{"id":11,"date":"2007-03-01T14:11:30","date_gmt":"2007-03-01T19:11:30","guid":{"rendered":"http:\/\/28330.vws.magma.ca\/fr\/index.php\/2008\/01\/27\/le-terrain-les-tunnels-et-les-arbres\/"},"modified":"2008-01-27T15:58:36","modified_gmt":"2008-01-27T20:58:36","slug":"le-terrain-les-tunnels-et-les-arbres","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/2007\/03\/le-terrain-les-tunnels-et-les-arbres\/","title":{"rendered":"Le terrain, les tunnels et les arbres"},"content":{"rendered":"<h3>par Tom MacGregor<\/h3>\n<p>Des moutons paissent paisiblement dans les zones bois\u00e9es                   et les champs d\u00e9couverts du Parc comm\u00e9moratif du Canada \u00e0 Vimy,                   ne se rendant pas compte qu&#8217;ils d\u00e9ambulent sur un des territoires                   pour lesquels on a le plus lutt\u00e9 \u00e0 la Premi\u00e8re Guerre mondiale.                   Il s&#8217;agit de l&#8217;endroit o\u00f9, du dire d&#8217;historiens, le Canada                   est devenu une nation.<\/p>\n<p>&#8220;La terre est extraordinaire. Il ne nous reste que bien peu                   de terrains de champ de bataille&#8221;, dit H\u00e9l\u00e8ne Robichaud, la                   directrice du Projet de restauration des monuments comm\u00e9moratifs                   canadiens des champs de bataille \u00e0 Anciens combattants Canada.                   En fait, le site de Vimy et le terrain pr\u00e9serv\u00e9, non loin,                   autour de celui de Beaumont Hamel o\u00f9 les Terre-Neuviens se                   sont montr\u00e9s \u00e0 la hauteur durant la m\u00eame ann\u00e9e, forment environ                   80 pour cent des champs de bataille de la Premi\u00e8re Guerre mondiale                   restants.<\/p>\n<p>Alors quand ACC a annonc\u00e9, en 2001, qu&#8217;il allait d\u00e9penser                   30 millions de dollars pour restaurer le m\u00e9morial de Vimy et                   12 autres sites canadiens de la Premi\u00e8re Guerre mondiale en                   Europe, l&#8217;\u00e9quipe du projet ne pouvait gu\u00e8re n\u00e9gliger le terrain                   lui-m\u00eame, un terrain o\u00f9 ont \u00e9t\u00e9 trouv\u00e9s, \u00e0 l&#8217;occasion, d&#8217;importants                   artefacts, y compris des balles, des obus, des morceaux de                   fil barbel\u00e9, des grenades et des fusils, ainsi que des restes                   humains.<\/p>\n<p>Vimy et Beaumont Hamel re\u00e7oivent \u00e0 peu pr\u00e8s, au total, un                   million de visiteurs chaque ann\u00e9e. &#8220;La plupart des visiteurs                   s&#8217;y rendent pour la comm\u00e9moration&#8221;, dit Robichaud. &#8220;C&#8217;est un                   espace vert qui a beaucoup de signification pour le peuple                   de France. La France a une population dense. Toutefois, on                   peut pique-niquer, camper, dans la for\u00eat nationale qui se trouve \u00e0 c\u00f4t\u00e9 du                   site.<\/p>\n<p>Le projet de restauration a \u00e9t\u00e9 divis\u00e9 en quatre domaines                   de responsabilit\u00e9, soit la restauration du monument de Vimy,                   la restauration des sites autour du monument, la conservation                   du terrain du champ de bataille et l&#8217;\u00e9tude des caract\u00e9ristiques                   souterraines de la propri\u00e9t\u00e9.<\/p>\n<p>Il suffit de monter sur la cr\u00eate pour comprendre l&#8217;importance                   strat\u00e9gique qu&#8217;elle avait durant la guerre. Bien que la colline                   soit basse, on y a une bonne vue de toute la plaine de Douai                   avec son patchwork de terrains cultiv\u00e9s et de petits villages.<\/p>\n<p>Mais la vue grandiose qui s&#8217;offre aux visiteurs d&#8217;aujourd&#8217;hui                   est tout \u00e0 fait diff\u00e9rente de celle qui attendait les Canadiens                   quand ils sont arriv\u00e9s pour la premi\u00e8re fois, \u00e0 la cr\u00eate qui                   avait d\u00e9j\u00e0 co\u00fbt\u00e9 des milliers de vie.