{"id":1045,"date":"2011-09-01T00:10:42","date_gmt":"2011-09-01T04:10:42","guid":{"rendered":"https:\/\/legionmagfren.wpengine.com\/?p=1045"},"modified":"2011-08-30T15:37:57","modified_gmt":"2011-08-30T19:37:57","slug":"ou-terre-neuve-se-souvient","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/2011\/09\/ou-terre-neuve-se-souvient\/","title":{"rendered":"O\u00d9 TERRE-NEUVE SE SOUVIENT"},"content":{"rendered":"<div class=\"caption_img \"\tstyle=\"width:630px\"><img fetchpriority=\"high\" decoding=\"async\" class=\"alignnone size-full wp-image-1049\" title=\"Les anciens combattants Maurice Hynes, Mario Forest, Eugene Heesaker et Jarrott Holtzhauer pr\u00e9sentent leurs respects au M\u00e9morial de Beaumont-Hamel. [PHOTO : SHARON ADAMS]\" src=\"https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2011\/09\/BeaumontLead.jpg\" alt=\"Les anciens combattants Maurice Hynes, Mario Forest, Eugene Heesaker et Jarrott Holtzhauer pr\u00e9sentent leurs respects au M\u00e9morial de Beaumont-Hamel. [PHOTO : SHARON ADAMS]\" width=\"630\" height=\"236\" srcset=\"https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2011\/09\/BeaumontLead.jpg 630w, https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2011\/09\/BeaumontLead-300x112.jpg 300w\" sizes=\"(max-width: 630px) 100vw, 630px\" \/><\/p>\n<div class=\"caption\"><span>Les anciens combattants Maurice Hynes, Mario Forest, Eugene Heesaker et Jarrott Holtzhauer pr\u00e9sentent leurs respects au M\u00e9morial de Beaumont-Hamel. <\/span><\/div>\n<div class=\"credit\"><span>PHOTO : SHARON ADAMS<\/span><\/div>\n<\/div>\n<p><strong>Il n\u2019y a plus de survivant de ce qu\u2019IL s\u2019est pass\u00e9 le 1er juillet 1916 \u00c0 Beaumont-Hamel, en France, le jour o\u00f9 801 membres du Newfoundland Regiment ont avanc\u00e9 sous un d\u00e9luge de balles. Les faits et les chiffres sont consign\u00e9s dans les livres d\u2019histoire : il ne fallut qu\u2019une demi-heure pour d\u00e9cimer le r\u00e9giment; seulement 68 de ses membres r\u00e9pondirent \u00e0 l\u2019appel le lendemain.<\/strong><\/p>\n<p>outefois, certains ont l\u2019intention de compl\u00e9ter les faits, d\u2019emp\u00eacher que ne s\u2019estompent les souvenirs des Terre-Neuviens des villes et des c\u00f4tes, des fr\u00e8res, des oncles, des p\u00e8res et des fils; les hommes et gar\u00e7ons qui se sont port\u00e9s volontaires pour se battre \u00e0 la Grande Guerre, comme Leonard True Rendell qui avait 25 ans quand il s\u2019est engag\u00e9 le 2 septembre 1914.<\/p>\n<p>\u00ab Si je suis ici aujourd\u2019hui, avec vous, c\u2019est en partie gr\u00e2ce \u00e0 mon arri\u00e8re-grand-p\u00e8re Rendell et \u00e0 bien d\u2019autres encore qui se sont battus \u00e0 la Premi\u00e8re Guerre mondiale \u00bb, dit Andrew Redmond, \u00e2g\u00e9 de 17 ans, de Middle Cove (T.-N.). Lors du 95e anniversaire de la bataille o\u00f9 ont \u00e9t\u00e9 \u00e9tablies les bases de la formidable r\u00e9putation du Newfoundland Regiment, qui a obtenu l\u2019appellation Royal en 1917, Redmond a rendu hommage \u00e0 son a\u00efeul au M\u00e9morial terre-neuvien de Beaumont-Hamel, en France. \u00ab C\u2019est gr\u00e2ce \u00e0 leurs sacrifices que nous vivons dans un pays libre. \u00bb<\/p>\n<p>En compagnie d\u2019autres fiers Terre-Neuviens, dont le colonel Maurice Hynes, ancien commandant du 2e Bataillon du Royal Newfoundlant Regt. \u00e0 la retraite, le clairon sergent James Prowse du Royal Newfoundland Regt. Band et la sergente de la GRC Sue Efford de Foxtrap (T.