{"id":1336,"date":"2012-01-02T00:01:45","date_gmt":"2012-01-02T04:01:45","guid":{"rendered":"https:\/\/legionmagfren.wpengine.com\/?p=1336"},"modified":"2012-01-03T11:30:57","modified_gmt":"2012-01-03T15:30:57","slug":"1812-la-guerre-qui-a-sauve-le-canada","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/2012\/01\/1812-la-guerre-qui-a-sauve-le-canada\/","title":{"rendered":"1812: La guerre qui a sauv\u00e9 le Canada"},"content":{"rendered":"<div class=\"caption_img \"\tstyle=\"width:630px\"><img fetchpriority=\"high\" decoding=\"async\" class=\"alignnone size-full wp-image-1357\" title=\"The Battle of Queenston Heights de J.D. Kelly, qui repr\u00e9sente les combats et les derniers moments du major-g\u00e9n\u00e9ral sir Isaac Brock. [ILLUSTRATION : MUS\u00c9E CANADIEN DE LA GUERRE, COLLECTION BEAVERBROOK\u201419970051-001]\" src=\"https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2012\/01\/1812Lead1.jpg\" alt=\"The Battle of Queenston Heights de J.D. Kelly, qui repr\u00e9sente les combats et les derniers moments du major-g\u00e9n\u00e9ral sir Isaac Brock. [ILLUSTRATION : MUS\u00c9E CANADIEN DE LA GUERRE, COLLECTION BEAVERBROOK\u201419970051-001]\" width=\"630\" height=\"236\" srcset=\"https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2012\/01\/1812Lead1.jpg 630w, https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2012\/01\/1812Lead1-300x112.jpg 300w\" sizes=\"(max-width: 630px) 100vw, 630px\" \/><\/p>\n<div class=\"caption\"><span>The Battle of Queenston Heights de J.D. Kelly, qui repr\u00e9sente les combats et les derniers moments du major-g\u00e9n\u00e9ral sir Isaac Brock. <\/span><\/div>\n<div class=\"credit\"><span>ILLUSTRATION : MUS\u00c9E CANADIEN DE LA GUERRE, COLLECTION BEAVERBROOK\u201419970051-001<\/span><\/div>\n<\/div>\n<p><strong>Donald E. Graves<\/strong><\/p>\n<p><strong>\u00c0 l\u2019automne dernier, le ministre du Patrimoine canadien, James Moore, a annonc\u00e9 que le gouvernement f\u00e9d\u00e9ral investirait des millions de dollars pour c\u00e9l\u00e9brer le 200e anniversaire de la guerre de 1812. Cette c\u00e9l\u00e9bration, a-t-il d\u00e9clar\u00e9, est une occasion pour tous les Canadiens de raviver la fiert\u00e9 que leur inspire leur histoire et de participer \u00ab aux activit\u00e9s qui seront organis\u00e9es dans le cadre de cet anniversaire important pour le Canada \u00bb. Toutefois, \u00e9tant donn\u00e9 la disparition progressive de l\u2019histoire dans les programmes scolaires au cours des derni\u00e8res d\u00e9cennies,\u00a0 beaucoup de Canadiens, surtout parmi les plus jeunes, n\u2019ont que des id\u00e9es floues au sujet de cette guerre, de ses causes, de son cours et de ses r\u00e9sultats. Une r\u00e9vision de ce conflit \u00ab oubli\u00e9 \u00bb peut donc \u00eatre utile \u00e0 ceux qui voudraient se pr\u00e9parer aux comm\u00e9morations \u00e0 venir.<\/strong><\/p>\n<div class=\"caption_img \"\tstyle=\"width:515px\"><img decoding=\"async\" class=\"alignnone size-full wp-image-1367\" title=\"Des navires britanniques se pr\u00e9parent \u00e0 combattre dans Ennemi en vue de Peter Rindlisbacher. [ILLUSTRATION : MUS\u00c9E CANADIEN DE LA GUERRE, COLLECTION BEAVERBROOK 19910086-001]\" src=\"https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2012\/01\/1812Inset42.jpg\" alt=\"Des navires britanniques se pr\u00e9parent \u00e0 combattre dans Ennemi en vue de Peter Rindlisbacher. [ILLUSTRATION : MUS\u00c9E CANADIEN DE LA GUERRE, COLLECTION BEAVERBROOK 19910086-001]\" width=\"515\" height=\"361\" srcset=\"https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2012\/01\/1812Inset42.jpg 515w, https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2012\/01\/1812Inset42-300x210.jpg 300w\" sizes=\"(max-width: 515px) 100vw, 515px\" \/><\/p>\n<div class=\"caption\"><span>Des navires britanniques se pr\u00e9parent \u00e0 combattre dans Ennemi en vue de Peter Rindlisbacher. <\/span><\/div>\n<div class=\"credit\"><span>ILLUSTRATION : MUS\u00c9E CANADIEN DE LA GUERRE, COLLECTION BEAVERBROOK 19910086-001<\/span><\/div>\n<\/div>\n<p>\u00c0 l\u2019automne dernier, le ministre du Patrimoine canadien, James Moore, a annonc\u00e9 que le gouvernement f\u00e9d\u00e9ral investirait des millions de dollars pour c\u00e9l\u00e9brer le 200e anniversaire de la guerre de 1812. Cette c\u00e9l\u00e9bration, a-t-il d\u00e9clar\u00e9, est une occasion pour tous les Canadiens de raviver la fiert\u00e9 que leur inspire leur histoire et de participer \u00ab aux activit\u00e9s qui seront organis\u00e9es dans le cadre de cet anniversaire important pour le Canada \u00bb. Toutefois, \u00e9tant donn\u00e9 la disparition progressive de l\u2019histoire dans les programmes scolaires au cours des derni\u00e8res d\u00e9cennies,\u00a0 beaucoup de Canadiens, surtout parmi les plus jeunes, n\u2019ont que des id\u00e9es floues au sujet de cette guerre, de ses causes, de son cours et de ses r\u00e9sultats. Une r\u00e9vision de ce conflit \u00ab oubli\u00e9 \u00bb peut donc \u00eatre utile \u00e0 ceux qui voudraient se pr\u00e9parer aux comm\u00e9morations \u00e0 venir.<\/p>\n<p>Les origines de la guerre de 1812 se trouvent dans le conflit plus grand qui opposait la France r\u00e9volutionnaire imp\u00e9riale \u00e0 l\u2019Angleterre depuis 1793. Apr\u00e8s la victoire navale de Nelson \u00e0 Trafalgar, en octobre 1805, les Fran\u00e7ais avaient pratiquement disparu des mers, et Napol\u00e9on Bonaparte, l\u2019empereur des Fran\u00e7ais, s\u2019\u00e9tait tourn\u00e9 vers la guerre \u00e9conomique, interdisant aux navires qui faisaient du commerce avec la Grande-Bretagne d\u2019en faire avec la France, ses alli\u00e9s et les territoires qu\u2019elle avait conquis. La Grande-Bretagne avait r\u00e9agi en promulguant une loi interdisant aux navires qui faisaient du commerce avec la France d\u2019en faire avec la Grande-Bretagne. Les \u00c9tats-Unis, qui avaient une grande marine marchande, se sont trouv\u00e9s entre deux feux dans cette guerre par d\u00e9crets. La frustration am\u00e9ricaine s\u2019est accrue quand la Marine royale, ayant d\u00e9sesp\u00e9r\u00e9ment besoin de main-d\u2019\u0153uvre, s\u2019est mise \u00e0 aborder les navires am\u00e9ricains pour enr\u00f4ler les marins britanniques qui s\u2019y trouvaient. De nombreux Am\u00e9ricains innocents ont cons\u00e9quemment \u00e9t\u00e9 forc\u00e9s de devenir marins du roi.