{"id":118,"date":"2006-05-01T22:24:25","date_gmt":"2006-05-02T03:24:25","guid":{"rendered":"http:\/\/28330.vws.magma.ca\/fr\/?p=118"},"modified":"2006-05-01T22:24:25","modified_gmt":"2006-05-02T03:24:25","slug":"lart-demouvoir-le-programme-darts-des-forces-canadiennes-2001-2006","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/2006\/05\/lart-demouvoir-le-programme-darts-des-forces-canadiennes-2001-2006\/","title":{"rendered":"L&#8217;art d&#8217;\u00e9mouvoir : le Programme d&#8217;arts des Forces canadiennes, 2001-2006"},"content":{"rendered":"<h1><\/h1>\n<p>&#8220;La mission de l&#8217;art n&#8217;est pas de copier la nature, mais de                   l&#8217;exprimer.<br \/>\n<em>&#8211;Honor\u00e9 de Balzac le Chef-d&#8217;oeuvre inconnu,<\/em> p.                 394.<\/p>\n<p>Le minist\u00e8re de la D\u00e9fense nationale a cr\u00e9\u00e9 le Programme d&#8217;arts                   des Forces canadiennes (PAFC) il y a cinq ans. La repr\u00e9sentation                   artistique du travail des Forces canadiennes, au pays comme \u00e0 l&#8217;\u00e9tranger,                   ajoute un \u00e9l\u00e9ment important \u00e0 la compr\u00e9hension de ce travail.                   Les anciens combattants remarquent souvent qu&#8217;il leur est difficile                   de trouver les mots pour exprimer ce qu&#8217;ils ont v\u00e9cu. On peut                   se servir de photographies pour reconstituer le pass\u00e9 mais                   c&#8217;est l&#8217;art qui permet d&#8217;exprimer les \u00e9motions qui sont difficiles \u00e0 saisir                   avec un appareil de photo; les artistes fournissent donc un                   compl\u00e9ment int\u00e9ressant aux autres moyens cherchant \u00e0 immortaliser                   la vie militaire. Nous pr\u00e9sentons ici un court sommaire des                   premiers cinq ans du programme.<\/p>\n<p>Dans le cadre d&#8217;un projet pilote du PAFC, trois artistes ont \u00e9t\u00e9 s\u00e9lectionn\u00e9s \u00e0 l&#8217;\u00e9t\u00e9 2002                   pour accompagner les Forces canadiennes sur les lieux de l&#8217;op\u00e9ration                   Apollo, en Asie du Sud-Ouest. Ensuite, entre 2003 et 2005,                   21 artistes ont \u00e9t\u00e9 choisis lors d&#8217;une premi\u00e8re comp\u00e9tition                   et ils viennent juste de terminer leur exp\u00e9rience. En d\u00e9cembre                   2005, cinq nouveaux artistes furent choisis pour commencer                   leurs travaux pendant la p\u00e9riode 2006-2007. Mais avant de parler                   de ces artistes du PAFC, il serait utile de faire un survol                   rapide des autres programmes d&#8217;art militaire canadiens du 20e                   si\u00e8cle.<\/p>\n<p>Le premier programme d&#8217;art militaire canadien a \u00e9t\u00e9 officiellement                   cr\u00e9\u00e9 en 1916. Une centaine d&#8217;artistes travaillant pour le Canadian                   War Memorials Fund ont ex\u00e9cut\u00e9 plus de 800 tableaux, sculptures                   et oeuvres imprim\u00e9es. Sous la direction de Max Aitken, l&#8217;\u00e2me                   du programme, les artistes, selon les historiens Dean Oliver                   et Laura Brandon, &#8220;illustrent, perp\u00e9tuent et \u00e9clairent les                   principaux \u00e9v\u00e9nements de la Premi\u00e8re Guerre mondiale telle                   que les Canadiens l&#8217;ont v\u00e9cue, mais ils marquent \u00e9galement                   une \u00e9tape importante dans l&#8217;\u00e9volution de l&#8217;art canadien&#8221;. Les                   membres du Groupe des Sept ont \u00e9t\u00e9 durement frapp\u00e9s par leur                   exp\u00e9rience, dont Fred Varley, A.Y. Jackson, Arthur Lismer et                   Frank Johnston. Selon Varley, &#8220;vous, au Canada [&#8230;] vous ne                   pouvez pas du tout imaginer ce qu&#8217;est la guerre.