<\/p>\n<p>Comme le d\u00e9crit l&#8217;auteur canadien Pierre Berton dans son livre                   Vimy, &#8220;Elle se trouvait l\u00e0, faisant face aux lignes des Canadiens,                   une falaise basse de sept milles, grise sombre, qui s&#8217;\u00e9levait                   doucement de la plaine, une croupe monotone et boueuse, p\u00e9trie \u00e0 en                   faire de l&#8217;\u00e9cume par les obus, sans herbe ni feuillage, o\u00f9 l&#8217;on                   ne voyait ni couleur ni d\u00e9tail, chaque pouce de sa surface                   glissante rong\u00e9e ou pulv\u00e9ris\u00e9e par deux ann\u00e9es de mart\u00e8lement                   constant. Elle n&#8217;\u00e9tait pas tr\u00e8s impressionnante au premier                   coup d&#8217;oeil, mais pour les gens qui connaissaient son histoire                   et qui la regardaient devant eux lorsqu&#8217;ils ont d\u00fb se hasarder                   en avan\u00e7ant, plus haut, vers cette cr\u00eate irr\u00e9guli\u00e8re enflamm\u00e9e                   par le feu des armes, elle prenait une aura plus sombre et                   sinistre.&#8221;<\/p>\n<p>En dessous de cette laide \u00e9tendue de terre se trouvait une                   infrastructure de tunnels avec leurs quartiers, leurs bureaux                   de commandement, un h\u00f4pital et un syst\u00e8me de voie ferr\u00e9e qui                   servait \u00e0 apporter des troupes et des ravitaillements sans                   qu&#8217;ils soient pris sous le feu de l&#8217;ennemi. Au cours des ann\u00e9es,                   le bois qui retenait les murs a pourri et c\u00e9d\u00e9.<\/p>\n<p>Apr\u00e8s la guerre, les d\u00e9bris du champ de bataille ont \u00e9t\u00e9 nettoy\u00e9s                   par la France. Un million de pins de trois ans ont ensuite \u00e9t\u00e9 plant\u00e9s                   dans la r\u00e9gion afin de restaurer le caract\u00e8re campagnard d&#8217;origine.<\/p>\n<p>En m\u00eame temps, le Canada a commenc\u00e9 des n\u00e9gociations avec                   le gouvernement fran\u00e7ais concernant la pr\u00e9servation du site                   de Vimy. Un accord a \u00e9t\u00e9 conclu en d\u00e9cembre 1922, d&#8217;apr\u00e8s lequel                   la terre serait d\u00e9tenue en perp\u00e9tuit\u00e9 par le gouvernement du                   Canada pour qu&#8217;il y \u00e9rige un monument et cr\u00e9e un parc comm\u00e9moratif.<\/p>\n<p>L&#8217;accord a \u00e9t\u00e9 formalis\u00e9 et le terrain remis au Parlement                   canadien, lequel a \u00e9t\u00e9 &#8220;accept\u00e9 avec gratitude&#8221; par tous les                   partis de la Chambre des communes, en f\u00e9vrier 1923.<\/p>\n<p>De remarquer Arthur Meighen, qui \u00e9tait leader de l&#8217;Opposition                   officielle en ce temps-l\u00e0 : &#8220;le site de Vimy est incomparable;                   des diff\u00e9rents champs de bataille de la guerre, c&#8217;est celui                   qui tient le plus \u00e0 coeur au peuple canadien \u00e0 cause de tout                   ce que la guerre a caus\u00e9 quand on pense \u00e0 l&#8217;histoire et au                   sacrifice&#8221;.<\/p>\n<p>Aujourd&#8217;hui, le parc mesure environ 117 hectares. Ce chiffre                   n&#8217;est pas exact \u00e0 cause de l&#8217;acquisition en 1930, par le gouvernement,                   d&#8217;une petite propri\u00e9t\u00e9. Un glissement consid\u00e9rable avait eu                   lieu pr\u00e8s du monument pendant qu&#8217;il \u00e9tait en construction et                   cela avait endommag\u00e9 la propri\u00e9t\u00e9 avoisinante. Le gouvernement                   f\u00e9d\u00e9ral acheta le terrain plut\u00f4t que de faire face \u00e0 un diff\u00e9rend                   justiciable avec les voisins du site.<\/p>\n<p>Le site comprend le monument ainsi qu&#8217;un grand stationnement                   et un centre pour les visiteurs. Il y a des sentiers autour                   du parc, ainsi que des cimeti\u00e8res militaires et la portion                   du tunnel Grange qui a \u00e9t\u00e9 pr\u00e9serv\u00e9e. Le plus grand cimeti\u00e8re                   est le Cimeti\u00e8re canadien no 2, o\u00f9 695 Canadiens ont \u00e9t\u00e9 ensevelis.                   Ironiquement, il n&#8217;y a pas de Cimeti\u00e8re canadien no 1.