{"id":2145,"date":"2013-07-04T00:01:46","date_gmt":"2013-07-04T04:01:46","guid":{"rendered":"https:\/\/legionmagfren.wpengine.com\/?p=2145"},"modified":"2013-07-03T15:39:18","modified_gmt":"2013-07-03T19:39:18","slug":"la-poudriere-de-la-coree","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/2013\/07\/la-poudriere-de-la-coree\/","title":{"rendered":"La Poudri\u00e8re de la Cor\u00e9e"},"content":{"rendered":"<div class=\"caption_img \"\tstyle=\"width:515px\"><img fetchpriority=\"high\" decoding=\"async\" alt=\"Des soldats du 2e Bataillon de la Princess Patricia\u2019s Canadian Light Infantry sur un pont en Cor\u00e9e, en f\u00e9vrier 1951. [PHOTO : BIBLIOTH\u00c8QUE ET ARCHIVES CANADA\u2014PA115034]\" src=\"https:\/\/legionmagazine.com\/en\/wp-content\/uploads\/2013\/07\/Korea1.jpg\" width=\"515\" height=\"364\" \/><\/p>\n<div class=\"caption\"><span>Des soldats du 2e Bataillon de la Princess Patricia\u2019s Canadian Light Infantry sur un pont en Cor\u00e9e, en f\u00e9vrier 1951. <\/span><\/div>\n<div class=\"credit\"><span>PHOTO : BIBLIOTH\u00c8QUE ET ARCHIVES CANADA\u2014PA115034<\/span><\/div>\n<\/div>\n<p><strong>Soixante ans apr\u00e8s la signature, l\u2019accord de l\u2019armistice en Cor\u00e9e est \u00e0 nouveau dans les nouvelles. En mars, l\u2019arm\u00e9e de la Cor\u00e9e du Nord a d\u00e9clar\u00e9 l\u2019accord nul et non avenu et s\u2019est mise \u00e0 prof\u00e9rer des menaces. Cela se passe \u00e0 un moment o\u00f9 les v\u00e9t\u00e9rans de la guerre assistent aux comm\u00e9morations du 60<sup>e<\/sup> anniversaire en l\u2019honneur des camarades tomb\u00e9s au champ d\u2019honneur \u00e0 leurs c\u00f4t\u00e9s quand ils \u00e9taient eux-m\u00eames dans la p\u00e9ninsule.<\/strong><\/p>\n<p>La guerre de Cor\u00e9e a \u00e9clat\u00e9 le 25 juin 1950, quand l\u2019arm\u00e9e de la R\u00e9publique populaire d\u00e9mocratique de Cor\u00e9e (Cor\u00e9e du Nord), entrain\u00e9e et \u00e9quip\u00e9e par les Sovi\u00e9tiques, a envahi la R\u00e9publique de Cor\u00e9e (Cor\u00e9e du Sud) lors d\u2019une tentative d\u2019unir la p\u00e9ninsule par la force.<\/p>\n<p>L\u2019accord de l\u2019armistice en Cor\u00e9e, sign\u00e9 par le commandement des Nations Unies, la R\u00e9publique de Cor\u00e9e, la Chine et la Cor\u00e9e du Sud, le 27 juillet 1953, a mis un terme aux combats. La guerre avait fait des milliers de morts parmi les soldats qui s\u2019y sont battus et encore plus parmi les civils cor\u00e9ens.<\/p>\n<p>Quand on se penche sur l\u2019histoire canadienne \u00e0 l\u2019occasion du 60<sup>e<\/sup> anniversaire de l\u2019armistice, il est important de ne pas oublier que plus de Canadiens ont \u00e9t\u00e9 tu\u00e9s ou bless\u00e9s pendant la longue impasse qui a suivi les pourparlers \u00e9pisodiques de 1951 concernant l\u2019armistice que durant les neuf mois de combats au d\u00e9but de 1951.<\/p>\n<p>Pendant que les pourparlers trainaient en longueur, il \u00e9tait interdit aux commandants de l\u2019ONU au front de lancer des offensives majeures. Leurs ordres \u00e9taient de s\u2019incruster et de tenir bon. Bien que des attaques men\u00e9es par une compagnie \u00e0 la fois avaient lieu pour am\u00e9liorer les d\u00e9fenses ou pour maintenir l\u2019ennemi dans l\u2019incertitude, la guerre en \u00e9tait surtout une de patrouilles, de raids nocturnes et de barrages d\u2019artillerie dans la zone interdite.