{"id":176,"date":"2008-05-15T00:01:18","date_gmt":"2008-05-15T04:01:18","guid":{"rendered":"https:\/\/legionmagfren.wpengine.com\/index.php\/2008\/05\/le-chef-d%e2%80%99etat-major-de-la-defense-rick-hillier\/"},"modified":"2008-05-15T08:39:13","modified_gmt":"2008-05-15T12:39:13","slug":"le-chef-d-etat-major-de-la-defense-rick-hillier","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/2008\/05\/le-chef-d-etat-major-de-la-defense-rick-hillier\/","title":{"rendered":"Le chef d\u2019\u00e9tat-major de la d\u00e9fense Rick Hillier"},"content":{"rendered":"<div class=\"caption_img \"\tstyle=\"width:630px\"><img fetchpriority=\"high\" decoding=\"async\" src=\"https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2008\/05\/hillierleadfrench.jpg\" alt=\". [PHOTO : METROPOLIS STUDIO]\" class=\"top\" height=\"236\" width=\"630\" \/><\/p>\n<div class=\"caption\"><span>. <\/span><\/div>\n<div class=\"credit\"><span>PHOTO : METROPOLIS STUDIO<\/span><\/div>\n<\/div>\n<p><strong>Note de l\u2019\u00e9diteur : le 15 avril, alors que nous nous pr\u00e9parions \u00e0 aller sous presse, le g\u00e9n\u00e9ral Rick Hillier annon\u00e7ait qu\u2019il va quitter son poste de chef d\u2019\u00e9tat-major de la d\u00e9fense en juillet.<\/strong><\/p>\n<p>Le g\u00e9n\u00e9ral Rick Hillier sourit encore, mais \u00e0 peine. Apr\u00e8s plus de trois ans \u00e0 la t\u00eate des Forces arm\u00e9es du Canada, observ\u00e9 par les reporters et au milieu de la pol\u00e9mique politique par rapport \u00e0 la guerre en Afghanistan, le chef d\u2019\u00e9tat-major de la d\u00e9fense Rick Hillier, premier soldat du Canada, assi\u00e9g\u00e9 \u00e0 l\u2019occasion, est toujours r\u00e9solu, d\u2019un optimisme ind\u00e9fectible.<\/p>\n<p>Il est optimiste non seulement \u00e0 propos de la mission en Afghanistan, o\u00f9 le progr\u00e8s est quotidien dit-il, m\u00eame s\u2019il est lent et inachev\u00e9, mais aussi \u00e0 propos de l\u2019avenir des Forces canadiennes qui, d\u2019apr\u00e8s lui, sont finalement en train de devenir une organisation dont les membres veulent faire partie.<\/p>\n<p>Choisi chef d\u2019\u00e9tat-major de la d\u00e9fense par l\u2019ancien premier ministre Paul Martin et le ministre de la d\u00e9fense d\u2019alors Bill Graham, Hillier s\u2019\u00e9lan\u00e7ait sous les projecteurs au d\u00e9but 2005 gr\u00e2ce \u00e0 ses opinions et \u00e0 son franc-parler, \u00e0 son charisme vibrant, et il annon\u00e7ait avec fermet\u00e9 comment il voyait le renouveau des Forces canadiennes.<\/p>\n<p>Maintenant, apr\u00e8s plus de trois ans \u00e0 un travail o\u00f9 il a beaucoup encaiss\u00e9, le stress commence \u00e0 transparaitre. Bien que fameux pour sa bonne humeur accueillante et son charisme affable, lors de ses derniers discours et entretiens, il semblait quelque peu abattu, pas vraiment froid, mais peut-\u00eatre un peu las. \u00ab (Je) savais que (mon mandat en tant que chef d\u2019\u00e9tat-major de la d\u00e9fense) allait \u00eatre raide \u00bb, dit-il. \u00ab J\u2019avais l\u2019intention qu\u2019il serait raide et court, mais pour l\u2019instant je n\u2019ai pas r\u00e9ussi \u00e0 le rendre court, alors, ouais, c\u2019est raide. \u00bb<\/p>\n<p>N\u00e9 en 1955 \u00e0 Campbellton (T.-N.), il s\u2019est engag\u00e9 dans le militaire apr\u00e8s avoir obtenu un dipl\u00f4me \u00e0 l\u2019Universit\u00e9 Memorial en 1975. Il a servi dans les 8th Canadian Hussars et les Royal Canadian Dragoons en tant qu\u2019officier de blind\u00e9s, et puis il a mont\u00e9 en grade jusqu\u2019aux postes d\u2019\u00e9tat-major, dont celui de chef d\u2019\u00e9tat-major de l\u2019arm\u00e9e de terre.<\/p>\n<p>Toutefois, rien n\u2019aurait pu le pr\u00e9parer compl\u00e8tement au stress et \u00e0 l\u2019observation des trois derni\u00e8res ann\u00e9es. Il a d\u00e9j\u00e0 servi sous trois ministres de la D\u00e9fense nationale et deux premiers ministres, et il a endur\u00e9 d\u2019innombrables petits d\u00e9cha\u00eenements de passions bureaucratiques ou m\u00e9diatiques qui auraient pu interrompre sa carri\u00e8re. Et il a fait tout cela avec le sourire qui est devenu sa marque de fabrique. \u00ab Je n\u2019ai pas de le\u00e7on pour la survie, car je m\u2019y suis vautr\u00e9 moi-m\u00eame \u00bb, dit-il en souriant lors d\u2019un entretien qu\u2019il nous accordait. \u00ab J\u2019ai travaill\u00e9 des journ\u00e9es trop longues, fum\u00e9 trop de cigares et fait tout ce qu\u2019on ne devrait pas faire pour survivre personnellement. \u00bb<\/p>\n<p>Il a quand m\u00eame surv\u00e9cu, bien qu\u2019avec quelques marques. En plus des innombrables petites controverses, il y a une source de stress plus importante : pas moins de 84 soldats, marins et aviateurs canadiens sont morts depuis que Hillier a accept\u00e9 son poste, le 4 f\u00e9vrier 2005.