{"id":226,"date":"2009-01-01T00:10:55","date_gmt":"2009-01-01T04:10:55","guid":{"rendered":"https:\/\/legionmagfren.wpengine.com\/index.php\/2009\/01\/tenez-le-bien-haut\/"},"modified":"2009-01-09T16:44:32","modified_gmt":"2009-01-09T20:44:32","slug":"tenez-le-bien-haut","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/2009\/01\/tenez-le-bien-haut\/","title":{"rendered":"Tenez-le bien haut"},"content":{"rendered":"<div class=\"caption_img \"\tstyle=\"width:630px\"><img fetchpriority=\"high\" decoding=\"async\" src=\"http:\/\/www.legionmagazine.com\/en\/wp-content\/uploads\/2008\/12\/nationallead.jpg\" alt=\"Jack Babcock passe le flambeau. [VETERANS\u2008AFFAIRS\u2008CANADA]\" class=\"top\" height=\"236\" width=\"630\" \/><\/p>\n<div class=\"caption\"><span>Jack Babcock passe le flambeau. <\/span><\/div>\n<div class=\"credit\"><span>VETERANS\u2008AFFAIRS\u2008CANADA<\/span><\/div>\n<\/div>\n<p><strong>Habituellement, il n\u2019y a pas de vedette aux c\u00e9r\u00e9monies du jour du Souvenir, mais cette fois-ci, il y en avait une.<\/strong><\/p>\n<p>Quand le dernier v\u00e9t\u00e9ran de la Premi\u00e8re Guerre mondiale, Jack Babcock, a paru aux grands \u00e9crans autour du Monument comm\u00e9moratif de guerre du Canada, au centre-ville d\u2019Ottawa, la foule de quelque 25\u00a0000 personnes s\u2019est d\u00e9chain\u00e9e et a applaudi comme jamais \u00e0 une c\u00e9r\u00e9monie solennelle de ce genre.<\/p>\n<p>Elle \u00e9tait folle de joie en voyant le vieux soldat. En effet, le r\u00f4le que Babcock jouait, celui de passeur du flambeau comm\u00e9moratif, a \u00e9t\u00e9 appr\u00e9ci\u00e9 \u00e0 sa juste importance.<\/p>\n<p>Mardi, le 11 novembre 2008, \u00e9tait un jour glacial et nuageux dans la capitale nationale, mais cela semble n\u2019avoir incommod\u00e9 personne outre mesure. Les anciens combattants, jeunes et vieux, assis le plus pr\u00e8s du m\u00e9morial, ont endur\u00e9 la situation\u00a0: ils ont pein\u00e9 pour se lever; ils ont pein\u00e9 pour rester au chaud; ils ont pein\u00e9 pour voir; mais ils ne se sont pas plaints.<\/p>\n<div class=\"caption_img middle\"\tstyle=\"width:515px\"><img decoding=\"async\" src=\"http:\/\/www.legionmagazine.com\/en\/wp-content\/uploads\/2008\/12\/nationalinset1.jpg\" alt=\"Les anciens combatants se tiennent fi\u00e8rement durant la c\u00e9r\u00e9monie. [PHOTO : METROPOLIS STUDIO]\" align=\"middle\" height=\"465\" width=\"515\" \/><\/p>\n<div class=\"caption\"><span>Les anciens combatants se tiennent fi\u00e8rement durant la c\u00e9r\u00e9monie. <\/span><\/div>\n<div class=\"credit\"><span>PHOTO : METROPOLIS STUDIO<\/span><\/div>\n<\/div>\n<p>En plus des anciens combattants, il y avait des rangs de soldats des Forces canadiennes, de cadets du Coll\u00e8ge militaire royal et de diplomates, ainsi que les milliers de personnes qui ont fait fi des intemp\u00e9ries.<\/p>\n<p>Derri\u00e8re la foule, sur la Colline du Parlement, les gros canons du 30e R\u00e9giment d\u2019artillerie de campagne de l\u2019Artillerie royale canadienne n\u2019avaient de cesse de tonner et l\u2019odeur de la cordite planait sur la place \u00e9vent\u00e9e. La neige commen\u00e7a alors \u00e0 tomber, un tout petit peu.