{"id":1443,"date":"2012-03-01T00:01:02","date_gmt":"2012-03-01T04:01:02","guid":{"rendered":"https:\/\/legionmagfren.wpengine.com\/?p=1443"},"modified":"2012-02-29T12:40:24","modified_gmt":"2012-02-29T16:40:24","slug":"lissue-a-kaboul-partie-1-la-ville-a-la-guerre","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/2012\/03\/lissue-a-kaboul-partie-1-la-ville-a-la-guerre\/","title":{"rendered":"L&#8217;issue \u00c0 Kaboul: Partie 1 &#8211; La Ville \u00c0 La Guerre"},"content":{"rendered":"<div class=\"caption_img \"\tstyle=\"width:630px\"><img fetchpriority=\"high\" decoding=\"async\" class=\"alignnone size-full wp-image-1447\" title=\"La vie continue normalement au centre-ville de Kaboul. [PHOTO : ADAM DAY]\" src=\"https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2012\/03\/TrainingLead.jpg\" alt=\"Un soldat du 3e Bataillon du PPCLI inspecte un lance-missiles russe \u00e0 Kaboul. [PHOTO : ADAM DAY]\" width=\"630\" height=\"236\" srcset=\"https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2012\/03\/TrainingLead.jpg 630w, https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2012\/03\/TrainingLead-300x112.jpg 300w\" sizes=\"(max-width: 630px) 100vw, 630px\" \/><\/p>\n<div class=\"caption\"><span>Un soldat du 3e Bataillon du PPCLI inspecte un lance-missiles russe \u00e0 Kaboul. <\/span><\/div>\n<div class=\"credit\"><span>PHOTO : ADAM DAY<\/span><\/div>\n<\/div>\n<p><strong>Les soldats du camp Blackhorse ne se pr\u00e9occupent pas de l\u2019ironie. Ils font partie du 3e Bataillon du Princess Patricia\u2019s Canadian Light Infantry, et il n\u2019y a pas de soldats plus endurcis au combat. Au d\u00e9but du mois de novembre dernier, quand ils commen\u00e7aient \u00e0 s\u2019activer \u00e0 leur nouvelle t\u00e2che qui \u00e9tait d\u2019entrainer l\u2019arm\u00e9e afghane, ils \u00e9taient d\u00e9j\u00e0 grincheux : leur nouvelle mission n\u2019avait rien d\u2019int\u00e9ressant \u00e0 leurs yeux.<\/strong><\/p>\n<p><strong>Un caporal que j\u2019avais rencontr\u00e9 au Panjwai me fit faire le tour de leur terrain d\u2019instruction. C\u2019\u00e9tait un endroit, dans une plaine \u00e9lev\u00e9e au-dessus de Kaboul, o\u00f9 ils enseignaient aux compa-gnies de l\u2019arm\u00e9e afghane \u00e0 survivre au combat en tant qu\u2019unit\u00e9. Le terrain d\u2019instruction, grand, \u00e9tait fort peu prot\u00e9g\u00e9.<\/strong><\/p>\n<p><strong>\u00ab Est-ce que l\u2019ennemi monte jusqu\u2019ici? \u00bb, lui demandai-je.<\/strong><\/p>\n<p><strong>\u00ab Ouais \u00bb, me r\u00e9pondit le caporal en indiquant le terrain vallonneux de la t\u00eate. \u00ab Quelqu\u2019un a essay\u00e9 de planter un EEI sur la route, l\u00e0-bas. \u00bb<\/strong><\/p>\n<p><strong>Il s\u2019arr\u00eata un instant.<\/strong><\/p>\n<p><strong>\u00ab Mais il s\u2019est fait sauter lui-m\u00eame. \u00bb<\/strong><\/p>\n<p><strong>Int\u00e9ressant. Il n\u2019y a qu\u2019en Afghanistan qu\u2019un terrain d\u2019instruction et un champ de bataille peuvent \u00eatre un seul et m\u00eame endroit.<\/strong><\/p>\n<p><strong>Le caporal n\u2019\u00e9tait pas vraiment int\u00e9ress\u00e9; il \u00e9tait simplement content que l\u2019ennemi se f\u00fbt fait sauter lui-m\u00eame.<\/strong><\/p>\n<p>Partout dans Kaboul et au-del\u00e0, au nord, les Canadiens se trouvent \u00e0 nouveau au c\u0153ur de la mission qui a pour objet de mettre de l\u2019ordre en Afghanistan.<\/p>\n<p>La mission est tout \u00e0 fait diff\u00e9rente des pr\u00e9c\u00e9dentes. Maintenant, il s\u2019agit de former les Afghans afin qu\u2019ils les remplacent au combat. C\u2019est un grand effort bureaucratique, qui frustre souvent les soldats qui le fournissent, que de recruter, de former et de d\u00e9ployer des milliers d\u2019agents de s\u00e9curit\u00e9 afghans au cours des trois prochaines ann\u00e9es.