-N.), Redmond faisait partie d\u2019une d\u00e9l\u00e9gation d\u2019Anciens Combattants Canada rendant hommage aux soldats qui ont combattu \u00e0 la Somme, et qui ne sont plus. Le ministre des Anciens Combattants, Steven Blaney, \u00e9tait \u00e0 la t\u00eate de la d\u00e9l\u00e9gation compos\u00e9e aussi de la sous-ministre Suzanne Tining et d\u2019autres employ\u00e9s du minist\u00e8re. La L\u00e9gion royale canadienne \u00e9tait repr\u00e9sent\u00e9e par sa pr\u00e9sidente nationale, Pat Varga. Eugene Heesaker du Conseil national des associations d\u2019anciens combattants, Neil McKinnon de l\u2019Association des anciens combattants de l\u2019arm\u00e9e, de la marine et des forces a\u00e9riennes du Canada, Jarrott Holtzhauer de l\u2019Organisation canadienne des v\u00e9t\u00e9rans de l\u2019OTAN et Allan Glass de l\u2019Association du Canada des anciens combattants de la guerre du Golfe, les d\u00e9put\u00e9s Brian Jean, Peter Stoffer et Sean Casey et les s\u00e9nateurs Donald Plett et Joan Fraser faisaient \u00e9galement partie du groupe, en plus de repr\u00e9sentants de la jeunesse, du r\u00e9giment et du minist\u00e8re de la D\u00e9fense nationale.<\/p>\n<div class=\"caption_img \"\tstyle=\"width:515px\"><img decoding=\"async\" class=\"alignnone size-full wp-image-1054\" title=\"La pr\u00e9sidente nationale de la L\u00e9gion, Pat Varga, d\u00e9pose une couronne au monument de Courcelette. [PHOTO : SHARON ADAMS]\" src=\"https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2011\/09\/BeaumontInset1.jpg\" alt=\"La pr\u00e9sidente nationale de la L\u00e9gion, Pat Varga, d\u00e9pose une couronne au monument de Courcelette. [PHOTO : SHARON ADAMS]\" width=\"515\" height=\"369\" srcset=\"https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2011\/09\/BeaumontInset1.jpg 515w, https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2011\/09\/BeaumontInset1-300x214.jpg 300w\" sizes=\"(max-width: 515px) 100vw, 515px\" \/><\/p>\n<div class=\"caption\"><span>La pr\u00e9sidente nationale de la L\u00e9gion, Pat Varga, d\u00e9pose une couronne au monument de Courcelette. <\/span><\/div>\n<div class=\"credit\"><span>PHOTO : SHARON ADAMS<\/span><\/div>\n<\/div>\n<p>\u00ab C\u2019est un honneur de repr\u00e9senter le Royal Newfoundland Regiment \u00bb, dit Prowse, qui a jou\u00e9 \u00e0 une demi-douzaine de c\u00e9r\u00e9monies pour des d\u00e9l\u00e9gations aux monuments et cimeti\u00e8res de la Somme. \u00ab Les divers liens au r\u00e9giment que nous avons tous remontent \u00e0 quelques g\u00e9n\u00e9rations. Je suis tr\u00e8s fier d\u2019\u00eatre ici et de porter l\u2019insigne de coiffure \u00bb arborant un myosotis que portent les membres du r\u00e9giment chaque ann\u00e9e le jour du Souvenir de Terre-Neuve, le 1er juillet.