<\/p>\n<div class=\"caption_img \"\tstyle=\"width:515px\"><img decoding=\"async\" class=\"alignnone size-full wp-image-1371\" title=\"Tecumseh. [ILLUSTRATION : BIBLIOTH\u00c8QUE PUBLIQUE DE TORONTO\u2014JRR3358]\" src=\"https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2012\/01\/1812Inset2.jpg\" alt=\"Tecumseh. [ILLUSTRATION : BIBLIOTH\u00c8QUE PUBLIQUE DE TORONTO\u2014JRR3358]\" width=\"515\" height=\"713\" srcset=\"https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2012\/01\/1812Inset2.jpg 515w, https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2012\/01\/1812Inset2-216x300.jpg 216w\" sizes=\"(max-width: 515px) 100vw, 515px\" \/><\/p>\n<div class=\"caption\"><span>Tecumseh. <\/span><\/div>\n<div class=\"credit\"><span>ILLUSTRATION : BIBLIOTH\u00c8QUE PUBLIQUE DE TORONTO\u2014JRR3358<\/span><\/div>\n<\/div>\n<p>Les troubles civils \u00e0 la fronti\u00e8re du nord-ouest menac\u00e9e par la conf\u00e9d\u00e9ration autochtone dirig\u00e9e par le chef Shawnee cha-rismatique Tecumseh \u00e9taient aussi cause d\u2019irritation entre la Grande-Bretagne et les \u00c9tats-Unis. De nombreux Am\u00e9ricains croyaient que la Grande-Bretagne \u00e9tait responsable des pro-bl\u00e8mes qui y surgissaient et, au printemps 1812, les \u00c9tats-Unis se pr\u00e9paraient au combat. La Grande-Bretagne offrait d\u2019abroger les d\u00e9crets maritimes qui nuisaient au commerce maritime am\u00e9ricain, mais il \u00e9tait trop tard. Le pr\u00e9sident James Madison d\u00e9clara la guerre \u00e0 la Grande-Bretagne le 18 juin en lan\u00e7ant le cri de ralliement de Free Trade and Sailors Rights! (libre-\u00e9change et droits des marins, n.d.t.).<\/p>\n<p>Les dirigeants am\u00e9ricains \u00e9taient surs d\u2019eux. L\u2019ancien pr\u00e9sident Thomas Jefferson faisait remarquer que l\u2019acquisition du Canada jusqu\u2019aux environs de Montr\u00e9al \u00ab ne serait qu\u2019une question d\u2019y d\u00e9filer \u00bb. Mais le gouvernement de Madison avait n\u00e9glig\u00e9 des probl\u00e8mes majeurs en pr\u00e9cipitant la guerre. \u00c9tant donn\u00e9 la puissance de la Marine royale, la guerre contre la Grande-Bretagne devait \u00eatre une guerre terrestre et l\u2019objectif, en \u00eatre les colonies britanniques de l\u2019Am\u00e9rique du Nord, qu\u2019on appelait d\u00e9j\u00e0 commun\u00e9ment le Canada. En th\u00e9orie, la victoire \u00e9tait assur\u00e9e, car la population des \u00c9tats-Unis \u00e9tait de 10 fois sup\u00e9rieure \u00e0 celle de l\u2019Am\u00e9rique du Nord britannique. Cependant, en cette \u00e8re de communication primitive, il allait falloir des efforts logistiques \u00e9normes pour approvisionner les arm\u00e9es lanc\u00e9es \u00e0 l\u2019attaque du Canada. Et, pire encore, la plus grande partie de l\u2019arm\u00e9e am\u00e9ricaine r\u00e9guli\u00e8re \u00e9tait d\u00e9ploy\u00e9e en Louisiane o\u00f9 elle est rest\u00e9e durant toute la guerre. Cons\u00e9quemment, les \u00c9tats-Unis ont essay\u00e9 de faire campagne dans un th\u00e9\u00e2tre de guerre \u00e9loign\u00e9 difficile en utilisant des soldats mal entrain\u00e9s et approvisionn\u00e9s qui \u00e9taient command\u00e9s par des reliques de la guerre r\u00e9volutionnaire.<\/p>\n<div class=\"caption_img \"\tstyle=\"width:515px\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignnone size-full wp-image-1373\" title=\"Le Commodore de la U.S. Navy, Oliver Hazard Perry, et un bateau plein de survivants de la bataille du lac \u00c9ri\u00e9. [ILLUSTRATION : LIBRARY OF CONGRESS\u2014LC-USZC4-6893]\" src=\"https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2012\/01\/1812Inset1.jpg\" alt=\"Le Commodore de la U.S. Navy, Oliver Hazard Perry, et un bateau plein de survivants de la bataille du lac \u00c9ri\u00e9. [ILLUSTRATION : LIBRARY OF CONGRESS\u2014LC-USZC4-6893]\" width=\"515\" height=\"387\" srcset=\"https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2012\/01\/1812Inset1.jpg 515w, https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2012\/01\/1812Inset1-300x225.jpg 300w\" sizes=\"(max-width: 515px) 100vw, 515px\" \/><\/p>\n<div class=\"caption\"><span>Le Commodore de la U.S. Navy, Oliver Hazard Perry, et un bateau plein de survivants de la bataille du lac \u00c9ri\u00e9. <\/span><\/div>\n<div class=\"credit\"><span>ILLUSTRATION : LIBRARY OF CONGRESS\u2014LC-USZC4-6893<\/span><\/div>\n<\/div>\n<p>L\u2019Am\u00e9rique du Nord britannique, ironiquement, \u00e9tait mieux pr\u00e9par\u00e9e \u00e0 la guerre que ses voisins et, le plus important, elle \u00e9tait d\u00e9fendue par des soldats et des marins professionnels. S\u2019il y a une le\u00e7on que les Canadiens d\u2019aujourd\u2019hui devraient tirer de la guerre de 1812, c\u2019est que proclamer sa souverainet\u00e9 ne suffit pas : il faut \u00eatre pr\u00eat \u00e0 la d\u00e9fendre, et il faut des forces arm\u00e9es professionnelles pour ce faire. La direction britannique \u00e9tait comp\u00e9tente et il y avait presque autant de soldats r\u00e9gu-liers au Canada que dans l\u2019arm\u00e9e \u00e9tats-unienne. Le g\u00e9n\u00e9ral sir George Prevost, gouverneur-g\u00e9n\u00e9ral et commandant en chef, n\u2019avait pas l\u2019intention d\u2019abandonner de territoire facilement, et il se proposait de d\u00e9fendre f\u00e9rocement Montr\u00e9al et les territoires de l\u2019est. Son subalterne dans le Haut-Canada (l\u2019Ontario d\u2019aujourd\u2019hui), le g\u00e9n\u00e9ral Isaac Brock, privil\u00e9giait une strat\u00e9gie plus agressive et, ayant obtenu l\u2019accord de Prevost, a entrepris de la mettre sur pied peu apr\u00e8s le d\u00e9but de la guerre.<\/p>\n<p>En juillet 1812, le g\u00e9n\u00e9ral am\u00e9ricain William Hull a entam\u00e9 une invasion du Haut-Canada plut\u00f4t timide en traversant la rivi\u00e8re D\u00e9troit. Tout en se pr\u00e9parant \u00e0 r\u00e9agir \u00e0 cette pouss\u00e9e, Brock a frapp\u00e9 dans la partie sup\u00e9rieure des Grands Lacs. Il a envoy\u00e9 une petite force britannique traverser le lac Huron qui a oblig\u00e9 le poste am\u00e9ricain de l\u2019ile Mackinac \u00e0 se rendre, un succ\u00e8s qui a convaincu bon nombre des nations autochtones qui \u00e9taient encore neutres de se ranger du c\u00f4t\u00e9 des Britanniques. Hull s\u2019est repli\u00e9 peu apr\u00e8s jusqu\u2019\u00e0 D\u00e9troit et Brock, qui avait amen\u00e9 sans perdre de temps tous les r\u00e9guliers, miliciens et guerriers qu\u2019il avait pu rassembler, s\u2019est pr\u00e9par\u00e9 \u00e0 attaquer. S\u2019il pouvait le faire, c\u2019est qu\u2019au d\u00e9but de la guerre, la Grande-Bretagne \u00e9tait la seule qui poss\u00e9dait une marine sur les Grands Lacs, ce qui lui donnait l\u2019avantage de la mobilit\u00e9, et Brock a su bien s\u2019en servir. Il a somm\u00e9 Hull de livrer D\u00e9troit, un bluff, et, \u00e0 la stup\u00e9faction de Brock, le g\u00e9n\u00e9ral am\u00e9ricain s\u2019est rendu le 16 aout : il abandonnait D\u00e9troit et le territoire du Michigan \u00e0 une force britannique et canadienne de moiti\u00e9 inf\u00e9rieure \u00e0 la sienne. La victoire de Brock, le premier grand succ\u00e8s de la guerre, a fait beaucoup pour encourager les gens du Haut-Canada qui n\u2019\u00e9taient pas surs que leur province demeurerait territoire britannique.