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	<title>La revue Légion</title>
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		<title>La Guerre de Corée</title>
		<link>https://legionmagazine.com/fr/2025/07/6701/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[admin]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 23 Jul 2025 15:48:45 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Articles principaux]]></category>
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					<description><![CDATA[Si# l’on demande aux vétérans de la guerre de Corée quels sont leurs souvenirs les plus vivaces de leur présence près du 38e parallèle, ils ne vous parleront probablement pas de la topographie, ni de la chaleur étouffante ou du froid mordant. Demandez aux 1 500 hommes du 3e Bataillon du Royal Australian Regiment (3 RAR) ou à [&#8230;]]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<div class="caption_img">
        <a href="https://legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2025/07/PA-114888.jpg"><img fetchpriority="high" decoding="async" class="wp-image-6705 size-full" src="https://legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2025/07/PA-114888.jpg" alt="" width="800" height="537" srcset="https://legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2025/07/PA-114888.jpg 800w, https://legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2025/07/PA-114888-300x201.jpg 300w, https://legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2025/07/PA-114888-768x516.jpg 768w" sizes="(max-width: 800px) 100vw, 800px" /></a>
        <div class="caption">
            <span>Des hommes du 2 PPCLI effectuent une patrouille le 11 mars 1951. </span>
            
        <div class="credit">
            <span>Bill Olson/BAC/SF-840</span>
        </div>

        </div>
        
    </div>
<p class="p1"><b>Si# </b><b>l’on demande</b> aux vétérans de la guerre de Corée quels sont leurs souvenirs les plus vivaces de leur présence près du 38<sup>e</sup> parallèle, ils<br />
<span class="s1">ne vous parleront probablement pas </span>de la topographie, ni de la chaleur étouffante ou du froid mordant.</p>
<p class="p2">Demandez aux 1 500 hommes du 3<sup>e</sup> Bataillon du Royal Australian Regiment (3 RAR) ou à ceux du 2<sup>e</sup> Bataillon du Princess Patricia’s Canadian Light Infantry (2 PPCLI) ce dont ils se souviennent le plus, et ceux qui sont <span class="s1">encore en vie évoqueront surement </span>les sommets surplombant la pittoresque vallée de la Kapyong.</p>
<p class="p2">C’est là, sur la route de Séoul, que la 118<sup>e</sup> Division de l’Armée des volontaires du peuple chinois lança le principal élément de son offensive du printemps en avril 1951.</p>
<p class="p2">Les Canadiens et les Australiens étaient à la pointe de la lance de défense, prêts à supporter les trois jours d’assaut des soldats chinois, qui furent jusqu’à 20 000. Aujourd’hui, la bataille est géné-ralement considérée comme l’affrontement le plus important mené par l’une ou l’autre des armées alliées en Corée, et la bataille la plus célèbre du Canada après la Seconde Guerre mondiale.</p>
<p class="p2">Les pertes chinoises allaient croissant sous les implacables frappes d’artillerie ordonnées par le général américain Matthew B. Ridgway, nouvellement nommé commandant suprême allié de la péninsule.</p>
<p class="p2">La dynamique de la guerre était en train de s’inverser, et Kapyong fut le moment charnière de ce retournement.</p>
<p class="p2">Les troupes sud-coréennes établissaient leurs positions à l’extrémité nord de la vallée de la Kapyong lorsque, le 22 avril à 17 h, les 118<sup>e</sup> et 60<sup>e</sup> divisions de l’Armée des volontaires du peuple chinois se lancèrent à l’attaque.</p>
<p class="p2">Vu la pression exercée sur tout le front, les Sud-Coréens cédèrent rapidement le terrain. Ils s’enfuirent au sud en abandonnant leur matériel dans les montagnes.</p>
<p class="p2">À 23 h, le commandant sud-coréen avait perdu toute communication avec ses unités. Le lendemain, à 4 h, les troupes néo-zélandaises de soutien furent retirées, renvoyées ensuite au front, puis retirées à nouveau au crépuscule. Les défenses des Sud-Coréens s’étaient effondrées et, en s’en allant, ils avaient annoncé l’arrivée des Chinois aux Canadiens.</p>
<p class="p2">« C’est alors que, vers le milieu de l’après-midi, la rumeur de l’effondrement du front a pris un sens », écrivit le capitaine Owen R. Browne, commandant de la compagnie « A », dans le journal régimentaire du 2 PPCLI.</p>
<p class="p2">« Depuis mon arrivée jusqu’à ce moment-là, la vallée principale de la Kapyong et la vallée latérale qui traversait le front avaient été vides. Et soudain, en longeant la vallée latérale, vinrent des hordes d’hommes qui couraient, qui marchaient, entrecoupées de véhicules militaires, le tout dans le plus grand désordre. Il s’agissait d’éléments de la 6<sup>e</sup> Division de la République de Corée, qui était censée combattre les Chinois à dix milles devant. Mais, ils ne combattaient pas les Chinois. Ils fuyaient!</p>
<p class="p2">« C’est une déroute que je voyais, continua Browne. La vallée était remplie d’hommes. Certains quittaient la route et s’enfuyaient par-delà les bords avancés des positions de la compagnie “A”. Certains se tuaient sur les différents pièges que nous avions posés, et cet élément des défenses qui y avait été disposé a perdu toute son utilité […].</p>
<p class="p2">Nous avons alors compris que nous n’étions plus à 10-12 milles derrière la ligne : nous étions en première ligne. »</p>
<p class="p1"><b>Quelque 40 millions de</b> personnes sont mortes pendant la Première Guerre mondiale; au moins 70 millions pendant la Seconde. Au moment où les forces nord-coréennes soutenues par les Soviétiques franchirent le 38<sup>e</sup> parallèle en Corée du Sud, le 25 juin 1950, les gens ne voulaient plus entendre parler de guerre.</p>
<p class="p2">Et donc, lorsqu’une coalition des Nations Unies dirigée par les États-Unis intervint dans la péninsule coréenne, le président Harry S. Truman et le premier ministre Louis St-Laurent<br />
qualifièrent cela d’« action policière », d’« intervention ».</p>
<p class="p2">Ces termes ne convenaient pas à ceux qui s’y trouvaient.</p>
<p class="p2">« Cinq-cent-seize militaires<br />
[canadiens] sont morts là-bas, nous rappelle George Guertin, à l’époque opérateur radio à bord du NCSM <i>Huron</i>.</p>
<p class="p2">Je n’appelle pas cela une <span class="s1">“action policière”. Juste une vilaine </span>petite guerre. »</p>
<p class="p2">En fait, il n’y eut jamais de déclaration de guerre, et pendant une quarantaine d’années, les événements dans la péninsule coréenne furent officiellement appelés le « conflit coréen ». Il y avait certes la guerre froide, mais que Dieu nous préserve, pas de guerre ouverte.</p>
<p class="p2"><span class="s1">Pour la plupart des gens, sauf ceux qui y ont combattu, la guerre de Corée était « la guerre oubliée ».</span></p>
<p class="p2"><span class="s1">Au Canada, les combattants ne furent officiellement reconnus comme anciens combattants qu’à la fin des années 1980, lorsqu’Ottawa décida que la guerre avait en fait été une guerre. Et ce n’est qu’en 1991 que d’anciens combattants reçurent des médailles de service de la guerre de Corée.</span></p>
<p class="p2"><span class="s1">Sept ans plus tard, aux États-Unis, pays qui avait fourni la majeure partie des ressources à l’effort de guerre, le président Bill Clinton signa la loi publique 105-261, dont la section 1 067 déclarait que le « conflit coréen » s’appellerait désormais la « guerre de Corée ».</span></p>
<p class="p2">De la simple sémantique? Non. Le changement eut une incidence dans tous les pays de la coalition qui constituaient la force de l’ONU en Corée. Des répercussions se firent sentir sur des choses telles que les pensions et l’indemnisation des anciens combattants, dont celles des 26 791 Canadiens qui y servirent.</p>
<p class="p2">Des groupes, tels que l’Association canadienne des anciens combattants de la guerre de Corée, qui ne fut formée que dans les années 1980, redoublèrent d’efforts pour leur obtenir le soutien dont ils avaient besoin, et qu’ils méritaient. Son nombre diminuant, le groupe s’est dissout en 2021 et a été remplacé par la Korean War Veterans Association of Canada (Association des vétérans de la guerre de Corée du Canada, NDT), plus centralisée et plus descriptive.</p>
<p class="p2">La reconnaissance a profondément affecté beaucoup de ceux qui avaient longtemps estimé que leur service avait été pris pour acquis, même si il avait été reconnu. Si les vétérans de la guerre du Vietnam allaient recevoir un accueil hostile dans l’Amérique antiguerre des années 1960 et du début des années 1970, pratiquement personne n’avait accueilli les vétérans de la guerre de Corée dans les années 1950.</p>
<p class="p2">Les vétérans de la Corée endurèrent une hostilité latente : les organisations d’anciens combat-<br />
ants refusaient de reconnaitre leur service, résistaient à l’ajout de la guerre de Corée sur les cénotaphes, et minimisaient généralement leurs contributions, tout en négligeant le fait qu’environ 16 % de ceux qui avaient servi en Corée avaient également servi lors de la Seconde Guerre mondiale. Ils savaient ce que c’était que la guerre, et ce qui s’était passé à la péninsule coréenne entre le 25 juin 1950 et le 27 juillet 1953 constituait, selon tous les récits faits à la première personne, une guerre.</p>
<p class="p1"><b>Et les membres</b> du Patricia étaient décidément en plein dedans.</p>
<p class="p2">Devant la perspective déconcertante qu’une force supérieure se rapprochait d’eux rapidement et avec des soldats sud-coréens qui continuaient à affluer en passant près d’eux, les Canadiens se mirent à creuser des tranchées et à prendre position sur la côte 677 et le long de la crête de 1,5 kilomètre qui y est reliée.</p>
<p class="p2">Ils étaient du côté ouest de la rivière Kapyong. Les Australiens se trouvaient en haut de la côte 504, de l’autre côté de la 677, où ils étaient retranchés et prêts à se battre.</p>
<p class="p2">Le 16<sup>e</sup> Régiment d’artillerie de campagne de la Nouvelle-Zélande servait d’appui, avec des fantassins du 1<sup>er</sup> Bataillon du Middlesex Regiment britannique, situés aux arrières avec trois pelotons du 72<sup>e</sup> Bataillon de chars lourds des États-Unis (15 chars) le long de la route principale qui coupait la vallée.</p>
<p class="p1">« Pas de retraite, pas de reddition », dit à ses hommes le colonel James Riley Stone, d’origine britannique, qui commandait le Patricia.</p>
<p class="p1">Les Chinois frappèrent la 504 d’abord, engageant le combat contre les Australiens du 3 RAR, infiltrant la position de la brigade, puis tombant sur le front canadien.</p>
<p class="p1">« Ils sont silencieux comme des souris grâce à leurs chaussures en caoutchouc, et puis il y a un coup de sifflet, déclara le sergent Roy Ulmer de Castor, en Alberta. Ils se lèvent en criant à environ 10 pieds de nos positions et se ruent vers nous. »</p>
<p class="p1">Des vagues de soldats chinois multiplièrent les attaques pendant toute la nuit du 23 au 24 avril. La 118<sup>e</sup> Division chinoise au complet affrontait les Australiens et les Canadiens. La bataille incessante dura toute la journée du 24 avril.</p>
<p class="p1">« Les Chinois ont utilisé toutes leurs procédures de combat fami-lières dans l’attaque – sifflets, clairons, cris de “banzaï”; une action concertée sur les ordres de leurs commandants et des assauts massifs se sont succédé rapidement, a rapporté Bill Boss de La Presse Canadienne. On ne le savait que grâce à la description des soldats des Nations Unies qui, jusqu’alors, avaient mené principalement une guerre de mouvement contre une résistance symbolique.</p>
<p class="p1">« Là, c’était la triste réalité. »</p>
<p class="p1">Sur les deux fronts, le combat tourna à la mêlée au corps à corps avec des charges à la baïonnette.</p>
<p class="p1">« La première vague lance ses grenades, tire des coups de feu et se jette par terre, nous expliqua Ulmer qui avait été sergent-major de compagnie dans le Loyal Edmonton Regiment pendant la Seconde Guerre mondiale.</p>
<p class="p1">« Elle est suivie d’une deuxième qui fait la même chose, et puis une troisième surgit. Où ils disparaissent, je ne sais pas. Mais, ils conti-nuent d’affluer. »</p>
<p class="p1">Les Australiens, risquant de se faire encercler, reçurent l’ordre de se replier, en bon ordre, vers de nouvelles positions sur la fin du 24.</p>
<p class="p1">Les hommes du Patricia étaient encerclés eux aussi. « Mais, ils ont tenu », écrivit Boss.</p>
<p class="p1"><span class="s1">Le capitaine John Graham Wallace (surnommé Wally) Mills de Hartley, au Manitoba, vétéran de la Seconde Guerre mondiale qui prenait part à son premier combat en tant que commandant de la compa-gnie « D », ordonna à ses hommes de descendre dans les tranchées de tir. L’unité dirigea des tirs d’artillerie et de mortier sur sa propre position à plusieurs reprises, au petit matin du 25 avril, pour éviter d’être envahie.</span></p>
<p class="p3"><span class="s1"><b>« Des canons et </b>des mortiers ont lancé un feu d’enfer sur cette côte entre 2 h et 6 h », écrivit Boss. Il manque dans son texte de la journée des détails, tels que le bataillon et </span>la compagnie, car il fut caviardé.</p>
<p class="p1">« Des torrents de fragments de métal chaud ont décimé les rangs chinois », est-il dit dans un texte du Loyal Edmonton Regiment Military Museum.</p>
<p class="p1">Les Chinois pilonnèrent la position d’Ulmer jusqu’à 4 h. À ce moment-là, le peloton de devant <span class="s1">avait presque épuisé ses munitions.</span></p>
<p class="p1"><span class="s1">« Le sergent a lancé son fusil à baïonnette comme une lance sur son ennemi, rapporta Boss. Alors que deux artilleurs se levaient, les armes à la hanche, pour fournir un feu de couverture, le reste se repliait, mais à 50 mètres seulement. Là, la compagnie poursuivit le combat, se partageant les munitions qu’il leur </span>restait et tenant bon jusqu’à ce que la pression de l’ennemi se relâche.</p>
<p class="p1">« J’ai compté 17 morts chinois à quelques pouces et pieds de ces soldats aujourd’hui, et environ 50 tombes d’ennemis enterrés pendant la bataille. Il y a eu un nombre incalculable de morts ennemis où une attaque prévue à l’arrière et au flanc a été contrecarrée.</p>
<p class="p1">« Une autre compagnie s’est battue au corps à corps contre des vagues de soldats chinois. Cette compagnie a tiré sur l’ennemi et lui a lancé des grenades jusqu’à épuisement des munitions. »</p>
<p class="p1">Au lever du soleil, le 2 PPCLI, coupé du reste des forces de l’ONU, tenait toujours la côte 677. Les Chinois s’étaient retirés. Dix soldats canadiens avaient été tués et 23, blessés.</p>
<p class="p1">Les Australiens déploraient 32 morts, 59 blessés et trois prisonniers. Pour la Nouvelle-Zélande, on comptait deux morts et cinq blessés. Les pertes des Chinois <span class="s1">furent évaluées entre 1 000 et 5 000 morts, et beaucoup plus de blessés.</span></p>
<p class="p1"><span class="s1">Ce matin-là, des avions de transport américains larguèrent de la nourriture, de l’eau et des munitions aux membres épuisés du Patricia.</span></p>
<p class="p1">« Les guerriers montagnards des Nations Unies ont gagné leurs épaulettes aujourd’hui, tenant leur front et refusant de bouger même s’ils étaient débordés et encerclés, écrivit Bill Boss au début du<span class="s1"> compte-rendu de service du 25 avril </span>sur la bataille, dans le secteur centre-ouest de la Corée. C’était <span class="s1">une bataille acharnée où des vagues après vagues de communistes chinois ont tout fait pour les chasser de leurs positions, mais en vain. »</span></p>
<p class="p1">Cinq soldats du Patricia reçurent des médailles de bravoure, et 11 furent cités à l’ordre du jour pour leurs actes à Kapyong. Le capitaine Mills, le commandant de l’unité qui avait demandé un feu d’artillerie sur sa propre position, se verrait décerner la Croix militaire pour ses actes.</p>
<p class="p1">C’était bien la guerre.</p>
<p><div class="caption_img">
        <a href="https://legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2025/07/PA-174207.jpg"><img decoding="async" class="wp-image-6704 size-full" src="https://legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2025/07/PA-174207.jpg" alt="" width="800" height="1101" srcset="https://legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2025/07/PA-174207.jpg 800w, https://legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2025/07/PA-174207-218x300.jpg 218w, https://legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2025/07/PA-174207-744x1024.jpg 744w, https://legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2025/07/PA-174207-768x1057.jpg 768w" sizes="(max-width: 800px) 100vw, 800px" /></a>
        <div class="caption">
            <span>Vernon Burke du 2 PPCLI vérifie des tranchées chinoises (ci-dessus). Le colonel James Riley Stone, commandant du 2 PPCLI, mange des haricots froids tout en dirigeant l’action depuis son poste de commandement tactique (encart). </span>
            
        <div class="credit">
            <span>Bill Olson/BAC/SF-1289; Bill Olson/BAC/SF-820</span>
        </div>

