{"id":135,"date":"2006-01-01T22:42:52","date_gmt":"2006-01-02T03:42:52","guid":{"rendered":"http:\/\/28330.vws.magma.ca\/fr\/?p=135"},"modified":"2006-01-01T22:42:52","modified_gmt":"2006-01-02T03:42:52","slug":"le-musee-canadien-de-la-guerre-comparaison-entre-hier-et-aujourdhui","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/2006\/01\/le-musee-canadien-de-la-guerre-comparaison-entre-hier-et-aujourdhui\/","title":{"rendered":"Le Mus\u00e9e canadien de la guerre: comparaison entre hier et aujourd&#8217;hui"},"content":{"rendered":"<h1><\/h1>\n<p>Depuis le 8 mai 2005, les Canadiens, et plus particuli\u00e8rement                   les anciens combattants du Canada, ont un mus\u00e9e national qui                   comm\u00e9more ce qu&#8217;ils ont v\u00e9cu. Il aura fallu plus de huit d\u00e9cennies                   pour que le gouvernement canadien daigne investir les fonds                   n\u00e9cessaires \u00e0 la construction du nouveau Mus\u00e9e canadien de                   la guerre (MCG) et faire ainsi en sorte que la population du                   Canada n&#8217;oublie pas les sacrifices des hommes et des femmes                   qui ont particip\u00e9 aux guerres auxquelles le Canada a pris part.                   Bien entendu, le Mus\u00e9e canadien de la guerre existait bien                   avant le mois de mai dernier. En fait, il a \u00e9t\u00e9 officiellement                   ouvert le 19 janvier 1942 sur la promenade Sussex \u00e0 Ottawa                   et son aire d&#8217;exposition a augment\u00e9 et diminu\u00e9 au fil des ans                   jusqu&#8217;\u00e0 ce qu&#8217;il d\u00e9m\u00e9nage \u00e0 l&#8217;emplacement actuel sur la plaine                   LeBreton, pr\u00e8s de la Colline parlementaire, \u00e0 Ottawa. Maintenant                   que le MCG a son propre \u00e9difice, qu&#8217;est-ce qui a chang\u00e9 entre                   hier et aujourd&#8217;hui?<\/p>\n<p>Pourquoi traiter de ce sujet \u00e0 pr\u00e9sent? Ayant travaill\u00e9 sur                   l&#8217;histoire du MCG pendant pr\u00e8s de deux ans pour r\u00e9diger un                   m\u00e9moire de ma\u00eetrise, j&#8217;\u00e9tais impatient de visiter le nouveau                   MCG et admirer les am\u00e9liorations apport\u00e9es \u00e0 l&#8217;exposition dans                   cet \u00e9difice construit express\u00e9ment \u00e0 son intention. L&#8217;ancienne                   exposition avait de terribles lacunes engendr\u00e9es par l&#8217;espace                   inad\u00e9quat de l&#8217;\u00e9difice de la promenade Sussex et le mus\u00e9e \u00e9tait                   d\u00e9cri\u00e9 par plusieurs comme \u00e9tant &#8220;honteux&#8221;, &#8220;miteux et \u00e0 \u00e9viter&#8221;.                   J&#8217;avais de plus \u00e9t\u00e9 t\u00e9moin de l&#8217;incapacit\u00e9 de certains membres                   du personnel de r\u00e9pondre \u00e0 de simples questions de base sur                   l&#8217;histoire militaire canadienne par rapport aux artefacts expos\u00e9s.                   Je suis donc all\u00e9 visiter le nouveau MCG dans l&#8217;espoir d&#8217;y                   voir une am\u00e9lioration substantielle de la qualit\u00e9.<\/p>\n<p>Comparons d&#8217;abord les expositions pr\u00e9sent\u00e9es dans le nouveau                   MCG \u00e0 celles qu&#8217;il y avait dans l&#8217;ancien. D&#8217;abord, il faut                   se rappeler que les expositions de l&#8217;ancien MCG \u00e9taient r\u00e9parties                   dans plusieurs \u00e9difices, tous v\u00e9tustes. L&#8217;exposition permanente \u00e9tait                   situ\u00e9e dans l&#8217;\u00e9difice de la promenade Sussex alors que l&#8217;exposition                   des gros v\u00e9hicules se trouvait \u00e0 la maison Vimy, un vieux garage                   poussi\u00e9reux o\u00f9 il y avait aussi les bureaux et les archives                   du MCG. L&#8217;exposition permanente touchait les p\u00e9riodes allant                   de la pr\u00e9histoire du Canada jusqu&#8217;\u00e0 la participation du pays                   aux missions de maintien de la paix et mettait l&#8217;accent sur                   les deux guerres mondiales. Cette exposition, quoique poss\u00e9dant                   de jolies maquettes, n&#8217;avait pas vraiment de contenu p\u00e9dagogique                   et les possibilit\u00e9s d&#8217;interaction \u00e9taient r\u00e9duites au minimum.                   