<\/p>\n<div class=\"caption_img \"\tstyle=\"width:515px\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignnone size-full wp-image-1375\" title=\"La veste d\u2019officier que portait Brock quand il a \u00e9t\u00e9 atteint \u00e0 mort aux hauteurs de Queenston. [PHOTO : MUS\u00c9E CANADIEN DE LA GUERRE\u201419670070-009]\" src=\"https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2012\/01\/1812Inset5.jpg\" alt=\"La veste d\u2019officier que portait Brock quand il a \u00e9t\u00e9 atteint \u00e0 mort aux hauteurs de Queenston. [PHOTO : MUS\u00c9E CANADIEN DE LA GUERRE\u201419670070-009]\" width=\"515\" height=\"773\" srcset=\"https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2012\/01\/1812Inset5.jpg 515w, https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2012\/01\/1812Inset5-199x300.jpg 199w\" sizes=\"(max-width: 515px) 100vw, 515px\" \/><\/p>\n<div class=\"caption\"><span>La veste d\u2019officier que portait Brock quand il a \u00e9t\u00e9 atteint \u00e0 mort aux hauteurs de Queenston. <\/span><\/div>\n<div class=\"credit\"><span>PHOTO : MUS\u00c9E CANADIEN DE LA GUERRE\u201419670070-009<\/span><\/div>\n<\/div>\n<p>Les premi\u00e8res victoires sur terre ont malheureusement \u00e9t\u00e9 contrebalanc\u00e9es par des revers en mer. Durant les ann\u00e9es sui-vant Trafalgar, la Marine royale \u00e9tait devenue trop sure d\u2019elle, convaincue qu\u2019elle pouvait triompher de n\u2019importe quel adversaire. Les marins britanniques ne s\u2019\u00e9taient pas aper\u00e7us que la U.S. Navy, bien que tr\u00e8s petite, avait d\u2019excellents marins et navires de guerre. En cons\u00e9quence, les bateaux am\u00e9ricains ont remport\u00e9 un grand nombre d\u2019affrontements singuliers. Pendant les six premiers mois de la guerre, le USS Constitution a captur\u00e9 les fr\u00e9gates britanniques Guerri\u00e8re et Java; l\u2019aviso am\u00e9ricain Wasp a battu son semblable HMS Frolic; la fr\u00e9gate United States a remport\u00e9 le combat avec la fr\u00e9gate britannique Macedonian; et le brick USS Hornet a captur\u00e9 le brick britannique Peacock. La\u00a0Grande-Bretagne n\u2019avait pas subi autant de pertes en mer depuis plus d\u2019un si\u00e8cle, ce qui contribua grandement \u00e0 remonter le moral des \u00c9tats-Unis, qui avait \u00e9t\u00e9 sap\u00e9 par les \u00e9checs sur terre.<\/p>\n<p>L\u2019ennemi a tent\u00e9 \u00e0 nouveau une invasion \u00e0 l\u2019automne 1812. La nuit du 12 octobre, une petite arm\u00e9e am\u00e9ricaine de r\u00e9guliers et de miliciens traversait la Niagara et s\u2019emparait du village de Queenston. Brock, qui se trouvait \u00e0 Fort George, pr\u00e8s de Newark (l\u2019actuelle Niagara-on-the-Lake) a alors pris le chemin de Queenston avec tous les soldats qu\u2019il avait sous la main. Sachant que le terrain \u00e9lev\u00e9 derri\u00e8re le village \u00e9tait la cl\u00e9 de la position am\u00e9ricaine, il a pris la t\u00eate de l\u2019assaut, et y a trouv\u00e9 la mort. Les Britanniques et les Canadiens se sont repli\u00e9s et, en attendant les renforts, un d\u00e9tachement de guerriers autochtones des nations de la rivi\u00e8re Grand, command\u00e9 par le Mohawk John Norton, surnomm\u00e9 \u00ab the Snipe \u00bb (la b\u00e9cassine, n.d.t.), d\u00e9routait l\u2019ennemi. Norton s\u2019est souvenu par la suite que ses hommes \u00ab r\u00e9pondaient au Feu de l\u2019Ennemi avec calme et esprit \u00bb, et que bien que les Am\u00e9ricains \u00ab faisaient certainement \u00e9norm\u00e9ment de bruit \u00bb, ce sont les guerriers qui \u00ab faisaient le plus d\u2019Ex\u00e9cution \u00bb et l\u2019ennemi a \u00e9t\u00e9 repouss\u00e9. D\u2019autres troupes r\u00e9guli\u00e8res sont arriv\u00e9es qui ont refoul\u00e9 les envahisseurs jusqu\u2019au bord de la Niagara et les ont encercl\u00e9s pour qu\u2019ils ne puissent pas s\u2019\u00e9chapper. Comprenant que tout \u00e9tait perdu, le commandant ennemi a mis bas les armes et plus de 900 Am\u00e9ricains ont \u00e9t\u00e9 faits prisonniers.<\/p>\n<div class=\"caption_img \"\tstyle=\"width:515px\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignnone size-full wp-image-1377\" title=\"Un tambour des Nova Scotia Fencibles utilis\u00e9 pendant la guerre de 1812. [PHOTO : MUS\u00c9E CANADIEN DE LA GUERRE\u201419390005-009]\" src=\"https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2012\/01\/1812Inset9.jpg\" alt=\"Un tambour des Nova Scotia Fencibles utilis\u00e9 pendant la guerre de 1812. [PHOTO : MUS\u00c9E CANADIEN DE LA GUERRE\u201419390005-009]\" width=\"515\" height=\"567\" srcset=\"https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2012\/01\/1812Inset9.jpg 515w, https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2012\/01\/1812Inset9-272x300.jpg 272w\" sizes=\"(max-width: 515px) 100vw, 515px\" \/><\/p>\n<div class=\"caption\"><span>Un tambour des Nova Scotia Fencibles utilis\u00e9 pendant la guerre de 1812. <\/span><\/div>\n<div class=\"credit\"><span>PHOTO : MUS\u00c9E CANADIEN DE LA GUERRE\u201419390005-009<\/span><\/div>\n<\/div>\n<p>La victoire aux hauteurs de Queenston a eu des effets cruciaux sur l\u2019Am\u00e9rique du Nord britannique, et le moral \u00e9tait bon quand les op\u00e9rations militaires ont pris fin \u00e0 l\u2019arriv\u00e9e de l\u2019hiver. Deux invasions majeures avaient \u00e9t\u00e9 repouss\u00e9es, et l\u2019on \u00e9tait s\u00fbr que la guerre aboutirait \u00e0 la victoire. Mais le succ\u00e8s aux hauteurs de Queenston avait cout\u00e9 cher car, comme l\u2019\u00e9crivait Norton, la douleur \u00ab occasionn\u00e9e par la perte de Brock a assombri ce qui aurait \u00e9t\u00e9 un sentiment de victoire grisant \u00bb.<\/p>\n<p>L\u2019optimisme des Canadiens a disparu au printemps. Un programme intensif de construction durant l\u2019hiver avait donn\u00e9 aux \u00c9tats-Unis la sup\u00e9riorit\u00e9 navale sur le lac Ontario et l\u2019ennemi en a vite profit\u00e9. \u00c0 la fin avril 1813, les navires am\u00e9ricains transportaient une arm\u00e9e pr\u00e8s de York (Toronto d\u2019aujourd\u2019hui), la capitale du Haut-Canada. Les envahisseurs ayant chass\u00e9 devant eux la force britannique, canadienne et autochtone bien inf\u00e9rieure, le feu a \u00e9t\u00e9 mis au magasin de munitions de la ville quand ils ont atteint les approches de York afin de les emp\u00eacher de s\u2019emparer de son contenu. Un gar\u00e7on qui a \u00e9t\u00e9 t\u00e9moin de l\u2019explosion s\u2019est souvenu par la suite qu\u2019il avait \u00ab entendu l\u2019explosion et ressenti comme un tremblement de terre, et en regardant vers l\u2019endroit, vu un nuage immense monter en l\u2019air : une grande masse indistincte de fum\u00e9e, de poutres, d\u2019hommes, de terre [qui ressemblait \u00e0] un \u00e9norme ballon \u00bb. Pendant les quelques jours que l\u2019ennemi a occup\u00e9 York, \u00e9vacu\u00e9e par les d\u00e9fenseurs, il a accidentellement incendi\u00e9 les \u00e9difices du Parlement provincial.