<\/p>\n<p>La bataille de Beaumont-Hamel eut lieu le premier jour de la bataille de la Somme : le \u00ab grand coup \u00bb qui devait en finir avec l\u2019impasse de la guerre des tranch\u00e9es de la Premi\u00e8re Guerre mondiale. Les troupes britanniques et fran\u00e7aises se lanc\u00e8rent \u00e0 l\u2019attaque \u00e0 7 h 30, en plein jour, ce qui entraina les pires pertes de l\u2019histoire de l\u2019arm\u00e9e britannique \u00ab Massacre \u00e0 la Somme \u00bb, juillet-aout 2011).<\/p>\n<p>Le champ de bataille \u00e9tait pr\u00e8s de la partie nord du front de 45 kilom\u00e8tres. L\u2019artillerie avait pilonn\u00e9 les lignes allemandes pendant cinq jours avant l\u2019attaque, dans l\u2019intention de d\u00e9truire les fils de fer barbel\u00e9s de la zone neutre et de tuer ou d\u00e9moraliser les soldats allemands. Mais ces derniers \u00e9taient retranch\u00e9s bien profond\u00e9ment sous terre et les bombes n\u2019affect\u00e8rent gu\u00e8re les barbel\u00e9s. \u00c0 7 h 20, la d\u00e9tonation d\u2019une mine avertit les Allemands et, 10 minutes apr\u00e8s, les premi\u00e8res vagues d\u2019attaquants furent re\u00e7ues par le feu inattendu des mitrailleuses et des fusils.<\/p>\n<p>Le 1st Newfoundlant Regt. attendait dans une tranch\u00e9e qui \u00e9tait invisible du champ de bataille. Les hommes, mesurant en moyenne 5 pieds 2 pouces, \u00e9taient charg\u00e9s de sacs \u00e0 dos pesant 27 kilogrammes car pleins de nourriture, d\u2019eau, de provisions et d\u2019outils. Leur objectif \u00e9tait de prendre et d\u2019occuper la deuxi\u00e8me position des Allemands, \u00e0 environ deux kilom\u00e8tres. Ils portaient aussi des \u00e9chelles qui devaient leur servir \u00e0 traverser les tranch\u00e9es. Mais quand ils quitt\u00e8rent leur tranch\u00e9e de soutien \u2014 sur\u00adnomm\u00e9e la route de St. John\u2019s \u2014 \u00e0 9 h 15, les tranch\u00e9es devant eux \u00e9taient pleines de morts et de bless\u00e9s, les obligeant \u00e0 avancer \u00e0 d\u00e9couvert, sans protection. Dans la zone neutre, leur silhouette se d\u00e9tachait sur la cr\u00eate, et ils \u00e9taient des cibles faciles pour les mitrailleurs et les fusiliers qui se tenaient dans leurs tranch\u00e9es \u00e0 500 m\u00e8tres en bas de la pente.<\/p>\n<p>Rendell fut bless\u00e9 au bras et \u00e0 l\u2019\u00e9paule, types de blessures probablement r\u00e9pandues \u00e0 cause de la mani\u00e8re dont les Terre-Neuviens se lan\u00e7aient \u00e0 l\u2019attaque, le menton contre la poitrine, comme contre un vent fort. \u00ab Les balles volaient tout autour d\u2019eux, dit Prowse. \u00c0 Terre-Neuve, il est habituel de lever le bras pour se prot\u00e9ger le visage du vent froid hivernal, et c\u2019\u00e9tait aussi leur r\u00e9action quand ils affrontaient les balles. \u00bb<\/p>\n<p>Les survivants avan\u00e7aient malgr\u00e9 la gr\u00eale d\u2019acier. \u00ab Je suis toujours \u00e9bahi quand je pense \u00e0 leur courage, dit Hynes, qui repr\u00e9sentait l\u2019association du Royal Newfoundland Regt. Ils ont peut-\u00eatre peur de s\u2019arr\u00eater, mais ils ont \u00e9t\u00e9 entrain\u00e9s \u00e0 ne pas abandonner [\u2026] quand les choses arrivent tout d\u2019un coup, l\u2019entrainement revient, c\u2019est ce qu\u2019on appelle la Black Spot [tache noire, n. d. t.]