{"id":2004,"date":"2013-03-20T00:01:39","date_gmt":"2013-03-20T04:01:39","guid":{"rendered":"https:\/\/legionmagfren.wpengine.com\/?p=2004"},"modified":"2013-02-20T11:22:00","modified_gmt":"2013-02-20T15:22:00","slug":"visite-aux-champs-de-bataille-grace-au-centre-milton-gregg","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/2013\/03\/visite-aux-champs-de-bataille-grace-au-centre-milton-gregg\/","title":{"rendered":"Visite aux champs de bataille gr\u00e2ce au Centre Milton Gregg"},"content":{"rendered":"<p><span style=\"letter-spacing: 0.2px;\"><strong>Sur une colline, des \u00e9tudiants dipl\u00f4m\u00e9s surveillent un ravin semblable \u00e0 ceux qu\u2019on peut voir en Europe de l\u2019Est ou quelque autre endroit du monde o\u00f9 le Canada risque d\u2019\u00eatre appel\u00e9 \u00e0 servir. Cependant, nous ne sommes pas en Europe, mais dans une clairi\u00e8re de la vaste for\u00eat qui entoure la Base des Forces canadiennes Gagetown, dans le sud-ouest du Nouveau-Brunswick.<\/strong><\/span><\/p>\n<p><span style=\"letter-spacing: 0.2px;\"> <\/span><\/p>\n<div id=\"_mcePaste\" style=\"position: absolute; left: -10000px; top: 0px; width: 1px; height: 1px; overflow-x: hidden; overflow-y: hidden;\">Dans l\u2019autocar qui les amenait ici, les \u00e9tudiants ont aper\u00e7u quelques chars d\u2019assaut et v\u00e9hicules d\u2019assaut l\u00e9ger (VAL) servant \u00e0 des exercices de jour o\u00f9 les chefs de peloton livreront un assaut \u00e0 la h\u00e2te : un assaut improvis\u00e9 apr\u00e8s avoir soudainement vu un ennemi.<\/div>\n<div id=\"_mcePaste\" style=\"position: absolute; left: -10000px; top: 0px; width: 1px; height: 1px; overflow-x: hidden; overflow-y: hidden;\">\u00ab On aimerait croire qu\u2019il faut une heure entre apercevoir une position ennemie, et planifier et lancer l\u2019assaut \u00bb, nous explique le major Tim Halfkenny, commandant adjoint de l\u2019\u00c9cole de la tactique de la base. Il augmente le volume de la radio o\u00f9 des ordres encod\u00e9s sont donn\u00e9s aux chars et aux VAL.<\/div>\n<div id=\"_mcePaste\" style=\"position: absolute; left: -10000px; top: 0px; width: 1px; height: 1px; overflow-x: hidden; overflow-y: hidden;\">Pour les \u00e9tudiants, c\u2019est un guet froid et tranquille. De l\u00e0 o\u00f9 l\u2019on se trouve, on ne peut voir que de rares mouvements \u00e0 l\u2019horizon alors que le corps blind\u00e9 profite des ravins pour cacher sa propre position \u00e0 l\u2019ennemi. \u00ab Il ne faut pas se trouver dans la mire de l\u2019ennemi plus longtemps qu\u2019il ne faut pour attaquer \u00bb, dit le major.<\/div>\n<div id=\"_mcePaste\" style=\"position: absolute; left: -10000px; top: 0px; width: 1px; height: 1px; overflow-x: hidden; overflow-y: hidden;\">L\u2019heure H est fix\u00e9e \u00e0 11 h 35. Les chars et les LAV se r\u00e9v\u00e8lent quelques minutes avant, et l\u2019assaut est lanc\u00e9. Les chars tirent en avan\u00e7ant les premiers, puis ils sont d\u00e9pass\u00e9s par les VAL, desquels descendent les fantassins. La position est contr\u00f4l\u00e9e \u00e0 11 h 40. \u00ab Pas mal \u00bb, dit Halfkenny.