Rien n&#8217;\u00e9tait vraiment mis en contexte et surtout, rien ne permettait                   de bien se repr\u00e9senter ce qu&#8217;\u00e9tait la guerre dans toute son                   horreur. \u00c0 cet effet, le plus d\u00e9plorable \u00e9tait la reproduction                   d&#8217;une tranch\u00e9e de la Premi\u00e8re Guerre mondiale qui \u00e9tait beaucoup                   trop &#8220;propre&#8221;. Cette reproduction d\u00e9formait les r\u00e9alit\u00e9s atroces                   auxquelles les soldats avaient \u00e9t\u00e9 confront\u00e9s. Ce faisant,                   le visiteur ne pouvait pas bien r\u00e9fl\u00e9chir aux impacts d&#8217;un                   conflit arm\u00e9 en g\u00e9n\u00e9ral. Il se faisait pr\u00e9senter un contenu &#8220;\u00e9pur\u00e9&#8221; de                   la r\u00e9alit\u00e9. De plus, lorsqu&#8217;un artefact ou un texte particulier                   faisaient surgir un questionnement, le personnel n&#8217;\u00e9tait pas                   en mesure de fournir une explication appropri\u00e9e. Le visiteur \u00e9tait                   alors invit\u00e9 \u00e0 poser sa question par \u00e9crit, question qui \u00e9tait                   achemin\u00e9e \u00e0 un \u00e9chelon plus \u00e9lev\u00e9 du MCG. Malgr\u00e9 cela, les                   r\u00e9ponses n&#8217;\u00e9taient pas satisfaisantes, ce qui d\u00e9montre que                   le MCG ne formait pas son personnel ad\u00e9quatement; peut-\u00eatre                   par manque de fonds ou de volont\u00e9? En ce qui concerne l&#8217;exposition                   de v\u00e9hicules militaires qui \u00e9tait log\u00e9e dans la maison Vimy,                   elle relevait plus de la visite \u00e0 un march\u00e9 aux puces que d&#8217;une                   exposition de mus\u00e9e. Elle donnait toutefois acc\u00e8s \u00e0 des artefacts                   charg\u00e9s d&#8217;histoire qui avaient \u00e9t\u00e9 cach\u00e9s au public durant                   de nombreuses ann\u00e9es.<\/p>\n<p>Plusieurs changements s&#8217;op\u00e8rent avec l&#8217;ouverture du nouveau                   MCG. Dans un premier temps, tout est rassembl\u00e9 sous un m\u00eame                   toit. L&#8217;\u00e9difice lui-m\u00eame vaut le d\u00e9tour. Son architecture originale                   se marie bien avec le th\u00e8me de la guerre. Il faut prendre la                   peine d&#8217;\u00e9tudier les \u00e9l\u00e9ments sp\u00e9cifiques de la construction                   pour bien comprendre les raisons de ce design (la partie sup\u00e9rieure                   du b\u00e2timent est point\u00e9e vers la Tour de la Paix du Parlement,                   pour ne mentionner que cette particularit\u00e9). Il est aussi possible                   de marcher sur le toit du mus\u00e9e qui a \u00e9t\u00e9 am\u00e9nag\u00e9 \u00e0 cet effet. \u00c0 l&#8217;int\u00e9rieur                   du b\u00e2timent, on peut observer de nombreux tableaux de la collection                   d&#8217;art militaire du mus\u00e9e et ce, avant m\u00eame de p\u00e9n\u00e9trer \u00e0 l&#8217;int\u00e9rieur                   des salles d&#8217;expositions. La premi\u00e8re de ces salles qui s&#8217;offrent                   aux yeux du visiteur est celle de l&#8217;exposition temporaire.                   