<\/p>\n<blockquote><p>\u00ab Je n\u2019ai pas de le\u00e7on pour la survie, car je m\u2019y suis vautr\u00e9 moi-m\u00eame \u00bb, dit-il en souriant lors d\u2019un entretien qu\u2019il nous accordait. \u00ab J\u2019ai travaill\u00e9 des journ\u00e9es trop longues, fum\u00e9 trop de cigares et fait tout ce qu\u2019on ne devrait pas faire pour survivre personnellement. \u00bb<\/p><\/blockquote>\n<p>Ce chiffre comprend les soldats qui sont morts au Canada et ailleurs autour de la terre, mais la grande majorit\u00e9 des morts se sont pass\u00e9es au Kandahar (Afghanistan), \u00e0 une mission dont il s\u2019est fait le champion et qu\u2019il a supervis\u00e9e depuis le d\u00e9but, en 2006.<\/p>\n<p>Il croit que, bien que constant, le progr\u00e8s en Afghanistan est lent et il dit qu\u2019il n\u2019y a \u00ab pas assez de d\u00e9veloppement visible \u00bb, et que malgr\u00e9 le fait que les talibans ont \u00e9t\u00e9 affaiblis, ils constituent encore une force de combat mortelle.<\/p>\n<p>Malgr\u00e9 cela, il est confiant que la plus grande partie des combats est termin\u00e9e et que bient\u00f4t, apr\u00e8s f\u00e9vrier 2009, le Canada va pouvoir d\u00e9dier une plus grande partie de ses forces \u00e0 l\u2019entrainement des soldats et des policiers afghans, gr\u00e2ce surtout aux \u00e9quipes de liaison et de mentorat professionnel (ELMP), lesquelles sont compos\u00e9es de soldats canadiens int\u00e9gr\u00e9s dans des unit\u00e9s de l\u2019arm\u00e9e et de la police afghanes.<\/p>\n<p>En m\u00eame temps, le g\u00e9n\u00e9ral Hillier reconnait que la stabilisation du Kandahar et la mise en d\u00e9route des talibans aura \u00e9t\u00e9 une mission difficile, surtout \u00e0 l\u2019endroit qu\u2019il appelle \u00ab le triangle de fer \u00bb, r\u00e9gion \u00e0 l\u2019ouest-sud-ouest de Kandahar, form\u00e9e par Zhari, Panjwai et Pashmul, o\u00f9 sont n\u00e9s les talibans et o\u00f9 ont eu lieu la majorit\u00e9 des combats.<\/p>\n<p>Durant les deux derni\u00e8res ann\u00e9es, les Forces canadiennes ont essay\u00e9 de s\u2019attaquer \u00e0 ce terrain toutes seules \u2014 et cons\u00e9quemment elles ont jou\u00e9 un r\u00f4le o\u00f9 elles se battaient pour repousser les insurg\u00e9s d\u2019un terrain qu\u2019ils reprenaient aussit\u00f4t qu\u2019elles se retiraient \u2014 au cours des quelques prochains mois, d\u2019apr\u00e8s Hillier, il va y avoir du changement sur le terrain. \u00ab En fait, nous n\u2019avions pas suffisamment de soldats pour nous placer \u00e0 certains endroits tout le temps. Ainsi, nous pouvions nous pr\u00e9cipiter, mais ensuite il fallait aller mener une op\u00e9ration ailleurs, alors les talibans pouvaient revenir et ils se permettaient de le faire; en fait, ils le font encore : on ne fait que donner des coups d\u2019\u00e9p\u00e9e dans l\u2019eau. \u00bb<\/p>\n<p>Toutefois, \u00e0 l\u2019approche du printemps, un certain nombre de choses ont chang\u00e9 en faveur de la mission de l\u2019OTAN. La plus \u00e9vidente est l\u2019apport de quelque 3 000 marines am\u00e9ricains venus au Kandahar pour travailler avec les Forces canadiennes dans des \u00ab op\u00e9rations synchronis\u00e9es \u00bb comme dit le g\u00e9n\u00e9ral Hillier.