{"id":111,"date":"2006-05-01T22:17:11","date_gmt":"2006-05-02T03:17:11","guid":{"rendered":"http:\/\/28330.vws.magma.ca\/fr\/?p=111"},"modified":"2006-05-01T22:17:11","modified_gmt":"2006-05-02T03:17:11","slug":"le-cartographe-de-temagami","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/2006\/05\/le-cartographe-de-temagami\/","title":{"rendered":"Le cartographe de Temagami"},"content":{"rendered":"<h1><\/h1>\n<p>Craig Macdonald a toujours eu la bougeotte, il a \u00e9t\u00e9 \u00e9bloui                   par l&#8217;envie de voyager toute sa vie, non pas au sommet des                   plus hautes montagnes du monde, ni aux terres lointaines ou                   aux villes exotiques, mais de long en large sur les cours d&#8217;eau                   nord-am\u00e9ricains de l&#8217;Est. Macdonald, un r\u00e9sident de Dwight                   (Ont.), \u00e0 200 kilom\u00e8tres au nord-est de Toronto, qui a maintenant                   59 ans, a pagay\u00e9, fait de la raquette et march\u00e9 des c\u00f4tes de                   la baie d&#8217;Hudson jusqu&#8217;\u00e0 l&#8217;embouchure de la rivi\u00e8re Penobscot \u00e0 Old                   Town (Maine), surtout en parcourant les anciennes voies commerciales                   des peuples autochtones qui autrefois vivaient sur ces territoires.<\/p>\n<p>Mais de tous ces endroits, celui pour lequel il a \u00e9prouv\u00e9 le                   plus vif int\u00e9r\u00eat, et pendant le plus longtemps, est le Temagami,                   une r\u00e9gion sauvage de plus de 10 000 kilom\u00e8tres carr\u00e9s au nord                   de North Bay \u00e0 cheval sur la fronti\u00e8re entre l&#8217;Ontario et le                   Qu\u00e9bec. Macdonald explore les for\u00eats, les hautes terres et                   les cours d&#8217;eau de Temagami depuis son adolescence. Il a \u00e9tudi\u00e9 l&#8217;histoire,                   la langue et la culture du peuple Anishinawbeg ou Ojibway qui                   vit l\u00e0 depuis nombre de g\u00e9n\u00e9rations et il a profit\u00e9 de son                   exp\u00e9rience pour cr\u00e9er une importante fen\u00eatre sur l&#8217;histoire                   du territoire. Sa cr\u00e9ation est intitul\u00e9e Historical Map of                   Temagami (carte historique de Temagami), et elle repr\u00e9sente                   une contribution in\u00e9gal\u00e9e et tr\u00e8s pr\u00e9cieuse pour notre compr\u00e9hension                   du monde autochtone qui existait au Canada avant d&#8217;entrer en                   contact avec la civilisation blanche.<\/p>\n<p>La carte de Macdonald, qui lui a pris vingt-six ans \u00e0 faire,                   offre un instantan\u00e9 cartographique de la vie des Anishinawbegs                   de Temagami. La carte, publi\u00e9e en 1993 par la Commission de                   toponymie de l&#8217;Ontario, comprend les noms de 660 caract\u00e9ristiques,                   lacs, rivi\u00e8res, ruisseaux, \u00eeles et terres hautes, le tout dans                   la langue des Anishinawbegs. On y trouve les voies de voyagement                   hivernales et estivales et y sont identifi\u00e9s des centaines                   de portages, ainsi que leur longueur exacte.<\/p>\n<p>En incluant ces caract\u00e9ristiques, la carte sert \u00e0 nous donner                   une id\u00e9e des petites bandes semi-nomades des autochtones qui                   subsistaient en chassant, en trappant et en p\u00eachant le m\u00e9nomini                   dans le Te-mee-ay-gaming, le lac profond au coeur de leur monde.                   Ces gens utilisaient les cours d&#8217;eau et les portages pour aller                   d&#8217;un camp \u00e0 l&#8217;autre selon les saisons et ils les connaissaient                   aussi bien que le citadin d&#8217;aujourd&#8217;hui compte sur ses rues,                   ses avenues et ses autoroutes.