{"id":108,"date":"2006-05-01T22:14:07","date_gmt":"2006-05-02T03:14:07","guid":{"rendered":"http:\/\/28330.vws.magma.ca\/fr\/?p=108"},"modified":"2006-05-01T22:14:07","modified_gmt":"2006-05-02T03:14:07","slug":"creuser-la-guerre-froide","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/2006\/05\/creuser-la-guerre-froide\/","title":{"rendered":"Creuser la guerre froide"},"content":{"rendered":"<h1><\/h1>\n<p>Il existe de nombreuses fa\u00e7ons de d\u00e9penser 14 $ quand on va \u00e0 Ottawa,                   mais les gens qui font la petite randonn\u00e9e jusqu&#8217;au Diefenbunker                   vont probablement conclure que le prix de l&#8217;entr\u00e9e au mus\u00e9e                   est une excellente occasion, bien que peut-\u00eatre une des plus                   bizarres.<\/p>\n<p>Cet \u00e9difice souterrain construit pr\u00e8s de Carp (Ont.) \u00e9tait                   autrefois le Si\u00e8ge central du gouvernement d&#8217;urgence, mais                   personne ne l&#8217;appelle plus comme \u00e7a. Un surnom irr\u00e9v\u00e9rencieux                   lui a \u00e9t\u00e9 donn\u00e9 \u00e0 cause de son lien intrins\u00e8que avec John Diefenbaker,                   le Premier ministre conservateur qui l&#8217;a fait construire en                   1958 mais qui ne l&#8217;a jamais visit\u00e9.<\/p>\n<p>Appel\u00e9 aujourd&#8217;hui Mus\u00e9e canadien de la guerre froide, c&#8217;est                   une merveille d&#8217;ing\u00e9nierie qui a n\u00e9cessit\u00e9 des tonnes de b\u00e9ton                   et de barres d&#8217;armature pour construire un d\u00e9dale souterrain                   de quatre \u00e9tages et 9 300 m\u00e8tres carr\u00e9s\u00a0: un d\u00e9dale o\u00f9 l&#8217;on                   trouve de tout, d&#8217;une chambre forte de la Banque du Canada                   jusqu&#8217;\u00e0 une morgue. Il a \u00e9t\u00e9 con\u00e7u afin de pouvoir prot\u00e9ger                   environ 565 personnes sans r\u00e9approvisionnement pendant un mois.<\/p>\n<p>Le voyage du centre-ville d&#8217;Ottawa jusqu&#8217;au Diefenbunker peut                   ne durer que 35 minutes, il s&#8217;agit quand m\u00eame d&#8217;un retour au                   d\u00e9but des ann\u00e9es 1960. En ce temps-l\u00e0, on conseillait aux Canadiens                   de construire un abri antiatomique dans leur cour et on enseignait                   aux enfants \u00e0 lire, \u00e0 \u00e9crire, et \u00e0 se cacher sous leur pupitre                   en cas d&#8217;attaque nucl\u00e9aire.<\/p>\n<p>Doug Beaton, un ancien restaurateur consultant en oeuvres                   d&#8217;art \u00e0 Parcs Canada, est un des b\u00e9n\u00e9voles de la Cold War Museum                   Corporation qui est devenu guide touristique lorsqu&#8217;il a pris                   sa retraite. Il est \u00e9galement pr\u00e9sident du conseil d&#8217;administration                   de la soci\u00e9t\u00e9 sans but lucratif. &#8220;Supposons que nous soyons                   en 1962, et que nous sommes enferm\u00e9s dans le bunker durant                   la crise de missiles de Cuba&#8221;, dit Beaton \u00e0 un groupe de visiteurs                   tout en marchant dans un long tunnel vers les portes blind\u00e9es                   du bunker.<\/p>\n<p>Il explique que l&#8217;expression &#8220;armes de destruction massive&#8221; qui                   a \u00e9t\u00e9 un mantra pour le pr\u00e9sident am\u00e9ricain George Bush en                   ce qui concerne l&#8217;invasion de l&#8217;Iraq de 2003 \u00e9tait si bien                   connue lors de la construction du Diefenbunker qu&#8217;on avait                   vraiment peur que le gouvernement f\u00e9d\u00e9ral s&#8217;effondre lors d&#8217;une                   attaque nucl\u00e9aire.