{"id":194,"date":"2008-09-07T00:01:16","date_gmt":"2008-09-07T04:01:16","guid":{"rendered":"https:\/\/legionmagfren.wpengine.com\/index.php\/2008\/09\/la-guerre-qui-a-change-le-monde\/"},"modified":"2008-10-06T10:36:16","modified_gmt":"2008-10-06T14:36:16","slug":"la-guerre-qui-a-change-le-monde","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/2008\/09\/la-guerre-qui-a-change-le-monde\/","title":{"rendered":"La guerre qui a chang\u00e9 le monde"},"content":{"rendered":"<div class=\"caption_img \"\tstyle=\"width:630px\"><img fetchpriority=\"high\" decoding=\"async\" src=\"http:\/\/www.legionmagazine.com\/en\/wp-content\/uploads\/2008\/08\/armisticelead.jpg\" alt=\"Des soldats canadiens \u00ab \u00e0 pleins camions \u00bb c\u00e9l\u00e9brant apr\u00e8s la bataille de la cr\u00eate de Vimy. [PHOTO : LIBRAIRIE ET ARCHIVES CANADA PA001353]\" class=\"top\" height=\"236\" width=\"630\" \/><\/p>\n<div class=\"caption\"><span>Des soldats canadiens \u00ab \u00e0 pleins camions \u00bb c\u00e9l\u00e9brant apr\u00e8s la bataille de la cr\u00eate de Vimy. <\/span><\/div>\n<div class=\"credit\"><span>PHOTO : LIBRAIRIE ET ARCHIVES CANADA PA001353<\/span><\/div>\n<\/div>\n<p><strong>Au Canada, la m\u00e9moire v\u00e9cue touche \u00e0 sa fin. Lorsque nous \u00e9crivons cette histoire, il ne reste plus qu\u2019un v\u00e9t\u00e9ran canadien de la Premi\u00e8re Guerre mon\u00addiale. En fait, il y a encore une poign\u00e9e de ces v\u00e9t\u00e9rans dans le monde, ceux de la France, de la Turquie et de l\u2019Australie ayant pass\u00e9 l\u2019arme \u00e0 gauche derni\u00e8rement comme leurs millions de camarades qui \u00e9taient d\u00e9j\u00e0 pass\u00e9s \u00e0 l\u2019histoire. Quand on oscille entre la m\u00e9moire et l\u2019histoire, la guerre, malgr\u00e9 les 90 ans qui nous s\u00e9parent, est un \u00e9v\u00e9nement poignant qui r\u00e9sonne encore. <\/strong>La Grande Guerre pour la civilisation, la der des ders, la foutrerie monumentale, la Premi\u00e8re Guerre mondiale : ce ne sont que quelques noms du conflit terrible qui a fait rage du 4 aout 1914 au 11 novembre 1918. La guerre a caus\u00e9 la mort d\u2019entre 9,5 et 10 millions de personnes dans le monde; entre 15 et 29 millions de bless\u00e9s \u2014 membres d\u00e9molis et esprits bris\u00e9s \u00e0 vie, innombrables millions de civils tu\u00e9s par la maladie, la famine et le g\u00e9nocide. Les empires austro-hongrois, allemand et russe furent d\u00e9truits; de nouveaux pays furent cr\u00e9\u00e9s, souvent le long de failles ethni\u00adques : cause d\u2019agitation en Iraq, en Yougoslavie, en Palestine. De nouvelles superpuissances sont n\u00e9es \u2014 les \u00c9tats-Unis et l\u2019URSS. Les cultures et les arts en ont \u00e9t\u00e9 chang\u00e9s \u00e0 jamais et il y a eu des mouvements modernistes dans tous les domaines, de la peinture \u00e0 l\u2019architecture, de la danse \u00e0 la musique, le tout d\u00e9clamant contre la guerre. Peu de gens se seraient imagin\u00e9 un tel cataclysme mondial quand les arm\u00e9es ont pris le d\u00e9part en 1914.<\/p>\n<div class=\"caption_img middle\"\tstyle=\"width:515px\"><img decoding=\"async\" src=\"http:\/\/www.legionmagazine.com\/en\/wp-content\/uploads\/2008\/08\/armisticeinset1.jpg\" alt=\"Une Fran\u00e7aise vend des fruits \u00e0 des soldats canadiens en 1918. [PHOTO: ARCHIVES DE L'ONTARIO C224-0-0-9-49]\" align=\"middle\" height=\"298\" width=\"515\" \/><\/p>\n<div class=\"caption\"><span>Une Fran\u00e7aise vend des fruits \u00e0 des soldats canadiens en 1918. <\/span><\/div>\n<div class=\"credit\"><span>PHOTO: ARCHIVES DE L&#8217;ONTARIO C224-0-0-9-49<\/span><\/div>\n<\/div>\n<p>Le Canada a \u00e9t\u00e9 transform\u00e9 enti\u00e8rement par la guerre. Le jeune dominion avait atteint la majorit\u00e9. Les statistiques d\u2019Anciens combattants Canada indiquent que 619 636 Canadiens et Canadiennes ont servi dans les Forces canadiennes \u00e0 la Premi\u00e8re Guerre mondiale et que 66 655 d\u2019entre eux ont \u00e9t\u00e9 tu\u00e9s et 172 950, bless\u00e9s. C\u2019est un prix terrible pour un jeune pays de moins de huit millions d\u2019habitants. Le m\u00eame ratio, pour le Canada du 21e si\u00e8cle, quatre fois plus grand, serait d\u2019en\u00adviron 250 000 morts et 550 000 bless\u00e9s.