{"id":17,"date":"2001-09-01T15:53:11","date_gmt":"2001-09-01T20:53:11","guid":{"rendered":"http:\/\/28330.vws.magma.ca\/fr\/index.php\/2001\/09\/01\/un-nouveau-chef-a-la-grc\/"},"modified":"2008-01-27T21:10:46","modified_gmt":"2008-01-28T02:10:46","slug":"un-nouveau-chef-a-la-grc","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/2001\/09\/un-nouveau-chef-a-la-grc\/","title":{"rendered":"Un nouveau chef \u00e0 la GRC"},"content":{"rendered":"<p><strong><font color=\"#990000\" face=\"Verdana, Arial, Helvetica, sans-serif\"><font color=\"#cc6600\"><br \/>\n<\/font><\/font><\/strong><\/p>\n<p class=\"s1\"><strong><font face=\"Verdana, Arial, Helvetica, sans-serif\" size=\"2\">par Dan Black <\/font><\/strong><\/p>\n<p class=\"s2\"><font size=\"2\"> <\/font><\/p>\n<table align=\"right\" border=\"0\" cellpadding=\"3\" cellspacing=\"0\" hspace=\"8\" vspace=\"8\" width=\"10%\">\n<tr>\n<td><img fetchpriority=\"high\" decoding=\"async\" src=\"http:\/\/www.legionmagazine.com\/en\/wp-content\/uploads\/2016\/08\/01-09commish.jpg\" height=\"265\" width=\"250\" \/><\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>&nbsp;<\/td>\n<\/tr>\n<\/table>\n<p><font size=\"2\">Un matin ensoleill\u00e9 et venteux en  \t\t\t\t\t  Italie centrale : dans la fourgonnette de l&#8217;ambassade qui  \t\t\t\t\t  gravit l&#8217;\u00e9troite route de montagne vers le village  \t\t\t\t\t  de Prezza, le directeur de la GRC Giuliano Zaccardelli regarde  \t\t\t\t\t  par la fen\u00eatre. Nous sommes \u00e0 120 kilom\u00e8tres  \t\t\t\t\t  \u00e0 l&#8217;est de Rome, dans une r\u00e9gion agricole  \t\t\t\t\t  vallonn\u00e9e que le temps, dirait-on, n&#8217;a pas touch\u00e9e  \t\t\t\t\t  mais renomm\u00e9e pour son vin Montepulciano, son ail  \t\t\t\t\t  rouge et ses artichauts. Tournant son regard vers le haut,  \t\t\t\t\t  entre les cimes des arbres qui passent, le directeur de  \t\t\t\t\t  police de 54 ans remarque que la montagne porte encore le  \t\t\t\t\t  village m\u00e9di\u00e9val comme une couronne, une image  \t\t\t\t\t  qu&#8217;il se rappelle depuis l&#8217;enfance. <\/font><\/p>\n<p><font size=\"2\">D\u00e9rob\u00e9e au regard du policier, et blottie au centre de Prezza, il y a une c\u00e9l\u00e9bration planifi\u00e9e attentivement qui l&#8217;attend. Ce n&#8217;est pas tout \u00e0 fait un jour f\u00e9ri\u00e9, mais \u00e7a en a tout l&#8217;air. Les 1 231 r\u00e9sidents du village, les paesani, ont pris cong\u00e9 pour la journ\u00e9e : les magasins et l&#8217;\u00e9cole sont ferm\u00e9s, un orchestre est pr\u00eat \u00e0 jouer les hymnes nationaux canadien et italien et les lanceurs pyrotechniques ont \u00e9t\u00e9 plant\u00e9s. <\/font><\/p>\n<p><font size=\"2\">L&#8217;h\u00f4tel de ville est plein de monde, et beaucoup d&#8217;autres ont pris position le long des rues ou \u00e0 l&#8217;ombre des porches. Tous, y compris le maire et le clerg\u00e9, sont pr\u00eats \u00e0 embrasser le gars de la localit\u00e9 qui est parti il y a 47 ans et qui revient, en ce jour-ci, en tant que &#8220;directeur des tuniques rouges&#8221;. <\/font><\/p>\n<p><font size=\"2\">Les gens qui ne sont pas d&#8217;ici sont stup\u00e9fi\u00e9s par tout cet enthousiasme en l&#8217;honneur