<\/p>\n<p>Les raisons de s&#8217;inqui\u00e9ter ne manquaient pas. En 1952, les \u00c9tats-Unis                   avaient fait exploser la premi\u00e8re bombe \u00e0 hydrog\u00e8ne, ou thermonucl\u00e9aire,                   au monde et l&#8217;Union sovi\u00e9tique en faisait aussi exploser une                   l&#8217;ann\u00e9e suivante. La nouvelle technologie faisait des bombes                   atomiques qui avaient explos\u00e9 au Japon en 1945 des armes de                   poids coq car la puissance d&#8217;une bombe \u00e0 l&#8217;hydrog\u00e8ne pouvait                   valoir jusqu&#8217;\u00e0 1 250 fois celle de la bombe qu&#8217;on avait utilis\u00e9e \u00e0 Hiroshima.                   Et les deux c\u00f4t\u00e9s les construisaient en grand nombre.<\/p>\n<p>Il est juste que la construction du Diefenbunker ait commenc\u00e9 en                   1959, la m\u00eame ann\u00e9e que la s\u00e9rie t\u00e9l\u00e9vis\u00e9e v\u00e9n\u00e9r\u00e9e La quatri\u00e8me                   dimension, car les deux s&#8217;appuyaient sur la conjecture r\u00e9sultant                   d&#8217;une simple question : &#8220;Et si?&#8221;<\/p>\n<p>La question \u00e0 laquelle le Diefenbunker devait r\u00e9pondre \u00e9tait                   simple\u00a0: Qu&#8217;est-ce que le gouvernement va faire si on pr\u00e9voit                   une attaque imminente de bombardiers sovi\u00e9tiques? Si cela arrivait,                   pensait-on, le Diefenbunker, qui est devenu op\u00e9rationnel en                   1962, permettrait au Premier ministre, au gouverneur g\u00e9n\u00e9ral, \u00e0 12                   membres du cabinet de la guerre, au directeur de la SRC, au                   juge en chef de la Cour supr\u00eame et \u00e0 environ 550 autres personnes                   de se rendre \u00e0 Carp, pas bien loin, o\u00f9 ils emp\u00eacheraient le                   pays de sombrer dans l&#8217;anarchie.<\/p>\n<p>Toutefois, le Si\u00e8ge central du gouvernement d&#8217;urgence \u00e0 la                   Station des Forces canadiennes Carp n&#8217;\u00e9tait que le mod\u00e8le d&#8217;un                   programme de &#8220;continuit\u00e9 gouvernementale&#8221; qui comprenait des                   bureaux r\u00e9gionaux en Colombie-Britannique, en Alberta, au Manitoba,                   en Ontario, au Qu\u00e9bec et en Nouvelle-\u00c9cosse. Il y avait aussi                   des bunkers provinciaux et des centaines d&#8217;abris antiatomiques                   publics et priv\u00e9s, ainsi que :<\/p>\n<p>\u00b7 200 lits d&#8217;h\u00f4pital qu&#8217;on peut d\u00e9ployer, avec des fournitures                   m\u00e9dicales;<\/p>\n<p>\u00b7 un syst\u00e8me d&#8217;alerte en cas d&#8217;attaque qui d\u00e9clencherait 1                   700 sir\u00e8nes \u00e0 travers le pays;<\/p>\n<p>\u00b7 des annonces radio d&#8217;urgence enregistr\u00e9es d&#8217;avance et un                   syst\u00e8me de diffusion d&#8217;urgence;<\/p>\n<p>\u00b7 un dispositif de contr\u00f4le pour rapporter les d\u00e9tonations                   nucl\u00e9aires et les niveaux de radiation.<\/p>\n<p>Dave Peters, un officier sapeur \u00e0 la retraite qui est vice-pr\u00e9sident                   du conseil d&#8217;administration du Diefenbunker, dit que les installations                   de Carp devaient pouvoir survivre \u00e0 une d\u00e9tonation de cinq                   m\u00e9gatonnes ayant lieu au sol \u00e0 une distance de 1,8 kilom\u00e8tre.                   Une telle explosion serait environ 300 fois plus puissante                   que Little Boy (petit gar\u00e7on) la bombe atomique utilis\u00e9e \u00e0 Hiroshima.<\/p>\n<p>Lors d&#8217;une explosion \u00e0 une telle distance, dit Peters, &#8220;le                   vent soufflant au-dessus de la structure aurait d\u00e9pass\u00e9 les                   1 000 milles \u00e0 l&#8217;heure (environ 1 700 kilom\u00e8tres \u00e0 l&#8217;heure)&#8221;.