<\/p>\n<p>Pendant ce temps, les troupes de l\u2019ONU p\u00e9riclitaient dans leurs positions d\u00e9fensives entour\u00e9es de mines et de barbel\u00e9s en haut des collines, et elles faisaient des patrouilles la nuit pour \u00e9prouver les d\u00e9fenses de l\u2019ennemi. La puissance des Nations Unies dans les airs, son artillerie lourde et ses blind\u00e9s \u00e9taient inutiles dans cette guerre stationnaire.<\/p>\n<p>En m\u00eame temps, les Chinois frappaient comme bon leur semblait, infligeant des pertes et minant le moral des Canadiens.<\/p>\n<p>Ici, au pays, la guerre \u00e9tait extirp\u00e9e de la premi\u00e8re page des journaux canadiens \u00e0 cause de l\u2019impasse. Les raids et les embuscades de chaque nuit \u00e9taient trop insignifiants, routiniers, pour que l\u2019int\u00e9r\u00eat des Canadiens ne s\u2019\u00e9puise pas. Les peines de chaque nuit des soldats, une semaine apr\u00e8s l\u2019autre et dans le danger constant, endur\u00e9es dans la chaleur de l\u2019\u00e9t\u00e9 cor\u00e9en ou dans un froid de canard en hiver, sombraient dans l\u2019oubli.<\/p>\n<p>Le Canada a pris part \u00e0 la guerre de Cor\u00e9e sous le commandement de l\u2019ONU, et ses contributions a\u00e9riennes, navales et terrestres se sont \u00e9lev\u00e9es \u00e0 26 791 personnes pendant la guerre elle-m\u00eame, et \u00e0 7 000 de plus entre la signature de l\u2019armistice et 1955. Il y a eu 1 543 victimes canadiennes au combat, dont 516 moururent en service command\u00e9. Les noms des 516 sont inscrits dans le Livre du Souvenir de la Cor\u00e9e sur la colline du Parlement, \u00e0 la Chapelle du Souvenir.<\/p>\n<p>Pour bien comprendre ce qui a caus\u00e9 la guerre et les dizaines d\u2019ann\u00e9es de tensions qui l\u2019ont suivie, il faut retourner \u00e0 la reddition des Japonais devant les Alli\u00e9s en 1945. La Cor\u00e9e, \u00e0 ce moment-l\u00e0, \u00e9tait une colonie japonaise et son sort n\u2019\u00e9tait pas assur\u00e9. L\u2019ONU voulait que le peuple cor\u00e9en tienne des \u00e9lections justes pour \u00e9lire librement un gouvernement, mais ces \u00e9lections n\u2019ont jamais eu lieu. \u00c0 la place, deux occupants alli\u00e9s, les Sovi\u00e9tiques en Cor\u00e9e du Nord et les \u00c9tats-Unis en Cor\u00e9e du Sud, ont \u00e9tabli un r\u00e9gime ami chacun dans sa moiti\u00e9 de la p\u00e9ninsule.<\/p>\n<p>Les Sovi\u00e9tiques ont choisi Kim Il Sung, communiste d\u00e9vou\u00e9 et ancien r\u00e9sistant, pour diriger le nord. Les Am\u00e9ricains ont choisi Syngman Rhee, nationaliste anticommuniste, pour diriger le sud. Le 38<sup>e<\/sup> parall\u00e8le a servi de ligne de d\u00e9marcation entre les deux zones.