{"id":1401,"date":"2012-04-11T08:00:28","date_gmt":"2012-04-11T12:00:28","guid":{"rendered":"https:\/\/legionmagfren.wpengine.com\/?p=1401"},"modified":"2012-04-11T15:10:26","modified_gmt":"2012-04-11T19:10:26","slug":"vimy-une-bataille-rememoree-cote-70-une-bataille-oubliee","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/2012\/04\/vimy-une-bataille-rememoree-cote-70-une-bataille-oubliee\/","title":{"rendered":"Vimy &#8211; Une Bataille Rem\u00e9mor\u00e9e, C\u00f4te 70: Une Bataille Oubli\u00e9e"},"content":{"rendered":"<div class=\"caption_img \"\tstyle=\"width:630px\"><img fetchpriority=\"high\" decoding=\"async\" class=\"alignnone size-full wp-image-1412\" title=\"Les Canadiens occupent un emplacement de mitrailleuses \u00e0 la cr\u00eate de Vimy en avril 1917. [  PHOTO : WILLIAM IVOR CASTLE, BIBLIOTH\u00c8QUE ET ARCHIVES CANADA\u2014PA001101]\" src=\"https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2012\/03\/VimyLead1.jpg\" alt=\"Les Canadiens occupent un emplacement de mitrailleuses \u00e0 la cr\u00eate de Vimy en avril 1917. [  PHOTO : WILLIAM IVOR CASTLE, BIBLIOTH\u00c8que et archives canada\u2014PA001101]\" width=\"630\" height=\"236\" srcset=\"https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2012\/03\/VimyLead1.jpg 630w, https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2012\/03\/VimyLead1-300x112.jpg 300w\" sizes=\"(max-width: 630px) 100vw, 630px\" \/><\/p>\n<div class=\"caption\"><span>Les Canadiens occupent un emplacement de mitrailleuses \u00e0 la cr\u00eate de Vimy en avril 1917. <\/span><\/div>\n<div class=\"credit\"><span>PHOTO : WILLIAM IVOR CASTLE, BIBLIOTH\u00c8QUE ET ARCHIVES CANADA\u2014PA001101<\/span><\/div>\n<\/div>\n<p>La bataille de la cr\u00eate de Vimy est un \u00e9v\u00e8nement fondamental de l\u2019histoire canadienne. Cette bataille qui a eu lieu du 9 au 12 avril 1917 impr\u00e8gne la culture populaire : elle est c\u00e9l\u00e9br\u00e9e dans les livres d\u2019histoire et la conscience canadienne en est empreinte. Le champ de bataille demeure lieu de souvenir, de deuil, de victoire et de comm\u00e9moration gr\u00e2ce \u00e0 l\u2019\u00e9rection, en 1936, du monument grandiose cr\u00e9\u00e9 par Walter Allward. Des milliers de Canadiens y ont effectu\u00e9 un p\u00e8lerinage et, au fil du temps, malgr\u00e9 les dangers pendant la Seconde Guerre mondiale, quand la France a \u00e9t\u00e9 envahie et que les intemp\u00e9ries ont caus\u00e9 des ravages, il est rest\u00e9 au c\u0153ur de la comm\u00e9moration canadienne de la guerre. Le d\u00e9voilement du monument remis \u00e0 neuf fut c\u00e9l\u00e9br\u00e9 fi\u00e8rement et en grande pompe en 2007. La reine, le premier ministre Stephen Harper et plus de 3 000 Canadiens ont assist\u00e9 \u00e0 la c\u00e9r\u00e9monie o\u00f9 ont \u00e9t\u00e9 vendus des T-shirts et des chapeaux portant le slogan The birth of a nation (la naissance d\u2019une nation, n.d.t.).<\/p>\n<div class=\"caption_img \"\tstyle=\"width:515px\"><img decoding=\"async\" class=\"alignnone size-full wp-image-1417\" title=\"Un soldat bless\u00e9 et ses copains pr\u00e8s de la c\u00f4te 70, en aout 1917. [PHOTO : BIBLIOTH\u00c8QUE ET ARCHIVES CANADA\u2014PA001596]\" src=\"https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2012\/03\/VimyInset1.jpg\" alt=\"Un soldat bless\u00e9 et ses copains pr\u00e8s de la c\u00f4te 70, en aout 1917. [PHOTO : BIBLIOTH\u00c8QUE ET ARCHIVES CANADA\u2014PA001596]\" width=\"515\" height=\"375\" srcset=\"https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2012\/03\/VimyInset1.jpg 515w, https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2012\/03\/VimyInset1-300x218.jpg 300w\" sizes=\"(max-width: 515px) 100vw, 515px\" \/><\/p>\n<div class=\"caption\"><span>Un soldat bless\u00e9 et ses copains pr\u00e8s de la c\u00f4te 70, en aout 1917. <\/span><\/div>\n<div class=\"credit\"><span>PHOTO : BIBLIOTH\u00c8QUE ET ARCHIVES CANADA\u2014PA001596<\/span><\/div>\n<\/div>\n<p>Vimy \u00e9clipse tous les autres \u00e9v\u00e8nements de l\u2019exp\u00e9rience canadienne \u00e0 la Grande Guerre, et surtout les batailles qui ont eu lieu apr\u00e8s, au cours des deux derni\u00e8res ann\u00e9es de la