<\/p>\n<p>Le Cimeti\u00e8re canadien de la route Givenchy en est un autre,                   qui contient 111 pierres tombales et qui n&#8217;est accessible que                   par un petit sentier forestier.<\/p>\n<p>Le Monument de la Division marocaine, qui sert \u00e0 rendre hommage                   aux Marocains qui ont combattu aussi dans l&#8217;arm\u00e9e fran\u00e7aise                   et qui sont morts \u00e0 Vimy, se trouve aussi dans le parc. &#8220;Les                   routes sont tr\u00e8s crayeuses et il arrive que les sentiers soient                   tr\u00e8s boueux&#8221;, dit Robichaud. &#8220;Nous voulions am\u00e9liorer la qualit\u00e9 du                   terrain.&#8221; Beaucoup de travail a \u00e9t\u00e9 fait pour la s\u00e9curit\u00e9 des                   visiteurs.<\/p>\n<p>&#8220;C&#8217;est comme un tr\u00e8s gros morceau de fromage suisse. Il y                   a plein de trous&#8221;, dit Robichaud. &#8220;Il nous fallait en apprendre                   davantage.&#8221;<\/p>\n<p>Certaines parties du parc sont dangereuses. &#8220;Le probl\u00e8me c&#8217;est                   le relief du terrain, et il est trop mouill\u00e9. Il y a des endroits                   o\u00f9 l&#8217;on ne pourrait pas faire deux pas sans \u00eatre coinc\u00e9. Bien                   entendu, les zones qui sont dangereuses ne sont pas accessibles                   au public.&#8221;<\/p>\n<p>Alors, pour maintenir le gazon tondu et le terrain vert, on                   fait pa\u00eetre des moutons car ils peuvent se frayer facilement                   un passage \u00e0 travers la terre heurt\u00e9e et les zones encaiss\u00e9es. &#8220;Il                   y a tant de choses que nous ne savons pas. Il y avait des h\u00f4pitaux                   et des trains l\u00e0-dedans. Le sol a tendance \u00e0 s&#8217;\u00e9roder.&#8221;<\/p>\n<p>La for\u00eat, le bois de Vincennes, est aussi une partie importante                   du travail. &#8220;Le fait que les arbres aient \u00e9t\u00e9 plant\u00e9s en m\u00eame                   temps est un des probl\u00e8mes, et les gens pensent qu&#8217;ils vont                   tous mourir en m\u00eame temps&#8221;, dit-elle. Les arbres morts causent                   des risques \u00e0 la s\u00e9curit\u00e9 et il faut les enlever. Dans le cadre                   du projet actuel, la strat\u00e9gie est de choisir des arbres qu&#8217;on                   enl\u00e8ve pour les remplacer afin qu&#8217;il y ait une croissance continuelle.<\/p>\n<p>Le sculpteur du monument, Walter S. Allward, voulait que le                   monument soit ceint d&#8217;arbres. Des sentiers sillonnent les pins                   et m\u00e8nent au monument, et la route principale est bord\u00e9e d&#8217;\u00e9rables                   canadiens. &#8220;Il y a des \u00e9rables dans le bois maintenant, qui                   proviennent des samares de ceux qui ont \u00e9t\u00e9 plant\u00e9s le long                   de la route&#8221;, dit Robichaud.<\/p>\n<p>&#8220;Les arbres du site ont une grande importance en ce qui concerne                   la protection du sol&#8221;, dit-elle. &#8220;Mais il nous faut enlever                   les arbres dangereux qui sont sur le terrain du champ de bataille.                   C&#8217;est pour \u00e7a que nous avons cr\u00e9\u00e9 &#8216;l&#8217;abattage mod\u00e9r\u00e9&#8217;.&#8221;<\/p>\n<p>L&#8217;abattage mod\u00e9r\u00e9 est une mani\u00e8re d&#8217;enlever des arbres sans                   trop d\u00e9ranger la terre.<\/p>\n<p>Des rappels du pass\u00e9 remontent \u00e0 la surface de temps en temps \u00e0 cause                   des travaux de restauration et de conservation de la terre                   et des for\u00eats.<\/p>\n<p>De dire Steve Austin, un charg\u00e9 de projet principal d&#8217;ACC \u00e0 Charlottetown                   : &#8220;il n&#8217;y a rien de rare, quand on se prom\u00e8ne dans la campagne                   fran\u00e7aise, de voir des endroits o\u00f9 les fermiers ont empil\u00e9 du                   mat\u00e9riel militaire et autres d\u00e9bris que leur charrue a d\u00e9couverts.                   