<\/p>\n<p>Les \u00c9tats-Unis ont assum\u00e9 une certaine ambivalence par rapport \u00e0 l\u2019avenir de la Cor\u00e9e du Sud. La plupart de leurs troupes ont quitt\u00e9 la Cor\u00e9e en 1948; ils n\u2019y laiss\u00e8rent que quelques milliers pour former l\u2019arm\u00e9e de la R\u00e9publique de Cor\u00e9e. La majeure partie du mat\u00e9riel am\u00e9ricain a aussi \u00e9t\u00e9 retir\u00e9. Lorsque le secr\u00e9taire d\u2019\u00c9tat Dean Acheson fit un discours, en janvier 1950, o\u00f9 il donnait les grandes lignes des int\u00e9r\u00eats am\u00e9ricains concernant la s\u00e9curit\u00e9, il a omis de mentionner la d\u00e9fense de la Cor\u00e9e du Sud. Le manque de r\u00e9solution de Washington en ce qui a trait \u00e0 l\u2019avenir de la R\u00e9publique de Cor\u00e9e \u00e9tait un message pour Moscou et, \u00e0 la capitale nord-cor\u00e9enne de Pyongyang, pour Kim Il Sung : les \u00c9tats-Unis n\u2019interviendraient pas si les communistes essayaient d\u2019unir la p\u00e9ninsule par la force.<\/p>\n<p>C\u2019est l\u00e0 pr\u00e9cis\u00e9ment ce que Kim Il Sung voulait faire.<\/p>\n<p>L\u2019Union sovi\u00e9tique a envoy\u00e9 des armes lourdes en grand nombre, chars d\u2019assaut, artillerie et avions, \u00e0 la R\u00e9publique populaire d\u00e9mocratique de Cor\u00e9e aussit\u00f4t qu\u2019elle a \u00e9t\u00e9 \u00e9tablie, ainsi que des militaires instructeurs provenant de l\u2019Arm\u00e9e rouge et de son aviation. Kim Il Sung a demand\u00e9 la permission \u00e0 Moscou d\u2019envahir la Cor\u00e9e du Sud au printemps de 1949, peu apr\u00e8s que la plupart des Am\u00e9ricains eurent quitt\u00e9 le sud.<\/p>\n<div class=\"caption_img \"\tstyle=\"width:515px\"><img decoding=\"async\" class=\"alignnone size-full wp-image-2153\" alt=\"Le brigadier-g\u00e9n\u00e9ral John Rockingham (au c.) parle aux commandants de peloton et de compagnie du 1er Bon de la PPCLI en octobre 1951. [PHOTO : PAUL E. TOMELIN, BIBLIOTH\u00c8QUE ET ARCHIVES CANADA\u2014PA128875]\" src=\"https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2013\/07\/Korea2.jpg\" width=\"515\" height=\"411\" srcset=\"https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2013\/07\/Korea2.jpg 515w, https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2013\/07\/Korea2-300x239.jpg 300w\" sizes=\"(max-width: 515px) 100vw, 515px\" \/><\/p>\n<div class=\"caption\"><span>Le brigadier-g\u00e9n\u00e9ral John Rockingham (au c.) parle aux commandants de peloton et de compagnie du 1er Bon de la PPCLI en octobre 1951. <\/span><\/div>\n<div class=\"credit\"><span>PHOTO : PAUL E. TOMELIN, BIBLIOTH\u00c8QUE ET ARCHIVES CANADA\u2014PA128875<\/span><\/div>\n<\/div>\n<p>Le dictateur sovi\u00e9tique, Joseph Staline, n\u2019\u00e9tait pas tr\u00e8s enthousiaste au d\u00e9but, peut-\u00eatre parce qu\u2019il avait peur d\u2019une guerre g\u00e9n\u00e9rale, ou peut-\u00eatre parce qu\u2019un gouvernement communiste commen\u00e7ait \u00e0 peine \u00e0 s\u2019\u00e9tablir \u00e0 Beijing. Mais il s\u2019est laiss\u00e9 convaincre en moins d\u2019un an et il a donn\u00e9 la permission \u00e0 Kim d\u2019aller de l\u2019avant. Les organismes de renseignements occidentaux n\u2019ont pas remarqu\u00e9 la croissance de la militarisation et se sont m\u00e9pris sur les intentions de Kim. Le tableau s\u2019est pr\u00e9cis\u00e9 quand l\u2019arm\u00e9e du Nord, munie d\u2019un mat\u00e9riel superbe et fort bien command\u00e9e, a fracass\u00e9 la d\u00e9fense incons\u00e9quente de la Cor\u00e9e du Sud et pouss\u00e9 sa conqu\u00eate au-del\u00e0.