<\/p>\n<p>Bien qu\u2019il soit clair que l\u2019instruction sur le terrain n\u2019est pas finie, le Canada et l\u2019OTAN ont les yeux riv\u00e9s sur la sortie; le conflit dure depuis plus de dix ans et tout a une fin, m\u00eame cette guerre qui est la plus longue de l\u2019histoire canadienne.<\/p>\n<p>Les pages qui suivent racontent l\u2019histoire de la strat\u00e9gie de l\u2019issue finale de l\u2019OTAN, le dernier chapitre de ce qui est devenu une grosse impasse couteuse.<\/p>\n<p>Il est fort probable que le Canada quitte l\u2019Afghanistan en 2014. Les \u00c9tats-Unis aussi. Et l\u2019OTAN. Peut-\u00eatre pas enti\u00e8rement, car certaines relations demeureront, mais la plus grande partie des combattants seront partis. Et, au grand d\u00e9sespoir des dirigeants militaires, la date limite de ce retrait a \u00e9t\u00e9 rendue publique. L\u2019ennemi sait donc aussi ce qu\u2019il va se passer.<\/p>\n<p>C\u2019est comme un d\u00e9lai : c\u2019est la fin, la cloche finale. Les for-ces de s\u00e9curit\u00e9 nationales afghanes (FSNA) devront alors \u00eatre assez puissantes pour prot\u00e9ger leur propre pays. Elles n\u2019en sont pas encore capables, loin de l\u00e0 m\u00eame. Mais on pr\u00e9voit qu\u2019elles le seront en 2014.<\/p>\n<p>En attendant, c\u2019est la course contre la montre.<\/p>\n<p>Il est impossible de savoir comment une course se terminera trois ans avant la fin, surtout en Afghanistan, o\u00f9 les r\u00e9ponses faciles n\u2019ont gu\u00e8re cours.<\/p>\n<div class=\"caption_img \"\tstyle=\"width:515px\"><img decoding=\"async\" class=\"alignnone size-full wp-image-1453\" title=\"Un soldat du 3e Bataillon du PPCLI inspecte un lance-missiles russe \u00e0 Kaboul. [PHOTO : ADAM DAY]\" src=\"https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2012\/03\/TrainingInset1.jpg\" alt=\"Un soldat du 3e Bataillon du PPCLI inspecte un lance-missiles russe \u00e0 Kaboul. [PHOTO : ADAM DAY]\" width=\"515\" height=\"735\" srcset=\"https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2012\/03\/TrainingInset1.jpg 515w, https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2012\/03\/TrainingInset1-210x300.jpg 210w\" sizes=\"(max-width: 515px) 100vw, 515px\" \/><\/p>\n<div class=\"caption\"><span>Un soldat du 3e Bataillon du PPCLI inspecte un lance-missiles russe \u00e0 Kaboul. <\/span><\/div>\n<div class=\"credit\"><span>PHOTO : ADAM DAY<\/span><\/div>\n<\/div>\n<p><strong>Kaboul, vers 2011<\/strong><\/p>\n<p>Il arrive qu\u2019il soit avantageux de quitter le bureau pour se rendre \u00e0 un endroit difficile, car il y a des choses qui s\u2019av\u00e8rent importantes alors qu\u2019elles ne le semblaient pas auparavant. Par exemple, un certain nombre d\u2019indices \u00e9vidents appuient l\u2019annonce que le monde occidental va partir d\u2019Afghanistan en 2014. Le retrait des effectifs a commenc\u00e9. Tout le monde en parle : les Afghans tout comme les alli\u00e9s. Personne ne sait exactement ce que cela veut dire. On en entend parler partout : les gar\u00e7ons de table, les chauffeurs de taxi et les g\u00e9n\u00e9raux en parlent. Ni l\u2019OTAN ni les Am\u00e9ricains n\u2019abandonneront l\u2019Afghanistan, bien s\u00fbr; ce ne sera pas comme au Vietnam en 1975, loin de l\u00e0, mais les troupes au sol et, ce qui importe le plus aux Afghans, les fonds, se termineront en grande partie en 2014. C\u2019est l\u2019ann\u00e9e o\u00f9 le nouvel Afghanistan devra faire ses premiers pas tout seul.<\/p>\n<p>Et il y a autre chose qu\u2019on peut difficilement constater si l\u2019on n\u2019est pas sur le terrain : d\u2019une certaine fa\u00e7on, les choses s\u2019am\u00e9liorent vraiment, du moins \u00e0 Kaboul. J\u2019y suis all\u00e9 pour la premi\u00e8re fois en 2004, puis \u00e0 nouveau en 2006, et on voyait tr\u00e8s bien qu\u2019il s\u2019agissait d\u2019une ville en guerre : les armes \u00e0 feu rempla\u00e7aient les commerces, les rues \u00e9taient \u00e0 moiti\u00e9 remplies d\u2019hommes furtifs portant la robe traditionnelle et une longue barbe.