        </div>
        
    </div><a href="https://legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2025/07/PA-142233-.jpg"><img decoding="async" class="alignnone size-full wp-image-6703" src="https://legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2025/07/PA-142233-.jpg" alt="" width="800" height="817" srcset="https://legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2025/07/PA-142233-.jpg 800w, https://legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2025/07/PA-142233--294x300.jpg 294w, https://legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2025/07/PA-142233--768x784.jpg 768w" sizes="(max-width: 800px) 100vw, 800px" /></a></p>
<p class="p3"><span class="s1"><b>Malgré le changement </b>tardif au pays quarante ans plus tard, la reconnaissance que les Canadiens accordent aux vétérans de la guerre de Corée n’est qu’une pâle comparaison de la gratitude que le peuple et le gouvernement de la Corée du Sud ont manifestée et des gestes qu’ils ont faits à leur intention. Les Coréens leur ont décerné des médailles, fait bon accueil lors de leurs pèlerinages et organisé des fêtes annuelles en leur honneur.</span></p>
<p class="p1"><span class="s1">Les représentants sud-coréens ne manquent pas de déposer des couronnes au Monument commémoratif de guerre du Canada à Ottawa pour marquer le jour du Souvenir et les anniversaires associés à la guerre et à l’armistice. Les présidents sud-coréens en visite prennent le temps de présenter leurs hommages en déposant des couronnes, quelle que soit la saison. Le président Yoon Suk Yeol l’a fait en septembre 2022.</span></p>
<p class="p1">Quelque 2,5 millions de Coréens trouvèrent la mort, furent blessés ou disparurent pendant la guerre de trois ans, et 10 millions de familles, soit un tiers de la population, furent séparées. Les industries et les infrastructures furent détruites des deux côtés.</p>
<blockquote>
<p class="p1"><b>« Les guerriers montagnards des nations Unies ont gagné leurs épaulettes aujourd’hui, </b><span class="s1"><b>tenant leur front et refusant de bouger </b></span><b>même s’ils étaient débordés et encerclés. »</b></p>
</blockquote>
<p class="p1">Quand la guerre prit fin, Séoul avait changé de main quatre fois. Il ne restait que des ruines de la ville tentaculaire.</p>
<p class="p1">La Corée du Sud avait perdu 17 000 entreprises et usines, 4 000 écoles et 600 000 foyers. Le produit national brut avait diminué de 14 %, et les dommages matériels étaient estimés à 2 milliards de dollars américains.</p>
<p class="p1">Avec son armée de l’air pratiquement anéantie, la Corée du <span class="s1">Nord avait subi le plus gros des com</span><span class="s2">bats après septembre 1950. L’US Air Force avait largué plus de 350 000 tonnes de bombes conventionnelles et près de 30 000 tonnes de napalm sur les villes nord-coréennes, et elle avait tiré 313 600 roquettes et </span><span class="s1"><br />
167 millions de balles de mitrailleuse.</span></p>
<p class="p1"><span class="s2">Le dirigeant nord-coréen, Kim Il Sung, déclara que l’économie </span>du pays avait été détruite. Il avait perdu 8 700 usines, 367 000 hectares de terres agricoles, 600 000 maisons, 5 000 écoles, 1 000 hôpitaux et 260 théâtres.</p>
<p class="p1">Selon l’historien James Hoare, le revenu national du Nord en 1953 n’était que de 69,4 % de celui de 1950; la production d’électricité avait été réduite à 17,2 % de celle de 1949, tandis que celle du charbon avait baissé à 17,7 %.</p>
<p class="p1"><span class="s2">« Un nombre immense d’hommes valides avaient été tués ou avaient fui vers le Sud, écrivit Hoare. Ainsi, </span>à part la fin des combats, les deux parties n’avaient rien à marquer ni à célébrer en été 1953. »</p>
<p class="p1">Quel « conflit ».</p>
<p class="p1"><span class="s2">Pourtant, pour la Corée du Sud au moins, la fin de la guerre marqua le début progressif d’une nouvelle ère. Le pays allait se reconstruire et dépasser de loin tout ce qu’il avait connu ou aurait pu espérer auparavant en matière de développement et de prospérité. C’est maintenant un phénomène culturel et un géant de la technologie, et Séoul est un joyau de l’Asie du Sud-Est.</span></p>
<blockquote>
<p class="p1"><b>« Le pays est passé d’une nation déchirée </b><span class="s1"><b>et appauvrie par la guerre à une puissance industrielle mondiale </b></span><b>en seulement deux générations</b><span class="s1"><b>. »</b></span></p>
</blockquote>
<p class="p3"><b>« Le pays </b>est passé d’une nation <span class="s2">déchirée et appauvrie par la guerre à une puissance industrielle mondiale </span>en seulement deux générations », a écrit Chung Min Lee en novembre <span class="s2">2022 dans un essai pour la Carnegie Endowment for International Peace.</span></p>
<p class="p1">« Avant cette tournure des événements, personne n’aurait pu s’imaginer que des acteurs sud-coréens gagneraient un Oscar et un Emmy ou que la K-pop atteindrait un public mondial.</p>
<p class="p1">« Un pays qui comptait sur l’aide américaine jusqu’aux années 1960 investit mainte-nant des dizaines de milliards de dollars aux États-Unis pour la construction de véhicules élec<span class="s1">triques, d’accumulateurs de nouvelle génération et de semiconducteurs. »</span></p>
<p class="p1"><span class="s1">Bien que la Corée du Sud soit aussi </span>confrontée à des problèmes, c’est de ses triomphes que les anciens combattants de la guerre de Corée sont fiers. Il n’y avait peut-être pas de Corée unie quand ils sont partis, mais leur guerre avait préservé la liberté du Sud et, en fin de <span class="s1">compte, ses moyens de prospérer.</span></p>
<p class="p1"><span class="s1">Dans un télégramme qu’il adressa </span>au Département d’État américain le 1<sup>er </sup>décembre 1953, Arthur H. Dean, envoyé spécial des États-Unis à la conférence politique de <span class="s1">l’après-armistice, blâma le président </span>sud-coréen de l’époque, Syngman Rhee, pour l’échec imminent de la paix. Il voulait continuer à se battre et avait refusé de signer l’armistice durement gagné.</p>
<p class="p1">« Rhee est actuellement très querelleur, écrivait M. Dean. Il estime qu’on l’a forcé à conclure un armistice. Maintenant, il pense que le pacte de défense et <span class="s1">le programme économique sont des </span>pots-de-vin déshonorables pour ne pas unifier la Corée par la force.</p>
<p class="p1">« Il voit son rêve d’une Corée unifiée s’effacer rapidement. »</p>
<p class="p1">M. Dean dit qu’« il avait le sentiment perceptible que M. Rhee <span class="s1">[pensait alors] que le monde libre ne [méritait] pas de Corée combattive, que le reste d’entre nous [avions] perdu le courage nécessaire pour lutter contre le communisme et qu’il </span>serait heureux de nous voir partir.</p>
<p class="p1">« Il [citait] par le détail chaque concession que nous [avions] faite pour obtenir un armistice et pour créer une zone démilitarisée, et il [était] convaincu que, si nous ne <span class="s1">nous [battions] pas, [une conférence de paix aboutirait] simplement à faire une concession après l’autre de </span>notre côté pour aboutir à la reddition finale de toute la Corée. Toute suggestion constructive de notre <span class="s1">part [était], bien sûr, une concession </span>pure et simple aux communistes du point de vue [sud-coréen]. »</p>
<p class="p1">Et aujourd’hui encore, le Nord de Kim Jong Un est un voisin <span class="s1">hostile : un accumulateur compulsif </span>d’armes nucléaires, une source <span class="s1">d’instabilité régionale et une menace </span>continue pour la paix mondiale.</p>
<p class="p1">Il a effectué plusieurs tests de missile et annoncé au moins six fois qu’il ne respecterait plus l’armistice. Il en a violé les conditions des dizaines de fois, notamment dans le cadre d’attaques militaires. Les deux parties mènent des exercices militaires provocateurs.</p>
<p class="p1"><span class="s1">En décembre 2022, cinq véhicules sans pilote nord-coréens entrèrent en Corée du Sud après avoir traversé </span>la zone démilitarisée. La Corée du Sud dépêcha des hélicoptères et <span class="s1">des chasseurs pour les intercepter. </span>Un hélicoptère sud-coréen tira sur l’un de ces véhicules, mais que l’on sache, aucun ne fut abattu. Selon une enquête de l’ONU, les deux parties avaient violé l’armistice.</p>
<p class="p1">Certains affirment qu’un armistice serait le moyen le plus efficace de mettre fin aux combats actuels en Ukraine. Mais, dans un traité de décembre 2022, le site d’analyse américain NK News basé à Séoul a déclaré que l’exemple donné par l’armistice coréen n’était pas de bon augure pour le succès en Europe de l’Est.</p>
<p class="p1">« L’armistice en Corée n’était pas censé durer éternellement, mais une déclaration de fin de guerre, sans parler de l’unification, semble de moins en moins pro-bable au fil des années », a écrit l’analyste James Fretwell.</p>
<p class="p1">« Et c’est peut-être la principale leçon à tirer du précédent qu’est la guerre de Corée : Bien qu’ayant mis fin aux hostilités actives, l’armistice n’a pas tracé de voie précise officielle ni pour la paix ni pour l’unification. Le résultat en est une division sans fin, qu’on le veuille ou pas. »</p>
<div class="caption_img">
        <a href="https://legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2025/07/PA-132629.jpg"><img loading="lazy" decoding="async" class="wp-image-6702 size-full" src="https://legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2025/07/PA-132629.jpg" alt="" width="800" height="1003" srcset="https://legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2025/07/PA-132629.jpg 800w, https://legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2025/07/PA-132629-239x300.jpg 239w, https://legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2025/07/PA-132629-768x963.jpg 768w" sizes="(max-width: 800px) 100vw, 800px" /></a>
        <div class="caption">
            <span>Les porteurs de rations coréens s’arrêtent près d’une batterie active de l’artillerie royale néo-zélandaise en route vers 2 positions du PPCLI.</span>
            
        <div class="credit">
            <span>Bill Olson/BAC/SF-1314</span>
        </div>

        </div>
        
    </div>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Au Lendemain De La Guerre</title>
		<link>https://legionmagazine.com/fr/2025/07/au-lendemain-de-la-guerre/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[J.L. Granatstein]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 23 Jul 2025 15:00:48 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Articles principaux]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://legionmagazine.com/fr/?p=6692</guid>

					<description><![CDATA[Les péripéties de la Force d’occupation de l’Armée canadienne en Allemagne en 1945-1946]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<div class="caption_img">
        <a href="https://legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2025/07/PA-162830.jpg"><img loading="lazy" decoding="async" class="wp-image-6700 size-full" src="https://legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2025/07/PA-162830.jpg" alt="" width="800" height="618" srcset="https://legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2025/07/PA-162830.jpg 800w, https://legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2025/07/PA-162830-300x232.jpg 300w, https://legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2025/07/PA-162830-768x593.jpg 768w" sizes="(max-width: 800px) 100vw, 800px" /></a>
        <div class="caption">
            <span>Soldats de la Force d’occupation de l’Armée canadienne à Aurich, en Allemagne, fin aout 1945 </span>
            
        <div class="credit">
            <span>en regard</span>
        </div>

        </div>
        
    </div>
<p class="p1"><span class="s1"><b>À</b></span><b>l’orée de la fin</b> de la guerre en Europe, le gouvernement libéral dut se prononcer sur d’importantes questions militaires. Quel rôle le Canada jouerait-il dans la guerre contre le Japon après la défaite de l’Allemagne? Comment les soldats seraient-ils rapatriés, et dans quel ordre? Quel rôle, le cas échéant, le Canada aurait-il en Allemagne occupée?</p>
<p class="p2">Une réponse fut donnée à cette dernière question en décembre 1944. Le Canada affecterait une division de fantassins et 13 escadrilles de l’Aviation royale canadienne à l’occupation du Reich vaincu. Tout comme la division de fantassins qui serait formée pour aller combattre au Pacifique, la Force d’occupation de l’Armée canadienne (FOAC) devait se composer de volontaires désirant faire carrière dans l’armée. Si, comme on s’y attendait, les volontaires manquaient, le personnel clé et les soldats qui avaient gagné le moins de points d’appréciation pour le rapatriement seraient affectés à la division.</p>
<p class="p2">En fin de compte, il y eut 6 160 volon-taires, dont 565 officiers. Les rangs de la future 3<sup>e</sup> Division (FOAC) furent donc gonflés par 631 officiers et 13 280 soldats du rang qui étaient en bas de l’échelle de priorité pour le rapatriement.</p>
<p class="p2">Ottawa avait convenu que les conscrits expédiés en Europe au cours des cinq der-niers mois de la guerre seraient également inclus dans la FOAC. La 3<sup>e</sup> ressemblait à une division du temps de la guerre : trois brigades de trois bataillons d’infanterie, des régiments d’artillerie et la gamme complète d’armes et de services composée de 20 071 hommes de tous les grades. Si besoin était, elle pouvait se battre, car nul ne savait comment réagiraient les Allemands.</p>
<p><a href="https://legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2025/07/PA-145770.jpg"><img loading="lazy" decoding="async" class="alignnone size-full wp-image-6699" src="https://legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2025/07/PA-145770.jpg" alt="" width="800" height="973" srcset="https://legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2025/07/PA-145770.jpg 800w, https://legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2025/07/PA-145770-247x300.jpg 247w, https://legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2025/07/PA-145770-768x934.jpg 768w" sizes="(max-width: 800px) 100vw, 800px" /></a></p>
<p class="p1">Les Canadiens avaient combattu au Nord-Ouest de l’Europe dans le 21<sup>e</sup> groupe d’armées sous les ordres du maréchal Bernard Montgomery, et il fut convenu dès le départ que la FOAC ferait partie du XXX<sup>e</sup> Corps britannique dans la région d’Emden-Wilhelmshaven, dans le Nord-Ouest de l’Allemagne. Aucun calendrier n’avait été déterminé, mais le gouvernement savait que Londres, en difficulté financière, allait vouloir que le Canada reste le plus longtemps possible.</p>
<p class="p1">Néanmoins, bon nombre des soldats au plus bas de la liste de rapatriement souhaitaient rentrer chez eux. Plus d’autres hommes de la Première Armée canadienne quittaient l’Europe aussi rapidement que possible, plus il allait être compliqué de soutenir une force relativement petite loin du Canada. Enfin, les Britanniques, les Américains, les Soviétiques et les Français supervisaient les mesures prises pour l’ennemi vaincu dans leurs zones, mais le Canada, nonobstant sa contribution à la victoire, ne serait pas consulté par les grandes puissances sur le sort des Allemands.</p>
<div class="caption_img">
        <a href="https://legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2025/07/PA-159242-.jpg"><img loading="lazy" decoding="async" class="wp-image-6698 size-full" src="https://legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2025/07/PA-159242-.jpg" alt="" width="800" height="784" srcset="https://legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2025/07/PA-159242-.jpg 800w, https://legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2025/07/PA-159242--300x294.jpg 300w, https://legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2025/07/PA-159242--768x753.jpg 768w" sizes="(max-width: 800px) 100vw, 800px" /></a>
        <div class="caption">
            <span>Des soldats de la Force d’occupation de l’Armée canadienne vérifient les pièces d’identité à Aurich, en Allemagne, en aout 1945 (ci-contre). Le Brigadier Robert Moncel et le major-général Christopher Vokes </span>
            
        <div class="credit">
            <span>en haut</span>
        </div>

        </div>
        
    </div>
<p class="p1">C’était le major-général Christopher Vokes qui commandait la FOAC. Major à son arrivée en Europe, il avait dirigé une brigade lors de l’invasion de la Sicile et avait commandé la 1<sup>re </sup>Division canadienne en Italie à la fin de l’automne 1943. Après décembre 1944, il dirigeait la 4<sup>e</sup> Division blindée canadienne au nord-ouest de l’Europe.</p>
<p class="p1">Le 13 juillet, dans le théâtre de la garnison à Aurich, en Allemagne, le général Vokes expliqua à ses officiers et à ses hommes ce qu’il attendait de la FOAC : « Tous les Canadiens [seraient] jugés sur le comportement des hommes de tous les grades. Pour inspirer le respect à tous les Allemands ainsi qu’aux autres forces d’occupation, il [fallait] une supervision constante et une discipline irréprochable. La 3<sup>e</sup> Division d’infanterie du Canada, dit-il [devait] être la “vitrine” de l’Armée canadienne. »</p>
<p class="p1">En pratique, selon le brigadier Robert Moncel, Vokes dirigeait sa force d’occupation comme un seigneur de la guerre. Il organisait des fêtes turbulentes, ajouta-t-il.</p>
<p class="p1">Les tâches assignées à la FOAC étaient vastes, allant du désarmement de la Wehrmacht à la prise en charge de personnes déplacées, en passant par l’élimination du parti nazi et l’évacuation des prisonniers de guerre alliés. À plus long terme, les occupants furent également chargés de rééduquer la jeunesse allemande et de compromettre la capacité des Allemands à relancer une guerre.</p>
<p class="p3"><b>La force d’occupation</b> travaillait avec les officiers du gouvernement militaire qui avait été établi le jour de 1945 où les Alliés entrèrent en Allemagne, ainsi qu’avec ses équipes des affaires civiles. Le plus important était de contrôler les soldats allemands qui s’étaient rendus et de les renvoyer chez eux. Le processus mis en place, 3 000 membres de la Wehrmacht étaient traités et relâchés tous les deux jours. Toutefois, de nombreux soldats allemands avaient échappé à la garde à vue ou évité d’être faits prisonniers. Il fallait les trouver et les contrôler pour déterminer s’ils avaient été dans la SS ou avaient commis des crimes de guerre.</p>
<p class="p1">Pour capturer ces hommes, la FOAC organisa des descentes, des opérations coordonnées menées de nuit et sans avertissement. On encerclait les lieux et un contrôle rigoureux de tous les habitants était effectué aux premières lueurs. Toute personne sans certificat de libération ou sur qui pesaient des soupçons devait être remise au personnel du gouvernement militaire ou détenue en tant que prisonnier de guerre.</p>
<p><a href="https://legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2025/07/PA-151759.jpg"><img loading="lazy" decoding="async" class="alignnone size-full wp-image-6697" src="https://legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2025/07/PA-151759.jpg" alt="" width="800" height="562" srcset="https://legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2025/07/PA-151759.jpg 800w, https://legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2025/07/PA-151759-300x211.jpg 300w, https://legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2025/07/PA-151759-768x540.jpg 768w" sizes="(max-width: 800px) 100vw, 800px" /></a></p>
<p class="p1">La tâche suivante, encore plus ardue, consistait à aider les dizaines de milliers de personnes déplacées et de réfugiés dans la zone de la FOAC. Le régime nazi avait établi des camps de concentration sur tout son territoire. Les installations d’extermination se trouvaient dans l’Est, mais les camps, tels que celui de Bergen-Belsen, près de la région contrôlée par les Canadiens, avaient choqué les gens qui avaient vu les morts empilés et l’effroyable état des survivants. Ces personnes devaient désormais être soignées et renvoyées chez elles ou, si ce n’était pas possible, logées jusqu’à ce que leur destination ait été déterminée.</p>
<p class="p1">Il y avait aussi des ouvriers importés par le Reich pour travailler dans les usines ou les exploitations agricoles, certains venus volontairement, mais beaucoup plus amenés comme des esclaves. Ceux d’Europe de l’Ouest étaient généralement renvoyés facilement chez eux. Toutefois, les choses étaient plus compliquées pour ceux d’Europe de l’Est : nombreux étaient ceux qui, traités brutalement par les Allemands, voulaient se venger avant de rentrer chez eux. Les Polonais, en particulier, cherchaient à se venger des civils, et il y eut des cas de pillage, de vols violents, d’agressions sexuelles et de meurtres. La FOAC faisait son possible pour rétablir l’ordre. Elle finit par devoir établir un camp d’isolement sur l&#8217;ile de Borkum pour de tels criminels.</p>
<p class="p1">Ensuite, il y avait environ 2 000 prisonniers de guerre soviétiques qui avaient été affamés et brutalisés dans des camps de prisonniers. Désormais, beaucoup circu-laient librement. Les ententes entre les Alliés stipulaient que ces soldats devaient être rapatriés en URSS, et le gouvernement militaire avait « les services pour les renvoyer en Russie, est-il écrit dans le journal de guerre de la FOAC. Mais, soit par ignorance, soit par désir de rester en Allemagne, ils n’en avaient pas profité ». La FOAC avait donc « reçu l’ordre de prendre part à ce rapatriement ».</p>
<div class="caption_img">
        <a href="https://legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2025/07/The_Liberation_of_Bergen-belsen_Concentration_Camp_April_1945_BU4018.jpg"><img loading="lazy" decoding="async" class="wp-image-6696 size-full" src="https://legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2025/07/The_Liberation_of_Bergen-belsen_Concentration_Camp_April_1945_BU4018.jpg" alt="" width="800" height="801" srcset="https://legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2025/07/The_Liberation_of_Bergen-belsen_Concentration_Camp_April_1945_BU4018.jpg 800w, https://legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2025/07/The_Liberation_of_Bergen-belsen_Concentration_Camp_April_1945_BU4018-300x300.jpg 300w, https://legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2025/07/The_Liberation_of_Bergen-belsen_Concentration_Camp_April_1945_BU4018-150x150.jpg 150w, https://legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2025/07/The_Liberation_of_Bergen-belsen_Concentration_Camp_April_1945_BU4018-768x769.jpg 768w, https://legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2025/07/The_Liberation_of_Bergen-belsen_Concentration_Camp_April_1945_BU4018-600x600.jpg 600w, https://legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2025/07/The_Liberation_of_Bergen-belsen_Concentration_Camp_April_1945_BU4018-400x400.jpg 400w" sizes="(max-width: 800px) 100vw, 800px" /></a>
        <div class="caption">
            <span></span>
            
        <div class="credit">
            <span>IWM/BU 4018/Wikimedia</span>
        </div>

        </div>
        
    </div>
<p class="p1">Les Soviétiques essayaient d’échapper aux autorités pour pouvoir se venger des Allemands. La FOAC envoya des patrouilles pour prévenir les crimes : elle cerna une fois 30 Soviétiques qui pillaient des exploitations agricoles, violaient femmes et filles, et assassinaient des civils. Parfois, les Canadiens montraient peu de compassion pour les civils, et certains applaudissaient même les anciens prisonniers qui « rendaient un peu la pareille aux Boches ». Comme le dit prosaïquement un soldat : « les Russes bottaient le cul des civils allemands. »</p>
<p class="p1">Les nazis avaient plongé le monde dans une longue guerre cruelle, et seuls les crimes les plus graves faisaient l’objet de poursuites. La plupart des déplacés et des prisonniers de guerre évadés ne furent pas souvent punis, et les Soviétiques finirent par être renvoyés chez eux.</p>
<blockquote>
<p class="p1"><b>Parfois, les Canadiens montraient peu de compassion pour les civils, et certains applaudissaient même les anciens prisonniers qui « rendaient un peu la pareille aux Boches ». </b></p>
</blockquote>
<p><a href="https://legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2025/07/2AYF8EW.jpg"><img loading="lazy" decoding="async" class="alignnone size-full wp-image-6695" src="https://legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2025/07/2AYF8EW.jpg" alt="" width="800" height="1055" srcset="https://legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2025/07/2AYF8EW.jpg 800w, https://legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2025/07/2AYF8EW-227x300.jpg 227w, https://legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2025/07/2AYF8EW-776x1024.jpg 776w, https://legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2025/07/2AYF8EW-768x1013.jpg 768w" sizes="(max-width: 800px) 100vw, 800px" /></a></p>
<p class="p1"><span class="s1"><b>Malgré les représailles</b>, les Allemands </span>dans la zone d’occupation canadienne affichaient généralement une attitude acceptable. La plupart des personnes âgées étaient résignées à leur sort. La <span class="s1">guerre avait été perdue, mais ce n’était pas </span>de leur faute, prétendaient-elles; c’était seulement à cause de l’erreur qu’avait faite Hitler d’attaquer l’Union soviétique <span class="s1">avant d’achever la Grande-Bretagne. Mais, selon les responsables canadiens, certains des hommes de moins de 30 ans à qui l’idéologie nazie avait été inculquée pendant 12 ans vouaient une haine implacable aux vainqueurs. Et les Allemands évitaient généralement de coopérer avec ces derniers.</span></p>
<p class="p2">Les ordres de non-fraternisation du maréchal Montgomery n’aidaient pas : aucune relation informelle avec la population, pas de liaisons avec les femmes, pas de bonbons pour les enfants. Enfreindre ces ordres pouvait entrainer une punition pour les soldats, ce qui était incontestablement préjudiciable au moral.</p>
<p class="p2">Les soldats voyaient bien que les enfants <span class="s2">(et leurs parents) avaient faim, et ils voulaient les</span><span class="s1"> aider pendant les mois qui suivirent la reddition, lorsque la nourriture se faisait rare </span><span class="s2">et qu’ils n’avaient qu’à peine plus de 1 500 calo</span>ries par jour et par personne. Mais, comme le major Elmer Bell l’écrivit dans une lettre envoyée chez lui depuis l’Allemagne, donner du chocolat aux enfants « serait un petit <span class="s1">début de fraternisation et le gaspillage de tout le produit de nos pertes et de nos sacrifices ».</span></p>
<p class="p2">Les difficultés des civils allemands pouvaient être exploitées, et elles le furent. Il était difficile de trouver des cigarettes, et les soldats canadiens troquaient celles qu’ils obtenaient gratuitement contre des appareils photo, de l’alcool, des bijoux, des œuvres d’art, des jumelles, des montres. On pouvait mettre la main sur n’importe quoi, semblait-il, en échange de 100 à 1 500 cigarettes. C’était de la petite bière, cependant, par rapport au matériel, aux vêtements et aux denrées alimentaires volés à l’armée et refourgués au marché noir. Ce n’est qu’au printemps 1946 que ce fut contrôlé (« car d’autres responsabilités étaient d’une plus grande priorité », est-il noté dans le journal de guerre de la FOAC).</p>
<div class="caption_img">
        <a href="https://legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2025/07/PA-151751.jpg"><img loading="lazy" decoding="async" class="wp-image-6694 size-full" src="https://legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2025/07/PA-151751.jpg" alt="" width="800" height="577" srcset="https://legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2025/07/PA-151751.jpg 800w, https://legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2025/07/PA-151751-300x216.jpg 300w, https://legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2025/07/PA-151751-768x554.jpg 768w" sizes="(max-width: 800px) 100vw, 800px" /></a>
        <div class="caption">
            <span>Des soldats soviétiques harcèlent une Allemande (ci-contre). Le soldat canadien Murray Dorey donne du chocolat à des enfants de la région d’Aurich, en Allemagne, en aout 1945 (en bas). </span>
            