d&#8217;un policier canadien. En fait, peu de gens de chez nous comprendraient pourquoi tout ce tapage, et encore moins reconna\u00eetraient-ils Zaccardelli : le 20<font class=\"s3\">e<\/font> directeur de la GRC. <\/font><\/p>\n<p><font size=\"2\"> Mais apr\u00e8s tout, nous sommes en Italie et la loyaut\u00e9 compte pour beaucoup ici. <\/font><\/p>\n<p><font size=\"2\"> La c\u00e9l\u00e9bration dans les rues atteint son apog\u00e9e quand Zaccardelli met pied \u00e0 terre et s&#8217;enfonce dans la foule, \u00e0 un point tel qu&#8217;on dirait qu&#8217;il s&#8217;agit d&#8217;un rock-star, ou d&#8217;un h\u00e9ros sportif national. Il en a fait du chemin depuis le jour o\u00f9 il est parti de Prezza avec sa m\u00e8re, deux fr\u00e8res et une valise en carton ferm\u00e9e avec un bout de corde \u00e9lim\u00e9e. Les plus vieux r\u00e9sidents se rappellent de lui comme d&#8217;un gar\u00e7on de cinq ans qui se baladait dans les rues du village en pantalons courts, qui grimpait aux arbres ou qui se cramponnait aux jupes de sa grand-m\u00e8re. Ils se rappellent de ses jambes minces, de ses yeux ronds et de son service en tant qu&#8217;enfant de c\u0153ur. Les plus jeunes l&#8217;imaginent \u00e0 cheval, habill\u00e9 d&#8217;\u00e9carlate, de noir et d&#8217;or, s&#8217;\u00e9lan\u00e7ant \u00e0 travers la vaste contr\u00e9e dont ils n&#8217;ont entendu parler qu&#8217;\u00e0 l&#8217;\u00e9cole. <\/font><\/p>\n<p><font size=\"2\"> Quoi qu&#8217;il en soit, Zaccardelli est re\u00e7u en h\u00e9ros. <\/font><\/p>\n<p><font size=\"2\">Il va assister \u00e0 la messe et visiter la maison o\u00f9 il est n\u00e9, la maison m\u00eame que sa m\u00e8re a \u00e9t\u00e9 oblig\u00e9e de quitter durant la Seconde Guerre mondiale durant les neuf mois environ que les soldats allemands ont occup\u00e9 le village. En ce temps-l\u00e0, presque tout le monde souffrait de la faim. Beaucoup de gens, dont la m\u00e8re de Zaccardelli, vivaient dans les champs jusqu&#8217;\u00e0 ce que Prezza soit lib\u00e9r\u00e9e par les troupes britanniques. <\/font><\/p>\n<p><font size=\"2\">\u00c0 la r\u00e9ception officielle, il y a un moment de r\u00e9v\u00e9rence en l&#8217;honneur des deux hymnes nationaux. Il y a ensuite des discours et un \u00e9change de cadeaux. Zack, comme il est surnomm\u00e9, est surpris, on pourrait m\u00eame dire embarrass\u00e9, de toutes ces consid\u00e9rations. Il demande au dignitaire \u00e0 c\u00f4t\u00e9 de lui de bien vouloir lui expliquer pourquoi le village a tant fait, et il lui r\u00e9pond que Prezza, au contraire des villes des alentours, attire rarement des personnages de marque comme lui venant de l&#8217;\u00e9tranger. On remet \u00e0 Zaccardelli une copie de son certificat de naissance, et le maire prend grand plaisir \u00e0 attribuer \u00e0 Prezza d&#8217;avoir fait en sorte qu&#8217;un jeune gar\u00e7on ait tant de succ\u00e8s. &#8220;C&#8217;est cet endroit qui a fait de vous la personne que vous \u00eates aujourd&#8217;hui et qui vous a enseign\u00e9 \u00e0 lire, \u00e0 \u00e9crire et, ce qui est encore plus important, les valeurs familiales et le respect des autres&#8221;, dit le maire. &#8220;Et gr\u00e2ce \u00e0 ce caract\u00e8re de grande force et de richesse qui vous a form\u00e9 et \u00e9lev\u00e9 lorsque vous \u00e9tiez enfant, vous avez r\u00e9alis\u00e9 vos r\u00eaves.