<\/p>\n<div class=\"caption_img \"\tstyle=\"width:515px\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignnone size-full wp-image-1380\" title=\"Cette peinture de Lorne K. Smith repr\u00e9sente la r\u00e9union de juin 1813 entre Laura Secord et le lieutenant James FitzGibbon. [ILLUSTRATION : LORNE K. SMITH, BIBLIOTH\u00c8QUE ET ARCHIVES CANADA\u2014C-011053]\" src=\"https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2012\/01\/1812Inset10.jpg\" alt=\"Cette peinture de Lorne K. Smith repr\u00e9sente la r\u00e9union de juin 1813 entre Laura Secord et le lieutenant James FitzGibbon. [ILLUSTRATION : LORNE K. SMITH, BIBLIOTH\u00c8QUE ET ARCHIVES CANADA\u2014C-011053]\" width=\"515\" height=\"376\" srcset=\"https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2012\/01\/1812Inset10.jpg 515w, https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2012\/01\/1812Inset10-300x219.jpg 300w\" sizes=\"(max-width: 515px) 100vw, 515px\" \/><\/p>\n<div class=\"caption\"><span>Cette peinture de Lorne K. Smith repr\u00e9sente la r\u00e9union de juin 1813 entre Laura Secord et le lieutenant James FitzGibbon. <\/span><\/div>\n<div class=\"credit\"><span>ILLUSTRATION : LORNE K. SMITH, BIBLIOTH\u00c8QUE ET ARCHIVES CANADA\u2014C-011053<\/span><\/div>\n<\/div>\n<p>Il s\u2019agissait du d\u00e9but d\u2019une nouvelle offensive am\u00e9ricaine contre l\u2019Am\u00e9rique du Nord britannique. Une force d\u2019envahisseurs a travers\u00e9 la Niagara et captur\u00e9 Fort George le 27 mai 1813. Les troupes britanniques et canadiennes, bien moins nombreuses, se sont repli\u00e9es jusqu\u2019\u00e0 la r\u00e9gion de la ville actuelle de Hamilton, poursuivies par une force am\u00e9ricaine command\u00e9e par les g\u00e9n\u00e9raux John Chandler et William Winder. Cette derni\u00e8re a \u00e9t\u00e9 attaqu\u00e9e \u00e0 Stoney Creek, \u00e0 l\u2019aube du 6 juin 1813, par une force britannique plus petite et, bien que les Am\u00e9ricains aient r\u00e9ussi \u00e0 la repousser lors d\u2019une bataille nocturne, dans le d\u00e9sordre, Chandler et Winder avaient \u00e9t\u00e9 faits prisonniers. Les envahisseurs se sont alors repli\u00e9s et, quelques semaines apr\u00e8s, une autre force ennemie a \u00e9t\u00e9 envoy\u00e9e pour s\u2019emparer des provisions qu\u2019on savait se trouver chez John DeCew, pr\u00e8s de ce qui est aujourd\u2019hui St. Catherines, en Ontario. Cette exp\u00e9dition aussi s\u2019est sold\u00e9e par un \u00e9chec, car le 24 juin, pr\u00e9venue par une maitresse de maison du nom de Laura Secord, une force de guerriers a encercl\u00e9 les Am\u00e9ricains \u00e0 ce qu\u2019on appelle depuis la bataille de Beaver Dams et les a oblig\u00e9s \u00e0 se rendre. Apr\u00e8s cela, les envahisseurs n\u2019ont plus quitt\u00e9 leurs lignes \u00e0 Fort George en force et la guerre \u00e0 la Niagara \u00e9tait dans l\u2019impasse.<\/p>\n<p>Ce m\u00eame dimanche-l\u00e0, le 6 juin 1813, jour de la d\u00e9faite am\u00e9ricaine de Stoney Creek, a aussi \u00e9t\u00e9 le jour d\u2019un \u00e9v\u00e8nement glorieux \u00e0 Halifax. Le service du soir \u00e0 l\u2019\u00e9glise St. Paul y a \u00e9t\u00e9 interrompu quand quelqu\u2019un a annonc\u00e9 la nouvelle excitante qu\u2019un navire de guerre britannique amenait au port une fr\u00e9gate am\u00e9ricaine captur\u00e9e. \u00ab L\u2019effet a \u00e9t\u00e9 \u00e9lectrisant \u00bb, s\u2019est souvenu plus tard un t\u00e9moin occulaire et, en quelques minutes, la congr\u00e9gation avait abandonn\u00e9 le culte pour courir le long de la rue George jusqu\u2019aux quais, voir la fr\u00e9gate britannique HMS Shannon et sa prise de guerre, la fr\u00e9gate USS Chesapeake, qui arrivaient lentement au chantier naval. Le m\u00eame t\u00e9moin s\u2019est rappel\u00e9 que \u00ab les toits et les quais \u00e9taient tous bond\u00e9s de gens excit\u00e9s \u00bb qui rece-vaient les arrivants \u00ab en les acclamant \u00e0 tue-t\u00eate \u00bb et qu\u2019Halifax, croyait-il, \u00ab n\u2019a jamais \u00e9t\u00e9 si excit\u00e9e ni avant ni apr\u00e8s \u00bb. Le triomphe du Shannon contre le Chesapeake, \u00e0 l\u2019occasion d\u2019une bataille livr\u00e9e le 1er juin au large de Boston, mettait fin \u00e0 la s\u00e9rie de victoires singuli\u00e8res am\u00e9ricaines contre la Marine royale.<\/p>\n<div class=\"caption_img \"\tstyle=\"width:515px\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignnone size-full wp-image-1382\" title=\"Le chef Oshawana \u00e9tait le premier guerrier de Tecumseh \u00e0 la bataille de la rivi\u00e8re Thames. [PHOTO : BIBLIOTH\u00c8QUE ET ARCHIVES CANADA\u2014C-008543]\" src=\"https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2012\/01\/1812Inset11.jpg\" alt=\"Le chef Oshawana \u00e9tait le premier guerrier de Tecumseh \u00e0 la bataille de la rivi\u00e8re Thames. [PHOTO : BIBLIOTH\u00c8QUE ET ARCHIVES CANADA\u2014C-008543]\" width=\"515\" height=\"764\" srcset=\"https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2012\/01\/1812Inset11.jpg 515w, https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2012\/01\/1812Inset11-202x300.jpg 202w\" sizes=\"(max-width: 515px) 100vw, 515px\" \/><\/p>\n<div class=\"caption\"><span>Le chef Oshawana \u00e9tait le premier guerrier de Tecumseh \u00e0 la bataille de la rivi\u00e8re Thames. <\/span><\/div>\n<div class=\"credit\"><span>PHOTO : BIBLIOTH\u00c8QUE ET ARCHIVES CANADA\u2014C-008543<\/span><\/div>\n<\/div>\n<p>Cette Marine a alors commenc\u00e9 \u00e0 exercer sa puissance sup\u00e9rieure en imposant un blocus de la c\u00f4te des \u00c9tats-Unis. Les corsaires qui s\u2019abritaient dans les ports des provinces maritimes assistaient les marins du roi. La go\u00e9lette Liverpool Packet, qui s\u2019est empar\u00e9e de 50 prises \u00e9valu\u00e9es \u00e0 pr\u00e8s de 1\u00a0000\u00a0000 $ de 1813 avant d\u2019\u00eatre captur\u00e9e elle-m\u00eame, \u00e9tait la plus efficace de ces corsaires. Les autres corsaires remarquables, comme le brick Sir John Sherbrooke et la go\u00e9lette Retaliation qui se sont empar\u00e9s de moins de prises, ont aussi pris part \u00e0 la d\u00e9pr\u00e9dation du commerce c\u00f4tier am\u00e9ricain, \u00e0 la perturbation de la communication et, in\u00e9vitablement, \u00e0 la hausse du prix de toutes sortes de biens.