&#8221; L&#8217;id\u00e9e qu&#8217;il                   faut faire l&#8217;exp\u00e9rience de la vie militaire afin de la comprendre                   revient souvent dans les r\u00e9cits des artistes de guerre.<\/p>\n<p>Pendant la Seconde Guerre mondiale, 31 peintres officiels,                   dont la plupart portaient d\u00e9j\u00e0 l&#8217;uniforme, ont \u00e9t\u00e9 engag\u00e9s                   dans le cadre du programme d&#8217;art militaire pour servir aux                   c\u00f4t\u00e9s des soldats, marins et aviateurs canadiens. C&#8217;\u00e9tait une                   autre guerre et ce programme a produit des oeuvres diff\u00e9rentes                   au lieu de mettre l&#8217;accent sur la trag\u00e9die et la destruction,                   la plupart des cinq mille images (plus petites) montrant les \u00e9v\u00e9nements,                   les machines et les diff\u00e9rents acteurs dans toutes les situations.                   Toutefois, comme cela avait \u00e9t\u00e9 le cas pour les organisateurs                   du programme pr\u00e9c\u00e9dent, les responsables du programme pendant                   la Seconde Guerre mondiale (Vincent Massey, le Colonel A.F.                   Duguid, le major C.P. Stacey et le directeur H.O. McCurry du                   Mus\u00e9e des beaux-arts du Canada) insistaient pour que les artistes                   soient l\u00e0, avec leurs sujets. Cette politique fut appuy\u00e9e par                   des artistes comme Alex Colville, qui a d\u00e9crit ce qu&#8217;il a ressenti \u00e0 Bergen-Belsen                   peu de temps apr\u00e8s la lib\u00e9ration de ce camp : &#8220;Ce fut une exp\u00e9rience                   profond\u00e9ment \u00e9mouvante.&#8221; Et Charles Comfort, ayant pass\u00e9 un                   an avec l&#8217;arm\u00e9e canadienne en Italie, a not\u00e9 qu&#8217;il lui \u00e9tait                   impossible de ne pas \u00eatre touch\u00e9 par les \u00e9v\u00e9nements qu&#8217;il a                   vus.<\/p>\n<p>Entre 1968 et 1995 il y avait le Programme d&#8217;aide des Forces                   canadiennes aux artistes civils (CAFCAP) dans le cadre duquel                   une quarantaine d&#8217;artistes ont cr\u00e9\u00e9 environ 250 oeuvres. La                   plupart d&#8217;entre eux ont travaill\u00e9 en temps de paix et d\u00e9peint                   les activit\u00e9s des forces dans diverses situations, au pays                   et \u00e0 l&#8217;\u00e9tranger. L&#8217;annulation du programme a cr\u00e9\u00e9 un vide,                   lequel a \u00e9t\u00e9 combl\u00e9 quelques ann\u00e9es plus tard par le PAFC.<\/p>\n<h2>Les premiers artistes du PAFC<\/h2>\n<p>Le 6 juin 2001, le chef d&#8217;\u00e9tat-major de la D\u00e9fense, le g\u00e9n\u00e9ral                   Maurice Baril, a annonc\u00e9 la cr\u00e9ation du PAFC qui visait une                   fois de plus \u00e0 donner \u00e0 des artistes l&#8217;occasion de d\u00e9peindre                   le travail des forces dans le monde entier. La premi\u00e8re \u00e9tape                   consistait \u00e0 former un comit\u00e9 de s\u00e9lection pour que les artistes                   du PAFC jouissent du soutien des communaut\u00e9s militaire et artistique.                   