. On est concentr\u00e9, on a une pouss\u00e9e d\u2019adr\u00e9naline. On a aussi le sentiment que \u201cce sera pas moi\u201d; quand on a 18, 19 ou 20 ans, [on pense] qu\u2019on est invincible. \u00bb Malgr\u00e9 les camarades qui tombaient autour d\u2019eux, les Terre-Neuviens continuaient vers la ligne allemande tant qu\u2019ils pouvaient encore marcher, certains s\u2019abritant derri\u00e8re l\u2019Arbre du danger \u00e0 mi-chemin de la c\u00f4te, lequel attirait un feu nourri. Au bout du compte, il ne restait plus personne debout.<\/p>\n<p>Un triangle en m\u00e9tal brillant avait \u00e9t\u00e9 fix\u00e9 \u00e0 leur sac \u00e0 dos afin que les commandants puissent suivre leur progr\u00e8s au moyen de jumelles. \u00ab Bien entendu, au bout d\u2019un quart d\u2019heure, dit Hynes, ils avaient \u00e9t\u00e9 presque enti\u00e8rement extermin\u00e9s. \u00bb Hynes raconte des histoires dont lui a fait part Walter Tobin, dernier survivant du Newfoundland Regt. \u00e0 Beaumont-Hamel, mort en 1995, \u00e0 l\u2019\u00e2ge de 97 ans. On ne pouvait pas ramasser les bless\u00e9s pendant la journ\u00e9e \u00e0 cause du feu d\u00e9vastateur, et Tobin se souvenait de soldats adolescents qui appelaient leur m\u00e8re. Beaucoup de bless\u00e9s furent ramen\u00e9s, dit Hynes, \u00ab mais ils ont d\u00fb attendre que la nuit tombe \u00bb et il y en avait tant que cela dura plusieurs jours, pendant lesquels beaucoup d\u2019entre eux moururent. Ce jour-l\u00e0, il y eut 255 morts, 386 bless\u00e9s et 91 disparus; il fallut des mois au r\u00e9giment pour se reformer.<\/p>\n<p>Terre-Neuve, qui \u00e9tait alors un dominion de la Grande-Bretagne, avait r\u00e9pondu \u00e0 l\u2019appel imm\u00e9diatement quand la guerre fut d\u00e9clar\u00e9e. \u00ab C\u2019\u00e9tait une vocation sup\u00e9rieure, quelque chose de plus important que soi-m\u00eame, dit Hynes. Les gens ressentaient le devoir de servir Dieu, le roi et la patrie, ainsi que la famille \u00bb. \u00c9tant donn\u00e9 qu\u2019ils venaient de collectivit\u00e9s isol\u00e9es, \u00ab ils pensaient aussi qu\u2019ils avaient le devoir de r\u00e9pondre aux appels \u00e0 l\u2019aide \u00bb, y compris celui de la Grande-Bretagne quand elle d\u00e9clara la guerre.<\/p>\n<p>Pour certains, la guerre \u00e9tait un gage d\u2019aventure. \u00ab Beaucoup \u00e9taient des p\u00eacheurs qui n\u2019avaient jamais voyag\u00e9 plus loin que l\u00e0 o\u00f9 leur bateau les avait emmen\u00e9s, dit la guide de Beaumont-Hamel, Allison Stentaford de Manuels (T.-N.). Ils n\u2019avaient m\u00eame pas voyag\u00e9 au Canada. \u00bb D\u2019autres s\u2019enr\u00f4laient pour obtenir un revenu stable car la plupart des Terre-Neuviens gagnaient leur vie de fa\u00e7on pr\u00e9caire en p\u00eachant la morue, en chassant les phoques ou en coupant des arbres.<\/p>\n<p>Le r\u00e9giment fut form\u00e9 et \u00e9quip\u00e9 si rapidement qu\u2019il fallut emprunter le tissu des bandes molleti\u00e8res \u00e0 la r\u00e9serve navale; c\u2019est ainsi que les 500 premiers qui s\u2019enr\u00f4l\u00e8rent furent surnomm\u00e9s The Blue Puttees (les bandes molleti\u00e8res bleues, n. d. t.). P\u00e8res et fils, oncles, neveux et cousins s\u2019enr\u00f4l\u00e8rent ensemble. \u00ab Ils se connaissaient tous, dit Hynes. C\u2019\u00e9tait un r\u00e9giment familial. \u00bb