. Je n\u2019ai jamais \u00e9t\u00e9 aussi fi\u00e8re d\u2019\u00eatre Canadienne que maintenant. Me trouver vraiment ici et honorer ces soldats qui sont tomb\u00e9s en ce temps-l\u00e0. La fiert\u00e9 que je ressens pour ces hommes et pour tous les anciens combattants qui vivent encore, est vraiment sans mesure\u2026 \u00bb<\/p>\n<p><strong>20 d\u00e9cembre 1943 : <\/strong><\/p>\n<p>Le major Jim Stone du Loyal Edmonton Regt. et un officier du Corps royal du g\u00e9nie canadien, rasent les murs du Corso Vittorio Emanuele d\u2019Ortona \u00e0 la recherche de l\u2019ennemi, mais en vain.<\/p>\n<p><strong>25 novembre 2008 : <\/strong><\/p>\n<p>Les yeux de la jeune Chelsy Vachon se posent pour la premi\u00e8re fois sur le nom grav\u00e9 de son arri\u00e8re-grand-p\u00e8re Ralph Joseph Collins, sapeur du 10e Escadron de campagne du Corps royal du g\u00e9nie canadien. Collins, fils de Simon et Emma Collins, \u00e9tait \u00e2g\u00e9 de 28 ans et son \u00e9pouse Helen Collins de Peace River (Alb.) et lui avaient deux enfants. Il est mort deux jours avant la No\u00ebl de 1943.<\/p>\n<p>Personne de la famille de Chelsy, \u00e9l\u00e8ve de l\u2019\u00e9cole secondaire Community de Morinville (Alb.), a vu la tombe avant elle. La nouvelle qu\u2019il est enterr\u00e9 ici lui a \u00e9t\u00e9 donn\u00e9e par son arri\u00e8re-grand-m\u00e8re nonag\u00e9naire. \u00ab Sa mort a \u00e9t\u00e9 dure pour la famille \u00bb, nous explique Rosie Kruhlak, qui enseigne les \u00e9tudes sociales \u00e0 Chelsy. \u00ab Son arri\u00e8re-grand-m\u00e8re a arm\u00e9 son c\u0153ur et n\u2019a plus mentionn\u00e9 son nom pendant des ann\u00e9es. \u00bb<\/p>\n<p>Chelsy est une des personnes qui d\u00e9posent une couronne de la part d\u2019une filiale de la L\u00e9gion de chez nous. \u00ab Je n\u2019oublierai jamais le moment o\u00f9 j\u2019ai vu la tombe de mon arri\u00e8re-grand-p\u00e8re, dit-elle. \u00c7a m\u2019a rendue si triste, mais si fi\u00e8re aussi. Pour autant que je sache, il essayait de d\u00e9terminer o\u00f9 \u00e9taient les mines quand il a mis le pied sur une d\u2019elles. J\u2019esp\u00e8re que se souvenir des guerres et des gens qui y ont servi va mener \u00e0 un meilleur monde&#8230; \u00bb<\/p>\n<p><strong>21 d\u00e9cembre 1943 : <\/strong><\/p>\n<p>Le Loyal Edmonton Regt. se lance \u00e0 l\u2019attaque d\u2019Ortona. Les hommes ont \u00e9t\u00e9 divis\u00e9s en deux compagnies et celle du flanc droit progresse bien. Celle du flanc gauche est prise sous le feu de tireurs d\u2019\u00e9lite et de mitrailleuses. Il est tr\u00e8s difficile de savoir o\u00f9 se trouve l\u2019ennemi \u00e0 cause des \u00e9difices et de la poussi\u00e8re. Le sang coule \u00e0 maintes reprises. Les hommes suivent un foss\u00e9 en file in\u00addienne, \u00e0 couvert d\u2019un \u00e9cran de fum\u00e9e, jusqu\u2019\u00e0 une maison.