guerre. Les Canadiens n\u2019ont perdu aucune op\u00e9ration offensive d\u2019envergure apr\u00e8s celle de Vimy. Ces campagnes ont rehauss\u00e9 la r\u00e9putation des Canadiens en tant que soldats de choc qu\u2019on envoyait en premi\u00e8re ligne aux champs de bataille les plus difficiles. Ils ont cri\u00e9 victoire \u00e0 Passchendaele en octobre et en novembre 1917, et \u00e0 la campagne des cent jours durant les derniers mois de la guerre. La premi\u00e8re bataille a \u00e9t\u00e9 ramen\u00e9e r\u00e9cemment \u00e0 la m\u00e9moire du grand public gr\u00e2ce au film de Paul Gross sorti en 2008, mais la campagne des cent jours demeure relativement inconnue, m\u00eame si les Canadiens y ont combattu bien au-dessus de leur cat\u00e9gorie.<\/p>\n<p>C\u2019est ainsi que la bataille livr\u00e9e \u00e0 la c\u00f4te 70 en aout 1917, apr\u00e8s celle de Vimy et avant les combats dans les marais de Passchendaele, demeure inconnue de presque tous les Canadiens. Cette bataille planifi\u00e9e, orchestr\u00e9e et livr\u00e9e presque enti\u00e8rement par des Canadiens a \u00e9t\u00e9 l\u2019une des batailles canadiennes les plus importantes de la Grande Guerre.<\/p>\n<div class=\"caption_img \"\tstyle=\"width:515px\"><img decoding=\"async\" class=\"alignnone size-full wp-image-1425\" title=\"Les Canadiens prennent place dans une tranch\u00e9e captur\u00e9e \u00e0 la c\u00f4te 70. [PHOTO : MUS\u00c9E CANADIEN DE LA GUERRE\u201419920085-686]\" src=\"https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2012\/03\/VimyInset2.jpg\" alt=\"Les Canadiens prennent place dans une tranch\u00e9e captur\u00e9e \u00e0 la c\u00f4te 70. [PHOTO : MUS\u00c9E CANADIEN DE LA GUERRE\u201419920085-686]\" width=\"515\" height=\"378\" srcset=\"https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2012\/03\/VimyInset2.jpg 515w, https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2012\/03\/VimyInset2-300x220.jpg 300w\" sizes=\"(max-width: 515px) 100vw, 515px\" \/><\/p>\n<div class=\"caption\"><span>Les Canadiens prennent place dans une tranch\u00e9e captur\u00e9e \u00e0 la c\u00f4te 70. <\/span><\/div>\n<div class=\"credit\"><span>PHOTO : MUS\u00c9E CANADIEN DE LA GUERRE\u201419920085-686<\/span><\/div>\n<\/div>\n<p>La bataille de la Somme, de juillet \u00e0 novembre 1916, avait \u00e9t\u00e9 une gigantomachie entre les forces alli\u00e9es et les Allemands. Malgr\u00e9 le fait que les Britanniques pr\u00e9cipitaient au front des divisions nouvellement lev\u00e9es qui \u00e9taient appuy\u00e9es par une puissance de feu \u00e9norme, les Allemands avaient \u00e9t\u00e9 presque impossibles \u00e0 d\u00e9loger des abris profonds enchev\u00eatr\u00e9s de leur syst\u00e8me d\u00e9fensif. Quand les tranch\u00e9es ennemies \u00e9taient prises, des unit\u00e9s de r\u00e9serve contrattaquaient et repoussaient les forces britanniques, australiennes ou canadiennes \u00e9puis\u00e9es.<\/p>\n<p>Les Canadiens avaient gagn\u00e9 du terrain pendant les trois mois qu\u2019avaient dur\u00e9 les combats, mais tr\u00e8s peu et cela leur avait cout\u00e9 plus de 24 000 hommes. En faisant le point apr\u00e8s la d\u00e9vastation, ils comprirent qu\u2019il leur fallait une nouvelle mani\u00e8re de se battre pour atteindre leur prochain objectif, la forteresse qu\u2019\u00e9tait la cr\u00eate de Vimy, dans le Nord de la France.<\/p>\n<p>La formation terrestre principale du Dominion \u00e0 la Grande Guerre \u00e9tait le Corps canadien. Sur les moins de huit millions d\u2019habitants que comptait alors la nation, 620 000 se sont enr\u00f4l\u00e9s pour servir le roi et la patrie, et la majorit\u00e9 d\u2019entre eux sont pass\u00e9s par le Corps. Il s\u2019agissait d\u2019une arm\u00e9e de civils et bien rares \u00e9taient les collectivit\u00e9s qui ne comptaient pas de jeunes gens au sein de la force exp\u00e9ditionnaire.<\/p>\n<p>\u00c0 partir de mai 1916, les Canadiens \u00e9taient command\u00e9s par sir Julian Byng, g\u00e9n\u00e9ral britannique tr\u00e8s respect\u00e9 qui fit d\u2019eux une machine de guerre efficace. Apr\u00e8s la Somme, Byng encouragea ses soldats \u00e0 analyser les le\u00e7ons du champ de bataille et \u00e0 chercher des solutions pour minimiser la boucherie.