<\/p>\n<p>Mais, maintenant, on peut affirmer que la ville regorge de gens. Il est vrai que la violence \u00e0 Kaboul est constante, une calamit\u00e9 (on compte r\u00e9cemment des attaques dans les h\u00f4tels, des attentats-suicides, des assassinats, m\u00eame une attaque contre une ambassade), mais cela ne semble pas importer aux Kabouliens qui portent de nouveaux v\u00eatements dans les rues o\u00f9 ils font foule, comme dans n\u2019importe quelle autre ville d\u2019Asie du Sud.<\/p>\n<p>De plus, Kaboul n\u2019est plus en ruines. Lors de cette visite, trois jours ont pass\u00e9 avant que je ne voie un trou de balle, alors qu\u2019en 2004, il y en avait partout. J\u2019ai vu des agents de police et des soldats en uniforme qui marchaient sans armes dans les rues, ce qui est int\u00e9ressant aussi parce\u00a0 que cela ne se voyait pas avant; la peur des repr\u00e9sailles des talibans ne hante donc plus les rues.<\/p>\n<p>Bref, la coalition s\u2019en va et les Afghans semblent choisir; et leur choix n\u2019est pas en faveur des talibans. Il est difficile d\u2019imaginer que les gens de Kaboul consentiront \u00e0 vivre de nouveau dans l\u2019aust\u00e9rit\u00e9 des talibans. Ils ont vot\u00e9.<\/p>\n<p>Mais il est facile aussi de se laisser emporter, litt\u00e9ralement. J\u2019ai demand\u00e9 au chauffeur de l\u2019h\u00f4tel du centre-ville o\u00f9 je suis descendu si je pouvais marcher dans la ville sans danger. Il m\u2019a bien regard\u00e9 et m\u2019a demand\u00e9 : \u00ab Vous? \u00bb<\/p>\n<p>\u00ab Ouais \u00bb, je lui ai dit.<\/p>\n<p>Il esquisse le sourire gentil et plein de regrets que les Afghans utilisent quand ils sont oblig\u00e9s de r\u00e9pondre dans la n\u00e9gative. \u00ab Non, ce n\u2019est pas sans danger, me dit-il. Peut-\u00eatre si vous \u00e9tiez avec quelques Afghans. Mais pas tout seul. \u00bb<\/p>\n<p>Il fait non de la t\u00eate, l\u00e8ve et ouvre la main comme s\u2019il abandonnait quelque chose au vent.<\/p>\n<p>En d\u2019autres mots, la guerre est encore l\u00e0, et pas tr\u00e8s loin, non plus.<\/p>\n<div class=\"caption_img \"\tstyle=\"width:515px\"><img decoding=\"async\" class=\"alignnone size-full wp-image-1455\" title=\"Des recrues afghanes sous instruction canadienne apprennent la bonne position de tir. [PHOTO : ADAM DAY]\" src=\"https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2012\/03\/TrainingInset2.jpg\" alt=\"Des recrues afghanes sous instruction canadienne apprennent la bonne position de tir. [PHOTO : ADAM DAY]\" width=\"515\" height=\"352\" srcset=\"https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2012\/03\/TrainingInset2.jpg 515w, https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2012\/03\/TrainingInset2-300x205.jpg 300w\" sizes=\"(max-width: 515px) 100vw, 515px\" \/><\/p>\n<div class=\"caption\"><span>Des recrues afghanes sous instruction canadienne apprennent la bonne position de tir. <\/span><\/div>\n<div class=\"credit\"><span>PHOTO : ADAM DAY<\/span><\/div>\n<\/div>\n<p><strong>La guerre en profondeur au grand \u00e9tat-major de l\u2019OTAN<\/strong><\/p>\n<p>Il n\u2019y a pas que du mal \u00e0 dire de la grande pompe de la guerre.<\/p>\n<p>Kaboul peut parfois sembler loin du bruit des canons, mais c\u2019est toujours le centre de tout et toutes les nouvelles des provinces et des districts y aboutissent.<\/p>\n<p>Assister \u00e0 une conf\u00e9rence de presse \u00e0 l\u2019\u00e9tat-major de l\u2019OTAN, au centre-ville de Kaboul, c\u2019est observer la guerre de la coalition \u00e0 son plus cru.