{"id":139,"date":"2006-01-01T22:46:09","date_gmt":"2006-01-02T03:46:09","guid":{"rendered":"http:\/\/28330.vws.magma.ca\/fr\/?p=139"},"modified":"2006-01-01T22:46:09","modified_gmt":"2006-01-02T03:46:09","slug":"clare-laking-1899-2005","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/2006\/01\/clare-laking-1899-2005\/","title":{"rendered":"Clare Laking 1899-2005"},"content":{"rendered":"<h1><\/h1>\n<p>Un des derniers liens du Canada avec la Grande Guerre est                   d\u00e9c\u00e9d\u00e9. On croit que Clare Laking, un jeune de 18 ans plein                   de cran qui a pris du service en 1917, \u00e9tait le dernier ancien                   combattant vivant ayant combattu \u00e0 la Premi\u00e8re Guerre mondiale.                   Il n&#8217;y aurait plus que quatre v\u00e9t\u00e9rans de la Premi\u00e8re Guerre                   mondiale encore vivants. Laking, qui \u00e9tait en bonne sant\u00e9 jusqu&#8217;\u00e0 ses                   derniers jours, est mort le 26 novembre au Sunnybrook and Women&#8217;s                   College Health Sciences Centre, \u00e0 Toronto. Il \u00e9tait \u00e2g\u00e9 de                   106 ans.<\/p>\n<p>S&#8217;engager lors de la Grande Guerre \u00e9tait un geste de d\u00e9fi                   pour le jeune Charles Clarence Laking, dont le p\u00e8re, un pacifiste                   ministre du culte la\u00efque de l&#8217;Old Methodist Church, assistait                   aux r\u00e9unions de recrutement pour &#8220;r\u00e9futer tout ce qu&#8217;on y disait&#8221;. &#8220;\u00c7a                   m&#8217;embarrassait&#8221;, se rappelait le centenaire en 2003 lors d&#8217;une                   interview qu&#8217;il nous avait accord\u00e9e. Alors le jeune a quitt\u00e9 la                   ferme de sa famille pr\u00e8s de Campbellville (Ont.) et son emploi \u00e0 la                   Banque de la Nouvelle-\u00c9cosse pour aller outre-mer en tant que                   simple soldat de la 4e Brigade de la 27e Batterie de l&#8217;Artillerie                   canadienne.<\/p>\n<p>Pendant son service d&#8217;un an et demi, Laking a eu le genre                   d&#8217;\u00e9ducation qu&#8217;on ne peut obtenir qu&#8217;\u00e0 la guerre. Il a appris                   le code Morse en Angleterre, et puis il est all\u00e9 au front en                   tant que signaleur, en France, o\u00f9 il installait des lignes                   t\u00e9l\u00e9phoniques le long des tranch\u00e9es boueuses pour assurer les                   communications. Bien qu&#8217;il avait \u00e0 peine failli participer \u00e0 la                   bataille majeure de la cr\u00eate de Vimy, l&#8217;adolescent a eu sa                   part d&#8217;excitation; et d&#8217;exp\u00e9riences \u00e0 proximit\u00e9 de la mort.<\/p>\n<p>En maintes occasions, Laking a vu des obus exploser un peu                   trop pr\u00e8s \u00e0 son go\u00fbt. Il a fini par \u00eatre touch\u00e9 lui-m\u00eame. Alors                   qu&#8217;il transportait un camarade bless\u00e9 \u00e0 un poste de secours,                   il demanda \u00e0 un autre soldat, &#8220;Y a-t-il un trou dans ma tunique?&#8221;.                   L&#8217;arri\u00e8re de son \u00e9paule droite avait \u00e9t\u00e9 d\u00e9chir\u00e9e par un \u00e9clat                   d&#8217;obus, le for\u00e7ant \u00e0 passer quelques jours \u00e0 l&#8217;h\u00f4pital.<\/p>\n<p>Le gar\u00e7on \u00e9tait devenu un homme quand il revenait au Canada,                   fortifi\u00e9 par l&#8217;exp\u00e9rience et d\u00e9termin\u00e9 \u00e0 prouver quelque chose \u00e0 son                   p\u00e8re qui avait peur qu&#8217;il succomberait aux influences des spiritueux                   et du beau sexe. &#8220;J&#8217;\u00e9tais d\u00e9cid\u00e9 \u00e0 lui faire honte. Je n&#8217;ai                   pas touch\u00e9 une seule fois \u00e0 ma portion de rhum, tout le temps                   que j&#8217;\u00e9tais l\u00e0-bas. J&#8217;ai men\u00e9 une vie irr\u00e9pr\u00e9hensible et je                   suis revenu; il n&#8217;en a jamais parl\u00e9, je n&#8217;en ai jamais parl\u00e9.                   