Ils sont simplement laiss\u00e9s l\u00e0 afin que les autorit\u00e9s comp\u00e9tentes                   les ramassent pour en disposer.&#8221;<\/p>\n<p>Le service de d\u00e9minage, du minist\u00e8re de l&#8217;Int\u00e9rieur, ramasse                   le mat\u00e9riel militaire et l&#8217;emporte \u00e0 des endroits de rebut                   dirig\u00e9s par le minist\u00e8re de la D\u00e9fense. Austin dit qu&#8217;il y                   a un d\u00e9p\u00f4t de rebuts pr\u00e8s de Vimy mais il n&#8217;y en a pas sur                   le site.<\/p>\n<p>Quelle partie du patrimoine continue de remonter \u00e0 la surface? &#8220;Cela                   d\u00e9pend de l&#8217;endroit o\u00f9 l&#8217;on creuse&#8221;, dit Austin. &#8220;On pourrait                   creuser une tranch\u00e9e ou enfoncer un c\u00e2ble souterrain sans trouver                   quoi que ce soit. Il y a beaucoup de choses qui remontent,                   comme des piquets en tire-bouchon et des morceaux de cl\u00f4ture.                   Mais quand on d\u00e9couvre du mat\u00e9riel militaire, un obus ou une                   grenade, c&#8217;est le service de d\u00e9minage qui s&#8217;en occupe.&#8221;<\/p>\n<p>Austin dit qu&#8217;on ne trouve rien d&#8217;habitude, \u00e0 moins qu&#8217;il                   y ait un projet qui d\u00e9range le sol. &#8220;Quand on trouve un artefact,                   il est enregistr\u00e9. Il arrive qu&#8217;on trouve des \u00e9clats d&#8217;obus,                   des rouleaux de fil de fer barbel\u00e9, des casques et m\u00eame des                   fusils.&#8221;<\/p>\n<p>Quand on trouve des artefacts, ils sont enregistr\u00e9s au minist\u00e8re                   pour les \u00e9tudes historiques futures, mais la plus grande partie                   est laiss\u00e9e sur place en tant que rappel de la guerre. &#8220;Nous                   n&#8217;avons pas l&#8217;habitude de creuser. Nous nous occupons de conservation.&#8221;<\/p>\n<p>Robichaud dit qu&#8217;un squelette a \u00e9t\u00e9 trouv\u00e9 dans une des zones                   o\u00f9 il y avait des travaux de construction. &#8220;Tout est fait dans                   les r\u00e8gles. M\u00eame si le parc Vimy appartient au Canada, il s&#8217;agit                   du sol fran\u00e7ais. Nous devons remettre les restes aux autorit\u00e9s                   comp\u00e9tentes.&#8221;<\/p>\n<p>Quand cela arrive, on avertit la police fran\u00e7aise. &#8220;Le squelette                   est analys\u00e9. On essaie de savoir \u00e0 quel pays le particulier                   appartenait et les restes sont remis \u00e0 la bonne ambassade,                   d&#8217;une mani\u00e8re empreinte de dignit\u00e9.&#8221;<\/p>\n<p>Le public peut se faire une id\u00e9e de ce qu&#8217;il y avait sous                   le sol durant la bataille en allant voir le tunnel Grange o\u00f9 on                   peut passer par une section qui a \u00e9t\u00e9 pr\u00e9serv\u00e9e.<\/p>\n<p>Il y a une derni\u00e8re chose qui rappelle le gros morceau de                   fromage suisse auquel ressemble la terre autour de Vimy quand                   on quitte le tunnel qui menait \u00e0 la ligne de soutien. Il s&#8217;agit                   du gros obus non explos\u00e9 sur lequel les Canadiens sont tomb\u00e9s                   quand ils la creusaient, l&#8217;hiver avant l&#8217;attaque.<\/p>\n<p>Il est indiqu\u00e9 au site de la toile d&#8217;ACC que l&#8217;obus avait \u00e9t\u00e9 tir\u00e9 par                   les alli\u00e9s au mont Saint-\u00c9loi, mais quand il a touch\u00e9 le sol                   mou, il s&#8217;est simplement enfonc\u00e9. Quand a eu lieu la d\u00e9couverte,                   les Canadiens ont su que leurs tunnels devraient \u00eatre \u00e0 au                   moins neuf m\u00e8tres sous la surface.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>par Tom MacGregor Des moutons paissent paisiblement dans les zones bois\u00e9es et les champs d\u00e9couverts du Parc comm\u00e9moratif du Canada \u00e0 Vimy, ne se rendant pas compte qu&#8217;ils d\u00e9ambulent sur un des territoires pour lesquels on a le plus lutt\u00e9 \u00e0 la Premi\u00e8re Guerre mondiale. 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