<\/p>\n<p>\u00c0 l\u2019ouest, la guerre s\u2019est raviv\u00e9e \u00e0 l\u2019automne 1813. La bataille navale du lac \u00c9ri\u00e9, men\u00e9e le 10 septembre, s\u2019est termin\u00e9e par la capture de tout l\u2019escadron britannique de ce plan d\u2019eau. Le g\u00e9n\u00e9ral britannique Henry Procter, ayant d\u00e9cid\u00e9 qu\u2019il ne pouvait plus maintenir sa position sur la rivi\u00e8re D\u00e9troit, a donn\u00e9 l\u2019ordre \u00e0 son arm\u00e9e de se replier vers l\u2019est. Son alli\u00e9 autochtone, Tecumseh, a dit de Procter que c\u2019\u00e9tait \u00ab un gros animal qui porte la queue sur son dos [&#8230;], mais qui la place entre ses pattes pour s\u2019enfuir quand il a peur \u00bb. Le repli a quand m\u00eame \u00e9t\u00e9 entrepris et Tecumseh a bien \u00e9t\u00e9 oblig\u00e9 d\u2019accompagner les Britanniques et les Canadiens avec ses guerriers et leur famille. Malheureusement, le 5 octobre, une force am\u00e9ricaine sup\u00e9rieure en nombre a rattrap\u00e9 l\u2019arm\u00e9e alli\u00e9e \u00e0 la rivi\u00e8re Thames, pr\u00e8s de l\u2019endroit o\u00f9 se situe aujourd\u2019hui la ville de London (Ont.), et l\u2019a dispers\u00e9e. Tecumseh a \u00e9t\u00e9 tu\u00e9 \u00e0 la t\u00eate de ses hommes, mais ses partisans ont r\u00e9ussi \u00e0 emporter son corps en secret et l\u2019ont enterr\u00e9. Le d\u00e9sastre sur la Thames signifiait n\u00e9anmoins la fin des ambitions britanniques en Am\u00e9rique du Nord-Ouest.<\/p>\n<div class=\"caption_img \"\tstyle=\"width:515px\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignnone size-full wp-image-1384\" title=\"Une plaque de shako de l\u2019arm\u00e9e \u00e9tats-unienne. [PHOTO : MUS\u00c9E CANADIEN DE LA GUERRE\u201419770094]\" src=\"https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2012\/01\/1812Inset7.jpg\" alt=\"Une plaque de shako de l\u2019arm\u00e9e \u00e9tats-unienne. [PHOTO : MUS\u00c9E CANADIEN DE LA GUERRE\u201419770094]\" width=\"515\" height=\"532\" srcset=\"https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2012\/01\/1812Inset7.jpg 515w, https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2012\/01\/1812Inset7-290x300.jpg 290w\" sizes=\"(max-width: 515px) 100vw, 515px\" \/><\/p>\n<div class=\"caption\"><span>Une plaque de shako de l\u2019arm\u00e9e \u00e9tats-unienne. <\/span><\/div>\n<div class=\"credit\"><span>PHOTO : MUS\u00c9E CANADIEN DE LA GUERRE\u201419770094<\/span><\/div>\n<\/div>\n<p>\u00c0 peu pr\u00e8s au m\u00eame moment, le secr\u00e9taire de la guerre des \u00c9tats-Unis, John Armstrong, se rendait au nord pour ranimer l\u2019effort militaire am\u00e9ricain. Il avait planifi\u00e9 une offensive \u00e0 deux volets contre Montr\u00e9al avec une arm\u00e9e partant du lac Champlain et une autre force, encore plus grande, naviguant sur le Saint-Laurent \u00e0 bord d\u2019une armada de petits bateaux. Ces plans ont mal tourn\u00e9, car l\u2019arm\u00e9e du lac Champlain a \u00e9t\u00e9 battue \u00e0 la bataille de Ch\u00e2teauguay, \u00e0 quelques milles au sud de Montr\u00e9al, le 26 octobre, et elle est retourn\u00e9e rapidement de l\u2019autre c\u00f4t\u00e9 de la fronti\u00e8re. Il s\u2019agissait d\u2019une victoire remport\u00e9e par des troupes enti\u00e8rement francophones command\u00e9es par le lieutenant-colonel Charles de Salaberry.<\/p>\n<div class=\"caption_img \"\tstyle=\"width:515px\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignnone size-full wp-image-1385\" title=\"Plaque de laiton de ceintures crois\u00e9es de soldats. [PHOTO : NIAGARA HISTORICAL SOCIETY &amp; MUSEUM]\" src=\"https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2012\/01\/1812Inset12.jpg\" alt=\"Plaque de laiton de ceintures crois\u00e9es de soldats. [PHOTO : NIAGARA HISTORICAL SOCIETY &amp; MUSEUM]\" width=\"515\" height=\"612\" srcset=\"https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2012\/01\/1812Inset12.jpg 515w, https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2012\/01\/1812Inset12-252x300.jpg 252w\" sizes=\"(max-width: 515px) 100vw, 515px\" \/><\/p>\n<div class=\"caption\"><span>Plaque de laiton de ceintures crois\u00e9es de soldats. <\/span><\/div>\n<div class=\"credit\"><span>PHOTO : NIAGARA HISTORICAL SOCIETY &amp; MUSEUM<\/span><\/div>\n<\/div>\n<p>Le volet de l\u2019offensive am\u00e9ricaine arrivant par voie nautique a \u00e9t\u00e9 vaincu par une force britannique et canadienne qui l\u2019avait prise en filature sur le fleuve Saint-Laurent. L\u2019ennemi, agac\u00e9 par cet essaim qui lui marchait sur les talons, a fait demi-tour et il est pass\u00e9 \u00e0 l\u2019attaque le 11 novembre 1813, jour gris et pluvieux. Les troupes britanniques et canadiennes ont \u00e9t\u00e9 d\u00e9ploy\u00e9es sur un bon terrain d\u00e9fensif pr\u00e8s de la ferme de John Crysler, mais l\u2019approche d\u2019une force am\u00e9ricaine bien plus nombreuse causait de l\u2019appr\u00e9hension dans les rangs. Le lieutenant John Sewell de Qu\u00e9bec s\u2019est souvenu par la suite qu\u2019un de ses hommes s\u2019\u00e9tait exclam\u00e9 : \u00ab Il y en a trop, on va se faire massacrer \u00bb. Sewell lui a r\u00e9pondu froidement qu\u2019il valait mieux pour lui de mourir \u00ab en faisant [son] devoir que d\u2019\u00eatre tu\u00e9 pour mutinerie \u00bb, mais, en fait, apr\u00e8s plus de deux heures de combats couteux, les Am\u00e9ricains se sont avou\u00e9s vaincus et se sont repli\u00e9s vers leur propre territoire, mettant ainsi fin \u00e0 l\u2019offensive am\u00e9ricaine la plus grande et la plus grave contre l\u2019Am\u00e9rique du Nord britannique.