<\/p>\n<p>L\u2019apathie de Washington envers la Cor\u00e9e avait \u00e9t\u00e9 comprise par les communistes comme \u00e9tant une permission d\u2019attaquer, mais ce n\u2019est pas du tout ainsi que l\u2019entendait le pr\u00e9sident des \u00c9tats-Unis, Harry S. Truman. Aussit\u00f4t qu\u2019il a appris la nouvelle de l\u2019attaque, il a donn\u00e9 l\u2019ordre aux forces am\u00e9ricaines d\u2019aider les troupes de Rhee. Des soldats am\u00e9ricains qui occupaient le Japon en sont partis pr\u00e9cipitamment, et les avions am\u00e9ricains y ont d\u00e9coll\u00e9 pour aller attaquer les Nord-Cor\u00e9ens, mais c\u2019\u00e9tait une demi-mesure tardive. \u00c0 la fin du mois d\u2019aout 1950, les Nord-Cor\u00e9ens avaient envahi toute la Cor\u00e9e du Sud, \u00e0 l\u2019exception d\u2019un p\u00e9rim\u00e8tre autour du port m\u00e9ridional de Pusan (Busan).<\/p>\n<p>En plus d\u2019envoyer leurs propres troupes au combat, les Am\u00e9ricains ont convaincu le Conseil de s\u00e9curit\u00e9 des Nations Unies de condamner l\u2019attaque et d\u2019inviter les membres qui en faisaient partie \u00e0 envoyer des forces se battre sous les ordres du g\u00e9n\u00e9ral am\u00e9ricain Douglas MacArthur, commandant provisoire de l\u2019ONU en Cor\u00e9e. Nombre de pays ont acquiesc\u00e9 \u00e0 cette demande de troupes, la Grande-Bretagne et l\u2019Australie faisant partie des premiers \u00e0 envoyer des forces terrestres, a\u00e9riennes et navales \u00e0 MacArthur. Le Canada a envoy\u00e9 trois contre-torpilleurs de la Marine royale canadienne, ainsi qu\u2019un escadron de transport de l\u2019Aviation royale canadienne, et le 7 aout 1950, le premier ministre du Canada, Louis Saint-Laurent, annon\u00e7ait que l\u2019arm\u00e9e canadienne commencerait imm\u00e9diatement \u00e0 recruter une \u00ab force sp\u00e9ciale de l\u2019arm\u00e9e canadienne \u00bb qui serait envoy\u00e9e au besoin en Cor\u00e9e.<\/p>\n<p>Cependant, c\u2019\u00e9tait plus facile \u00e0 dire qu\u2019\u00e0 faire.<\/p>\n<p>Les compressions de l\u2019apr\u00e8s-guerre qui avaient rogn\u00e9 le budget de la d\u00e9fense avaient \u00e9t\u00e9 si importantes que la force r\u00e9guli\u00e8re avait \u00e9t\u00e9 r\u00e9duite \u00e0 environ une brigade, laquelle ne pouvait \u00eatre envoy\u00e9e en Asie parce qu\u2019il ne resterait aucune arm\u00e9e r\u00e9guli\u00e8re au pays.<\/p>\n<div class=\"caption_img \"\tstyle=\"width:515px\"><img decoding=\"async\" class=\"alignnone size-full wp-image-2155\" alt=\"Peloton de mortier \u00e0 l\u2019entrainement, f\u00e9vrier 1951. [PHOTO : BIBLIOTH\u00c8QUE ET ARCHIVES CANADA\u2014PA179973]\" src=\"https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2013\/07\/Korea5.jpg\" width=\"515\" height=\"418\" srcset=\"https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2013\/07\/Korea5.jpg 515w, https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2013\/07\/Korea5-300x243.jpg 300w\" sizes=\"(max-width: 515px) 100vw, 515px\" \/><\/p>\n<div class=\"caption\"><span>Peloton de mortier \u00e0 