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	<title>Mark Zuehlke &#8211; La revue Légion</title>
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		<title>Une foule inattendue</title>
		<link>https://legionmagazine.com/fr/2022/02/une-foule-inattendue/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Mark Zuehlke]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 02 Feb 2022 20:43:18 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Articles principaux]]></category>
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					<description><![CDATA[Une foule de gens à Victoria a célébré le jour du Souvenir malgré la pandémie et le temps pluvieux Le révérend Andrew Gates a posé le regard sur la grande foule qui s’était massée autour du cénotaphe sur le domaine de l’Assemblée législative de la Colombie-Britannique, à Victoria. Il bruinait par intermittence, mais le temps [&#8230;]]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<div class="caption_img">
        <a href="https://legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2022/02/CR2.jpg"><img fetchpriority="high" decoding="async" class="wp-image-5975 size-full" src="https://legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2022/02/CR2.jpg" alt="" width="800" height="600" srcset="https://legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2022/02/CR2.jpg 800w, https://legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2022/02/CR2-300x225.jpg 300w, https://legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2022/02/CR2-768x576.jpg 768w, https://legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2022/02/CR2-400x300.jpg 400w" sizes="(max-width: 800px) 100vw, 800px" /></a>
        <div class="caption">
            <span>Le révérend Andrew Gates s&#8217;adresse à l&#8217;assemblée au cénotaphe du Canadian Scottish Regiment. La Christ Church Cathedral est en arrière-plan.</span>
            
        <div class="credit">
            <span>Mark Zuehlke</span>
        </div>

        </div>
        
    </div>
<blockquote>
<p class="p1"><span class="s1"><b>Une foule de gens à Victoria a célébré le jour du Souvenir malgré la pandémie et le temps pluvieux</b></span></p>
</blockquote>
<p class="p1"><span class="s1"><b>Le révérend </b>Andrew Gates a posé le regard sur la grande foule qui s’était massée autour du cénotaphe sur le domaine de l’Assemblée législative de la Colombie-Britannique, à Victoria. Il bruinait par intermittence, mais le temps était doux et un peu venteux. On notait une certaine distanciation physique, mais avec plus de 3 000 personnes, il y avait foule.<span class="Apple-converted-space">   </span></span></p>
<p class="p2"><span class="s1">Le jour du Souvenir est un jour férié en Colombie-Britannique, donc il n’y avait que deux groupes de la petite école. En revanche, il y avait de nombreux enfants de tout âge avec leurs parents. La foule débordait du domaine, bloquait la rue Belleville et s’étendait en une large colonne le long de la rue Government entre le port et l’hôtel Fairview Empress jusqu’au quartier commercial du centre-ville.<span class="Apple-converted-space"> </span></span></p>
<p class="p2">« Nous n’avons imprimé que 200 programmes, car nous pensions qu’il n’y aurait qu’une cinquantaine de personnes tout au plus, a déclaré M. Gates devant le public. C’est merveilleux de vous voir. »</p>
<p class="p2"><span class="s1">La foule était vraiment inattendue, a convenu M. Angus Stanfield, président du fonds du coquelicot du comité du jour du Souvenir de Victoria. Les organisateurs, espérant réduire l’exposition possible du public à la COVID-19, avaient annoncé un programme restreint et demandé aux gens de regarder chez eux l’évènement diffusé sur une chaine locale.<span class="Apple-converted-space"> </span></span></p>
<blockquote>
<p class="p2"><span class="s1">« On dirait que les gens sont résolus à rendre hommage aux forces militaires après n’avoir pas pu participer aux cérémonies du Souvenir l’an dernier à cause de la pandémie. Nous respectons cela », a noté M. Stanfield.</span></p>
</blockquote>
<p class="p2"><span class="s1">Avec un taux de vaccination dans la région métropolitaine de Victoria qui oscille entre 88 et 92 %, les Victoriens paraissaient confiants du fait qu’ils pouvaient assister aux cérémonies en toute sécurité. La participation du public, que ce soit à Esquimalt, à Langford, à Sidney ou ailleurs, a effectivement dépassé les attentes. La cérémonie à la Croix du Sacrifice dans le secteur de la Commission des sépultures de guerre du Commonwealth du cimetière Ross Bay n’attire habituellement que quelques dizaines de personnes. Cette année, des centaines de spectateurs se sont présentés. Certains ont ainsi expliqué qu’ils voulaient éviter les évènements plus achalandés.</span></p>
<blockquote>
<p class="p1">« D’autres personnes plaçaient leur coquelicot sur la pierre grise, donnant ainsi l’impression qu’elle était <span class="s1">parsemée de gouttelettes rouges</span>. »</p>
</blockquote>
<div class="caption_img">
        <img decoding="async" class="size-full wp-image-5976" src="https://legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2022/02/CR3.jpg" alt="" width="800" height="600" srcset="https://legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2022/02/CR3.jpg 800w, https://legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2022/02/CR3-300x225.jpg 300w, https://legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2022/02/CR3-768x576.jpg 768w, https://legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2022/02/CR3-400x300.jpg 400w" sizes="(max-width: 800px) 100vw, 800px" />
        <div class="caption">
            <span>Des enfants déposent leur coquelicot sur le BC Afhanistan Memorial.</span>
            