<\/p>\n<p>L\u2019infanterie fut r\u00e9form\u00e9e en plusieurs occasions. \u00c0 la Somme, au d\u00e9but des combats, quand les officiers \u00e9taient abattus, ce qui arrivait souvent, les survivants ne pouvaient pas aller de l\u2019avant parce qu\u2019ils manquaient de renseignements. Pour se pr\u00e9parer \u00e0 l\u2019offensive \u00e0 Vimy, l\u2019infanterie re\u00e7ut des cartes, fut instruite dans des champs de bataille simul\u00e9s, et eut pour consigne de poursuivre l\u2019avanc\u00e9e m\u00eame si ses officiers \u00e9taient mis \u00e0 bat. Cette structure de commandement d\u00e9centralis\u00e9e, selon laquelle les sous-officiers et m\u00eame les simples soldats pouvaient diriger les combats, \u00e9tait accompagn\u00e9e d\u2019une r\u00e9organisation de la structure des pelotons disposant de mitrailleuses Lewis et de grenades \u00e0 fusil. Cette puissance de feu additionnelle allait permettre aux soldats affect\u00e9s au front de poursuivre leur avanc\u00e9e.<\/p>\n<div class=\"caption_img \"\tstyle=\"width:515px\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignnone size-full wp-image-1427\" title=\"Un prisonnier allemand est questionn\u00e9 pendant la bataille de la c\u00f4te 70. [PHOTO : ARCHIVES DE LA REVUE L\u00c9GION]\" src=\"https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2012\/03\/VimyInset3.jpg\" alt=\"Les \u00e9quipes de servants de mitrailleuse Vickers se pr\u00e9parent \u00e0 balayer le front \u00e0 la cr\u00eate de Vimy. [PHOTO : ARCHIVES DE LA REVUE L\u00c9GION]\" width=\"515\" height=\"447\" srcset=\"https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2012\/03\/VimyInset3.jpg 515w, https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2012\/03\/VimyInset3-300x260.jpg 300w\" sizes=\"(max-width: 515px) 100vw, 515px\" \/><\/p>\n<div class=\"caption\"><span>Les \u00e9quipes de servants de mitrailleuse Vickers se pr\u00e9parent \u00e0 balayer le front \u00e0 la cr\u00eate de Vimy. <\/span><\/div>\n<div class=\"credit\"><span>PHOTO : ARCHIVES DE LA REVUE L\u00c9GION<\/span><\/div>\n<\/div>\n<p>L\u2019artillerie aussi \u00e9volua pour qu\u2019elle puisse relever les d\u00e9fis du champ de bataille. Le tir d\u2019obus \u00e0 la Somme avait \u00e9t\u00e9 extraordinairement destructif, mais des centaines de milliers d\u2019entre eux avaient \u00e9t\u00e9 pratiquement inefficaces parce que leur d\u00e9tonateur n\u2019\u00e9tait pas assez sensible pour exploser au contact des barbel\u00e9s. Le nouveau d\u00e9tonateur du 106 servait \u00e0 mieux battre en br\u00e8che les barbel\u00e9s et les autres obstacles en pr\u00e9ambule \u00e0 la bataille de Vimy, et de nouveaux principes scientifiques, surtout le rep\u00e9rage par le son, am\u00e9lioraient la pr\u00e9cision du tir contre les pi\u00e8ces d\u2019artillerie de l\u2019ennemi. Un barrage rampant puissant avait \u00e9galement \u00e9t\u00e9 pr\u00e9vu tout juste devant l\u2019infanterie qui s\u2019avan\u00e7ait. Il allait traverser les tranch\u00e9es de l\u2019ennemi en une rafale destructrice montant la c\u00f4te, et soit tuer les d\u00e9fenseurs, soit les obliger \u00e0 se terrer dans leurs abris profonds. De toute fa\u00e7on, il donnerait aux fantassins canadiens le temps de traverser le champ meurtrier qu\u2019\u00e9tait le terrain neutre.<\/p>\n<p>Cette nouvelle doctrine martiale donna aux gars de Byng, comme les Canadiens se plaisaient \u00e0 s\u2019appeler eux-m\u00eames, la confiance qu\u2019il leur fallait pour prendre Vimy d\u2019assaut. Mais la cr\u00eate \u00e9tait une forteresse que les Allemands renfor\u00e7aient depuis qu\u2019ils l\u2019avaient captur\u00e9e, au d\u00e9but de la guerre. Les attaques que les Fran\u00e7ais et les Britanniques y avaient lanc\u00e9es avaient \u00e9chou\u00e9, et des restes en d\u00e9composition jonchaient le versant ouest que les Canadiens devaient gravir. M\u00eame si la cr\u00eate, de par son \u00e9troitesse, ne pouvait pas \u00eatre occup\u00e9e en profondeur, les Allemands l\u2019avaient sillonn\u00e9e de tranch\u00e9es profondes, d\u2019emplacements de mitrailleuses et de kilom\u00e8tres de fils de fer barbel\u00e9s.