<\/p>\n<p>La construction du Diefenbunker, qui a dur\u00e9 deux ans et donn\u00e9 du                   travail \u00e0 plus de 1 000 personnes, a n\u00e9cessit\u00e9 plus de 32 000                   tonnes de b\u00e9ton et 5 000 tonnes d&#8217;acier d&#8217;armature. En fin                   de compte, le prix a \u00e9t\u00e9 de 20 millions de dollars, soit \u00e0 peu                   pr\u00e8s 110 millions en dollars d&#8217;aujourd&#8217;hui.<\/p>\n<p>La conservatrice Shawna Moffatt dit que les Canadiens sont                   chanceux de pouvoir encore visiter le site, comme 23 000 d&#8217;entre                   eux l&#8217;ont fait en 2005, parce qu&#8217;il a failli \u00eatre interdit \u00e0 jamais. &#8220;Le                   MDN allait verser du b\u00e9ton dans le tunnel (de l&#8217;entr\u00e9e principale)                   en octobre 1995&#8221;, dit-elle.<\/p>\n<p>D&#8217;apr\u00e8s Moffatt, cela aurait \u00e9t\u00e9 une perte historique d&#8217;importance                   car beaucoup de Canadiens &#8220;ont \u00e9t\u00e9 influenc\u00e9s par la culture                   atomique et la parano\u00efa qui accompagnait la guerre froide.                   Le Diefenbunker est une occasion de raconter ces histoires.                   C&#8217;est le seul endroit \u00e0 Ottawa o\u00f9 l&#8217;on peut faire personnellement                   l&#8217;exp\u00e9rience de la culture de la guerre froide.&#8221;<\/p>\n<p>Le Diefenbunker ayant \u00e9t\u00e9 mis hors service en 1994, le complexe                   de 32 hectares de la SFC Carp fut vendu au canton de West Carleton,                   lequel fait partie maintenant d&#8217;Ottawa, parce que le canton                   d\u00e9sirait transformer le nouvel \u00e9difice d&#8217;ing\u00e9nierie de la base                   en biblioth\u00e8que publique. L&#8217;ann\u00e9e suivante, quand le MDN s&#8217;appr\u00eatait \u00e0 envoyer                   les camions de b\u00e9ton, quelques r\u00e9sidents de la localit\u00e9 se                   sont aper\u00e7us qu&#8217;il y avait l\u00e0 une occasion pour le tourisme,                   et le bunker a \u00e9t\u00e9 transf\u00e9r\u00e9, avec 5,5 hectares qui l&#8217;entourent, \u00e0 un                   conseil d&#8217;administration pour la somme de 2 $.<\/p>\n<p>Peters, qui donne un jour et demi par semaine au mus\u00e9e, dit                   que le nouveau conseil avait un travail \u00e9norme \u00e0 faire parce                   que l&#8217;installation a \u00e9t\u00e9 compl\u00e8tement nettoy\u00e9e lorsqu&#8217;elle                   a \u00e9t\u00e9 mise hors service. &#8220;Nous sommes devenus d&#8217;excellents                   qu\u00e9mandeurs&#8221;, dit-il.<\/p>\n<p>Le but du qu\u00e9mandage, durant lequel il y a eu toutes sortes                   de trouvailles comme des lits et des g\u00e9n\u00e9rateurs, sans oublier                   les ordinateurs centraux du d\u00e9but des ann\u00e9es 1980 donn\u00e9s par                   l&#8217;Universit\u00e9 Carleton, est de cr\u00e9er une atmosph\u00e8re de la guerre                   froide authentique. De dire Peters, leur objectif ultime est                   la cr\u00e9ation &#8220;d&#8217;un mus\u00e9e normal&#8221; plein d&#8217;expositions et d&#8217;objets                   qui t\u00e9moignent vraiment de l&#8217;\u00e9poque.<\/p>\n<p>On ne fait rien qui puisse servir \u00e0 passer sous silence quel \u00e9tait                   l&#8217;enjeu durant la guerre froide. Le long tunnel d&#8217;acc\u00e8s du                   bunker, qui a servi de toile de fond pour le film The Sum of                   All Fears en 2002, un thriller d&#8217;action avec en vedettes Ben                   Affleck et Morgan Freeman, donne certainement le ton aux visiteurs. &#8220;Ils                   (les membres de l&#8217;\u00e9quipe de tournage) ont pass\u00e9 une semaine                   ici, et je pense que cela n&#8217;a donn\u00e9 que huit secondes \u00e0 l&#8217;\u00e9cran&#8221;,                   dit Beaton en riant.