Ce comit\u00e9, pr\u00e9sid\u00e9 par Serge Bernier, Directeur histoire et                   patrimoine, incluait Joe Geurts (directeur du Mus\u00e9e canadien                   de la guerre), Jean-Louis Roux (pr\u00e9sident du Conseil des Arts                   du Canada), Roch Carrier (directeur de la Biblioth\u00e8que nationale                   du Canada), Pierre Th\u00e9berge (directeur du Mus\u00e9e des beaux-arts                   du Canada), la s\u00e9nateure Lucie P\u00e9pin et l&#8217;artiste Michael Flahault.<\/p>\n<p>L&#8217;\u00e9t\u00e9 suivant, John Horton \u00e9tait l&#8217;artiste nomm\u00e9 pour accompagner                   la marine en Asie du Sud-Ouest. N\u00e9 en Angleterre et dipl\u00f4m\u00e9 des \u00e9coles                   d&#8217;art de Poole, Bournemouth et Wimbledon, il a servi dans la                   Royal Navy et dans la r\u00e9serve navale canadienne. Install\u00e9 \u00e0 Vancouver                   depuis 1964, il travaille en design et en architecture et,                   depuis 1970, peint la marine. Il est arriv\u00e9 au golfe Persique                   en juillet 2002, \u00e0 bord du NCSM Algonquin, et il s&#8217;est rapidement                   adapt\u00e9 \u00e0 son milieu. &#8220;J&#8217;ai \u00e9t\u00e9 dans la marine&#8221;, explique-t-il,                   et m\u00eame si certains aspects \u00e9taient nouveaux, &#8220;je savais \u00e0 quoi                   m&#8217;attendre en m&#8217;embarquant.&#8221; L&#8217;accueil chaleureux de l&#8217;\u00e9quipage                   a facilit\u00e9 son int\u00e9gration : &#8220;Ils ont \u00e9t\u00e9 si gentils avec moi                   et m&#8217;ont trait\u00e9 comme un des leurs.&#8221; Une de ses premi\u00e8res t\u00e2ches                   a \u00e9t\u00e9 de d\u00e9cider quoi peindre afin de d\u00e9montrer &#8220;ce qu&#8217;on faisait                   et ce qu&#8217;\u00e9tait la vie dans la marine moderne&#8221;. Il a fini par                   estimer que les abordages \u00e9taient la cl\u00e9 des op\u00e9rations et                   il repr\u00e9sente fort bien ce th\u00e8me dans deux tableaux: Arraisonnement \u00e0 l&#8217;aube                   et &#8216;Go Fast&#8217;&#8211;Interdiction. Selon lui, &#8220;ces deux tableaux \u00e0 eux                   seuls montrent en quoi consistait l&#8217;op\u00e9ration canadienne dans                   le golfe Persique&#8221;. (Pour voir ces tableaux et les tableaux                   des autres artistes, consulter le site web du PAFC \u00e0 www.forces.gc.                   ca\/dhh.) Tout en choisissant ses th\u00e8mes et en faisant des croquis,                   M. Horton prenait des photographies pour les d\u00e9tails mais cela                   s&#8217;est av\u00e9r\u00e9 difficile avec l&#8217;humidit\u00e9.<\/p>\n<p>Allan Mackay, n\u00e9 \u00e0 Charlottetown (\u00ce.-P.-\u00c9.), l&#8217;artiste nomm\u00e9 pour                   l&#8217;arm\u00e9e, a un dipl\u00f4me du Nova Scotia College of Art. Il a fait                   carri\u00e8re dans les arts visuels en tant que directeur-conservateur,                   administrateur des affaires culturelles et artiste professionnel.                   Il travaille maintenant comme consultant en conservation pour                   le Mus\u00e9e des beaux-arts de Kitchener-Waterloo. Son arriv\u00e9e \u00e0 l&#8217;a\u00e9roport                   de Kandahar a \u00e9t\u00e9 m\u00e9morable : &#8220;C&#8217;\u00e9tait certainement int\u00e9ressant                   d&#8217;arriver en Afghanistan \u00e0 bord d&#8217;un Hercules [&#8230;] je plongeai                   dans le milieu o\u00f9 je me trouvais.