<\/p>\n<p>Mais en plus, comme il le fait remarquer, il y a quelques innovations qui pour \u00eatre plus subtiles n\u2019en sont pas moins d\u00e9cisives. Non seulement les fameux Gurkhas n\u00e9palais op\u00e8rent-ils actuellement aux c\u00f4t\u00e9s du bataillon canadien dans le Sud en tant que bataillon de r\u00e9serve, on y pr\u00e9voit aussi un bataillon de r\u00e9serve am\u00e9ricain pour les op\u00e9rations. \u00ab La possibilit\u00e9 que quatre bataillons ou plus travaillent ensemble au Kandahar pendant une bonne partie de la prochaine saison de campagnes, entre mars et novembre, change la dynamique du tout au tout \u00bb, dit Hillier. \u00ab C\u2019est que les talibans ne pourront pas simplement se retirer ni au district de Maywand, ni \u00e0 Spin Boldak, ni en Arghandab du Nord parce qu\u2019il va y avoir un bataillon l\u00e0-bas aussi. Alors tout \u00e0 coup il ne leur reste plus d\u2019endroit o\u00f9 aller et nous allons avoir une pr\u00e9sence beaucoup plus viable au cours des prochains six ou huit mois; et puis \u00e7a va permettre aux policiers de faire quelque chose; \u00e7a va les rendre plus confiants et \u00e7a va nous permettre de progresser davantage parce que nos \u00e9quipes de formation seront plus nombreuses l\u00e0-bas. \u00bb<\/p>\n<p>Le d\u00e9bat au Canada s\u2019est port\u00e9 sur ce qui va se passer au-del\u00e0 des prochains six \u00e0 huit mois \u2014 la prochaine \u00ab saison de campagnes \u00bb comme beaucoup de gens se plaisent \u00e0 dire \u2014 soit sur 2009 et sur ce qui va arriver \u00e0 la mission canadienne apr\u00e8s l\u2019obligation actuelle de trois ans. Bien que le Parlement a vot\u00e9 au mois de mars de prolonger la mission, en principe, jusqu\u2019en 2011, une bonne partie des d\u00e9tails op\u00e9rationnels n\u2019ont pas encore \u00e9t\u00e9 fix\u00e9s.<\/p>\n<blockquote><p>\u00ab &#8230; alors n\u2019essayons pas de diriger en d\u00e9tail une mission sur le terrain en Afghanistan \u00e0 partir d\u2019ici \u00e0 Ottawa quand on ne sait pas dans quelle situation elles vont se trouver d\u2019un jour \u00e0 l\u2019autre. Si on le fait, on prend des risques \u00e9normes et on met des hommes et des femmes en tr\u00e8s grand danger. Alors donnez-nous la mission et assurez-vous que c\u2019est une mission viable militairement du point de vue des commandants, et puis laissez-nous faire. \u00bb<\/p><\/blockquote>\n<p>Ce printemps, alors qu\u2019\u00e0 Ottawa on se demandait surtout si la mission de combat devrait continuer ou s\u2019il fallait la remplacer par le r\u00f4le moins agressif et moins dangereux qu\u2019est la formation des forces afghanes, Hillier essayait de recanaliser le d\u00e9bat en demandant au Parlement de confier une mission aux Forces canadiennes qui serait \u00ab viable militairement \u00bb.<\/p>\n<p>\u00ab Actuellement, dans la cat\u00e9gorie formation, nous avons engag\u00e9 quelque 250 de nos soldats \u00bb, dit-il, \u00e0 propos des Canadiens qui font partie du programme d\u2019ELMP. Aussit\u00f4t qu\u2019on obtiendra un autre bataillon, ou d\u2019autres soldats, ou encore d\u2019autres policiers, on va pr\u00e9lever davantage d\u2019entraineurs sur notre contingent, et cela voudra dire que moins (de Canadiens) iront se battre. Mais il faut qu\u2019on maintienne cette capacit\u00e9 de r\u00e9agir, et il faut qu\u2019on continue de poursuivre les chefs. \u00bb<\/p>\n<p>Il y aura moins de Canadiens qui se battront parce que, en th\u00e9orie, les Afghans vont s\u2019occuper d\u2019une bien plus grande partie des combats eux-m\u00eames, quoique avec l\u2019aide des Canadiens qui font partie des ELMP. Toutefois, la capacit\u00e9 de r\u00e9agir dont parle Hillier veut dire qu\u2019il faudra une force de combat en r\u00e9serve form\u00e9e de soldats canadiens, et il faudra continuer d\u2019envoyer des forces d\u2019op\u00e9rations sp\u00e9ciales canadiennes \u00e0 la poursuite des chefs des talibans. De plus, m\u00eame la distinction entre la formation et le combat n\u2019est pas du tout \u00e9vidente, comme le remarque le g\u00e9n\u00e9ral.<\/p>\n<p>\u00ab Quand on d\u00e9ploie les ELMP, c\u2019est avec les bataillons afghans et \u00e7a veut dire qu\u2019elles vont au combat elles-m\u00eames. Alors n\u2019essayons pas de diriger en d\u00e9tail une mission sur le terrain en Afghanistan \u00e0 partir d\u2019ici \u00e0 Ottawa quand on ne sait pas dans quelle situation elles vont se trouver d\u2019un jour \u00e0 l\u2019autre. Si on le fait, on prend des risques \u00e9normes et on met des hommes et des femmes en tr\u00e8s grand danger. Alors donnez-nous la mission et assurez-vous que c\u2019est une mission viable militairement du point de vue des commandants, et puis laissez-nous faire. \u00bb<\/p>\n<p>Hillier affirme que la poursuite des op\u00e9rations militaires au Kandahar va presque certainement donner lieu \u00e0 des combats d\u2019une sorte ou d\u2019une autre et que l\u2019ordre politique d\u2019\u00e9viter le combat tout en se tenant op\u00e9rationnel au Kandahar mettrait la mission en danger, et la vie de soldats canadiens \u00e9galement. Il n\u2019a certainement pas tort.