<\/div>\n<div id=\"_mcePaste\" style=\"position: absolute; left: -10000px; top: 0px; width: 1px; height: 1px; overflow-x: hidden; overflow-y: hidden;\">Observer un exercice et passer l\u2019apr\u00e8s-midi sur place, m\u00eame monter dans les v\u00e9hicules pour parler aux soldats qui les utilisent, fait partie du processus d\u2019apprentissage au Milton F. Gregg Centre for the Study of War and Society de l\u2019Universit\u00e9 du Nouveau-Brunswick, \u00e0 Fredericton. Le centre se consacre \u00e0 l\u2019\u00e9tude des causes, du cours et des cons\u00e9quences des conflits arm\u00e9s.<\/div>\n<div id=\"_mcePaste\" style=\"position: absolute; left: -10000px; top: 0px; width: 1px; height: 1px; overflow-x: hidden; overflow-y: hidden;\">Dirig\u00e9 par l\u2019historien et collaborateur de la Revue L\u00e9gion Marc Milner, il n\u2019est physiquement qu\u2019un couloir de bureaux o\u00f9 le personnel dirige des programmes d\u2019\u00e9tudes de premier cycle et de cycles sup\u00e9rieurs, et o\u00f9 il pr\u00e9pare des publications, des conf\u00e9rences, des allocutions et des visites aux champs de bataille au Canada et en Europe.<\/div>\n<div id=\"_mcePaste\" style=\"position: absolute; left: -10000px; top: 0px; width: 1px; height: 1px; overflow-x: hidden; overflow-y: hidden;\">\u00ab Dominic Graham (surnomm\u00e9 Toby), qui a servi dans l\u2019artillerie britannique \u00e0 la Seconde Guerre mondiale et y a \u00e9t\u00e9 bri\u00e8vement prisonnier, a \u00e9t\u00e9 l\u2019un de mes professeurs. Il croyait fermement qu\u2019il faut aller aux champs de bataille en personne, dit Milner. Nous voulons donner l\u2019occasion aux \u00e9tudiants de toucher le mat\u00e9riel et de voir comment fonctionnent les choses. Lorsqu\u2019on parlait du mat\u00e9riel de mani\u00e8re abstraite, Toby Graham nous jetait un mauvais coup d\u2019\u0153il et nous disait : \u201cTu ne sais pas comment \u00e7a marche.\u201d<\/div>\n<div id=\"_mcePaste\" style=\"position: absolute; left: -10000px; top: 0px; width: 1px; height: 1px; overflow-x: hidden; overflow-y: hidden;\">Les origines du Centre Gregg remontent au Forum sur la s\u00e9curit\u00e9 et la d\u00e9fense, quand le minist\u00e8re de la D\u00e9fense nationale a institu\u00e9 en 1981 des centres de recherches \u00e0 certaines universit\u00e9s canadiennes.<\/div>\n<div id=\"_mcePaste\" style=\"position: absolute; left: -10000px; top: 0px; width: 1px; height: 1px; overflow-x: hidden; overflow-y: hidden;\">\u00c0 l\u2019U. du N.-B., le centre s\u2019est sp\u00e9cialis\u00e9 en conflits de faible intensit\u00e9 et en terrorisme.<\/div>\n<div id=\"_mcePaste\" style=\"position: absolute; left: -10000px; top: 0px; width: 1px; height: 1px; overflow-x: hidden; overflow-y: hidden;\">David Charters, agr\u00e9g\u00e9 sup\u00e9rieur du Centre Gregg, s\u2019est joint \u00e0 l\u2019U. du N.-B. dans les ann\u00e9es 1980 en tant qu\u2019expert en ce qu\u2019il appelait \u00ab la faible intensit\u00e9 de l\u2019\u00e9chelle des conflits \u00bb. La th\u00e8se du doctorat qu\u2019il avait obtenu en Angleterre portait sur l\u2019arm\u00e9e britannique et l\u2019insurrection des Juifs en Palestine de 1945 \u00e0 1947. Feu Maurice Tugwell et lui ont fond\u00e9 le Centre d\u2019\u00e9tudes sur les conflits, \u00e0 l\u2019Universit\u00e9, au d\u00e9but des ann\u00e9es 1980, se sp\u00e9cialisant en terrorisme et petits conflits depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale.<\/div>\n<div id=\"_mcePaste\" style=\"position: absolute; left: -10000px; top: 0px; width: 1px; height: 1px; overflow-x: hidden; overflow-y: hidden;\">\u00ab Personne d\u2019autre au Canada n\u2019\u00e9tudiait ces sujets-l\u00e0. Presque tout \u00e9tait de faible intensit\u00e9 depuis 1945. La demande pour un tel savoir existait dans les communaut\u00e9s du renseignement, de la police et de l\u2019arm\u00e9e \u00bb, dit Charters, qui a \u00e9t\u00e9 le premier directeur du Centre.<\/div>\n<div id=\"_mcePaste\" style=\"position: absolute; left: -10000px; top: 0px; width: 1px; height: 1px; overflow-x: hidden; overflow-y: hidden;\">Les instructions donn\u00e9es aux premiers membres du Service canadien du renseignement de s\u00e9curit\u00e9 (SCRS) font partie de ses mandats les plus remarquables. Le centre a aussi men\u00e9 une importante \u00e9tude pour le gouvernement des \u00c9tats-Unis, \u00e0 la suite d\u2019une tentative manqu\u00e9e de d\u00e9livrance d\u2019Am\u00e9ricains tenus en otage dans leur ambassade \u00e0 T\u00e9h\u00e9ran, en Iran, en 1979. \u00ab Il y avait des le\u00e7ons \u00e0 tirer dans le cours d\u2019op\u00e9rations sp\u00e9ciales \u00e0 propos de la formation, du renseignement, de la vitesse, de la mobilit\u00e9 et de la surprise \u00bb, dit Charters.<\/div>\n<div id=\"_mcePaste\" style=\"position: absolute; left: -10000px; top: 0px; width: 1px; height: 1px; overflow-x: hidden; overflow-y: hidden;\">Ses coll\u00e8gues et lui ont donn\u00e9 des conf\u00e9rences et organis\u00e9 des cours au Centre pour le SCRS, le Coll\u00e8ge canadien de police \u00e0 Ottawa, et plusieurs \u00e9coles militaires. Pendant de nombreuses ann\u00e9es, il \u00e9tait r\u00e9dacteur en chef du Journal For Conflict Studies, journal sur les conflits contemporains \u00e0 renomm\u00e9e internationale.<\/div>\n<div id=\"_mcePaste\" style=\"position: absolute; left: -10000px; top: 0px; width: 1px; height: 1px; overflow-x: hidden; overflow-y: hidden;\">\u00ab Le Centre a re\u00e7u un coup en 1989, lorsque le mur [de Berlin] est tomb\u00e9. La guerre froide \u00e9tait finie. Personne n\u2019avait besoin de se renseigner sur le terrorisme. Le programme a d\u00e9p\u00e9ri pendant les ann\u00e9es 1990. Il s\u2019est activ\u00e9 un peu apr\u00e8s le 11 septembre 2011, mais ce n\u2019\u00e9tait plus comme avant \u00bb, dit Milner.<\/div>\n<div id=\"_mcePaste\" style=\"position: absolute; left: -10000px; top: 0px; width: 1px; height: 1px; overflow-x: hidden; overflow-y: hidden;\">Ce dernier a prononc\u00e9 la conf\u00e9rence Eaton inaugurale, en novembre, \u00e0 North York, en Ontario. Cela deviendra un \u00e9v\u00e8nement annuel en vue d\u2019amasser des fonds et de faire connaitre le Centre.<\/div>\n<div id=\"_mcePaste\" style=\"position: absolute; left: -10000px; top: 0px; width: 1px; height: 1px; overflow-x: hidden; overflow-y: hidden;\">Depuis son institution, ce dernier devait pouvoir s\u2019autofinancer, mais la collecte de fonds est devenue fort probl\u00e9matique. La derni\u00e8re subvention du minist\u00e8re de la D\u00e9fense nationale (MDN) a \u00e9t\u00e9 \u00e9puis\u00e9e en mars 2012. \u00ab Cela nous a oblig\u00e9s \u00e0 faire appel \u00e0 notre esprit d\u2019entreprise \u00bb, dit Milner.