Il n\u2019y eut donc que peu de familles qui ne furent pas affect\u00e9es par les pertes. Les recrues du Newfoundland Regt. venaient de 800 des 1 200 collectivit\u00e9s de l\u2019ile. En 1918, l\u2019archev\u00eaque Edward Patrick Roche dit qu\u2019il n\u2019y avait que peu de districts o\u00f9 l\u2019on ne pleurait pas des fils. \u00ab La guerre est [&#8230;] comme un cauchemar effroyable dont on ne peut s\u2019affranchir. \u00bb L\u2019impact caus\u00e9 par la perte de tant de fils \u00e0 la Grande Guerre est encore ressenti aujourd\u2019hui, dit Hynes de Stephenville (T.-N.).<\/p>\n<p>Dans le Newfoundland Book of Remembrance [livre du souvenir de Terre-Neuve n.d.t.] , 1867-1949, il est \u00e9crit :<\/p>\n<p>O\u00f9 un homme est mort bravement<\/p>\n<p>En accord avec sa destin\u00e9e, cette terre est sienne.<\/p>\n<p>Que se souvienne son village.<\/p>\n<div class=\"caption_img \"\tstyle=\"width:515px\"><img decoding=\"async\" class=\"alignnone size-full wp-image-1057\" title=\"Le sergent James Prowse tient des myosotis d\u00e9licatement. [PHOTO : SHARON ADAMS]\" src=\"https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2011\/09\/BeaumontInset21.jpg\" alt=\"Le sergent James Prowse tient des myosotis d\u00e9licatement. [PHOTO : SHARON ADAMS]\" width=\"515\" height=\"778\" srcset=\"https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2011\/09\/BeaumontInset21.jpg 515w, https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2011\/09\/BeaumontInset21-198x300.jpg 198w\" sizes=\"(max-width: 515px) 100vw, 515px\" \/><\/p>\n<div class=\"caption\"><span>Le sergent James Prowse tient des myosotis d\u00e9licatement. <\/span><\/div>\n<div class=\"credit\"><span>PHOTO : SHARON ADAMS<\/span><\/div>\n<\/div>\n<p>Bien que les sentiments soient vifs, 95 longues ann\u00e9es ont permis aux souvenirs de s\u2019estomper. Le programme de comm\u00e9moration d\u2019Anciens Combattants Canada sert \u00e0 maintenir la vitalit\u00e9 des souvenirs. Hynes s\u2019est renseign\u00e9 sur son grand-oncle George Emberly de Fortune Bay (T.-N), tu\u00e9 le 8 octobre 1917, en consultant le M\u00e9morial virtuel de guerre du Canada, \u00e0 http:\/\/www.veterans.gc.ca\/fra\/sub.cfm?source=collections\/monumentvirtuel. Pendant le voyage, la pr\u00e9sidente nationale a visit\u00e9 le cimeti\u00e8re Drummond qui est entretenu par la Commission des s\u00e9pultures de guerre du Commonwealth. Il est situ\u00e9 sur la route Arras-Cambrai pr\u00e8s de Raillencourt, en France, et entour\u00e9 par des champs paisibles o\u00f9 poussent des coquelicots sauvages. L\u2019arri\u00e8re-grand-p\u00e8re de Varga, le sergent suppl\u00e9ant Patrick Rudden des 2nd Canadian Mounted Rifles, est enterr\u00e9 \u00ab en compagnie de 87 autres [\u2026] qui furent tous tu\u00e9s le 29 septembre 1918. \u00bb<\/p>\n<p>La c\u00e9r\u00e9monie r\u00e9gl\u00e9e en l\u2019honneur du 95e anniversaire de la bataille eut lieu au M\u00e9morial terre-neuvien de Beaumont-Hamel, \u00e0 neuf kilom\u00e8tres \u00e0 peu pr\u00e8s au nord d\u2019Albert, en France. Il y a, sur un tertre, un grand caribou en bronze, embl\u00e8me du Royal Newfoundland Regiment, qui d\u00e9fie l\u2019ennemi. \u00c0 la base du tertre, le nom des 