Lors de mon passage, des peintures provenant des collections                   d&#8217;art militaire canadienne, britannique et australienne \u00e9taient                   en montre. Par la suite, on arrive \u00e0 l&#8217;exposition permanente                   qui est divis\u00e9e en cinq galeries racontant l&#8217;histoire militaire                   du Canada. La premi\u00e8re porte sur les guerres au pays des d\u00e9buts                   de la colonisation \u00e0 1885. Cette partie de notre histoire est                   d&#8217;un tr\u00e8s grand int\u00e9r\u00eat \u00e0 mes yeux. Toutefois, c&#8217;en est aussi                   une qui a tendance \u00e0 diviser les peuples fondateurs du Canada                   et l&#8217;exposition est donc trait\u00e9e, malheureusement, de fa\u00e7on \u00e0 essayer                   de sauver la ch\u00e8vre et le chou, et certains textes explicatifs                   laissent perplexe quant aux vis\u00e9es \u00e9ducatives des concepteurs.                   Un exemple int\u00e9ressant \u00e0 propos des premiers contacts avec                   les Autochtones\u00a0: le texte explique que ce sont les Fran\u00e7ais                   qui ont introduit les maladies infectieuses (rougeole, variole)                   qui ont d\u00e9cim\u00e9 les tribus am\u00e9rindiennes et c&#8217;est en effet une                   r\u00e9alit\u00e9 que les Autochtones n&#8217;\u00e9taient pas immunis\u00e9s contre                   ces maladies qui ont eu un effet d\u00e9vastateur sur leur population.                   Par contre, le m\u00eame texte fait abstraction du fait qu&#8217;en 1763                   les Britanniques ont utilis\u00e9 des couvertures expos\u00e9es \u00e0 la                   variole comme armes bact\u00e9riologiques dans le but de contrer                   le soul\u00e8vement am\u00e9rindien dirig\u00e9 par Pontiac. Le document audiovisuel                   expliquant les relations entre les peuples fondateurs est lui                   aussi r\u00e9v\u00e9lateur de l&#8217;int\u00e9r\u00eat que les Canadiens portent \u00e0 leur                   histoire. Trois repr\u00e9sentants des peuples fondateurs\u00a0: un autochtone,                   un anglophone et un francophone discutent de l&#8217;\u00e9volution des                   relations apr\u00e8s la conqu\u00eate. Ils sont tous affubl\u00e9s d&#8217;un chandail                   aux couleurs d&#8217;une \u00e9quipe de hockey canadienne et discutent                   en attendant que la partie d\u00e9bute. Ce document d\u00e9voile certains                   pr\u00e9jug\u00e9s qui sont inscrits dans la m\u00e9moire collective de chaque                   peuple et qui g\u00e9n\u00e8rent des tensions entre eux. Ce qui est amusant                   c&#8217;est que la discussion se termine d\u00e8s que la partie commence,                   et le document aussi. Cela d\u00e9montre bien que tant que l&#8217;humain                   aura du pain et des jeux&#8230;<\/p>\n<p>Le visiteur passe ensuite \u00e0 la p\u00e9riode des guerres imp\u00e9riales                   et de la Premi\u00e8re Guerre mondiale. Cette galerie est une am\u00e9lioration                   radicale par rapport \u00e0 l&#8217;ancien mus\u00e9e. Premi\u00e8rement, le document                   audiovisuel expliquant la marche \u00e0 la guerre et le jeu des                   alliances est remarquable. Il est tr\u00e8s facile par la suite                   de comprendre comment un simple assassinat politique a d\u00e9g\u00e9n\u00e9r\u00e9 en                   conflit mondial. Il y a encore la fameuse reproduction d&#8217;une                   tranch\u00e9e trop &#8220;propre&#8221; mais elle est accompagn\u00e9e d&#8217;une maquette                   interactive expliquant le fonctionnement d&#8217;un r\u00e9seau de tranch\u00e9es                   qui, elle, est tr\u00e8s \u00e9ducative. Les mod\u00e8les expliquant les effets                   des shrapnels r\u00e9v\u00e8lent aussi tr\u00e8s bien l&#8217;horreur du champ de                   bataille, et le d\u00e9cor repr\u00e9sentant la bataille de Passchendaele                   est saisissant. On a aussi pris la peine d&#8217;expliquer bri\u00e8vement                   la vie au front int\u00e9rieur, c&#8217;est-\u00e0-dire \u00e0 la maison, au Canada.                   