<\/p>\n<p>Mais malgr\u00e9 toute la destruction, ou peut-\u00eatre \u00e0 cause d\u2019elle, les Canadiens se sont unis durant la guerre comme jamais auparavant. Les hommes, jeunes ou d\u2019\u00e2ge m\u00fbr, se sont enr\u00f4l\u00e9s en grand nombre, et ils \u00e9taient appuy\u00e9s par toutes les collectivit\u00e9s du pays. Les Canadiens se sont mis \u00e0 l\u2019\u0153uvre sans rechigner, ont ramass\u00e9 des millions pour les familles des soldats, achet\u00e9 les obligations de guerre pour que le gouvernement puisse payer la guerre, fait des sacrifices chaque jour. Le slogan de l\u2019\u00e9poque \u00e9tait combattre ou payer.<\/p>\n<div class=\"caption_img middle\"\tstyle=\"width:515px\"><img decoding=\"async\" src=\"http:\/\/www.legionmagazine.com\/en\/wp-content\/uploads\/2008\/08\/armisticeinset2.jpg\" alt=\"Des Canadiens bless\u00e9s. [PHOTO: ARCHIVES DE L'ONTARIO\u2014C224-0-0-10-7]\" align=\"middle\" height=\"331\" width=\"515\" \/><\/p>\n<div class=\"caption\"><span>Des Canadiens bless\u00e9s. <\/span><\/div>\n<div class=\"credit\"><span>PHOTO: ARCHIVES DE L&#8217;ONTARIO\u2014C224-0-0-10-7<\/span><\/div>\n<\/div>\n<p>Les Canadiens se sont distingu\u00e9s outre-mer dans les services a\u00e9riens britanniques, au combat ou en soutien et, ne pas l\u2019oublier, dans le Corps canadien : l\u2019arm\u00e9e de terre du dominion qui s\u2019est fait une r\u00e9putation d\u2019\u00e9lite au front Ouest. Les unit\u00e9s de combat cana\u00addiennes ont d\u2019abord m\u00e9rit\u00e9 leur r\u00e9putation f\u00e9roce en r\u00e9sistant durant la deu\u00adxi\u00e8me bataille d\u00e9sesp\u00e9r\u00e9e d\u2019Ypres, en avril 1915, quand la 1re Division tenait \u00e0 distance les forces allemandes irr\u00e9sistibles et supportait la premi\u00e8re utilisation de chlore gazeux. Le succ\u00e8s \u00e0 Vimy, deux ans apr\u00e8s, offensive combin\u00e9e des quatre divisions canadiennes contre la forteresse imprenable au Nord-Ouest de la France, confirma le statut du corps en tant que force formidable. Et les batailles des deux derni\u00e8res ann\u00e9es de la guerre, \u00e0 la colline 70, Passchendaele et, surtout, la campagne de 100 jours, ont renforc\u00e9 leur titre de troupes de choc.  Mais toute victoire au front Ouest faisait couler le sang. M\u00eame quand le Corps canadien gagnait, il avait une effusion d\u2019hommes lors des op\u00e9rations et des moments dits tranquilles de la guerre des tranch\u00e9es.<\/p>\n<p>Le taux d\u2019enr\u00f4lement ph\u00e9nom\u00e9nal au Canada avait ralenti, en \u00e9t\u00e9 1916, quand on avait besoin d\u2019encore plus d\u2019hommes outre-Atlantique pour re\u00adcons\u00adtituer le Corps canadien exsangue au front Ouest. Le gouvernement, de plus en plus d\u00e9sesp\u00e9r\u00e9, subissant la pression des citoyens patriotes qui insistaient que l\u2019effort de guerre soit partag\u00e9 \u00e9quitablement partout au pays, exigea la conscription. D\u2019autres Canadiens, y compris beaucoup d\u2019entre eux au Qu\u00e9bec, dont des ouvriers, des fermiers, et certains organismes religieux, insinuaient que le Canada avait fait sa part dans cette guerre terrible et que la conscription, le recrutement obli\u00adgatoire de jeunes hommes, \u00e9tait contre-productif \u00e0 l\u2019effort de guerre et moralement d\u00e9favorable.