<\/p>\n<div class=\"caption_img \"\tstyle=\"width:515px\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignnone size-full wp-image-1386\" title=\"Le \u00ab 49 \u00bb sur la plaque ovale indique le 49th \u202fRegiment of Foot. [PHOTO : NIAGARA HISTORICAL SOCIETY &amp; MUSEUM]\" src=\"https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2012\/01\/1812Inset13.jpg\" alt=\"Le \u00ab 49 \u00bb sur la plaque ovale indique le 49th \u202fRegiment of Foot. [PHOTO : NIAGARA HISTORICAL SOCIETY &amp; MUSEUM]\" width=\"515\" height=\"653\" srcset=\"https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2012\/01\/1812Inset13.jpg 515w, https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2012\/01\/1812Inset13-236x300.jpg 236w\" sizes=\"(max-width: 515px) 100vw, 515px\" \/><\/p>\n<div class=\"caption\"><span>Le \u00ab 49 \u00bb sur la plaque ovale indique le 49th \u202fRegiment of Foot. <\/span><\/div>\n<div class=\"credit\"><span>PHOTO : NIAGARA HISTORICAL SOCIETY &amp; MUSEUM<\/span><\/div>\n<\/div>\n<p>Quand la saison de campagne de 1814 a commenc\u00e9, on avait des raisons d\u2019\u00eatre optimiste en Am\u00e9rique du Nord britannique. En avril, la Grande-Bretagne et ses alli\u00e9s ont envoy\u00e9 Bonaparte en exil, qu\u2019ils avaient r\u00e9ussi \u00e0 d\u00e9tr\u00f4ner. \u00ab Je crois vraiment que le d\u00e9clin rapide de leur alli\u00e9, Napol\u00e9on, disait un Canadien \u00e0 propos des Am\u00e9ricains, va les faire d\u00e9chanter. \u00bb Les renforts britanniques se sont mis \u00e0 traverser l\u2019Atlantique. Un r\u00e9giment de cavalerie, 10 compagnies d\u2019artillerie et 33 bataillons d\u2019infanterie, c\u2019est-\u00e0-dire \u00e0 peu pr\u00e8s 28 000 hommes en tout, ont fait la travers\u00e9e. Les premiers sont arriv\u00e9s \u00e0 Qu\u00e9bec \u00e0 la fin du mois de juin et un journaliste de l\u2019endroit prenait acte de\u00a0: \u00ab La vue extraordinaire de plusieurs navires transportant des troupes britanniques [qui] avaient une belle apparence [malgr\u00e9 les] uniformes r\u00e2p\u00e9s qui les avaient couverts de tant de gloire [en France]. \u00bb Londres ordonna \u00e0 Prevost de dresser imm\u00e9-diatement les plans d\u2019une offensive de l\u2019autre c\u00f4t\u00e9 de la fronti\u00e8re.<\/p>\n<div class=\"caption_img \"\tstyle=\"width:515px\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignnone size-full wp-image-1388\" title=\"Une peinture de John Christian Schetky repr\u00e9sentant le HMS Shannon conduisant sa prise, le USS Chesapeake au port d\u2019Halifax en juin 1813. [ILLUSTRATION : JOHN CHRISTIAN SCHETKY, BIBLIOTH\u00c8QUE ET ARCHIVES CANADA, COLLECTION W.H. CLOVERDALE\u20141970-188-1937]\" src=\"https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2012\/01\/1812Inset14.jpg\" alt=\"Une peinture de John Christian Schetky repr\u00e9sentant le HMS Shannon conduisant sa prise, le USS Chesapeake au port d\u2019Halifax en juin 1813. [ILLUSTRATION : JOHN CHRISTIAN SCHETKY, BIBLIOTH\u00c8QUE ET ARCHIVES CANADA, COLLECTION W.H. CLOVERDALE\u20141970-188-1937]\" width=\"515\" height=\"366\" srcset=\"https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2012\/01\/1812Inset14.jpg 515w, https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2012\/01\/1812Inset14-300x213.jpg 300w\" sizes=\"(max-width: 515px) 100vw, 515px\" \/><\/p>\n<div class=\"caption\"><span>Une peinture de John Christian Schetky repr\u00e9sentant le HMS Shannon conduisant sa prise, le USS Chesapeake au port d\u2019Halifax en juin 1813. <\/span><\/div>\n<div class=\"credit\"><span>ILLUSTRATION : JOHN CHRISTIAN SCHETKY, BIBLIOTH\u00c8QUE ET ARCHIVES CANADA, COLLECTION W.H. CLOVERDALE\u20141970-188-1937<\/span><\/div>\n<\/div>\n<p>Cependant, les premi\u00e8res man\u0153uvres ont \u00e9t\u00e9 effectu\u00e9es par les \u00c9tats-Unis. La nuit du 3 juillet, une force command\u00e9e par le g\u00e9n\u00e9ral Jacob Brown traversait la Niagara pr\u00e8s de Fort Erie et obligeait ce poste \u00e0 se rendre \u00e0 l\u2019occasion de la campagne la plus longue et la plus rude de la guerre. \u00c0 la diff\u00e9rence des ann\u00e9es pr\u00e9c\u00e9dentes, quand les soldats am\u00e9ricains n\u2019\u00e9taient \u00e9videmment pas pr\u00eats au combat, l\u2019arm\u00e9e de Brown \u00e9tait bien entrain\u00e9e et command\u00e9e par des officiers relativement jeunes qui ne manquaient pas d\u2019exp\u00e9rience. La preuve que ces hommes savaient se battre a \u00e9t\u00e9 faite deux jours apr\u00e8s, \u00e0 la bataille de Chippawa du 5 juillet, lorsque Brown a battu une arm\u00e9e britannique \u00e0 d\u00e9couvert pour la premi\u00e8re fois de la guerre; comme il s\u2019en est vant\u00e9 \u00e0 Washington, la victoire avait \u00e9t\u00e9 \u00ab obtenue sur une plaine \u00bb. Les officiers sup\u00e9rieurs britanniques \u00e9taient d\u2019accord que la d\u00e9faite \u00e9tait le r\u00e9sultat de \u00ab l\u2019am\u00e9lioration de la discipline et de l\u2019exp\u00e9rience grandissante de l\u2019ennemi \u00bb.<\/p>\n<p>Le g\u00e9n\u00e9ral Gordon Drummond, commandant britannique du Haut-Canada, a d\u00e9m\u00e9nag\u00e9 son quartier g\u00e9n\u00e9ral \u00e0 la p\u00e9ninsule du Niagara et renforc\u00e9 les forces qui s\u2019y trouvaient. Pendant ce temps, Brown s\u2019est rendu au lac Ontario o\u00f9 il s\u2019attendait \u00e0 ce que l\u2019escadron naval am\u00e9ricain de ce plan d\u2019eau se trouve pr\u00eat \u00e0 l\u2019approvisionner pour l\u2019attaque de Fort George. Il n\u2019y avait toutefois aucune voile amie, car la Marine royale avait \u00e9tabli une sup\u00e9riorit\u00e9 provisoire sur le lac et Brown, frustr\u00e9, s\u2019est repli\u00e9 \u00e0 Chippawa pour se r\u00e9approvisionner. Il a \u00e9t\u00e9 suivi par Drummond qui, ayant fait une reconnaissance du camp am\u00e9ricain, a pris position sur une colline sablonneuse non loin des chutes, pr\u00e8s d\u2019un chemin de campagne en contrebas du nom de Lundy\u2019s Lane. Ses soldats pr\u00e9paraient leur souper en d\u00e9but de soir\u00e9e, le 25 juillet, quand l\u2019ordre de prendre les armes a \u00e9t\u00e9 donn\u00e9 parce que l\u2019ennemi s\u2019approchait. Quelques minutes apr\u00e8s, les troupes am\u00e9ricaines sont sorties d\u2019un bois de marronniers, au sud, et la bataille la plus sanglante de la guerre a commenc\u00e9.<\/p>\n<div class=\"caption_img \"\tstyle=\"width:515px\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignnone size-full wp-image-1390\" title=\"Un pistolet \u00e0 pierre am\u00e9ricain se chargeant par la bouche. [PHOTO : MUS\u00c9E CANADIEN DE LA GUERRE\u2014198102296-045BEAUTY]\" src=\"https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2012\/01\/1812Inset15.jpg\" alt=\"Un pistolet \u00e0 pierre am\u00e9ricain se chargeant par la bouche. [PHOTO : MUS\u00c9E CANADIEN DE LA GUERRE\u2014198102296-045BEAUTY]\" width=\"515\" height=\"201\" srcset=\"https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2012\/01\/1812Inset15.jpg 515w, https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2012\/01\/1812Inset15-300x117.jpg 300w\" sizes=\"(max-width: 515px) 100vw, 515px\" \/><\/p>\n<div class=\"caption\"><span>Un pistolet \u00e0 pierre am\u00e9ricain se chargeant par la bouche. <\/span><\/div>\n<div class=\"credit\"><span>PHOTO : MUS\u00c9E CANADIEN DE LA GUERRE\u2014198102296-045BEAUTY<\/span><\/div>\n<\/div>\n<p>Elle a dur\u00e9 plus de cinq heures, jusqu\u2019\u00e0 la nuit, et, comme s\u2019en est rappel\u00e9 un des participants, c\u2019\u00e9tait \u00ab une lutte acharn\u00e9e indescriptible \u00bb. Les pertes ont \u00e9t\u00e9 lourdes des deux c\u00f4t\u00e9s, y compris cinq des six g\u00e9n\u00e9raux britanniques et am\u00e9ricains qui ont \u00e9t\u00e9 bless\u00e9s vers la fin, et certaines unit\u00e9s ont \u00e9t\u00e9 command\u00e9es par des sergents. \u00c0 plusieurs moments, les arm\u00e9es se sont battues \u00e0 la ba\u00efonnette et il y a souvent eu des cas d\u2019erreur sur la personne dans l\u2019obscurit\u00e9 o\u00f9 des soldats ont tir\u00e9 sur leurs camarades. Quand les coups de feu se sont estomp\u00e9s, plus de 1 600 hommes avaient \u00e9t\u00e9 tu\u00e9s ou bless\u00e9s dans une zone d\u2019\u00e0 peu pr\u00e8s deux terrains de football et, comme l\u2019a remarqu\u00e9 un Am\u00e9ricain, c\u2019\u00e9tait \u00ab une sc\u00e8ne que [il] esp\u00e8re ne jamais \u00eatre vue par des \u00eatres humains. Dieu merci, [il y a] surv\u00e9cu \u00bb. \u00c0 la fin des combats, toutefois, l\u2019arm\u00e9e de Brown avait de bonnes raisons de crier victoire, car elle avait pris la colline : le terrain \u00e9lev\u00e9.