820 membres du Newfoundland Regt., de la Newfoundland Royal Naval Reserve et des marins marchands morts, dont la s\u00e9pulture est inconnue, est inscrit sur trois tablettes en bronze. William Jones de Pilley\u2019s Island, qui s\u2019est enr\u00f4l\u00e9 dans la Naval Reserve \u00e0 23 ans et qui a disparu en mer lors d\u2019une tentative de sauvetage en d\u00e9cembre 1915, est l\u2019un d\u2019entre eux. Son arri\u00e8re-arri\u00e8re-petite-fille, la guide de Beaumont-Hamel \u00e2g\u00e9e de 21 ans, Shaundel Leamon de Little Rapids (T.-N.), a racont\u00e9 son histoire \u00e0 l\u2019occasion de la c\u00e9r\u00e9monie.<\/p>\n<p>Des couronnes ont \u00e9t\u00e9 d\u00e9pos\u00e9es par Blaney, ainsi que par la premi\u00e8re ministre de Terre-Neuve-et-Labrador Kathy Dunderdale, les repr\u00e9sentants d\u2019organisations d\u2019anciens combattants et les repr\u00e9sentants de la jeunesse Redmond et Sydnie D\u2019Aoust de London (Ont.). \u00ab C\u2019\u00e9tait une perte ressentie dans tous les coins de Terre-Neuve; on ne peut que s\u2019imaginer \u00e0 quel point ce jour-l\u00e0 \u00e9tait sombre partout dans l\u2019ile \u00bb, dit Blaney \u00e0 la foule. Le 1er juillet est c\u00e9l\u00e9br\u00e9 par les autres Canadiens, mais \u00ab \u00e0 Terre-Neuve, les c\u00e9r\u00e9monies sont marqu\u00e9es par la joie ainsi que par la tristesse. Nous nous r\u00e9jouissons de la nationalit\u00e9 canadienne, mais dans notre c\u0153ur il y a aussi le souvenir des jeunes gar\u00e7ons perdus [\u2026] \u00e0 la guerre \u00bb.<\/p>\n<p>\u00ab Nous revenons ici pour rendre hommage \u00e0 ces braves jeunes hommes qui ont donn\u00e9 leur avenir pour les g\u00e9n\u00e9rations futures. L\u2019histoire de Beaumont-Hamel ne survivra que si nous rappelons l\u2019\u00e9v\u00e8nement et \u00e9crivons \u00e0 son sujet. \u00bb<\/p>\n<div class=\"caption_img \"\tstyle=\"width:515px\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignnone size-full wp-image-1061\" title=\"Les Terre-Neuviens Maurice Hynes et Andrew Redmond au pied du M\u00e9morial de Beaumont-Hamel. [PHOTO : SHARON ADAMS]\" src=\"https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2011\/09\/BeaumontInset4.jpg\" alt=\"Les Terre-Neuviens Maurice Hynes et Andrew Redmond au pied du M\u00e9morial de Beaumont-Hamel. [PHOTO : SHARON ADAMS]\" width=\"515\" height=\"601\" srcset=\"https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2011\/09\/BeaumontInset4.jpg 515w, https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2011\/09\/BeaumontInset4-257x300.jpg 257w\" sizes=\"(max-width: 515px) 100vw, 515px\" \/><\/p>\n<div class=\"caption\"><span>Les Terre-Neuviens Maurice Hynes et Andrew Redmond au pied du M\u00e9morial de Beaumont-Hamel. <\/span><\/div>\n<div class=\"credit\"><span>PHOTO : SHARON ADAMS<\/span><\/div>\n<\/div>\n<p>Dunderdale a remerci\u00e9 ceux qui ont pay\u00e9 un prix d\u00e9mesur\u00e9 pour mettre fin \u00e0 la tyrannie, ceux qui se sont battus avec d\u00e9termination et courage, et les centaines de familles qui ont pay\u00e9 le prix en entendant \u00ab la nouvelle bouleversante que leur fils ne reviendrait jamais \u00bb.