<\/p>\n<p>D\u2019un autre c\u00f4t\u00e9, au Canada, les Forces canadiennes se trouvent dans un tout autre combat. Ayant \u00e9t\u00e9 r\u00e9duites et leurs acquisitions restreintes pendant la p\u00e9riode suivant la guerre froide, leur probl\u00e8me actuel, c\u2019est qu\u2019elles grandissent un tout petit peu trop vite. \u00ab Notre effectif a \u00e9t\u00e9 tellement r\u00e9duit, je crois bien qu\u2019il a atteint un point en dessous de la masse critique \u00bb, dit Hillier. \u00ab Dans un pays aussi grand que le n\u00f4tre, o\u00f9 il y a tant de bases et de stations, o\u00f9 il y a tant d\u2019ouvrages \u00e0 accomplir, tant d\u2019ouvrages en Am\u00e9rique du Nord dans le cadre du NORAD et tant de missions ailleurs\u2026 on \u00e9tait bien en dessous de la masse critique. \u00bb<\/p>\n<p>Et vu que les effectifs augmentent rapidement, la pierre d\u2019achoppement contre laquelle Hillier a butt\u00e9 est de former les recrues assez vite. De plus, il dit qu\u2019il y a tant de programmes d\u2019approvisionnement qu\u2019ils vont trop vite pour qu\u2019on puisse s\u2019en occuper comme il faut. \u00ab On ne peut pas s\u2019occuper de tous les programmes pour l\u2019\u00e9quipement qu\u2019on a \u00bb, dit-il, \u00ab et en cons\u00e9quence, on les ordonne selon leurs priorit\u00e9s et on en met quelques-uns de c\u00f4t\u00e9. Par exemple, on aurait aim\u00e9 s\u2019occuper des voilures fixes de Recherche et sauvetage il y a deux ans, mais ce n\u2019\u00e9tait tout simplement pas possible \u00e0 cause de tout ce qu\u2019on devait faire, mais on va pouvoir s\u2019en occuper tr\u00e8s bient\u00f4t [\u2026]. \u00bb<\/p>\n<p>En fin de compte, le g\u00e9n\u00e9ral semble satisfait que son projet concernant la transformation des Forces canadiennes est une r\u00e9ussite, en gros, et il ne semble pas s\u2019inqui\u00e9ter outre mesure des autres obstacles. En effet, la vision dont il a parl\u00e9 quand il a obtenu le poste, des Forces canadiennes restructur\u00e9es, un nouvel \u00e9quipement, une nouvelle concentration sur les op\u00e9rations et l\u2019unit\u00e9 des Forces, s\u2019est concr\u00e9tis\u00e9e en grande partie et, bien qu\u2019il reste encore du travail \u00e0 faire, il donne l\u2019impression que les Forces ont finalement tourn\u00e9 la page. \u00ab Les gens travaillent dur \u00bb, dit-il. \u00ab Ils ont toujours travaill\u00e9 dur. Mais le contexte, aujourd\u2019hui, est si diff\u00e9rent de celui d\u2019il y a cinq ou 10 ans. Le contexte est si diff\u00e9rent qu\u2019on est vraiment en train de construire des Forces comme celles dont veulent faire partie la plupart des gens en uniforme depuis qu\u2019ils se sont engag\u00e9s. \u00bb<\/p>\n<p>M\u00eame si Hillier se fait critiquer, presque tous les gens qui s\u2019int\u00e9ressent au militaire canadien reconnaissent qu\u2019il a eu un effet \u00e9norme. \u00ab Je pense que c\u2019est le premier chef d\u2019\u00e9tat-major de la d\u00e9fense (depuis longtemps) qui est aussi une personnalit\u00e9, qui a mis le militaire au premier plan, qui traite avec le gouvernement comme il faut pour obtenir ce dont le militaire a besoin, qui a aussi bien fait comprendre sa vision aux forces \u00bb dit Jack Granatstein, un historien et auteur canadien qui, entre autres, a \u00e9crit The Generals, une \u00e9tude du g\u00e9n\u00e9ralat canadien \u00e0 la Seconde Guerre mondiale.<\/p>\n<p>\u00ab Je ne veux pas dire lesquels \u00bb, dit Granatstein, \u00ab mais il y a probablement eu trop de g\u00e9n\u00e9raux qui ne faisaient que saluer et dire \u201coui m\u2019sieur\u201d, et qui ne prot\u00e9geaient pas toujours les int\u00e9r\u00eats des forces, ce qui n\u2019\u00e9tait probablement pas la meilleure chose \u00e0 faire pour le militaire. D\u2019un autre c\u00f4t\u00e9, il est possible de faire l\u2019inverse. On peut pousser les politiques \u00e0 faire des choses que le public ne soutient pas et, au bout du compte, les dirigeants, ce sont le premier ministre et les ministres, alors le chef d\u2019\u00e9tat-major