Tout a recommenc\u00e9 comme \u00e7a allait avant la guerre.&#8221;<\/p>\n<p>Pendant un certain temps, le jeune ancien combattant a repris                   la vie de fermier, mais son oncle qui \u00e9tait marchand de bois \u00e0 Toronto                   lui a offert un emploi de comptable peu de temps apr\u00e8s. &#8220;\u00c7a                   m&#8217;a fait d\u00e9couvrir le d\u00e9tail de l&#8217;industrie du bois d&#8217;oeuvre.&#8221; Quand,                   en 1929, Laking voulait se marier, il a demand\u00e9 une augmentation \u00e0 son                   oncle. Ayant essuy\u00e9 un refus, l&#8217;homme de 30 ans d\u00e9montra \u00e0 nouveau                   la t\u00e9nacit\u00e9 dont il \u00e9tait capable. &#8220;Je me suis mis en rogne                   et j&#8217;ai donn\u00e9 ma d\u00e9mission. Mon oncle m&#8217;a appel\u00e9 pour me dire, &#8216;Je                   peux payer autant que n&#8217;importe qui&#8217;. Mais, \u00e0 ce moment-l\u00e0,                   Laking avait d\u00e9j\u00e0 trouv\u00e9 un emploi chez un autre marchand de                   bois. Il a fini par \u00eatre propri\u00e9taire de sa propre entreprise,                   Danforth Wallboard.<\/p>\n<p>L&#8217;ancien combattant a eu encore plus de succ\u00e8s en amour qu&#8217;il                   en a eu en affaires, et ces derni\u00e8res marchaient tr\u00e8s bien.                   Son union avec Helen Paterson a dur\u00e9 64 ans, jusqu&#8217;\u00e0 la mort                   de cette derni\u00e8re en 1993. &#8220;C&#8217;\u00e9tait une fille de Toronto, une                   secr\u00e9taire juridique, et je n&#8217;aurais pas pu trouver mieux.&#8221; Ensemble,                   ils ont \u00e9lev\u00e9 deux enfants, Keith et Sheila, et leur vie \u00e9tait                   pleine de rires; voici les trois secrets de Laking pour vivre                   longtemps\u00a0: &#8220;Essayer de trouver le c\u00f4t\u00e9 dr\u00f4le de la vie \u00e0 la                   place d&#8217;\u00eatre toujours sombre. Rester actif\u00a0: j&#8217;ai jou\u00e9 au curling                   jusqu&#8217;\u00e0 l&#8217;\u00e2ge de 96 ans. La troisi\u00e8me chose c&#8217;est, continuer                   de respirer.&#8221;<\/p>\n<p>Laking a fait une impression durable aux gens qu&#8217;il a rencontr\u00e9s                   aux c\u00e9r\u00e9monies du Souvenir, auxquelles il assistait plus souvent                   durant les derni\u00e8res ann\u00e9es de sa vie. Le signaleur de la Seconde                   Guerre mondiale Bob Martin, de Scarborough (Ont.), se souvient                   que lorsqu&#8217;il a rencontr\u00e9 Laking pour la premi\u00e8re fois en 1999, \u00e0 un                   souper que la L\u00e9gion donnait en l&#8217;honneur d&#8217;anciens combattants,                   le centenaire a surpris tout le monde en conduisant lui-m\u00eame                   pour s&#8217;y rendre. Ce soir-l\u00e0, les deux signaleurs se sont mis \u00e0 bavarder                   et ils ont gard\u00e9 le contact par la suite. &#8220;Il y avait toujours                   une note joyeuse dans sa voix&#8221;, dit Martin.<\/p>\n<p>Portent le deuil de Laking ses deux enfants, quatre petits-enfants                   et neuf arri\u00e8re-petits-enfants<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Un des derniers liens du Canada avec la Grande Guerre est d\u00e9c\u00e9d\u00e9. On croit que Clare Laking, un jeune de 18 ans plein de cran qui a pris du service en 1917, \u00e9tait le dernier ancien combattant vivant ayant combattu \u00e0 la Premi\u00e8re Guerre mondiale. 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