<\/p>\n<p>Apr\u00e8s avoir pass\u00e9 plusieurs contr\u00f4les, on s\u2019aper\u00e7oit que les officiers des affaires publiques sont \u00e0 peu pr\u00e8s aussi nombreux que les journalistes. En outre, le nombre d\u2019officiers sup\u00e9rieurs membres de l\u2019\u00e9tat-major de la FIAS (Force internationale d\u2019assistance \u00e0 la s\u00e9curit\u00e9) est d\u00e9concertant. Il y a des colonels dans tous les coins. Les majors pullulent. J\u2019ai observ\u00e9 un colonel allemand maquiller, pour la cam\u00e9ra, le vi-sage rouge\u00e2tre du porte-parole et brigadier-g\u00e9n\u00e9ral allemand, Carsten Jacobsen.<\/p>\n<p>La conf\u00e9rence de presse elle-m\u00eame a \u00e9t\u00e9 remarquable surtout par son honn\u00eatet\u00e9; on ne s\u2019y attendait pas. Jacobsen a pris le micro pour r\u00e9pondre aux questions des journalistes afghans qui s\u2019\u00e9taient entass\u00e9s en grand nombre dans la salle et qui se sont tout de suite mis \u00e0 d\u00e9noncer \u00ab les refuges pour insurg\u00e9s au Pakistan \u00bb.<\/p>\n<p>Tout le monde sait depuis longtemps que de tels refuges existent; cette pens\u00e9e aurait \u00e9t\u00e9 tout aussi vraie depuis 2006, mais, jusqu\u2019\u00e0 tout r\u00e9cemment, personne ne l\u2019aurait dit tout haut. \u00ab Il y a une insurrection violente en Afghanistan, il ne fait aucun doute, dit Jacobsen. Et il y a un bien trop grand nombre d\u2019innocents qui meurent encore. \u00bb<\/p>\n<p>\u00ab Les insurg\u00e9s ne sont plus capables de nous affronter sur le champ de bataille, ce qui a \u00e9t\u00e9 de plus en plus manifeste au cours de l\u2019\u00e9t\u00e9. Et comme ils ne peuvent plus faire face aux soldats, qui est-ce qu\u2019ils prennent pour cible? Les femmes, les enfants, les civils, les gens qui voyagent en autobus. \u00bb<\/p>\n<p>Jacobsen \u00e9tait tellement en col\u00e8re qu\u2019on le voyait un peu rougir \u00e0 travers le maquillage. Sa col\u00e8re venait du fait que, quelques jours avant, les insurg\u00e9s avaient r\u00e9ussi \u00e0 faire exploser un autobus transportant une bonne douzaine de membres de la coalition, tuant, entre autres, le caporal-chef canadien Byron Greff.<\/p>\n<p>\u00ab Les insurg\u00e9s ne sont pas un grand danger, et ils ne repr\u00e9sentent pas un danger pour la soci\u00e9t\u00e9 d\u2019Afghanistan, dit Jacobsen. Leur objectif n\u2019est pas une victoire militaire. C\u2019est de retenir l\u2019attention des m\u00e9dias. \u00bb<\/p>\n<p>L\u2019interpr\u00e8te s\u2019\u00e9vertuait \u00e0 le suivre. Les journalistes afghans \u00e9crivaient \u00e0 toute allure.<\/p>\n<p>\u00ab Et pour nous, la perte de 13 soldats de la FIAS, samedi dernier, est aussi tragique que la perte d\u2019un grand nombre de civils afghans dans le m\u00eame incident. Les talibans m\u00e8nent une guerre contre leur propre peuple, contre tout le monde qui veut la paix. Il faut que cela finisse. \u00bb<\/p>\n<p>La guerre a \u00e9t\u00e9 une longue lutte et elle ne nous a pas toujours souri. Et on ne s\u2019attendait pas non plus \u00e0 ce que ce soit le cas. L\u2019ennemi r\u00e9ussit de temps \u00e0 autre. Mais l\u2019important, c\u2019est la nature de la lutte. Plus on y voit clair, plus on est r\u00e9solu et efficace. Pensez au ho-ckey. Si vos adversaires marquent des points, il ne sert \u00e0 rien de nier qu\u2019ils en marquent. Il ne sert \u00e0 rien de pr\u00e9tendre que certaines conditions ne sont pas en leur faveur, ou que votre \u00e9quipe n\u2019accuse pas certaines faiblesses.<\/p>\n<p>La victoire exige la clart\u00e9. Et en voici une partie : il n\u2019y a pas de mission sans danger. Elle est beaucoup moins dangereuse que la mission au Kandahar, mais il y a quand m\u00eame des risques. Dans le sillage de la mort de Greff, les Canadiens prennent encore part au \u00ab combat \u00bb et ils n\u2019en ont pas encore fini.