peut se faire limoger \u00e0 n\u2019importe quel moment. Je pense que Hillier a recul\u00e9 les limites un petit peu, et je pense aussi qu\u2019il a r\u00e9ussi \u00e0 le faire avec beaucoup de doigt\u00e9. \u00bb<\/p>\n<p>Bien entendu, Hillier va finir par quitter son poste, c\u2019est in\u00e9vitable, et bien qu\u2019il n\u2019y a pas de terme obligatoire pour un chef d\u2019\u00e9tat-major de la d\u00e9fense, la moyenne est \u00e0 peu pr\u00e8s de trois ans et demi, ces derniers temps. Son pr\u00e9d\u00e9cesseur, Ray H\u00e9nault, a servi trois ans et sept mois, et Maurice Baril, juste avant, pendant presque aussi longtemps. Quant \u00e0 Hillier, il garde le secret en ce qui concerne ses plans. Et m\u00eame si \u00e0 l\u2019occasion des rumeurs courent que sa titularisation touche \u00e0 sa fin, il disait en riant, lors d\u2019un discours en f\u00e9vrier, qu\u2019il en \u00e9tait \u00e0 sa derni\u00e8re ann\u00e9e en tant que chef d\u2019\u00e9tat-major; il disait qu\u2019il allait se joindre aux Maple Leafs de Toronto, pour ins\u00e9rer le \u00ab g\u00e9n\u00e9ralat \u00bb militaire dans le directeur g\u00e9n\u00e9ral.<\/p>\n<p><strong>Le plan de la campagne afghane du g\u00e9n\u00e9ral <\/strong><\/p>\n<p><em>La mission afghane est on ne peut plus complexe. Il n\u2019y a pas de r\u00e9ponse simple m\u00eame aux questions \u00e9l\u00e9mentaires comme \u00ab Que se passe-t-il? \u00bb et \u00ab Somme-nous en train de gagner? \u00bb. Pour r\u00e9pondre \u00e0 une question sur la guerre en Afghanistan que nous lui avons pos\u00e9e, le chef d\u2019\u00e9tat-major de la d\u00e9fense a essay\u00e9 de rendre la mission un peu plus compr\u00e9hensible en nous expliquant comme il faut les trois stades \u2014 combat, entrainement et d\u00e9veloppement \u2014 du plan canadien au Kandahar et il a ajout\u00e9 une \u00e9valuation du progr\u00e8s obtenu. Il expliquait la mission ainsi. <\/em><\/p>\n<p>\u00ab Voici comment on comprend \u00e7a avec des termes simples triangulaires, ce qu\u2019on essaie de faire depuis qu\u2019on est all\u00e9s l\u00e0-bas. Voici comment on y est all\u00e9s, disons. Au d\u00e9but, on s\u2019est concentr\u00e9s sur la partie qui comprend les combats et ce n\u2019\u00e9tait pas par hasard, vu que les talibans \u00e9taient au pouvoir et ils mena\u00e7aient tout ce qui se passait et ce qu\u2019on pr\u00e9voyait faire, et puis les Afghans n\u2019\u00e9taient pas capables de s\u2019en occuper, alors on a d\u00fb se battre nous-m\u00eames.<\/p>\n<p>\u00ab Le d\u00e9veloppement \u00e9tait accessoire, surtout parce que le danger \u00e9tait si grand qu\u2019il a fallu qu\u2019on s\u2019y emploie peu \u00e0 peu. L\u2019entrainement, ce qu\u2019on voulait faire depuis le d\u00e9but, c\u2019\u00e9tait encore moins important parce qu\u2019il n\u2019y avait pas de forces afghanes \u00e0 entrainer. Et le gouvernement, les aider \u00e0 gouverner, eh bien, nous, les militaires, nous n\u2019avons pas de capacit\u00e9s importantes pour les aider, mais nous avons quand m\u00eame employ\u00e9 notre \u00e9quipe consultative strat\u00e9gique \u00e0 Kaboul pour essayer de le faire un peu. Mais si on regarde ce m\u00e9lange de choses en marche : les Forces canadiennes, les Afghans, et la communaut\u00e9 internationale; c\u2019est l\u00e0 qu\u2019on en \u00e9tait.<\/p>\n<p>\u00ab La transition qui nous int\u00e9resse c\u2019est vers l\u00e0 o\u00f9 on pourra se concentrer sur l\u2019entrainement, pour que les combats deviennent un compos\u00e9 des combats des ELMP et de nos unit\u00e9s afghanes, de nos forces d\u2019op\u00e9rations sp\u00e9ciales qui pourchassent les chefs, et cetera; et puis aussi une capacit\u00e9 de r\u00e9action ou de r\u00e9serve, au cas o\u00f9 les choses ne se passent pas bien. Et puis ensuite, on pourra se concentrer davantage sur le d\u00e9veloppement et on pourra le rendre plus s\u00fbr et continuer \u00e0 s\u2019occuper de la partie qui concerne le gouvernement.<\/p>\n<p>\u00ab Ensuite, la troisi\u00e8me partie, c\u2019est celle o\u00f9 le d\u00e9veloppement prend le plus d\u2019importance. C\u2019est la construction et la partie gouvernementale. La partie qui concerne l\u2019entrainement devient celle o\u00f9 on \u00e9paule l\u2019entrainement de l\u2019arm\u00e9e nationale afghane, et la partie concernant les combats devient simplement celle des combats les plus importants des forces sp\u00e9ciales anti-terroristes. Et les Afghans s\u2019occupent de tout le reste.