l\u2019entrainement, f\u00e9vrier 1951. <\/span><\/div>\n<div class=\"credit\"><span>PHOTO : BIBLIOTH\u00c8QUE ET ARCHIVES CANADA\u2014PA179973<\/span><\/div>\n<\/div>\n<p>Le gouvernement pr\u00e9voyait recruter un nouveau groupe-brigade comprenant infanterie, blind\u00e9s, artillerie, sapeurs et troupes d\u2019appui, et les hommes seraient choisis parmi les v\u00e9t\u00e9rans de la Seconde Guerre mon-diale et on leur donnerait, dans la mesure du possible, les armes et le reste du fourniment de cette guerre. Le chef d\u2019\u00e9tat-major de l\u2019arm\u00e9e, le lieutenant-g\u00e9n\u00e9ral Charles G. Foulkes, croyait que le recrutement et la formation s\u2019activeraient en choisissant parmi les v\u00e9t\u00e9rans de la Deuxi\u00e8me Guerre mondiale.<\/p>\n<p>Foulkes a mis John Rockingham, brigadier d\u00e9cor\u00e9 de la Seconde Guerre mondiale, \u00e0 la t\u00eate du groupe-brigade. Chaque r\u00e9giment de r\u00e9guliers, qu\u2019il s\u2019agisse de l\u2019infanterie, des blind\u00e9s, ou d\u2019autres, re\u00e7ut l\u2019ordre de former un autre r\u00e9giment de volontaires pour la Cor\u00e9e parmi les milliers d\u2019hommes qui se sont pr\u00e9sent\u00e9s presque imm\u00e9diatement aux bureaux de recrutement d\u2019un bout \u00e0 l\u2019autre du pays. La formation initiale devait avoir lieu aux bases des r\u00e9giments de la force r\u00e9guli\u00e8re, mais comme l\u2019automne et l\u2019hiver mena\u00e7aient, le gouvernement a fait le n\u00e9cessaire pour que la formation finale de la brigade se passe \u00e0 Fort Lewis, \u00e0 la c\u00f4te ouest des \u00c9tats-Unis, pr\u00e8s de Seattle (Washington).<\/p>\n<p>Le 15 septembre, MacArthur a effectu\u00e9 un d\u00e9barquement derri\u00e8re les lignes des communistes, \u00e0 Inchon, \u00e0 la c\u00f4te occidentale de la Cor\u00e9e. Le d\u00e9barquement mena\u00e7ait les voies d\u2019approvisionnement des Nord-Cor\u00e9ens, qui se mirent \u00e0 reculer. Tout \u00e0 coup, l\u2019ONU semblait gagner puisque les troupes nord-cor\u00e9ennes se retiraient vers la fronti\u00e8re de la Chine. L\u2019ONU a exhort\u00e9 le Canada \u00e0 envoyer tout de m\u00eame un contingent en Cor\u00e9e, et le 2<sup>e<\/sup> Bataillon de la Princess Patricia\u2019s Canadian Light Infantry (2PPCLI), command\u00e9 par le lieutenant-colonel Jim Stone, ancien commandant du Loyal Edmonton Regiment en Italie, prit le d\u00e9part \u00e0 la c\u00f4te ouest des \u00c9tats-Unis le 25 novembre.<\/p>\n<p>Les hommes pensaient qu\u2019ils allaient en Cor\u00e9e pour le nettoyage final, mais peu apr\u00e8s, la Chine faisait traverser le fleuve Yalu, dont la surface \u00e9tait alors gel\u00e9e (cours d\u2019eau frontalier), \u00e0 des centaines de milliers de \u00ab\u00a0volontaires\u00a0\u00bb pour attaquer les troupes de MacArthur. Les forces de l\u2019ONU furent repouss\u00e9es rondement.<\/p>\n<p>Lorsque le 2PPCLI atterrit en Cor\u00e9e, le 18 d\u00e9cembre, les combats avaient retravers\u00e9 le 38<sup>e<\/sup> parall\u00e8le. Les commandants am\u00e9ricains voulaient envoyer le Patricia imm\u00e9diatement au front, mais Stone a insist\u00e9 pour que ses hommes aient quelques semaines d\u2019entrainement et pour \u00e9liminer ceux qui parmi eux \u00e9taient inaptes ou incomp\u00e9tents. Les Am\u00e9ricains ne pouvaient qu\u2019accepter\u00a0: le Patricia eut six semaines pour se pr\u00e9parer.