&#8221; <\/font><\/p>\n<p><font size=\"2\">Ces r\u00eaves ne se sont cristallis\u00e9s qu&#8217;apr\u00e8s que Zaccardelli ait d\u00e9m\u00e9nag\u00e9 au Canada, en 1954. Son p\u00e8re est arriv\u00e9 d&#8217;abord, d\u00e9barquant \u00e0 Montr\u00e9al en 1952 comme partie de la migration d&#8217;apr\u00e8s-guerre d&#8217;Italiens \u00e0 la recherche d&#8217;une vie meilleure. Pour lui, le Canada c&#8217;\u00e9tait un choix entre deux : l&#8217;autre c&#8217;\u00e9tait l&#8217;Argentine. Durant toute sa vie, Zaccardelli p\u00e8re est rest\u00e9 un homme tranquille et fier poss\u00e9dant une \u00e9thique de robustesse au labeur. L&#8217;argent \u00e9tait rare, mais comme pour beaucoup d&#8217;Italiens, la force de la famille et le sens commun avaient beaucoup d&#8217;importance pour son \u00e9pouse et pour lui. &#8220;Mon p\u00e8re nous disait toujours de vivre selon nos moyens. Si l&#8217;on a 10 cents dans les poches, on n&#8217;en d\u00e9pense pas 11, et il vaut mieux ne pas d\u00e9penser les 10 au complet car il faut \u00e9conomiser quelque chose.&#8221; <\/font><\/p>\n<p><font size=\"2\">\u00c0 partir d&#8217;un tr\u00e8s jeune \u00e2ge, Zaccardelli r\u00eavait de devenir policier. &#8220;Cela m&#8217;attirait tout simplement, et je ne saurais l&#8217;expliquer mais depuis que je commen\u00e7ais l&#8217;\u00e9cole secondaire, je savais que je voulais m&#8217;engager \u00e0 la Gendarmerie royale canadienne parce que j&#8217;aimais voir les photos des agents de la GRC en rouge et entendre les histoires, les l\u00e9gendes.&#8221; <\/font><\/p>\n<p><font size=\"2\">D\u00e9j\u00e0, \u00e0 l&#8217;\u00e2ge de huit ans, Zaccardelli livrait des journaux, les Montreal Star et Montreal Gazette. Pendant ses ann\u00e9es d&#8217;\u00e9cole secondaire, il travaillait le soir comme plongeur \u00e0 un restaurant. Il ne faisait pas de sport organis\u00e9 car les fins de semaines, et les soir\u00e9es durant la semaine, servaient au travail pour soutenir la famille. &#8220;On travaillait presque tout le temps parce que c&#8217;\u00e9tait \u00e7a la vie d&#8217;un jeune immigrant. C&#8217;est ce qu&#8217;on attendait de soi. Quand on avait du temps, on s&#8217;amusait comme on pouvait. On jouait au hockey de rues ou au foot-ball au Mont Royal&#8230; Je suivais aussi de tr\u00e8s pr\u00e8s les Canadiens de Montr\u00e9al.&#8221; <\/font><\/p>\n<p><font size=\"2\">Quand les derniers jours d&#8217;\u00e9cole secondaire approchaient, Zaccardelli \u00e9tait de plus en plus fascin\u00e9 par les histoires des agents de la GRC qui voyageaient de par les r\u00e9gions isol\u00e9es pour faire respecter la loi. Il obtint une licence commerciale en gestion d&#8217;entreprise, au coll\u00e8ge Loyola de Montr\u00e9al. &#8220;Je ne peux pas dire que j&#8217;avais un plan bien pens\u00e9, c\u00f4t\u00e9 strat\u00e9gie, mais je savais que c&#8217;\u00e9tait une bonne id\u00e9e d&#8217;avoir un dipl\u00f4me.