<\/p>\n<p>Le Canada, conf\u00e9d\u00e9ration fragile de beaucoup de r\u00e9gions, classes et groupes ethniques, commen\u00e7ait \u00e0 se f\u00ealer et, quand le gouvernement de sir Robert Borden invoqua la Loi sur le service militaire, en \u00e9t\u00e9 1917, et fit de la conscription le noyau de l\u2019\u00e9lection, le pays fut presque d\u00e9chir\u00e9. Nous devons accepter n\u2019importe quel prix, disaient les Canadiens patriotes. Mais on ripostait : combien de sang de plus faut-il? Les fermiers voulaient savoir qui allait faire les r\u00e9coltes si les hommes \u00e9taient tous envoy\u00e9s outre-mer. Et si la nation mobilisait des hommes pour le service, pr\u00e9levait les travailleurs, elle devrait aussi mobiliser la richesse. \u00c7a ressemblait trop \u00e0 l\u2019infection bolch\u00e9vique qui traversait la Russie et le gouvernement s\u2019y opposa bec et ongle. Il n\u2019y avait pas de solution facile et, quand le parti Unioniste pro-conscription de Borden fut \u00e9lu, les droits de la majorit\u00e9 allaient pi\u00e9tiner les int\u00e9r\u00eats minoritaires. Cela se passe ainsi dans les d\u00e9mocraties, \u00e0 l\u2019occasion, surtout dans les pays accul\u00e9s \u00e0 la crise par la guerre et la conscription a laiss\u00e9 des marques.<\/p>\n<p>Les s\u00e9quelles politiques de la guerre n\u2019\u00e9taient pas moins importantes, le premier ministre Borden se servant des sacrifices que faisait le pays pour exiger que l\u2019empire britannique donne plus de droits au dominion. Imp\u00e9rialiste d\u00e9vou\u00e9 avant la guerre, en 1917 il \u00e9tait devenu nationaliste canadien et il fit pression sur le premier ministre britannique David Lloyd George jusqu\u2019\u00e0 ce qu\u2019il accepte un accord important, au congr\u00e8s militaire imp\u00e9rial de 1917 : la r\u00e9solution IX. C\u2019\u00e9tait une promesse de red\u00e9finir la relation entre les dominions et la Grande-Bretagne apr\u00e8s la guerre. Les Canadiens, forg\u00e9s dans le feu des combats, \u00e9taient plus conscients du r\u00f4le que leur pays pouvait avoir sur la sc\u00e8ne mondiale.<\/p>\n<p>La Grande Guerre \u00e9tait la guerre d\u2019ind\u00e9pendance canadienne et la guerre civile am\u00e9ricaine fusionn\u00e9es en un \u00e9v\u00e9nement bouleversant. Les Canadiens s\u2019unirent comme jamais mais, en m\u00eame temps, le pays avait presque \u00e9t\u00e9 perdu. Les r\u00e9gions s\u2019opposaient, et les familles aussi. On pouvait \u00e9tablir un parall\u00e8le, d\u2019apr\u00e8s leur population, entre le nombre de victimes du petit dominion et celui de la guerre civile \u00e9tats-unienne de 1861-1865. Le Canada \u00e9tait majeur et, bien que c\u2019\u00e9tait encore un pays en devenir, ses citoyens savaient bien mieux ce qu\u2019ils \u00e9taient et ce qu\u2019ils pouvaient esp\u00e9rer r\u00e9aliser.<\/p>\n<p>***<\/p>\n<div class=\"caption_img middle\"\tstyle=\"width:515px\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"http:\/\/www.legionmagazine.com\/en\/wp-content\/uploads\/2008\/08\/armisticeinset5.jpg\" alt=\"\u00c9crire chez soi en juillet 1916. [PHOTO : LIBRAIRIE ET ARCHIVES CANADA PA000405]\" align=\"middle\" height=\"378\" width=\"515\" \/><\/p>\n<div class=\"caption\"><span>\u00c9crire chez soi en juillet 1916. <\/span><\/div>\n<div class=\"credit\"><span>PHOTO : LIBRAIRIE ET ARCHIVES CANADA PA000405<\/span><\/div>\n<\/div>\n<p>En octobre 1918, suite \u00e0 une des batailles les plus sanglantes, \u00e0 Cambrai, les soldats Canadiens s\u2019avan\u00e7aient \u00e0 travers le mont Houy et Valenciennes, et puis, le 11 novembre, ils entraient dans la ville belge de Mons. C\u2019est ce jour-l\u00e0 que les canons se sont tus, le jour o\u00f9, \u00e0 11 h, l\u2019armistice entrait en vigueur.<\/p>\n<p>Les vagues de soldats rentraient chez eux au milieu de l\u2019ann\u00e9e suivante; chacun d\u00e9sirant reprendre sa vie. Les anciens combattants retrouvaient familles et \u00eatres chers, revenaient chercher du travail ou allaient se faire une nouvelle vie dans l\u2019Ouest, \u00e0 leur propre ferme. Rien de tout cela n\u2019\u00e9tait facile. Ceux qui avaient \u00e9t\u00e9 bless\u00e9s ou qui souffraient de ce \u00e0 quoi aujourd\u2019hui on donne le nom de syndrome du stress post-traumatique devaient se d\u00e9brouiller tout seuls, l\u2019assistance des pensions gouvernementales ne suffisant gu\u00e8re, et souvent aux soins de proches qui ne reconnaissaient plus cet \u00e9tranger dans leur maison. Nous ne saurons jamais combien d\u2019anciens combattants sont pass\u00e9s entre les mailles du filet, combien ont cherch\u00e9 r\u00e9confort dans une bouteille. Mais la plupart ont r\u00e9ussi \u00e0 supporter le nouveau stress. Ils cherchaient souvent \u00e0 s\u2019aider l\u2019un l\u2019autre. L\u2019\u00e9tablissement d\u2019associations de soldats, qui a fini par donner la L\u00e9gion royale canadienne, permettait aux anciens combattants de maintenir leurs liens de camaraderie et de parler d\u2019une seule voix quand il s\u2019agissait d\u2019am\u00e9liorer leur vie, celle de leurs camarades et celle des personnes \u00e0 leur charge.