<\/p>\n<p>\u00ab Alors il faut aller de l\u2019un \u00e0 l\u2019autre, et puis au suivant, et on pense que c\u2019est justement l\u00e0 qu\u2019on se trouve. Alors, le probl\u00e8me c\u2019est de savoir combien de temps il faut pour aller compl\u00e8tement de l\u2019un \u00e0 l\u2019autre, et on travaille l\u00e0-dessus tous les jours. \u00bb<\/p>\n<p><strong>Le pire dans le meilleur emploi du monde <\/strong><\/p>\n<p><em>Quand le g\u00e9n\u00e9ral Hillier dit qu\u2019il a \u00ab le meilleur emploi du monde \u00bb, il le dit avec tant de conviction qu\u2019on ne peut faire autrement que croire qu\u2019il le croit vraiment; toutefois, quand il parle du pire qu\u2019il y a dans son emploi, sa voix change, il baisse les yeux et il donne l\u2019impression, reconnaissable entre toutes, que ce dont il parle, c\u2019est quelque chose de v\u00e9ridique. <\/em><\/p>\n<p>\u00ab Il y a toutes sortes de choses qui ne se passent pas comme on voudrait, et tout, mais croyez-moi, quand on a la vie d\u2019hommes et de femmes entre les mains, tout ce qui touche \u00e0 la bureaucratie habituelle et qui fait que les choses ne se passent pas tout \u00e0 fait comme on le souhaiterait, quand on fait deux pas en avant et un en arri\u00e8re, ou m\u00eame \u00e0 l\u2019occasion un pas en avant et deux en arri\u00e8re, toutes ces choses-l\u00e0 ne veulent vraiment plus dire grand-chose.<\/p>\n<p>\u00ab Ce qui est vraiment p\u00e9nible, c\u2019est quand on re\u00e7oit un appel au milieu de la matin\u00e9e, ou au milieu de la nuit \u2014 et, autrefois, je disais pour rire avec mes gars que personne ne m\u2019appelle \u00e0 trois heures du matin pour me dire que j\u2019ai gagn\u00e9 \u00e0 la loterie, mais ce n\u2019\u00e9tait pas vraiment tr\u00e8s dr\u00f4le \u2014 quand le t\u00e9l\u00e9phone sonne \u00e0 trois heures du matin, maintenant, j\u2019en suis au point o\u00f9 je m\u2019assois, je ne me presse pas, je me pr\u00e9pare, parce que je sais ce qu\u2019il y a \u00e0 l\u2019autre bout. C\u2019est la seule raison pour laquelle les gens m\u2019appellent, parce que nous avons perdu quelqu\u2019un. C\u2019est \u00e7a la partie du travail que je ne souhaite \u00e0 aucun chef d\u2019\u00e9tat-major de la d\u00e9fense.<\/p>\n<p>\u00ab (Je) prends (mes) responsabilit\u00e9s avec beaucoup de s\u00e9rieux; \u00e7a veut dire que je vais sans faute voir la famille, et je m\u2019assure qu\u2019elle a notre soutien, qu\u2019elle l\u2019a le plus vite possible. Et comprenez-moi, c\u2019est durant le pire des jours de leur vie que je vais voir ces gens. Toutefois, je ne peux pas vraiment comprendre ce qu\u2019ils endurent parce ce que \u00e7a ne m\u2019est jamais arriv\u00e9. Je pleure avec eux, mais c\u2019est difficile de sympathiser parce que nous n\u2019avons pas eu la m\u00eame exp\u00e9rience. On va voir chacune des familles pour leur parler, et je ne les ai pas toutes rencontr\u00e9es parce que des fois j\u2019\u00e9tais \u00e0 l\u2019\u00e9tranger et je ne pouvais pas revenir assez vite, et on leur dit \u00e0 quel point on est fier de leur fils ou, dans le cas de Nichola Goddard, de leur fille, et \u00e0 quel point on est fier qu\u2019ils \u00e9taient des militaires, et qu\u2019ils faisaient partie de nous, et qu\u2019ils nous ont si bien servi, et que maintenant notre travail c\u2019est de faire en sorte que la trace de leurs pas dans le sable ne soit jamais effac\u00e9e. On va les voir pour les inspirer et les aider durant les jours les plus difficiles, les pires de leur vie, et chaque fois ce sont eux qui nous inspirent : gr\u00e2ce \u00e0 leur force, \u00e0 leur dignit\u00e9, \u00e0 leur courage et \u00e0 la fiert\u00e9 qu\u2019ils ressentent eux-m\u00eames pour leur enfant, leur fille, leur mari, leur p\u00e8re. \u00bb<\/p>\n<p><strong>Op\u00e9rations sp\u00e9ciales : Les Hommes en Noir canadiens <\/strong><\/p>\n<p><em>Au fur et \u00e0 mesure que la bataille du Kandahar s\u2019\u00e9loigne de la confrontation arm\u00e9e directe, le combat ressemble de plus en plus \u00e0 celui pour lequel les forces d\u2019op\u00e9rations sp\u00e9ciales ont \u00e9t\u00e9 con\u00e7ues. La Force op\u00e9rationnelle interarm\u00e9es 2 \u2014 la force anti-terroriste au paroxysme des facult\u00e9s militaires \u2014 se trouve en Afghanistan depuis 2002, et le g\u00e9n\u00e9ral confirme que le R\u00e9giment d\u2019op\u00e9rations sp\u00e9ciales du Canada (ROSC) m\u00e8ne actuellement des op\u00e9rations en Afghanistan aussi. Bien que les d\u00e9tails des op\u00e9rations sont secrets, le g\u00e9n\u00e9ral dit franchement que les forces d\u2019op\u00e9rations sp\u00e9ciales canadiennes pourchassent les chefs des talibans \u00e0 travers le Kandahar.