&#8221; <\/font><\/p>\n<p><font size=\"2\">En effet, c&#8217;\u00e9tait une bonne d\u00e9cision car peu de membres de la GRC avaient un dipl\u00f4me. La plupart arrivaient directement apr\u00e8s l&#8217;\u00e9cole secondaire. &#8220;La situation est bien diff\u00e9rente de nos jours&#8221;, dit l&#8217;ancien directeur adjoint de la GRC Roy Berlinquette qui conna\u00eet Zaccardelli depuis 30 ans. &#8220;Aujourd&#8217;hui, un tr\u00e8s gros pourcentage des gens qui s&#8217;engagent sont dipl\u00f4m\u00e9s. C&#8217;est un groupe tr\u00e8s \u00e9duqu\u00e9, plut\u00f4t intelligent, et le directeur est tr\u00e8s \u00e0 l&#8217;aise dans cette nouvelle \u00e8re.&#8221; <\/font><\/p>\n<p><font size=\"2\">Zaccardelli se souvient du jour o\u00f9 il est revenu de l&#8217;universit\u00e9 et dit \u00e0 son p\u00e8re qu&#8217;il avait pos\u00e9 sa candidature \u00e0 la GRC. &#8220;Papa m&#8217;a regard\u00e9 et m&#8217;a demand\u00e9 &#8216;Pourquoi as-tu fait \u00e7a?&#8217; Je lui r\u00e9pondit que je voulais entrer dans la force de police nationale. Il dit que la GRC ne m&#8217;accepterait jamais. Je lui ai demand\u00e9 pourquoi il pensait ainsi et il dit que je n&#8217;\u00e9tais pas n\u00e9 au pays et qu&#8217;il y avait des limites \u00e0 ce que je pouvais faire. Je lui demandais, Qu&#8217;est-ce que tu veux dire? Je suis Canadien. J&#8217;ai \u00e9t\u00e9 \u00e9lev\u00e9 ici. Il dit que je ne comprenais pas. Il exprimait ce que beaucoup d&#8217;immigrants ressentent, surtout ceux qui sont adultes quand ils viennent ici. Ils se sentent bienvenus, ils ont les occasions, mais il y a une peur, une certaine id\u00e9e qu&#8217;ils se font, qu&#8217;ils ne sont pas enti\u00e8rement accept\u00e9s par la soci\u00e9t\u00e9 canadienne. Alors dans son esprit il y avait cette notion que je ne serais pas accept\u00e9 par la GRC. Il \u00e9tait tr\u00e8s content quand j&#8217;y suis entr\u00e9.&#8221; <\/font><\/p>\n<p><font size=\"2\">Le directeur dit qu&#8217;il n&#8217;est pas surpris que quelqu&#8217;un n\u00e9 en Italie, ou n&#8217;importe quel autre pays, puisse atteindre le plus haut \u00e9chelon de la gendarmerie, et il fait part de cette fa\u00e7on de penser aux gens de Prezza quand on lui demande le secret de son succ\u00e8s. &#8220;Le secret c&#8217;\u00e9tait de choisir le Canada, un pays o\u00f9 l&#8217;on permet aux r\u00eaves de se r\u00e9aliser&#8221;, dit-il. <\/font><\/p>\n<p><font size=\"2\">La r\u00e9alit\u00e9, toutefois, c&#8217;est qu&#8217;il fallait travailler dur et longtemps, et il ne faut pas oublier qu&#8217;on est souvent oblig\u00e9 de d\u00e9m\u00e9nager. Apr\u00e8s l&#8217;instruction des recrues \u00e0 Regina, Zaccardelli, qui parle couramment l&#8217;anglais, le fran\u00e7ais et l&#8217;italien, a \u00e9t\u00e9 affect\u00e9 \u00e0 St. Paul (Alb.). Le d\u00e9but de sa carri\u00e8re en \u00e9tait un d&#8217;officier en devoir g\u00e9n\u00e9ral et puis ensuite il a \u00e9t\u00e9 enqu\u00eateur de criminalit\u00e9 en col blanc. Il a travaill\u00e9 en Alberta et en Ontario, et puis ensuite au Qu\u00e9bec et au Nouveau-Brunswick en tant qu&#8217;officier haut grad\u00e9 des op\u00e9rations criminelles. <\/font><\/p>\n<p><font size=\"2\">L&#8217;\u00e9t\u00e9 1995 il devint commandant de l&#8217;immense Division &#8220;O&#8221; de l&#8217;Ontario. \u00c0 partir de l\u00e0, il obtint le