<\/p>\n<p>Les Canadiens creus\u00e8rent de nouveaux trous \u00e0 canon, perc\u00e8rent des tunnels, men\u00e8rent des raids contre les lignes de l\u2019ennemi et creus\u00e8rent m\u00eame des fosses communes en pr\u00e9vision de la bataille. Personne ne s\u2019attendait \u00e0 ce que ce soit du g\u00e2teau. Pendant la semaine qui la pr\u00e9c\u00e9da, l\u2019artillerie effectua un bombardement terrible : des milliers de tonnes d\u2019explosifs \u00e0 grande puissance pilonnant les Allemands. De grandes parties des tranch\u00e9es du front furent d\u00e9truites; des d\u00e9fenseurs perdirent la t\u00eate; tous se tapissaient dans leurs abris, coup\u00e9s du monde ext\u00e9rieur.<\/p>\n<p>La nuit pr\u00e9c\u00e9dant la bataille, l\u2019infanterie canadienne, quelque 15 000 hommes dans la premi\u00e8re vague appuy\u00e9e par 12 000 autres, emprunta des tunnels profonds cach\u00e9s de l\u2019ennemi et prot\u00e9g\u00e9s de ses obus. D\u2019autres s\u2019infiltr\u00e8rent silencieusement dans les tranch\u00e9es de devant et s\u2019install\u00e8rent dans la boue. Les soldats serr\u00e8rent la main des camarades qui allaient attendre aux arri\u00e8res pour reb\u00e2tir le bataillon s\u2019il \u00e9tait an\u00e9anti. Presque tous \u00e9crivirent des lettres \u00e0 leurs \u00eatres chers, et beaucoup grav\u00e8rent leurs noms dans les murs des galeries en craie. Les Canadiens, confiants et pr\u00eats au combat, savaient que la victoire ne pourrait toutefois \u00eatre remport\u00e9e sans payer de leurs corps.<\/p>\n<p>Les quatre divisions du Corps canadien \u00e9taient align\u00e9es sur un front de sept kilom\u00e8tres. Du sud au nord, les hommes des 1re, 2e, 3e et 4e divisions \u00e9taient pr\u00eats \u00e0 tuer ou \u00e0 se faire tuer. C\u2019\u00e9tait la premi\u00e8re fois qu\u2019ils allaient participer tous ensemble au m\u00eame combat. Le plus haut de la cr\u00eate \u00e9tait devant la 4e Division, la c\u00f4te 145 surplombant la direction de son avanc\u00e9e. Par contre, au sud, des parties du front de la 1re Division \u00e9taient plates, ou m\u00eame plus basses, et c\u2019est elle qui avait la plus grande distance \u00e0 parcourir : quelque 4 000 m\u00e8tres.<\/p>\n<p>\u00c0 5 h 30, 983 pi\u00e8ces d\u2019artillerie et mortiers canadiens et britanniques \u00e9mirent un grondement de fureur. Jamais auparavant un tir de barrage n\u2019avait-il \u00e9t\u00e9 aussi concentr\u00e9. Les soldats auraient dit que les obus formaient un toit solide en passant au-dessus de leur t\u00eate. On ne pouvait pas entendre les officiers \u00e0 cause de l\u2019assaillement sonore. Malgr\u00e9 tout, au milieu du cataclysme, les fantassins s\u2019avanc\u00e8rent \u00e0 un rythme mod\u00e9r\u00e9, certains d\u2019entre eux suivant les \u00e9ruptions \u00e0 100 m\u00e8tres alors que d\u2019autres se r\u00e9confortaient en d\u00e9tournant les yeux de la terreur vers laquelle ils marchaient.<\/p>\n<div class=\"caption_img \"\tstyle=\"width:515px\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignnone size-full wp-image-1430\" title=\"Les \u00e9quipes de servants de mitrailleuse Vickers se pr\u00e9parent \u00e0 balayer le front \u00e0 la cr\u00eate de Vimy. [PHOTO : MUS\u00c9E CANADIEN DE LA GUERRE\u201419920085-679]\" src=\"https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2012\/03\/VimyInset4.jpg\" alt=\"Les \u00e9quipes de servants de mitrailleuse Vickers se pr\u00e9parent \u00e0 balayer le front \u00e0 la cr\u00eate de Vimy. [PHOTO : MUS\u00c9E CANADIEN DE LA GUERRE\u201419920085-679]\" width=\"515\" height=\"554\" srcset=\"https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2012\/03\/VimyInset4.jpg 515w, https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2012\/03\/VimyInset4-278x300.jpg 278w\" sizes=\"(max-width: 515px) 100vw, 515px\" \/><\/p>\n<div class=\"caption\"><span>Les \u00e9quipes de servants de mitrailleuse Vickers se pr\u00e9parent \u00e0 balayer le front \u00e0 la cr\u00eate de Vimy. <\/span><\/div>\n<div class=\"credit\"><span>PHOTO : MUS\u00c9E CANADIEN DE LA GUERRE\u201419920085-679<\/span><\/div>\n<\/div>\n<p>La plupart des positions des Allemands furent d\u00e9sint\u00e9gr\u00e9es par les explosions, mais certaines y surv\u00e9curent. Les fantassins canadiens se servirent de grenades, d\u2019armes \u00e0 feu et de ba\u00efonnettes pour les nettoyer. Il y eut beaucoup de luttes sauvages. L\u2019infanterie canadienne gravit la cr\u00eate sous la giboul\u00e9e et le feu de l\u2019artillerie, traversant un crat\u00e8re d\u2019obus apr\u00e8s l\u2019autre, perdant des hommes \u00e0 cause du feu ami et des balles de l\u2019ennemi.