<\/p>\n<p>Alors que la guerre s\u2019\u00e9loignait de la vie de tous les jours, les Canadiens refusaient d\u2019oublier le sacrifice terrible : il fallait lui trouver une signification. Bien que certains parents sans enfant, veuves et orphelins ne pourraient jamais justifier leur propre perte, et que d\u2019autres r\u00e9clamaient la fin de toutes les guerres, de ne plus jamais permettre le massacre des tranch\u00e9es, la plupart des collectivit\u00e9s, de la plus grande des villes au hameau le plus petit, se mirent \u00e0 la recherche d\u2019une signification.  Durant les ann\u00e9es 1920, la r\u00e9ponse \u00e9crasante des citoyens \u00e9tait de construire des m\u00e9moriaux aux morts. Des vitraux d\u2019\u00e9glise jusqu\u2019aux livres comm\u00e9moratifs pour les \u00e9coles, les organisations et les particuliers, en passant par les c\u00e9notaphes, il fallait se souvenir de ceux qui avaient servi et s\u2019\u00e9taient sacrifi\u00e9s. Le gouvernement f\u00e9d\u00e9ral lan\u00e7a un programme national d\u2019\u00e9rection de m\u00e9mo\u00adriaux, les plus grands en France (\u00e0 Vimy) et \u00e0 Ottawa (le Monument comm\u00e9moratif de guerre du Canada) mais aussi la Tour de la Paix, les livres du souvenir, et d\u2019autres moyens de comm\u00e9moration.<\/p>\n<p>Les collectivit\u00e9s locales \u00e9rig\u00e8rent aussi des monuments. Le nom des morts y \u00e9tait inscrit de fa\u00e7on soign\u00e9e et ces endroits de souvenir devinrent des lieux de rassemblement le jour de l\u2019armistice, rebaptis\u00e9 en 1931 jour du Souvenir. La L\u00e9gion et les autres associations d\u2019anciens combattants d\u00e9cid\u00e8rent d\u2019orga\u00adn\u00adi\u00adser des c\u00e9r\u00e9monies du 11 novembre et d\u2019autres manifestations, dans le but de reconnaitre le service et les sacrifices, et de maintenir l\u2019importance du souvenir.<\/p>\n<p>Une g\u00e9n\u00e9ration marqu\u00e9e ne pouvait vraiment pas oublier la Grande Guerre, mais qu\u2019en \u00e9tait-il de la signification? Au d\u00e9but et au milieu des ann\u00e9es 1920, on voyait la guerre comme un sacrifice. Des soldats canadiens \u00e9taient morts lors d\u2019une croisade pour le roi et la patrie, et pour le Christ, contre le militarisme et le mal.<\/p>\n<p>Mais quelque chose avait commenc\u00e9 \u00e0 changer \u00e0 la fin des ann\u00e9es 1920. Les v\u00e9t\u00e9rans de la guerre qui \u00e9taient revenus avaient le temps de r\u00e9fl\u00e9chir \u00e0 leur service en guerre. Beaucoup pensaient qu\u2019en \u00e9change de leurs sacrifices on leur avait promis une meilleure soci\u00e9t\u00e9, une \u00ab terre digne des h\u00e9ros \u00bb. Dix ans apr\u00e8s la guerre, la promesse n\u2019\u00e9tait pas encore tenue. Les soldats \u00e9crivaient de plus en plus am\u00e8rement, comme l\u2019indiquaient le bestseller mondial \u00c0 l\u2019Ouest, rien de nouveau, roman de Erich Remarque, ainsi que les \u00e9crits d\u2019un grand nombre de Britanniques, comme Richard Aldington, Robert Graves et Siegfried Sassoon. Au Canada, le natif des \u00c9tats-Unis Charles Yale Harrison, l\u2019\u00e9crivain de l\u2019\u00e9cole des d\u00e9sillusions dont on se souvient peut-\u00eatre le mieux, qui avait servi dans le Corps exp\u00e9ditionnaire canadien, \u00e9crivit Generals Die in Bed (les g\u00e9n\u00e9raux meurent au lit), en 1930. Bien que la plupart des \u00e9crivains racontaient le stress terrible des combats, la banalit\u00e9 de la guerre de tranch\u00e9es, et la s\u00e9paration entre le haut commandement et les soldats du front, rares \u00e9taient les romans et les m\u00e9moires, s\u2019il y en a eu, qui d\u00e9claraient que la guerre avait \u00e9t\u00e9 livr\u00e9e pour des raisons injustes. De plus, bien que certains trouvaient une part de v\u00e9rit\u00e9 en \u00e9crivant, d\u2019autres anciens combattants condamnaient ces comptes rendus comme le produit de d\u00e9sax\u00e9s. Vu la Grande D\u00e9pression, au d\u00e9but des ann\u00e9es 1930 et l\u2019\u00e9chec des d\u00e9mocraties de cr\u00e9er de meilleures soci\u00e9t\u00e9s pour leurs citoyens, le temps n\u2019avait pas gu\u00e9ri les blessures de la guerre, les ayant laiss\u00e9es \u00e0 vif et infect\u00e9es.