<\/p>\n<p>La c\u00e9r\u00e9monie a commenc\u00e9 pr\u00e9cis\u00e9ment \u00e0 l\u2019heure. Apr\u00e8s la sonnerie aux morts, la complainte et le moment de silence, le pr\u00e9sident national Wilf Edmond a lu l\u2019Acte du souvenir en anglais, et puis le grand pr\u00e9sident honoraire de la L\u00e9gion, Charles Belzile, l\u2019a lu en fran\u00e7ais. Ensuite, il y a eu une premi\u00e8re\u00a0: l\u2019ancien combattant aborig\u00e8ne Tom Eagle s\u2019\u00e9tant rendu au microphone, il a tenu une grande plume solennellement en l\u2019air et lu une version symbolique en langue aborig\u00e8ne.<\/p>\n<p>Au moment o\u00f9 Eagle terminait sa lecture, quatre bir\u00e9acteurs CF-18 du 425e escadron d\u2019appui tactique ont grond\u00e9 au-dessus des t\u00eates, en formation p\u00e9rilleusement serr\u00e9e. Au-dessus du monument, un des avions s\u2019est \u00e9lev\u00e9 pr\u00e9cipitamment dans les nuages pour conclure la glorieuse formation en hommage aux pilotes disparus. Un exercice rapide mais \u00e9tonnant.<\/p>\n<div class=\"caption_img middle\"\tstyle=\"width:515px\"><img decoding=\"async\" src=\"http:\/\/www.legionmagazine.com\/en\/wp-content\/uploads\/2008\/12\/nationalinset2.jpg\" alt=\"Le maitre de premi\u00e8re classe Brian Rainbow (devant), le sergent de section Paras Satija et l\u2019adjudant-maitre Shawn Claire. [PHOTO : METROPOLIS STUDIO]\" align=\"middle\" height=\"648\" width=\"515\" \/><\/p>\n<div class=\"caption\"><span>Le maitre de premi\u00e8re classe Brian Rainbow (devant), le sergent de section Paras Satija et l\u2019adjudant-maitre Shawn Claire. <\/span><\/div>\n<div class=\"credit\"><span>PHOTO : METROPOLIS STUDIO<\/span><\/div>\n<\/div>\n<p>Peu de temps apr\u00e8s, c\u2019\u00e9tait le tour de Babcock. Selon ce qui avait \u00e9t\u00e9 pr\u00e9vu, le flambeau de la comm\u00e9moration, ayant quitt\u00e9 ses mains, allait passer par plusieurs g\u00e9n\u00e9rations d\u2019anciens combattants canadiens et puis finir entre les mains d\u2019un soldat d\u2019aujourd\u2019hui.<\/p>\n<p>Un murmure enchant\u00e9 a parcouru la foule quand Allard a annonc\u00e9 le nom et l\u2019\u00e2ge de Babcock. Et quand il a apparu sur les \u00e9crans immenses qui entourent le m\u00e9morial, la foule s\u2019est d\u00e9chain\u00e9e, \u00e9videmment heureuse de voir Babcock, robuste et en bonne sant\u00e9, qui portait un tee-shirt o\u00f9 \u00e9tait \u00e9crit \u00ab\u00a0Vimy 1917-2007 Birth of a Nation (Naissance d\u2019une nation)\u00a0\u00bb et un cardigan de la L\u00e9gion avec l\u2019\u00e9pingle du Royal Canadian Regiment. \u00ab\u00a0Il ne faut jamais oublier nos camarades tomb\u00e9s au champ d\u2019honneur, dit-il d\u2019une voix grave. Je passe ce flambeau comm\u00e9moratif \u00e0 mes camarades.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Il s\u2019est lev\u00e9 et regard\u00e9 la cam\u00e9ra en te\u00adndant le flambeau\u00a0: \u00ab\u00a0Tenez-le bien haut.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Quatre hommes, portant chacun un uniforme diff\u00e9rent de celui des autres, attendaient fi\u00e8rement le flambeau au pied du monument. Le premier r\u00e9ci\u00adpiendaire du flambeau a \u00e9t\u00e9 le v\u00e9t\u00e9ran de la Seconde Guerre mondiale George Dunlop des Royal Canadian Hussars, qui a atterri en France peu de temps apr\u00e8s le jour J et qui a \u00e9galement pris part \u00e0 la lib\u00e9ration de la Hollande.