<\/p>\n<p>La plupart des objectifs tomb\u00e8rent pendant la journ\u00e9e, mais la 4e Division fut d\u00e9cim\u00e9e sur les pentes les plus hautes de la cr\u00eate, o\u00f9 le monument de Vimy serait construit par la suite. Trop d\u2019Allemands avaient surv\u00e9cu au bombardement et ils y r\u00e9pondirent par un feu de balayage. Seuls les trous d\u2019obus offraient une certaine protection, mais nombreux furent ceux qui servirent de tombe d\u00e9tremp\u00e9e aux bless\u00e9s graves.<\/p>\n<p>La bataille \u00e9tant presque perdue \u00e0 cet endroit-l\u00e0, un bataillon de montagnards inexp\u00e9riment\u00e9s de la Nouvelle-\u00c9cosse fut envoy\u00e9 au front. Mal entrain\u00e9s et oblig\u00e9s de se pr\u00e9parer \u00e0 avancer dans les tranch\u00e9es d\u00e9labr\u00e9es pleines des restes d\u2019unit\u00e9s ensanglant\u00e9es, les soldats du 85th Highlanders se lanc\u00e8rent quand m\u00eame \u00e0 l\u2019assaut de la cr\u00eate sans l\u2019appui de l\u2019artillerie. Leur f\u00e9rocit\u00e9 chassa les Allemands devant eux. \u00c0 la fin de la journ\u00e9e, presque toute la cr\u00eate \u00e9tait aux mains des Canadiens et le reste tomba au cours des trois jours suivants. Les Canadiens ne l\u2019ont jamais l\u00e2ch\u00e9e.<\/p>\n<p>Le commandement de la British Third Army qui pansait ses blessures apr\u00e8s une s\u00e9rie de batailles sans r\u00e9sultat concluant fut confi\u00e9 \u00e0 Byng \u00e0 la suite de sa victoire \u00e0 Vimy. Le commandant en chef britannique, sir Douglas Haig, avait d\u2019abord voulu nommer un autre g\u00e9n\u00e9ral imp\u00e9rial profes-sionnel \u00e0 la t\u00eate du Corps, mais Byng sugg\u00e9ra que le moment \u00e9tait venu de donner le commandement de la formation nationale \u00e0 un Canadien. Sir Arthur Currie de Victoria, milicien n\u00e9 au Canada, l\u2019obtint au bout d\u2019une lutte avec des politiciens canadiens sectaires.<\/p>\n<p>Currie avait d\u00e9j\u00e0 d\u00e9montr\u00e9 qu\u2019il \u00e9tait le meilleur commandant canadien au champ de bataille. Grand, maladroit m\u00eame, le g\u00e9n\u00e9ral d\u00e9passait les deux m\u00e8tres et pesait plus de 110 kilogrammes. Il n\u2019avait pas l\u2019air d\u2019un g\u00e9n\u00e9ral britannique, mais il \u00e9tait vif d\u2019esprit en ce qui concernait la guerre. Il avait vu des combats durs \u00e0 la deuxi\u00e8me bataille d\u2019Ypres, en avril 1915, et il avait \u00e9t\u00e9 responsable d\u2019une contrattaque canadienne r\u00e9ussie en juin 1916, \u00e0 la bataille du mont Sorrel, au cours de laquelle les Allemands avaient \u00e9t\u00e9 repouss\u00e9s lors d\u2019une op\u00e9ration m\u00e9thodique o\u00f9 l\u2019artillerie avait pilonn\u00e9 les lignes de l\u2019ennemi avant l\u2019avanc\u00e9e de l\u2019infanterie. Byng avait aussi demand\u00e9 \u00e0 Currie d\u2019\u00e9tudier quantit\u00e9 de r\u00e9formes des arm\u00e9es britanniques et fran\u00e7aises apr\u00e8s la Somme. C\u2019\u00e9tait le commandant id\u00e9al pour diriger les Canadiens apr\u00e8s Vimy.<\/p>\n<p>Ils avaient particip\u00e9 tout au long de l\u2019\u00e9t\u00e9 1917 \u00e0 plusieurs batailles rang\u00e9es mineures, et ils avaient aussi men\u00e9 plusieurs raids nocturnes contre les lignes allemandes. Au nord, Haig avait d\u00e9clench\u00e9 son offensive de Passchendaele \u00e0 la fin juillet. Elle s\u2019\u00e9tait enlis\u00e9e rapidement, car la pluie et les bombardements avaient r\u00e9duit le terrain ravag\u00e9 en un paysage boueux parsem\u00e9 de milliers de cadavres humains et \u00e9quins.