poste de directeur adjoint au quartier g\u00e9n\u00e9ral de la GRC, et puis celui de directeur adjoint de la politique op\u00e9rationnelle et du crime organis\u00e9 en ao\u00fbt 1999. En automne dernier il rempla\u00e7ait Philip Murray en tant que directeur, et durant ces derni\u00e8res semaines il a souvent parl\u00e9 de faire de la GRC une organisation &#8220;concentr\u00e9e strat\u00e9giquement&#8221;. <\/font><\/p>\n<p><font size=\"2\">&#8220;Concentr\u00e9e strat\u00e9giquement cela veut dire que nous comprenions enti\u00e8rement l&#8217;environnement dans lequel nous travaillons et que nous soyons de plus en plus proactifs \u00e0 propos de ce que nous pouvons accomplir. C&#8217;est-\u00e0-dire que nous puissions anticiper et r\u00e9pondre aux changements et aux pressions importants avant qu&#8217;ils n&#8217;aient lieu.&#8221; <\/font><\/p>\n<p><font size=\"2\">Il est reconnu comme un grand communicateur, plein d&#8217;entrain et \u00e9nerg\u00e9tique et comme un expert recherch\u00e9 en crime organis\u00e9 et globalisation. &#8220;Il est tr\u00e8s intelligent et comp\u00e9tent&#8221;, dit Margaret Beare, la directrice du Centre Nathanson d&#8217;\u00e9tudes en crime organis\u00e9 et en corruption de l&#8217;Universit\u00e9 York. &#8220;Il va beaucoup nous aider \u00e0 comprendre le crime organis\u00e9 et on pourra s&#8217;\u00e9loigner de la vieille \u00e9poque mystique et dramatique et voir le crime organis\u00e9 comme une criminalit\u00e9 continuelle tr\u00e8s s\u00e9rieuse qu&#8217;il faut attaquer avec des ressources polici\u00e8res bien financ\u00e9es.&#8221; <\/font><\/p>\n<p><font size=\"2\">Beare dit que ce qu&#8217;il faut c&#8217;est un travail de police fait d&#8217;apr\u00e8s les renseignements, et moins de rh\u00e9torique \u00e0 propos du besoin de davantage de pouvoirs policiers. &#8220;Le directeur a d\u00e9clar\u00e9 publiquement que la GRC est dor\u00e9navant une organisation &#8216;dirig\u00e9e par les renseignements&#8217;. Cela implique non seulement une excellente capacit\u00e9 analytique, mais aussi un important degr\u00e9 de collaboration et de partage de renseignements avec les autres forces de police au pays et \u00e0 l&#8217;\u00e9tranger. Je pense que nous avons encore du chemin \u00e0 faire avant que la collaboration soit un fait \u00e9tabli, et pas tout simplement un objectif.&#8221; <\/font><\/p>\n<p><font size=\"2\">Le directeur dit que la globalisation a grandement chang\u00e9 la mani\u00e8re dont les forces polici\u00e8res agissent \u00e0 tous les niveaux. &#8220;Les organisations criminelles peuvent se fixer \u00e0 un coin du monde et avoir un impact sur vous sans \u00eatre oblig\u00e9es d&#8217;\u00eatre dans votre r\u00e9gion [&#8230;]. Ce qui me fait plaisir, c&#8217;est que la GRC rel\u00e8ve ces d\u00e9fis depuis longtemps et qu&#8217;elle a une histoire de r\u00e9ussite meilleure que la plupart des organisations autour du monde.