L&#8217;exposition couvre aussi les grands \u00e9v\u00e9nements au Canada comme                   la crise de la Marine pendant le gouvernement de sir Wilfrid                   Laurier, l&#8217;explosion au port d&#8217;Halifax en 1917, l&#8217;instauration                   de l&#8217;imp\u00f4t sur le revenu, l&#8217;heure avanc\u00e9e, le vote des femmes                   et, bien entendu, la crise de la conscription de 1917. Cette                   galerie se termine par le trait\u00e9 de Westminster de 1931, \u00e0 l&#8217;issue                   duquel le Canada entre en pleine possession de son autonomie                   politique.<\/p>\n<p>La troisi\u00e8me galerie est r\u00e9serv\u00e9e exclusivement \u00e0 la Deuxi\u00e8me                   Guerre mondiale. Elle couvre, entre autres, la mont\u00e9e du nazisme                   et du fascisme en Europe. Sur plusieurs \u00e9crans sont projet\u00e9es                   des images de discours des dictateurs. Viennent ensuite le                   d\u00e9clenchement de la guerre et l&#8217;entr\u00e9e du Canada dans le conflit.                   La participation du Canada au Programme d&#8217;entra\u00eenement a\u00e9rien                   du Commonwealth, \u00e0 la bataille de l&#8217;Atlantique et \u00e0 la production                   industrielle pour l&#8217;effort de guerre est bien repr\u00e9sent\u00e9e et                   prend une grande place au sein de la galerie. Ce sont ensuite                   les op\u00e9rations a\u00e9riennes et terrestres aux nombreux th\u00e9\u00e2tres                   d&#8217;op\u00e9ration en Europe et en Asie qui sont expos\u00e9es\u00a0: participation                   au sein du Bomber Command, Hong Kong, Dieppe, la Sicile et                   la lib\u00e9ration de l&#8217;Europe. Plusieurs films d&#8217;archives concernant                   les \u00e9v\u00e9nements sont projet\u00e9s en boucle et de nombreux \u00e9crans                   tactiles permettent d&#8217;en apprendre plus sur des sujets tels                   que les convois de ravitaillement qui traversaient l&#8217;Atlantique                   et la machine allemande &#8220;Enigma&#8221;. Ajoutons \u00e0 cela les nombreuses                   maquettes, bruits de batailles et d\u00e9cors grandeur nature qui                   aident le visiteur \u00e0 se plonger dans l&#8217;atmosph\u00e8re. Cette galerie                   se termine par une projection vid\u00e9o pr\u00e9sentant les t\u00e9moignages                   d&#8217;acteurs de l&#8217;\u00e9poque expliquant les nombreux impacts que la                   Deuxi\u00e8me Guerre mondiale a eus sur la soci\u00e9t\u00e9 canadienne.<\/p>\n<p>Le visiteur entre ensuite dans la galerie sur l&#8217;apr\u00e8s-1945                   et il est tout de suite plong\u00e9 dans les innovations technologiques                   qui ont compos\u00e9 l&#8217;apr\u00e8s- guerre. Cette galerie porte sur la                   p\u00e9riode de la guerre froide et sur la participation du Canada \u00e0 la                   guerre de Cor\u00e9e, \u00e0 la formation de l&#8217;OTAN, au NORAD et aux                   nombreuses missions de maintien de la paix de l&#8217;ONU. Un panneau                   porte sur la crise d&#8217;octobre 1970 et une petite place est faite                   aux v\u00e9t\u00e9rans canadiens de la guerre du Vi\u00eat-Nam. Le point marquant                   de cette galerie est la projection de deux documents audiovisuels.                   