<\/p>\n<p>Ainsi, le front \u00e0 Passchendaele \u00e9tant enlis\u00e9, les Canadiens re\u00e7urent l\u2019ordre de capturer la ville mini\u00e8re de Lens, au sud, pour attirer l\u2019attention des Allemands vers ce secteur-l\u00e0. Lens, \u00e0 quelques kilom\u00e8tres au nord-est de la cr\u00eate de Vimy, avait \u00e9t\u00e9 fortifi\u00e9e par les Allemands depuis le d\u00e9but de la guerre. Il y avait des tranch\u00e9es et des abris profonds parmi les ruines des maisons et des usines. Une grande partie des d\u00e9fenses des Allemands n\u2019\u00e9tant pas \u00e0 d\u00e9couvert dans les photographies a\u00e9riennes, les Canadiens allaient attaquer \u00e0 l\u2019aveuglette. Malgr\u00e9 ces obstacles, le commandant de la 1re Arm\u00e9e, sir Henry Horne, ordonna \u00e0 son commandant de corps le plus nouveau, Currie, d\u2019attaquer la position de front.<\/p>\n<div class=\"caption_img \"\tstyle=\"width:515px\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignnone size-full wp-image-1431\" title=\"Le g\u00e9n\u00e9ral sir Arthur Currie et quelques enfants regardent des soldats canadiens d\u00e9filer vers un camp de repos apr\u00e8s le combat \u00e0 la c\u00f4te 70. [PHOTO : BIBLIOTH\u00c8QUE ET ARCHIVES CANADA\u2014PA001826]\" src=\"https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2012\/03\/VimyInset5.jpg\" alt=\"Le g\u00e9n\u00e9ral sir Arthur Currie et quelques enfants regardent des soldats canadiens d\u00e9filer vers un camp de repos apr\u00e8s le combat \u00e0 la c\u00f4te 70. [PHOTO : BIBLIOTH\u00c8QUE ET ARCHIVES CANADA\u2014PA001826]\" width=\"515\" height=\"388\" srcset=\"https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2012\/03\/VimyInset5.jpg 515w, https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2012\/03\/VimyInset5-300x226.jpg 300w\" sizes=\"(max-width: 515px) 100vw, 515px\" \/><\/p>\n<div class=\"caption\"><span>Le g\u00e9n\u00e9ral sir Arthur Currie et quelques enfants regardent des soldats canadiens d\u00e9filer vers un camp de repos apr\u00e8s le combat \u00e0 la c\u00f4te 70. <\/span><\/div>\n<div class=\"credit\"><span>PHOTO : BIBLIOTH\u00c8QUE ET ARCHIVES CANADA\u2014PA001826<\/span><\/div>\n<\/div>\n<p>Currie, exp\u00e9riment\u00e9, bl\u00eamit \u00e0 cette pens\u00e9e. Les d\u00e9fenseurs allemands seraient bien prot\u00e9g\u00e9s de ses canons et son infanterie serait d\u00e9cim\u00e9e dans les combats urbains. \u00c9tudiant le champ de bataille et consultant ses subalternes, dont l\u2019un d\u2019entre eux, A.G.L. McNaughton, dit que le plan des Britanniques \u00e9tait \u00ab une fichue op\u00e9ration idiote \u00bb, il rassembla tout son courage et dit \u00e0 Horne qu\u2019il avait un meilleur plan. Le g\u00e9n\u00e9ral britannique fut renvers\u00e9, car rares \u00e9taient les subalternes qui questionnaient ses ordres, mais Horne n\u2019\u00e9tait pas un pitre et il trouva bonne la contreproposition du Canadien. Plut\u00f4t que d\u2019attaquer Lens de front, disait Currie, ses forces attaqueraient la c\u00f4te 70 au nord de la ville.<\/p>\n<p>Horne avertit Currie que les Allemands ne le laisseraient pas garder la position, car les Canadiens y domineraient Lens. Currie avait pris cela en consid\u00e9ration en dressant ses plans. La d\u00e9marche intellectuelle du g\u00e9n\u00e9ral canadien avait \u00e9t\u00e9 de remplacer le combat men\u00e9 en vue de prendre du terrain en combat men\u00e9 pour d\u00e9truire l\u2019arm\u00e9e allemande. L\u2019op\u00e9ration \u00e0 Vimy s\u2019\u00e9tait compos\u00e9e d\u2019une \u00ab mainmise \u00bb et d\u2019une \u00ab occupation \u00bb; \u00e0 la c\u00f4te 70, la campagne de Currie se composerait d\u2019une \u00ab mainmise \u00bb, d\u2019une \u00ab occupation \u00bb et d\u2019une \u00ab destruction \u00bb. Les Canadiens mettraient la main sur la c\u00f4te 70 et occuperaient le nouveau terrain, ce qui obligerait l\u2019ennemi \u00e0 quitter la s\u00e9curit\u00e9 de ses tranch\u00e9es et \u00e0 les attaquer \u00e0 d\u00e9couvert, o\u00f9 il serait d\u00e9truit.<\/p>\n<p>Ils su\u00e8rent sang et eau pour se pr\u00e9parer \u00e0 la bataille pr\u00e9vue \u00e0 la fin juillet. Les canonniers canadiens amortirent les positions de l\u2019ennemi, l\u2019infanterie s\u2019entraina violemment, et des raids furent effectu\u00e9s contre la partie sud de Lens pour y attirer l\u2019attention des Allemands et les y faire envoyer des renforts. L\u2019op\u00e9ration fut retard\u00e9e \u00e0 cause d\u2019une grosse pluie, mais, le 15 aout, 10 bataillons lan\u00e7aient leur assaut. Une force de surveillance maintenait l\u2019attention des Allemands devant Lens, mais le plus gros de l\u2019attaque \u00e9tait dirig\u00e9 vers la c\u00f4te qui fut captur\u00e9e \u00e0 la suite de combats f\u00e9roces.