        <div class="credit">
            <span>Vintage_Space/Alamy/2AYF8EW; Barney J. Gloster/MDN/BAC/PA-151751;</span>
        </div>

        </div>
        
    </div>
<p class="p2">Les Canadiens, eux aussi, voulaient rencontrer du monde. Stanley Winfield, de l’ARC, écrivit que, même si la consigne de non-fraternisation était en vigueur,</p>
<p class="p1"><span class="s1">« les Fridolines ont tiré un avantage certain de cet ordre et n’y ont vu qu’une merveilleuse occasion de prendre leur revanche. Elles allaient se promener là où elles savaient que se trouveraient des soldats alliés […] et se montraient aussi enjouées et désirables que possible. » </span></p>
<p class="p1"><span class="s1">Il était difficile de résister à la tentation. Et vu l’approvisionnement abondant en cigarettes qui pouvaient leur servir de monnaie d’échange, de nombreux soldats obtenaient ce qu’ils voulaient. Pourtant, peu d’entre eux furent punis. Néanmoins, les soldats de la FOAC allaient fréquemment en permission non loin, aux Pays-Bas ou au Danemark, où les gens étaient amicaux, où les femmes s’intéressaient à eux et où les cigarettes leur ouvraient encore des portes. Les hommes pouvaient se payer une fin de semaine à Amsterdam ou à Copenhague pour 2 000 cigarettes seulement, </span>avec nourriture, boissons, hébergement et compagnie d’une dame tout compris.</p>
<p class="p1">On finit par s’habituer à la nouvelle réalité et, à la mi-juillet 1945, la consigne de non-fraternisation fut assouplie avant d’être éliminée. Le décret du XXX<sup>e</sup> Corps britannique disait, avec un humour <span class="s1">vraisemblablement fortuit, qu’ils « pouvaient maintenant parler à tous les Allemands dans les lieux publics et dans les rues, parce que, grâce aux rapports entre les deux peuples, on espère conduire les Allemands à un mode de vie démocratique […] n’entrez pas chez eux ni ne les recevez chez vous ».</span></p>
<p class="p1"><span class="s2">Il fut rapporté que les Allemandes étaient </span>menacées par leurs compatriotes si elles fréquentaient des Canadiens. Mais, les cigarettes étaient une récompense efficace <span class="s2">pour les risques pris, et de nombreux soldats </span>eurent vite des liaisons. En février 1946, il était noté dans le journal de guerre de la <span class="s2">FOAC : « La fraternisation s’accroit, et même les officiers parlent à voix basse de telle </span>“ belle blonde ” remarquée au centre-ville ». Plusieurs hommes, est-il dans le texte, ont exprimé leur désir d’épouser des Allemandes.</p>
<p class="p1">Ils avaient vraisemblablement réussi à « entrer chez elles ».</p>
<p class="p1"><span class="s2">Malgré les demandes faites aux Canadiens à plusieurs reprises par les Britanniques pour qu’ils restent en Allemagne, Ottawa décida que l’engagement prendrait fin au début de 1946. Les premiers soldats partirent pour l’Angleterre le 23 mars; les derniers s’en allèrent le 8 juin. La FOAC avait fait son devoir, et les Canadiens étaient tous de retour chez </span><span class="s1">eux peu après. La guerre était enfin terminée.</span></p>
<div class="caption_img">
        <a href="https://legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2025/07/PA-130018.jpg"><img loading="lazy" decoding="async" class="wp-image-6693 size-full" src="https://legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2025/07/PA-130018.jpg" alt="" width="800" height="685" srcset="https://legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2025/07/PA-130018.jpg 800w, https://legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2025/07/PA-130018-300x257.jpg 300w, https://legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2025/07/PA-130018-768x658.jpg 768w" sizes="(max-width: 800px) 100vw, 800px" /></a>
        <div class="caption">
            <span>Le « bataillon canadien de Berlin » défile dans la ville le 20 juillet 1945. </span>
            
        <div class="credit">
            <span>Foote/MDN/BAC/PA-130018</span>
        </div>

        </div>
        
    </div>
<p class="p1"><b>LE BATAILLON CANADIEN DE BERLIN</b></p>
<p class="p1"><span class="s1"><b>Bien qu’elles ne fassent pas</b> officiellement partie de la Force d’occupation de l’Armée canadienne, </span>les troupes canadiennes ont également servi en Allemagne d’après-guerre dans ce qu’on a appelé le « bataillon de Berlin ». Tirés d’unités <span class="s1">aux Pays-Bas qui attendaient d’être rapatriées, des </span>hommes du Argyll and Sutherland Highlanders, du Fusiliers Mont-Royal et du Loyal Edmonton Regiment furent déployés pour représenter le Canada au défilé britannique de la victoire dans la capitale allemande le 21 juillet 1945.</p>
<p class="p2">Les soldats, installés dans une maison de retraite de la ville, avaient peu de tâches officielles autres que la pratique de leurs exercices et l’entretien de leur équipement. Ils étaient par ailleurs libres d’aller voir les lieux en ruine.</p>
<p class="p2">Le sergent Kurt Loeb écrivit qu’il avait trouvé des souvenirs à la Chancellerie du Reich, y compris des dossiers de correspondance personnelle du ministre allemand de l’Intérieur du début de la guerre. Et chaque soldat, semblait-il, avait une collection de médailles allemandes.</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Les meilleurs membres d’équipage de char d’assaut</title>
		<link>https://legionmagazine.com/fr/2025/07/les-meilleurs-membres-dequipage-de-char-dassaut/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Serge Durflinger]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 23 Jul 2025 14:50:56 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Articles principaux]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://legionmagazine.com/fr/?p=6688</guid>

					<description><![CDATA[Le Three Rivers Regiment pendant la Seconde Guerre mondiale]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<div class="caption_img">
        <a href="https://legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2025/07/PA-130352-V2.jpg"><img loading="lazy" decoding="async" class="wp-image-6691 size-full" src="https://legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2025/07/PA-130352-V2.jpg" alt="" width="800" height="684" srcset="https://legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2025/07/PA-130352-V2.jpg 800w, https://legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2025/07/PA-130352-V2-300x257.jpg 300w, https://legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2025/07/PA-130352-V2-768x657.jpg 768w" sizes="(max-width: 800px) 100vw, 800px" /></a>
        <div class="caption">
            <span>Des membres du Three Rivers Regiment posent devant un char allemand qu&#8217;ils ont détruit à Termoli en Italie, le 9 octobre 1943. </span>
            
        <div class="credit">
            <span>Dwight E. Dolan/MDN/BAC/PA-130352</span>
        </div>

        </div>
        
    </div>
<p class="p1"><strong>L</strong>’<b>une des unités</b> de blindés du Canada qui connut le plus de succès <span class="s1">lors de la Seconde Guerre mondiale avait ses modestes origines dans la </span>petite ville industrielle québécoise de Trois-Rivières. Établi en tant <span class="s1">qu’unité de réserve d’infanterie fran</span>cophone en 1871, le Three Rivers Regiment (TRR) avait été converti en unité blindée en 1936, bien qu’il eût fallu attendre 1940 pour qu’il <span class="s1">ait des chars. En 1943, il fut désigné 12<sup>e</sup> Régiment blindé canadien (The Three Rivers Regiment).</span></p>
<p class="p2"><span class="s1">Le TRR fut mis en service actif le 1<sup>er</sup> septembre 1939. Le recrutement traina, en partie à cause du besoin de mécaniciens et d’opérateurs radio à une époque où ni les manuels de formation ni ceux d’entretien n’existaient en français. En octobre, 250 hommes de Trois-Rivières s’étaient enrôlés (dont beaucoup étaient anglophones), et 167 hommes du Victoria Rifle de Montréal, ainsi que certains officiers anglophones d’autres unités, furent mutés au régiment pour renforcer les rangs. </span></p>
<p class="p2">Le TRR conserva en partie son caractère bilingue, mais la principale langue du régi<span class="s1">ment était l’anglais. À la fin de la guerre, 83 % de ses membres qui avaient servi outre-mer étaient anglophones, </span>et 14 % seulement venaient de Trois-Rivières.</p>
<p class="p2">Le TRR arriva en Grande-Bretagne le 30 juin 1941, et il fut envoyé à Salisbury Plain pour une formation poussée. Il faisait partie de la 1<sup>re</sup> Brigade de chars de l’Armée canadienne (appelée Brigade blindée par la suite), et <span class="s1">servait aux côtés des régiments de Calgary et de l’Ontario. L’effectif de l’unité s’élevait à 614 hommes, dont 41 officiers. Après avoir été équipé successivement de chars Matilda II, Churchill, Ram et, enfin, Sherman, </span>le régiment était prêt à combattre.</p>
<p class="p2">Le 10 juillet 1943, le TRR, sous le commandement du <span class="s1">lieutenant-colonel Eric Leslie Booth et composé de 54 chars d’assaut, débarqua en Sicile dans le cadre de l’opération <i>Husky</i>. Cinq jours après, à Grammichele, il fut la première formation de chars canadienne à détruire des chars allemands.</span></p>
<p class="p1"><span class="s1"><b>L’un des grands faits d’armes</b> du régiment prit place les 5 et 6 octobre 1943, après l’invasion Alliée de l’Italie continentale. Deux jours avant, les Britanniques avaient audacieusement débarqué à Termoli, sur la côte de l’Adriatique. Or, l’opération risquait de tourner au désastre, car ils étaient attaqués par la 16<sup>e</sup> <i>Panzerdivision</i> allemande. </span></p>
<p class="p2"><span class="s1">Les Sherman du TRR roulèrent pendant 16 heures pour se porter au secours des Britanniques et, en détruisant une dizaine de chars et de nombreux autres véhicules, ils obligèrent les Allemands à battre en retraite. Le prix payé? Neuf hommes tués ou blessés, et la perte de cinq chars. « Les cavaliers ont bien raison d’être fiers du travail de la journée », écrivit </span>Jean-Yves Gravel, <span class="s1">l’historien du régiment.</span></p>
<div class="caption_img">
        <a href="https://legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2025/07/PA-205255-v2.jpg"><img loading="lazy" decoding="async" class="wp-image-6690 size-full" src="https://legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2025/07/PA-205255-v2.jpg" alt="" width="800" height="778" srcset="https://legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2025/07/PA-205255-v2.jpg 800w, https://legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2025/07/PA-205255-v2-300x292.jpg 300w, https://legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2025/07/PA-205255-v2-768x747.jpg 768w" sizes="(max-width: 800px) 100vw, 800px" /></a>
        <div class="caption">
            <span>Le soldat J.W. McConnell du Three Rivers Regiment examine un char allemand près d&#8217;Ortona, en Italie, le 20 décembre 1943 (ci-contre). Le major Charles Comfort illustre les combats à Ortona (ci-dessous).</span>
            
        <div class="credit">
            <span>Terry F. Rowe/ MDN/BAC/PA-205255; Charles Comfort/CWM/19710261-2254</span>
        </div>

        </div>
        
    </div>
<p class="p2"><span class="s1">Deux mois plus tard, le TRR était pleinement engagé dans la capture d’Ortona, port de l’Adriatique. Ce fut l’une des batailles les plus ardues de la guerre pour l’armée canadienne.</span></p>
<blockquote>
<p class="p1">« Les cavaliers ont bien raison d’être fiers du travail de la journée. »</p>
</blockquote>
<p class="p2">Les Sherman fournirent un soutien rapproché à l’infanterie dans la ville, détruisant les bâtiments où s’abritaient des mitrailleuses, des soldats, des tireurs d’élite et des armes antichars de l’ennemi. Le lieutenant John Wallace du TRR s’est souvenu par la suite que les Allemands dissimulaient leurs mines et leurs armes antichars de « manières diaboliques et étonnantes ».</p>
<p class="p2">Entre le 15 et le 29 décembre, le TRR déplora 33 morts et blessés, perdit cinq chars, et en vit 12 autres endommagés.</p>
<p class="p2">Le terrain en Italie n’était pas <span class="s1">des meilleurs pour les chars et, en</span> 1944, le régiment se battait dans des collines et des vallées, le long de routes boueuses et contre un <span class="s1">ennemi bien fortifié et acharné. En</span> mai, il traversa avec difficulté les puissantes lignes Gustav et Hitler au sud de Rome, combattant à Monte Cassino en cours de chemin.</p>
<p class="p2">Fin juin eurent lieu les pires pertes de la guerre que subit le régiment, dans la ligne Trasimene, au nord de Rome : 64 morts et blessés et 22 chars détruits. Néanmoins, Gerald W.L. Nicholson, historien officiel de l’Armée canadienne, qualifia les actions du TRR de « brillantes ».</p>
<p class="p2"><span class="s1">Pendant les 20 mois qu’il passa </span>en Italie, le TRR dénombra 114 morts et 331 blessés, et cinq de ses hommes furent faits prisonniers. Il avait passé plus de temps au front que toute autre unité de l’Armée canadienne et avait reçu plus d’honneurs de guerre que tout autre régiment blindé canadien.</p>
<p class="p2">Le régiment fut démobilisé à <span class="s1">Trois-Rivières le 30 novembre 1945, et il est aujourd’hui perpétué par le 12<sup>e </sup>Régiment blindé du Canada.</span></p>
<p><a href="https://legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2025/07/19710261-2254.jpg"><img loading="lazy" decoding="async" class="alignnone size-full wp-image-6689" src="https://legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2025/07/19710261-2254.jpg" alt="" width="800" height="512" srcset="https://legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2025/07/19710261-2254.jpg 800w, https://legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2025/07/19710261-2254-300x192.jpg 300w, https://legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2025/07/19710261-2254-768x492.jpg 768w" sizes="(max-width: 800px) 100vw, 800px" /></a></p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>L’invasion américaine</title>
		<link>https://legionmagazine.com/fr/2025/07/linvasion-americaine/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Serge Durflinger]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 23 Jul 2025 14:05:06 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Articles principaux]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://legionmagazine.com/fr/?p=6679</guid>

					<description><![CDATA[COMMENT LES BRITANNIQUES ET LEURS SUJETS CANADIENS ONT REPOUSSÉ L’ATTAQUE DE 1775-1776 CONTRE LA PROVINCE DE QUÉBEC]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<div class="caption_img">
        <a href="https://legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2025/07/The_Death_of_General_Montgomery_in_the_Attack_on_Quebec_December_31_1775.jpg"><img loading="lazy" decoding="async" class="wp-image-6686 size-full" src="https://legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2025/07/The_Death_of_General_Montgomery_in_the_Attack_on_Quebec_December_31_1775.jpg" alt="" width="800" height="533" srcset="https://legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2025/07/The_Death_of_General_Montgomery_in_the_Attack_on_Quebec_December_31_1775.jpg 800w, https://legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2025/07/The_Death_of_General_Montgomery_in_the_Attack_on_Quebec_December_31_1775-300x200.jpg 300w, https://legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2025/07/The_Death_of_General_Montgomery_in_the_Attack_on_Quebec_December_31_1775-768x512.jpg 768w" sizes="(max-width: 800px) 100vw, 800px" /></a>
        <div class="caption">
            <span>La mort du général américain Richard Montgomery lors de l’invasion de Québec en 1775, selon l’artiste John Trumbull. </span>
            
        <div class="credit">
            <span>John Trumbull/Galerie d’art de l’Université de Yale/Wikimédia</span>
        </div>

        </div>
        
    </div>
<p class="p1"><span class="s1"><b>EN 1775-1776</b>, le Canada faillit devenir une colonie américaine. Son destin allait dépendre d’une froide bataille matinale dans une tempête de neige aux portes de Québec.</span></p>
<p class="p2"><span class="s1">Seize ans plus tôt, les forces britanniques avaient vaincu les Français sur les plaines d’Abraham et occupé la forteresse de Québec. La France avait cédé le Canada à la Grande-Bretagne lors du traité de Paris de 1763 et abandonné les habitants de la Nouvelle-France, près de 70 000 désormais sous le joug des protestants britanniques. La Grande-Bretagne avait ainsi gagné une colonie catholique francophone, la province de Québec (alors communément appelée Canada), sans loyauté envers le nouveau régime et son roi. Les Canadiens craignaient </span>de perdre leur mode de vie.</p>
<p class="p2"><span class="s1">Guy Carleton, le major-général gouverneur de Québec, s’inquiétait </span>du mécontentement croissant dans les colonies américaines. Il ignorait également comment les Canadiens réagiraient à une éventuelle révolte américaine. <span class="s1">La province avait peu de défenses. Carleton avait besoin du soutien de gens influents, du clergé catholique et de l’aristocratie locale, qui, sentait-il, pourraient dissuader les Canadiens de se joindre à une éventuelle insurrection américaine.</span></p>
<p class="p2"><span class="s1">Carleton joua donc un rôle déterminant quand le Parlement britannique adopta l’<i>Acte de Québec </i>de 1774, qui garantissait les droits de l’Église catholique, le droit des catholiques d’exercer des fonctions, et le maintien des systèmes juridiques et fonciers français au Québec. La loi élargissait aussi </span>considérablement les frontières de la province de Québec pour englober la région des Grands Lacs à l’ouest jusqu’au confluent des rivières Mississippi et Ohio. La mesure servait essentielle<span class="s1">ment à empêcher les 13 colonies américaines, principalement côtières, de s’étendre vers l’ouest. Mais, l’<i>Acte de Québec </i>était une trahison aux yeux des Américains </span>rebelles. Ils considéraient la Grande-Bretagne comme l’ennemi et le Canada comme une proie potentiellement facile.</p>
<div class="caption_img">
        <a href="https://legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2025/07/img_1929.jpg"><img loading="lazy" decoding="async" class="wp-image-6685 size-full" src="https://legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2025/07/img_1929.jpg" alt="" width="800" height="1067" srcset="https://legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2025/07/img_1929.jpg 800w, https://legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2025/07/img_1929-225x300.jpg 225w, https://legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2025/07/img_1929-768x1024.jpg 768w" sizes="(max-width: 800px) 100vw, 800px" /></a>
        <div class="caption">
            <span>Le major-général britannique Guy Carleton, gouverneur de Québec, dirigea la défense du Canada. </span>
            
        <div class="credit">
            <span>Wikimédia</span>
        </div>

        </div>
        
    </div>
<p class="p2">Carleton était également parfaitement conscient qu’il y avait des sympathisants américains parmi les 2 000 colons britanniques de la province, surtout que beaucoup étaient venus des <span class="s1">colonies américaines du sud. C’était particulièrement le cas de la classe marchande britannique, fâchée de l’<i>Acte de Québec </i>qui menaçait son pouvoir commercial et politique.</span></p>
<p class="p2"><span class="s1">En 1774-1775, des agents américains diffusèrent de la propagande anti-britannique auprès des Canadiens, arguant que la révolution les libèrerait de la domination. La menace à peine voilée leur rappelait que les Canadiens étaient « un petit peuple, comparé à celui qui leur ouvrait grand les bras ».</span></p>
<p class="p2"><span class="s1">Les rebelles américains pourraient donc venir en conquérants plutôt qu’en libérateurs.</span></p>
<p class="p2"><span class="s1">Le meilleur cas de figure pour les Britanniques et les Américains serait la neutralité des Canadiens, qui voyaient leurs anciens ennemis s’orienter vers un conflit fratricide.</span></p>
<p class="p2"><span class="s1">La Révolution américaine commença en avril 1775 par les combats à Concord et à Lexington. Puis, les événements se précipitèrent. En mai, les forces américaines s’emparèrent des forts britanniques de Ticonderoga et de Crown Point, </span>points de départ classiques des attaques sur le Canada.</p>
<p class="p2"><span class="s1">Le Congrès continental américain décida d’envahir le Canada pour y encourager la révolte et empêcher les Britanniques de s’en servir comme base d’attaques contre les rebelles à New York ou au Massachusetts. Le Congrès ordonna au major-général Philip Schuyler de Ticonderoga de s’emparer du fort britannique de Saint-Jean, puis de Montréal.</span></p>
<p class="p1"><span class="s1"><b>Carleton ne commandait</b> que 944 soldats réguliers répartis au Québec, la plupart dans des forts de garnison situés le long de la rivière Richelieu. Le soutien de la milice composée de Canadiens et de colons britanniques loyaux était un besoin impératif. Mais, malgré l’appel aux armes du clergé, les francophones hésitaient.</span></p>
<p class="p2"><span class="s1">Sur un plan plus positif, Allan Maclean, lieutenant-colonel expérimenté, leva une nouvelle unité de réguliers très fiable composée principalement de colons écossais des Highlands recrutés au Canada : le Royal Highland Emigrants. Beaucoup étaient d’anciens combattants, prêts à défendre immédiatement la province.</span></p>
<div class="caption_img">
        <a href="https://legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2025/07/2WBJ916.jpg"><img loading="lazy" decoding="async" class="wp-image-6684 size-full" src="https://legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2025/07/2WBJ916.jpg" alt="" width="800" height="616" srcset="https://legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2025/07/2WBJ916.jpg 800w, https://legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2025/07/2WBJ916-300x231.jpg 300w, https://legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2025/07/2WBJ916-768x591.jpg 768w" sizes="(max-width: 800px) 100vw, 800px" /></a>
        <div class="caption">
            <span>Le brigadier-général Richard Montgomery prit le commandement de l’attaque américaine en septembre 1775. </span>
            