<\/p>\n<p>Macdonald voulait enregistrer ces caract\u00e9ristiques, et d&#8217;autres,                   avant que le temps en ait effac\u00e9 toute trace. &#8220;J&#8217;ai guid\u00e9 des                   exp\u00e9ditions en cano\u00eb \u00e0 des camps de jeunes \u00e0 Temagami durant                   les ann\u00e9es 1960 alors que j&#8217;\u00e9tais \u00e0 l&#8217;universit\u00e9 et j&#8217;ai connu                   certains des Indiens, dont la plupart \u00e9taient des trappeurs \u00e2g\u00e9s.                   Ils avaient de tr\u00e8s grandes connaissances des ressources de                   leurs terres. Je me suis rendu compte \u00e0 quel point ces connaissances \u00e9taient                   fragiles et que leur histoire et leurs traditions risquaient                   de dispara\u00eetre \u00e0 tout moment.&#8221;<\/p>\n<p>Le contact avec les commer\u00e7ants de fourrure et les missionnaires, \u00e0 partir                   du 17e si\u00e8cle, commen\u00e7a de modifier la culture traditionnelle                   des Anishinawbegs et cette modification a acc\u00e9l\u00e9r\u00e9 quand la                   mise en coupe, le minage et la construction des barrages \u00e9lectriques                   ont alt\u00e9r\u00e9 le territoire physiquement. Toutefois, les gens                   continuaient \u00e0 vivre \u00e0 la vieille mani\u00e8re jusqu&#8217;aux ann\u00e9es                   1940, d&#8217;apr\u00e8s Macdonald, quand le gouvernement canadien a commenc\u00e9 \u00e0 appliquer                   une politique d&#8217;assimilation de mani\u00e8re agressive. Finalement,                   eux aussi ont quitt\u00e9 la terre pour aller vivre dans des r\u00e9serves                   et envoyer leurs enfants aux pensionnats.<\/p>\n<p>Les Anishinawbegs vivent maintenant \u00e0 la r\u00e9serve de Bear Island,                   au lac Temagami et, comme Macdonald l&#8217;a appris pendant qu&#8217;il                   faisait ses recherches, une grande partie des plus jeunes ne                   connaissent pas grand-chose du monde de leurs anc\u00eatres.<\/p>\n<p>Macdonald d\u00e9cida de lui-m\u00eame d&#8217;\u00e9tudier ce monde et il le fit                   sans s&#8217;attendre \u00e0 \u00eatre r\u00e9compens\u00e9 ou reconnu. Ce qu&#8217;il a accompli,                   si ce n&#8217;est pas in\u00e9gal\u00e9, est tout au moins rare. D&#8217;apr\u00e8s Conrad                   Heidenreich, un g\u00e9ographe historien et professeur de l&#8217;Universit\u00e9 York \u00e0 la                   retraite, les Inuits du Labrador et du Qu\u00e9bec du Nord ont cr\u00e9\u00e9 des                   cartes d\u00e9taill\u00e9es de leurs terres, et certaines bandes indiennes                   de la c\u00f4te Ouest ont fait des efforts semblables. Mais une                   telle cartographie autochtone n&#8217;existe pas pour les autres                   parties du pays; sauf pour Temagami et c&#8217;est gr\u00e2ce \u00e0 Macdonald.                   Pourtant, cet homme de grand air, grand, mince et qui devient                   chauve, est modeste en ce qui concerne sa motivation et ce                   qu&#8217;il a accompli.<\/p>\n<p>Ce sont les autres qui parlent en termes enthousiastes de                   lui et de son travail. &#8220;C&#8217;est un tr\u00e9sor national&#8221;, dit Brian                   Back, qui a fond\u00e9 la Temagami Wilderness Society (soci\u00e9t\u00e9 de                   la r\u00e9serve naturelle de Temagami) au d\u00e9but des ann\u00e9es 1980                   et qui a pagay\u00e9 sur les cours d&#8217;eau du district presque autant                   que Macdonald. &#8220;L&#8217;exactitude de la carte est vraiment impressionnante.&#8221;<\/p>\n<p>Michael Smart, un secr\u00e9taire ex\u00e9cutif \u00e0 la retraite de la                   Commission de toponymie, dit que ses coll\u00e8gues et lui ont vu                   la carte sous sa forme manuscrite au milieu des ann\u00e9es 1980                   quand ils faisaient une r\u00e9vision p\u00e9riodique des noms g\u00e9ographiques                   du district de Temagami. &#8220;Il a d\u00e9roul\u00e9 sa carte \u00e0 une r\u00e9union                   de la commission et ce fut une r\u00e9v\u00e9lation que de voir un travail                   g\u00e9nial comme celui-l\u00e0. C&#8217;\u00e9tait un manuscrit extra. L&#8217;arpenteur                   en chef l&#8217;a vu et dit : &#8216;mon Dieu, il faut qu&#8217;on le publie&#8217;.