<\/p>\n<p>Le bataillon s\u2019est joint \u00e0 la\u00a027<sup>e <\/sup>Brigade d\u2019infanterie du Commonwealth britannique (27BICB) le 27 f\u00e9vrier, \u00e0 temps pour un nouveau coup de collier vers le Nord.<\/p>\n<p>Fin f\u00e9vrier et d\u00e9but mars 1951, l\u2019ONU remontait la p\u00e9ninsule alors que les troupes chinoises menaient des combats d\u2019arri\u00e8re-garde. L\u2019ennemi se retirait pour reprendre des forces avant de lancer une nouvelle attaque, laquelle allait avoir lieu le 21 avril. La brigade \u00e9tait alors en r\u00e9serve dans la vall\u00e9e d\u2019une petite rivi\u00e8re pr\u00e8s du village de Kapyong, \u00e0 quelques kilom\u00e8tres du front principal. Le commandant, le colonel britannique B.A. Burke, avait ordonn\u00e9 \u00e0 ses troupes de se pr\u00e9parer \u00e0 d\u00e9fendre leurs positions.<\/p>\n<div class=\"caption_img \"\tstyle=\"width:515px\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignnone size-full wp-image-2156\" alt=\"Le pr\u00e9sident des \u00c9tats-Unis, Harry Truman, signe une proclamation d\u00e9clarant un \u00e9tat d\u2019urgence, d\u00e9cembre 1950. [PHOTO : WIKIPEDIA]\" src=\"https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2013\/07\/Korea3.jpg\" width=\"515\" height=\"656\" srcset=\"https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2013\/07\/Korea3.jpg 515w, https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2013\/07\/Korea3-235x300.jpg 235w\" sizes=\"(max-width: 515px) 100vw, 515px\" \/><\/p>\n<div class=\"caption\"><span>Le pr\u00e9sident des \u00c9tats-Unis, Harry Truman, signe une proclamation d\u00e9clarant un \u00e9tat d\u2019urgence, d\u00e9cembre 1950. <\/span><\/div>\n<div class=\"credit\"><span>PHOTO : WIKIPEDIA<\/span><\/div>\n<\/div>\n<p>Le Royal Australian Regiment, renforc\u00e9 par des chars d\u2019assaut am\u00e9ricains, d\u00e9fendait les collines orientales de la vall\u00e9e qui avait une forme d\u2019Y, et le PPCLI se trouvait sur les hauteurs occidentales. Les artilleurs de la Nouvelle-Z\u00e9lande et des \u00c9tats-Unis assuraient leur soutien.<\/p>\n<p>Burke s\u2019\u00e9tait montr\u00e9 prudent et sa d\u00e9cision d\u2019\u00e9tablir des positions d\u00e9fensives avait certainement \u00e9t\u00e9 la bonne, car les Chinois ont fait une br\u00e8che dans une division cor\u00e9enne et bris\u00e9 les lignes de l\u2019ONU plus au nord. Ils se sont ensuite dirig\u00e9s vers sa brigade. Les Australiens d\u2019abord, puis le Patricia, ont oppos\u00e9 une d\u00e9fense h\u00e9ro\u00efque. Les Australiens ont support\u00e9 le premier coup, et ils ont \u00e9t\u00e9 oblig\u00e9s de se replier apr\u00e8s de durs combats. Les Chinois se sont ensuite concentr\u00e9s sur le Patricia qui s\u2019est retranch\u00e9 sur sa position au fa\u00eete de la colline 677. C\u2019\u00e9tait une confrontation brutale, mais les Canadiens ont repouss\u00e9 l\u2019ennemi jusqu\u2019\u00e0 l\u2019arriv\u00e9e des renforts exp\u00e9di\u00e9s par l\u2019ONU, et l\u2019attaque des Chinois a \u00e9t\u00e9 repouss\u00e9e.