        <div class="credit">
            <span>Collection d’images historiques par Bildagentur-en ligne/Alamy/2WBJ916</span>
        </div>

        </div>
        
    </div>
<p class="p1">Une force d’environ 2 000 <span class="s1">New-Yorkais, dont un grand nombre étaient inexpérimentés, partit de Crown Point pour Saint-Jean le 30 aout. Ils arrivèrent cinq jours plus tard, leur nombre réduit par la maladie. Même leur commandant, Schuyler, était trop malade pour continuer. Le brigadier-général Richard Montgomery prit le commandement et assiégea le fort.</span></p>
<p class="p1"><span class="s1">Carleton misa presque tout sur la défense de la fortification de Saint-Jean, car il était peu probable que les médiocres murs de Montréal résistent à une attaque déterminée. Il y avait au fort de Saint-Jean 512 réguliers, 20 émigrants et 90 miliciens canadiens. Son commandant, le major Charles Preston, tint aussi longtemps qu’il le put.</span></p>
<p class="p1"><span class="s1">Mais, à 20 kilomètres au nord, le 17 octobre, les Britanniques se rendirent rapidement à une petite force américaine. Les envahisseurs s’étaient emparés d’une grande partie de son ravitaillement, donc tout espoir de relever Saint-Jean s’était évanoui. Preston rendit les armes le 3 novembre après une résistance héroïque, et la plupart de ses meilleurs soldats furent faits prisonniers.</span></p>
<p class="p1"><span class="s1">Sentant peut-être le cours des choses se renverser, certains des 900 miliciens canadiens de Montréal commencèrent à se détacher de la situation, à la grande déception de Carleton. Entretemps, d’autres Canadiens se joignaient aux envahisseurs. L’attitude de la population était le résultat de la perception de faiblesses chez les Britanniques et de la probabilité de leur défaite. Selon Carleton, « chaque individu semblait ressentir [sa] situation d’impuissance actuelle ». Pourquoi prendre les armes pour les Britanniques et ensuite encourir la colère des vainqueurs? La plupart des Canadiens restaient plutôt sur la touche.</span></p>
<p class="p1"><span class="s1">Pis encore, Carleton apprit qu’une force d’Américains commandée par le colonel Benedict Arnold avait atteint le fleuve Saint-Laurent à Pointe-Lévy, en face de Québec, le 8 novembre. Elle avait parcouru quelque 500 kilomètres en bateau et à pied dans la nature sauvage accidentée et en grande partie inhabitée du haut Massachusetts (aujourd’hui le Maine) en suivant les rivières Kennebec et Chaudière.</span></p>
<p class="p1"><span class="s1">L’historien George Stanley s’est émerveillé du remarquable « exploit d’endurance » des Américains et de leur capacité à manœuvrer « dans les marécages sans chemin, à travers les rivières glacées et sur les rapides dangereux, les hommes souffrant du froid, de la faim et du mauvais temps ».</span></p>
<p class="p1"><span class="s1">Il leur avait fallu sept semaines, et sur les 1 050 hommes du Massachusetts, de Pennsylvanie et de Virginie qu’il y avait au début du trajet, il n’en restait qu’environ 700, les autres ayant fait demi-tour, s’étant égarés ou ayant péri. Ils étaient épuisés et affamés, leurs vêtements en lambeaux, et pour survivre, certains avaient mangé de la soupe qu’ils avaient faite avec leurs chaussures et leurs ceintures en cuir. Nombreux étaient ceux qui souffraient de dysenterie.</span></p>
<p class="p1"><span class="s1">Arrivés au Canada, ils s’approvi-sionnèrent auprès des Canadiens </span>à des prix exorbitants. La force d’Arnold rassembla 40 petites embarcations et traversa le <span class="s1"><br />
Saint-Laurent les 13 et 14 novembre. Leur nombre étant insuffisant pour assiéger Québec. Les envahisseurs établirent un camp quelques jours après à Pointe-aux-Trembles, à 32 kilomètres à l’ouest, où ils attendirent Montgomery qui devait venir du sud-ouest.</span></p>
<p class="p3"><span class="s1"><b>Montréal était indéfendable<br />
</b></span>et se rendit sans combat le <span class="s1">13 novembre. Carleton, déguisé en fermier, s’enfuit à Trois-Rivières dans une barque avec des Canadiens aux rames, puis continua son voyage à bord d’un petit bateau. Il arriva à Québec le 19 novembre.</span></p>
<p class="p1"><span class="s1">Entretemps, comme il lui fallait placer des soldats en garnison à Montréal ou ailleurs, en plus des séquelles de maladie et de la fin du service d’un bon nombre de ses soldats, Montgomery n’avait plus sous ses ordres qu’à peu près 660 hommes : 300 des régiments de New York, 200 Canadiens recrutés à la hâte et 160 autres d’ici et là. Il disposait de quatre canons de 9 ou de 12 livres et six mortiers, ainsi que des vêtements d’hiver et des provisions pour les hommes d’Arnold.</span></p>
<p class="p1"><span class="s1">Montgomery rejoignit finalement Arnold en début décembre. Quelques jours plus tard, ils tentèrent d’assiéger la ville de Québec. Mais, les armes légères et les mortiers des Américains n’eurent aucun effet, car les canons de la ville étaient d’un calibre et d’une portée supérieurs à ceux des assaillants.</span></p>
<p class="p1"><span class="s1">La ville de Québec, essentielle à la défense du Canada, était presque dépourvue de soldats réguliers. Ainsi, Carleton devait compter sur la milice, les Emigrants, les équipages de navire alors dans le port et les citoyens volontaires sans expérience.</span></p>
<p class="p1"><span class="s1">« Je devrais m’encenser », écrivit-il au comte de Dartmouth, du fait que « nous puissions tenir bon, jusqu’à l’ouverture de la navigation au printemps prochain, au moins jusqu’à ce que quelques troupes remontent la rivière. » Mais, il désespérait : « Je pense que notre destin est extrêmement incertain ».</span></p>
<div class="caption_img">
        <a href="https://legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2025/07/E9M50A.jpg"><img loading="lazy" decoding="async" class="wp-image-6683 size-full" src="https://legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2025/07/E9M50A.jpg" alt="" width="800" height="1045" srcset="https://legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2025/07/E9M50A.jpg 800w, https://legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2025/07/E9M50A-230x300.jpg 230w, https://legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2025/07/E9M50A-784x1024.jpg 784w, https://legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2025/07/E9M50A-768x1003.jpg 768w" sizes="(max-width: 800px) 100vw, 800px" /></a>
        <div class="caption">
            <span>Le colonel américain Benedict Arnold dirigea une force distincte à Québec, qui fut attaquée le 31 décembre 1775. </span>
            
        <div class="credit">
            <span>Niday Picture Library/Alamy/E9M50A</span>
        </div>

        </div>
        
    </div>
<p class="p1"><span class="s1">C’était un triste constat.</span></p>
<p class="p1"><span class="s1">Pourtant, en sécurité dans la ville d’où il n’envisageait certainement pas de partir, Carleton avait près de 1 800 hommes à sa disposition, dont 70 réguliers, 230 du Highland Emigrants, 35 Royal Marines, 120 artificiers, 543 miliciens canadiens, 330 miliciens britanniques, environ 395 marins et divers autres soldats. La ville de 8 000 habitants était également bien approvisionnée en nourriture et en bois de chauffage. Et Carleton éjecta tous les Britanniques et Américains qui, selon lui, étaient déloyaux.</span></p>
<p class="p1"><span class="s1">Il y avait à peine 1 000 Américains, et ils se trouvaient devant une tâche redoutable. Ils étaient éprouvés par le froid et la maladie (notamment la variole mortelle), et ils ne disposaient pas de suffisamment d’abris. Plus de 100 mousquets appartenant aux hommes d’Arnold étaient inutilisables et les soldats manquaient tous de munitions, de poudre et de fournitures. Les 200 Canadiens dans ses rangs ne semblaient pas très enthousiastes, et certains désertèrent.</span></p>
<p class="p1"><span class="s1">Les conditions dans lesquelles beaucoup de ses hommes avaient été enrôlés aggravaient les problè-mes de Montgomery. Certains, dont le service se terminerait le 31 décembre, avouaient leur intention de partir. Leur départ mettrait fin aux espoirs des Américains de s’emparer de la capitale du Canada. Montgomery devait attaquer la ville dès que possible.</span></p>
<p class="p1"><span class="s1">L’attaque fut lancée le 31 décembre à 4 heures. Il faisait froid, il y avait du vent et il neigeait abondamment, ce qui masquait l’avance des Américains. Montgomery organisa un mouvement en tenaille au bas des falaises et des remparts de Québec pour s’emparer de la Basse-Ville avant d’escalader le promontoire pour surmonter les fortifications et atteindre la Haute-Ville. C’était un plan très ambitieux et désespéré, comme il le savait surement.</span></p>
<p class="p1"><span class="s1">Les Canadiens de Montgomery organisèrent une feinte sur les plaines d’Abraham pendant qu’il menait 300 New-Yorkais par l’ouest le long du chemin fluvial sous les positions dominantes du Cap Diamant. Pendant ce temps, les 600 soldats d’Arnold, au nord-ouest, tournèrent vers la falaise dans le quartier de Saint-Roch aux rues sinueuses bordées d’entrepôts portuaires.</span></p>
<p class="p3"><span class="s1"><b>Le désastre fut immédiat</b>. Au premier croisement de routes de la Basse-Ville, la force de Montgomery tomba sur une haute palissade qui allait de la falaise au bord de l’eau. De l’autre côté, il y avait un blockhaus abritant 30 miliciens canadiens et 17 miliciens et marins britanniques, ces derniers se servant de quatre petits canons qui dominaient les approches.</span></p>
<p class="p1"><span class="s1">Les Américains firent une brèche dans la palissade et certains s’avancèrent vers le blockhaus, Montgomery en tête. Les défenseurs déclenchèrent des tirs concentrés de mitraille et de mousquet dès que les assaillants furent à 45 mètres, tuant Montgomery, deux officiers et plusieurs autres hommes. Les Américains battirent en retraite; cette phase de l’attaque était terminée.</span></p>
<p class="p1">Arnold n’eut guère meilleure<br />
fortune. Ses hommes tombèrent sur leur première barricade de l’autre côté de l’étroite rue du <span class="s1"><br />
Sault-au-Matelot. Elle était défendue par 30 miliciens et trois canons. Les Américains capturèrent la position après un combat acharné, mais Arnold fut atteint d’une balle à la jambe et évacué. Le capitaine Daniel Morgan prit le commandement et passa à la barricade suivante, qui n’était pas gardée.</span></p>
<p class="p1">Pendant que Morgan attendait que le reste de ses hommes le rattrape, les 200 Britanniques, Emigrants et Canadiens eurent le temps de se rallier, et ils défendirent efficacement la position. Ne pouvant pas escalader le mur de 3,6 mètres avec leurs échelles sous le feu nourri, les assaillants furent coincés dans les étroites rues où ils subirent de lourdes pertes.</p>
<p class="p1">Les soldats canadiens et britanniques sortirent ensuite par la porte du Palais, reprirent la première barricade et attaquèrent les envahisseurs par-derrière.<br />
Les combats durèrent plusieurs<br />
heures, mais se rendant compte que leur situation était désespérée, les Américains déposèrent les armes à 10 heures.</p>
<p class="p1"><span class="s1">Au total, quelque 400 personnes furent capturées, dont Morgan, et il est probable qu’une centaine avaient été tuées ou blessées. Les pertes britanniques et canadiennes, en revanche, s’élevèrent à cinq morts et 14 blessés. Un officier britannique se réjouit que cela ait été : « Un jour glorieux pour nous, car nous avons remporté une petite victoire comme jamais auparavant. »</span></p>
<p class="p1"><span class="s1">C’était la première défaite des rebelles lors de la guerre de l’Indépendance américaine.</span></p>
<p class="p1"><span class="s1">Carleton choisit de ne pas quitter Québec et d’achever son ennemi, bien que les forces britanniques fussent trois plus nombreuses que les forces américaines.</span></p>
<div class="caption_img">
        <a href="https://legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2025/07/PA3DYC.jpg"><img loading="lazy" decoding="async" class="wp-image-6681 size-full" src="https://legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2025/07/PA3DYC.jpg" alt="" width="800" height="578" srcset="https://legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2025/07/PA3DYC.jpg 800w, https://legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2025/07/PA3DYC-300x217.jpg 300w, https://legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2025/07/PA3DYC-768x555.jpg 768w" sizes="(max-width: 800px) 100vw, 800px" /></a>
        <div class="caption">
            <span>Un artiste dépeint des soldats britanniques et canadiens combattant les Américains, rue du Sault-au-Matelot, à Québec, le 31 décembre 1775. </span>
            
        <div class="credit">
            <span>Collection historique/Alamy/KCT70B</span>
        </div>

        </div>
        
    </div>
<p class="p1"><span class="s1">Arnold, qui commandait alors, avait perdu une centaine d’hommes de plus lorsqu’ils partirent à la fin de leur service, et il ne lui en restait qu’à peine 700, dont les malades et les Canadiens sans enthousiasme. Il maintint les tirs d’artillerie légère contre la ville en attendant des renforts de Montréal. Ces derniers arrivèrent régulièrement au cours des mois suivants. Les nouvelles troupes totalisèrent finalement 2 500 hommes, mais beaucoup n’étaient pas en état de combattre et ne pouvaient pas entreprendre un siège critique.</span></p>
<p class="p1"><span class="s1">Le général George Washington, commandant en chef américain, insista pour que le Canada soit capturé avant que ne commence la saison de navigation. Cela n’allait pas se passer ainsi.</span></p>
<p class="p1"><span class="s1">Le premier navire de guerre britannique transportant des renforts surgit près de Québec le 5 mai 1776. « La nouvelle est parvenue rapidement aux oreilles de la ville; les gens à moitié habillés ont accouru […] ravis de voir un navire arborant le drapeau de l’Union », déclara un officier britannique d’alors. Les Américains se retirèrent en quasi-panique jusqu’à Sorel, prêts à remonter la Richelieu. Quarante autres navires britanniques transportant 9 000 soldats arrivèrent à Québec peu après.</span></p>
<p class="p1"><span class="s1">Les forces renforcées de Carleton prirent le chemin de Trois-Rivières. Les Américains, qui avaient aussi reçu des renforts, renouvelèrent leur offensive en juin, mais les<br />
solides défenses britanniques les repoussèrent, et quelque 200 Américains furent capturés. Il y avait encore 5 000 Américains au Canada, mais la variole con-<br />
</span>tinuait de faire des ravages, les désertions étaient légion, et les Canadiens étaient devenus beaucoup moins amicaux.</p>
<p class="p1"><span class="s1">À Montréal, Arnold écrivit au général John Sullivan, le nouveau commandant américain au Canada : « Abandonnons […] et sécurisons notre propre pays avant qu’il ne soit trop tard ».</span></p>
<p class="p1"><span class="s1">Les envahisseurs évacuèrent Sorel et Montréal, prirent le chemin du sud le long de la Richelieu et retournèrent à leur propre territoire. Le Canada avait rejeté la Révolution américaine. </span></p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Des blagues d’abord, puis la terreur, l’horreur</title>
		<link>https://legionmagazine.com/fr/2025/07/des-blagues-dabord-puis-la-terreur-lhorreur/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Serge Durflinger]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 22 Jul 2025 18:31:38 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Articles principaux]]></category>
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					<description><![CDATA[Le naufrage du VAPEUR Nerissa en avril 1941 ]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<div class="caption_img">
        <a href="https://legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2025/07/RAF_SS-Nerissa-30-April-1941-1-of-2.jpg"><img loading="lazy" decoding="async" class="wp-image-6674 size-full" src="https://legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2025/07/RAF_SS-Nerissa-30-April-1941-1-of-2.jpg" alt="" width="800" height="555" srcset="https://legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2025/07/RAF_SS-Nerissa-30-April-1941-1-of-2.jpg 800w, https://legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2025/07/RAF_SS-Nerissa-30-April-1941-1-of-2-300x208.jpg 300w, https://legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2025/07/RAF_SS-Nerissa-30-April-1941-1-of-2-768x533.jpg 768w" sizes="(max-width: 800px) 100vw, 800px" /></a>
        <div class="caption">
            <span>Le vapeur Nerissa s&#8217;approche de l&#8217;Irlande le 30 avril 1945, quelques heures avant d&#8217;être coulé par l&#8217;U552. </span>
            
        <div class="credit">
            <span>ssnerissa.com</span>
        </div>

        </div>
        
    </div>
<p class="p1"><b>Tout au long</b> de la Seconde Guerre mondiale, les Canadiens ont craint que les navires transportant les contingents de soldats canadiens en Grande-Bretagne ne soient coulés dans les eaux infestées de sous-marins. C’est bien arrivé, mais une seule fois.</p>
<p class="p2">Le vapeur <i>Nerissa</i> était un petit navire britannique de passagers et de fret de 5 583 tonnes, construit à Glasgow en 1926. Il fut mis à la disposition de l’armée britannique pour le transport de personnel et de matériel en 1940.</p>
<p class="p2">Le <i>Nerissa</i> quitta Halifax le <span class="s1">21 avril 1941. Le 24, après une escale à St. John’s (T.-N.), il mit le cap sur Liverpool sans escorte. Comme ce </span><span class="s2">navire pouvait soutenir une vitesse de 14 nœuds, il n’était pas obligé de se joindre à un convoi qui aurait été beaucoup plus lent (mais protégé).</span></p>
<div class="caption_img">
        <a href="https://legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2025/07/map.jpg"><img loading="lazy" decoding="async" class="wp-image-6675 size-large" src="https://legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2025/07/map-679x1024.jpg" alt="" width="679" height="1024" srcset="https://legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2025/07/map-679x1024.jpg 679w, https://legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2025/07/map-199x300.jpg 199w, https://legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2025/07/map-768x1159.jpg 768w, https://legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2025/07/map.jpg 800w" sizes="(max-width: 679px) 100vw, 679px" /></a>
        <div class="caption">
            <span></span>
            
        <div class="credit">
            <span>ssnerissa.com</span>
        </div>

        </div>
        
    </div>
<p class="p2">Il y avait 291 personnes à bord, dont 105 membres d’équipage, 108 membres de l’Armée canadienne provenant de divers corps et branches, 16 membres de la Marine royale canadienne (principalement des télégraphistes), <span class="s1">24 militaires britanniques, 14 pilotes </span>de transport américains, quatre aviateurs norvégiens et 20 civils, principalement des Canadiens. Le navire transportait également une cargaison de 3 049 tonnes : aluminium, munitions et une <span class="s1">trentaine d’ambulances militaires.</span></p>
<p class="p2"><span class="s2">Le 30 avril, vers 8 h 15, alors que le navire s’approchait de l’Irlande, le premier de quatre bombardiers de patrouille anti-sous-marine Hudson du Royal Air Force Coastal Command l’escorta pour passer dans une zone avérée de présence de U-boots. Au moins un Hudson accompagna le <i>Nerissa</i> tant qu’il faisait jour; le dernier le quitta vers 19 h 15. Mais, un sous-marin allemand qui filait droit sur le <i>Nerissa</i> n’avait pas été détecté, et il se trouvait à peine à 40 kilomètres du bâtiment.</span></p>
<p class="p2"><span class="s2">L<i>’Oberleutnant</i> <i>zur See</i> Erich Topp, commandant de l’<i>U-552</i>, aperçut malgré l’obscurité le <i>Nerissa</i> qui louvoyait, et le garda en vue jusqu’à ce qu’il soit à moins d</span>’un kilomètre. Le sous-marin fit alors surface à 22 h 30 et tira trois torpilles. L’une d’elles explosa sur le côté tribord du <i>Nerissa</i>, près de la poupe. Les dégâts furent irrémédiables.</p>
<p class="p1"><b>Le </b><span class="s3"><b><i>Nerissa</i></b></span> <b>perdit</b> toute sa puissance et donna immédiatement de la gite à tribord. Le cri <span class="s2">« Abandonnez le navire! » retentit, mais la plupart des tentatives pour lancer les canots de sauvetage et les </span>radeaux du navire furent vaines.</p>
<p class="p2">« Imaginez basculer du badinage et de l’amitié à la terreur et <span class="s2">l’horreur en un instant », explique le sergent canadien Frank Stojak. </span></p>
<p class="p2">Une autre torpille percuta le navire et lui brisa les reins. Topp, qui allait devenir l’un des principaux as sous-mariniers <span class="s2">allemands, avait administré le coup de grâce. Le <i>Nerissa</i> fut englouti par les flots quatre minutes après la première déflagration, à environ </span>200 kilomètres au nord-ouest de la ville irlandaise de Donegal.</p>
<p class="p2">Le bombardier suppléant Jack Cockrell garde en mémoire « des cris d’agonie des hommes dans l’eau », et le sous-lieutenant H.C. Ledsham, que « la proue du navire avait disparu à cinq mètres de [lui], et la mer grouillait d’hommes ».</p>
<blockquote>
<p class="p1"><span class="s1"><b>L’U-552 aperçut bientôt </b></span><b>le Nerissa qui louvoyait dans la nuit obscure.</b></p>
</blockquote>
<p class="p2">Les survivants s’accrochaient aux canots de sauvetage, dont la <span class="s2">plupart avaient chaviré, tandis que </span>l’eau déferlait sur eux. Beaucoup de ceux qui avaient survécu aux explosions initiales ne passèrent pas la nuit. Les hommes sup<span class="s2">por-tèrent « les vagues déferlantes, le désespoir et le froid pendant des heures, puis vint l’espoir lorsqu’un </span>avion passa au-dessus d’eux », a écrit l’historien Douglas How.</p>
<p><div class="caption_img">
        <a href="https://legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2025/07/037-2.jpg"><img loading="lazy" decoding="async" class="wp-image-6676 size-full" src="https://legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2025/07/037-2.jpg" alt="" width="800" height="576" srcset="https://legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2025/07/037-2.jpg 800w, https://legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2025/07/037-2-300x216.jpg 300w, https://legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2025/07/037-2-768x553.jpg 768w" sizes="(max-width: 800px) 100vw, 800px" /></a>
        <div class="caption">
            <span>L&#8217;oberleutnant zur See Erich Topp, commandant de l&#8217;U552. L&#8217;épouse et les enfants de Joseph Lomas; la famille au complet périt lors du naufrage.</span>
            