Le premier relate l&#8217;histoire de la participation canadienne                   aux missions command\u00e9es par l&#8217;ONU. Le second est une projection                   d&#8217;environ un quart d&#8217;heure servant \u00e0 rappeler que la violence                   et la guerre font toujours partie de notre quotidien. Ces deux                   projections sont tr\u00e8s \u00e9mouvantes et d&#8217;actualit\u00e9, et le visiteur                   est invit\u00e9 \u00e0 r\u00e9fl\u00e9chir \u00e0 l&#8217;avenir de l&#8217;humanit\u00e9 quand il aura                   quitt\u00e9 la galerie.<\/p>\n<p>Le tour de cette partie de l&#8217;exposition se termine par la                   visite du salon d&#8217;honneur de la L\u00e9gion royale canadienne. Cette                   salle expose les articles comm\u00e9moratifs produits pour souligner                   la participation des Canadiennes et Canadiens aux nombreux                   conflits auxquels le Canada a particip\u00e9.<\/p>\n<p>Le visiteur descend ensuite dans la salle de la R\u00e9g\u00e9n\u00e9ration                   o\u00f9 il peut admirer les mod\u00e8les ayant servi \u00e0 la confection                   du monument comm\u00e9moratif \u00e9rig\u00e9 sur la cr\u00eate de Vimy en France.                   Cette salle communique directement avec la galerie LeBreton                   o\u00f9 sont expos\u00e9s de nombreux v\u00e9hicules militaires et pi\u00e8ces                   d&#8217;artillerie de toutes sortes qui, avant, logeaient \u00e0 la maison                   Vimy. En faisant le tour de la salle, le visiteur a un acc\u00e8s                   visuel \u00e0 la vo\u00fbte de conservation du mus\u00e9e. Le corridor ramenant                   le visiteur au hall d&#8217;entr\u00e9e est tapiss\u00e9 de nombreux tableaux                   de la collection Beaverbrook et de parties avant de carlingues                   de bombardiers canadiens ayant \u00e9t\u00e9 agr\u00e9ment\u00e9es de dessins par                   les \u00e9quipages.<\/p>\n<p>La visite se termine par une p\u00e9riode de recueillement dans                   la salle du Souvenir o\u00f9 est expos\u00e9e la pierre tombale qui identifiait                   la tombe du soldat inconnu et d&#8217;autres monuments grav\u00e9s \u00e0 la                   m\u00e9moire de soldats canadiens qui sont tomb\u00e9s lors de missions                   de l&#8217;ONU. La pierre du soldat inconnu est positionn\u00e9e de mani\u00e8re \u00e0 ce                   que la lumi\u00e8re du soleil l&#8217;\u00e9claire \u00e0 11 heures pr\u00e9cises, chaque                   11 novembre.<\/p>\n<p>On peut enfin vraiment dire, plus de 80 ans apr\u00e8s que l&#8217;id\u00e9e                   ait germ\u00e9, que le Canada a un mus\u00e9e national d&#8217;histoire militaire.                   Toutefois, et comme rien n&#8217;est parfait, voici quelques critiques                   qui pourraient servir \u00e0 am\u00e9liorer le contenu de l&#8217;exposition.                   D&#8217;abord les points positifs : l&#8217;exposition s&#8217;est beaucoup am\u00e9lior\u00e9e                   en comparaison de ce qui \u00e9tait pr\u00e9sent\u00e9 auparavant. P\u00e9dagogiquement                   parlant, l&#8217;interactivit\u00e9 propos\u00e9e avec l&#8217;usage du multim\u00e9dia                   rend l&#8217;exp\u00e9rience plus enrichissante et permet d&#8217;int\u00e9resser                   un plus large public. Les guides, malgr\u00e9 qu&#8217;ils soient trop                   rapidement form\u00e9s, sont meilleurs qu&#8217;avant et ils ont de meilleures                   ressources pour r\u00e9pondre aux questions des visiteurs. Le simple                   fait de pouvoir obtenir imm\u00e9diatement par radio l&#8217;avis d&#8217;un                   historien am\u00e9liore le service \u00e0 la client\u00e8le. Les maquettes                   jouent maintenant un r\u00f4le plus \u00e9ducatif que d\u00e9coratif. Les                   d\u00e9cors cr\u00e9ent une atmosph\u00e8re qui sert \u00e0 mieux s&#8217;absorber dans                   le contexte.