        <div class="credit">
            <span>Mark Zuehlke</span>
        </div>

        </div>
        
    </div>
<p class="p1"><span class="s1">L’une des premières cérémonies a eu lieu à 9 h 45 au BC Afghanistan Memorial, derrière le palais de justice provincial et en face de la Christ Church Cathedral. Il s’agit d’un mémorial en granite avec l’image d’un soldat canadien et d’un enfant afghan se tendant la main, et sur le socle duquel sont inscrits les noms et dates de décès de militaires et de fonctionnaires canadiens morts à la guerre en Afghanistan. L’image s’inspire d’une photo du lieutenant canadien Michael McCauley prise le 13 juillet 2007 par Finbarr O’Reilly, photo-<br />
graphe de Reuters, dans le sud de l’Afghanistan.</span></p>
<p class="p1"><span class="s1">Jamie Hammond, colonel à la retraite qui a servi durant plus de 18 mois en Afghanistan et y a commandé la force d’opérations spé</span>ciales en 2002, présidait la cérémonie.</p>
<p class="p1"><span class="s1">« Cette année, le […] mémorial revêt encore plus d’importance qu’avant, a-t-il noté. Oui, l’engagement envers autrui des personnes mortes au combat […] va nous inspirer. Mais, avec le retrait d’Afghanistan des forces militaires de la coalition et le rétablissement du régime des talibans, il y a lieu de se demander : cela en valait-il la peine? »</span></p>
<p class="p1"><span class="s1">Le colonel Hammond a répondu par un « oui » retentissant. Il a souligné que 25 millions d’Afghans âgés de moins de 25 ans ont fait des études entre 2001 et 2014, que les soins médicaux ont été grandement améliorés, et qu’une « nouvelle génération de jeunes femmes est consciente de ses droits ». Il n’y a pas de retour possible aux années 1990, et les talibans le savent. « Les Canadiens ont donné une nouvelle génération à l’Afghanistan. C’est aux Afghans de décider ce qu’ils vont faire. »<span class="Apple-converted-space"> </span></span></p>
<p class="p1"><span class="s1">Ceux qui sont morts pendant la guerre « ont servi sans connaitre l’issue finale, a déclaré le colonel Hammond. Mais, ils se sont battus corps et âme parce qu’ils croyaient aux valeurs intangibles que sont le devoir et le respect d’autrui, et aux valeurs canadiennes encore plus difficiles à saisir. Voici l’étoffe des personnes héroïques : elles font ce qui s’impose même quand le chemin est dangereux et ardu, ou quand l’objectif est lointain. »</span></p>
<p class="p1"><span class="s1">M. Bing Chow faisait partie de la foule d’environ 150 personnes. Il était membre de l’Équipe provinciale de reconstruction du Canada en 2008. Il est venu par marque de respect, a-t-il expliqué, et pour que ses deux filles, Katie et Ellie, apprennent ce qu’est la guerre. « Elles sont assez grandes pour comprendre, maintenant. »<span class="Apple-converted-space"> </span></span></p>
<p class="p1"><span class="s1">Lorsque la cérémonie officielle a pris fin, M. Chow et ses filles se sont recueillis devant le monument, et il a pointé les noms du doigt. Ils ont ensuite déposé un bouquet de fleurs devant, tandis que d’autres personnes plaçaient leur coquelicot sur la pierre grise, donnant ainsi l’impression qu’elle était parsemée de gouttelettes rouges.</span></p>
<p class="p3"><span class="s1"><b>La plupart des gens</b> qui se trouvaient à l’Afghanistan Memorial ont marché sous la bruine pendant un petit quart d’heure pour se rendre au cénotaphe de l’Assemblée législative juste avant le début de la cérémonie. Elle n’a duré qu’une trentaine de minutes, moins longtemps que d’habitude, sans le défilé traditionnel qui démarre à l’Assemblée législative et passe devant une tribune faisant face au port. Mais, tous les éléments essentiels y étaient : <i>Ô Canada</i>, la <i>Dernière sonnerie</i>, le moment de silence, l’<i>Élégie</i> jouée par un cornemuseur, ainsi qu’un hymne, une prière et une bénédiction.</span></p>
<p class="p1"><span class="s1">En parlant de la grippe espagnole de 1918, le révérend Gates a dit « Ô tout puissant, cette pandémie est différente, bien qu’aussi mortelle, mais peu de choses ont finalement changé en un siècle. Nous pleurons toujours les personnes disparues […]. Même nos prières sont presque pareilles, et nous </span><span class="s1">les répétons année après année. Apprends-nous l’amour qui mettra fin à cela. »</span></p>
<p class="p1"><span class="s1">Le pasteur a alors donné ce qu’il a appelé une « bénédiction paradoxale » qui s’est conclue par l’espoir que les gens soient bénis « de la folie de croire qu’on puisse être utiles dans le monde, pour faire ce que d’autres vous disent qu’il est impossible de faire. »</span></p>
<p class="p1"><span class="s1">Seules huit couronnes ont été déposées, par Janet Austin, lieutenante-gouverneure de la Colombie-Britannique; Sheila Fynes, Mère de la Croix d’argent de la Colombie-Britannique; deux représentants des Forces canadiennes; Anthony Rawlins, Deputy Chief Major General de l’armée australienne; deux représentants politiques; et M. Stanfield, au nom de la Division de la C.-B.–Yn de la Légion royale canadienne.<span class="Apple-converted-space"> </span></span></p>
<p class="p1"><span class="s1">Sourire en coin et l’œil sur la foule inattendue, le révérend Gates a annoncé la fin du programme officiel. Ensuite, de nombreuses personnes se sont avancées pour déposer un coquelicot sur le socle du cénotaphe.</span></p>
<p class="p3"><span class="s1"><b>Bien des gens</b> sont revenus à pied vers la Christ Church Cathedral, où se trouve le<br />
cénotaphe du Canadian Scottish Regiment, à côté de la place Pioneer. Ce cénotaphe était à l’origine une croix de bois qui avait été érigée sur la crête de Vimy après la bataille. Elle a été installée sur la place en 1938, puis remplacée en 1951 par la croix de pierre actuelle; celle en bois est conservée au manège de la rue Bay. C’est là que le régiment se rassemble chaque année, le 11 novembre, après la cérémonie à l’édifice de l’Assemblée législative.</span></p>
<p class="p1"><span class="s1">L’évènement est habituellement bien annoncé, mais cette année, le régiment n’avait pas lancé d’invitation au public. Et pourtant, il était au rendez-vous. Un petit groupe du Canadian Scottish en uniforme et en kilt et d’anciens membres portant le couvre-chef du Glengarry n’ont pas tardé à arriver.<span class="Apple-converted-space"> </span></span></p>
<p class="p1"><span class="s1">Le révérend Gates, apparemment indifférent à la pluie qui tombait de plus en plus dru, a pris sa place devant le cénotaphe en tant qu’aumônier de l’association régimentaire. Un contingent réduit de l’orchestre de cornemuses et tambours du régiment a ensuite défilé de la cathédrale jusqu’au cénotaphe.</span></p>
<p class="p1"><span class="s1">Plus de 250 personnes, dont beaucoup étaient de jeunes gens en civil, se sont massées là, sous des parapluies ou faisant fi de la pluie qui trempait vêtements et têtes. Les cornemuseurs et les tambours se sont retirés après une petite cérémonie présidée par le révérend Gates. Les gens se sont alors approchés du cénotaphe pour déposer un coquelicot sur le socle.<span class="Apple-converted-space"> </span></span></p>
<p class="p1">Un homme tout de noir vêtu avec <span class="s1">masque noir assorti a traversé la rue vers l’Afghanistan Monument. Il s’est penché pour ajouter son coquelicot à ceux déjà bien alignés sur le rebord du monument sous l’inscription : « Named in remembrance are those who made the supreme sacrifice » (Nommé en souvenir de ceux qui ont fait le sacrifice suprême, NDT). Puis il s’est redressé et a longuement regardé le mémorial avant de repartir.<span class="Apple-converted-space"> </span></span></p>
<div class="caption_img">
        <img decoding="async" class="size-full wp-image-5978" src="https://legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2022/02/CR1.jpg" alt="" width="800" height="600" srcset="https://legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2022/02/CR1.jpg 800w, https://legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2022/02/CR1-300x225.jpg 300w, https://legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2022/02/CR1-768x576.jpg 768w, https://legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2022/02/CR1-400x300.jpg 400w" sizes="(max-width: 800px) 100vw, 800px" />
        <div class="caption">
            <span>M. Angus Stanfield, président du fonds du coquelicot du comité du jour du Souvenir de Victoria se recueille devant le céno-taphe situé devant l&#8217;Assemblée législative après y avoir déposé une couronne de la part de la Division de la C.-B.—Yn et de la jeunesse de la Colombie-Britannique. </span>
            