        <div class="credit">
            <span>waralbum.ru</span>
        </div>

        </div>
        
    </div><a href="https://legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2025/07/photo_lomasfamily.jpg"><img loading="lazy" decoding="async" class="alignnone size-full wp-image-6677" src="https://legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2025/07/photo_lomasfamily.jpg" alt="" width="800" height="1257" srcset="https://legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2025/07/photo_lomasfamily.jpg 800w, https://legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2025/07/photo_lomasfamily-191x300.jpg 191w, https://legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2025/07/photo_lomasfamily-652x1024.jpg 652w, https://legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2025/07/photo_lomasfamily-768x1207.jpg 768w" sizes="(max-width: 800px) 100vw, 800px" /></a></p>
<p class="p2">Le 1<sup>er </sup>mai, à 6 h 42, un avion <span class="s2">de patrouille Whitley aperçut six canots de sauvetage et six radeaux. Le contretorpilleur HMS <i>Veteran</i> arriva à 8 h 5, et les survivants étaient à son bord 10 minutes après.</span></p>
<p class="p2">Sur les 291 personnes à bord, <span class="s1">207 avaient péri, dont 93 Canadiens : </span><span class="s2">73 soldats, 10 marins, un membre de l’équipage et neuf civils. Il y avait 15 décès chez les Terre-Neuviens </span>membres de l’équipage.</p>
<p class="p2"><span class="s2">Les pertes en vies humaines furent les plus lourdes que l’Armée canadienne eut subies en un seul incident à ce moment-là de la guerre. Sur les 73 morts, 33 qui appartenaient à l’obscur Corps of Military Staff Clerks, et huit qui au Corps de santé royal de canadien. La plupart des marins canadiens décédés étaient des télégraphistes nouvellement formés, âgés de 20 ans en moyenne. </span></p>
<p class="p2"><span class="s2">Fait tragique, toute la famille britannique Lomas, soit cinq personnes, dont trois enfants âgés de trois à six ans, périt dans le naufrage. </span></p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>BUTIN CÉRÉMONIEL</title>
		<link>https://legionmagazine.com/fr/2025/07/butin-ceremoniel/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[admin]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 22 Jul 2025 17:35:28 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[ARTÉFACTS]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://legionmagazine.com/fr/?p=6669</guid>

					<description><![CDATA[La remise à l’Ontario de la masse du Haut-Canada, prise de guerre américaine de 1812, un symbole de l’évolution des relations transfrontalières]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><a href="https://legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2025/07/artifacts-mar-apr.jpg"><img loading="lazy" decoding="async" class="alignnone wp-image-6671 size-full" src="https://legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2025/07/artifacts-mar-apr.jpg" alt="" width="800" height="533" srcset="https://legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2025/07/artifacts-mar-apr.jpg 800w, https://legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2025/07/artifacts-mar-apr-300x200.jpg 300w, https://legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2025/07/artifacts-mar-apr-768x512.jpg 768w" sizes="(max-width: 800px) 100vw, 800px" /></a></p>
<p class="p1"><span class="s1"><b>« </b></span><b>Les forces américaines</b> <span class="s1">se sont emparées de la masse du Parlement du Haut-Canada, l’Ontario, lors de la bataille de York du 27 avril </span>1813, pendant la guerre de 1812, déclara le président américain Franklin Roosevelt le 4 mai 1934. Cette masse, symbole de <span class="s1">l’autorité législative à York (désormais Toronto) </span>depuis 1792, est conservée à l’Académie navale des États-Unis, à Annapolis. »</p>
<p class="p2"><span class="s1">Taillé dans du bois tendre, peut-être du sapin ou du pin, et mesurant 142 centimètres de longueur (4 pi 8 po), ce butin américain vieux de plusieurs siècles était considéré d’apparence primitive malgré sa valeur symbolique pour la gouvernance anglo-canadienne. Les chroniqueurs le décrivaient souvent comme doré avec des touches de rouge, mais il s’agissait </span>simplement de peinture couleur or.</p>
<p class="p2"><span class="s2">Cependant, en s’en emparant ce jour fatidique d’avril, « les soldats et les marins </span>de la jeune république [américaine] ont snobé la majesté de la Couronne, le roi George III en personne », explique Ewan Wardle, qui travaille au lieu historique national du Canada Fort-York.</p>
<p class="p2"><span class="s1">Les masses furent des armes privilégiées au Moyen Âge. Tel était le cas des évêques martiaux de la période médiévale, qui ne pouvaient pas utiliser d’armes pouvant faire couler le sang, telles que les épées, car ils obéissaient à la loi canonique. Une massue permettait donc de respecter les serments faits à Dieu tout en accordant aux membres du clergé la possibilité de se défendre contre des adversaires portant casque et armure.</span></p>
<p class="p2"><span class="s1">Dès le XIII<sup>e</sup> siècle, les masses firent l’objet d’une déférence dans le cadre de cérémonies. Elles devinrent par la suite des symboles de l’autorité législative pour les présidents du Parlement britannique, puis, à partir du XVIIIe siècle, au sein des colonies canadiennes de l’Empire britannique.</span></p>
<p class="p2"><span class="s1">En 1813, la masse du Haut-Canada se trouvait à York, après le déménagement de la capitale provinciale de Newark (aujourd’hui Niagara-on-the-Lake, Ontario) en 1796.</span></p>
<p><a href="https://legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2025/07/artifacts-mar-apr-fr.jpg"><img loading="lazy" decoding="async" class="alignnone wp-image-6672 size-full" src="https://legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2025/07/artifacts-mar-apr-fr.jpg" alt="" width="800" height="480" srcset="https://legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2025/07/artifacts-mar-apr-fr.jpg 800w, https://legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2025/07/artifacts-mar-apr-fr-300x180.jpg 300w, https://legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2025/07/artifacts-mar-apr-fr-768x461.jpg 768w" sizes="(max-width: 800px) 100vw, 800px" /></a></p>
<p class="p1"><span class="s1"><b>À York</b>, après avoir traversé le lac Ontario à bord de quelque 14 navires, une force d’environ 2 700 soldats et marins américains lança une attaque en avril 1813.</span></p>
<blockquote>
<p class="p1"><span class="s1"><b><i>avant d’incendier les bâtiments gouvernementaux de York, plusieurs objets symboliques, dont la masse, furent emportés en tant que butins de guerre</i></b></span></p>
</blockquote>
<p class="p2"><span class="s1">La supériorité numérique des envahisseurs commandés par le brigadier-général Zebulon Pike contre la défense de 700 hommes du général britannique Roger Sheaffe fut vite manifeste. Pour les miliciens, les guerriers Mississauga et Ojibwa et les 300 débardeurs du Canada chargés de la défense de York, c’était clairement une cause </span><span class="s1">perdue. Et la résistance britannique à Fort York ne pouvait pas endiguer ce raz-de-marée. Voyant la situation désespérée, Sheaffe ordonna à son armée de se replier à Kingston, mais d’abord de mettre le feu à un magasin de poudre à canon. L’explosion causa la mort de Pike, qui rendit l’âme la tête sur un Union Jack pris à l’adversaire. Furieux, les Américains et leurs sympathisants canadiens mirent la ville à sac.</span></p>
<p class="p1"><span class="s1">Quelque 2 500 livres furent également volées à la trésorerie; des parties démantelées du navire de guerre <i>Duke of Gloucester</i> furent saisies; et avant d’incendier les bâtiments gouvernementaux de York, plusieurs objets symboliques, dont la masse, furent emportés en tant que butins de guerre.</span></p>
<p class="p1"><span class="s2">Les Britanniques prirent leur revanche en incendiant Washington, D.C. l’année suivante, mais le sceptre législatif du Haut-Canada resta aux États-Unis pendant 121 ans, </span>jusqu’au 4 juillet 1934, journée du dévoilement d’un mémorial à Toronto dédié aux <span class="s2">pertes américaines lors de la bataille de York.</span></p>
<p class="p1">« Depuis l’accord de 1817, avait déclaré Roosevelt lorsqu’il exhortait au retour de l’artéfact pillé, aucun des deux pays n’a […] maintenu d’armement hostile de son côté de la frontière; et chaque année qui passe cimente la paix et l’amitié entre [leurs] peuples. »</p>
<p class="p1"><span class="s2">Bien qu’elle ait été remplacée – plusieurs </span>fois, en fait –, la masse du Haut-Canada est désormais exposée à l’Assemblée législative de l’Ontario à Toronto.</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>front intérieur</title>
		<link>https://legionmagazine.com/fr/2025/07/front-interieur/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[admin]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 22 Jul 2025 15:24:19 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[LE FRONT INTÉRIEUR]]></category>
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					<description><![CDATA[Bien qu’animé par une passion indéfectible pour l’aviation, Fred Ashbaugh se retrouva vite décontenancé, voire décou-ragé, lorsqu’il aborda le Plan d’entrainement aérien du Commonwealth britannique. Le jeune agriculteur albertain s’était enrôlé en 1940, à l’âge de 21 ans, parce que « c’était la guerre, et [il] n’aimait pas ce que faisaient les Allemands ». L’armée de l’air, [&#8230;]]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p class="p1"><span class="s1"><b>Bien qu’animé par une passion </b>indéfectible pour l’aviation, Fred Ashbaugh se retrouva vite décontenancé, voire décou-ragé, lorsqu’il aborda le Plan d’entrainement aérien du Commonwealth britannique.</span></p>
<p class="p2"><span class="s1">Le jeune agriculteur albertain s’était enrôlé en 1940, à l’âge de 21 ans, parce que « c’était la guerre, et [il] n’aimait pas ce que faisaient les Allemands ». L’armée de l’air, confia-t-il, lui semblait être la meilleure option.</span></p>
<p class="p2"><span class="s1">Ce programme novateur visant à faire du Canada un vaste terrain d’entrainement pour aviateurs militaires fut mis sur pied en quelques mois, et ses recrues passaient par un dépôt des effectifs à Toronto.</span></p>
<p class="p2"><span class="s1">Le « dépôt des effectifs n° 1 » n’avait rien de supérieur. Situé dans le bâtiment Coliseum sur le terrain de l’Exposition nationale canadienne, il pouvait accueillir jusqu’à 5 000 personnes.</span></p>
<p class="p2"><span class="s1">« Ça a été un choc », a raconté M. Ashbaugh lors d’un entretien en 2009 dans le cadre de la Collection d’histoire orale militaire canadienne compilée par Reginald H. Roy, historien à l’Université de Victoria. « Nous étions dans l’étable à vaches, sur deux niveaux. Nous étions entassés là-dedans […]. La nourriture était infecte. C’était <i>vraiment </i>déroutant.</span></p>
<div class="caption_img">
        <a href="https://legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2025/07/e0109386571.jpg"><img loading="lazy" decoding="async" class="wp-image-6663 size-full" src="https://legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2025/07/e0109386571.jpg" alt="" width="800" height="620" srcset="https://legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2025/07/e0109386571.jpg 800w, https://legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2025/07/e0109386571-300x233.jpg 300w, https://legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2025/07/e0109386571-768x595.jpg 768w" sizes="(max-width: 800px) 100vw, 800px" /></a>
        <div class="caption">
            <span></span>
            
        <div class="credit">
            <span>BAC/4206886</span>
        </div>

        </div>
        
    </div>
<p class="p2"><span class="s1">« Ils avaient une sorte d’accord avec un traiteur qui pouvait faire les meilleurs œufs caoutchouteux que vous ayez jamais goutés de votre vie. La seule chose qui était vraiment bonne là-bas, c’est qu’on pouvait boire du lait tant qu’on voulait. Et on pouvait manger du pain et du beurre à volonté. Mais, le reste de la nourriture était infecte. »</span></p>
<p class="p2"><span class="s1">Dans les premiers temps, il s’agissait d’une formation militaire, sans vol ni combat. Les recrues apprenaient à se laver, à se raser, à faire briller leurs bottes, à polir leurs boutons, à entretenir leurs uniformes et à respecter </span>les ordres. Il y avait deux heures d’éducation physique quotidiennes et des formations sur la marche, des exercices avec le fusil, <span class="s1">des manœuvres à pied, de l’instruction sur le salut et autres activités militaires de routine.</span></p>
<p class="p2">Il y aurait bientôt quatre autres bassins de formation : Brandon (Man.), Edmonton, Québec et Lachine (Qc). La nourriture s’est même améliorée. Mais, Fred Ashbaugh était alors déjà plus près du front et à l’orée de ses 62 missions de combat dans cette Europe occupée par les nazis où il pilota des bombardiers Stirling et Wellington.</p>
<p class="p2">D’autres dépôts finirent par être ajoutés : Picton (Ont.), Swift Current (Sask.), Penhold (Alb.) et Souris (Man.). Deux dépôts du Service féminin furent établis : l’un à Toronto en octobre 1941 et l’autre, un an plus tard, à Rockcliffe (Ont.).</p>
<p class="p1"><b>La France était </b>le dernier domino à tomber lors de la guerre éclair des nazis à travers l’Europe continentale. Du 26 mai au 4 juin, quelque 338 226 soldats alliés, pour la plupart britanniques, avaient été évacués de la plage de Dunkerque, la majeure partie de leurs armes et de leur équipement abandonnée à l’envahisseur.</p>
<p class="p2">Le joyau potentiel de la couronne auquel aspirait Hitler, la Grande-Bretagne, se trouvait juste de l’autre côté de la Manche. Début juillet, les premières étapes d’une invasion allemande prenaient forme alors que la <i>Luftwaffe </i>intensifiait sa campagne de destruction des forces aériennes britanniques avant de lancer un assaut amphibie sur les plages.</p>
<p class="p2">On le savait depuis des mois. Et les planificateurs militaires prévoyaient, ce qui semble évident aujourd’hui, que les iles britanniques ne seraient pas un bon endroit où former les pilotes et les équipages dont on avait tant besoin. Il fallait chercher ailleurs. Le Canada offrit ses services.</p>
<p class="p1">Le 17 décembre 1939, le Canada, la Grande-Bretagne, l’Australie et la Nouvelle-Zélande signèrent un accord pour créer le Plan d’entrainement aérien du Commonwealth britannique : le PEACB, ou tout simplement, « le Plan ».</p>
<p class="p1"><span class="s1">Le choix se porta sur le Canada en raison </span>de ses conditions météorologiques et de ses grands espaces propices à l’aviation, ainsi que de son approvisionnement suffisant en carburant, de sa capacité de production d’avions et de pièces, de sa <span class="s1">proximité relative aux théâtres de guerre </span>européens et possiblement du Pacifique, et de l’absence de menace ennemie.</p>
<p class="p1">L’ambitieux programme prévoyait à <span class="s1">l’origine trois écoles de formation, 13 écoles élémentaires de pilotage, 16 écoles de pilotage militaire, 10 écoles d’observation aérienne, 10 écoles de bombardement et de tir, deux écoles de navigation aérienne et quatre écoles de radionavigants. Le gouvernement construisit 7 000 hangars, casernes et salles d’exercices.</span></p>
<p class="p1"><span class="s1">La plupart des écoles d’entrainement disposaient de trois pistes de 30 mètres (100 pieds) de largeur et de 762 mètres (2 500 pieds) de longueur chacune. La quantité de béton utilisé </span>aurait pu servir à construire une autoroute à deux voies entre Ottawa et Vancouver.</p>
<p class="p1">Les quatre gouvernements se parta-gèrent les couts de 2,2 milliards de dollars du Plan (environ 43 milliards de dollars de 2024), mais le Canada en régla la majeure partie : 1,6 milliard de dollars (36 milliards de dollars d’aujourd’hui).</p>
<p class="p1">À son apogée, fin 1943, 104 000 membres du PEACB dirigeaient 107 écoles et 184 unités de soutien dans 231 lieux d’un bout à l’autre du Canada. Le programme faisait voler 3 540 avions et servait même à former des Norvégiens, des Polonais et des Français en exil.</p>
<p class="p1">Le Canada devint ce que le président américain Franklin D. Roosevelt appelait « l’aérodrome de la démocratie ».</p>
<p class="p3"><span class="s1"><b>Le premier cours </b>de formation canadien </span>fut donné à Toronto le 29 avril 1940, et 39 diplômés en sortirent cinq mois plus tard. Ils restèrent tous au Canada en tant qu’instructeurs ou pilotes d’état-major. Les premiers observateurs canadiens, une trentaine, envoyés à l’étranger en octobre 1940, étaient des diplômés de l’école de Trenton, en Ontario.</p>
<p class="p1"><span class="s1">Les recrues passaient un test d’apti-tude standard : le test de classement de l’Aviation royale du Canada. Des études secondaires de rattrapage permettaient aux stagiaires de 17 et 18 ans d’atteindre le niveau scolaire qu’exigeait l’ARC.</span></p>
<p class="p1"><span class="s1">On assignait souvent des « tâches à l’aérodrome » aux stagiaires pour les occuper. Certains étaient envoyés dans des usines pour compter écrous et boulons, d’autres étaient répartis dans des écoles de pilotage ou dans d’autres installations de l’ARC pour effectuer des travaux de garde, de nettoyage, de peinture ou de polissage d’équipement. Les « tâches à l’aérodrome » pouvaient durer plusieurs mois.</span></p>
<p class="p1"><span class="s1">Fred Ashbaugh, qui allait être décoré en tant que pilote de bombardier, fut même envoyé monter la garde au Nouveau-Brunswick pendant 28 jours.</span></p>
<p class="p1"><span class="s1">Des détachements de formation préalable du personnel navigant furent établis dans les campus d’université du pays pour dispenser l’enseignement en mathématiques, en physique, en anglais et dans d’autres matières demandées par l’ARC aux recrues du personnel navigant n’ayant pas reçu l’éducation nécessaire. Cela réduisit considérablement les échecs plus tard dans la formation.</span></p>
<div class="caption_img">
        <a href="https://legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2025/07/PL-3738.jpg"><img loading="lazy" decoding="async" class="wp-image-6664 size-full" src="https://legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2025/07/PL-3738.jpg" alt="" width="800" height="537" srcset="https://legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2025/07/PL-3738.jpg 800w, https://legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2025/07/PL-3738-300x201.jpg 300w, https://legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2025/07/PL-3738-768x516.jpg 768w" sizes="(max-width: 800px) 100vw, 800px" /></a>
        <div class="caption">
            <span>Beaucoup de pilotes terminaient leur formation d&#8217;aviateur dans le Harvard 4 (ci-dessous) de la Canadian Car and Foundry. Fred Ashbaugh (en regard), pilote de bombardier, fut l&#8217;une des premières recrues à réussir le programme.</span>
            
        <div class="credit">
            <span>BAC/5722206</span>
        </div>

        </div>
        
    </div>
<p class="p1">Au bout de quatre ou cinq semaines, un comité de sélection décidait si les stagiaires seraient placés dans le volet du personnel navigant ou dans celui des équipes au sol. Les candidats radiotélégraphistes-mitrailleurs étaient envoyés directement dans une école de radionavigants; les observateurs aériens (navigateurs) et les candidats pilotes rejoignaient l’une des sept écoles <span class="s1">préparatoires de l’aviation où ils passaient les </span>quatre premières semaines du programme, qui durait entre 26 et 28 semaines.</p>
<p class="p1">Ils étaient soumis à une série de tests, dont un entretien avec un psychiatre, un examen physique M2 de quatre heures, une séance dans un caisson hypobare et un « vol d’essai » dans un simulateur Link.</p>
<p class="p1">« Toute la série était une sélection, déclara Fred Ashbaugh. Les instructeurs surveillaient tout le monde tout le temps […], ils prenaient de petites notes. »</p>
<p class="p1">En classe, les candidats pilotes et observateurs aériens étudiaient la navigation, la théorie du vol, la météorologie, les fonctions d’officier, l’administration de l’aviation, l’algèbre et la trigonométrie.</p>
<p class="p1">Ensuite, ils passaient à l’école élémentaire de pilotage – il y en avait 32 – où les clubs de pilotes dispensaient aux stagiaires, au fil des huit semaines, une formation de base de 50 heures de vol sur des avions-écoles simples, tels que le Havilland Tiger Moth, le Fleet Finch ou le Fairchild Cornell.</p>
<div class="caption_img">
        <a href="https://legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2025/07/icnp2014-dec-bcatp-pl-3582.jpg"><img loading="lazy" decoding="async" class="wp-image-6665 size-full" src="https://legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2025/07/icnp2014-dec-bcatp-pl-3582.jpg" alt="" width="800" height="566" srcset="https://legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2025/07/icnp2014-dec-bcatp-pl-3582.jpg 800w, https://legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2025/07/icnp2014-dec-bcatp-pl-3582-300x212.jpg 300w, https://legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2025/07/icnp2014-dec-bcatp-pl-3582-768x543.jpg 768w" sizes="(max-width: 800px) 100vw, 800px" /></a>
        <div class="caption">
            <span>Beaucoup effectuaient leur premier vol dans un Tiger Moth, comme celui-ci qui a décollé à la base de Malton, en Ontario.</span>
            