<\/p>\n<p>Dunlop s\u2019est tourn\u00e9 vers le pr\u00e9sident national de l\u2019Association canadienne des v\u00e9t\u00e9rans de la Cor\u00e9e Al Tobio, qui \u00e9tait brancardier dans la 25e Ambulance de campagne \u00e0 la Guerre de Cor\u00e9e, et lui a pass\u00e9 le flambeau. Tobio l\u2019a tout de suite remis \u00e0 James O\u2019Brien, un v\u00e9t\u00e9ran de plusieurs d\u00e9ploiements au plateau du Golan et au d\u00e9sert du Sina\u00ef, qui repr\u00e9sentait l\u2019Association canadienne de V\u00e9t\u00e9rans des forces de la paix des Nations Unies (ACVFPUN).<\/p>\n<p>O\u2019Brien s\u2019est alors tourn\u00e9, pour la derni\u00e8re translation, vers le sergent Randy Keirstead du Royal Canadian Dragoon, qui portait le c\u00e9l\u00e8bre treillis de combat fauve des Forces canadiennes en Afghanistan. Keirstead a pris le flambeau et l\u2019a plac\u00e9 r\u00e9solument dans son support, comme s\u2019il ob\u00e9issait au commandement de le tenir haut, comme s\u2019il y avait un doute \u00e0 savoir si les anciens combattants d\u2019aujourd\u2019hui sont capables d\u2019entretenir le patrimoine militaire du Canada et qu\u2019il y r\u00e9pondait d\u2019un \u00ab\u00a0oui\u00a0\u00bb cat\u00e9gorique.<\/p>\n<div class=\"caption_img middle\"\tstyle=\"width:515px\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"http:\/\/www.legionmagazine.com\/en\/wp-content\/uploads\/2008\/12\/nationalinset3.jpg\" alt=\"Le flambeau est pass\u00e9 d\u2019Al Tobio \u00e0 James O\u2019Brien. [PHOTO : METROPOLIS STUDIO]\" align=\"middle\" height=\"543\" width=\"515\" \/><\/p>\n<div class=\"caption\"><span>Le flambeau est pass\u00e9 d\u2019Al Tobio \u00e0 James O\u2019Brien. <\/span><\/div>\n<div class=\"credit\"><span>PHOTO : METROPOLIS STUDIO<\/span><\/div>\n<\/div>\n<p>En 2006, Keirstead a pass\u00e9 des mois aux premi\u00e8res lignes en Afghanistan. Arriv\u00e9 en octobre comme rempla\u00e7ant, il a particip\u00e9 \u00e0 des op\u00e9rations petites et grandes, du boulot quotidien comme il y en a \u00e0 la d\u00e9fense des petites bases et des bastions au Panjwai jusqu\u2019aux entreprises des gros groupements tactiques comme l\u2019op\u00e9ration Baaz Tsuka, il a tout vu. Il dit \u00e9galement qu\u2019il est on ne peut plus fier de son r\u00f4le \u00e0 cette c\u00e9r\u00e9monie historique.<\/p>\n<p>Le brigadier-g\u00e9n\u00e9ral David C. Kettle, aum\u00f4nier g\u00e9n\u00e9ral des Forces canadiennes et le rabbin Reuven P. Bulka, aum\u00f4nier honoraire de la Direction nationale, ont revaloris\u00e9 la c\u00e9r\u00e9monie.<\/p>\n<p>Les personnalit\u00e9s \u00e9minentes d\u00e9posent les premi\u00e8res couronnes peu apr\u00e8s la fin des pri\u00e8res et de la version attendrissante du Champ d\u2019honneur tel que chant\u00e9 par le Ottawa Children\u2019s Choir.<\/p>\n<div class=\"caption_img middle\"\tstyle=\"width:515px\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"http:\/\/www.legionmagazine.com\/en\/wp-content\/uploads\/2008\/12\/nationalinset5.jpg\" alt=\"Le sergent Randy Keirstead place le flambeau. [PHOTO : METROPOLIS STUDIO]\" align=\"middle\" height=\"797\" width=\"515\" \/><\/p>\n<div class=\"caption\"><span>Le sergent Randy Keirstead place le flambeau. <\/span><\/div>\n<div class=\"credit\"><span>PHOTO : METROPOLIS STUDIO<\/span><\/div>\n<\/div>\n<p>La gouverneure