<\/p>\n<p>Les Allemands contrattaqu\u00e8rent imm\u00e9diatement malgr\u00e9 leur choc d\u2019avoir perdu la c\u00f4te 70. C\u2019est ce que Currie avait pr\u00e9dit. Ils s\u2019avanc\u00e8rent \u00e0 d\u00e9couvert dans une zone de massacre balay\u00e9e par les mitrailleuses, la Lewis l\u00e9g\u00e8re ainsi que la Vickers lourde, servies par plus de 250 \u00e9quipes, et par les canons l\u00e9gers, moyens et lourds de l\u2019artillerie dirig\u00e9s par des observateurs avanc\u00e9s et des avions survolant le champ de bataille. Les Allemands envoy\u00e8rent leurs soldats \u00e0 l\u2019attaque du bastion canadien pendant les trois jours qui suivirent. Les assauts furent d\u00e9chiquet\u00e9s par la temp\u00eate d\u2019acier et d\u2019explosifs, mais quelques-uns des soldats ennemis atteignirent les avant-postes canadiens o\u00f9 eurent lieu de f\u00e9roces combats au corps \u00e0 corps. Les deux c\u00f4t\u00e9s employaient des armes chimiques, et d\u00e9fenseurs et assaillants n\u2019y voyaient presque rien \u00e0 travers leurs appareils respiratoires embu\u00e9s. Malgr\u00e9 leur bravoure et leur persistance, les Allemands furent repouss\u00e9s chaque fois, et \u00e0 la fin du 18, 21 contrattaques avaient \u00e9chou\u00e9. Les Allemands d\u00e9chiquet\u00e9s sur le champ de bataille se comptaient par milliers, et m\u00eame les guerriers endurcis \u00e9taient \u00e9c\u0153ur\u00e9s par le massacre.<\/p>\n<div class=\"caption_img \"\tstyle=\"width:515px\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignnone size-full wp-image-1432\" title=\"Un Canadien bless\u00e9 escorte un Allemand captur\u00e9 \u00e0 la c\u00f4te 70. [PHOTO : MUS\u00c9E CANADIEN DE LA GUERRE\u201419920085-668]\" src=\"https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2012\/03\/VimyInset6.jpg\" alt=\"Un Canadien bless\u00e9 escorte un Allemand captur\u00e9 \u00e0 la c\u00f4te 70. [PHOTO : MUS\u00c9E CANADIEN DE LA GUERRE\u201419920085-668]\" width=\"515\" height=\"380\" srcset=\"https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2012\/03\/VimyInset6.jpg 515w, https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2012\/03\/VimyInset6-300x221.jpg 300w\" sizes=\"(max-width: 515px) 100vw, 515px\" \/><\/p>\n<div class=\"caption\"><span>Un Canadien bless\u00e9 escorte un Allemand captur\u00e9 \u00e0 la c\u00f4te 70. <\/span><\/div>\n<div class=\"credit\"><span>PHOTO : MUS\u00c9E CANADIEN DE LA GUERRE\u201419920085-668<\/span><\/div>\n<\/div>\n<p>Cette premi\u00e8re \u00e9tape de la bataille fut un grand succ\u00e8s pour les Canadiens et, malgr\u00e9 les obus qui pleuvaient sur la ville, les Allemands refus\u00e8rent d\u2019abandonner Lens. Le 21 aout, Currie ordonna une attaque d\u2019exploration qui, apr\u00e8s de lourdes pertes, fut repouss\u00e9e par les Allemands profond\u00e9ment retranch\u00e9s. Cela aurait \u00e9t\u00e9 le sort de l\u2019op\u00e9ration si Currie n\u2019avait pas eu le courage de se pr\u00e9senter devant Horne un mois auparavant pour le faire changer d\u2019id\u00e9e. La bataille cessa au cours des jours qui suivirent.<\/p>\n<p>Sir Douglas Haig dit de la c\u00f4te 70 que ce fut \u00ab une des meilleures petites op\u00e9rations de la guerre \u00bb. D\u2019apr\u00e8s Currie, ce fut une des \u00ab batailles les plus dures \u00bb jamais men\u00e9es par les Canadiens, mais un succ\u00e8s quand m\u00eame. L\u2019ennemi avait \u00e9t\u00e9 saign\u00e9 \u00e0 blanc : on estimait qu\u2019il avait perdu 25 000 hommes et que le Corps avait eu un peu plus de 10 000 morts et bless\u00e9s, y compris les pertes caus\u00e9es par les raids et les obus avant la bataille. Il ne s\u2019agissait pas d\u2019un nombre de victimes insi-gnifiant pour le Corps canadien, mais l\u2019op\u00e9ration avait r\u00e9v\u00e9l\u00e9, pour une des premi\u00e8res fois au front de l\u2019ouest, comment les attaquants pouvaient infliger plus de pertes aux d\u00e9fenseurs qu\u2019ils n\u2019en subissaient eux-m\u00eames. T\u00e9moignant de la f\u00e9rocit\u00e9 de la bataille, la Croix de Victoria, la plus haute r\u00e9compense pour bravoure de l\u2019Empire, fut d\u00e9cern\u00e9e \u00e0 six Canadiens.