<\/p>\n<p>Il y a beaucoup plus au bout du tunnel. Par exemple, il y                   a la chambre forte de la Banque du Canada qui a \u00e9t\u00e9 construite                   dans le but de prot\u00e9ger la moiti\u00e9 de la couverture-or du Canada.                   D&#8217;apr\u00e8s Beaton, la porte massive de la chambre forte p\u00e8se 10                   tonnes. Il y a une pancarte \u00e0 l&#8217;entr\u00e9e indiquant qu&#8217;il n&#8217;y                   a jamais eu ne serait-ce qu&#8217;une once d&#8217;or dans la chambre forte,                   et qu&#8217;elle a servi \u00e0 entreposer des rations et des v\u00eatements.<\/p>\n<p>Un nouvel \u00e9talage expos\u00e9 rappelle aux visiteurs le s\u00e9rieux                   de l&#8217;\u00e9poque de la guerre froide et la puissance destructrice                   des armes de destruction massive. On y trouve 19 photos montrant                   les r\u00e9sultats des explosions de 1945 au Japon.<\/p>\n<p>Le gouvernement d&#8217;alors \u00e9tait tr\u00e8s conscient du besoin de                   contr\u00f4ler l&#8217;information en cas d&#8217;urgence. En cas d&#8217;attaque                   nucl\u00e9aire, trois journalistes et trois agents des relations                   publiques du gouvernement auraient pr\u00e9par\u00e9 toutes les nouvelles                   g\u00e9n\u00e9rales et les bulletins devant \u00eatre distribu\u00e9s au public.<\/p>\n<p>Les nouvelles auraient \u00e9t\u00e9 diffus\u00e9es \u00e0 partir d&#8217;un studio                   sp\u00e9cial de la SRC, o\u00f9 se trouvaient des messages d&#8217;urgence                   d\u00e9j\u00e0 enregistr\u00e9s. Le message que Beaton nous a fait \u00e9couter                   durant la visite \u00e9tait franc : &#8220;Ceci est une autre diffusion                   d&#8217;urgence. Une autre attaque de l&#8217;ennemi a \u00e9t\u00e9 d\u00e9couverte.                   Mettez-vous \u00e0 l&#8217;abri imm\u00e9diatement.&#8221;<\/p>\n<p>Il y avait 410 lits dans le bunker, tous \u00e0 une place parce                   qu&#8217;aucun r\u00e9sident, le Premier ministre y compris, n&#8217;avait le                   droit d&#8217;amener qui que ce soit, seuls les membres du personnel                   approuv\u00e9s pouvaient s&#8217;y rendre. Beaton dit que cela aurait \u00e9t\u00e9 assez                   pour 565 personnes \u00e0 peu pr\u00e8s parce qu&#8217;on se serait servi d&#8217;un                   syst\u00e8me de &#8220;bannette chaude&#8221; pour le personnel junior. Il y                   avait deux suites \u00e0 trois chambres dans le complexe, pour le                   Premier ministre et le gouverneur g\u00e9n\u00e9ral, et ce sont les seules                   qui avaient leur propre douche. Il y avait aussi 28 chambres                   individuelles pour les ministres et les gros bonnets du gouvernement,                   comme le pr\u00e9sident de la SRC. Les autres chambres \u00e0 coucher                   avaient jusqu&#8217;\u00e0 14 lits et lits de camp.<\/p>\n<p>Les quelques femmes qui se seraient rapport\u00e9es au Diefenbunker                   en cas d&#8217;attaque auraient habit\u00e9 dans les quartiers des femmes,                   l&#8217;entr\u00e9e desquels \u00e9tait interdite au personnel masculin.<\/p>\n<p>Peters sait fort bien quelle est la partie du Diefenbunker                   qu&#8217;il pr\u00e9f\u00e8re. &#8220;La salle de gestion de crise&#8221;, dit-il sans                   h\u00e9siter. &#8220;C&#8217;est la salle principale, la raison pour laquelle                   cet endroit a \u00e9t\u00e9 construit : pour donner au cabinet de guerre                   les renseignements dont il aurait eu besoin.