        <div class="credit">
            <span>MDN/PL3682</span>
        </div>

        </div>
        
    </div>
<p class="p3"><span class="s1"><b>Les diplômés </b>du programme « apprendre à voler » enchainaient avec 16 semaines dans une école de pilotage militaire, où ils passaient huit semaines dans une escadrille d’entrainement intermédiaire, six semaines dans une escadrille d’entrainement avancé et deux semaines dans l’une des 30 écoles de bombardement et de tir, le tout admi-nistré par l’ARC ou par la Royal Air Force.</span></p>
<p class="p1"><span class="s1">Les espoirs du pilotage de chasse étaient formés à l’aide d’avions nord-américains Harvard et Yale. Les pilotes de bombardiers, les pilotes côtiers et les pilotes de transport stagiaires fréquentaient d’autres écoles où ils apprenaient à piloter des avions multimoteurs Airspeed Oxford, Avro Anson et Cessna Crane.</span></p>
<p class="p1">Les apprentis navigateurs passaient huit semaines dans l’une des 10 écoles d’observation aérienne, un mois à l’école de bombardement et d’artillerie (il y en avait 11) et un mois à l’école de navigation (il en existait six). Les écoles d’observation aérienne étaient dirigées par des civils sous contrat avec l’ARC; la CP Airlines, par exemple, dirigeait les n<sup>os</sup> 7, 8 et 9, bien que les instructeurs fussent membres de l’ARC.</p>
<p class="p1"><span class="s1">La navigation à l’estime et le pilotage visuel étaient les techniques de base enseignées tout au long des années de guerre. Formés dans des Avro Anson, les navigateurs en herbe utilisaient des cartes aéronautiques, des boussoles magnétiques, des montres, des journaux de voyage, des crayons, des rapporteurs d’angle Douglas et le calculateur de navigation à l’estime Dalton, un appareil manuel rond sans rien de semblable aux calculateurs modernes.</span></p>
<p class="p1"><span class="s1">Deux écoles de formation au sol de mitrailleurs de bord furent créées à Trenton (Ont.) et à Québec pour combler le manque inquiétant de mitrailleurs de bord à l’étranger. On y dispensait un cours préparatoire de six semaines sur l’utilisation et l’entretien des mitrailleuses lourdes, ainsi que des exercices d’entrainement physique et un entrainement aux armes légères.</span></p>
<p class="p1"><span class="s1">Les radiotélégraphistes mitrailleurs passaient 24 semaines à l’école de radionavigants où ils apprenaient la théorie et la pratique de la communication sans fil, notamment la signalisation à l’aide de lumière et de drapeaux en plus de la radio. Ils finissaient par quatre semaines dans une école de bombardement et de tir.</span></p>
<p class="p1"><span class="s1">Les écoles de reconnaissance générale formaient des pilotes et des observateurs aériens en patrouille océanique. Les pilotes passaient les 8 à 14 dernières semaines dans des unités d’entrainement opérationnel où ils apprenaient à piloter des avions de chasse, comme le Hawker Hurricane ou le Fairey Swordfish. Ils y étaient formés par de vrais pilotes d’avion de chasse qui avaient été affectés aux unités d’entrainement opérationnel après des opérations. Ils n’étaient pas tous ravis de se retrouver là.</span></p>
<p class="p3"><b>À 21 ans</b>, Fred Ashbaugh était relative-<br />
ment vieux pour une recrue.</p>
<p class="p1"><span class="s1">Il a raconté que la nourriture et les con-ditions de vie dans les écoles élémentaires de pilotage étaient « plutôt rudes ».</span></p>
<p class="p1"><span class="s1">« C’était horrible, dit-il. Mais, les forma-tions au pilotage et au sol étaient très bonnes. »</span></p>
<p class="p1"><span class="s1">Son premier vol fut sur un Fleet Finch, en novembre 1941, avec un instructeur du nom de Moon qui fit faire une boucle et une vrille à l’avion – « Je pense qu’il voulait savoir si j’allais vomir ou pas; mais non […]. J’ai adoré ça. »</span></p>
<p class="p1"><span class="s1">Il prit seul les commandes dans un Fleet Finch après 11 heures de formation de pilotage.</span></p>
<p class="p1">« C’était assez effrayant. À ce moment-là, on est là-haut tout seul, avec 10 à 12 heures de vol, et il faut atterrir sans abimer l’appareil. Alors, une fois qu’on est sur le plancher des vaches, on pousse un grand soupir de soulagement.</p>
<p class="p1">« C’était très excitant, et c’était très gratifiant. »</p>
<p class="p1">Fred Ashbaugh partit le 4 janvier 1941 à Summerside, sur l’Île-du-Prince-Édouard, pour suivre une formation de pilotage militaire.</p>
<p class="p1">« Nous étions la toute première classe à Summerside, confia-t-il à Reginald H. Roy. Quand nous sommes arrivés, il n’y avait pas d’instructeur, pas d’avion, il n’y avait rien. »</p>
<p class="p1">L’établissement était commandé par un lieutenant d’aviation qui, n’ayant pas de personnel pour former ses troupes, leur accorda des laissez-passer de 48 heures. « Nous lui avons dit : “Désolé, nous n’avons pas d’argent”. Il y avait eu un problème avec notre solde, nous n’avions pas été payés.</p>
<p class="p1">« Alors, il s’est arrangé avec une banque pour nous donner chacun un chèque de 5 $. Imaginez un peu : 5 $ pour un laissez-passer de 48 heures. Il a dit [au directeur de la banque] : “Je sais que je n’ai pas assez en banque, pourriez-vous m’avancer ça?”</p>
<p class="p1">« Et le directeur de la banque lui a répondu oui, bien sûr. Parce que nous étions les élus de Dieu : les premiers aviateurs avec nos petits titres d’épaule blancs.</p>
<p class="p1">« Nous sommes tous allés au village et avons encaissé nos chèques de 5 $. Et la plupart d’entre nous avons passé toute la fin de semaine à Summerside, et nous avions encore de l’argent en poche quand nous sommes retournés au poste parce que les gens nous avaient bien accueillis. Ils avaient été merveilleux. L’hôtel nous facturait 25 ou 50 cents par chambre. »</p>
<p class="p3"><b>Les avions</b>, des Harvad, ne sont arrivés que deux semaines après. « C’était comme passer d’une Austin à une Mercedes, a déclaré Fred Ashbaugh. Là, on a plein d’instruments devant soi, alors que dans un Fleet Finch il y a une aiguille, une bille et un indicateur de vitesse.</p>
<p class="p1">« Et, bien sûr, c’était un avion assez puissant et tout à fait acrobatique. Oh, c’était un bel appareil qu’on pilotait; un peu compliqué, mais beau. »</p>
<div class="caption_img">
        <a href="https://legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2025/07/e011433273.jpg"><img loading="lazy" decoding="async" class="wp-image-6666 size-full" src="https://legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2025/07/e011433273.jpg" alt="" width="800" height="544" srcset="https://legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2025/07/e011433273.jpg 800w, https://legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2025/07/e011433273-300x204.jpg 300w, https://legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2025/07/e011433273-768x522.jpg 768w" sizes="(max-width: 800px) 100vw, 800px" /></a>
        <div class="caption">
            <span>Des planificateurs dessinent les bleus pour les écoles de formation d&#8217;aviateurs du Canada</span>
            
        <div class="credit">
            <span>Des planificateurs dessinent les bleus pour les écoles de formation d&#8217;aviateurs du Canada</span>
        </div>

        </div>
        
    </div>
<p class="p1">La classe de stagiaires – dont la moitié du dominion de Terre-Neuve, engagés dans la RAF – se déroula sans heurt : pas d’accrochage, pas de raté, et pas de<br />
conflit rapporté avec les gens du coin.</p>
<p class="p1">Fred Ashbaugh obtint son brevet de pilote le 9 avril 1941.</p>
<p class="p1"><span class="s1">La province, où l’alcool était interdit (elle n’a abrogé l’interdiction qu’en 1948), permit l’attribution d’une demi-bouteille d’alcool par diplômé. Le maire et le lieutenant-gouverneur organisèrent une fête pour les nouveaux pilotes, dont l’un sortait avec la fille du maire.</span></p>
<p class="p1">Le groupe repartit le 25 avril. De fortes chutes de neige gênèrent le groupe de stagiaires qui les suivirent : plusieurs avions s’écrasèrent, et l’un d’entre eux rata complètement l’ile pour atterrir sur le ventre en Gaspésie.</p>
<p class="p1">Contrairement à la plupart de ses camarades de classe qui gagnèrent leurs épaulettes d’officier et restèrent au Canada pour devenir instructeurs, Fred Ashbaugh, sergent à l’époque, partit pour l’Angleterre où il s’attendait à être pilote de chasse. Les autorités avaient d’autres idées en tête.</p>
<p class="p1">« Quand nous sommes arrivés là-bas, ils voulaient des pilotes de bombardier, pas des pilotes de chasse […]. J’étais un peu plus âgé, et j’étais donc censé être plus stable, je suppose, alors [j’ai été envoyé] sur les bombardiers. »</p>
<p class="p1"><span class="s1">Il arriva à Liverpool, en Angleterre fin juin 1941 et prit le train de Bournemouth le lende-main matin, puis il déménagea au bout d’une semaine pour aller s’entrainer en tant que deuxième pilote sur le bimoteur </span>Wellington, piloté par un Australien avec trois membres d’équipage britanniques. C’était sa première expérience avec un équipage du Commonwealth.</p>
<p class="p1">Son premier vol dans un Wellington, le 27 juillet 1941, dura 20 minutes : un circuit et un atterrissage. La plupart des vols traversaient le pays, mais le 7 aout, un moteur s’arrêta et ils finirent dans la mer Celte, à 200 kilomètres de la côte sud-ouest de l’Angleterre.</p>
<p class="p1">« Nous nous en sommes tous tirés, à l’exception du radiotélégraphiste, car un amerrissage d’urgence, c’est <span class="s1">comme frapper un mur de briques, a-t-il déclaré. C’est vraiment horrible. »</span></p>
<p class="p3"><span class="s1"><b>Leur première affectation</b> était sur des quadrimoteurs Stirling, mais l’équipage fut démantelé et ses membres envoyés ici et là. Par un coup du sort, leur pilote australien, le sergent de section Clarence Henry Muir, fut transféré à une escadrille du Bomber Command en tant que deuxième pilote. Il prit son nouveau poste un samedi. Le dimanche, il était mort.</span></p>
<p class="p1"><span class="s1">Fred Ashbaugh fut second pilote à bord de deux Stirling de l’Escadrille 149 peu de temps après, mais quelques missions plus tard, il eut son propre avion avec son propre équipage. Il avait inscrit 150 heures de vol dans son journal de bord.</span></p>
<blockquote>
<p class="p1"><span class="s1">À son apogée, fin </span>1943, 104  000 membres du PEACB dirigeaient 107 écoles et 184 unités de soutien dans 231 lieux<span class="s1"> d’un bout à l’autre du Canada. </span></p>
</blockquote>
<p class="p1"><span class="s1">Sa première mission en tant que pilote commandant de bord eut lieu le 10 avril 1942, au port français du Havre, occupé par les Allemands, où il largua seize bombes de 500 livres à une altitude de 4 800 mètres (16 000 pieds).</span></p>
<p class="p1"><span class="s1">Il se familiariserait bientôt avec de rudes conditions : les projecteurs, le tir de DCA, les chasseurs de nuit et les premières techniques de navigation. « Beaucoup de champs de navets ont été bombardés. » Et encore plus d’installations ennemies.</span></p>
<p class="p1"><span class="s1">Fred Ashbaugh est décédé le 2 janvier 2019. Il avait 99 ans. Son épouse Pat et lui étaient mariés depuis 73 ans.</span></p>
<p class="p1"><span class="s1">Le mur commémoratif de 91 mètres du British Commonwealth Air Training Plan Museum en forme de profil d’aile, à Brandon, au Manitoba, porte les noms de 19 256 membres d’équipage du Commonwealth tués au cours de ces années orageuses de conflit, le plus sanglant de l’histoire.</span></p>
<p class="p1"><span class="s1">Quelque 856 stagiaires périrent au cours des cinq années du Plan. En 1944, cependant, le taux d’accidents mortels était tombé à un pour 22 388 heures de vol.</span></p>
<p class="p1"><span class="s1">Le Plan d’entrainement aérien du Commonwealth britannique, qui prit fin le 31 mars 1945, est encore l’un des plus importants programmes de formation aéronautique de l’histoire. Il servit à former près de la moitié des membres d’équipage qui devaient servir dans les forces aériennes du Commonwealth pendant la Seconde Guerre mondiale, 131 533, pour être exact, et 72 835 d’entre eux étaient canadiens.</span></p>
<h2 class="p1">Le Plan en chiffres</h2>
<p class="p1"><a href="https://legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2025/07/stats.jpg"><img loading="lazy" decoding="async" class="alignnone size-full wp-image-6668" src="https://legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2025/07/stats.jpg" alt="" width="800" height="943" srcset="https://legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2025/07/stats.jpg 800w, https://legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2025/07/stats-255x300.jpg 255w, https://legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2025/07/stats-768x905.jpg 768w" sizes="(max-width: 800px) 100vw, 800px" /></a></p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>DANS la brèche</title>
		<link>https://legionmagazine.com/fr/2025/07/dans-la-breche/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[admin]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 22 Jul 2025 14:28:40 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Articles principaux]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://legionmagazine.com/fr/?p=6656</guid>

					<description><![CDATA[Alors que les Allemands déclenchaient la première grande attaque au gaz de la guerre, des soldats canadiens manquant encore d’expérience ont tenté de tenir une brèche cruciale dans le front lors de la deuxième bataille d’Ypres]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p class="p1"><i>Le gaz! Le gaz! Vite, les gars! Effarés et à tâtons </i><i>Coiffant juste à temps les casques malaisés;</i></p>
<p class="p1"><i>Mais quelqu’un hurle encore et trébuche </i><i>Et s’effondre, se débattant, comme enlisé dans le feu ou la chaux…</i></p>
<p class="p1"><i>Vaguement, par les vitres embuées, l’épaisse lumière verte, </i><i>Comme sous un océan de vert, je le vis se noyer.</i></p>
<p class="p1"><i>&#8211; Extrait de </i>« Dulce Et Decorum Est »<i> de Wilfred Owen,<br />
traduit par Georges Gernot</i></p>
<p>&nbsp;</p>
<p class="p1"><span class="s1"><b>« L’essence même </b>du printemps était dans l’air, écrivait le lieutenant-colonel canadien George Nasmith devant le saillant belge d’Ypres le 22 avril 1915. J’avais envie d’aller en pleine nature, et de regarder les oiseaux et les abeilles, de me prélasser au soleil sans rien faire. » </span></p>
<p class="p2">Le chimiste analyste torontois de 4 pi 6 po avait été jugé inapte au combat en raison de sa taille. Pas découragé pour autant, l’intellectuel obtint à la place l’autorisation d’installer un labo-ratoire pour tester l’eau potable des troupes.</p>
<p class="p2"><span class="s1">Le 22 avril, après s’être rendu près du front des Alliés « pour voir à quoi </span>ressemblait le « no man’s land », Nasmith rencontra son ami, le <span class="s1">capitaine Francis Scrimger, médecin militaire du 14<sup>e </sup>Bataillon (Régiment royal de Montréal). Après un échange de civilités, il continua la promenade avec un autre camarade jusqu’à ce que leur « attention [soit] retenue par une fumée jaune verdâtre qui montait de la partie de la ligne occupée par les Français ».</span></p>
<div class="caption_img">
        <a href="https://legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2025/07/19710261-0161.jpg"><img loading="lazy" decoding="async" class="wp-image-6661 size-full" src="https://legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2025/07/19710261-0161.jpg" alt="" width="800" height="497" srcset="https://legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2025/07/19710261-0161.jpg 800w, https://legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2025/07/19710261-0161-300x186.jpg 300w, https://legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2025/07/19710261-0161-768x477.jpg 768w" sizes="(max-width: 800px) 100vw, 800px" /></a>
        <div class="caption">
            <span>L&#8217;artiste Jack Richard dépeint l&#8217;action lors de la deuxième bataille d&#8217;Ypres. </span>
            
        <div class="credit">
            <span>CWM/197110261-0161</span>
        </div>

        </div>
        
    </div>
<p class="p2"><span class="s1">Ne ressentant aucune urgence, ils allumèrent tous deux une cigarette et observèrent le nuage qui </span><span class="s1">grandissait et s’approchait d’eux à environ huit kilomètre par heure. Ce n’est qu’après que Nasmith eut noté qu’il contenait des traînées brunes que l’inquiétude le gagna.</span></p>
<p class="p1"><span class="s1">« Ce doit être le gaz toxique dont nous avons entendu de vagues rumeurs, supposa-t-il. On dirait du chlore, et je parie que c’en est. » </span></p>
<p class="p1"><span class="s1">Et le nuage allait directement sur eux. </span></p>
<p class="p3"><span class="s1"><b>C’était horrifiant</b>; même si c’était une horreur quelque peu attendue.<span class="Apple-converted-space">   </span></span></p>
<p class="p1">Ni les puissances centrales ni l’Entente n’étaient catégoriquement opposées à l’utilisation de gaz toxiques, même si les Conventions de La Haye de 1899 et 1907 l’interdisaient en principe. L’ambitieuse Allemagne fut cependant la première à en faire usage à grande échelle.</p>
<p class="p1">Les expériences antérieures avec des irritants faibles avaient été bien en deçà des attentes. Le chimiste allemand Fritz Haber <span class="s1">proposa alors d’utiliser du chlore. De plus, pour contourner la stipulation de la convention qui interdisait les projectiles chargés de gaz, il suggéra d’installer des tuyaux dans des tranchées. </span></p>
<p class="p1"><span class="s1">La cible prévue serait le saillant d’Ypres. Considéré comme symbole de la ténacité des Alliés, le front s’avançait dans le territoire occupé par les Allemands et servait de zone tampon aux ports de la Manche, très importants pour la logistique. La prise du saillant aurait bloqué jusqu’à 50 000 soldats de l’Entente, et notamment la 1re Division canadienne, relativement jeune et très inexpérimentée, qui défendait une partie de la ligne.</span></p>
<div class="caption_img">
        <a href="https://legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2025/07/Portraits.jpg"><img loading="lazy" decoding="async" class="wp-image-6660 size-full" src="https://legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2025/07/Portraits.jpg" alt="" width="800" height="756" srcset="https://legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2025/07/Portraits.jpg 800w, https://legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2025/07/Portraits-300x284.jpg 300w, https://legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2025/07/Portraits-768x726.jpg 768w" sizes="(max-width: 800px) 100vw, 800px" /></a>
        <div class="caption">
            <span>The three infantry brigades of 1st Canadian Division were led by brigadier-generals Arthur Currie, Malcolm Mercer and Richard Turner. The cover of a late May 1915 issue of British newspaper The Sphere depicts gassed troops in the trenches.</span>
            
        <div class="credit">
            <span>Wikimedia/LAC/PA-001370; Canadian Virtual War Memorial; DND/LAC/3221891</span>
        </div>