<\/div>\n<div id=\"_mcePaste\" style=\"position: absolute; left: -10000px; top: 0px; width: 1px; height: 1px; overflow-x: hidden; overflow-y: hidden;\">Quand le soutien du MDN a commenc\u00e9 \u00e0 devenir moins important, l\u2019Universit\u00e9 a r\u00e9uni ses programmes militaires pour cr\u00e9er, en 2006, le Centre Gregg.<\/div>\n<div id=\"_mcePaste\" style=\"position: absolute; left: -10000px; top: 0px; width: 1px; height: 1px; overflow-x: hidden; overflow-y: hidden;\">Gregg, un N\u00e9o-Brunswickois, fut officier du Royal Canadien Regiment pendant la Premi\u00e8re Guerre mondiale. La Croix de Victoria lui fut d\u00e9cern\u00e9e \u00e0 la suite de ses actions d\u2019\u00e9clat pendant la bataille du canal du Nord, pr\u00e8s de Cambrai, en France, quand il franchit une br\u00e8che dans les barbel\u00e9s de l\u2019ennemi, \u00e0 la t\u00eate de ses hommes, pour aller attaquer une tranch\u00e9e. Lorsque les munitions vinrent \u00e0 manquer, il retourna s\u2019approvisionner \u00e0 son char d\u2019assaut en rampant, et ses hommes et lui r\u00e9ussirent \u00e0 prendre la tranch\u00e9e, ce qui \u00e9tait n\u00e9cessaire pour continuer d\u2019avancer.<\/div>\n<div id=\"_mcePaste\" style=\"position: absolute; left: -10000px; top: 0px; width: 1px; height: 1px; overflow-x: hidden; overflow-y: hidden;\">Il servit ensuite en tant que sergent d\u2019armes \u00e0 la Chambre des communes, \u00e0 Ottawa. Il reprit du galon pendant la Seconde Guerre mondiale, \u00e0 la conclusion de laquelle il avait le grade de brigadier, puis il occupa le poste de pr\u00e9sident de l\u2019Universit\u00e9 du Nouveau-Brunswick. Il fut \u00e9lu d\u00e9put\u00e9 lib\u00e9ral au Parlement par la suite et servit au Cabinet sous Mackenzie King et sous Louis Saint-Laurent avant de perdre aux \u00e9lections de 1957.<\/div>\n<div id=\"_mcePaste\" style=\"position: absolute; left: -10000px; top: 0px; width: 1px; height: 1px; overflow-x: hidden; overflow-y: hidden;\">En rapport avec son cadre n\u00e9o-brunswickois, le New Brunswick Military History Project, important projet du Centre, a commenc\u00e9 par la publication de petits livres souples en couleurs sur divers aspects de l\u2019histoire militaire de la province (\u00ab New Brunswick\u2019s Military History Gets A New Look \u00bb [Nouveau coup d\u2019\u0153il sur l\u2019histoire militaire du Nouveau-Brunswick, non traduit], mai\/juin 2005).<\/div>\n<div id=\"_mcePaste\" style=\"position: absolute; left: -10000px; top: 0px; width: 1px; height: 1px; overflow-x: hidden; overflow-y: hidden;\">\u00ab L\u2019histoire militaire du Nouveau-Brunswick n\u2019a jamais occup\u00e9 une place pr\u00e9pond\u00e9rante \u00e0 l\u2019\u00e9chelon national. On voulait changer cela gr\u00e2ce \u00e0 une s\u00e9rie de livres qui feraient revivre l\u2019histoire \u00bb, dit Brent Wilson qui est \u00e0 la t\u00eate du projet.<\/div>\n<div id=\"_mcePaste\" style=\"position: absolute; left: -10000px; top: 0px; width: 1px; height: 1px; overflow-x: hidden; overflow-y: hidden;\">Dans les premiers livres de la s\u00e9rie, on s\u2019est pench\u00e9 sur les fortifications militaires autour de Saint John et sur le si\u00e8ge du fort Beaus\u00e9jour. \u00ab Bien entendu, au bicentenaire de la guerre de 1812, on envisage des livres qui la concer-nent. Il y en a un sur le 104e R\u00e9giment de fantassins (Nouveau-Brunswick) qui a fait la fameuse marche hivernale entre le Nouveau-Brunswick et Kingston, en Ontario \u00bb, dit-il.