g\u00e9n\u00e9rale Micha\u00eblle Jean en d\u00e9pose une. Le premier ministre Stephen Harper en d\u00e9pose une aussi. Le g\u00e9n\u00e9ral et chef d\u2019\u00e9tat-major de la d\u00e9fense Walter Natynczyk fait de m\u00eame. Et puis la m\u00e8re de la Croix d\u2019argent Avril Stachnik en d\u00e9pose une de la part des Canadiennes dont le fils est mort au service de la patrie. Le pr\u00e9sident national Wilf Edmond en a d\u00e9pos\u00e9 une de la part de la L\u00e9gion et puis le pr\u00e9sident de la Division de l\u2019Ontario George O\u2019Dair en a d\u00e9pos\u00e9 une autre.<\/p>\n<p>Les gagnants s\u00e9niors des concours nationaux litt\u00e9raires et d\u2019affiches de la L\u00e9gion en d\u00e9posent une de la part de la jeunesse canadienne. Il s\u2019agit de Silvia Alvarado d\u2019Ottawa\u00a0: affiche en couleurs; Monika Stahlstrom de Surrey (C.-B.)\u00a0: affiche en noir et blanc; Katrina Elissa van Kessel d\u2019Elliot Lake (Ont.)\u00a0: composition; et Andrea Murray de Benalto (Alb.)\u00a0: po\u00e9sie.<\/p>\n<div class=\"caption_img middle\"\tstyle=\"width:515px\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"http:\/\/www.legionmagazine.com\/en\/wp-content\/uploads\/2008\/12\/nationalinset4.jpg\" alt=\"La m\u00e8re de la Croix d\u2019argent Avril Stachnick, la gouverneure g\u00e9n\u00e9rale Micha\u00eblle Jean et le premier ministre  Stephen Harper. [PHOTO : METROPOLIS STUDIO]\" align=\"middle\" height=\"332\" width=\"515\" \/><\/p>\n<div class=\"caption\"><span>La m\u00e8re de la Croix d\u2019argent Avril Stachnick, la gouverneure g\u00e9n\u00e9rale Micha\u00eblle Jean et le premier ministre  Stephen Harper. <\/span><\/div>\n<div class=\"credit\"><span>PHOTO : METROPOLIS STUDIO<\/span><\/div>\n<\/div>\n<p>Les trois r\u00e9cipiendaires du prix de la L\u00e9gion du cadet de l\u2019ann\u00e9e sont au centre avanc\u00e9 pour offrir leur aide. Il s\u2019agit du maitre de premi\u00e8re classe des cadets de la marine Brian Rainbow de Ladner (C.-B.); de l\u2019adjudant-maitre des cadets de l\u2019Arm\u00e9e Shawn Claire de Victoria (C.-B.); et du sergent de section des cadets de l\u2019Aviation Paras Satija de Campbellton (N.-B.).<\/p>\n<p>Le vendredi d\u2019avant le jour du Souvenir, Stachnik a \u00e9t\u00e9 pr\u00e9sent\u00e9e aux Canadiens en tant que m\u00e8re de la Croix d\u2019argent de 2008. La c\u00e9r\u00e9monie avait lieu au centre comm\u00e9moratif du cimeti\u00e8re Beechwood d\u2019Ottawa, le Cimeti\u00e8re militaire national, o\u00f9 le sergent Shane Stachnik est enterr\u00e9 aupr\u00e8s de bien d\u2019autres membres des FC.<\/p>\n<p>Bien des gens assistaient \u00e0 la simple c\u00e9r\u00e9monie. Le g\u00e9n\u00e9ral et chef d\u2019\u00e9tat-major Walter Natynczyk \u00e9tait dans l\u2019assistance, tout comme l\u2019\u00e9taient le ministre des anciens combattants Greg Thompson.<\/p>\n<p>Le pr\u00e9sident national de la L\u00e9gion Wilf Edmond avait l\u2019honneur de pr\u00e9senter Stachnik \u00e0 la foule et aux membres des m\u00e9dias. \u00ab\u00a0Depuis 1919, la m\u00e8re de la Croix d\u2019argent a \u00e9t\u00e9 pr\u00e9sent\u00e9e aux m\u00e8res et aux veuves qui ont perdu un \u00eatre cher, dit Edmond. Et depuis la c\u00e9r\u00e9monie du jour du Souvenir de 1931, quand la L\u00e9gion royale canadienne a r\u00e9gl\u00e9 la c\u00e9r\u00e9monie pour la premi\u00e8re fois, la m\u00e8re de la Croix d\u2019argent en a \u00e9t\u00e9 le pilier. Il n\u2019existe pas de lien plus authentique que celui qu\u2019il y a entre une m\u00e8re et l\u2019enfant qu\u2019elle a perdu, poursuivait Edmond. Alors nous choisissons la m\u00e8re avec beaucoup de soins, car nous savons que son r\u00f4le n\u00e9cessite beaucoup de courage et d\u2019assurance.