        <div class="credit">
            <span><span class="s1">Mark Zuehlke</span>
        </div>

        </div>
        
    </div>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Reprendre de la hauteur</title>
		<link>https://legionmagazine.com/fr/2021/06/reprendre-de-la-hauteur/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Mark Zuehlke]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 30 Jun 2021 15:46:28 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Articles principaux]]></category>
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					<description><![CDATA[La première attaque planifiée par les Canadiens pendant la guerre fut celle du mont Sorrel, en Belgique, en juin 1916 Vers la fin du mois de mai 1916, il devint évident que les Allemands planifiaient une attaque du côté est du saillant d’Ypres, en Belgique, où se trouvait le Corps canadien. Les hauteurs s’étendaient sur un [&#8230;]]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<h4 class="p1">La première attaque planifiée par les Canadiens pendant la guerre fut celle du mont Sorrel, en Belgique, en juin 1916</h4>
<div class="caption_img">
        <a href="https://legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2021/08/PA-000169-1.jpg"><img loading="lazy" decoding="async" class="wp-image-5747 size-full" src="https://legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2021/08/PA-000169-1.jpg" alt="" width="800" height="477" srcset="https://legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2021/08/PA-000169-1.jpg 800w, https://legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2021/08/PA-000169-1-300x179.jpg 300w, https://legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2021/08/PA-000169-1-768x458.jpg 768w" sizes="(max-width: 800px) 100vw, 800px" /></a>
        <div class="caption">
            <span>Les troupes canadiennes avancent dans un rideau de fumée pendant la bataille du mont Sorrel, en Belgique, en 1916. </span>
            
        <div class="credit">
            <span>Henry Edward Knobel/MND/BAC/3194767</span>
        </div>

        </div>
        
    </div>
<p class="p1"><span class="s1"><b>Vers la fin</b></span><span class="s2"> du mois de mai 1916, il devint évident que les Allemands planifiaient une attaque du côté est du saillant d’Ypres, en Belgique, où se trouvait le Corps canadien.</span></p>
<p class="p2"><span class="s2">Les hauteurs s’étendaient sur un peu plus de deux kilomètres, du mont Sorrel au sud en passant par les collines 61 et 62 (Tor Top [cime de la butte rocheuse, NDT]) jusqu’au bois du Sanctuaire au nord, et elles permettaient d’observer les arrières des Allemands. La crête de l’Observatoire allait d’est en ouest sur un kilomètre, du Tor Top jusqu’au milieu du saillant. Si les Allemands réussissaient à prendre ce territoire, ils pourraient dominer le saillant et obliger le Corps canadien à l’abandonner.</span></p>
<p class="p2"><span class="s2">Tel était l’enjeu que voyait l’état-major du renseignement des Canadiens et des Britanniques en étudiant les activités des Allemands.</span></p>
<p class="p2"><span class="s2">Tout au long du mois de mai, les sapeurs allemands avaient prolongé leurs tranchées de chaque côté de la butte rocheuse et en avaient creusé une autre à 50 mètres devant leur première ligne. Le Royal Flying Corps remarqua un nouveau système de tranchées dans les arrières des Allemands calqué sur les travaux des Canadiens autour du Tor Top. Une accumulation de mortiers de tranchée et d’autres canons de gros calibre indiquait qu’une attaque se préparait.</span></p>
<p class="p2"><span class="s2">Toutefois, il manquait l’habituelle adjonction de fantassins présageant une attaque, et donc aucune préparation défensive ne fut entreprise.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p class="p1"><span class="s2"><b>Le fait que</b> le lieutenant-général Edwin Alderson avait été renvoyé en mai à la suite de la défaite du mois d’avril aux cratères de Saint-Éloi n’arrangeait pas les choses. Il avait été remplacé par le lieutenant-général Julian Byng.</span></p>
<p class="p2"><span class="s2">« Pourquoi m’envoie-t-on aux Canadiens? écrivit Byng. Je ne connais pas de Canadiens. À quoi cela rime-t-il? » Byng allait finir par commander avec sérénité; toutefois, il était encore en train de prendre ses marques fin mai et début juin.</span></p>
<div class="caption_img">
        <a href="https://legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2021/08/PA-004394.jpg"><img loading="lazy" decoding="async" class="wp-image-5743 size-full" src="https://legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2021/08/PA-004394.jpg" alt="" width="800" height="581" srcset="https://legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2021/08/PA-004394.jpg 800w, https://legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2021/08/PA-004394-300x218.jpg 300w, https://legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2021/08/PA-004394-768x558.jpg 768w" sizes="(max-width: 800px) 100vw, 800px" /></a>
        <div class="caption">
            <span>La bataille du mont Sorrel eut lieu deux mois après les revers subis pendant les combats des cratères de Saint-Éloi. </span>
            