<\/em><\/p>\n<p>\u00ab (Les forces d\u2019op\u00e9rations sp\u00e9ciales canadiennes) sont un facteur des plus importants. Quand il s\u2019agit de poursuivre et \u00e9branler la coh\u00e9rence des talibans, c\u2019est-\u00e0-dire de maintenir la pression sur leurs commandants, nous sommes des plus efficaces. Nos op\u00e9rations ne servent pas \u00e0 attaquer chacun des combattants talibans, car beaucoup d\u2019entre eux sont eux-m\u00eames des gens qui ont \u00e9t\u00e9 accul\u00e9s au combat, qui n\u2019avaient d\u2019autre choix que de prendre les armes parce qu\u2019ils n\u2019avaient pas d\u2019argent pour nourrir leur famille, ou qui ont \u00e9t\u00e9 forc\u00e9s de le faire parce que c\u2019\u00e9tait moins dangereux de nous faire face que le contraire. Alors nous ne sommes pas aux trousses de chaque combattant taliban.<\/p>\n<p>\u00ab Ce qu\u2019on veut faire, c\u2019est supprimer les commandants qui s\u2019occupent d\u2019orchestrer, de faciliter, de payer, de commander, de planifier et de pousser les gens \u00e0 nous attaquer ou \u00e0 attaquer les Afghans ou les innocents. Et c\u2019est sur \u00e7a que nos forces sp\u00e9ciales se concentrent. C\u2019est comme \u00e7a qu\u2019on d\u00e9termine les conditions favorables au succ\u00e8s mais, ce qui est tout aussi important pour nous, \u00e7a sert \u00e0 r\u00e9duire \u00e9norm\u00e9ment les risques que courent nos hommes et nos femmes.<\/p>\n<p>\u00ab J\u2019ai dit (durant un discours r\u00e9cent) qu\u2019on avait d\u00e9barrass\u00e9 le champ de bataille de six commandants qui \u00e9taient responsables de la mort de 21 soldats canadiens; eh bien, ce chiffre \u00e0 chang\u00e9. On a supprim\u00e9 sept commandants qui \u00e9taient responsables de la mort de 27 soldats et, en soit, \u00e7a veut dire que ces commandants, qui sont des gens capables, ne sont plus en train de tirer des plans et d\u2019organiser et lancer des attaques contre nous, et encore moins contre les Afghans ou les organismes d\u2019aide.<\/p>\n<p><strong>Le chef d\u2019\u00e9tat major et la L\u00e9gion royale canadienne <\/strong><\/p>\n<p>\u00ab Je vais toujours porter dans mon c\u0153ur le fait que j\u2019\u00e9tais chef d\u2019\u00e9tat-major de la d\u00e9fense et vice-pr\u00e9sident honoraire de la L\u00e9gion durant l\u2019ann\u00e9e de l\u2019ancien combattant (2005). Je sais fort bien les efforts que la L\u00e9gion royale canadienne a faits pour s\u2019assurer que la \u201ctrace des pas dans le sable\u201d qu\u2019ont laiss\u00e9 nos anciens combattants ne soit jamais effac\u00e9e, et ce qu\u2019elle est en train de faire pour s\u2019occuper de nos g\u00e9n\u00e9rations d\u2019anciens combattants plus jeunes. Le soutien de la L\u00e9gion nous inspire tous. \u00bb<\/p>\n<p><strong>Les quatre le\u00e7ons du g\u00e9n\u00e9ral Hillier sur la guerre anti-insurrectionnelle<\/strong><\/p>\n<p><em>La guerre anti-insurrectionnelle est notoirement d\u00e9licate, pleine de strat\u00e9gies qui peuvent sembler aberrantes et de paradoxes. Pour gagner, le commandant doit bien comprendre les vieilles le\u00e7ons \u2014 on peut gagner toutes les batailles sans toutefois gagner la guerre, mais les insurg\u00e9s peuvent gagner rien qu\u2019en refusant de perdre, et bien qu\u2019il n\u2019y ait pas de solution militaire au probl\u00e8me de l\u2019insurrection, on ne commande que des forces militaires \u2014 tout en essayant de saisir une situation singuli\u00e8re dans toute sa complexit\u00e9. Alors apr\u00e8s plus de deux ans durant lesquels il a dirig\u00e9 les op\u00e9rations anti-insurrectionnelles en Afghanistan, voici ce que le chef d\u2019\u00e9tat-major de la d\u00e9fense a appris. <\/em><\/p>\n<p>1. \u00ab Il faut fixer les gens de