\u00a0\u00bb<\/p>\n<div class=\"caption_img middle\"\tstyle=\"width:515px\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"http:\/\/www.legionmagazine.com\/en\/wp-content\/uploads\/2008\/12\/nationalinset6.jpg\" alt=\"Nombre d\u2019anciens combattants ont eu les larmes aux yeux durant la manifestation. [PHOTO : METROPOLIS STUDIO]\" align=\"middle\" height=\"775\" width=\"515\" \/><\/p>\n<div class=\"caption\"><span>Nombre d\u2019anciens combattants ont eu les larmes aux yeux durant la manifestation. <\/span><\/div>\n<div class=\"credit\"><span>PHOTO : METROPOLIS STUDIO<\/span><\/div>\n<\/div>\n<p>Stachnik a alors parl\u00e9 de ce que cela signifiait pour elle. \u00ab\u00a0Je me sens tr\u00e8s honor\u00e9e et d\u00e9contenanc\u00e9e d\u2019avoir \u00e9t\u00e9 choisie m\u00e8re de la Croix d\u2019argent. Quand on m\u2019a appel\u00e9e, la premi\u00e8re fois en janvier, je n\u2019ai pas h\u00e9sit\u00e9 et c\u2019est tr\u00e8s important pour moi que de faire l\u2019annonce ici, o\u00f9 mon fils est enterr\u00e9. Je sais que mon fils aurait \u00e9t\u00e9 fier de moi.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Stachnik fit une pause et reprit. \u00ab\u00a0Oui, je vais penser \u00e0 mon fils en d\u00e9posant la couronne, mais je vais aussi penser \u00e0 tous ceux qui sont morts en d\u00e9fendant notre nation, car je sais ce qu\u2019on ressent quand la nouvelle arrive. Ce n\u2019est pas important comment on se sent par rapport \u00e0 la guerre; il faut soutenir nos soldats au pays et \u00e0 l\u2019\u00e9tranger. Ils ont tout donn\u00e9 et ils m\u00e9ritent qu\u2019on se souvienne d\u2019eux comme des h\u00e9ros qu\u2019ils sont.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Par la suite, Stachnik et sa fille Deanna se sont recueillies un moment \u00e0 la tombe de Shane. Shane est mort le 3 septembre 2006, le premier jour de l\u2019op\u00e9ration M\u00e9duse. C\u2019\u00e9tait un ing\u00e9nieur et il se trouvait au front de la compagnie Charles lors de l\u2019assaut infortun\u00e9 d\u2019une position ennemie bien fortifi\u00e9e. Il fut tu\u00e9 instantan\u00e9ment quand une arme de gros calibre \u2014 probablement un obus de canon sans recul de 82 mm \u2014 a explos\u00e9 contre la tourelle du v\u00e9hicule blind\u00e9 l\u00e9ger o\u00f9 il se trouvait.<\/p>\n<div class=\"caption_img middle\"\tstyle=\"width:515px\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"http:\/\/www.legionmagazine.com\/en\/wp-content\/uploads\/2008\/12\/nationalinset7.jpg\" alt=\"Les enfants d\u00e9posent leur coquelicot sur la Tombe du Soldat inconnu. [PHOTO : METROPOLIS STUDIO]\" align=\"middle\" height=\"774\" width=\"515\" \/><\/p>\n<div class=\"caption\"><span>Les enfants d\u00e9posent leur coquelicot sur la Tombe du Soldat inconnu. <\/span><\/div>\n<div class=\"credit\"><span>PHOTO : METROPOLIS STUDIO<\/span><\/div>\n<\/div>\n<p>Le lundi pr\u00e9c\u00e9dant la c\u00e9r\u00e9monie, la m\u00e8re de la Croix d\u2019argent s\u2019est jointe aux cadets et aux \u00e9tudiants pour visiter les \u00e9difices du Parlement et le Mus\u00e9e canadien de la guerre et pour assister \u00e0 un diner organis\u00e9 par la L\u00e9gion en leur honneur.