        <div class="credit">
            <span>Heinrich Hoffman/MDN/BAC/3329062</span>
        </div>

        </div>
        
    </div>
<p class="p2"><span class="s2">Les Canadiens faisaient face à deux divisions du XIII<sup>e</sup> Corps allemand. Les soldats venaient du royaume de Würtemberg, état indépendant qui avait rejoint l’empire allemand après la guerre franco-allemande de 1870-1871. Au bout de six semaines de préparations dissimulées, l’artillerie des Allemands cessa le feu pendant sept heures dans la nuit du 1<sup>er</sup> au 2 juin afin de ne pas nuire aux détachements occupés à couper les barbelés. Ensuite, les canons reprirent leur activité coutumière.</span></p>
<p class="p2"><span class="s2">Le 2 juin à 6 h, le major-général Malcolm Mercer et le brigadier Victor Williams de la 3<sup>e</sup> Division faisaient le tour des premières lignes où le flanc droit de la 8<sup>e</sup> Brigade d’infanterie était couvert par le 4<sup>e</sup> Bataillon canadien de fusiliers à cheval. Soudain, les Wurtembergeois lancèrent le bombardement « le plus intense qu’avaient enduré jusque-là les troupes britanniques ».</span></p>
<p class="p2">N’ayant pas réussi à s’emparer des premières tranchées à l’aide de gaz toxique, les Allemands adoptèrent les tactiques des Alliés : ils lancèrent une pluie d’obus tirés de positions situées juste derrière l’infanterie, qui elle, attaquait.</p>
<p class="p2"><span class="s2">Le 4<sup>e</sup> Bataillon CFC fut le plus touché. Son entière position, écrivit un officier allemand, « était un nuage de poussière et de terre où les madriers, les troncs d’arbre, les armes et l’équipement, ainsi qu’occasionnellement des corps humains, étaient projetés dans l’air sans relâche ». Le 4<sup>e</sup> perdit 89 % de son effectif. Seuls 76 des 702 officiers et hommes s’en sortirent indemnes.</span></p>
<p class="p2">Williams fut blessé et capturé. Les tympans crevés, une jambe cassée, Mercer mourut atteint par des éclats d’obus. Sans direction à la division ni à la brigade, les communications coupées, la 3<sup>e</sup> Division sombra dans la confusion.</p>
<div class="caption_img">
        <a href="https://legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2021/08/PA-000133.jpg"><img loading="lazy" decoding="async" class="wp-image-5744 size-full" src="https://legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2021/08/PA-000133.jpg" alt="" width="800" height="644" srcset="https://legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2021/08/PA-000133.jpg 800w, https://legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2021/08/PA-000133-300x242.jpg 300w, https://legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2021/08/PA-000133-768x618.jpg 768w" sizes="(max-width: 800px) 100vw, 800px" /></a>
        <div class="caption">
            <span>Un tireur d’élite avec son fusil Ross près du mont Sorrel en juin 1916. Les défauts du fusil le rendaient peu fiable aux premières lignes, mais certains tireurs d’élite du CEC le préféraient pour sa précision. </span>
            
        <div class="credit">
            <span>Henry Edward Knobel/MDN/BAC/PA-3520927</span>
        </div>