<\/div>\n<div id=\"_mcePaste\" style=\"position: absolute; left: -10000px; top: 0px; width: 1px; height: 1px; overflow-x: hidden; overflow-y: hidden;\">Il y a des avantages \u00e0 se trouver pr\u00e8s de la plus grande base militaire de l\u2019est du Canada. Lee Windsor, directeur adjoint du Centre, a \u00e9crit le livre intitul\u00e9 Kandahar Tour, avec Wilson et Charters. Ils y expliquent le r\u00f4le du Canada en Afghanistan comme le voyaient les soldats du second Bataillon du Royal Canadian Regiment bas\u00e9 \u00e0 Gagetown, ainsi que les unit\u00e9s militaires de soutien, les diplomates, les policiers et les civils qui ont pass\u00e9 six mois au Kandahar en 2007.<\/div>\n<div id=\"_mcePaste\" style=\"position: absolute; left: -10000px; top: 0px; width: 1px; height: 1px; overflow-x: hidden; overflow-y: hidden;\">\u00ab L\u2019objet principal du livre est de raconter l\u2019histoire au public, dit Windsor, mais on voulait aussi le faire pour les familles des gens qui y sont all\u00e9s. \u00bb<\/div>\n<div id=\"_mcePaste\" style=\"position: absolute; left: -10000px; top: 0px; width: 1px; height: 1px; overflow-x: hidden; overflow-y: hidden;\">Ce livre \u00e9tait une occasion de documenter l\u2019histoire telle qu\u2019elle se produisait, et comme le disent les auteurs dans le pr\u00e9ambule, \u00e9tudier ce qui se passe aujourd\u2019hui pourrait faire la lumi\u00e8re sur ce qui s\u2019est pass\u00e9 quand les Canadiens sont all\u00e9s se battre en Europe il y a presque un si\u00e8cle.<\/div>\n<p>Dans l\u2019autocar qui les amenait ici, les \u00e9tudiants ont aper\u00e7u quelques chars d\u2019assaut et v\u00e9hicules d\u2019assaut l\u00e9ger (VAL) servant \u00e0 des exercices de jour o\u00f9 les chefs de peloton livreront un assaut \u00e0 la h\u00e2te : un assaut improvis\u00e9 apr\u00e8s avoir soudainement vu un ennemi.<\/p>\n<p>\u00ab On aimerait croire qu\u2019il faut une heure entre apercevoir une position ennemie, et planifier et lancer l\u2019assaut \u00bb, nous explique le major Tim Halfkenny, commandant adjoint de l\u2019\u00c9cole de la tactique de la base. Il augmente le volume de la radio o\u00f9 des ordres encod\u00e9s sont donn\u00e9s aux chars et aux VAL.<\/p>\n<p>Pour les \u00e9tudiants, c\u2019est un guet froid et tranquille. De l\u00e0 o\u00f9 l\u2019on se trouve, on ne peut voir que de rares mouvements \u00e0 l\u2019horizon alors que le corps blind\u00e9 profite des ravins pour cacher sa propre position \u00e0 l\u2019ennemi. \u00ab Il ne faut pas se trouver dans la mire de l\u2019ennemi plus longtemps qu\u2019il ne faut pour attaquer \u00bb, dit le major.<\/p>\n<p>L\u2019heure H est fix\u00e9e \u00e0 11 h 35. Les chars et les LAV se r\u00e9v\u00e8lent quelques minutes avant, et l\u2019assaut est lanc\u00e9. Les chars tirent en avan\u00e7ant les premiers, puis ils sont d\u00e9pass\u00e9s par les VAL, desquels descendent les fantassins. La position est contr\u00f4l\u00e9e \u00e0 11 h 40. \u00ab Pas mal \u00bb, dit Halfkenny.