&#8221; <\/font><\/p>\n<p><font size=\"2\">Il dit que la GRC doit \u00eatre capable de s&#8217;adapter rapidement aux risques qui \u00e9mergent dans un monde sans fronti\u00e8res. &#8220;Pour faire cela il faut avoir une organisation mieux pr\u00e9par\u00e9e. Pour faire cela il faut d\u00e9velopper des alliances et jeter des ponts entre nous et les autres forces polici\u00e8res au Canada et ailleurs autour du monde, en permettant aux autres secteurs de la soci\u00e9t\u00e9 d&#8217;effectuer leurs contributions \u00e0 ce que l&#8217;on fait et rehausser la valeur de son travail. C&#8217;est absolument essentiel. Il existe un besoin d&#8217;utiliser nos ressources et les ressources des autres.&#8221; <\/font><\/p>\n<p><font size=\"2\">Berlinquette pense que Zaccardelli est &#8220;le directeur qu&#8217;il faut pour ces temps-ci&#8221;. Il dit qu&#8217;il est en train de construire en prenant pour base ce que l&#8217;ancien directeur a accompli. &#8220;Il a beaucoup d&#8217;\u00e9nergie et il parle des probl\u00e8mes avec beaucoup de passion [&#8230;]. Il comprend aussi le processus d&#8217;apprentissage et l&#8217;importance de la technologie. Ce n&#8217;est pas un th\u00e9oricien, mais il comprend la th\u00e9orie. Et ce qui est encore plus important, il veut savoir comment les d\u00e9cisions vont affecter les gens qui se trouvent aux premi\u00e8res lignes du maintien de l&#8217;ordre.&#8221; <\/font><\/p>\n<p><font size=\"2\">Berlinquette croit que la meilleure fa\u00e7on de s&#8217;attaquer au crime organis\u00e9 c&#8217;est de d\u00e9truire son infrastructure et de ne pas s&#8217;occuper tant que \u00e7a de mettre la main sur les produits ill\u00e9gaux. &#8220;Si l&#8217;on s&#8217;attaque aux Hell&#8217;s Angels lors d&#8217;un effort servant \u00e0 leur enlever leurs marchandises, on arr\u00eate deux ou trois personnes avec 200 livres de marijuana ou 20 livres de coca\u00efne, et les m\u00e9dias impriment une histoire \u00e0 propos d&#8217;une grosse descente et d&#8217;une immense saisie de drogues&#8221;, dit-il. &#8220;Alors tout ce qu&#8217;on a d\u00e9plac\u00e9 c&#8217;est 200 livres de marijuana ou 20 livres de coca\u00efne et deux dealers ou contrebandiers. L&#8217;organisation, cependant, travaille encore, et les contrebandiers sont remplac\u00e9s le lendemain parce que l&#8217;infrastructure est rest\u00e9e intacte.&#8221; <\/font><\/p>\n<p><font size=\"2\"> Berlinquette dit que Zaccardelli comprend cela. <\/font><\/p>\n<p><font size=\"2\">Beare dit que le crime organis\u00e9 est aussi le domaine du maintien de l&#8217;ordre o\u00f9 l&#8217;on ressent la pression provenant de la communaut\u00e9 internationale, surtout des \u00c9tats-Unis, de faire des changements qui seraient peut-\u00eatre inappropri\u00e9s au Canada. &#8220;Il faut pour cela un directeur qui fasse deux choses lorsque des questions sur le crime organis\u00e9 obtiennent de la publicit\u00e9 : d&#8217;abord, r\u00e9sister \u00e0 la tentation de suivre automatiquement la voie o\u00f9 l&#8217;on exige davantage de pouvoirs policiers pour contrecarrer le danger et, deuxi\u00e8mement, r\u00e9sister aux accusations non fond\u00e9es provenant de l&#8217;\u00e9tranger que le Canada est fautif en n&#8217;imitant pas les strat\u00e9gies de mise en vigueur des lois, ou les lois elles-m\u00eames, qui n&#8217;ont pas fait leurs preuves ailleurs.