<\/p>\n<p>Maintenant, ce qu&#8217;on pourrait am\u00e9liorer : les textes des panneaux                   contiennent beaucoup trop de fautes d&#8217;orthographe et\/ou de                   traduction. Les francophones sont pratiquement rel\u00e9gu\u00e9s au                   statut de minorit\u00e9 visible malgr\u00e9 leur appartenance \u00e0 un des                   peuples fondateurs et seuls les actes individuels de membres                   des diff\u00e9rents peuples permettent de les distinguer des autres                   Canadiens. En fait, l&#8217;exposition transpire d&#8217;une volont\u00e9 de                   faire dispara\u00eetre les distinctions entre les nombreux peuples                   qui forment la population canadienne. Il en \u00e9mane une volont\u00e9 politique                   d&#8217;unit\u00e9 nationale et il est remarquable de voir que la description                   des \u00e9v\u00e9nements tente de masquer ces tensions qui ont si souvent                   divis\u00e9 le Canada de par le pass\u00e9. Il ne faut toutefois pas                   se leurrer, chaque mus\u00e9e a une vis\u00e9e politique et un mus\u00e9e                   national plus que tout autre. Bien que le MCG soit ouvert depuis                   le mois de mai 2005, j&#8217;ai constat\u00e9 lors de mes deux visites                   (la premi\u00e8re en juin et la deuxi\u00e8me en septembre) qu&#8217;il restait                   beaucoup \u00e0 faire pour que l&#8217;exposition soit compl\u00e8te. Certaines                   maquettes n&#8217;\u00e9taient pas encore termin\u00e9es et certains \u00e9crans                   tactiles ne fonctionnaient toujours pas. De plus, certains                   des artefacts et tableaux expos\u00e9s n&#8217;avaient pas encore leur                   fiche descriptive.<\/p>\n<p>En terminant, on peut affirmer que le Canada poss\u00e8de maintenant                   un mus\u00e9e d&#8217;histoire militaire national digne de ce nom, m\u00eame                   s&#8217;il reste encore beaucoup \u00e0 faire pour que les expositions                   atteignent leur plein potentiel. Le nouveau Mus\u00e9e canadien                   de la guerre offre enfin aux Canadiens un interm\u00e9diaire n\u00e9cessaire \u00e0 la                   comm\u00e9moration des sacrifices consentis par des g\u00e9n\u00e9rations                   d&#8217;hommes et de femmes qui, aujourd&#8217;hui encore, travaillent \u00e0 construire                   un monde meilleur malgr\u00e9 toutes les emb\u00fbches rencontr\u00e9es le                   long du parcours. Il a fallu attendre plus de 80 ans avant                   que ce projet se r\u00e9alise. On peut maintenant dire avec soulagement                   : mieux vaut tard que jamais.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Depuis le 8 mai 2005, les Canadiens, et plus particuli\u00e8rement les anciens combattants du Canada, ont un mus\u00e9e national qui comm\u00e9more ce qu&#8217;ils ont v\u00e9cu. Il aura fallu plus de huit d\u00e9cennies pour que le gouvernement canadien daigne investir les fonds n\u00e9cessaires \u00e0 la construction du nouveau Mus\u00e9e canadien de la guerre (MCG) et faire [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":27,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[3],"tags":[],"class_list":["post-135","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-articles-principaux"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/135","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/27"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=135"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/135\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=135"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=135"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=135"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}