<\/p>\n<p>Observer un exercice et passer l\u2019apr\u00e8s-midi sur place, m\u00eame monter dans les v\u00e9hicules pour parler aux soldats qui les utilisent, fait partie du processus d\u2019apprentissage au Milton F. Gregg Centre for the Study of War and Society de l\u2019Universit\u00e9 du Nouveau-Brunswick, \u00e0 Fredericton. Le centre se consacre \u00e0 l\u2019\u00e9tude des causes, du cours et des cons\u00e9quences des conflits arm\u00e9s.<\/p>\n<p>Dirig\u00e9 par l\u2019historien et collaborateur de la <em>Revue L\u00e9gion<\/em> Marc Milner, il n\u2019est physiquement qu\u2019un couloir de bureaux o\u00f9 le personnel dirige des programmes d\u2019\u00e9tudes de premier cycle et de cycles sup\u00e9rieurs, et o\u00f9 il pr\u00e9pare des publications, des conf\u00e9rences, des allocutions et des visites aux champs de bataille au Canada et en Europe.<\/p>\n<p>\u00ab Dominic Graham (surnomm\u00e9 Toby), qui a servi dans l\u2019artillerie britannique \u00e0 la Seconde Guerre mondiale et y a \u00e9t\u00e9 bri\u00e8vement prisonnier, a \u00e9t\u00e9 l\u2019un de mes professeurs. Il croyait fermement qu\u2019il faut aller aux champs de bataille en personne, dit Milner. Nous voulons donner l\u2019occasion aux \u00e9tudiants de toucher le mat\u00e9riel et de voir comment fonctionnent les choses. Lorsqu\u2019on parlait du mat\u00e9riel de mani\u00e8re abstraite, Toby Graham nous jetait un mauvais coup d\u2019\u0153il et nous disait : \u201cTu ne sais pas comment \u00e7a marche.\u201d<\/p>\n<p>Les origines du Centre Gregg remontent au Forum sur la s\u00e9curit\u00e9 et la d\u00e9fense, quand le minist\u00e8re de la D\u00e9fense nationale a institu\u00e9 en 1981 des centres de recherches \u00e0 certaines universit\u00e9s canadiennes.<\/p>\n<p>\u00c0 l\u2019U. du N.-B., le centre s\u2019est sp\u00e9cialis\u00e9 en conflits de faible intensit\u00e9 et en terrorisme.<\/p>\n<p>David Charters, agr\u00e9g\u00e9 sup\u00e9rieur du Centre Gregg, s\u2019est joint \u00e0 l\u2019U. du N.-B. dans les ann\u00e9es 1980 en tant qu\u2019expert en ce qu\u2019il appelait \u00ab la faible intensit\u00e9 de l\u2019\u00e9chelle des conflits \u00bb. La th\u00e8se du doctorat qu\u2019il avait obtenu en Angleterre portait sur l\u2019arm\u00e9e britannique et l\u2019insurrection des Juifs en Palestine de 1945 \u00e0 1947. Feu Maurice Tugwell et lui ont fond\u00e9 le Centre d\u2019\u00e9tudes sur les conflits, \u00e0 l\u2019Universit\u00e9, au d\u00e9but des ann\u00e9es 1980, se sp\u00e9cialisant en terrorisme et petits conflits depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale.<\/p>\n<p>\u00ab Personne d\u2019autre au Canada n\u2019\u00e9tudiait ces sujets-l\u00e0. Presque tout \u00e9tait de faible intensit\u00e9 depuis 1945. La demande pour un tel savoir existait dans les communaut\u00e9s du renseignement, de la police et de l\u2019arm\u00e9e \u00bb, dit Charters, qui a \u00e9t\u00e9 le premier directeur du Centre.<\/p>\n<p>Les instructions donn\u00e9es aux premiers membres du Service canadien du renseignement de s\u00e9curit\u00e9 (SCRS) font partie de ses mandats les plus remarquables. Le centre a aussi men\u00e9 une importante \u00e9tude pour le gouvernement des \u00c9tats-Unis, \u00e0 la suite d\u2019une tentative manqu\u00e9e de d\u00e9livrance d\u2019Am\u00e9ricains tenus en otage dans leur ambassade \u00e0 T\u00e9h\u00e9ran, en Iran, en 1979. \u00ab Il y avait des le\u00e7ons \u00e0 tirer dans le cours d\u2019op\u00e9rations sp\u00e9ciales \u00e0 propos de la formation, du renseignement, de la vitesse, de la mobilit\u00e9 et de la surprise \u00bb, dit Charters.