<\/p>\n<p>Le voyage de comm\u00e9moration commen\u00e7a, le 30 juin, par une c\u00e9r\u00e9monie au cimeti\u00e8re du Cabaret rouge, pr\u00e8s de la cr\u00eate de Vimy. Une tombe y marque le lieu de repos du Soldat inconnu du Canada dont les restes ont \u00e9t\u00e9 rapatri\u00e9s en 2000 et transport\u00e9s \u00e0 Ottawa, o\u00f9 ils gisent dans un sarcophage devant le Monument comm\u00e9moratif de guerre du Canada. Plusieurs p\u00e8lerins allum\u00e8rent des cierges en m\u00e9moire des presque 40 000 Fran\u00e7ais enterr\u00e9s au cimeti\u00e8re militaire fran\u00e7ais de Notre-Dame-de-Lorette. La premi\u00e8re journ\u00e9e se termina par une c\u00e9r\u00e9monie de d\u00e9p\u00f4t de couronnes au Monument comm\u00e9moratif du Canada \u00e0 Vimy, o\u00f9, en 1917, les quatre divisions canadiennes se sont battues ensemble pour la premi\u00e8re fois.<\/p>\n<p>Le 2 juillet, les d\u00e9l\u00e9gu\u00e9s et les invit\u00e9s des collectivit\u00e9s environnantes prirent part \u00e0 des c\u00e9r\u00e9monies au m\u00e9morial de Courcelette et au Monument aux morts de Courcelette. La bataille de Flers-Courcelette pr\u00e9ludait \u00e0 la derni\u00e8re grande tentative entreprise dans le but de faire une br\u00e8che dans les lignes ennemies. Le 15 septembre 1916, les 2e et 3e divisions canadiennes se lan\u00e7aient \u00e0 l\u2019assaut aux c\u00f4t\u00e9s de neuf divisions britanniques. Suivant un barrage rampant sur un front de deux kilom\u00e8tres et appuy\u00e9s par des chars d\u2019assaut, les 22e (Canadien fran\u00e7ais) et 25e (Nova Scotia) bataillons reprirent Courcelette. Le commandant du 22e, le lieutenant-colonel Thomas Tremblay, dit ceci sur les f\u00e9roces combats de Courcelette : \u00ab Si l\u2019enfer est aussi terrible que ce que j\u2019ai vu \u00e0 Courcelette, je ne voudrais pas que mon pire ennemi y aille. \u00bb Plus de 300 soldats du 22e furent tu\u00e9s ou bless\u00e9s. \u00ab C\u2019est l\u00e0 que la renomm\u00e9e du 22e a d\u00e9but\u00e9 \u00bb, dit Mario Forest, repr\u00e9sentant de l\u2019Association du 22e. \u00ab Ils repouss\u00e8rent 13 contrattaques. \u00bb<\/p>\n<p>Apr\u00e8s Flers-Courcelette, les combats pass\u00e8rent \u00e0 la tranch\u00e9e Regina, la tranch\u00e9e allemande la plus longue du front occidental, o\u00f9 plusieurs vagues d\u2019attaquants canadiens furent d\u00e9cim\u00e9es l\u2019une apr\u00e8s l\u2019autre. La tranch\u00e9e finit par tomber en novembre 1916. En quatre mois et demi de combats, \u00e0 la Somme, le front n\u2019avait avanc\u00e9 que d\u2019\u00e0 peu pr\u00e8s 10 kilom\u00e8tres, au prix de plus de 620 000 victimes alli\u00e9es, dont plus de 24 000 canadiennes.<\/p>\n<p>Les restes des Canadiens dans les champs de bataille et les petits cimeti\u00e8res pr\u00e8s de Courcelette furent transport\u00e9s au Cimeti\u00e8re militaire d\u2019Adanac apr\u00e8s la signature de l\u2019armistice. Ici, apr\u00e8s la c\u00e9r\u00e9monie comm\u00e9morative du 3 juillet, la repr\u00e9sentante de la jeunesse D\u2019Aoust a racont\u00e9 l\u2019histoire de James Cleland Richardson : un cornemuseur \u00e2g\u00e9 de 20 ans du 16th Scottish Battalion (canadien) \u00e0 qui fut d\u00e9cern\u00e9e la Croix de Victoria pour actes insignes de bravoure \u00e0 la bataille de l\u2019Ancre. Il jouait quand ses camarades se lanc\u00e8rent \u00e0 l\u2019attaque pour la premi\u00e8re fois, le 9 octobre. Les lourdes pertes, y compris la mort de leur commandant, d\u00e9mora\u00ad-li\u00ads\u00e8rent les attaquants. Richardson se porta donc volontaire pour jouer \u00e0 nouveau, marchant calmement \u00e0 l\u2019ext\u00e9rieur des barbel\u00e9s, inspirant ses camarades \u00e0 attaquer de nouveau.