<\/p>\n<p>Cette victoire a cependant \u00e9t\u00e9 gaspill\u00e9e par un g\u00e9n\u00e9ral su-balterne \u00e0 qui Brown, bless\u00e9 gravement, a remis le commandement. Il a ordonn\u00e9 un repli au Fort Erie o\u00f9 il a entrepris de construire un camp fortifi\u00e9. Une semaine apr\u00e8s, quand Drummond est arriv\u00e9 devant le fort, il y a trouv\u00e9 son ennemi dans une position bien retranch\u00e9e et bien fournie en artillerie. Le g\u00e9n\u00e9ral britannique a entam\u00e9 un si\u00e8ge, mais il a \u00e9t\u00e9 entrav\u00e9 par des probl\u00e8mes d\u2019approvisionnement, car l\u2019escadron britannique du lac Ontario s\u2019est retir\u00e9 \u00e0 Kingston parce que le commandant naval am\u00e9ricain avait arm\u00e9 un nouveau grand navire de guerre. Les approvisionnements de Drummond devaient alors lui \u00eatre apport\u00e9s par voie terrestre et en peu de temps, la nourriture et les munitions lui ont manqu\u00e9. Il a d\u00e9cid\u00e9 de parier le tout en un seul coup et d\u00e9clench\u00e9 un assaut au cours de la nuit du 14 au 15 aout. Cela a \u00e9t\u00e9 un d\u00e9sastre : les Britanniques et les Canadiens ont \u00e9t\u00e9 repouss\u00e9s en plusieurs endroits et la seule p\u00e9n\u00e9tration de la position ennemie \u00e0 un bastion du fort de pierres a vite \u00e9t\u00e9 termin\u00e9e lors de l\u2019explosion accidentelle d\u2019une poudri\u00e8re sous les pieds des attaquants. Des t\u00e9moins se sont rappel\u00e9s par la suite \u00ab une explosion terrible et un jet de flammes o\u00f9 se m\u00ealaient des fragments de poutre, de terre et de corps qui sont mont\u00e9s \u00e0 cent pieds dans les airs \u00bb. L\u2019assaut a \u00e9t\u00e9 un \u00e9chec complet, et le cout en a \u00e9t\u00e9 de plus de 900 morts et bless\u00e9s.<\/p>\n<div class=\"caption_img \"\tstyle=\"width:515px\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignnone size-full wp-image-1391\" title=\"Un sabre de cavalerie l\u00e9g\u00e8re britannique de 1796. [PHOTO : MUS\u00c9E CANADIEN DE LA GUERRE\u201419760115-00166]\" src=\"https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2012\/01\/1812Inset16.jpg\" alt=\"Un sabre de cavalerie l\u00e9g\u00e8re britannique de 1796. [PHOTO : MUS\u00c9E CANADIEN DE LA GUERRE\u201419760115-00166]\" width=\"515\" height=\"196\" srcset=\"https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2012\/01\/1812Inset16.jpg 515w, https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2012\/01\/1812Inset16-300x114.jpg 300w\" sizes=\"(max-width: 515px) 100vw, 515px\" \/><\/p>\n<div class=\"caption\"><span>Un sabre de cavalerie l\u00e9g\u00e8re britannique de 1796. <\/span><\/div>\n<div class=\"credit\"><span>PHOTO : MUS\u00c9E CANADIEN DE LA GUERRE\u201419760115-00166<\/span><\/div>\n<\/div>\n<p>Les armes britanniques ont eu davantage de succ\u00e8s ailleurs pendant cet \u00e9t\u00e9 sanglant. En aout, le g\u00e9n\u00e9ral John Coape Sherbrooke, lieutenant-gouverneur de la Nouvelle-\u00c9cosse, a entrepris une exp\u00e9dition contre les ports c\u00f4tiers du Maine et captur\u00e9 Bangor, Castine et Machias. Les commandants britanniques ont per\u00e7u les droits de douane et la taxe d\u2019accise sur les marchandises arrivant \u00e0 terre durant leur possession de ces endroits et, apr\u00e8s la guerre, 10 000 \u00a3 pr\u00e9lev\u00e9es aux fonds ainsi obtenus ont servi \u00e0 l\u2019\u00e9tablissement de l\u2019Universit\u00e9 Dalhousie \u00e0 Halifax. Plus au sud, une importante exp\u00e9dition est arriv\u00e9e \u00e0 la baie de Chesapeake afin d\u2019y attirer des troupes am\u00e9ricaines du th\u00e9\u00e2tre septentrional. \u00c0 la fin du mois d\u2019aout, une petite arm\u00e9e britannique command\u00e9e par le g\u00e9n\u00e9ral Robert Ross s\u2019est dirig\u00e9e vers Washington et a battu une force am\u00e9ricaine sup\u00e9-rieure en nombre \u00e0 Bladensburg, pr\u00e8s de la capitale \u00e9tats-unienne, de laquelle faisaient partie le pr\u00e9sident James Madison, le secr\u00e9taire de la guerre John Armstrong et le secr\u00e9taire d\u2019\u00c9tat James Monroe. Il est possible que la pr\u00e9sence de ces politiciens sur le champ de bataille soit attribuable \u00e0 l\u2019occupation de Washington par l\u2019arm\u00e9e de Ross cette nuit-l\u00e0. Au cours des quelques jours qui ont suivi, elle a incendi\u00e9 des \u00e9tablissements militaires et navals, les \u00e9difices de l\u2019Assembl\u00e9e l\u00e9gislative et l\u2019h\u00f4tel particulier du pr\u00e9sident qui ne s\u2019appelait pas encore la Maison-Blanche et qui, selon les r\u00e8gles de la guerre telles qu\u2019on les comprenait alors, \u00e9taient des cibles militaires l\u00e9gitimes.<\/p>\n<p>Le succ\u00e8s \u00e0 Washington a \u00e9t\u00e9 suivi, le 12 septembre, par l\u2019\u00e9chec \u00e0 Baltimore, quand Ross a \u00e9t\u00e9 tu\u00e9 en faisant une reconnaissance des d\u00e9fenses de la ville. Baltimore \u00e9tant trop puissamment d\u00e9fendue pour qu\u2019ils l\u2019attaquent directement, les Britanniques se sont content\u00e9s d\u2019un bombardement naval de Fort McHenry, non loin de l\u00e0, par l\u2019artillerie et les fus\u00e9es. Un jeune avocat am\u00e9ricain, Francis Scott Key, ravi du flamboiement des canons et des explosions a rapidement \u00e9crit un po\u00e8me, qu\u2019il a adapt\u00e9 par la suite \u00e0 la musique d\u2019une vieille chanson \u00e0 boire anglaise, commen\u00e7ant par Oh say can you see, by the dawn\u2019s early light; comme c\u2019est bien connu, c\u2019est devenu par la suite l\u2019hymne national des \u00c9tats-Unis. Malgr\u00e9 les feux d\u2019artifice, l\u2019attaque des Britanniques a \u00e9t\u00e9 repouss\u00e9e.