<\/p>\n<p>Pour les gens des ann\u00e9es 1930, la Grande Guerre \u00e9tait un tragique d\u00e9fil\u00e9 de la mort qui n\u2019avait r\u00e9ussi qu\u2019\u00e0 ensevelir les meilleurs d\u2019une g\u00e9n\u00e9ration. Quelle chance pouvait avoir le souvenir de la lib\u00e9ration de la petite Belgique quand les camarades avaient p\u00e9ri dans les tranch\u00e9es? Comment les questions entourant l\u2019\u00e9quilibre des pouvoirs r\u00e9sonnaient-elles dans un monde o\u00f9 les dictateurs renaissaient en Allemagne, en Italie et au Japon? Vu les nouveaux nuages \u00e0 l\u2019horizon, la Grande Guerre n\u2019avait rien r\u00e9solu; elle n\u2019avait laiss\u00e9 que des griefs terribles et les gagnants \u00e9taient plus faibles face \u00e0 des ennemis nouveaux et rajeunis.<\/p>\n<p>La Grande Guerre avait pratiquement disparu de la m\u00e9moire publique lors de la Seconde Guerre mondiale. Lorsqu\u2019il y avait 1,1 million de Canadiens en uniforme pour combattre le fascisme \u00e0 plusieurs fronts, la Grande Guerre s\u2019estompait, except\u00e9, de temps en temps, une chanson d\u2019antan, ou des vieux des tranch\u00e9es dans les unit\u00e9s d\u2019anciens combattants qui prot\u00e9geaient les principaux lieux au Canada. Les six ann\u00e9es de guerre avec les subalternes d\u2019Hitler se sont termin\u00e9es en une victoire sans \u00e9quivoque et une Europe en ruines, et le Canada en est sorti comme puissance moyenne et influente.<\/p>\n<p>Les v\u00e9t\u00e9rans de la Seconde Guerre mondiale ont eu leurs propres difficult\u00e9s en revenant au Canada mais ils ont \u00e9t\u00e9 aid\u00e9s par un gouvernement interventionniste, par le truchement de la Charte des anciens combattants, \u00e0 aller \u00e0 l\u2019\u00e9cole, fonder des entreprises et cons\u00adtruire des maisons. Les Canadiens ont arr\u00eat\u00e9 la production d\u2019obus et se sont mis \u00e0 \u00e9lever des familles.<\/p>\n<p>La Grande Guerre, presque oubli\u00e9e, est revenue \u00e0 l\u2019esprit des gens au milieu des ann\u00e9es 1960. Le 50e anniversaire de la bataille de la cr\u00eate de Vimy a co\u00efncid\u00e9 avec les c\u00e9l\u00e9brations du centenaire au Canada, quand le pays, prosp\u00e8re et fier de ses r\u00e9alisations, comme l\u2019Expo \u201967, remarqua \u00e0 nouveau ses h\u00e9ros vieillissants. Il y a eu des voyages au front Ouest, de nouvelles histoires ont \u00e9t\u00e9 \u00e9crites, et on a rappel\u00e9 \u00e0 tous que les anciens combattants encore vivants devaient \u00eatre reconnus par la soci\u00e9t\u00e9 et que des dizaines de milliers d\u2019entre eux avaient disparu. En m\u00eame temps, une nouvelle g\u00e9n\u00e9ration antiautoritaire et anti-guerre, de plus en plus m\u00e9contente par rapport aux normes sociales, observait l\u2019effondrement des \u00c9tats-Unis qui chancelaient \u00e0 cause des \u00e9meutes raciales et du sang qui continuait de se r\u00e9pandre au Vietnam, se tourna vers la Grande Guerre comme exemple o\u00f9, disait-on, les vieux avaient men\u00e9 les jeu\u00adnes au massacre, les avaient forc\u00e9s \u00e0 creuser leur propre tombe au front Ouest et y avaient laiss\u00e9 pourrir les soldats pendant une demie d\u00e9cennie, en ayant tu\u00e9 des millions. De moins en moins de Canadiens savaient ce que la guerre avait signifi\u00e9.