&#8221;<\/p>\n<p>On pourrait vraiment dire que le bunker est un petit village,                   bien que c&#8217;en soit un qui d\u00e9plaise \u00e9norm\u00e9ment aux gens souffrant                   de claustrophobie. Il avait sa propre installation m\u00e9dicale,                   laquelle comprenait un \u00e9quipement de radiographie et un h\u00f4pital \u00e0 trois                   lits, un cabinet dentaire, une caf\u00e9t\u00e9ria, une cantine et un                   garage o\u00f9 l&#8217;on pouvait mettre un petit h\u00e9licopt\u00e8re, un bulldozer                   et 60 000 litres de carburant diesel. Il y avait aussi une                   salle de radio amateur car on s&#8217;attendait \u00e0 ce que les fervents                   de la radio jouent un r\u00f4le important dans les communications                   apr\u00e8s une attaque nucl\u00e9aire. On est en train de cr\u00e9er une salle                   d\u00e9vou\u00e9e \u00e0 ce passe-temps.<\/p>\n<p>Peters dit qu&#8217;on s&#8217;endort facilement dans le Diefenbunker,                   et il peut bien le savoir. Il a r\u00e9ussi \u00e0 dormir dans la suite                   du Premier ministre lors d&#8217;exercices qui avaient lieu \u00e0 la                   SFC Carp durant les ann\u00e9es 1980. &#8220;Il faisait tr\u00e8s noir, pas                   de bruit.&#8221;<\/p>\n<p>Si noir, en fait, que personne ne travaille dans le Diefenbunker                   sans lampe de poche. &#8220;On ne sait pas vraiment ce qu&#8217;est la                   noirceur avant de s&#8217;\u00eatre trouv\u00e9 dans le bunker quand il y a                   une panne d&#8217;\u00e9lectricit\u00e9&#8221;, dit Peters.<\/p>\n<p>Beaton est d&#8217;accord. &#8220;Une fois, j&#8217;ai d\u00fb ramper dans les parties                   les plus encombr\u00e9es de la salle des machines \u00e0 la recherche                   d&#8217;une fuite. On ne pouvait pas allumer les tubes fluorescents \u00e0 cause                   de leur bourdonnement. Il fallait que je puisse entendre les                   gouttes qui tombaient et je ne pouvais porter qu&#8217;une petite                   lampe de poche. D&#8217;apr\u00e8s moi, les parties m\u00e9caniques les plus \u00e9tranges                   du bunker sont celles en arri\u00e8re de la mezzanine des machines.                   Je me sentais presque perdu.&#8221;<\/p>\n<p>Aujourd&#8217;hui, le Diefenbunker est ouvert \u00e0 un public plus grand.                   Moffatt dit qu&#8217;il y a maintenant un club d&#8217;espionnage o\u00f9 les                   enfants peuvent &#8220;prendre un nom d&#8217;emprunt et apprendre ce que                   sont les codes et le monde de l&#8217;espionnage&#8221;.<\/p>\n<p>Il y a m\u00eame un club de cin\u00e9ma du Diefenbunker. Le long m\u00e9trage                   en janvier \u00e9tait K-19, l&#8217;histoire d&#8217;un sous-marin sovi\u00e9tique                   qui a subit une fusion du coeur du r\u00e9acteur en 1961.<\/p>\n<p>Les fonds se font rares au mus\u00e9e, qui ne re\u00e7oit gu\u00e8re plus                   des gouvernements que l&#8217;octroi annuel de 50 000 $ que lui donne                   la ville d&#8217;Ottawa. Son revenu principal est ce qu&#8217;il obtient                   en droits d&#8217;entr\u00e9e. &#8220;Nous demandons le double de ce que les                   autres mus\u00e9es demandent, et personne ne s&#8217;en plaint&#8221;, dit Peters.<\/p>\n<p>Les locations sont aussi une source de fonds. La salle de                   congr\u00e8s qui aurait servi au cabinet de guerre est encore en                   ordre, et elle est lou\u00e9e de mani\u00e8re routini\u00e8re \u00e0 des groupes                   allant jusqu&#8217;\u00e0 20 personnes pour 200 $ par jour. La caf\u00e9t\u00e9ria                   est aussi disponible pour les f\u00eates, au prix de 700 $ pour                   une soir\u00e9e. La manifestation la plus remarquable qui y ait                   eu lieu a \u00e9t\u00e9 le concert de la chanteuse Amanda Marshall.