<\/p>\n<p>Ses coll\u00e8gues et lui ont donn\u00e9 des conf\u00e9rences et organis\u00e9 des cours au Centre pour le SCRS, le Coll\u00e8ge canadien de police \u00e0 Ottawa, et plusieurs \u00e9coles militaires. Pendant de nombreuses ann\u00e9es, il \u00e9tait r\u00e9dacteur en chef du <em>Journal For Conflict Studies<\/em>, journal sur les conflits contemporains \u00e0 renomm\u00e9e internationale.<\/p>\n<p>\u00ab Le Centre a re\u00e7u un coup en 1989, lorsque le mur [de Berlin] est tomb\u00e9. La guerre froide \u00e9tait finie. Personne n\u2019avait besoin de se renseigner sur le terrorisme. Le programme a d\u00e9p\u00e9ri pendant les ann\u00e9es 1990. Il s\u2019est activ\u00e9 un peu apr\u00e8s le 11 septembre 2011, mais ce n\u2019\u00e9tait plus comme avant \u00bb, dit Milner.<\/p>\n<p>Ce dernier a prononc\u00e9 la conf\u00e9rence Eaton inaugurale, en novembre, \u00e0 North York, en Ontario. Cela deviendra un \u00e9v\u00e8nement annuel en vue d\u2019amasser des fonds et de faire connaitre le Centre.<\/p>\n<p>Depuis son institution, ce dernier devait pouvoir s\u2019autofinancer, mais la collecte de fonds est devenue fort probl\u00e9matique. La derni\u00e8re subvention du minist\u00e8re de la D\u00e9fense nationale (MDN) a \u00e9t\u00e9 \u00e9puis\u00e9e en mars 2012. \u00ab Cela nous a oblig\u00e9s \u00e0 faire appel \u00e0 notre esprit d\u2019entreprise \u00bb, dit Milner.<\/p>\n<p>Quand le soutien du MDN a commenc\u00e9 \u00e0 devenir moins important, l\u2019Universit\u00e9 a r\u00e9uni ses programmes militaires pour cr\u00e9er, en 2006, le Centre Gregg.<\/p>\n<p>Gregg, un N\u00e9o-Brunswickois, fut officier du Royal Canadien Regiment pendant la Premi\u00e8re Guerre mondiale. La Croix de Victoria lui fut d\u00e9cern\u00e9e \u00e0 la suite de ses actions d\u2019\u00e9clat pendant la bataille du canal du Nord, pr\u00e8s de Cambrai, en France, quand il franchit une br\u00e8che dans les barbel\u00e9s de l\u2019ennemi, \u00e0 la t\u00eate de ses hommes, pour aller attaquer une tranch\u00e9e. Lorsque les munitions vinrent \u00e0 manquer, il retourna s\u2019approvisionner \u00e0 son char d\u2019assaut en rampant, et ses hommes et lui r\u00e9ussirent \u00e0 prendre la tranch\u00e9e, ce qui \u00e9tait n\u00e9cessaire pour continuer d\u2019avancer.<\/p>\n<p>Il servit ensuite en tant que sergent d\u2019armes \u00e0 la Chambre des communes, \u00e0 Ottawa. Il reprit du galon pendant la Seconde Guerre mondiale, \u00e0 la conclusion de laquelle il avait le grade de brigadier, puis il occupa le poste de pr\u00e9sident de l\u2019Universit\u00e9 du Nouveau-Brunswick. Il fut \u00e9lu d\u00e9put\u00e9 lib\u00e9ral au Parlement par la suite et servit au Cabinet sous Mackenzie King et sous Louis Saint-Laurent avant de perdre aux \u00e9lections de 1957.