<\/p>\n<p>Pendant la visite \u00e0 la Chapelle du Souvenir, \u00e0 l\u2019\u00e9difice du Centre du Parlement, Stachnik a regard\u00e9 silencieusement le nom de son fils inscrit dans un Livre du Souvenir. Durant une petite c\u00e9r\u00e9monie r\u00e9gl\u00e9e \u00e0 la Chapelle du Souvenir, le sergent d\u2019armes adjoint de la Chambre des communes, Andr\u00e9 Boivin, lui a remis une copie encadr\u00e9e de la page o\u00f9 le nom de son fils a \u00e9t\u00e9 inscrit.<\/p>\n<hr size=\"2\" width=\"100%\" \/>\n<h2>La visite \u00e0 Jack Babcock<\/h2>\n<p><strong> <\/strong><strong>Au d\u00e9but du mois d\u2019octobre, le pr\u00e9sident national de la L\u00e9gion, Wilf Edmond et l\u2019administrateur de la Direction nationale, Danny Martin, sont all\u00e9s voir Jack Babcock et son \u00e9pouse Dorothy \u00e0 Spokane (Washington).<\/strong><\/p>\n<p>\u00c0 108 ans, Babcock, le dernier v\u00e9t\u00e9ran canadien de la Premi\u00e8re Guerre mondiale, est une vraie merveille. Pendant leur visite, Babcock a racont\u00e9 toutes sortes d\u2019histoires de son service, des ennuis qu\u2019il avait quand il brisait du mat\u00e9riel important, jusqu\u2019au je\u00fbne de plusieurs jours caus\u00e9 par le mal de mer, en passant par la cour qu\u2019il a faite \u00e0 une jeune \u00c9cossaise.<\/p>\n<div class=\"caption_img middle\"\tstyle=\"width:515px\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"http:\/\/www.legionmagazine.com\/en\/wp-content\/uploads\/2008\/12\/babcock.jpg\" alt=\"Jack Babcock and Dominion President Wilf Edmond chat during the visit to Spokane, Wash. [PHOTO:\u2008DOMINION COMMAND]\" align=\"middle\" height=\"382\" width=\"515\" \/><\/p>\n<div class=\"caption\"><span>Jack Babcock and Dominion President Wilf Edmond chat during the visit to Spokane, Wash. <\/span><\/div>\n<div class=\"credit\"><span>PHOTO:\u2008DOMINION COMMAND<\/span><\/div>\n<\/div>\n<p>Edmond et Martin avaient une mission concr\u00e8te \u2014 enregistrer une vid\u00e9o de Babcock passant le flambeau pour la c\u00e9r\u00e9monie nationale du jour du Souvenir \u2014 mais ils \u00e9taient all\u00e9s le voir aussi pour pr\u00e9senter leurs respects de la part de tous les membres de la L\u00e9gion.<\/p>\n<p>Dans la petite chambre bien \u00e9clair\u00e9e de la maison qu\u2019habite Babcock, Edmond a commenc\u00e9 c\u00e9r\u00e9monieusement. \u00ab\u00a0C\u2019est avec un plaisir extr\u00eame que nous sommes venus vous rencon\u00adtrer\u00a0\u00bb, dit Edmond \u00e0 Babcock, qui \u00e9tait assis sur un canap\u00e9. \u00ab\u00a0Vous feriez honneur \u00e0 notre organisation de bien vouloir accepter cette adh\u00e9sion \u00e0 vie comme membre honoraire \u00e9minent.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Edmond a alors sorti une grande plaque fastueusement grav\u00e9e; il allait la remettre \u00e0 Babcock quand il h\u00e9sita. \u00ab\u00a0C\u2019est plut\u00f4t lourd\u00a0\u00bb, dit-il.<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Mettez-la donc sur mes genoux\u00a0\u00bb, r\u00e9pondit Babcock.