&#8221; <\/font><\/p>\n<p><font size=\"2\">Elle dit que le crime organis\u00e9 est dirig\u00e9 par les exigences de segments de la soci\u00e9t\u00e9 dits l\u00e9gitimes et facilit\u00e9 par des cols blancs professionnels qui se font complices des activit\u00e9s criminelles. &#8220;Ainsi, la GRC est sur la bonne piste quand on insiste sur l&#8217;analyse des renseignements et sur les enqu\u00eates men\u00e9es d&#8217;apr\u00e8s les renseignements. De m\u00eame, la GRC a reconnu qu&#8217;il existe un besoin d&#8217;insister sur des capacit\u00e9s diff\u00e9rentes de celles sur lesquelles on insistait peut-\u00eatre autrefois.&#8221; <\/font><\/p>\n<p><font size=\"2\">Les experts disent que lorsqu&#8217;il s&#8217;agit de combattre le crime frontalier entre le Canada et les \u00c9tats-Unis, il faut adopter le juste milieu entre ce qui marche pour faciliter la libre circulation du commerce et ce qui marche pour assurer la fronti\u00e8re contre les risques divers. C&#8217;est une t\u00e2che immense. En 1999, il y a eu plus de 225 millions de travers\u00e9es entre le Canada et les \u00c9tats-Unis. La circulation des biens et des services cette ann\u00e9e-l\u00e0 s&#8217;\u00e9levait \u00e0 environ 1 million $ la minute. Le directeur croit que les partenariats cl\u00e9s \u00e0 l&#8217;int\u00e9rieur et \u00e0 l&#8217;ext\u00e9rieur des fronti\u00e8res canadiennes vont servir \u00e0 faciliter la circulation commerciale et aider les deux pays \u00e0 s&#8217;occuper du crime frontalier. <\/font><\/p>\n<p><font size=\"2\">Le directeur dit aussi que la GRC doit am\u00e9liorer la mani\u00e8re dont elle combat le crime cybern\u00e9tique. &#8220;C&#8217;est un domaine qui cro\u00eet de mani\u00e8re fulgurante et nous n&#8217;en avons pas un contr\u00f4le total [&#8230;]. Alors, il est important de faire pression avec nos ressources au Canada et avec nos partenaires autour du monde. Il faut se pencher sur les meilleures pratiques, apprendre les uns des autres [&#8230;].&#8221; <\/font><\/p>\n<p><font size=\"2\">Le commerce illicite des humains est un autre souci qui prend de plus en plus d&#8217;importance aux yeux de la GRC. Les technologies avanc\u00e9es et les syst\u00e8mes de communication font qu&#8217;il est plus facile et plus profitable pour les trafiquants de trouver des gens \u00e0 transporter ill\u00e9galement autour du globe. Aux \u00c9tats-Unis, on \u00e9value \u00e0 700 000 les femmes et les enfants qui sont transport\u00e9s ill\u00e9galement \u00e0 travers les fronti\u00e8res internationales chaque ann\u00e9e. &#8220;Ce qu&#8217;il faut surtout faire \u00e0 ce propos, c&#8217;est identifier les groupes qui sont derri\u00e8re. Alors une fois encore, on a besoin de bons renseignements afin de cibler les organisations les plus importantes&#8221;, dit le directeur. &#8220;On en revient encore au besoin d&#8217;alliances internationales qui servent \u00e0 l&#8217;\u00e9change de renseignements.