<\/p>\n<p>Durant les ann\u00e9es 1980, la Grande Guerre \u00e9tait voil\u00e9e par le temps et de moins en moins comprise car la plupart de ses v\u00e9t\u00e9rans \u00e9taient morts. Pourtant, les cin\u00e9astes, les dramaturges, les po\u00e8tes et les romanciers \u00e9taient attir\u00e9s par la Grande Guerre. Ils se concentraient invariablement sur la souffrance des tranch\u00e9es, le soldat y \u00e9tant victime. Bien que les historiens se penchaient de plus en plus sur les archives du pays pour explorer l\u2019histoire \u00e0 partir de la base, ils n\u2019ont pas fait grand-chose pour changer la m\u00e9moire et le mythe de plus en plus racornis de la guerre.<\/p>\n<div class=\"caption_img middle\"\tstyle=\"width:515px\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"http:\/\/www.legionmagazine.com\/en\/wp-content\/uploads\/2008\/08\/armisticeinset9.jpg\" alt=\"Un camarade est sorti de la boue de Passchendaele, en 1917.. [PHOTO : IMPERIAL WAR MUSEUM DE LONDRES]\" align=\"middle\" height=\"283\" width=\"515\" \/><\/p>\n<div class=\"caption\"><span>Un camarade est sorti de la boue de Passchendaele, en 1917.. <\/span><\/div>\n<div class=\"credit\"><span>PHOTO : IMPERIAL WAR MUSEUM DE LONDRES<\/span><\/div>\n<\/div>\n<p>Un des mythes les plus puissants de la guerre concernait les Canadiens qui avaient servi : ceux qu\u2019on appelait les \u00ab cr\u00e9dules et les abandonn\u00e9s \u00bb. Les cr\u00e9dules \u00e9taient ceux qui auraient \u00e9t\u00e9 dup\u00e9s pour aller outre-mer et demeuraient l\u00e0-bas contre leur volont\u00e9, habituellement sous la menace du peloton d\u2019ex\u00e9cution. Il est indubitable que l\u2019arm\u00e9e de soldats civils qui ont constitu\u00e9 le premier contingent en 1914 ne savaient pas \u00e0 quoi s\u2019attendre en allant outre-mer. Certains d\u2019entre eux s\u2019\u00e9taient enr\u00f4l\u00e9s pour l\u2019aventure; d\u2019autres avaient ressenti le besoin de l\u2019empire et voulaient que le Canada aide les pays plus petits, comme la Belgique, contre le militarisme allemand sans entrave; d\u2019autres encore \u00e9taient pouss\u00e9s par leurs pairs, les politiciens et la chaire.<\/p>\n<p>Il y avait d\u2019innombrables raisons pour s\u2019enr\u00f4ler, y compris la croyance d\u2019une guerre rapide et le ch\u00f4mage mais cela n\u2019explique pas pourquoi des dizaines de milliers, m\u00eame des centaines de milliers, de Canadiens continuaient \u00e0 s\u2019enr\u00f4ler durant les ann\u00e9es suivantes. C\u2019est tout simplement illogique que des hommes, jeunes ou vieux, ne se soient enr\u00f4l\u00e9s en 1916 que pour l\u2019aventure; la plupart savaient \u00e0 quoi s\u2019attendre dans les tranch\u00e9es. Bien que la censure a \u00e9mouss\u00e9 quelques-uns de ces messages, les listes de victimes ne pouvaient pas \u00eatre ignor\u00e9es, pas plus que les lettres r\u00e9v\u00e9latrices venant du front. Par exemple, ceux qui se sont enr\u00f4l\u00e9s plus tard disaient ne l\u2019avoir fait que par devoir : les hommes jeunes et c\u00e9libataires du CEC (80 p. 100 d\u2019entre eux) disaient qu\u2019ils s\u2019enr\u00f4laient afin qu\u2019un homme mari\u00e9 n\u2019ait pas \u00e0 le faire; il y en avait beaucoup d\u2019autres qui attendaient car ils devaient s\u2019occuper d\u2019un parent malade ou mettre de l\u2019ordre dans leurs finances; d\u2019autres pensaient simplement qu\u2019il fallait arr\u00eater les Allemands et que, d\u2019autres les ayant pr\u00e9c\u00e9d\u00e9s, c\u2019\u00e9tait leur tour. Les Canadiens de cette g\u00e9n\u00e9ration, loin d\u2019\u00eatre cr\u00e9dules, ont d\u00e9cid\u00e9 consciemment de servir le roi et la patrie. Ils croyaient en la cause, \u00e0 des degr\u00e9s divers sans doute, mais dire qu\u2019ils \u00e9taient dupes serait injuste.