<\/p>\n<p>Edmond la d\u00e9posa d\u00e9licatement sur les genoux de Babcock.<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Et voici la carte qui indique que vous \u00eates membre \u00e0 vie, et une \u00e9pingle \u00e0 revers aussi\u00a0\u00bb, dit Edmond.<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Ah, merci\u00a0\u00bb, r\u00e9pondit Babcock en tendant la main pour les accepter.<\/p>\n<p>Edmond a ensuite donn\u00e9 plusieurs chapeaux \u00e0 Babcock, dont un de Vimy, assorti \u00e0 la chemise que portait Babcock. La remise des cadeaux n\u2019\u00e9tait pas encore finie. Il y eut des armoiries, une autre \u00e9pingle \u00e0 revers, une \u00e9pingle \u00e0 coquelicot, la premi\u00e8re pi\u00e8ce de 25 cents du 90e anniversaire frapp\u00e9e sp\u00e9cialement et le dollar de l\u2019armistice en argent.<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Camarade, je suis tr\u00e8s heureux d\u2019\u00eatre en mesure de vous remercier de ma libert\u00e9\u00a0\u00bb, dit Edmond en lui serrant la main.<\/p>\n<p>Ensuite, le groupe, qui comprenait aussi des repr\u00e9sentants d\u2019Anciens combattants Canada, a entrepris de filmer Babcock.\u00a0 \u00ab\u00a0Il ne faut jamais oublier nos camarades tomb\u00e9s au champ d\u2019honneur, dit Babcock. Je passe ce flambeau comm\u00e9moratif \u00e0 mes camarades. Tenez-le bien haut.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Les choses s\u00e9rieuses men\u00e9es \u00e0 bien, Babcock a \u00e9voqu\u00e9 ses souvenirs de la guerre pendant un certain temps; toutefois, bien qu\u2019il soit encore vif d\u2019esprit, il a de la difficult\u00e9 \u00e0 se souvenir des d\u00e9tails. Il avait 15 ans quand les recruteurs de l\u2019arm\u00e9e se sont pr\u00e9sent\u00e9s chez son fr\u00e8re, o\u00f9 il \u00e9tait en train de couper du bois. \u00ab\u00a0Il y a un sergent et un lieutenant qui sont venus. Je sais pas si le lieutenant est venu ou pas, mais il y avait un sergent; il nous a parl\u00e9 de la charge de la Brigade l\u00e9g\u00e8re.<\/p>\n<p>\u201cLes coups et les salves de canons tonnaient\u201d\u00a0\u00bb, Babcock se souvient d\u2019avoir entendu le sergent. \u00ab\u00a0Et ils ont atteint les Russes, ils en ont tu\u00e9 avec leurs sabres, certains d\u2019entre eux. Mais beaucoup d\u2019hommes sont tomb\u00e9s. J\u2019imagine que deux tiers d\u2019entre eux sont tomb\u00e9s.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>L\u2019histoire impressionnait encore Babcock, qui est devenu m\u00e9lancolique, r\u00e9p\u00e9tant l\u2019expression \u00ab\u00a0les coups et les salves de canons tonnaient\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>Il dit que c\u2019est \u00e0 ce moment-l\u00e0 qu\u2019il a d\u00e9cid\u00e9 de s\u2019engager. Le lundi sui\u00advant, il a march\u00e9 \u00e0 peu pr\u00e8s 13 milles, jusqu\u2019au d\u00e9p\u00f4t local de Sydenham (Ont.). \u00ab\u00a0Par la suite, on est all\u00e9s \u00e0 Kingston (Ont.) et on s\u2019est entrain\u00e9s au man\u00e8ge militaire. Et puis apr\u00e8s on est all\u00e9s \u00e0 Val-Carter. C\u2019est ce que les Fran\u00e7ais appellent Valcartier\u00a0\u00bb, dit-il d\u2019un rire franc.