        </div>
        
    </div>
<p class="p1"><span class="s2"><b>Le barrage</b> écrasant et implacable dura toute la matinée. Et puis, quelques minutes après 13 h, quatre mines explosèrent devant les tranchées du mont Sorrel et l’infanterie allemande passa à l’attaque.</span></p>
<p class="p2"><span class="s2">Six bataillons de Wurtembergeois prirent part à l’assaut, appuyés par cinq autres, et six de plus en réserve. Plus de 6 500 soldats vêtus de gris marchèrent d’un pas tranquille sous un soleil éclatant en quatre vagues espacées de 70 mètres, apparemment sûrs que les Canadiens avaient été anéantis.</span></p>
<p class="p2"><span class="s2">Déferlant sur les tranchées du mont Sorrel et du Tor Top, ils ne se heurtèrent qu’à des groupes isolés des 1<sup>er</sup> et 4<sup>e</sup> bataillons CFC. Les combats avaient souvent lieu au corps à corps, les Canadiens tentant désespérément de tenir tandis que l’ennemi brulait les poches de résistance au lance-flammes.</span></p>
<p class="p2"><span class="s2">Les Allemands se répartirent sur la crête de l’observatoire, prirent trois points d’appui, puis fondirent sur une section de la 5<sup>e</sup> batterie de campagne de la 2<sup>e</sup> Brigade de l’Artillerie canadienne de campagne dont les servants se battirent au révolver jusqu’au dernier homme. Ces canons du Corps canadien furent les seuls dont s’empara l’ennemi. (Les deux canons de 18 livres furent récupérés par la suite.)</span></p>
<p class="p2"><span class="s2">L’attaque des Allemands serait allée plus loin sans la résistance acharnée du Princess Patricia’s Canadian Light Infantry sur le flanc droit, dans le bois du Sanctuaire. Sa défense résolue couta 400 hommes au batail</span>lon, dont 150 périrent. Parmi les défunts se trouvait le lieutenant-colonel Herbert Cecil Buller, commandant du PPCLI, tué par balle en commandant ses hommes.</p>
<blockquote><p><span class="s2">« Il donna des ordres pour que « tout terrain perdu aujourd’hui [soit] repris cette nuit ».</span></p></blockquote>
<p class="p2">Les Wurtembergeois disciplinés <span class="s2">s’avancèrent jusqu’à 600 ou 700 mètres de leur objectif, puis ils s’arrêtèrent, bien qu’ils aient vu que la route vers Ypres était libre. Le saillant aurait probablement été perdu </span>s’ils avaient continué sur leur lancée.</p>
<p class="p2">La 1<sup>re</sup> Division canadienne établit une ligne à la tombée de la nuit pour leur barrer la route, appuyée par des mitrailleuses du 10<sup>e</sup> Bataillon et de la Canadian Motor Machine Gun Brigade.</p>
<p class="p2"><span class="s2">La 3<sup>e</sup> Division était toutefois dans une situation épouvantable. Byng fit renforcer temporairement ses deux brigades par la 1<sup>re</sup> Division et deux bataillons de la 9<sup>e</sup> Brigade. À 20 h 45, il donna des ordres pour que « tout terrain perdu aujourd’hui [soit] repris cette nuit ».</span></p>
<p class="p2"><span class="s2">Les unités peinaient à atteindre les lignes de départ et l’attaque fut retardée jusqu’à 7 h. Six fusées vertes devaient donner le départ des quatre bataillons, mais elles eurent des ratés. Il fallut en essayer 14 pour en lancer six et deux bataillons n’en virent aucune.</span></p>
<p class="p2">Chaque bataillon attaqua seul, donc l’ennemi concentra son tir sur l’un avant de passer au suivant. La plus grande attaque que les Canadiens avaient menée jusqu’alors se transforma en un méli-mélo. Pire, les hommes peinaient à respirer à cause de leur masque à gaz.</p>
<p class="p2"><span class="s2">Le soldat A.Y. Jackson, qui fit partie par la suite du Groupe des Sept, vit son lieutenant tomber « comme une masse ». Un camarade resta « figé d’étonnement en voyant le sang gicler de son bras qui ne pendait que par quelques lambeaux de chair ». Des éclats frappèrent Jackson à l’épaule, au dos et à la nuque, et il s’écroula. L’attaque échoua.</span></p>
<p class="p2"><span class="s2">Les Allemands étaient à moins de trois kilomètres d’Ypres, et le général Herbert Plumer de la Deuxième armée britannique était bien décidé à les repousser. Le général Douglas Haig, commandant de la British Expeditionary Force, était d’accord avec lui.</span></p>
<p class="p2"><span class="s2">Cependant, Haig préparait l’offensive à la Somme, et il refusa de renvoyer l’infanterie au saillant. Il ne fournit que des </span>canons et une brigade de fantassins. La puissance de feu, et non l’infanterie, insistait Haig, assurerait la victoire, et 218 canons furent déployés. Pendant que les canons pilonnaient les lignes allemandes, la 1<sup>re </sup>Division se préparait à l’attaque du 6 juin.</p>
<div class="caption_img">
        <a href="https://legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2021/08/PA-000165.jpg"><img loading="lazy" decoding="async" class="wp-image-5745 size-full" src="https://legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2021/08/PA-000165.jpg" alt="" width="800" height="572" srcset="https://legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2021/08/PA-000165.jpg 800w, https://legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2021/08/PA-000165-300x215.jpg 300w, https://legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2021/08/PA-000165-768x549.jpg 768w" sizes="(max-width: 800px) 100vw, 800px" /></a>
        <div class="caption">
            <span>Des soldats canadiens se reposent dans les tranchées de réserve pendant la bataille du mont Sorrel, en juin 1916. Le Corps canadien s’empara du terrain de l’ennemi, mais au prix de 8  000 victimes. L’Allemagne subit 5 765 pertes humaines. </span>
            
        <div class="credit">
            <span>MDN/BAC/3520931</span>
        </div>

        </div>
        
    </div>
<p class="p1"><span class="s2"><b>Cette attaque</b> fut retardée à cause du mauvais temps qui empêchait les observateurs aériens de localiser les canons les plus lourds. La 117<sup>e</sup> Division d’infanterie allemande lança un assaut de sabotage contre Hooge. Bien qu’il fût déjoué, les Allemands prirent le contrôle de la plupart des ruines de Hooge jusqu’à ce qu’elles soient encerclées.</span></p>
<p class="p2"><span class="s2">N’ayant pas suffisamment de force pour reprendre Hooge puis attaquer au mont Sorrel et à la butte rocheuse, Byng laissa le village aux Allemands.</span></p>
<p class="p2"><span class="s2">La 1<sup>re</sup> Division, dirigée par le major-général Arthur Currie, serait le fer-de-lance de l’assaut principal. Comme la 3<sup>e</sup> Division avait subi des pertes en appuyant la contre-attaque du 3 juin, Currie regroupa ses bataillons les plus forts en deux brigades composites. L’attaque, retardée au 13 juin, serait lancée contre un front qui s’étendait du mont Sorrel jusqu’au bois du Sanctuaire.</span></p>
<div class="caption_img">
        <a href="https://legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2021/08/PA-004486.jpg"><img loading="lazy" decoding="async" class="wp-image-5746 size-full" src="https://legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2021/08/PA-004486.jpg" alt="" width="800" height="556" srcset="https://legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2021/08/PA-004486.jpg 800w, https://legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2021/08/PA-004486-300x209.jpg 300w, https://legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2021/08/PA-004486-768x534.jpg 768w" sizes="(max-width: 800px) 100vw, 800px" /></a>
        <div class="caption">
            <span>Les ruines éparses autour d’un poste de champ de bataille près du bois d&#8217;Armagh, au nord-ouest du mont Sorrel. </span>
            