<\/p>\n<p><strong>25 novembre 2008 : <\/strong><\/p>\n<p>Tommaso Caraceni, \u00e2g\u00e9 de 85 ans, est heureux de voir des jeunes Canadiens \u00e0 Ortona. Il se rappelle le temps o\u00f9 il avait 20 ans. \u00ab On avait \u00e9t\u00e9 \u00e9vacu\u00e9s par les Allemands au d\u00e9but septembre 1943. On est rentr\u00e9s en ville au d\u00e9but du mois de d\u00e9cembre, mais on pouvait pas rentrer chez nous. On a trouv\u00e9 refuge dans le tunnel de la voie ferr\u00e9e et puis apr\u00e8s, plus loin, dans les entrep\u00f4ts du port. Il n\u2019y avait pas de nourriture, ou tr\u00e8s peu. Il y avait de la nourriture dans les entrep\u00f4ts, mais on ne pouvait pas s\u2019y rendre \u00e0 cause des tireurs d\u2019\u00e9lite allemands sur les toits. \u00bb<\/p>\n<div class=\"caption_img middle\"\tstyle=\"width:515px\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"http:\/\/www.legionmagazine.com\/en\/wp-content\/uploads\/2009\/02\/ortonainset7.jpg\" alt=\"Tommaso Caraceni remercie les \u00e9l\u00e8ves d\u2019\u00eatre venus \u00e0 Ortona. [PHOTO : DAN BLACK]\" align=\"middle\" height=\"343\" width=\"515\" \/><\/p>\n<div class=\"caption\"><span>Tommaso Caraceni remercie les \u00e9l\u00e8ves d\u2019\u00eatre venus \u00e0 Ortona. <\/span><\/div>\n<div class=\"credit\"><span>PHOTO : DAN BLACK<\/span><\/div>\n<\/div>\n<p><strong>Tomb\u00e9e de la nuit, 21-22 d\u00e9cembre 1943 : <\/strong><\/p>\n<p>Les rues \u00e9troites sont bloqu\u00e9es par les d\u00e9combres. Il y a des mines, y compris des Teller, cach\u00e9es sous les d\u00e9bris. Les maisons \u2014 corridors, embrasures de porte, jusqu\u2019aux toilettes \u2014 sont arrang\u00e9es pour exploser. Les chars du Three Rivers Regt. tirent dans les \u00e9difices abandonn\u00e9s en passant.<\/p>\n<p><strong>25 novembre 2008 : <\/strong><\/p>\n<p>Chaque \u00e9l\u00e8ve se tient derri\u00e8re la tombe d\u2019un soldat canadien. On voit bien qu\u2019il y a presque assez d\u2019\u00e9l\u00e8ves pour toutes les tombes. \u00ab On est fiers d\u2019\u00eatre Canadiens, et si fiers de notre jeunesse \u00bb, dit Robinson quelques moments avant le d\u00e9but de la c\u00e9r\u00e9monie. \u00ab C\u2019est vraiment remarquable de voir que leur famille les envoie ici au beau milieu de l\u2019ann\u00e9e scolaire pour rendre hommage \u00e0 ces hommes. Ce qui est incroyable, c\u2019est qu\u2019un jour, ces \u00e9l\u00e8ves vont raconter tout \u00e7a \u00e0 leurs enfants. \u00bb<\/p>\n<p><strong>23 d\u00e9cembre 1943 : <\/strong><\/p>\n<p>L\u2019avance des Seaforth est lente et sanglante. Les Edmonton, quant \u00e0 eux, avancent lentement vers une des piazzas pav\u00e9es de la ville. Des hommes sont victimes des tireurs et des bombes; d\u2019autres sont enterr\u00e9s vivants. Une erreur de jugement est un arr\u00eat de mort. Les rues sont des zones d\u2019abattage, alors il faut trouver une nouvelle approche et on en trouve : modeler une charge de destruction avec de l\u2019explosif plastique. La charge, qui ressemble \u00e0 une ruche, est plac\u00e9e contre le mur int\u00e9rieur d\u2019une maison et puis on la fait exploser. Cela s\u2019appelle \u2018mouse-holing\u2019 (faire des trous de souris) et les Canadiens s\u2019en servent pour attaquer les maisons une \u00e0 la fois, pour se d\u00e9barrasser des ennemis qui s\u2019y trouvent.