&#8221; Pendant qu&#8217;il cherchait                   l&#8217;inspiration pour les th\u00e8mes de ses travaux il filmait; il                   travaille \u00e0 partir de photographies et il a film\u00e9 environ cinq                   heures de vid\u00e9o. De retour au Canada, il a choisi les images                   et commenc\u00e9 \u00e0 les travailler avec un m\u00e9lange de fusain, de                   pastels, de pastels \u00e0 l&#8217;huile et de cire. Son usage de la cire                   est vraiment remarquable et v\u00e9hicule efficacement son interpr\u00e9tation                   de l&#8217;environnement. &#8220;J&#8217;utilise un pinceau large tremp\u00e9 dans                   un m\u00e9lange de cire fondue et de vernis de dammar et je r\u00e9pands                   la cire en une couche unie ou presque unie sur le dessin&#8230;. \u00c9tant                   donn\u00e9 la poussi\u00e8re et le sable dans cette r\u00e9gion, une telle                   technique permet de rendre d&#8217;une certaine mani\u00e8re [&#8230;] l&#8217;apparence                   du paysage et de l&#8217;air.&#8221; Puisqu&#8217;il \u00e9tait sur place, il a vu                   lui-m\u00eame le sable et la poussi\u00e8re et ces \u00e9l\u00e9ments, moins visibles                   sur les photos, sont nettement pr\u00e9sents dans ses repr\u00e9sentations.<\/p>\n<p>L&#8217;artiste nomm\u00e9 pour accompagner la force a\u00e9rienne fut Ardell                   Bourgeois. N\u00e9 en Alberta, il a d\u00e9m\u00e9nag\u00e9 plusieurs fois avant                   de s&#8217;\u00e9tablir en Colombie-Britannique o\u00f9 il a \u00e9tudi\u00e9 au Emily                   Carr College of Art and Design. En mai 2002 il recevait un                   appel t\u00e9l\u00e9phonique du g\u00e9rant du programme, le major Andr\u00e9 Levesque,                   qui lui offrait de participer au programme et deux mois plus                   tard il \u00e9tait sur les lieux. Il s&#8217;est d&#8217;abord familiaris\u00e9 avec                   le milieu : &#8220;Il y avait beaucoup de choses \u00e0 regarder et j&#8217;essayais                   de saisir certaines des activit\u00e9s. J&#8217;ai fini par choisir ce                   qui me frappait le plus, des activit\u00e9s auxquelles je participais                   directement.&#8221; Apr\u00e8s avoir choisi ses th\u00e8mes, il a pris des                   photographies et fait des esquisses sur lesquelles il travaillerait                   de retour au Canada. Il a peint un tableau sur place, non sans                   mal, une reine sans hangar. &#8220;La chaleur posait un probl\u00e8me,&#8221; explique-t-il. &#8220;L&#8217;\u00e9l\u00e9ment                   principal que j&#8217;avais vraiment sous-estim\u00e9, c&#8217;\u00e9tait \u00e0 quel                   point elle aurait des effets sur la peinture \u00e0 l&#8217;huile et la                   lumi\u00e8re&#8230; Il faisait jusqu&#8217;\u00e0 48 degr\u00e9s Celsius [&#8230;] \u00e0 dix heures                   du matin et la peinture \u00e9tait si liquide qu&#8217;elle n&#8217;adh\u00e9rait                   pas bien \u00e0 l&#8217;isorel [&#8230;]. J&#8217;avais un temps limit\u00e9 pour peindre                   parce que je devais attendre que les a\u00e9ronefs ne soient plus                   sur l&#8217;aire de trafic.&#8221;<\/p>\n<p>Vu les bons r\u00e9sultats du projet pilote, le PAFC a lanc\u00e9 sa                   premi\u00e8re comp\u00e9tition ouverte \u00e0 tous les artistes canadiens.                   