<\/p>\n<p>Toutefois, le Diefenbunker lui-m\u00eame a suffi \u00e0 attirer Steve                   Testart de Kingston (Ont.) quand il est venu voir son p\u00e8re                   Maurice qui a pass\u00e9 quatre ans dans les Forces arm\u00e9es. &#8220;Nous                   venions \u00e0 Ottawa, et nous cherchions quelque chose \u00e0 faire.                   Alors, on s&#8217;est dit, pourquoi pas le Diefenbunker?&#8221;<\/p>\n<p>En effet, pourquoi pas?<\/p>\n<p>Et comme la plupart des visiteurs, ils sont probablement partis                   en se posant cette question. Qu&#8217;est-ce qui est le plus \u00e9trange,                   le Diefenbunker lui-m\u00eame ou les temps qui l&#8217;ont produit?<\/p>\n<h2>\u00c0 propos de ces 78 toilettes \u00e0 Carp&#8230;<\/h2>\n<p>Dave Peters dit que les chefs de la d\u00e9fense ont embrouill\u00e9 magistralement,                   bien qu&#8217;insuffisamment, la vraie raison du projet de construction                   massif du Diefenbunker pr\u00e8s de Carp (Ont.) au d\u00e9but des ann\u00e9es                   1960.<\/p>\n<p>Ils ont essay\u00e9 de cacher la raison du projet en lui donnant                   le nom de projet EASE, pour Experimental Army Signals Establishment                   (\u00e9tablissement de transmissions exp\u00e9rimentales de l&#8217;arm\u00e9e),                   mais le Diefenbunker a fini par \u00eatre &#8220;un secret bien mal gard\u00e9&#8221; qui                   a attir\u00e9 l&#8217;attention d&#8217;un reporter intr\u00e9pide au journal Toronto                   Telegram. &#8220;Il a survol\u00e9 la r\u00e9gion et compt\u00e9 les toilettes&#8221;,                   dit Peters. &#8220;(Elles) \u00e9taient encore dans leur caisse d&#8217;emballage                   dans la section d&#8217;emmagasinage du plan d&#8217;ensemble, et on a                   conclu que 78, c&#8217;\u00e9tait bien trop pour un tel \u00e9difice. Les conclusions                   furent publi\u00e9es, au grand dam du Premier ministre Diefenbaker.&#8221;<\/p>\n<p>Un des articles du journal fut publi\u00e9 le 11 septembre 1961,                   exactement 40 ans avant qu&#8217;un autre \u00e9v\u00e9nement lance une autre                   sorte de guerre.<\/p>\n<h2>Comment s&#8217;y rendre<\/h2>\n<p>Il faut conduire 40 kilom\u00e8tres \u00e0 partir du centre-ville d&#8217;Ottawa                   pour se rendre au Diefenbunker. Prenez l&#8217;autoroute 417 vers                   l&#8217;ouest et quittez-la \u00e0 la bretelle Carp\/Stittsville. Allez                   vers le nord jusqu&#8217;au 3911 de la route Carp, \u00e0 peu pr\u00e8s \u00e0 un                   kilom\u00e8tre au nord du village de Carp. Il faut environ 35 minutes                   pour le voyage \u00e0 partir du centre-ville d&#8217;Ottawa.<\/p>\n<p>Il faut faire des r\u00e9servations pour les visites, en t\u00e9l\u00e9phonant                   au 613-839-0007 ou au 1-800-409-1965, ou bien par courriel \u00e0 :                   tours@diefenbunker.ca. Les visites sont disponibles en fran\u00e7ais                   et en anglais.<\/p>\n<p>L&#8217;entr\u00e9e est de 14 $ pour les adultes, de 12,50 $ pour les                   a\u00een\u00e9s ainsi que pour les \u00e9tudiants d&#8217;universit\u00e9 et de coll\u00e8ge,                   et de 6 $ pour les jeunes d&#8217;entre six et 17 ans. Les enfants                   de moins de six ans entrent sans payer et l&#8217;espace de stationnement                   ne manque pas.<\/p>\n<p>Vu que la temp\u00e9rature dans le bunker est d&#8217;environ 17 degr\u00e9s                   Celsius, on recommande aux visiteurs de porter ou d&#8217;apporter                   un chandail.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Il existe de nombreuses fa\u00e7ons de d\u00e9penser 14 $ quand on va \u00e0 Ottawa, mais les gens qui font la petite randonn\u00e9e jusqu&#8217;au Diefenbunker vont probablement conclure que le prix de l&#8217;entr\u00e9e au mus\u00e9e est une excellente occasion, bien que peut-\u00eatre une des plus bizarres. 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