<\/p>\n<p>C\u2019est au nord, sur le lac Champlain, qu\u2019a eu lieu la plus grande offensive britannique de la guerre. Durant les premiers jours de septembre, une arm\u00e9e britannique et canadienne de plus de 10 000 hommes dirig\u00e9e par Prevost s\u2019est introduite dans le Nord de l\u2019\u00c9tat de New York et s\u2019est approch\u00e9e de la base navale am\u00e9ricaine de Plattsburgh. C\u2019\u00e9tait une arm\u00e9e pleine de confiance : les musiques r\u00e9gimentaires jouaient Yankee Doodle comme insulte pendant que les troupes d\u00e9filaient sur un pont pr\u00e8s de la fronti\u00e8re, \u00e0 Champlain (N. Y.). Prevost a facilement balay\u00e9 les arri\u00e8res-gardes de la milice et a atteint Plattsburgh le 6 septembre, puis il s\u2019est install\u00e9 en attendant l\u2019escadron britannique du lac Champlain dont il avait besoin pour s\u2019emparer de la base ennemie. La Marine royale est arriv\u00e9e comme pr\u00e9vu, le 11 septembre, et a attaqu\u00e9 l\u2019escadron am\u00e9ricain qui gardait l\u2019entr\u00e9e du port de Plattsburgh. L\u2019escadron britannique a \u00e9t\u00e9 enti\u00e8rement battu et captur\u00e9 apr\u00e8s une bataille o\u00f9 presque 250 hommes des deux c\u00f4t\u00e9s ont \u00e9t\u00e9 tu\u00e9s ou bless\u00e9s. Ne pouvant pas prendre Plattsburgh sans l\u2019aide de la Marine, Prevost a d\u00e9cid\u00e9 de retourner au Canada et la meilleure arm\u00e9e britannique jamais envoy\u00e9e en Am\u00e9rique du Nord, le moral bas, a fait demi-tour et s\u2019est train\u00e9e vers le nord. Un officier britannique s\u2019est souvenu par la suite que pendant que les longues colonnes se trainaient sur le pont \u00e0 Champlain, un Am\u00e9ricain a cri\u00e9 : \u00ab On dirait que vous ne jouez plus Yankee Doodle maintenant\u00a0\u00bb. Certains des hommes de l\u2019officier \u00ab auraient voulu le jeter [l\u2019Am\u00e9ricain] dans la rivi\u00e8re, mais ils ne l\u2019ont pas fait \u00bb.<\/p>\n<p>Pendant ce temps, au bord de la Niagara, le g\u00e9n\u00e9ral Gordon Drummond avait continu\u00e9 de pi\u00e9tiner au si\u00e8ge de Fort Erie, mais le manque de nourriture et de munitions l\u2019a oblig\u00e9 \u00e0 ordonner le repli. Ses soldats se pr\u00e9paraient \u00e0 le faire, le 17 septembre, quand les Am\u00e9ricains ont jailli du fort et attaqu\u00e9 les batteries du si\u00e8ge. Ils ont fini par \u00eatre repouss\u00e9s, mais pas avant que plus de 1 000 hommes aient \u00e9t\u00e9 perdus des deux c\u00f4t\u00e9s. Drummond s\u2019est repli\u00e9 jusqu\u2019\u00e0 une bonne position d\u00e9fensive sur la rive nord de la Chippawa. Presque en m\u00eame temps, ironie du sort, l\u2019escadron britannique du lac Ontario reprenait la sup\u00e9riorit\u00e9 navale apr\u00e8s avoir arm\u00e9 le navire de guerre St. Lawrence de plus de 100 canons, le plus grand b\u00e2timent naviguant sur les Grands Lacs. Malheureusement, c\u2019\u00e9tait un \u00e9l\u00e9phant blanc tr\u00e8s couteux qui n\u2019a fait qu\u2019un seul voyage avant de retourner \u00e0 Kingston, o\u00f9 il est rest\u00e9 pendant le reste de sa courte carri\u00e8re. La campagne s\u2019est termin\u00e9e au d\u00e9but du mois de novembre quand l\u2019arm\u00e9e am\u00e9ricaine du Niagara est retourn\u00e9e sur le sol am\u00e9ricain. Il y a encore eu quelques escarmouches et actions mineures, mais la guerre \u00e9tait en grande partie termin\u00e9e.<\/p>\n<p>Les combats de l\u2019\u00e9t\u00e9 et de l\u2019automne de 1814 avaient \u00e9t\u00e9 suivis peu apr\u00e8s par l\u2019envoi de diplomates des deux nations \u00e0 la ville hollandaise de Ghent pour n\u00e9gocier un accord de paix. Ils sont parvenus, apr\u00e8s de longues n\u00e9gociations, \u00e0 un accord bas\u00e9 sur le statuquo ante. Le trait\u00e9 a \u00e9t\u00e9 sign\u00e9 \u00e0 la veille de No\u00ebl 1814, mais la nouvelle n\u2019a atteint l\u2019Am\u00e9rique du Nord qu\u2019en janvier 1815, quand a eu lieu la derni\u00e8re grande bataille, \u00e0 La Nouvelle-Orl\u00e9ans, o\u00f9 il y a eu beaucoup de victimes avant que les Britanniques ne soient repouss\u00e9s. Deux mois apr\u00e8s, le Congr\u00e8s des \u00c9tats-Unis ratifiait le trait\u00e9 de Ghent et la guerre \u00e9tait finie.<\/p>\n<p>Quels ont donc \u00e9t\u00e9 les r\u00e9sultats de ce conflit \u00ab oubli\u00e9 \u00bb? Il est facile de r\u00e9pondre \u00e0 cette question. Si la Grande-Bretagne n\u2019avait pas bien d\u00e9fendu ses colonies d\u2019Am\u00e9rique du Nord, le Canada n\u2019existerait pas aujourd\u2019hui. Cette guerre a \u00e9t\u00e9 un moment d\u00e9terminant de l\u2019histoire canadienne au cours duquel ont \u00e9t\u00e9 \u00e9tablies les fondations non seulement de la Conf\u00e9d\u00e9ration, mais aussi de la nation moderne que nous avons aujourd\u2019hui, ind\u00e9pendante et libre, comprenant une monarchie constitutionnelle, un syst\u00e8me parlementaire et le respect de la diversit\u00e9 linguistique et ethnique. Ce sont l\u00e0 certainement suffisamment de raisons non seulement de se souvenir de la guerre de 1812, mais de la comm\u00e9morer.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>\u00c0 l\u2019automne dernier, le ministre du Patrimoine canadien, James Moore, a annonc\u00e9 que le gouvernement f\u00e9d\u00e9ral investirait des millions de dollars pour c\u00e9l\u00e9brer le 200e anniversaire de la guerre de 1812. Cette c\u00e9l\u00e9bration, a-t-il d\u00e9clar\u00e9, est une occasion pour tous les Canadiens de raviver la fiert\u00e9 que leur inspire leur histoire et de participer \u00ab aux activit\u00e9s qui seront organis\u00e9es dans le cadre de cet anniversaire important pour le Canada \u00bb. Toutefois, \u00e9tant donn\u00e9 la disparition progressive de l\u2019histoire dans les programmes scolaires au cours des derni\u00e8res d\u00e9cennies,  beaucoup de Canadiens, surtout parmi les plus jeunes, n\u2019ont que des id\u00e9es floues au sujet de cette guerre, de ses causes, de son cours et de ses r\u00e9sultats. Une r\u00e9vision de ce conflit \u00ab oubli\u00e9 \u00bb peut donc \u00eatre utile \u00e0 ceux qui voudraient se pr\u00e9parer aux comm\u00e9morations \u00e0 venir.<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[3],"tags":[],"class_list":["post-1336","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-articles-principaux"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1336","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=1336"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1336\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=1336"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=1336"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=1336"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}