<\/p>\n<div class=\"caption_img middle\"\tstyle=\"width:515px\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"http:\/\/www.legionmagazine.com\/en\/wp-content\/uploads\/2009\/02\/ortonainset8.jpg\" alt=\"Des membres du Loyal Edmonton Regt., appuy\u00e9s par des chars du Three Rivers Regt., entrent dans la ville en 1943. [PHOTO : TERRY ROWE, LIBRAIRIE ET ARCHIVES CANADA\u2013PA114030]\" align=\"middle\" height=\"429\" width=\"515\" \/><\/p>\n<div class=\"caption\"><span>Des membres du Loyal Edmonton Regt., appuy\u00e9s par des chars du Three Rivers Regt., entrent dans la ville en 1943. <\/span><\/div>\n<div class=\"credit\"><span>PHOTO : TERRY ROWE, LIBRAIRIE ET ARCHIVES CANADA\u2013PA114030<\/span><\/div>\n<\/div>\n<p><strong>25 novembre 2008 : <\/strong><\/p>\n<p>Une procession dirig\u00e9e par l\u2019aum\u00f4nier des Forces canadiennes Gabriel Legault s\u2019avance dans le cimeti\u00e8re vers la Croix du sacrifice. La lancinante Dante\u2019s Prayer, chant\u00e9e par la Canadienne Loreena McKennitt, est port\u00e9e par le vent \u00e0 sa sortie des haut-parleurs.<\/p>\n<p><em>When the dark wood fell before me<\/em><\/p>\n<p><em>And all the paths were overgrown<\/em><\/p>\n<p><em>When the priests of pride say there is no other way<\/em><\/p>\n<p><em>I tilled the sorrows of stone\u2026.<\/em><\/p>\n<p><em>\u2026Cast your eyes on the ocean<\/em><\/p>\n<p><em>Cast your soul to the sea<\/em><\/p>\n<p><em>When the dark night seems endless<\/em><\/p>\n<p><em>Please remember me\u2026.<\/em><\/p>\n<p>L\u2019enseignant Stephen Hills, du conseil scolaire du district de Thames Valley (Ont.), met le moment historique en perspective. \u00ab Encore une fois, une g\u00e9n\u00e9ration de jeunes Canadiens se trouve sur le terrain pr\u00e8s de la rivi\u00e8re Moro, face \u00e0 la colline d\u2019Ortona. Encore une fois, le Canada est repr\u00e9sent\u00e9 par ses jeunes de tous les coins\u2026 Ils sont venus ici pour prouver que la jeunesse du Canada se souvient des sacrifices des hommes qui gisent ici. Ils se souviennent des soldats qui ont donn\u00e9 leur vie\u2026 \u00bb<\/p>\n<p><strong>25 d\u00e9cembre 1943 :<\/strong><\/p>\n<p>\u00c0 9 h, les longues rang\u00e9es de tables de Santa Maria di Costantinopoli sont pr\u00eates pour le souper sp\u00e9cial des Seaforth Highlanders of Canada. Au menu des membres des compagnies de carabiniers : soupe, porc et pur\u00e9e de pommes de terre, pouding et tarte. Il y a aussi du vin et une bouteille de bi\u00e8re pour chaque homme. Le bruit des fusils et des explosions se m\u00eale aux chants de No\u00ebl et \u00e0 la musique. Joyeux No\u00ebl.<\/p>\n<div class=\"caption_img middle\"\tstyle=\"width:515px\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"http:\/\/www.legionmagazine.com\/en\/wp-content\/uploads\/2009\/02\/ortonainset9.jpg\" alt=\"Des membres des Seaforth Highlanders prennent place au repas de la No\u00ebl. [PHOTO : TERRY ROWE, LIBRAIRIE ET ARCHIVES CANADA\u2013PA152839]\" align=\"middle\" height=\"444\" width=\"515\" \/><\/p>\n<div class=\"caption\"><span>Des membres des Seaforth Highlanders prennent place au repas de la No\u00ebl. <\/span><\/div>\n<div class=\"credit\"><span>PHOTO : TERRY ROWE, LIBRAIRIE ET ARCHIVES CANADA\u2013PA152839<\/span><\/div>\n<\/div>\n<p><strong>25 novembre 2008 :<\/strong><\/p>\n<p>L\u2019aum\u00f4nier dit aux \u00e9l\u00e8ves et p\u00e8lerins que, d\u2019apr\u00e8s lui, leur voyage est ext\u00e9rieur et int\u00e9rieur; la partie ext\u00e9rieure \u00e9tant le voyage en tant que tel et la partie int\u00e9rieure \u00e9tant l\u2019impact de la comm\u00e9moration dans leur esprit et dans leur c\u0153ur. \u00ab Tous les kilom\u00e8tres que vous avez faits ne veulent rien dire si vous ne faites pas la partie la