        <div class="credit">
            <span>MDN/BAC/3329044</span>
        </div>

        </div>
        
    </div>
<p class="p2"><span class="s2">Le 9 juin, Currie ordonna un bombardement de quatre jours qui pilonna les Allemands toutes les 30 minutes, puis durant 12 heures d’affilée le 12 juin. Les Allemands se ruaient vers leurs postes de combat à la fin de chaque rafale d’obus. Ils étaient alors frappés par de nouvelles salves des canons.</span></p>
<blockquote><p><span class="s2">La journée avait été « pluvieuse et déprimante, la brume et la bruine trempaient les vêtements des soldats ».</span></p></blockquote>
<p class="p2"><span class="s2">« Le nombre de pertes des 120<sup>e</sup> et 126<sup>e</sup> divisions d’infanterie [allemandes] était horriblement élevé&#8230; Ce qui était construit pendant les courtes nuits était détruit pendant la journée », est-il rapporté dans une histoire du 120<sup>e</sup>.</span></p>
<p class="p2"><span class="s2">Les deux côtés considéraient les attaques nocturnes comme étant propices à la confusion, mais Currie décida que cette tactique lui donnerait l’avantage de la surprise. L’attaque du 13 juin fut menée par quatre bataillons.</span></p>
<p class="p2"><span class="s2">La journée avait été « pluvieuse et déprimante, la brume et la bruine trempaient les vêtements des soldats qui, pendant ces heures, étaient couchés à découvert », écrivit le major Hugh Urquhart du 16<sup>e</sup> Bataillon qui prit une position de formation pendant la nuit du 11 au 12 juin.</span></p>
<blockquote><p><span class="s2">Une équipe de servants de mitrailleuse fut réduite à deux hommes au tout début.</span></p></blockquote>
<p class="p2"><span class="s2">Les obus pilonnèrent les lignes allemandes jusqu’à 30 secondes seulement avant l’heure H, à 1 h 30. Les Canadiens s’ébranlèrent, les oreilles bourdonnantes. La pluie et la fumée épaisse réduisaient la visibilité à quelques mètres.</span></p>
<p class="p2"><span class="s2">Ce ne fut pas une avancée ordonnée. Les officiers subalternes menaient des sections de 15 ou 25 hommes. Ils zigzaguaient parmi les cratères et les souches d’arbre éclatées, à travers les brèches dans les barbelés, glissant et tombant dans la boue. Les fusils et les révolvers s’encrassaient. Beaucoup de soldats furent fauchés, mais les survivants continuaient.</span></p>
<p class="p2"><span class="s2">Une équipe de servants de mitrailleuse fut réduite à deux hommes au tout début. À cinq reprises, d’autres hommes se joignirent à eux pour utiliser la mitrailleuse, mais eux aussi furent tués. Toutefois, les deux survivants atteignirent leur objectif.</span></p>
<p class="p2"><span class="s2">L’opposition allemande s’effondra lorsque les Canadiens atteignirent les tranchées ennemies. Un grand nombre de Wurtembergeois étaient abasourdis et confus, errant sans but, sans fusil, sans matériel. L’artillerie avait fait son travail.</span></p>
<p class="p2"><span class="s2">Au lever du soleil, des fusées lumineuses rouges annoncèrent le succès. Les Allemands avaient perdu presque tout le terrain qu’ils avaient conquis le 3 juin. Le prix avait été d’environ 8 000 victimes au sein du Corps canadien et 5 765 parmi les Allemands.</span></p>
<p class="p2"><span class="s2">Il fut noté dans l’histoire britannique officielle que la « première attaque planifiée sciemment par les Canadiens avait eu un franc succès ». La méthode employée au mont Sorrel était un avant-gout de celles que les membres du Corps canadien utiliseraient par la suite et qui feraient d’eux les soldats de choc de l’armée britannique.<span class="Apple-converted-space"> </span></span></p>
<h4 class="p1"><span class="Apple-converted-space"> </span></h4>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>La commutation de peine de Kurt Meyer, condamné à mort pour avoir exécuté des prisonniers de guerre canadiens, était-elle justifiable?</title>
		<link>https://legionmagazine.com/fr/2021/03/la-commutation-de-peine-de-kurt-meyer-condamne-a-mort-pour-avoir-execute-des-prisonniers-de-guerre-canadiens-etait-elle-justifiable-p20-21/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Mark Zuehlke]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 31 Mar 2021 15:25:35 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Articles principaux]]></category>
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					<description><![CDATA[Mark Zuehlke dit que OUI Le 7 juin 1944, la 3e Division d’infanterie canadienne qui avait débarqué à la Juno Beach se battit avec des unités de panzers. Kurt Meyer, Standartenführer (chef d’étendard, équivalent de colonel) du 25e Régiment de la 12e Division de panzers SS des Hitlerjügend (jeunesses hitlériennes), avait établi son quartier général [&#8230;]]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<div class="caption_img">
        <img loading="lazy" decoding="async" class="wp-image-5628 size-full" src="https://legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2021/03/zuehlke.jpg" alt="" width="800" height="575" srcset="https://legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2021/03/zuehlke.jpg 800w, https://legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2021/03/zuehlke-300x216.jpg 300w, https://legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2021/03/zuehlke-768x552.jpg 768w" sizes="(max-width: 800px) 100vw, 800px" />
        <div class="caption">
            <span></span>
            