&#8221;<\/p>\n<p>Alejandro Rabazo, le cartographe du minist\u00e8re qui a transform\u00e9 la                   carte manuscrite de Macdonald en un produit final, dit beaucoup                   de bien de Macdonald. &#8220;J&#8217;ai beaucoup aim\u00e9 le travail. Il connaissait                   le territoire incroyablement bien. Je n&#8217;ai jamais rencontr\u00e9 quelqu&#8217;un                   qui connaissait un projet autant que lui.&#8221;<\/p>\n<p>La commission a fait imprimer 10 000 copies, en a gard\u00e9 \u00e0 peu                   pr\u00e8s la moiti\u00e9 et envoy\u00e9 des \u00e9chantillons aux organisations                   comme la Biblioth\u00e8que nationale et Archives nationales du Canada \u00e0 Ottawa,                   le Smithsonian Institute \u00e0 Washington (D.C.) et l&#8217;United States                   Board of Geographic Names. Macdonald a re\u00e7u le reste du tirage                   et de temps en temps vend des copies ou les donne \u00e0 des cano\u00e9istes                   ou \u00e0 des gens qui font des exp\u00e9ditions en milieu sauvage \u00e0 Temagami.<\/p>\n<p>Les autochtones ont reconnu la valeur de son travail et se                   sont tourn\u00e9s vers lui plusieurs fois quand ils avaient besoin                   d&#8217;aide. \u00c0 la fin des ann\u00e9es 1980, les Anishinawbeg de l&#8217;\u00eele                   Bear de Temagami ont appel\u00e9 Macdonald en tant que t\u00e9moin \u00e0 l&#8217;occasion                   d&#8217;audiences concernant les revendications territoriales devant                   la Cour de justice de l&#8217;Ontario et ont profit\u00e9 de son t\u00e9moignage                   pour \u00e9tablir que leurs anc\u00eatres utilisaient enti\u00e8rement les                   terres depuis au moins les ann\u00e9es 1600, quand les missionnaires                   fran\u00e7ais, qu&#8217;ils appelaient les way-mit-a-goosh ou branleurs                   de bout de bois, sont arriv\u00e9s.<\/p>\n<p>Plusieurs bandes autochtones sont entr\u00e9es en contact avec                   lui et lui ont demand\u00e9 conseil pour entreprendre des projet                   cartographiques semblables. &#8220;Chaque ann\u00e9e, on dirait qu&#8217;on                   s&#8217;int\u00e9resse de plus en plus \u00e0 cette sorte de chose&#8221;, dit-il. &#8220;J&#8217;ai                   re\u00e7u des coups de fil d&#8217;autochtones de l&#8217;Ontario, du Qu\u00e9bec                   et du Nouveau-Brunswick, mais il y a autant de r\u00e9gions au Canada                   de l&#8217;Est o\u00f9 l&#8217;on ne peut plus faire de carte historique d\u00e9taill\u00e9e.&#8221; Macdonald                   dit que c&#8217;est parce qu&#8217;il ne reste pas de gens qui connaissent                   l&#8217;histoire, ou tout au moins tr\u00e8s peu.<\/p>\n<p>Macdonald a commenc\u00e9 \u00e0 faire ses recherches s\u00e9rieusement au                   d\u00e9but des ann\u00e9es 1970, apr\u00e8s avoir obtenu une ma\u00eetrise en p\u00eacheries                   et commenc\u00e9 sa carri\u00e8re \u00e0 l&#8217;agence provinciale qu&#8217;on appelait                   le Department of Lands and Forests (minist\u00e8re des terres et                   for\u00eats). Il a obtenu une connaissance directe du Temagami gr\u00e2ce \u00e0 des                   voyages en cano\u00eb durant l&#8217;\u00e9t\u00e9 et des exp\u00e9ditions de raquette                   durant l&#8217;hiver, ce qu&#8217;il augmentait en interviewant les vieux                   trappeurs anishinawbegs.<\/p>\n<p>Nombre d&#8217;entre eux \u00e9taient n\u00e9s et avaient \u00e9t\u00e9 \u00e9lev\u00e9s dans                   la brousse et leurs anciens leur avaient appris la chasse et                   la trappe, mais durant les ann\u00e9es 1970, ces trappeurs qui se                   faisaient vieux \u00e9taient le dernier lien avec le vieux monde                   des Anishinawbegs. Pendant des si\u00e8cles, le peuple anishinawbeg                   passait l&#8217;hiver dans des petits camps de deux ou au maximum                   trois familles et s&#8217;occupaient de leurs lignes de pi\u00e9geage.                   