<\/p>\n<p>Pendant l\u2019attaque du 13 septembre 2011 contre l\u2019ambassade des \u00c9tats-Unis \u00e0 Kaboul, un groupe de soldats du 3e Bataillon qui la d\u00e9fendaient ont tir\u00e9 un nombre astronomique de coups de feu sur les insurg\u00e9s qui attaquaient.<\/p>\n<p>En outre, il y a des soldats canadiens \u00e0 l\u2019ext\u00e9rieur des barbel\u00e9s tous les jours. Ils se d\u00e9placent autour de Kaboul en petits convois de Nyalas ou de VUS blind\u00e9s, faisant essentiellement la navette d\u2019une base \u00e0 l\u2019autre.<\/p>\n<p>La lutte a un cout, rien ne sert de le nier.<\/p>\n<p><strong>Pr\u00e9voir l\u2019impr\u00e9visible<\/strong><\/p>\n<p>Dans une base de Kaboul, il y a des rang\u00e9es d\u2019autobus tout neufs immobilis\u00e9s depuis des ann\u00e9es; leur histoire est aussi d\u00e9concertante que la mission elle-m\u00eame. Aucun chauffeur n\u2019avait \u00e9t\u00e9 form\u00e9, alors ils sont rest\u00e9s immobiles. Ensuite, quand des chauffeurs ont \u00e9t\u00e9 form\u00e9s, les batteries \u00e9taient mortes et il n\u2019y avait pas de chargeur, alors ils sont rest\u00e9s immobiles. Ensuite, quand les chargeurs sont arriv\u00e9s, on a d\u00e9couvert que passer quelques ann\u00e9es dans l\u2019environnement extr\u00eame de Kaboul avait ab\u00eem\u00e9 l\u2019huile et ruin\u00e9 une grande partie du caoutchouc. Ils sont donc encore immobiles. Il y a l\u00e0 deux ou trois dizaines d\u2019autobus, tout neufs il y a quatre ans, mais inutilisables maintenant, du m\u00e9tal inutile dans un pays qui a d\u00e9sesp\u00e9r\u00e9ment besoin de transport.<\/p>\n<p>Cette petite histoire est un indice de probl\u00e8mes plus graves.<\/p>\n<p>La responsabilit\u00e9 du d\u00e9veloppement de l\u2019arm\u00e9e et de la police afghanes revient au major-g\u00e9n\u00e9ral Mike Day. Il occupe un \u00e9chelon bien haut dans la hi\u00e9rarchie de la Mission de formation de l\u2019OTAN \u2013 Afghanistan (MFO-A).<\/p>\n<p>Day, un Canadien, \u00e9tait auparavant \u00e0 la t\u00eate du Commandement des forces d\u2019op\u00e9rations sp\u00e9ciales. Il connait donc la guerre en Afghanistan depuis longtemps. \u00ab Nous sommes venus ici pour une raison\u00a0 bien pr\u00e9cise : la mission de l\u2019OTAN a vraiment pour objectif d\u2019emp\u00eacher l\u2019Afghanistan de devenir un refuge pour les terroristes \u00e0 nouveau, nous explique-t-il. Nous avions entre autres l\u2019intention, quand cet objectif aurait \u00e9t\u00e9 atteint \u00e0 un degr\u00e9 acceptable, de faire le n\u00e9cessaire pour b\u00e2tir des FSNA (forces de s\u00e9curit\u00e9 nationales afghanes) qui puissent poursuivre ce travail, qui puissent sauvegarder la population et s\u2019occuper de la population. Elles poursuivront le travail que nous avons commenc\u00e9. \u00bb<\/p>\n<p>Day sait qu\u2019il ne manquera pas de d\u00e9fis \u00e0 relever en ce qui concerne la mise en place, du d\u00e9but \u00e0 la fin, d\u2019une structure de s\u00e9curit\u00e9 nationale. B\u00e2tir des institutions consacr\u00e9es \u00e0 la logistique, le type de syst\u00e8me d\u2019approvisionnement n\u00e9cessaire \u00e0 la mise en marche et au maintien de ces autobus, est le tout premier de ces d\u00e9fis. Ainsi, l\u2019arm\u00e9e nationale afghane peut combattre, mais elle n\u2019arrive pas n\u00e9cessairement \u00e0 se nourrir efficacement, ni m\u00eame \u00e0 arriver au lieu du combat dans l\u2019ordre.<\/p>\n<p>\u00ab Bien que des efforts de formation aient d\u00e9j\u00e0 \u00e9t\u00e9 fournis, je pense qu\u2019on peut dire que l\u2019effort principal n\u2019a vraiment \u00e9t\u00e9 entrepris qu\u2019il y a deux ans, et il doit durer jusqu\u2019\u00e0 la fin de 2014. Il nous reste donc environ trois ans \u00e0 faire dans une mission de cinq ans. Il y a encore \u00e9norm\u00e9ment de travail \u00e0 accomplir. Le syst\u00e8me comporte des faiblesses et il faut bien comprendre que cela ne veut pas dire que nous ayons \u00e9chou\u00e9, ni que les succ\u00e8s que nous avons eus sont garants d\u2019un succ\u00e8s final. \u00bb<\/p>\n<p>Une grande partie des faiblesses du syst\u00e8me (les probl\u00e8mes de paie, le manque de carburant, les difficult\u00e9s logistiques) provient de la nouveaut\u00e9 des forces de s\u00e9curit\u00e9 afghanes.