Le comit\u00e9 de s\u00e9lection a retenu 21 candidats qui allaient participer \u00e0 des                   missions entre mai 2003 et d\u00e9cembre 2005. Afin d&#8217;assurer aux                   artistes l&#8217;acc\u00e8s leur permettant de vraiment comprendre les                   activit\u00e9s militaires, la coop\u00e9ration des membres des Forces                   canadiennes \u00e9tait essentielle. Les artistes ont tous grandement                   appr\u00e9ci\u00e9 cette coop\u00e9ration. L&#8217;\u00e9quipage du NCSM Calgary a accueilli                   au nom de la marine \u00e0 Esquimalt les artistes Douglas Bradford,                   Ho Tam et Maskull Lasserre. \u00c0 Halifax, l&#8217;\u00e9quipage du NCSM Toronto                   a accueilli pendant deux semaines les artistes David Collier,                   Fran\u00e7ois B\u00e9roud et Andrew Wright en avril 2005.<\/p>\n<p>L&#8217;arm\u00e9e a pour sa part re\u00e7u quatre artistes en d\u00e9cembre 2003 \u00e0 Sherbrooke                   pendant une semaine d&#8217;entra\u00eenement en pr\u00e9paration pour une                   mission en Afghanistan. Il s&#8217;agissait de Jacques Hamel, Karole                   Marois, Sylvie Pecota (qui est all\u00e9e aussi en Ha\u00efti), et Edward                   Zuber. De plus, Gertrude Kearns a particip\u00e9 pendant une semaine,                   en ao\u00fbt 2004, aux exercices de pr\u00e9paration de type FIBUA (combat                   dans les zones b\u00e2ties), \u00e0 la base de Petawawa.<\/p>\n<p>L&#8217;aviation, quant \u00e0 elle, a accueilli l&#8217;artiste Alex Meyboom \u00e0 Trenton                   pendant la p\u00e9riode tr\u00e8s charg\u00e9e de janvier 2005 lorsque les                   membres du DART partaient aider les victimes du tsunami en                   Asie du Sud-Est. Et en avril 2005, la base de Cold Lake en                   Alberta a re\u00e7u la visite de Katherine Taylor et de Mark Richfield                   pendant cinq jours.<\/p>\n<p>Il y a aussi des artistes qui ont choisi les \u00e9v\u00e9nements comm\u00e9moratifs                   comme sujet. Ainsi, en juin 2004, \u00e0 l&#8217;occasion des c\u00e9r\u00e9monies                   du soixanti\u00e8me anniversaire du d\u00e9barquement, Ian Wall a accompagn\u00e9 des                   groupes d&#8217;anciens combattants en Normandie. Et, en novembre                   2004, Zeqirja Rexhepi et Kevin Goligher ont observ\u00e9 les \u00e9v\u00e9nements                   de la journ\u00e9e du souvenir, le premier \u00e0 Ottawa et le deuxi\u00e8me \u00e0 Kingston.                   Finalement, en mai 2005, Karole Marois s&#8217;est jointe aux anciens                   combattants en Hollande pour les c\u00e9r\u00e9monies du soixanti\u00e8me                   anniversaire du jour de la victoire en Europe.<\/p>\n<h2>Les cinq nouveaux artistes<\/h2>\n<p>Pendant l&#8217;automne 2005, le PAFC a lanc\u00e9 une deuxi\u00e8me comp\u00e9tition,                   ouverte \u00e0 tous les artistes canadiens, et le comit\u00e9 de s\u00e9lection                   a retenu cinq candidats qui participeraient \u00e0 des missions                   entre janvier 2006 et d\u00e9cembre 2007. (Les artistes int\u00e9ress\u00e9s \u00e0 soumettre                   leur candidature sont pri\u00e9s de noter qu&#8217;il y aura une autre                   comp\u00e9tition \u00e0 l&#8217;automne 2007 et ils sont invit\u00e9s \u00e0 consulter                   le site web de la Direction histoire et patrimoine du minist\u00e8re                   de la D\u00e9fense nationale pour les d\u00e9tails.) Le comit\u00e9 de s\u00e9lection,                   pr\u00e9sid\u00e9 par l&#8217;historien de l&#8217;art Fran\u00e7ois-Marc Gagnon, comprend                   Laura Brandon, Michel Gaboury, Greg Hill et Zeqirja Rexhepi.