&#8221; <\/font><\/p>\n<p><font size=\"2\">La GRC combat aussi le crime organis\u00e9 par l&#8217;entremise de ses efforts de maintien de l&#8217;ordre internationaux, y compris le maintien de la paix. Zaccardelli dit que la force va continuer \u00e0 travailler avec les agences de police civiles pour am\u00e9liorer les op\u00e9rations de police internationales. Cela comprend aider \u00e0 construire des infrastructures civiles d\u00e9mocratiques \u00e0 l&#8217;\u00e9tranger et \u00e0 emp\u00eacher l&#8217;importation d&#8217;activit\u00e9s criminelles au Canada. <\/font><\/p>\n<p><font size=\"2\">Peu de temps apr\u00e8s son assermentation en tant que directeur, Zaccardelli a \u00e9t\u00e9 nomm\u00e9 vice-pr\u00e9sident national honoraire de la L\u00e9gion royale canadienne. Il se dit supporteur fervent de la L\u00e9gion, et il remarque que la GRC et le militaire canadien ont une histoire d&#8217;association de longue dur\u00e9e. &#8220;La GRC et la L\u00e9gion ont beaucoup en commun, nous sommes pr\u00e9sents dans la plupart des collectivit\u00e9s, m\u00eame dans les plus petites collectivit\u00e9s, \u00e0 travers le pays. Les filiales de la L\u00e9gion sont depuis toujours des endroits o\u00f9 les membres de la GRC peuvent fr\u00e9quenter des gens [&#8230;]. Je crois que les deux organisations font partie de la structure du pays.&#8221; <\/font><\/p>\n<p><font size=\"2\">Le pr\u00e9sident national Bill Barclay dit que la L\u00e9gion est fi\u00e8re que le directeur se soit engag\u00e9 en ce qui concerne le poste de vice-pr\u00e9sident honoraire. &#8220;Nous sommes tout aussi honor\u00e9s de reconna\u00eetre les agents de s\u00fbret\u00e9 sortants \u00e0 Regina dans le cadre de notre programme de prix de la camaraderie.&#8221; <\/font><\/p>\n<p><font size=\"2\">Avant de quitter Prezza pour la deuxi\u00e8me fois, Zaccardelli dit \u00e0 son audience qu&#8217;en plus des bagages en carton et des souvenirs qu&#8217;il emportait du village en 1954, il emportait des valeurs tr\u00e8s importantes, des croyances qui lui ont \u00e9videmment bien servi. <\/font><\/p>\n<p><font size=\"2\"> Pas mal du tout pour un gars de Prezza. <\/font><\/p>\n<p><font size=\"2\">  <\/font><\/p>\n<p class=\"fr-heads\"><strong><font color=\"#cc6600\" face=\"Verdana, Arial, Helvetica, sans-serif\" size=\"2\">La  \t\t\t\t\t  force derri\u00e8re la force <\/font><\/strong><\/p>\n<p class=\"s5\"><font size=\"2\">Le directeur de la GRC Giuliano Zaccardelli est responsable d&#8217;une tr\u00e8s grande force qui a extr\u00eamement chang\u00e9 ces derni\u00e8res ann\u00e9es. Il y a cinq ans elle a commenc\u00e9 \u00e0 se d\u00e9placer vers un syst\u00e8me de gestion au niveau de la base con\u00e7u pour offrir davantage de ressources aux services policiers du front. Quatre r\u00e9gions furent cr\u00e9\u00e9es, soit celles du Pacifique, du Nord-Ouest, du Centre et de l&#8217;Atlantique. La GRC se divise aussi en 15 divisions, plus le quartier g\u00e9n\u00e9ral \u00e0 Ottawa. Chaque division a un commandant et elle est d\u00e9sign\u00e9e par une lettre. En mai, la force avait 20 866 membres, dont 106 surintendants, 284 inspecteurs, 2 770 caporaux, 9 689 agents et 2 140 membres civils. <\/font><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>par Dan Black &nbsp; Un matin ensoleill\u00e9 et venteux en Italie centrale : dans la fourgonnette de l&#8217;ambassade qui gravit l&#8217;\u00e9troite route de montagne vers le village de Prezza, le directeur de la GRC Giuliano Zaccardelli regarde par la fen\u00eatre. 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