<\/p>\n<p>Comme le fait remarquer Day, \u00ab l\u2019arm\u00e9e a neuf ans. Il va encore nous falloir des ann\u00e9es pour arriver \u00e0 cette exp\u00e9rience, des ann\u00e9es pour faire croitre les instructeurs et pour faire croitre les institutions. La difficult\u00e9 r\u00e9side dans l\u2019assemblage de tout cela (direction chevronn\u00e9e, instruction, \u00e9quipement et infrastructure) avant la fin de 2014. \u00bb<\/p>\n<p>Il y a cependant d\u2019autres probl\u00e8mes qui s\u2019ajoutent \u00e0 la logistique, par exemple la question de la direction. La mani\u00e8re exacte dont un Afghan devient officier ou un dirigeant dans les FSNA est complexe, mais on peut dire que le m\u00e9rite n\u2019est pas un pr\u00e9requis pour beaucoup d\u2019entre eux. Les nominations par patronage ont une longue histoire dans bon nombre d\u2019arm\u00e9es du monde, et elles sont tout aussi probl\u00e9matiques en Afghanistan aujourd\u2019hui qu\u2019elles l\u2019\u00e9taient en Angleterre \u00e0 l\u2019\u00e9poque victorienne.<\/p>\n<p>\u00ab On peut s\u2019abandonner au d\u00e9sespoir relativement au lea-dership d\u2019aujourd\u2019hui, dit Day, ou bien on peut se retrousser les manches et se demander o\u00f9 nous en sommes et quelles sont les br\u00e8ches. Avons-nous fait le n\u00e9cessaire pour les colmater? Est-ce que \u00e7a va mieux? On ne sera pas enti\u00e8rement au bout de nos peines en 2014, mais on aura de plus en plus de chefs de plus en plus exp\u00e9riment\u00e9s. \u00bb<\/p>\n<p>Si le projet ne fonctionne pas, si les FSNA s\u2019effondrent apr\u00e8s 2014, les raisons en seront nombreuses. Des d\u00e9tails importants auront \u00e9t\u00e9 oubli\u00e9s, des erreurs auront \u00e9t\u00e9 commises. Il se peut qu\u2019on mentionne des lacunes en logistique et \u00e0 l\u2019occasion une direction militaire faible, mais on risque de mentionner aussi la corruption g\u00e9n\u00e9ralis\u00e9e et le probl\u00e8me qui la sous-tend : que la corruption n\u2019est que fort rarement punie; qu\u2019en r\u00e9alit\u00e9, personne n\u2019est puni; que les FSNA n\u2019ont pas vraiment un sens professionnel de la discipline. On s\u2019en aper\u00e7oit quand on passe un peu de temps dans les bases de formation. Les soldats afghans vont et viennent, ils omettent leurs devoirs, ils fument du hasch, ils tirent au flanc, et il ne leur arrive rien.<\/p>\n<p>R\u00e9sultat : il y a beaucoup de soldats qui abandonnent tout simplement. En cons\u00e9quence, le taux d\u2019attrition dans les FSNA est \u00e9lev\u00e9, trop \u00e9lev\u00e9. \u00ab Il y a encore un taux d\u2019attrition inacceptable, dit Day, mais cela ne nous emp\u00eachera pas d\u2019atteindre notre cible de 195 000 en octobre ou novembre 2012, et de finir par disposer d\u2019une arm\u00e9e en 2013, parce que ce sont l\u00e0 les objectifs qu\u2019on m\u2019a assign\u00e9s. \u00bb<\/p>\n<p>Voici ce qu\u2019il doit arriver : quand l\u2019OTAN et les Am\u00e9ricains se retireront, les FSNA devront combler le vide, assurer la s\u00e9curit\u00e9, emp\u00eacher les insurg\u00e9s de prendre le contr\u00f4le des villes, des districts et des provinces.<\/p>\n<p>Mais, dans un certain sens, le mot insurg\u00e9s est trompeur.<\/p>\n<p>On pourrait dire que, de toute fa\u00e7on, la guerre ne concernait les talibans qu\u2019en partie. Selon un certain point de vue, les talibans sont morts en 2001 et ce qu\u2019il restait, c\u2019\u00e9tait des millions de Pathans \u00e0 qui l\u2019on avait enlev\u00e9 le pouvoir et qui se sentaient priv\u00e9s de leur citoyennet\u00e9. Il semble donc in\u00e9vitable que les n\u00e9gociations en vue de r\u00e9int\u00e9grer les Pathans seront s\u00e9rieuses.