        <div class="credit">
            <span>Joel Kimmel</span>
        </div>

        </div>
        
    </div>
<h2 style="text-align: center;"><strong><i>Mark Zuehlke dit que OUI</i></strong></h2>
<p class="p1"><span class="s1"><b>Le 7 juin 1944</b>, la 3<sup>e</sup> Division d’infanterie canadienne qui avait débarqué à la Juno Beach se battit avec des unités de panzers.</span></p>
<p class="p2"><span class="s1">Kurt Meyer, Standartenführer (chef d’étendard, équivalent de colonel) du 25<sup>e</sup> Régiment de la 12<sup>e</sup> Division de panzers SS des Hitlerjügend (jeunesses hitlériennes), avait établi son quartier général à l’abbaye d’Ardennes située à trois kilomètres à l’ouest de Caen, en France, pour diriger les contrattaques des Allemands.</span></p>
<p class="p2"><span class="s1">Pendant la bataille de 5 jours qui s’ensuivit, plusieurs bataillons canadiens furent submergés et quelque 156 prisonniers furent assassinés par des soldats de la 12<sup>e</sup> SS. Dix-huit furent tués à l’abbaye le soir du 7 juin ou le lendemain.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p class="p1"><span class="s1"><b>Au bout d’une enquête</b> d’un an, en décembre 1945, cinq chefs d’accusation furent déposés contre Meyer devant la Commission canadienne des crimes de guerre. Premièrement, il aurait incité ses soldats à massacrer les soldats alliés qui se rendaient; deuxièmement, il aurait été responsable des jeunes hitlériens qui avaient tué 23 prisonniers à Buron et à Authie; troisièmement, il aurait ordonné le meurtre de sept prisonniers à l’abbaye vers le 8 juin; quatrièmement, il aurait été responsable de ces meurtres; cinquièmement, pendant cette journée-là, il aurait été responsable de 11 autres meurtres commis par ses soldats.</span></p>
<p class="p2"><span class="s1">Il fut reconnu coupable des premier, quatrième et cinquième chefs d’accusation. Selon la condamnation prononcée par le major-général Harry Foster, président du tribunal, il aurait dû être passé par les armes.</span></p>
<p class="p2"><span class="s1">Cependant, avant que la sentence ne soit exécutée, le major-général Christopher Vokes, commandant de la Force d’occupation de l’Armée canadienne, devait examiner la procédure pour confirmer ou infirmer la sentence. Le 31 décembre, Vokes confirma les conclusions et la condamnation à mort, disant qu’il ne pouvait « trouver moyen de réduire la punition administrée par la cour ».</span></p>
<blockquote><p><strong><span class="s1">La peine de mort était injustifiable.</span></strong></p></blockquote>
<p class="p2"><span class="s1">Un avocat allemand engagé par l’épouse de Meyer adressa alors une demande à Vokes où il interjetait appel de la sentence de mort. Cela coïncidait avec le conseil d’officiers de l’état-major canadien de Londres selon lequel la loi exigeait un deuxième examen.</span></p>
<p class="p2"><span class="s1">Vokes prit l’avion pour Londres où il rencontra Vincent Massey, haut-commissaire du Canada, un conseiller juridique d’Affaires étrangères et plusieurs officiers supérieurs de l’état-major.<span class="Apple-converted-space"> </span></span></p>
<p class="p2"><span class="s1">Selon le procès-verbal, le groupe conclut à l’unanimité « que la peine de mort ne se justifierait que dans le cas où il serait prouvé que l’infraction découlait soit d’un acte direct du commandant, soit d’un acte d’omission alors qu’il savait qu’un crime de guerre serait commis s’il n’agissait pas. »</span></p>
<p class="p2"><span class="s2">Bien que Vokes confirmât que le verdict final relevait de sa seule responsabilité, « le cas à l’étude justifiait de commuer la peine de mort en réclusion perpétuelle et [&#8230;] que ce serait la position qu’il adopterait. »</span></p>
<p class="p2"><span class="s2">Massey écrivit que, s’il était à la place de Vokes, il « commuerait la sentence ».</span></p>
<p class="p2"><span class="s2">Étant donné le manque de preuves que Meyer avait ordonné les meurtres, la peine de mort était injustifiable. La prison à vie au pénitencier Dorchester au Nouveau-Brunswick aurait été un châtiment suffisant, d’autant plus que, aux dires de son fils, Meyer trouvait dégradant de côtoyer « des criminels, des assassins et des pervers ».</span></p>
<p class="p2">Son transfert à une prison d’Allemagne de l’Ouest en 1951, puis sa libération le 7 septembre 1954 sont regrettables. Toutefois, Vokes ne prit aucune part à ces décisions.<span class="Apple-converted-space"> </span></p>
<div class="caption_img">
        <img loading="lazy" decoding="async" class="wp-image-5629 size-full" src="https://legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2021/03/Granatstein.jpg" alt="" width="800" height="575" srcset="https://legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2021/03/Granatstein.jpg 800w, https://legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2021/03/Granatstein-300x216.jpg 300w, https://legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2021/03/Granatstein-768x552.jpg 768w" sizes="(max-width: 800px) 100vw, 800px" />
        <div class="caption">
            <span></span>
            