<\/p>\n<p>L\u2019United States Presidential Unit Citation a \u00e9t\u00e9 d\u00e9cern\u00e9e aux membres du Patricia et aux autres troupes qui avaient d\u00e9fendu Kapyong.<\/p>\n<p>Peu apr\u00e8s la bataille, le reste de la force sp\u00e9ciale de l\u2019arm\u00e9e canadienne, qu\u2019on appelait alors le 25<sup>e<\/sup> Groupe-brigade d\u2019infanterie canadienne, s\u2019est joint au Patricia aux c\u00f4t\u00e9s des forces de l\u2019ONU du front. Au d\u00e9but, le groupe-brigade se composait, entre autres formations, des 2<sup>es<\/sup> bataillons de la PPCLI, du Royal Canadian Regt., du Royal 22<sup>e<\/sup> R\u00e9g., et de l\u2019artillerie blind\u00e9e. Toutes les unit\u00e9s ont \u00e9t\u00e9 renvoy\u00e9es au Canada au bout d\u2019un an, et les premiers bataillons ou des r\u00e9giments les ont remplac\u00e9es. \u00c0 la fin de la guerre, eux aussi avaient \u00e9t\u00e9 remplac\u00e9s par les 3<sup>es<\/sup> bataillons et d\u2019autres r\u00e9giments. \u00c0 la fin du mois de juillet 1951, la brigade canadienne \u00e9tait partie int\u00e9grante de la 1<sup>re<\/sup> Division du Commonwealth.<\/p>\n<p>La pouss\u00e9e de l\u2019ONU vers le nord a continu\u00e9 apr\u00e8s Kapyong, mais l\u2019ONU et les \u00c9tats-Unis avaient conclu qu\u2019ils n\u2019avaient ni la main-d\u2019\u0153uvre ni les ressources pour \u00ab gagner \u00bb une guerre en Cor\u00e9e. En cons\u00e9quence, la nature de la guerre a \u00e9t\u00e9 modifi\u00e9e. Le nouvel objectif des \u00c9tats-Unis et de l\u2019ONU \u00e9tait de repousser les Chinois vers le nord jusqu\u2019au 38<sup>e<\/sup> parall\u00e8le pour restaurer la division politique qu\u2019il y avait en Cor\u00e9e avant la guerre, et puis de mettre fin aux combats par un accord d\u2019armistice.<\/p>\n<div class=\"caption_img \"\tstyle=\"width:515px\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignnone size-full wp-image-2157\" alt=\"Des dirigeants des Nations Unies rencontrent des repr\u00e9sentants de la Cor\u00e9e du Nord et de la Chine lors d\u2019une conf\u00e9rence en pr\u00e9vision de l\u2019armistice,  juillet 1951. [PHOTO : ONU\/UNITED STATES ARMY]\" src=\"https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2013\/07\/Korea4.jpg\" width=\"515\" height=\"346\" srcset=\"https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2013\/07\/Korea4.jpg 515w, https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2013\/07\/Korea4-300x201.jpg 300w, https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2013\/07\/Korea4-338x228.jpg 338w\" sizes=\"(max-width: 515px) 100vw, 515px\" \/><\/p>\n<div class=\"caption\"><span>Des dirigeants des Nations Unies rencontrent des repr\u00e9sentants de la Cor\u00e9e du Nord et de la Chine lors d\u2019une conf\u00e9rence en pr\u00e9vision de l\u2019armistice,  juillet 1951. <\/span><\/div>\n<div class=\"credit\"><span>PHOTO : ONU\/UNITED STATES ARMY<\/span><\/div>\n<\/div>\n<p>Les pourparlers ont commenc\u00e9 \u00e0 Kaesong le 10 juillet 1951, mais ils n\u2019aboutissaient pas, et ils ont \u00e9t\u00e9 rompus le 23 aout. L\u2019offensive de l\u2019ONU a repris jusqu\u2019\u00e0 ce que les forces des Nations Unies atteignent une nouvelle ligne de r\u00e9sistance \u00e0 peu pr\u00e8s au 38<sup>e<\/sup> parall\u00e8le. Les pourparlers pour l\u2019armistice ont repris \u00e0 Panmunjom le 27 novembre 1951, mais ils ne se sont pas conclu par un accord avant un an et demi, et pendant cette impasse, beaucoup d\u2019autres vies ont \u00e9t\u00e9 perdues.