<\/p>\n<div class=\"caption_img middle\"\tstyle=\"width:515px\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"http:\/\/www.legionmagazine.com\/en\/wp-content\/uploads\/2008\/08\/armisticeinset10.jpg\" alt=\"Un membre du Royal Canadian Army Veterinary Corps \u00e0 l\u2019entrainement pour les attaques au gaz.. [PHOTO : LIBRAIRIE ET ARCHIVES CANADA PA005001]\" align=\"middle\" height=\"404\" width=\"515\" \/><\/p>\n<div class=\"caption\"><span>Un membre du Royal Canadian Army Veterinary Corps \u00e0 l\u2019entrainement pour les attaques au gaz.. <\/span><\/div>\n<div class=\"credit\"><span>PHOTO : LIBRAIRIE ET ARCHIVES CANADA PA005001<\/span><\/div>\n<\/div>\n<p>Il y a probablement encore plus d\u2019id\u00e9es fausses \u00e0 propos de ce qui est arriv\u00e9 aux citoyens soldats dans les tranch\u00e9es du front Ouest. L\u2019image habituelle du soldat est celle du fantassin au front, ba\u00efonnette fix\u00e9e au fusil, se pr\u00e9parant \u00e0 bondir vers l\u2019ennemi. En fait, les batailles importantes au front Ouest \u00e9taient rares; par exemple, en 1917 : les Canadiens ont particip\u00e9 \u00e0 la bataille de la cr\u00eate de Vimy, du 9 au 12 avril, et \u00e0 deux combats mineurs, du 28 avril au 8 mai; vers la fin de l\u2019ann\u00e9e, le Corps canadien s\u2019\u00e9tait battu \u00e0 la colline 70 du 15 au 25 aout et \u00e0 Passchendaele du 26 octobre au 10 novembre. Il y a eu des petits raids toute l\u2019ann\u00e9e et du temps pass\u00e9 \u00e0 des op\u00e9rations plus actives avant et apr\u00e8s les grosses batailles mais une grande partie du service au front c\u2019\u00e9tait de garder les tranch\u00e9es.<\/p>\n<p>Les soldats vivaient et mouraient dans ces lignes souterraines. Bien que les conditions \u00e9taient difficiles en \u00e9t\u00e9 et en hiver, \u00e0 cause des rats, des poux, des insectes, de la chaleur, du froid et du manque d\u2019eau qui les tourmentaient tous, les soldats n\u2019\u00e9taient pas des machines \u00e0 combat. M\u00eame aux lignes de feu, et le passage du front \u00e0 la r\u00e9serve, et retour au front, durait deux semaines, ils lisaient des revues, \u00e9crivaient des lettres, jouaient aux cartes, fumaient comme une chemin\u00e9e et racontaient des histoires souvent de mauvais go\u00fbt. Sans ces petits plaisirs, ces divertissements, ils n\u2019auraient pas pu supporter les balles, les obus, les \u00e9clats, le gaz toxique, toutes les autres armes qui prenaient des vies au hasard.<\/p>\n<p>Si le souvenir populaire de la guerre en est un de soldats qui attaquaient jour apr\u00e8s jour et se faisaient massacrer par les mitrailleuses parmi les barbel\u00e9s, ce n\u2019\u00e9tait pas la faute des soldats mais celle des g\u00e9n\u00e9raux inhumains planqu\u00e9s. Le mythe indique que ces maniaques sup\u00e9rieurs, qui avaient une pr\u00e9dilection pour la gloire plut\u00f4t que pour la vie de leurs soldats, rejetaient la possibilit\u00e9 de changer leur fa\u00e7on de livrer combat, ignorant les nouvelles armes et les doctrines et tactiques nouvelles.<\/p>\n<p>Durant les derniers 20 ans, les historiens ont enqu\u00eat\u00e9 syst\u00e9matiquement sur ces assertions et les ont confondues, surtout en ce qui concerne le haut commandement britannique, et sp\u00e9cialement sir Douglas Haig, commandant en chef de la British Expeditionary Force depuis la fin de 1915 jusqu\u2019\u00e0 la fin de la guerre. Les g\u00e9n\u00e9raux britanniques et canadiens \u00e9pousaient la nouvelle technologie, qui comprenait les chars d\u2019assaut, la puissance a\u00e9rienne et les voitures blind\u00e9es, ainsi que la fa\u00e7on d\u2019utiliser ces syst\u00e8mes d\u2019armes ensemble, plus efficacement, en combinant les armes pour le combat. Ils n\u2019\u00e9taient pas parfaits et rares sont les gens qui diraient que Haig \u00e9tait un g\u00e9nie militaire, mais y a-t-il eu des commandants de g\u00e9nie durant la guerre? Chez les Allemands, Moltke le jeune, Erich von Falkenhayn, Erich Ludendorff et Paul von Hinderburg ont tous donn\u00e9 des indications d\u2019\u00e9chec grossier aux points de vue strat\u00e9gique, op\u00e9rationnel et tactique, et les g\u00e9n\u00e9raux fran\u00e7ais, italiens et russes semblent n\u2019avoir essay\u00e9, tout au long de la guerre, que de d\u00e9truire leurs propres forces, une offensive manqu\u00e9e apr\u00e8s l\u2019autre.<br \/>\nEn comparaison, en fait, le haut commandement britannique avait souvent l\u2019air bon et les forces des domi\u00adnions l\u2019\u00e9taient certainement, appuy\u00e9es par des officiers d\u2019\u00e9tat-major comp\u00e9tents, et profitant de leaders puissants comme sir Julian Byng, sir Arthur Currie et sir John Monash. Mais c\u2019est une guerre o\u00f9 il \u00e9tait difficile de briller.