Au printemps, ils r\u00e9coltaient le sirop d&#8217;\u00e9rable et en \u00e9t\u00e9 des                   familles venant de tout le territoire s&#8217;assemblaient \u00e0 Ka-tay                   Temee-ay-ga-maw Minis, une \u00eele dans le lac de Temagami. Ils                   p\u00eachaient le m\u00e9nomini et cultivaient une petite vari\u00e9t\u00e9 robuste                   de ma\u00efs, et en automne ils reprenaient le chemin de leur camp                   d&#8217;hiver.<\/p>\n<p>Macdonald estime qu&#8217;il a interview\u00e9 500 anciens autochtones \u00e0 l&#8217;\u00eele                   Bear et plusieurs r\u00e9serves avoisinantes en Ontario et au Qu\u00e9bec.                   Il a accumul\u00e9 des centaines de pages de cahier de note et ramass\u00e9 du                   mat\u00e9riel sur une grande s\u00e9rie de choses, y compris les croyances                   spirituelles des Anishinawbegs, leurs m\u00e9thodes de prestidigitation,                   leurs techniques de cano\u00eb et les endroits o\u00f9 chasser, tendre                   un pi\u00e8ge et ramasser de la catilnite. &#8220;J&#8217;ai parl\u00e9 aux gens                   les plus vieux que je pouvais trouver et les plus jeunes avaient                   de la difficult\u00e9 \u00e0 \u00e9couter parce que les anciens parlent d&#8217;endroits                   qu&#8217;ils n&#8217;avaient jamais vus&#8221;, se rappelle Macdonald.<\/p>\n<p>Son plus vieil informateur \u00e9tait Phileas Lepage, qui avait                   108 ans lors de l&#8217;interview et qui \u00e9tait probablement n\u00e9 autour                   de 1868. Quelques jours avant que Macdonald lui parle, Lepage                   avait soup\u00e9 avec le premier ministre de l&#8217;Ontario d&#8217;alors Bill                   Davis et le Premier ministre Pierre Trudeau car c&#8217;\u00e9tait alors                   un des plus vieux v\u00e9t\u00e9rans de la Premi\u00e8re Guerre mondiale encore                   vivant. &#8220;Il \u00e9tait si vieux qu&#8217;il avait vu Sir John A. Macdonald                   faire des discours \u00e9lectoraux dans des trains&#8221;, dit Macdonald.<\/p>\n<p>Lepage avait \u00e9t\u00e9 employ\u00e9 comme garde-feu par le gouvernement                   de l&#8217;Ontario au d\u00e9but du 20e si\u00e8cle et il connaissait bien                   le pays autour du lac dans la partie nord-ouest du district                   que les Anishinawbegs appelaient Shonj-a-waw-gaming Saw-gi-hay-gun-ning,                   ou lac aux eaux calmes. Il a donn\u00e9 des renseignements sur les                   portages et pr\u00e9sent\u00e9 Macdonald \u00e0 une femme appel\u00e9e Ang\u00e9lique                   Misabi, qui avait dans les 90 ans et qui quand elle \u00e9tait enfant                   et jeune adulte avait v\u00e9cu \u00e0 des camps d&#8217;hiver \u00e0 un lac avoisinant. &#8220;Elle                   pouvait vous raconter tout ce que vous vouliez savoir \u00e0 propos                   de la vie dans les bois&#8221;, dit Macdonald. &#8220;Elle avait beaucoup                   d&#8217;histoires \u00e0 propos des temps anciens et comment c&#8217;\u00e9tait quand                   on voyageait en cano\u00eb d&#8217;\u00e9corce.&#8221;<\/p>\n<p>Misabi a r\u00e9pondu \u00e0 une question qui avait laiss\u00e9 Macdonald                   perplexe pendant longtemps. Durant ses propres voyages, il                   avait souvent vu de magnifiques pins blancs imposants marqu\u00e9s                   d&#8217;encoches carr\u00e9es profondes que quelqu&#8217;un avait certainement                   fait avec une hache. &#8220;J&#8217;avais vu ces choses-l\u00e0 pendant 10 ou                   15 ans, toujours du c\u00f4t\u00e9 sud des arbres. Elle me dit que c&#8217;\u00e9taient                   des postes \u00e0 r\u00e9sine. La r\u00e9sine de pin \u00e9tait cueillie par les                   Indiens qui s&#8217;en servaient pour r\u00e9parer leurs cano\u00ebs. Certaines                   de ces encoches avaient peut-\u00eatre 150 ans.