<\/p>\n<div class=\"caption_img \"\tstyle=\"width:515px\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignnone size-full wp-image-1434\" title=\"Des fantassins suivent un char d\u2019assaut vers la cr\u00eate de Vimy. [PHOTO : BIBLIOTH\u00c8QUE ET ARCHIVES CANADA\u2014PA004388]\" src=\"https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2012\/03\/VimyInset7.jpg\" alt=\"Des fantassins suivent un char d\u2019assaut vers la cr\u00eate de Vimy. 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Il comprenait que l\u2019arm\u00e9e allemande ne pouvait pas \u00eatre d\u00e9poss\u00e9d\u00e9e de toutes ses positions au front de l\u2019ouest. \u00c0 la place, les forces de l\u2019ennemi avaient \u00e9t\u00e9 bris\u00e9es physiquement par de lourdes pertes et, ce qui \u00e9tait le plus important, leur moral avait pris un rude coup. Ce coup ne fut pas oubli\u00e9 par les Allemands qui furent forc\u00e9s d\u2019amener des ressources consid\u00e9rables au front. Et la bataille avait \u00e9t\u00e9 presque enti\u00e8rement planifi\u00e9e et men\u00e9e par le Corps canadien. Les victoires \u00e0 Passchendaele, la d\u00e9fense de la cr\u00eate de Vimy lors des offensives des Allemands au d\u00e9but 1918 et pendant la campagne des cent jours consolid\u00e8rent la r\u00e9putation du Corps canadien en tant que formation d\u2019\u00e9lite.<\/p>\n<p>Les Canadiens glorifient toujours la victoire \u00e0 Vimy, mais celle de la c\u00f4te 70 demeure sans monument notable et elle est presque oubli\u00e9e. Pourtant, en tant que bataille, elle a man\u0153uvr\u00e9 l\u2019art militaire jusqu\u2019\u00e0 un nouveau domaine. L\u2019engagement bien organis\u00e9 par Currie, planifi\u00e9 et appuy\u00e9 de mani\u00e8re complexe, \u00e9tait bas\u00e9 sur la mainmise, l\u2019occupation et la destruction de l\u2019ennemi. La guerre d\u2019usure brutale exigeait une m\u00e9thode de combat qui fut nouvelle et dure.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>La bataille de la cr\u00eate de Vimy est un \u00e9v\u00e8nement fondamental de l\u2019histoire canadienne. Cette bataille qui a eu lieu du 9 au 12 avril 1917 impr\u00e8gne la culture populaire : elle est c\u00e9l\u00e9br\u00e9e dans les livres d\u2019histoire et la conscience canadienne en est empreinte. Le champ de bataille demeure lieu de souvenir, de deuil, de victoire et de comm\u00e9moration gr\u00e2ce \u00e0 l\u2019\u00e9rection, en 1936, du monument grandiose cr\u00e9\u00e9 par Walter Allward. Des milliers de Canadiens y ont effectu\u00e9 un p\u00e8lerinage et, au fil du temps, malgr\u00e9 les dangers pendant la Seconde Guerre mondiale, quand la France a \u00e9t\u00e9 envahie et que les intemp\u00e9ries ont caus\u00e9 des ravages, il est rest\u00e9 au c\u0153ur de la comm\u00e9moration canadienne de la guerre. Le d\u00e9voilement du monument remis \u00e0 neuf fut c\u00e9l\u00e9br\u00e9 fi\u00e8rement et en grande pompe en 2007. La reine, le premier ministre Stephen Harper et plus de 3 000 Canadiens ont assist\u00e9 \u00e0 la c\u00e9r\u00e9monie o\u00f9 ont \u00e9t\u00e9 vendus des T-shirts et des chapeaux portant le slogan The birth of a nation (la naissance d\u2019une nation, n.d.t.).<\/p>\n","protected":false},"author":9,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[3],"tags":[],"class_list":["post-1401","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-articles-principaux"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1401","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/9"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=1401"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1401\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=1401"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=1401"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=1401"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}