<\/p>\n<p>En voici la raison : davantage de soldats, que ce soient ceux de l\u2019OTAN ou les nouveaux soldats afghans, ne seraient jamais qu\u2019une solution temporaire \u00e0 l\u2019ins\u00e9curit\u00e9. Les soldats imposent la paix, mais ils ne r\u00e8glent pas n\u00e9cessairement le probl\u00e8me sous-jacent qui est \u00e0 l\u2019origine de l\u2019insurrection. Quand ils s\u2019en iront, qui sait ce qu\u2019il arrivera?<\/p>\n<p>\u00ab Il y aura encore des m\u00e9chants qui feront des choses mauvaises, dit Day. Notre mission n\u2019a pas pour objectif l\u2019absence de violence, mais bien la capacit\u00e9 des Afghans de r\u00e9pondre \u00e0 cette violence. Quand quelqu\u2019un dit : \u201cOh! mon Dieu, il y a une attaque, nous avons \u00e9chou\u00e9\u201d, eh bien, pourquoi ne pas \u00e9valuer la r\u00e9ponse des Afghans \u00e0 l\u2019attaque? N\u2019importe quelle ville du monde peut se faire attaquer, mais l\u2019important c\u2019est : qui est-ce qui s\u2019en occupe? C\u2019est \u00e7a, la mesure. \u00bb<\/p>\n<p>Day insiste qu\u2019il est optimiste relativement \u00e0 ce qu\u2019il va arriver en 2014. Son optimisme est circonspect, bien s\u00fbr, mais le g\u00e9n\u00e9ral v\u00e9n\u00e9rable pense que la t\u00e2che peut \u00eatre accomplie. \u00ab Je dirais qu\u2019il n\u2019y a aucune possibilit\u00e9 de succ\u00e8s si l\u2019on ne b\u00e2tit pas les forces de s\u00e9curit\u00e9 nationales afghanes comme on les b\u00e2tit actuellement, si l\u2019on ne leur donne pas non seulement les outils, mais les institutions qui les maintiendront. Et je dirais que, selon la trajectoire actuelle, il est raisonnable de pr\u00e9dire qu\u2019on va vraiment y arriver. Je suis r\u00e9ellement optimiste, mais on n\u2019en est qu\u2019\u00e0 la deuxi\u00e8me ann\u00e9e d\u2019une mission de cinq ans. Il reste encore beaucoup de temps et je ne voudrais pas que les gens pensent que le travail est d\u00e9j\u00e0 accompli. On a encore beaucoup de travail \u00e0 faire; on est sur la bonne voie et je pense qu\u2019on va \u00e0 la bonne vitesse, mais je ne veux pas minimiser les d\u00e9fis qu\u2019il nous reste encore \u00e0 relever. \u00bb<\/p>\n<p>Son optimisme est toutefois un peu difficile \u00e0 comprendre. Il y a deux sortes de penseurs positifs, semble-t-il, ceux dont le professionnalisme exige une attitude de fonceur, d\u2019habile, qui n\u2019est qu\u2019apparente \u2013 lors d\u2019une visite \u00e0 une base de Kaboul, un officier sup\u00e9rieur nous dit en blaguant, \u00e0 propos de la qualit\u00e9 des chefs de l\u2019ANA : \u00ab Ouais, redemandez-le-moi quand je serai rentr\u00e9 chez moi \u00bb \u2013 et puis il y a ceux qui ne voient pas de raison d\u2019\u00eatre pessimiste. Quoi qu\u2019il en soit, apr\u00e8s avoir longtemps c\u00f4toy\u00e9 des officiers d\u2019\u00e9tat-major, nous trouvons qu\u2019il est difficile de diff\u00e9rencier l\u2019optimisme fond\u00e9 sur des donn\u00e9es probantes de la bonne vieille douce illusion.<\/p>\n<p><strong>Pouvoir au peuple<\/strong><\/p>\n<p>Le gout du jour \u00e0 Kaboul, c\u2019est de s\u2019occuper de la vraie cause de l\u2019insurrection.<\/p>\n<p>Le compromis avec les Pathans, le groupe ethnique qui domine le sud et l\u2019est du pays, est au centre de tous les efforts. Si des dirigeants accommodants des talibans pouvaient \u00eatre attir\u00e9s vers le processus politique, peut-\u00eatre la violence pourrait-elle avoir une fin.<\/p>\n<p>Toutefois, au fil du temps, il est de plus en plus clair que, comme le disent certains, bien qu\u2019il n\u2019y ait pas de solution militaire au probl\u00e8me, il n\u2019existe pas non plus de solution purement politique.