&#8221;<\/p>\n<p>Macdonald a interview\u00e9 des centaines de personnes qui n&#8217;\u00e9taient                   pas des autochtones : des trappeurs, des guides, des b\u00fbcherons                   et bien d&#8217;autres, n&#8217;importe qui qui puisse lui donner des renseignements,                   aussi fragmentaires soient-ils, sur la g\u00e9ographie autochtone                   de Temagami. Il a \u00e9tudi\u00e9 d&#8217;innombrables vieilles cartes et                   rapports d&#8217;arpenteurs \u00e0 la recherche des noms autochtones des                   caract\u00e9ristiques g\u00e9ographiques qui auraient pu avoir chang\u00e9 au                   fil du temps. Il a aussi lu les histoires locales et les journaux                   des commer\u00e7ants de fourrure, des missionnaires et des pionniers,                   bref, tout ce qui pouvait lui donner des renseignements utiles.<\/p>\n<p>Ses recherches lui ont donn\u00e9 une id\u00e9e inhabituelle du monde                   des Anishinawbegs, une grande compr\u00e9hension de leur langue                   et une appr\u00e9ciation durable de leur utilisation du territoire                   et des ressources. &#8220;Leur capacit\u00e9 \u00e0 survivre dans cet environnement \u00e9tait                   le r\u00e9sultat des connaissances expertes des ressources et des                   syst\u00e8mes de sentiers. Ils avaient des territoires familiaux                   pour la trappe et la chasse qui \u00e9taient aussi clairement d\u00e9finis                   qu&#8217;une ligne de pi\u00e9geage moderne enregistr\u00e9e aupr\u00e8s du gouvernement.&#8221;<\/p>\n<p>Le nom des endroits et des caract\u00e9ristiques g\u00e9ographiques \u00e9taient                   tr\u00e8s importants et souvent il \u00e9tait choisi d&#8217;apr\u00e8s la nourriture                   ou la ressource qu&#8217;on pouvait obtenir \u00e0 la rivi\u00e8re, au lac                   ou \u00e0 l&#8217;autre cours d&#8217;eau. Par exemple, sur la carte de Macdonald                   il y a un long lac mince appel\u00e9 Kee-chim Ma-ko-bing Saw-gi-hay-gun-ning,                   soit o\u00f9 l&#8217;ours va \u00e0 l&#8217;eau. En d&#8217;autres mots, c&#8217;\u00e9tait un croisement                   d&#8217;ours. D&#8217;une fa\u00e7on semblable, il y a une bouche \u00e0 un des bras                   du sud du lac Temagami que les Anishinawbegs appelaient Ma-kwaw                   na-gwaw-awk-shing Saw-gi-hay-gun-ning ou l&#8217;endroit du pi\u00e9geage                   des ours.<\/p>\n<p>Les Indiens savaient que les ours traversaient fr\u00e9quemment                   cette bouche alors ils construisaient des pi\u00e8ges en rondins                   b\u00e2tis comme des appentis mais lest\u00e9s avec d&#8217;\u00e9normes charges                   de pierres. Ils mettaient un morceau de viande ou autre app\u00e2t                   sous les rondins. Quand l&#8217;ours tirait sur l&#8217;app\u00e2t, les rondins                   et les pierres tombaient et soient qu&#8217;ils \u00e9crasaient l&#8217;animal,                   soit qu&#8217;ils l&#8217;\u00e9touffaient.<\/p>\n<p>Les Anishinawbegs appelaient une de leurs rivi\u00e8res Wu-num-man                   Zipi ou la rivi\u00e8re \u00e0 vase rouge. Ils s&#8217;y rendaient pour ramasser                   un mat\u00e9riel de couleur rouge, en fait un oxyde de fer, parmi                   les pierres dont ils se servaient comme peinture ou teinture.<\/p>\n<p>Ils se servaient des noms comme aides au d\u00e9placement. Macdonald                   dit que dans tout territoire indien il y avait nombre de lacs                   qui \u00e9taient identifi\u00e9s par leur forme ou quelque autre caract\u00e9ristique                   physique pour aider les gens qui allaient d&#8217;un endroit \u00e0 un                   autre. Ainsi, il y avait des lacs ronds, des lacs longs et                   des lacs aux pins, ainsi que des lacs qui \u00e9taient clairs, sales,                   herbeux, vaseux ou br\u00fbl\u00e9s, c&#8217;est-\u00e0-dire entour\u00e9s par des for\u00eats                   qui avaient pass\u00e9 au feu.