<\/p>\n<p>Karen Bailey d&#8217;Ottawa est l&#8217;un des cinq nouveaux artistes.                   Elle a \u00e9tudi\u00e9 au Reigate School of Art and Design en Angleterre                   et a fait douze expositions solos depuis 1987. Elle est sp\u00e9cialiste                   en science h\u00e9raldique et en calligraphie. Elle veut essayer                   de d\u00e9montrer dans ses travaux comment chaque participant contribue                   au bon fonctionnement de chaque mission, souvent en travailleur                   invisible. &#8220;C&#8217;est l&#8217;interaction entre les hommes et les femmes \u00e0 l&#8217;avant-plan                   et les autres en arri\u00e8re-sc\u00e8ne qui m&#8217;int\u00e9resse le plus.&#8221;<\/p>\n<p>Allan Ball, un artiste d&#8217;Edmonton, a \u00e9tudi\u00e9 en arts visuels \u00e0 l&#8217;Universit\u00e9 de                   l&#8217;Alberta. Il a pr\u00e9sent\u00e9 douze expositions solos depuis 1990                   et il utilise plusieurs m\u00e9dias dans ses travaux. Il se souvient                   des activit\u00e9s militaires de son p\u00e8re qui ont marqu\u00e9 sa jeunesse.                   Il d\u00e9sire \u00e9tudier de plus pr\u00e8s la vie quotidienne des soldats,                   de m\u00eame par ailleurs que le r\u00f4le de la religion.<\/p>\n<p>Catherine Jones, une artiste d&#8217;Halifax, a \u00e9tudi\u00e9 au Nova Scotia                   College of Art and Design et a fait quinze expositions solos                   depuis 1980, dont &#8220;At the End of the Day&#8221;, une \u00e9tude de 21                   portraits. Ces portraits, illustrant d&#8217;anciens soldats canadiens,                   britanniques et allemands, sont inspir\u00e9s du d\u00eener de la r\u00e9conciliation \u00e0 Ortona                   en 1998 et fond\u00e9s sur le th\u00e8me du pardon. &#8220;Le pardon est l&#8217;une                   des qualit\u00e9s humaines les plus rares&#8221;, explique-t-elle. &#8220;Quel                   beau t\u00e9moignage de voir ces hommes qui, malgr\u00e9 le fait qu&#8217;ils                   ont \u00e9t\u00e9 des ennemis mortels, ont pu s&#8217;asseoir pour manger et                   trinquer ensemble.&#8221; Elle a quelques projets qu&#8217;elle aimerait                   r\u00e9aliser dans le cadre du PAFC et elle consid\u00e8re que &#8220;c&#8217;est                   un privil\u00e8ge et un honneur d&#8217;\u00eatre choisie&#8221;.<\/p>\n<p>William MacDonnell, un artiste de Calgary, a \u00e9tudi\u00e9 au Nova                   Scotia College of Art and Design et il a fait vingt-quatre                   expositions solos depuis 1979. Ses tableaux ont repr\u00e9sent\u00e9 plusieurs                   sc\u00e8nes de guerre et les cons\u00e9quences des guerres dans les villes                   allemandes en 1919 et en 1946, la signature de l&#8217;armistice \u00e0 la                   fin de la Premi\u00e8re Guerre mondiale, les lendemains des op\u00e9rations                   de maintien de la paix en Croatie et les champs ruin\u00e9s en Indochine                   apr\u00e8s la guerre. \u00c0 travers ses oeuvres, on voit sa r\u00e9flexion                   au sujet de la m\u00e9moire collective d&#8217;une soci\u00e9t\u00e9 et aussi le                   ph\u00e9nom\u00e8ne de l&#8217;oubli.