<\/p>\n<p>Le cornemuseur de la d\u00e9l\u00e9gation, le sergent William MacDougall des Queen\u2019s Own Cameron Highlanders d\u2019Ottawa, joua les airs choisis par Richardson en ce jour fatidique. \u00ab Comme c\u2019est inspirant de se trouver sur le m\u00eame sol que les hommes de notre r\u00e9giment [\u2026] c\u2019est la derni\u00e8re chose que certains d\u2019entre eux ont vue \u00bb, dit MacDougall.<\/p>\n<p>Le dernier service du voyage fut celui au M\u00e9morial terre-neuvien de Gueudecourt, lieu de la bataille de Transloy et de la capture de la tranch\u00e9e allemande Hilt, le 12 octobre 1916, au cout de 239 victimes.<\/p>\n<p>Le r\u00e9giment se reb\u00e2tit apr\u00e8s Beaumont-Hamel et, dit Prowse, \u00ab c\u2019\u00e9tait la bataille suivante du r\u00e9giment : une victoire. Il y retournait en octobre, c\u2019est une des rares unit\u00e9s qui ont atteint leur objectif ce jour-l\u00e0. \u00bb Prowse voudrait que davantage de Canadiens le sachent. \u00ab Il y a tellement d\u2019histoires de bravoure et de victoire qui concernent le Royal Newfoundland Regt., mais celle qu\u2019on entend surtout, c\u2019est que 68 soldats ont r\u00e9pondu \u00e0 l\u2019appel apr\u00e8s Beaumont-Hamel. Le r\u00e9giment s\u2019est toutefois battu jusqu\u2019\u00e0 la toute fin de la guerre. \u00bb<\/p>\n<p>\u00ab Je croyais que je savais ce qu\u2019\u00e9tait la comm\u00e9moration [\u2026] jusqu\u2019\u00e0 ce que je vienne ici pour la premi\u00e8re fois, dit Varga, que je me prom\u00e8ne dans les cimeti\u00e8res, et que j\u2019entende les histoires. Je pense qu\u2019on ne voit plus \u00e7a de la m\u00eame mani\u00e8re apr\u00e8s. Quand on associe des visages aux gens, ce ne sont plus seulement que des chiffres, des statistiques et des dates. \u00bb<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Il n\u2019y a plus de survivant de ce qu\u2019IL s\u2019est pass\u00e9 le 1er juillet 1916 \u00c0 Beaumont-Hamel, en France, le jour o\u00f9 801 membres du Newfoundland Regiment ont avanc\u00e9 sous un d\u00e9luge de balles. Les faits et les chiffres sont consign\u00e9s dans les livres d\u2019histoire : il ne fallut qu\u2019une demi-heure pour d\u00e9cimer le r\u00e9giment; seulement 68 de ses membres r\u00e9pondirent \u00e0 l\u2019appel le lendemain.<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[3],"tags":[],"class_list":["post-1045","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-articles-principaux"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1045","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=1045"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1045\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=1045"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=1045"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=1045"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}