        </div>
        
    </div>
<p class="p1"><span class="s1">Il y avait d’autres raisons mais, fondamentalement, la première utilisation massive de la guerre chimique était perçue comme un moyen de sortir de l’impasse sur le front occidental. Les Allemands espéraient que le gaz, en plus des barrages d’artillerie et de leurs forces numériquement supérieures, pourrait leur ôter une grosse épine du pied. </span></p>
<p class="p1"><span class="s1">Les Canadiens, bien calés entre la 28<sup>e</sup> division britannique à droite et les fantassins nord-africains de la 45<sup>e</sup> division française (Algériens) à gauche, leur barraient la route à la mi-avril 1915. Le commandement de la formation incombait au lieutenant-général Edwin Alderson, d’origine britannique. Néanmoins, ses trois brigades d’infanterie étaient dirigées par des Canadiens : les brigadiers-généraux Malcolm Mercer (1<sup>re</sup> brigade), Arthur Currie </span>(2<sup>e</sup> brigade) et Richard Turner <span class="s2">(3<sup>e</sup> brigade), ce dernier avait été déco-<br />
ré de la Croix de Victoria pour ses actions pendant la guerre des Boers. </span></p>
<p class="p1"><span class="s1">Alors que l’ennemi installait plus </span>de 5 730 bidons d’acier contenant 160 tonnes de chlore derrière des parapets et des sacs de sable et attendait le bon moment pour ouvrir les robinets, les Alliés <span class="s1">essayaient de faire face à l’évidence. </span></p>
<p class="p1"><span class="s1">Le 13 avril, le soldat allemand August Jäger déserta et se rendit aux Français, à qui il donna des renseignements sur les cylindres. Il expliqua en outre que la prochaine offensive de l’ennemi serait annoncée par trois fusées rouges larguées d’un avion, remettant même à ses ravisseurs le masque à gaz rudimentaire qu’il avait reçu : il s’agissait en gros d’un morceau de tissu imbibé d’une solution légèrement protectrice. </span></p>
<p class="p1"><span class="s1">Un deuxième déserteur raconta une histoire semblable deux jours </span>après, et cette nouvelle arriva aux oreilles des Canadiens. Le major Andrew McNaughton de la 7<sup>e</sup> Batterie d’artillerie de campagne canadienne obtint donc la permission de lancer 90 obus vers les tranchées allemandes pour sonder le terrain et trouver le gaz. Cela se révéla infructueux.</p>
<p class="p1">L’attente stressante monta crescendo au cours des journées suivantes jusqu’à ce que, <span class="s1">finalement, bien que de catastrophiquement, un avion d’observation allemand tire les trois fusées éclairantes rouges le 22. Il s’ensuivit un intense bombardement d’artillerie contre les lignes de l’Entente et la ville d’Ypres. Pire, vers 17 heures, le nuage de gaz qui émergea fut porté par un vent favorable. </span></p>
<p class="p1"><span class="s1">C’était, selon Fritz Haber, « un moyen de sauver d’innom-brables vies ».</span></p>
<blockquote>
<p class="p1">“Ce doit être le gaz toxique dont nous avons entendu de vagues rumeurs. On dirait du chlore, et je parie que c’en est.”</p>
</blockquote>
<p class="p3"><span class="s1"><b>Le sergent allemand Leisterer </b>regarda les centaines de robinets de gaz s’ouvrir avec morbide fascination. Après un sifflement inquiétant, ce soldat du 233<sup>e</sup> Régiment d’infanterie de réserve regarda alors le « gaz blanchâtre se répandre par-dessus le parapet. La couleur passa vite au vert jaunâtre, dans un nuage roulant interminable qui progressait vers la tranchée [de l’Entente]. »</span></p>
<p class="p1"><span class="s1">Cette brume monstrueuse, qui s’étendait sur environ six kilomètres et atteignait jusqu’à 30 mètres de hauteur par endroits, </span>s’infiltrait dans chaque crevasse, remplissait les trous d’obus l’un après l’autre, puis traversait les 45<sup>e</sup> (algérienne) et 87<sup>e</sup> (territoriale) divisions de fantassins.</p>
<p class="p1">« On avait l’impression qu’un évènement naturel horriblement magnifique se produisait, s’est souvenu Leisterer. C’était une impression phénoménale. »</p>
<p class="p1"><span class="s1">En réalité, les atroces effets furent presque instantanés. Les v</span>apeurs inhalées endommageaient ou détruisaient complètement les alvéoles pulmonaires, et elles provoquaient une décharge de <span class="s1">liquide qui entravait l’échange d’oxygène. Le chlore se mélangeait à ces fluides corporels et à la vapeur d’eau pour former de l’acide chlorhydrique qui brulait les tissus. </span></p>
<p class="p1"><span class="s1">Les victimes se noyaient, brulées de l’intérieur. Hurlant et implorant miséricorde, certains soldats français ou nord-africains lâchèrent leurs armes et s’enfuirent, ne faisant que prolonger leur souffrance en courant dans la direction du vent; d’autres se tordaient par terre à l’agonie, s’étouffant et vomissant une substance visqueuse verdâtre. </span></p>
<p class="p1"><span class="s1">« On ne voyait que le blanc de leurs yeux, a décrit McNaughton, alors qu’une brèche de six kilomètres s’ouvrait dans la ligne de l’Entente. Ils crachaient littéralement leurs poumons. » </span></p>
<p class="p1"><span class="s1">Neuf artilleurs canadiens qui étaient dans le secteur algérien furent tués, lentement et atrocement, par l’épouvantable nuage. </span></p>
<p class="p1"><span class="s1">Non loin de là, des bataillons canadiens entiers n’eurent que quelques minutes pour se préparer à leur propre dose, bien que le gaz se fut progressivement dissipé à ce stade, épargnant la plupart d’entre eux de ses effets les plus meurtriers. Malgré cela, ils se frottaient encore leurs yeux irrités quand des figures floues, mais caractéristiques, apparurent à l’horizon. Les Allemands arrivaient. </span></p>
<p class="p1"><span class="s1">Et c’était à la 1re Division canadienne de les arrêter.</span></p>
<div class="caption_img">
        <a href="https://legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2025/07/2M3NTNN2.jpg"><img loading="lazy" decoding="async" class="wp-image-6659 size-full" src="https://legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2025/07/2M3NTNN2.jpg" alt="" width="800" height="1227" srcset="https://legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2025/07/2M3NTNN2.jpg 800w, https://legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2025/07/2M3NTNN2-196x300.jpg 196w, https://legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2025/07/2M3NTNN2-668x1024.jpg 668w, https://legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2025/07/2M3NTNN2-768x1178.jpg 768w" sizes="(max-width: 800px) 100vw, 800px" /></a>
        <div class="caption">
            <span></span>
            
        <div class="credit">
            <span>Chronicle/Alamy/2M3NTNN</span>
        </div>

        </div>
        
    </div>
<p class="p3"><span class="s1"><b>L’ennemi fut</b> reçu avec courage, à la déception des Allemands qui s’attendaient à ce que le saillant d’Ypres leur tombe facilement entre les mains après le recours à leur arme pas si secrète que cela. </span></p>
<p class="p1">Les Canadiens, ainsi que les survivants algériens, continuèrent à se battre.</p>
<p class="p1">Parmi ceux qui se trouvaient dans la ligne de feu, il y avait les hommes du 13e Bataillon (Royal Highlanders of Canada) qui déplacèrent rapidement leur axe défensif pour tenir la brèche béante dans leur flanc. Mis à part quelques positions envahies et bien qu’en infériorité numérique, les troupes tinrent bon.</p>
<p class="p1"><span class="s1">Au quartier général de la 3<sup>e</sup> Brigade d’infanterie, le brigadier-général Turner, de plus en plus désorienté, avait du mal à maintenir l’ordre. Ce détenteur de la VC se révéla être la mauvaise personne pour la situation. Les ordres de son QG, qui était également sous le feu, fluctuaient entre la panique et la confusion, en complet déca-lage avec ce qui se passait sur le terrain. Malheureusement, ce sont les troupes engagées au front qui pâtirent le plus de ces manquements.<span class="Apple-converted-space">   </span></span></p>
<p class="p1"><span class="s1">Ces mêmes soldats, toujours incommodés par le gaz, comprirent qu’ils devaient moins compter sur les instructions au niveau de la brigade que sur les hommes qu’ils coudoyaient. Les Canadiens, qui se battaient dans des poches souvent isolées et à l’issue sans espoir, peinèrent à freiner l’afflux d’ennemis. </span></p>
<p class="p1"><span class="s1">Dans des conditions aussi désastreuses surgissait l’héroïsme de certains soldats, que ce courage brille ou soit passé inaperçu. Fred Fisher, par exemple, un caporal-chef de 19 ans. Ce mitrailleur du 14e bataillon balayait les rangs allemands de balles depuis le début de l’attaque. Lorsque ses camarades d’arme furent tous tués, ce natif de St. Catharines, en Ontario, refusa de battre en retraite. Fisher gagna ainsi du temps pour que l’artillerie canadienne se retire jusqu’à des positions plus sures. </span></p>
<p class="p1"><span class="s1">Il fut tué par la suite dans la bataille, et son corps n’a jamais été récupéré. La Croix de Victoria lui fut décernée; la première de la guerre remise à un Canadien. Trois autres VC furent remises à des Canadiens pour leurs efforts lors de la deuxième bataille d’Ypres. Bien que chaque récipiendaire l’eût méritée, de nombreux autres actes de courage passèrent inaperçus, et ne furent donc ni notés ni récompensés. </span></p>
<p class="p1"><span class="s1">Il y eut encore, hélas, des percées allemandes, notamment au Bois des cuisiniers, où les forces ennemies saisirent plusieurs canons britanniques. Pendant la nuit du 22 au 23 avril, à minuit, les 10<sup>e</sup> et 16<sup>e</sup> bataillons contrattaquèrent lors d’une offensive audacieuse, mais inefficace.</span></p>
<p class="p1">S’avançant dans l’obscurité, les 1 600 hommes tombèrent<br />
inopinément sur une clôture<br />
<span class="s1">visible du point fort qui était leur objectif. Les hommes escaladèrent l’obstacle, mais pas sans alerter les occupants allemands.</span></p>
<p class="p1"><span class="s1">Des fusées éclairantes, puis des éclairs de bouche de canon, firent lumière sur les soldats canadiens à découvert. Endurant une rafale de balles d’armes légères, les deux bataillons menèrent une charge à la baïonnette, subissant d’horribles pertes avant d’atteindre la forêt. Les survivants firent peu de prisonniers, mais ils reprirent quatre pièces d’artillerie britanniques. Le bain de sang qu’était la défense canadienne du Bois des cuisiniers continua. </span></p>
<p class="p1"><span class="s1">Une autre scène d’anéantissement eut lieu au sommet de la crête de Mauser, une position tenue par les Allemands qui surplombait l’ensemble du champ de bataille. Les 1<sup>er</sup> et 4<sup>e</sup> bataillons du brigadier-général Mercer furent chargés de les déloger. Cependant, l’appui des Français ne s’étant pas matérialisé, l’assaut du 23 avril à 6 heures du matin sombra dans le chaos, car les troupes canadiennes devaient couvrir environ 1 500 mètres en plein jour.</span></p>
<p class="p1"><span class="s1">« Devant moi, je vois des hommes courir, raconta le soldat George Bell du 1<sup>er</sup> Bataillon. Soudain, leurs jambes se plient et ils tombent à terre. Voici un corps dont la tête a été arrachée. Je saute par-dessus. Voici un pauvre diable sans jambes, mais toujours en vie. » L’attaque vouée à l’échec fit plus de 900 victimes. </span></p>
<p class="p1"><span class="s1">Outre les erreurs de jugement du commandement, l’infanterie canadienne devait encore se débrouiller avec l’inefficace fusil Ross, une arme qui risquait de s’enrayer au moment le moins opportun; généralement après un tir rapide dans le feu de l’action. Il n’était pas rare que les soldats se débarrassent de ces fusils et les remplacent par des Lee Enfield britanniques ou même des Mausers allemands lorsque c’était possible. La plupart n’avaient pas cette chance : il ne leur restait qu’à espérer que leur principale source de protection tienne le coup. </span></p>
<p class="p1"><span class="s1">À la tombée de la nuit du 23 avril, tous les soldats de l’Entente – et les Canadiens en particulier – tenaient le coup. Il y avait eu des gains et des pertes, des victoires et des défaites tactiques, mais Ypres demeurait pour lors entre des mains amies. Les renforts britanniques ayant comblé les trous dans la ligne, tout </span></p>
<p class="p1"><span class="s1">n’était pas encore perdu. Même les prisonniers allemands se sentaient obligés d’exprimer du respect pour leurs adversaires, dont un qui fit remarquer par la suite à ses ravisseurs canadiens : « Vous vous battez comme des fous. » </span></p>
<p class="p3"><b>Fort de ses connaissances</b> en chimie, le lieutenant-colonel Nasmith, bien que souffrant encore de l’attaque au gaz du 22 trouva un autre moyen de se battre.</p>
<p class="p1">Avoir subi ce nuage toxique avait eu un bon côté, ne serait-ce que d’un point de vue purement scientifique, car il était alors enclin à croire que le chlore avait été mélangé à une autre substance irritante, « peut-être du brome ».</p>
<p class="p1">À travers la toux et les bavures, Nasmith rapporta ses conclusions aux responsables alliés, étant ainsi la première personne à identifier officiellement les composés chimiques du gaz.</p>
<p class="p1">Il ne serait pas le dernier à acquérir de telles connaissances après une expérience personnelle.</p>
<p class="p1">Le 24 avril, à 4 heures du matin environ, les Allemands lancèrent une deuxième attaque au gaz sur les lignes canadiennes, principalement dirigée sur les 8<sup>e </sup>et 15<sup>e</sup> bataillons. Le nuage mortel était plus petit, mais plus dense. Toutefois, on l’attendait, cette fois.</p>
<p class="p1">Les Canadiens avec une formation scientifique avaient remarqué deux jours plus tôt que des boutons en laiton avaient verdi, et que du chlore avait pu causer cette décoloration. Les soldats habitués à l’odeur de l’eau chlorée qu’ils utilisaient pour faire du thé avaient aussi su identifier la substance. Conjointement, ces deux intuitions incitèrent les hommes à improviser des respirateurs, généralement un chiffon ou un mouchoir imbibé d’urine riche en ammoniac pour neutraliser l’acide chlorhydrique. Quiconque n’était pas préparé ou ne voulait pas accomplir un acte d’autopréservation aussi désagréable risquait une mort atroce.</p>
<div class="caption_img">
        <a href="https://legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2025/07/2M3JNXN1.jpg"><img loading="lazy" decoding="async" class="wp-image-6658 size-full" src="https://legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2025/07/2M3JNXN1.jpg" alt="" width="800" height="1546" srcset="https://legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2025/07/2M3JNXN1.jpg 800w, https://legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2025/07/2M3JNXN1-155x300.jpg 155w, https://legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2025/07/2M3JNXN1-530x1024.jpg 530w, https://legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2025/07/2M3JNXN1-768x1484.jpg 768w, https://legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2025/07/2M3JNXN1-795x1536.jpg 795w" sizes="(max-width: 800px) 100vw, 800px" /></a>
        <div class="caption">
            <span></span>
            
        <div class="credit">
            <span>Chronicle/Alamy/2M3JNXN</span>
        </div>

        </div>
        
    </div>
<p class="p1"><span class="s1">Cette solution rudimentaire maintint en vie à la plupart des victimes, mais pas toutes. De nombreux survivants furent rongés par des problèmes de santé à vie, vie qui fut raccourcie. Plus pressante était la horde allemande qui s’avançait à nouveau vers les défenseurs battus et meurtris. </span></p>
<p class="p1"><span class="s1">Les formations canadiennes de tout le saillant offraient une résistance robuste, garantissant que l’ennemi payait pour chaque pouce de terrain. Pourtant, lentement, progressivement, le poids de l’opposition allemande devint écrasant alors que certaines troupes gazées commençaient à céder. </span></p>
<p class="p1"><span class="s1">Les communications étaient rompues, ainsi qu’une grande partie de la structure du commandement. Et bien qu’il restât des fortifications, les barrières s’effondraient devant les Allemands. </span></p>
<p class="p1"><span class="s1">La situation ne fut pas aidée par le brigadier-général Turner, qui, dans son état d’épuisement au combat, interpréta mal les ordres divisionnaires et fit se replier ses hommes pendant une lutte acharnée. Incapables de décrocher du combat pendant leur retrait, les Canadiens furent plongés dans un maelstrom et harcelés davantage dans leurs nouvelles positions, encore plus faibles. </span></p>
<p class="p1"><span class="s1">Mais pour chaque sottise, il y avait de l’héroïsme. Le lieutenant Edward Bellew, officier mitrailleur du 7<sup>e</sup> Bataillon (1st British Columbia), joua un rôle vital lors des combats en retraite. Un de ses camarades et lui, faisant fi de ses propres blessures, tirèrent sur les forces allemandes jusqu’à ce que son chargeur soit cesse de marcher et qu’il soit à court de munitions. Bellew détruisit ensuite l’arme déchargée, récupéra un fusil avec une baïonnette fixée et chargea l’ennemi, survivant d’une manière ou d’une autre, et finit par être capturé. La Croix de Victoria lui fut décernée.</span></p>
<p class="p1"><span class="s1">Comme une rangée de dominos tombant un après l’autre, le repli de la 3<sup>e</sup> brigade fit pression sur la 2<sup>e</sup> brigade du lieutenant-colonel Currie, ce qui incita son commandant à prendre la décision controversée de laisser ses hommes pour aller demander de l’aide </span>aux Britanniques en personne. Il brilla pendant la guerre, mais sa décision du 24 avril est encore vivement débattue.</p>
<p class="p1"><span class="s1">Les pertes subies ce jour-là furent </span>sans aucun doute extraordinairement lourdes : on les estime à 3 058 en 24 heures seulement.</p>
<p class="p1">Or, la bataille n’était pas<br />
encore terminée.</p>
<p class="p3"><span class="s1"><b>L’endurance avait </b>été poussée au-delà des limites humaines le 25 avril alors que les Canadiens, debout depuis plusieurs jours, continuaient de résister aux assauts. Les renforts alliés relevaient cependant les bataillons un à un. </span></p>
<p class="p1"><span class="s1">Tachés de sang et en proie à des quintes de toux, les hommes quittèrent un champ de bataille qui, lui, ne les quitterait jamais vraiment : la deuxième bataille d’Ypres, comme celles de la Somme, de la crête de Vimy et de Passendale, resterait dans la conscience collective de tout un pays comme un </span><span class="s1">symbole du courage canadien. Ces hommes avaient tenu ferme, avec force sacrifices, pour un saillant loin de chez eux. </span></p>
<blockquote>
<p class="p1">Quiconque n’était pas préparé ou ne voulait pas accomplir un acte d’autopréservation aussi désagréable risquait une mort atroce.</p>
</blockquote>
<p class="p1"><span class="s1">« Lorsque les habitants des petits villages que nous avons traversés voyaient écrit “Canadian” sur notre voiture, s’est souvenu le lieutenant-colonel Nasmith, ils se donnaient de petits coups de coude et répétaient le mot “Canadian”. C’est ce nom qui était dans la bouche de tout le monde à l’époque, car il était alors de notoriété publique que la division canadienne s’était jetée dans la brèche et avait endigué la poussée </span>des Allemands vers Calais. »</p>
<p class="p1">Le prix payé par les Canadiens avait été de 6 036 morts, blessés ou prisonniers.</p>
<div class="caption_img">
        <a href="https://legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2025/07/19710261-0332.jpg"><img loading="lazy" decoding="async" class="wp-image-6657 size-full" src="https://legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2025/07/19710261-0332.jpg" alt="" width="800" height="1021" srcset="https://legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2025/07/19710261-0332.jpg 800w, https://legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2025/07/19710261-0332-235x300.jpg 235w, https://legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2025/07/19710261-0332-768x980.jpg 768w" sizes="(max-width: 800px) 100vw, 800px" /></a>
        <div class="caption">
            <span>L&#8217;artiste Eric Kennington représente un soldat aveuglé qui se remet des effets du gaz moutarde. La première évolution des masques à gaz de 1915.</span>
            
        <div class="credit">
            <span>Eric Kennington/CWM/19710261-0332</span>
        </div>

        </div>
        
    </div>
<p class="p1">Les survivants avaient laissé des amis, des camarades et des parties d’eux-mêmes qu’ils ne purent jamais récupérer. Pour John Armstrong de la 3<sup>e</sup> Artillerie canadienne de campagne, les horreurs dont il avait été témoin été furent résumées par un cheval blessé qui passait « avec juste la partie inférieure du corps d’un homme en selle. Au-dessus de la taille, il n’y avait rien. »</p>
<p class="p1"><span class="s1">D’autres horreurs s’annonçaient avant la fin de la bataille le 25 mai 1915, date à laquelle de nombreux combats séparés firent des ravages dans les forces de l’Entente. Pour le Princess Patricia’s Canadian Light Infantry, la bataille de ce mois-là à Frezenberg fut un affrontement </span><span class="s2">particulièrement déchirant lorsqu’il fut presque anéanti en défendant le saillant d’Ypres. Néanmoins, à l’instar des anciens combattants canadiens de la lutte d’avril, il tint également avec grand mérite. </span></p>
<p class="p1"><span class="s1">La pression incessante exercée sur le personnel médical canadien était une bataille en soi. Bien que les gaz toxiques eussent présenté des difficultés particulières, les blessures par balle ou par éclat d’obus classiques étaient beaucoup plus fréquentes dans les postes de secours situés derrière la ligne de front.</span></p>
<p class="p1"><span class="s1">« Il y avait des blessures graves : des jambes et des bras écrasés, des entailles à la tête », écrivit le capitaine Scrimger, le médecin militaire qui accompagnait George Nasmith avant la première attaque au gaz et qui, pendant le reste de la bataille, soigna des centaines de patients sans se reposer. Le 24 avril, ayant appris que des centaines de personnes mouraient aux positions avancées, le médecin s’y rendit. </span></p>
<p class="p1"><span class="s1">Scrimger sauva des vies jusqu’au lendemain, travaillant sous le feu des projectiles jusqu’à ce que sa position devienne intenable et qu’il ne reste plus qu’à évacuer les blessés. Un capitaine blessé ne pouvant pas être transporté, Scrimger resta près de lui malgré les tirs d’artillerie qui se rapprochaient et qui mirent le feu au bâtiment. Le menu médecin militaire porta le soldat entre des patrouilles ennemies jusqu’à un autre poste de secours relativement sûr. La VC souligna plus tarda sa vaillance. </span></p>
<p class="p1"><span class="s1">Le courage prit de nombreuses formes lors de la deuxième bataille d’Ypres parmi les soldats dans les tranchées, les artilleurs et les brancardiers sur le terrain. Des erreurs furent commises, mais presque tous les Canadiens gardèrent la tête haute lors de leur premier grand combat de la guerre. </span></p>
<p class="p1"><span class="s1">Chaque soldat trouva un moyen de gérer ce qu’il avait vécu. Pour le lieutenant-colonel John McCrae, qui pleurait la perte d’un ami, ce fut en écrivant un poème qui allait bientôt devenir célèbre. </span></p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Une vie de service</title>
		<link>https://legionmagazine.com/fr/2025/07/une-vie-de-service-2/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[admin]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 22 Jul 2025 14:01:23 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Articles principaux]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://legionmagazine.com/fr/?p=6647</guid>

					<description><![CDATA[À Toronto, un vétéran de la guerre de Corée se souvient ]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<div class="caption_img">
        <a href="https://legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2025/07/241111-1740a-copy.jpg"><img loading="lazy" decoding="async" class="wp-image-6648 size-full" src="https://legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2025/07/241111-1740a-copy.jpg" alt="" width="800" height="734" srcset="https://legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2025/07/241111-1740a-copy.jpg 800w, https://legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2025/07/241111-1740a-copy-300x275.jpg 300w, https://legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2025/07/241111-1740a-copy-768x705.jpg 768w" sizes="(max-width: 800px) 100vw, 800px" /></a>
        <div class="caption">
            <span>Chris Snider d’Oakville, Ont., était sous-lieutenant quand il commandait le 8e Peloton de la compagnie « C » du 3e Bataillon du Princess Patricia’s Canadian Light Infantry. La Croix militaire lui fut décernée pour avoir dirigé une patrouille de 10 hommes deux fois sous les attaques au mortier en territoire infesté d’ennemis.</span>
            