<\/p>\n<p>Les autochtones donnaient aussi un nom aux points de rep\u00e8re,                   pour servir d&#8217;aide \u00e0 la navigation aussi. Il y a un plan d&#8217;eau                   long et \u00e9troit \u00e0 Temagami que les Anishinawbegs appelaient                   Waw-bos Nah-mat-ta-bee Saw-gi-hay-gun-ning ou lac au lapin,                   parce qu&#8217;on peut y voir un gros rocher qui ressemble \u00e0 un lapin                   accroupi.<\/p>\n<p>\u00c0 Temagami, comme dans la plupart des endroits au Canada,                   il y a nombre de caract\u00e9ristiques physiques qui ont encore                   le nom indien ou une corruption de ce nom. Le lac Wanapitei                   sur les cartes contemporaines vient du nom anishinawbeg Wawn-a                   bitay-bing Saw-gi-hay-gun-ning ou lac de la dent creuse, une                   description si vieille que m\u00eame les plus vieux informateurs                   de Macdonald ne pouvaient pas l&#8217;expliquer. La rivi\u00e8re Sturgeon                   (esturgeon) est une traduction du nom anishinawbeg, Nah-may                   Zipi, et appel\u00e9e ainsi parce qu&#8217;elle contenait tant d&#8217;esturgeons.<\/p>\n<p>Nombre de noms autochtones ont toutefois disparu, parce que                   des fois les gens non autochtones pr\u00e9f\u00e8rent donner le nom de                   quelqu&#8217;un aux endroits. Sur n&#8217;importe quelle carte de Temagami                   officielle il y a des lacs auxquels on a donn\u00e9 le nom d&#8217;arpenteurs,                   de politiciens et, dans un cas, un jeune qui avait \u00e9t\u00e9 \u00e0 un                   camp d&#8217;\u00e9t\u00e9 et nomm\u00e9 campeur de l&#8217;ann\u00e9e.<\/p>\n<p>Un des plus grands lacs \u00e0 Temagami s&#8217;appelait, dans le temps                   des Indiens, Mons-kaw naw-ning Saw-gi-hay-gun-ning ou lac repaire                   de l&#8217;orignal. Durant les ann\u00e9es 1880, Robert Bell de la Commission                   g\u00e9ologique du Canada lui donna le nom de lac Lady Evelyn en                   l&#8217;honneur de la fille d&#8217;un aristocrate irlandais de ses relations.                   On a aussi donn\u00e9 le nom de femmes aristocrates \u00e0 deux autres                   lacs\u00a0: Lady Dufferin et Lady Sydney. &#8220;Nombre de ces gens n&#8217;ont                   m\u00eame jamais vu les lacs et ils n&#8217;avaient aucun lien avec les                   terres&#8221;, dit Macdonald.<\/p>\n<p>La carte de Macdonald est pr\u00e9cise d&#8217;une autre mani\u00e8re, que                   seules les personnes qui connaissent tr\u00e8s bien le Temagami                   ne remarqueraient. Il note que 36 lacs dans le district ont \u00e9t\u00e9 chang\u00e9s                   par des barrages hydro-\u00e9lectriques. Dans la plupart des cas,                   ils sont plus grands qu&#8217;autrefois parce que les barrages ont                   inond\u00e9 des terres limitrophes. Les lacs sur sa carte semblent \u00eatre                   comme ils l&#8217;\u00e9taient avant la construction des barrages. C&#8217;est                   un petit d\u00e9tail mais une de ces choses qui font que sa carte                   est tellement pr\u00e9cieuse, et qui ont tellement impressionn\u00e9 les                   gens qui ont transform\u00e9 son manuscrit en produit fini.<\/p>\n<p>Pour de plus amples renseignements sur la carte historique                   de Temagami, veuillez prendre contact avec Craig Macdonald \u00e0 RR                   1 Dwight ON P0A 1H0, 1-705-635-3416.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Craig Macdonald a toujours eu la bougeotte, il a \u00e9t\u00e9 \u00e9bloui par l&#8217;envie de voyager toute sa vie, non pas au sommet des plus hautes montagnes du monde, ni aux terres lointaines ou aux villes exotiques, mais de long en large sur les cours d&#8217;eau nord-am\u00e9ricains de l&#8217;Est. 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