<\/p>\n<p>En rapport avec son cadre n\u00e9o-brunswickois, le New Brunswick Military History Project, important projet du Centre, a commenc\u00e9 par la publication de petits livres souples en couleurs sur divers aspects de l\u2019histoire militaire de la province (\u00ab New Brunswick\u2019s Military History Gets A New Look \u00bb [Nouveau coup d\u2019\u0153il sur l\u2019histoire militaire du Nouveau-Brunswick, non traduit], mai\/juin 2005).<\/p>\n<p>\u00ab L\u2019histoire militaire du Nouveau-Brunswick n\u2019a jamais occup\u00e9 une place pr\u00e9pond\u00e9rante \u00e0 l\u2019\u00e9chelon national. On voulait changer cela gr\u00e2ce \u00e0 une s\u00e9rie de livres qui feraient revivre l\u2019histoire \u00bb, dit Brent Wilson qui est \u00e0 la t\u00eate du projet.<\/p>\n<p>Dans les premiers livres de la s\u00e9rie, on s\u2019est pench\u00e9 sur les fortifications militaires autour de Saint John et sur le si\u00e8ge du fort Beaus\u00e9jour. \u00ab Bien entendu, au bicentenaire de la guerre de 1812, on envisage des livres qui la concer-nent. Il y en a un sur le 104e R\u00e9giment de fantassins (Nouveau-Brunswick) qui a fait la fameuse marche hivernale entre le Nouveau-Brunswick et Kingston, en Ontario \u00bb, dit-il.<\/p>\n<p>Il y a des avantages \u00e0 se trouver pr\u00e8s de la plus grande base militaire de l\u2019est du Canada. Lee Windsor, directeur adjoint du Centre, a \u00e9crit le livre intitul\u00e9 <em>Kandahar Tour<\/em>, avec Wilson et Charters. Ils y expliquent le r\u00f4le du Canada en Afghanistan comme le voyaient les soldats du second Bataillon du Royal Canadian Regiment bas\u00e9 \u00e0 Gagetown, ainsi que les unit\u00e9s militaires de soutien, les diplomates, les policiers et les civils qui ont pass\u00e9 six mois au Kandahar en 2007.<\/p>\n<p>\u00ab L\u2019objet principal du livre est de raconter l\u2019histoire au public, dit Windsor, mais on voulait aussi le faire pour les familles des gens qui y sont all\u00e9s. \u00bb<\/p>\n<p>Ce livre \u00e9tait une occasion de documenter l\u2019histoire telle qu\u2019elle se produisait, et comme le disent les auteurs dans le pr\u00e9ambule, \u00e9tudier ce qui se passe aujourd\u2019hui pourrait faire la lumi\u00e8re sur ce qui s\u2019est pass\u00e9 quand les Canadiens sont all\u00e9s se battre en Europe il y a presque un si\u00e8cle.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Sur une colline, des \u00e9tudiants dipl\u00f4m\u00e9s surveillent un ravin semblable \u00e0 ceux qu\u2019on peut voir en Europe de l\u2019Est ou quelque autre endroit du monde o\u00f9 le Canada risque d\u2019\u00eatre appel\u00e9 \u00e0 servir. Cependant, nous ne sommes pas en Europe, mais dans une clairi\u00e8re de la vaste for\u00eat qui entoure la Base des Forces canadiennes Gagetown, dans le sud-ouest du Nouveau-Brunswick.<\/p>\n","protected":false},"author":8,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[4],"tags":[],"class_list":["post-2004","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-nouvelles"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/2004","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/8"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=2004"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/2004\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=2004"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=2004"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=2004"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}