<\/p>\n<p>Scott Waters, de Toronto, a \u00e9tudi\u00e9 les arts visuels \u00e0 l&#8217;Universit\u00e9 York                   et il a fait huit expositions solos depuis 1998. Ancien soldat                   du PPCLI, il s&#8217;int\u00e9resse \u00e0 la culture militaire et \u00e0 l&#8217;\u00e9thique                   de travail protestante. Sa collection &#8220;The Hero Book&#8221; est peinte                   sur du contreplaqu\u00e9, &#8220;un mat\u00e9riau tr\u00e8s utilis\u00e9 par le commun                   des mortels&#8221;. Selon lui, le PAFC repr\u00e9sente &#8220;un de ces projets                   id\u00e9als&#8221; et il esp\u00e8re peindre les soldats en d\u00e9ploiement et                   les patrouilles tout comme les repas au mess.<\/p>\n<p align=\"center\">*\u00a0\u00a0*\u00a0\u00a0*<\/p>\n<p>Le comit\u00e9 consultatif, toujours pr\u00e9sid\u00e9 par Serge Bernier,                   inclut en 2006 Joe Geurts, Laura Brandon, Fran\u00e7ois-Marc Gagnon,                   Greg Hill, Ian Wilson, Michel Gaboury et Joe Day. Il cherche \u00e0 faire                   conna\u00eetre les oeuvres r\u00e9alis\u00e9es dans le cadre du PAFC. C&#8217;est                   ainsi qu&#8217;une exposition a \u00e9t\u00e9 faite \u00e0 l&#8217;ambassade canadienne \u00e0 Washington                   entre octobre et d\u00e9cembre 2005 et il y en aura une autre au                   mus\u00e9e Shearwater entre avril et septembre 2006. Le comit\u00e9 cherche                   aussi \u00e0 am\u00e9liorer le programme. Pour les cinq nouveaux artistes                   du PAFC et ceux qui suivront leurs traces, les objectifs ressemblent                   beaucoup \u00e0 ceux des artistes des programmes des deux guerres                   et du CAFCAP, l&#8217;id\u00e9e \u00e9tant de constater de visu ce que font                   les forces canadiennes et ensuite de le communiquer, de l&#8217;exprimer                   dans les oeuvres d&#8217;art. Mais la diff\u00e9renciation entre le soldat                   et le civil est moins grande aux guerres modernes qu&#8217;\u00e0 celles                   d&#8217;autrefois, et assurer l&#8217;acc\u00e8s n\u00e9cessaire aux artistes n&#8217;est                   pas toujours facile. Suite aux exp\u00e9riences concernant le projet                   pilote de 2002 et le premier groupe de 21 artistes entre 2003                   et 2005, plusieurs ont sugg\u00e9r\u00e9 qu&#8217;on donne plus de temps et                   de libert\u00e9 de mouvement aux artistes dans les zones de combat.                   Pour des raisons de s\u00e9curit\u00e9 toutefois, c&#8217;est difficile \u00e0 r\u00e9aliser.                   Trouver un \u00e9quilibre entre l&#8217;acc\u00e8s et la s\u00e9curit\u00e9 sera un d\u00e9fi                   pour les gens du programme dont l&#8217;objectif est de g\u00e9n\u00e9rer des oeuvres                   artistiques qui sauront refl\u00e9ter les souvenirs des anciens                   combattants et offrir aux g\u00e9n\u00e9rations \u00e0 venir, avec les t\u00e9moignages                   photographiques, un portrait complet de ce qu&#8217;\u00e9tait la vie                   dans les forces canadiennes au d\u00e9but du 21e si\u00e8cle.<\/p>\n<h1><a name=\"11\"><\/a><\/h1>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>&#8220;La mission de l&#8217;art n&#8217;est pas de copier la nature, mais de l&#8217;exprimer. &#8211;Honor\u00e9 de Balzac le Chef-d&#8217;oeuvre inconnu, p. 394. Le minist\u00e8re de la D\u00e9fense nationale a cr\u00e9\u00e9 le Programme d&#8217;arts des Forces canadiennes (PAFC) il y a cinq ans. 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