la r\u00e9gion, qui ne d\u00e9sirent qu\u2019avoir une vie normale, sur notre soutien r\u00e9el en leur faveur. Et savez-vous, je ne suis m\u00eame pas s\u00fbr que la d\u00e9mocratie telle que nous la connaissons et des normes de vie comme les n\u00f4tres soient possibles en Afghanistan. Mais, ma foi, tout ce que les gens de l\u00e0-bas d\u00e9sirent c\u2019est de vivre sans souffrir de la faim, sans \u00eatre en danger et que leurs enfants et eux-m\u00eames ne risquent de se faire tuer quand ils vont quelque part, d\u2019avoir la possibilit\u00e9 d\u2019un avenir qui soit un tout petit peu meilleur, peut-\u00eatre de pouvoir obtenir des soins, et certainement que leurs enfants aient de l\u2019\u00e9ducation. Alors il faut \u00eatre un soutien \u00e9vident pour les gens et pour ce qu\u2019ils essaient de faire, que ce soit \u00e9vident dans tout ce qu\u2019on fait, c\u2019est la premi\u00e8re partie.<\/p>\n<p>2. \u00ab On ne gagne pas une campagne anti-insurrectionnelle par la force militaire. Ce qu\u2019il faut faire, c\u2019est contrer les insurg\u00e9s, dans ce cas-ci, les talibans; on les emp\u00eache d\u2019arr\u00eater ou m\u00eame de freiner le progr\u00e8s, bien que des fois ils r\u00e9ussissent \u00e0 le freiner, mais on les emp\u00eache de l\u2019arr\u00eater, jusqu\u2019\u00e0 ce qu\u2019on ait r\u00e9ussi \u00e0 construire le pays autour d\u2019eux. Le point o\u00f9 la r\u00e9ussite est assur\u00e9e est difficile \u00e0 voir, mais d\u2019apr\u00e8s moi c\u2019est subjectif. Alors, maintenant, s\u2019il y a une grosse explosion \u00e0 Kaboul, les gens se demandent si le gouvernement afghan se maintient encore, s\u2019il est encore l\u00e0. Car, voyez-vous, la confiance est encore fragile. \u00c0 un moment donn\u00e9, l\u2019Afghanistan va devenir comme les autres pays, elle aura encore des probl\u00e8mes de violence, mais quand ils auront lieu, personne ne s\u2019inqui\u00e9tera que \u00e7a donne lieu \u00e0 toute une s\u00e9rie d\u2019\u00e9v\u00e9nements et que \u00e7a fasse tomber le gouvernement, parce qu\u2019ils auront confiance que leur gouvernement sera capable de s\u2019en occuper. Et c\u2019est l\u00e0 o\u00f9 il faut en venir.<\/p>\n<p>3. \u00ab Lorsqu\u2019on construit les institutions en Afghanistan, malgr\u00e9 l\u2019insurrection, il faut le faire \u00e0 l\u2019image des Afghans. Ce n\u2019est pas ce que nous voulons comme solution. C\u2019est celle qu\u2019ils veulent. Ainsi, de quoi leurs unit\u00e9s auront l\u2019air, et comment leur police va fonctionner, et o\u00f9 ils veulent un pont ou un puits, ce n\u2019est pas toujours \u00e9vident pour nous, alors on doit se rappeler constamment que c\u2019est leur pays et qu\u2019ils seront encore l\u00e0 dans 50 ans, pas nous, alors il faut s\u2019assurer que ce soit non seulement l\u2019image afghane, mais que la philosophie soit afghane, que la construction soit afghane, et que des Afghans participent au m\u00e9canisme d\u00e9cisionnel et puis ensuite qu\u2019ils prennent ces d\u00e9cisions eux-m\u00eames en tenant compte de la compr\u00e9hension pr\u00e9cise de leur pays, de leur population et de leur syst\u00e8me qu\u2019ils ont.<\/p>\n<p>4. \u00ab D\u2019apr\u00e8s nous, pour contrer l\u2019insurrection, il faut des soldats, des marins et des aviateurs et aviatrices professionnels comme on n\u2019en a jamais eu besoin auparavant. Cela n\u00e9cessite une direction au niveau le plus bas. Des jeunes gens sur lesquels nous comptons pour faire des choses ph\u00e9nom\u00e9nales, dans un chemin poussi\u00e9reux et dangereux, loin de toute autre unit\u00e9, avec des Afghans de la place\u2026 Les militaires qu\u2019il faut pour \u00e7a sont des professionnels absolument incroyables et, d\u2019apr\u00e8s moi, (l\u2019Afghanistan) a confirm\u00e9 que nos gens en uniforme sont vraiment des professionnels.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>. PHOTO : METROPOLIS STUDIO Note de l\u2019\u00e9diteur : le 15 avril, alors que nous nous pr\u00e9parions \u00e0 aller sous presse, le g\u00e9n\u00e9ral Rick Hillier annon\u00e7ait qu\u2019il va quitter son poste de chef d\u2019\u00e9tat-major de la d\u00e9fense en juillet. Le g\u00e9n\u00e9ral Rick Hillier sourit encore, mais \u00e0 peine. 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