plus courte et la plus essentielle de votre p\u00e8lerinage. Il s\u2019agit des derniers 18 pouces qui s\u00e9parent votre t\u00eate de votre c\u0153ur. \u00bb<\/p>\n<p>Certains des \u00e9l\u00e8ves offrent leurs impressions du voyage, y compris l\u2019\u00e9l\u00e8ve de 11e Sarah Campbell, de l\u2019\u00e9cole secon\u00addaire John McCrae de Nepean (Ont.). Elle sait \u00e0 quel point la guerre affecte le front int\u00e9rieur car son fr\u00e8re Danny vient de finir une affectation en Afghanistan. \u00ab Peu de temps avant d\u2019entendre parler de cette occasion de venir en Italie, j\u2019ai appris que mon fr\u00e8re se pr\u00e9parait \u00e0 partir pour l\u2019Afghanistan\u2026 Pas un seul jour ne s\u2019est pass\u00e9 sans que je m\u2019inqui\u00e8te de Danny et que je me demande ce qu\u2019il faisait. Je me sentais si impuissante de ne pas pouvoir lui parler\u2026 J\u2019\u00e9tais inqui\u00e8te de la possibilit\u00e9 de le perdre; de ne plus jamais lui parler. Cette guerre en Afghanistan est diff\u00e9rente, de bien des fa\u00e7ons, de la Seconde Guerre mondiale, mais les ressemblances, ne pas savoir ce qui puisse arriver \u00e0 quelqu\u2019un qu\u2019on aime, \u00eatre terrifi\u00e9 quand on frappe \u00e0 la porte\u2026 \u00e9tablissent un lien entre les deux guerres\u2026 \u00bb<\/p>\n<p>Les \u00e9l\u00e8ves, deux par deux, d\u00e9posent presque 70 couronnes autour de la Croix du sacrifice et puis, quand la c\u00e9r\u00e9monie tire \u00e0 sa fin, chacun d\u2019eux se penche et d\u00e9pose \u00e0 l\u2019unisson une croix en bois ou un coquelicot devant une pierre tombale.<\/p>\n<p>Taylor Wilson, \u00e2g\u00e9 de 14 ans, de l\u2019\u00e9cole secondaire Notre-Dame d\u2019Ottawa, se souvient d\u2019un soldat tu\u00e9 peu de temps apr\u00e8s la prise d\u2019Ortona. Le lieutenant Laurent Rochon est mort \u00e0 la mi-janvier, quand il redescendait une colline dans une vall\u00e9e avec d\u2019autres hommes. \u00ab Ils ont \u00e9t\u00e9 pris sous le feu d\u2019une (mitrailleuse lourde) MG-42, nous explique Wilson. Il avait 22 ans. \u00bb<\/p>\n<p>Wilson parle aussi du caporal \u00c9ric Labb\u00e9, qui est mort en Afghanistan le 6 janvier 2008. N\u00e9 \u00e0 Rimouski (Qc), il \u00e9tait membre du 2e Bataillon du Royal 22e R\u00e9giment. Il \u00e9tait \u00e2g\u00e9 de 31 ans. \u00ab C\u2019est en voyant toutes les tombes qu\u2019on comprend vraiment ce que \u00e7a veut dire que, 65 ans apr\u00e8s, des Canadiens servent encore leur pays, et qu\u2019ils meurent encore pour leur pays. \u00bb<\/p>\n<p>\u00c0 la c\u00e9r\u00e9monie se trouvait le chanteur James Blondeau de Dunrobin (Ont.), dont la chanson Ortona, qu\u2019il a \u00e9crite il y a environ 10 ans, pour un groupe d\u2019anciens combattants qui planifiaient un souper de No\u00ebl \u00e0 Ortona, a servi \u00e0 transmettre un message de comm\u00e9moration. \u00ab C\u2019est \u00e9mouvant \u00bb, disait le chanteur par la suite. \u00ab Nous capturions le pass\u00e9 par \u00e9gard pour l\u2019avenir. \u00bb<\/p>\n<p><strong>27 d\u00e9cembre 1943 :<\/strong><\/p>\n<p>Les combats f\u00e9roces se poursuivent, causant de plus en plus de morts et de bless\u00e9s. Il y a aussi un grand nombre de victimes civiles, la plupart d\u2019elles \u00e9tant des gens qui, ayant refus\u00e9 de s\u2019enfuir, sont pris entre deux feux. Mais, soudainement, les Allemands commencent \u00e0 se replier vers le nord, le long de la route c\u00f4ti\u00e8re. La bataille est finie, mais Ortona est en ruines. Peu \u00e0 peu, les r\u00e9sidents, las, affam\u00e9s, sortent des celliers et des tunnels froids et rega\u00adgnent les rues.