<\/p>\n<p>La mort de Staline, le 4 mars 1953, a consid\u00e9rablement mod\u00e9r\u00e9 les efforts que les communistes faisaient pour la guerre. Les pourparlers de l\u2019armistice ont bien plus avanc\u00e9 et le 7 juin, des ententes ont \u00e9t\u00e9 conclues sur tous les points principaux.<\/p>\n<p>La Cor\u00e9e du Sud a \u00e9volu\u00e9 en une soci\u00e9t\u00e9 libre o\u00f9 les niveaux de vie sont parmi les plus \u00e9lev\u00e9s du monde. La Cor\u00e9e du Nord est un \u00c9tat compl\u00e8tement totalitaire d\u2019une extr\u00eame pauvret\u00e9, qui voue un culte au clan de Kim comme s\u2019ils \u00e9taient des dieux, mais qui poss\u00e8de des missiles et des armes nucl\u00e9aires. D\u2019une certaine fa\u00e7on, la guerre de 1950-1953 a \u00e9chou\u00e9 en ce qui concerne le dilemme politique qu\u2019est la division de la Cor\u00e9e. Mais au moins les gens de la Cor\u00e9e du Sud ont sauvegard\u00e9 leur libert\u00e9 et r\u00e9ussi \u00e0 b\u00e2tir une soci\u00e9t\u00e9 qui est une des d\u00e9mocraties les plus robustes et prosp\u00e8res du monde.<\/p>\n<p>Ils l\u2019ont fait en grande partie gr\u00e2ce \u00e0 la r\u00e9solution des soldats, des marins et des aviateurs de pays comme le Canada qui les ont aid\u00e9s \u00e0 d\u00e9fendre leur pays lors des jours \u00e9prouvants de la guerre de Cor\u00e9e.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Soixante ans apr\u00e8s la signature, l\u2019accord de l\u2019armistice en Cor\u00e9e est \u00e0 nouveau dans les nouvelles. En mars, l\u2019arm\u00e9e de la Cor\u00e9e du Nord a d\u00e9clar\u00e9 l\u2019accord nul et non avenu et s\u2019est mise \u00e0 prof\u00e9rer des menaces. Cela se passe \u00e0 un moment o\u00f9 les v\u00e9t\u00e9rans de la guerre assistent aux comm\u00e9morations du 60e anniversaire en l\u2019honneur des camarades tomb\u00e9s au champ d\u2019honneur \u00e0 leurs c\u00f4t\u00e9s quand ils \u00e9taient eux-m\u00eames dans la p\u00e9ninsule.<\/p>\n","protected":false},"author":39,"featured_media":2152,"comment_status":"closed","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[3],"tags":[],"class_list":["post-2145","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-articles-principaux"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/2145","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/39"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=2145"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/2145\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media\/2152"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=2145"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=2145"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=2145"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}