<\/p>\n<p>Il y a parmi les nombreuses factions un noyau de radicaux fanatiques que rien n\u2019arr\u00eatera dans leur d\u00e9sir de faire la guerre sainte. Pensons \u00e0 l\u2019assassinat, en aout dernier, de l\u2019ancien pr\u00e9sident afghan Burhanuddin Rabbani. Selon un rapport, les talibans avaient envoy\u00e9 un \u00e9missaire \u00e0 Rabbani pour discuter de l\u2019arr\u00eat des hostilit\u00e9s. L\u2019\u00e9missaire avait dans son turban une bombe qu\u2019il a fait exploser en embrassant c\u00e9r\u00e9monieusement Rabbani au d\u00e9but de la r\u00e9union. Il est difficile d\u2019imaginer un compromis avec des gens comme cela.<\/p>\n<p>La situation est difficile.<\/p>\n<p>Voici une autre mani\u00e8re de la voir : l\u2019insurrection n\u2019est qu\u2019un mot qui signifie que certains citoyens d\u2019un pays ne sont pas d\u2019accord avec le gouvernement actuel, et ils le font savoir violemment.<\/p>\n<p>C\u2019est peut-\u00eatre une exag\u00e9ration, mais cette tentative d\u2019obtenir le pouvoir est d\u2019une certaine fa\u00e7on semblable au vote, sauf qu\u2019on utilise des bombes le long des routes et des AK-47 plut\u00f4t que des scrutins. Il s\u2019agit d\u2019une perversion \u00e9trange et f\u00e2cheuse de la d\u00e9mocratie : le pouvoir au peuple de mani\u00e8re on ne peut plus erron\u00e9e.<\/p>\n<p>M\u00eame si la majorit\u00e9 des gens du pays sont contre eux, les insurg\u00e9s continuent la lutte; c\u2019est l\u00e0 un instinct qu\u2019il est au moins possible de comprendre.<\/p>\n<p><strong>\u00c9pilogue : l\u2019avertissement de l\u2019histoire<\/strong><\/p>\n<p>Ce jour-l\u00e0, au camp Blackhorse, en faisant le tour du champ de tir qui est aussi un champ de bataille, nous sommes t\u00e9moins d\u2019une sc\u00e8ne qui n\u2019arrive qu\u2019en Afghanistan. Derri\u00e8re le d\u00e9p\u00f4t de carburant de la base se trouve du mat\u00e9riel militaire russe de toutes sortes abandonn\u00e9 \u00e0 la fin de la guerre des ann\u00e9es 1980. Il y a des rang\u00e9es de v\u00e9hicules, de pi\u00e8ces d\u2019artillerie et m\u00eame de lance-missiles Scud qui rouillent alors qu\u2019une nouvelle guerre a lieu.<\/p>\n<p>Tout juste de l\u2019autre c\u00f4t\u00e9 de la cr\u00eate, il y a des rang\u00e9es de camions am\u00e9ricains neufs pour les militaires afghans.<\/p>\n<p>C\u2019est trop facile d\u2019\u00eatre pessimiste, et c\u2019est dur de ne pas se demander ce qu\u2019il va arriver de toute cette puissance am\u00e9ricaine. Peut-\u00eatre que, dans 25 ans, elle aussi rouillera alors qu\u2019une nouvelle puissance tentera de mettre de l\u2019ordre en Afghanistan.<\/p>\n<p>Ou peut-\u00eatre sera-t-elle encore en service.<\/p>\n<p><strong>Prochain \u00e9pisode : un coup d\u2019oeil sur le terrain \u00e0 propos de ce que signifie la mission canadienne en afghanistan. \u00c0 lire dans notre num\u00e9ro de mai\/juin 2012.<\/strong><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Les soldats du camp Blackhorse ne se pr\u00e9occupent pas de l\u2019ironie. Ils font partie du 3e Bataillon du Princess Patricia\u2019s Canadian Light Infantry, et il n\u2019y a pas de soldats plus endurcis au combat. Au d\u00e9but du mois de novembre dernier, quand ils commen\u00e7aient \u00e0 s\u2019activer \u00e0 leur nouvelle t\u00e2che qui \u00e9tait d\u2019entrainer l\u2019arm\u00e9e afghane, ils \u00e9taient d\u00e9j\u00e0 grincheux : leur nouvelle mission n\u2019avait rien d\u2019int\u00e9ressant \u00e0 leurs yeux.<\/p>\n<p>Un caporal que j\u2019avais rencontr\u00e9 au Panjwai me fit faire le tour de leur terrain d\u2019instruction. C\u2019\u00e9tait un endroit, dans une plaine \u00e9lev\u00e9e au-dessus de Kaboul, o\u00f9 ils enseignaient aux compa-gnies de l\u2019arm\u00e9e afghane \u00e0 survivre au combat en tant qu\u2019unit\u00e9. 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