<\/p>\n<p>La puissance de la d\u00e9fense, sous forme de tranch\u00e9es, barbel\u00e9s, nids de mitrailleuses emboit\u00e9s soutenus par l\u2019artillerie et par des troupes de renfort, \u00e9tait telle que n\u2019importe l\u2019efficacit\u00e9 des offensives \u2014 et elles se sont am\u00e9lior\u00e9es tout au long de la guerre \u2014 les attaquants subissaient \u00e9norm\u00e9ment de victimes. Est-ce que cela signifiait qu\u2019aucune des arm\u00e9es a appris \u00e0 se battre mieux et plus efficacement durant la guerre? Non; en fait c\u2019est le contraire : les deux c\u00f4t\u00e9s \u2014 les alli\u00e9s et les Allemands \u2014 ont \u00e9volu\u00e9 tout au long de la guerre, c\u2019est pourquoi il n\u2019y a pas eu de victoires faciles au front Ouest.<\/p>\n<p>De tels mythes, de la cr\u00e9dulit\u00e9 jusqu\u2019\u00e0 l\u2019\u00e2nerie, durent parce qu\u2019ils ont un fond de v\u00e9rit\u00e9. Il y a des soldats qui se sont enr\u00f4l\u00e9s parce que bern\u00e9s; il y a des g\u00e9n\u00e9raux qui n\u2019\u00e9taient pas dignes de leur commandement; les attaques frontales contre les mitrailleuses \u00e9taient souvent suicidaires. Mais la plupart des mythes de la guerre se sont cr\u00e9\u00e9s au fil du temps, au fur et \u00e0 mesure que chaque g\u00e9n\u00e9ration se penchait sur la Grande Guerre et avait de plus en plus de difficult\u00e9 \u00e0 comprendre, surtout contre leur propre soci\u00e9t\u00e9.<\/p>\n<p>***<\/p>\n<p>En cet anniversaire de l\u2019armistice, le 90e, on se rappelle le dicton (anglais) sui\u00advant : \u00ab le pass\u00e9 est un pays \u00e9tranger \u00bb. La Grande Guerre peut bien sembler l\u2019\u00eatre : toutes les photos en noir et blanc, les films saccad\u00e9s et ne montrant pas l\u2019horreur, ses derniers v\u00e9t\u00e9rans de par le monde ayant plus de 105 ans, hommes anciens d\u2019une \u00e9poque r\u00e9volue. Mais contrairement \u00e0 la plupart des \u00e9v\u00e9nements historiques qui font encore partie de ce pays \u00e9tranger, au Canada, la Grande Guerre continue de r\u00e9sonner. Plusieurs milliers de Canadiens, le premier ministre et la reine ont assist\u00e9, en 2007, au d\u00e9voilement du m\u00e9morial de Vimy remis \u00e0 neuf. La guerre demeure partie int\u00e9grante du programme de la plupart des \u00e9coles du pays, sauf au Qu\u00e9bec. Les cin\u00e9astes, romanciers et dramaturges sont encore attir\u00e9s par le souvenir de la guerre. Il y a des sites dans la toile comme celui du groupe d\u2019\u00e9tude du CEC qui a environ 1 000 membres et des centaines de sites priv\u00e9s \u2014 m\u00e9moriaux num\u00e9riques \u2014 d\u00e9di\u00e9s aux unit\u00e9s ou aux parents. Les c\u00e9r\u00e9monies comme celles du jour du Souvenir et l\u2019iconographie du coquelicot, le silence de deux minutes et Au Champ d\u2019honneur continuent de r\u00e9sonner dans le temps, toujours assez puissamment pour tirer les larmes aux Canadiens, m\u00eame ceux qui n\u2019ont jamais servi dans les Forces canadiennes.<br \/>\nChaque g\u00e9n\u00e9ration a ses croyances et compr\u00e9hension \u00e0 propos de la Grande Guerre : la guerre n\u2019a pas chang\u00e9 mais ce qu\u2019elle signifie pour nous Canadiens a certainement chang\u00e9, prenant sans cesse une nouvelle forme. Le souvenir, la signification et les mythes de la Grande Guerre attirent et repoussent. Quatre-vingt-dix-ans apr\u00e8s, nous ne pouvons pas encore la mettre de c\u00f4t\u00e9, et elle n\u2019a pas encore fini avec nous.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Des soldats canadiens \u00ab \u00e0 pleins camions \u00bb c\u00e9l\u00e9brant apr\u00e8s la bataille de la cr\u00eate de Vimy. PHOTO : LIBRAIRIE ET ARCHIVES CANADA PA001353 Au Canada, la m\u00e9moire v\u00e9cue touche \u00e0 sa fin. Lorsque nous \u00e9crivons cette histoire, il ne reste plus qu\u2019un v\u00e9t\u00e9ran canadien de la Premi\u00e8re Guerre mon\u00addiale. 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