<\/p>\n<p>Il se souvient de quand on lui a fourni \u00ab\u00a0le vieux fusil Ross\u00a0\u00bb, l\u2019arme inefficace d\u00e9testable que les Canadiens ont eu pendant une petite partie de la guerre. \u00ab\u00a0C\u2019\u00e9tait un fusil peu maniable\u00a0\u00bb, dit Babcock en d\u00e9crivant les probl\u00e8mes qu\u2019on avait lors de son maniement. \u00ab\u00a0Mais on pouvait tirer, c\u2019est s\u00fbr.<\/p>\n<p>Je suis all\u00e9 outre-mer \u00e0 bord du California (un navire) et j\u2019ai d\u00e9barqu\u00e9 \u00e0 Liverpool. Il me semble que la travers\u00e9e a pris \u00e0 peu pr\u00e8s neuf jours\u2026 J\u2019ai eu le mal de mer les deux fois (\u00e0 l\u2019aller et au retour); je me couchais sur le pont. Je ne suis pas un bon marin, dit-il en riant. Je suis rest\u00e9 couch\u00e9 jusqu\u2019\u00e0 ce que \u00e7a se termine. Je n\u2019ai pas mang\u00e9 pendant plusieurs jours. Et puis quand j\u2019ai enfin \u00e9t\u00e9 gu\u00e9ri, je suis all\u00e9 au mess et j\u2019ai mang\u00e9 comme deux, au moins.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>En Angleterre, Babcock a \u00e9t\u00e9 jug\u00e9 trop jeune pour \u00eatre envoy\u00e9 imm\u00e9diatement en France, alors il a \u00e9t\u00e9 attach\u00e9 \u00e0 une unit\u00e9 de transit avec d\u2019autres soldats trop jeunes. \u00ab\u00a0J\u2019ai particip\u00e9 \u00e0 aucun maudit combat. Je me suis enr\u00f4l\u00e9 et je serais all\u00e9 en France si j\u2019avais pu, mais on m\u2019a mis dans un bataillon de jeunes soldats o\u00f9 on a \u00e9t\u00e9 entrain\u00e9s sans arr\u00eat. On s\u2019est fait entrainer huit heures par jour; du vrai entrainement.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>\u00c0 preuve, il se mit \u00e0 chanter une chanson de marche qu\u2019il avait apprise l\u00e0-bas.<\/p>\n<p>Il se souvenait aussi du temps qu\u2019il \u00e9tait dans un orchestre de clairons. \u00ab\u00a0J\u2019ai pas l\u2019oreille musicale. J\u2019ai jamais r\u00e9ussi \u00e0 l\u2019apprendre, le maudit clairon. (Gros rire). On \u00e9tait toujours en avant aux d\u00e9fil\u00e9s et je me mettais le clairon aux l\u00e8vres. Je pouvais pas faire sonner la maudite affaire, mais je faisais comme si.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Un peu plus tard durant la visite, alors que Babcock donnait des signes de fatigue, Edmond et Martin ont sugg\u00e9r\u00e9 d\u2019y mettre fin pour permettre au vieux soldat de se reposer. \u00ab\u00a0M. Babcock, c\u2019est tout un honneur d\u2019avoir \u00e9t\u00e9 en votre compagnie, dit Martin pour conclure. C\u2019est tout un honneur de parler \u00e0 quelqu\u2019un qui a \u00e9t\u00e9 \u00e0 la Premi\u00e8re Guerre mondiale; le dernier de ses v\u00e9t\u00e9rans encore vivant.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Babcock a alors re\u00e7u un chapeau de la L\u00e9gion sur lequel le mot VETERAN \u00e9tait \u00e9crit en capitales. Il a du faire un effort un instant, mais il a r\u00e9ussi \u00e0 se le mettre sur la t\u00eate, et puis il s\u2019est assis, content, aurait-on dit, d\u2019attendre ce qui allait arriver. Bien peu de chapeaux pourraient lui aller aussi bien.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Jack Babcock passe le flambeau. VETERANS\u2008AFFAIRS\u2008CANADA Habituellement, il n\u2019y a pas de vedette aux c\u00e9r\u00e9monies du jour du Souvenir, mais cette fois-ci, il y en avait une. 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