<\/p>\n<p><strong>Soir du 25 novembre 2008 : <\/strong><\/p>\n<p>Les bancs polis de la cath\u00e9drale San Tommaso sont pleins, ainsi que les all\u00e9es \u00e9troites. Les \u00e9l\u00e8ves, les enseignants, les chaperons et les r\u00e9sidents sont, qui assis, qui debout, coude \u00e0 coude, et se rappellent des 1 314 victimes civiles de la bataille. C\u2019est un chiffre dont on n\u2019est pas tout \u00e0 fait s\u00fbrs car beaucoup sont morts bien plus tard \u00e0 cause des privations, ou quand ils mettaient le pied sur une mine. Mais les gens de la ville, les survivants compris, sont \u00e9ternellement reconnaissants envers le Canada et les jeunes qui sont ici actuellement.<\/p>\n<p>La nonag\u00e9naire Francesca LaSorda se souvient d\u2019un gar\u00e7on appel\u00e9 Robert. \u00ab C\u2019est un des gar\u00e7ons qui sont revenus me voir en 1944, dit-elle. Il est venu me voir en pleurs parce que son fr\u00e8re venait d\u2019\u00eatre tu\u00e9 et il ne savait pas comment le dire \u00e0 sa m\u00e8re. Il pleurait sur mon \u00e9paule. Je l\u2019ai r\u00e9confort\u00e9 et je lui ai dit de laisser son commandant s\u2019en occuper. Et apr\u00e8s, quand sa m\u00e8re l\u2019aurait appris, il pourrait la r\u00e9conforter. \u00bb<\/p>\n<p><strong>27 novembre 2008 : <\/strong><\/p>\n<p>Les 1 200 \u00e9l\u00e8ves ne prennent qu\u2019une petite partie de la basilique Saint-Pierre. Ils sont au Vatican pour c\u00e9l\u00e9brer la messe en l\u2019honneur des morts d\u2019Ortona, de ceux de toute la campagne d\u2019Italie. Ils ont \u00e9t\u00e9 \u00e0 Monte Cassino o\u00f9 ils ont visit\u00e9 des tombes au cimeti\u00e8re militaire du Commonwealth. Certains d\u2019entre eux sont all\u00e9s au cimeti\u00e8re militaire polonais, sur la montagne. Il y a un couple \u00e2g\u00e9 parmi les \u00e9l\u00e8ves assis en avant : Barry et Betty Bland de Wellington (Ont.). \u00c0 c\u00f4t\u00e9 de Betty se trouve sa petite-fille adulte, Melissa. Le fr\u00e8re de Betty, Tom Pemberton, \u00e9tait dans les Hastings quand il a \u00e9t\u00e9 tu\u00e9 \u00e0 Ortona. \u00ab Je n\u2019avais que six ans quand il est parti en guerre, alors je ne l\u2019ai pas vraiment connu. Il avait 22 ans quand il est mort. Je n\u2019avais jamais visit\u00e9 sa tombe avant, alors je suis tr\u00e8s \u00e9mue, ici\u2026 Nous sommes si chanceux que rien de tel ne se soit pass\u00e9 sur notre sol. C\u2019est merveilleux que les enfants soient ici. Ils ont appris quelque chose; on peut le voir dans leurs yeux. \u00bb<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Plus de 1 200 \u00e9l\u00e8ves quittent le cimeti\u00e8re de guerre canadien de la Moro, \u00e0 Ortona, en d\u00e9filant avec leur drapeau \u00ab reliant les g\u00e9n\u00e9rations \u00bb PHOTO : DAN BLACK T\u00f4t le matin du 25 novembre 2008 : Les grands autocars s\u2019arr\u00eatent un par un dans l\u2019all\u00e9e \u00e9troite qui longe la c\u00f4te ouest de l\u2019Adriatique. 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