        <div class="credit">
            <span>LM</span>
        </div>

        </div>
        
    </div>
<p class="p1"><span class="s1"><b>Le sous-lieutenant </b>Chris Snider, 21 ans, commandait le 8<sup>e</sup> Peloton de la compagnie « C » du 3<sup>e</sup> Bataillon du Princess Patricia’s Canadian Light Infantry lorsque sa patrouille de 10 hommes fut prise sous les tirs de mortiers chinois installés<br />
dans les collines d’en face.</span></p>
<p class="p2"><span class="s1">C’était la nuit du 25 avril 1953, et Snider avait détecté des troupes ennemies s’approchant d’eux dans la zone neutre qui formait la frontière entre les Corée.</span></p>
<p class="p2"><span class="s1">La guerre durait alors depuis près de trois ans. Snider, un volon-taire de l’armée canadienne né aux États-Unis qui avait grandi à Oakville, en Ontario, s’était habitué au sifflement des balles de carabine et de mitrailleuse près de lui, ainsi qu’à la pluie aléatoire des obus.</span></p>
<p class="p2"><span class="s2">La patrouille était accroupie entre les bermes d’une rizière. Le reste du bataillon était loin derrière. Les batteries d’artillerie encore plus.</span></p>
<p class="p2"><span class="s2">« Avec beaucoup de sang-froid, cet officier a continué d’observer les mouvements de l’ennemi et a dirigé des tirs d’artillerie très précis sur le corps principal de vingt à trente soldats ennemis », est-il dit dans la citation de la Croix militaire que Snider a plus tard reçue.</span></p>
<div class="caption_img">
        <a href="https://legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2025/07/241111-145a-copy.jpg"><img loading="lazy" decoding="async" class="wp-image-6649 size-full" src="https://legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2025/07/241111-145a-copy.jpg" alt="" width="800" height="533" srcset="https://legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2025/07/241111-145a-copy.jpg 800w, https://legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2025/07/241111-145a-copy-300x200.jpg 300w, https://legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2025/07/241111-145a-copy-768x512.jpg 768w" sizes="(max-width: 800px) 100vw, 800px" /></a>
        <div class="caption">
            <span>D’anciens avions-écoles appartenant à la Canadian Harvard Aircraft Association de Tillsonburg, Ont., ont effectué plusieurs défilés aériens au centre Sunnybrook pour anciens combattants lors de la cérémonie du jour du Souvenir. À la tête du défilé du centre Sunnybrook se trouvaient les cornemuseurs du 400e Escadron tactique d’hélicoptères de l’ARC. Des membres de leur famille, des amis et des membres du personnel du Sunnybrook ont longé la voie piétonne jusqu’au cénotaphe du campus, applaudissant les anciens combattants alors qu’ils se rendaient à la cérémonie réglée à l’extérieur.</span>
            
        <div class="credit">
            <span>LM</span>
        </div>

        </div>
        
    </div>
<p class="p2"><span class="s2">Les Chinois continuèrent d’avancer jusqu’à ce que des obus de 25 livres de l’artillerie de la coalition, tirés à plus de deux kilomètres en arrière, tombent à moins de 22 mètres de la position de Snider. C’est là que l’ennemi rebroussa chemin.</span></p>
<p class="p2"><span class="s1">« Ce n’est vraiment pas passé loin, a reconnu Snider, mais nous étions habitués. »</span></p>
<p class="p2"><span class="s1">Pendant ce temps, le feu de mortiers chinois affluait, gagnant même en volume.</span></p>
<p class="p2"><span class="s1">« Sans égard pour sa propre sécurité, le lieutenant Snider s’est déplacé dans toute sa zone de patrouille pour vérifier la sécurité de ses hommes et les rassurer, est-il écrit dans la citation. Lorsque le feu de mortiers s’est calmé, il a choisi un homme pour fouiller la zone à la recherche de morts ou de blessés ennemis avec lui. »</span></p>
<p class="p2"><span class="s2">Ils n’ont trouvé que des bandages ensanglantés, nous a expliqué Snider, désormais âgé de 92 ans, après les cérémonies du jour du Souvenir au centre pour anciens combattants Sunnybrook de Toronto. Ils retournèrent à la position de leur patrouille et se replièrent.</span></p>
<p class="p2">« Grâce à l’action courageuse de cet officier, il n’y a eu aucune victime dans la patrouille en attente et l’ennemi n’a pas pu atteindre son objectif. »</p>
<blockquote>
<p class="p1"><b>« Avec beaucoup de sang-froid, cet officier a continué d’observer les mouvements de l’ennemi et a </b><span class="s1"><b>dirigé des tirs d’artillerie très précis sur le corps principal de vingt à trente soldats ennemis</b></span><b>. »</b></p>
</blockquote>
<p class="p1"><span class="s1"><b>Désormais depuis longtemps </b>à la retraite, et président du conseil des anciens combattants de Sunnybrook, Snider a confié aux gens qui assistaient au service au cénotaphe et à la cérémonie </span></p>
<p class="p1"><span class="s1">de dépôt de couronnes de l’établissement que le 11 novembre avait suscité chez lui beaucoup d’émotions et de « souvenirs d’amis perdus ».</span></p>
<p class="p2"><span class="s1">Selon lui, le cénotaphe de Sunnybrook nouvellement dédié sert à « nous rappeler tous ceux qui ont perdu la vie au service du Canada ».</span></p>
<p class="p2"><span class="s2">« La responsabilité nous incombe de ne jamais oublier le service, ancien ou actuel, des soldats, marins, aviateurs et marins marchands canadiens. »</span></p>
<p><a href="https://legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2025/07/241111-512a-copy.jpg"><img loading="lazy" decoding="async" class="alignnone wp-image-6650 size-full" src="https://legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2025/07/241111-512a-copy.jpg" alt="" width="800" height="800" srcset="https://legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2025/07/241111-512a-copy.jpg 800w, https://legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2025/07/241111-512a-copy-300x300.jpg 300w, https://legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2025/07/241111-512a-copy-150x150.jpg 150w, https://legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2025/07/241111-512a-copy-768x768.jpg 768w, https://legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2025/07/241111-512a-copy-600x600.jpg 600w, https://legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2025/07/241111-512a-copy-400x400.jpg 400w" sizes="(max-width: 800px) 100vw, 800px" /></a></p>
<p><a href="https://legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2025/07/241111-1053a-copy.jpg"><img loading="lazy" decoding="async" class="alignnone wp-image-6651 size-full" src="https://legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2025/07/241111-1053a-copy.jpg" alt="" width="800" height="533" srcset="https://legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2025/07/241111-1053a-copy.jpg 800w, https://legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2025/07/241111-1053a-copy-300x200.jpg 300w, https://legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2025/07/241111-1053a-copy-768x512.jpg 768w" sizes="(max-width: 800px) 100vw, 800px" /></a></p>
<div class="caption_img">
        <a href="https://legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2025/07/241111-199a-copy.jpg"><img loading="lazy" decoding="async" class="wp-image-6652 size-full" src="https://legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2025/07/241111-199a-copy.jpg" alt="" width="800" height="1126" srcset="https://legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2025/07/241111-199a-copy.jpg 800w, https://legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2025/07/241111-199a-copy-213x300.jpg 213w, https://legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2025/07/241111-199a-copy-728x1024.jpg 728w, https://legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2025/07/241111-199a-copy-768x1081.jpg 768w" sizes="(max-width: 800px) 100vw, 800px" /></a>
        <div class="caption">
            <span>Plus de 1 000 résidents, membres de leur famille et membres du personnel du centre Sunnybrook pour anciens combattants de Toronto se sont rendus aux cérémonies du jour du Souvenir. </span>
            
        <div class="credit">
            <span>LM</span>
        </div>

        </div>
        
    </div>
<p class="p2"><span class="s2">Sunnybrook a ouvert ses portes en 1946. C’était alors un hôpital pour le personnel militaire canadien revenant de la Seconde Guerre mondiale. Ce centre pour anciens combattants, qui fait partie du vaste centre des sciences de la santé du même nom de 400 hecta-res, accueille un peu moins de 200 résidents, dont plus de 50 anciens combattants de la Seconde Guerre mondiale au moins centenaires.</span></p>
<p class="p2"><span class="s2">Chaque jour du Souvenir, les résidents, leurs familles et le personnel assistent à une cérémonie privée à l’intérieur, puis ils se rassemblent dehors, sur le boulevard Raab (nommé en l’honneur des donateurs et bénévoles Alexandre et Jeannine Raab) pour un défilé jusqu’au cénotaphe, où ils passent sous les applaudissements du personnel et des autres personnes qui se pressent le long de la passerelle menant au parc de l’hôpital Sunnybrook.</span></p>
<p class="p2"><span class="s2">Au programme de la cérémonie de 2024 figurait la chanson « Blowin’ In The Wind » de Bob Dylan, interprétée par des élèves de la John Wanless Junior Public School, ainsi que le dépôt de couronnes par des membres du 400<sup>e</sup> Escadron tactique d’hélicoptères de l’Aviation royale canadienne et des étudiants du Upper Canada College.</span></p>
<blockquote>
<p class="p1"><b>« </b><span class="s1"><b>La responsabilité nous incombe de ne jamais oublier le service</b></span><b>, ancien ou actuel, des soldats, marins, aviateurs et marins marchands canadiens. »</b></p>
</blockquote>
<p class="p1"><span class="s1"><b>Sur la </b>péninsule coréenne, d’autres d’exploits allaient avoir lieu avant que Snider ne reçoive la Croix militaire.</span></p>
<p class="p2"><span class="s2">Huit semaines après ses actes du mois d’avril, le 13 juin 1953, Snider prit un nouveau risque en se précipitant devant sa patrouille pour sauver à lui seul trois soldats immobilisés par une attaque aux mortiers alors qu’une patrouille chinoise s’approchait.</span></p>
<p class="p2"><span class="s2">« Nous avions rencontré un nombre d’ennemis plus grand que prévu, se souvient Snider. Nous étions une dizaine, si je me souviens bien. Ils étaient entre 20 et 25. Ils auraient été chinois à ce stade-là, </span><span class="s1">mais certains auraient pu être nord-coréens. C’est difficile à dire. »</span></p>
<p class="p1"><span class="s1">Avec des obus tombant autour d’eux et entre eux, et au risque d’être envahis par une force ennemie supérieure, « pas sans combattre », nous a-t-il assuré, il a demandé une autre frappe d’artillerie.</span></p>
<p><a href="https://legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2025/07/241111-803a-copy.jpg"><img loading="lazy" decoding="async" class="alignnone wp-image-6653 size-full" src="https://legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2025/07/241111-803a-copy.jpg" alt="" width="800" height="533" srcset="https://legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2025/07/241111-803a-copy.jpg 800w, https://legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2025/07/241111-803a-copy-300x200.jpg 300w, https://legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2025/07/241111-803a-copy-768x512.jpg 768w" sizes="(max-width: 800px) 100vw, 800px" /></a></p>
<p><a href="https://legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2025/07/241111-2781a-copy.jpg"><img loading="lazy" decoding="async" class="alignnone wp-image-6654 size-full" src="https://legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2025/07/241111-2781a-copy.jpg" alt="" width="800" height="1116" srcset="https://legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2025/07/241111-2781a-copy.jpg 800w, https://legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2025/07/241111-2781a-copy-215x300.jpg 215w, https://legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2025/07/241111-2781a-copy-734x1024.jpg 734w, https://legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2025/07/241111-2781a-copy-768x1071.jpg 768w" sizes="(max-width: 800px) 100vw, 800px" /></a></p>
<div class="caption_img">
        <a href="https://legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2025/07/241111-2751a-copy.jpg"><img loading="lazy" decoding="async" class="wp-image-6655 size-full" src="https://legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2025/07/241111-2751a-copy.jpg" alt="" width="800" height="1141" srcset="https://legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2025/07/241111-2751a-copy.jpg 800w, https://legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2025/07/241111-2751a-copy-210x300.jpg 210w, https://legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2025/07/241111-2751a-copy-718x1024.jpg 718w, https://legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2025/07/241111-2751a-copy-768x1095.jpg 768w" sizes="(max-width: 800px) 100vw, 800px" /></a>
        <div class="caption">
            <span>Des élèves de l’Upper Canada College ont déposé des couronnes à la cérémonie réglée au cénotaphe du Sunnybrook Health Sciences Centre de Toronto (ci-dessus). Ed Marshall, membre du 1er bataillon canadien de parachutistes lors de la Seconde Guerre mondiale, a recueilli 105 000 $ pour le Toronto Sick Kids Hospital, en sautant d’un avion à l’âge de 100 ans, le 12 juillet 2024. Il est accompagné à l’occasion du jour du Souvenir au centre Sunnybrook pour anciens combattants par sa ludothérapeute, Jacqueline Chelsky (en regard à gauche). La résidente du Sunnybrook Valentina Belianskaia, âgée de 102 ans, a servi dans les forces soviétiques pendant la Deuxième Guerre mondiale. Elle a rendu l’âme le 15 novembre (en regard à droite).</span>
            
        <div class="credit">
            <span>LM</span>
        </div>

        </div>
        
    </div>
<p class="p1"><span class="s1">« Il s’est exposé à plusieurs reprises pour tenter d’attirer les tirs d’armes légères de l’ennemi et a personnellement fouillé la zone présumée de l’ennemi, est-il écrit dans sa citation qui couvrait les deux actions. L’ennemi a été observé en train de regagner ses propres lignes, et il a dirigé des tirs d’artillerie et de mortier sur eux. »</span></p>
<p class="p1"><span class="s1">« La maitrise rapide, efficace et offensive de toutes les situations par cet officier a mené à l’absence de victimes et à la perpétuation de la domination de la zone neutre. Le lieutenant Snider a agi en tout temps selon les normes les plus élevées de l’infanterie et a été source d’inspiration pour ses hommes. »</span></p>
<p class="p1"><span class="s2">Après la Corée, Snider passa en revue les options qui s’offraient à lui. Il pouvait reprendre son travail de préposé dans une station-service Shell au Canada ou continuer de gravir les échelons d’officier dans l’armée canadienne. Le choix fut facile.</span></p>
<p class="p1"><span class="s2">Membre du Patricia jusqu’au bout, il servit à Chypre, en Allemagne de l’Ouest, en Angleterre et au Pakistan, et il fut le dernier attaché militaire de l’ambassadeur du Canada en Afghanistan avant l’invasion des Soviétiques de 1979.</span></p>
<p class="p1">Il a servi pendant 36 ans et a pris sa retraite, en 1987, avec le grade de brigadier-général.</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
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		<title>Le massacre de Schenectady</title>
		<link>https://legionmagazine.com/fr/2025/07/le-massacre-de-schenectady/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[admin]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 18 Jul 2025 19:18:10 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Articles principaux]]></category>
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					<description><![CDATA[En 1690, des Canadiens de la Nouvelle-France rasèrent un village de la colonie anglaise de New York]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<div class="caption_img">
        <a href="https://legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2025/07/iStock-1163335676.jpg"><img loading="lazy" decoding="async" class="wp-image-6646 size-full" src="https://legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2025/07/iStock-1163335676.jpg" alt="" width="800" height="533" srcset="https://legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2025/07/iStock-1163335676.jpg 800w, https://legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2025/07/iStock-1163335676-300x200.jpg 300w, https://legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2025/07/iStock-1163335676-768x512.jpg 768w" sizes="(max-width: 800px) 100vw, 800px" /></a>
        <div class="caption">
            <span>Un artiste représente l’attaque à Schenectady, New York </span>
            
        <div class="credit">
            <span>North Wind Picture Archive/Alamy/A64PGA</span>
        </div>

        </div>
        
    </div>
<p class="p1"><b>8 février 1690</b>, une force composée de miliciens canadiens et leurs alliés autochtones incendia Schenectady et massacra les habi<span class="s1">tants de ce village new-yorkais. Cet incident fut d’une violence peut-être inédite pendant la guerre transfrontalière entre la Nouvelle-France et les colonies anglaises des Amériques. </span></p>
<p class="p2"><span class="s1">La guerre entre l’Angleterre et la France avait éclaté en 1689. L’attaque menée par les Canadiens à Schenectady était en partie des représailles à la suite du massacre brutal de colons français par les Iroquois à Lachine cette même année. Le gouverneur combattif de la Nouvelle-France, Louis de Buade de Frontenac, avait décidé d’élargir la guerre aux colonies anglaises isolées les plus proches. Il lança donc une série d’expéditions punitives, dont une de Montréal qui ciblait la capitale de la colonie anglaise de New York, Albany, située </span><span class="s2">à environ 300 kilomètres au sud.</span></p>
<p class="p2"><span class="s1">La force, commandée par<br />
Jacques Le Moyne de Sainte-Hélène, Nicolas d’Ailleboust de Manthet et le célèbre officier de marine Pierre Le Moyne d’Iberville, se composait de 114 miliciens canadiens, de 96 Saults et Algonquins et de quelques guerriers mohawks chrétiens. Les troupes étaient expertes dans la guerre en forêt, et elles avaient fait leurs preuves dans les campagnes hivernales. Chaussées de raquettes à cause d’une épaisse couche de neige, elles cheminèrent vers le sud dans les sentiers boisés vallonnés et le froid mordant de janvier, le long de la rivière Richelieu et des lacs Champlain et George, traînant leurs provisions sur des toboggans. Ce fut un voyage ardu et une épreuve d’endurance.</span></p>
<p class="p2"><span class="s1">En cours de route, il fut déterminé qu’Albany, sur les rives de la rivière Hudson, était trop bien défendue. Sur les conseils des guerriers autochtones, les Canadiens décidèrent de lancer un raid contre l’avant-poste de Schenectady, plus petit, à environ 30 kilomètres à l’ouest d’Albany. Ils y arrivèrent au bout de 22 jours exténuants.</span></p>
<p class="p2"><span class="s1">Schenectady était une petite colonie protégée par une palissade en bois, un poste de garde et une garnison de 24 soldats du Connecticut. Malgré les rapports d’Albany qui faisaient état d’une force ennemie à proximité, l’un des portails de la palissade avait été laissé ouvert, en partie coincé dans le gros manteau de neige. Il n’y avait aucune sentinelle. </span></p>
<p class="p1"><span class="s1"><b>La force canadienne</b> entra dans le village à 23 heures, sans avoir été détectée. Plusieurs hommes prirent position à l’extérieur de chaque logement pendant que les habitants dormaient. Un cri de guerre terrifiant brisa soudainement le silence : c’était le signal pour que les assaillants défoncent simultanément les portes et brisent les fenêtres, tuent les résidents et mettent le feu aux bâtiments dont beaucoup étaient encore occupés par des villageois. Une brèche fut également ouverte dans le poste de garde, et les soldats qui s’y trouvaient furent massacrés. D’autres défenseurs s’enfuirent dans les bois.</span></p>
<div class="caption_img">
        <a href="https://legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2025/07/Canadiens_en_raquette_allant_en_guerre_sur_la_neige.jpg"><img loading="lazy" decoding="async" class="wp-image-6645 size-full" src="https://legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2025/07/Canadiens_en_raquette_allant_en_guerre_sur_la_neige.jpg" alt="" width="800" height="1206" srcset="https://legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2025/07/Canadiens_en_raquette_allant_en_guerre_sur_la_neige.jpg 800w, https://legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2025/07/Canadiens_en_raquette_allant_en_guerre_sur_la_neige-199x300.jpg 199w, https://legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2025/07/Canadiens_en_raquette_allant_en_guerre_sur_la_neige-679x1024.jpg 679w, https://legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2025/07/Canadiens_en_raquette_allant_en_guerre_sur_la_neige-768x1158.jpg 768w" sizes="(max-width: 800px) 100vw, 800px" /></a>
        <div class="caption">
            <span>tandis qu’un autre montre les vêtements militaires d’hiver du milicien canadien- français de l’époque </span>
            
        <div class="credit">
            <span>BAC/Wikimedia; </span>
        </div>

        </div>
        
    </div>
<p class="p2"><span class="s1">Le massacre fut terrible : deux heures de tuerie et de destruction. Soixante colons, 38 hommes, 10 femmes et 12 enfants, furent tués, pour la plupart sans arme. Parmi les morts se trouvaient 11 esclaves noirs. Environ 60 résidents, principalement des personnes âgées, des femmes et des enfants, furent épargnés tandis que d’autres s’échappèrent dans leurs vêtements de nuit et se dirigèrent à moitié gelés vers les fermes voisines ou vers Albany, certains succombant au froid en cours de route. Vingt-sept hommes et garçons furent capturés et, avec 50 chevaux chargés de butin, escortés jusqu’à Montréal. Un Canadien et un soldat </span>autochtone avaient été tués.</p>
<p class="p2">Schenectady était une ruine fumante. Pratiquement aucun bâtiment ne tenait plus debout.</p>
<p class="p2"><span class="s1">Une force de 50 miliciens d’Albany et 140 de leurs alliés mohawks poursuivirent les pillards et rattrapèrent quelques trainards non loin de Montréal, tuant six d’entre eux et en capturant 13 autres. Ces derniers furent ensuite tués par les Mohawks en représailles.</span></p>
<p class="p2"><span class="s1">« Le massacre de Schenectady constitue l’un des plus odieux chapitres du début de l’histoire américaine, a écrit Nelson Greene, historien américain. Non seulement cette atrocité a causé des souffrances et des chagrins indicibles, mais […] il a fallu dix ans pour que [Schenectady] retrouve la position </span><span class="s2">qu’elle occupait avant cette nuit tragique de sang et de feu. »</span></p>
<div class="caption_img">
        <a href="https://legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2025/07/iStock-1163335676-2.jpg"><img loading="lazy" decoding="async" class="wp-image-6644 size-full" src="https://legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2025/07/iStock-1163335676-2.jpg" alt="" width="800" height="522" srcset="https://legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2025/07/iStock-1163335676-2.jpg 800w, https://legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2025/07/iStock-1163335676-2-300x196.jpg 300w, https://legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2025/07/iStock-1163335676-2-768x501.jpg 768w" sizes="(max-width: 800px) 100vw, 800px" /></a>
        <div class="caption">
            <span>Ces citoyens fuient les envahisseurs </span>
            
        <div class="credit">
            <span>North Wind Picture Archive/Alamy/2C86A9N</span>
        </div>

        </div>
        
    </div>
]]></content:encoded>
					
		
		
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