        <div class="credit">
            <span>Joel Kimmel</span>
        </div>

        </div>
        
    </div>
<h2 style="text-align: center;"><strong><i>J.L. Granatstein dit que NON</i></strong></h2>
<p class="p1"><b>Les soldats </b>qui tuent des prisonniers au champ de bataille agissent ainsi parce qu’ils sont furieux qu’un ami ait été tué ou parce qu’ils ne pensent pas pouvoir escorter un prisonnier vers l’arrière. De tels actes surviennent dans toute guerre. Il est certain que des soldats canadiens ont tué des Allemands qui se rendaient.</p>
<p class="p2">Mais il y a une différence entre des actes de violence isolés au champ de bataille et la froide exécution calculée d’un grand nombre de prisonniers. Les premiers sont regrettables, mais justifiables, et peuvent mener à des poursuites judiciaires. Le deuxième est incontestablement un crime de guerre.</p>
<p class="p2">Le Standartenführer Kurt Meyer commandait le 25<sup>e</sup> Régiment de panzers de la 12<sup>e</sup> SS Hitlerjügend lors des combats tout près des plages du jour J (il prit le commandement de la division le 14 juin). Le 7 juin, un grand nombre de Canadiens du North Nova Scotia Highlanders et du 27<sup>e</sup> Régiment blindé furent faits prisonniers à Authie et à Buron, et au moins 23 d’entre eux furent assassinés.</p>
<p class="p2">Cette nuit-là et la suivante, les prisonniers canadiens furent amenés au quartier général de Meyer, à l’abbaye d’Ardenne, où 18 autres furent exécutés, dont sept d’une balle derrière la tête. Ces meurtres furent commis à quelques mètres de l’endroit où se trouvait Meyer.</p>
<p class="p2">Plus de 150 Canadiens furent assassinés par les jeunes soldats SS et leurs sous-officiers, la plupart étant des vétérans endurcis du front de l’Est : 26, au poste de contrôle d’un bataillon de reconnaissance SS; sept, par un bataillon de sapeurs SS; 33, en masse alors qu’ils étaient escortés vers les arrières par des SS Panzergrenadiers; et d’autres.</p>
<p class="p2">Le 5 aout, le général H.D.G. Crerar, commandant de la Première Armée canadienne, avertit ses soldats que se rendre aux SS, c’était la mort. Tout à son honneur, Crerar ordonna aussi à ses hommes de ne pas tuer de pri<span class="s1">sonniers allemands par vengeance.</span></p>
<blockquote><p><strong>En fin de compte, Meyer était responsables de leurs actes. </strong></p></blockquote>
<p>&nbsp;</p>
<p class="p1"><b>Meyer fut capturé</b> puis jugé par un tribunal militaire canadien en décembre 1945. Il prétendit qu’il n’avait pas ordonné les meurtres, et qu’il n’était pas au courant des exécutions. Au bout de deux semaines et demie de délibérations, le tribunal le condamna à mort.</p>
<p class="p2">L’officier de réexamen, le major-général Chris Vokes, remarqua que Meyer n’était qu’indirectement responsable des assassinats et prononça une peine d’emprisonnement à vie. En outre, au moins deux membres du tribunal savaient que des Canadiens aussi avaient tué des prisonniers.</p>
<p class="p2">Vokes eut tort de commuer la condamnation à mort de Meyer. Ce dernier avait formé ses hommes et en fin de compte, il était responsable de leurs actes. Il n’est pas crédible de dire qu’il n’avait pas ordonné les exécutions commises si près de son quartier général. Il avait, au moins, fermé les yeux.</p>
<p class="p2">La plupart des meurtres qui suivirent furent commis par des soldats dirigés par ses subalternes, et Meyer doit en assumer une certaine responsabilité. Un commandant digne de son grade aurait enseigné à ses subordonnés la bonne manière d’agir. C’est d’ailleurs ce que fit Crerar le 5 aout, mais Meyer ne le fit jamais.</p>
<p class="p2">Kurt Meyer aurait dû faire face à un peloton d’exécution. Ses crimes de guerre ne méritaient rien de moins.<span class="Apple-converted-space"> </span></p>
<hr />
<p class="p1"><span class="s1"><b>MARK ZUEHLKE </b></span>est historien militaire et auteur des 13 tomes de la série <i>Canadian Battle</i> ainsi que du <i>Canadian Military Atlas</i>. Il a reçu le prix d’histoire du Gouverneur général de 2014 pour les médias populaires : le prix Pierre-Berton.</p>
<p class="p1"><span class="s1"><b>J.L. GRANATSTEIN </b></span>a écrit de nombreux livres, dont <i>Who Killed Canadian Military History?</i> et <i>Canada’s Army: Waging War and Keeping the Peace</i>. Il a été directeur et chef de la direction du Musée canadien de la guerre.</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>LA PREMIÈRE GUERRE DU CANADA À L’ÉTRANGER</title>
		<link>https://legionmagazine.com/fr/2017/06/la-premiere-guerre-du-canada-a-letranger/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Mark Zuehlke]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 12 Jun 2017 15:07:47 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Articles principaux]]></category>
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					<description><![CDATA[Le 11 FÉVRIER 1900, le contingent canadien de 1 039 soldats envoyé peu avant en Afrique du Sud se joignait à une puissante colonne britannique à Graspan, à la frontière entre le cap des Tempêtes et l’État libre d’Orange des Boers. Le lendemain, sous un soleil de plomb où la température s’éleva jusqu’à 46 °C, [&#8230;]]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><div class="caption_img">
        <img loading="lazy" decoding="async" class="wp-image-4190" src="https://legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2017/06/Boer-War-2.jpg" alt="" width="600" height="784" srcset="https://legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2017/06/Boer-War-2.jpg 1684w, https://legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2017/06/Boer-War-2-230x300.jpg 230w, https://legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2017/06/Boer-War-2-768x1003.jpg 768w, https://legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2017/06/Boer-War-2-784x1024.jpg 784w" sizes="(max-width: 600px) 100vw, 600px" />
        <div class="caption">
            <span>Les soldats boers, dont ce groupe de commandos, étaient experts en guérilla, et les Britanniques avaient de la peine à les battre. </span>
            
        <div class="credit">
            <span>Domaine Public</span>
        </div>

        </div>
        
    </div><br />
<img loading="lazy" decoding="async" class="alignnone size-full wp-image-4202" src="https://legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2017/06/Title-text.jpg" alt="" width="600" height="500" srcset="https://legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2017/06/Title-text.jpg 600w, https://legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2017/06/Title-text-300x250.jpg 300w" sizes="(max-width: 600px) 100vw, 600px" /></p>
<p class="p1"><span class="s1">Le 11 FÉVRIER 1900</span><span class="s2">, le contingent canadien de 1 039 soldats envoyé peu avant en Afrique du Sud se joignait à une puissante colonne britannique à Graspan, à la frontière entre le cap des Tempêtes et l’État libre d’Orange des Boers. Le lendemain, sous </span><span class="s3">un soleil de plomb où la température s’éleva </span>jusqu’à 46 °C, le 2<sup>e</sup> Bataillon (de service <span class="s2">spécial) du Royal Canadian Regiment (RCR) traversa 20 kilomètres de veld dans une épaisse poussière rouge jusqu’aux ruines de Ramdam, domaine néerlandais qui avait été </span><span class="s3">incendié par des éclaireurs britanniques. 30 000 soldats, 7 000 non-combattants, </span><span class="s2">14 000 chevaux et 33 000 mules et bœufs épuisés tirant 600 wagons et plusieurs pièces d’artillerie y firent halte. Entre Ramdam et leur objectif, Bloemfontein, il y avait 200 kilomètres de campagne accidentée et aride.</span></p>
<div class="caption_img">
        <img loading="lazy" decoding="async" class="wp-image-4189" src="https://legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2017/06/Boer-War-1.jpg" alt="" width="600" height="360" srcset="https://legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2017/06/Boer-War-1.jpg 2500w, https://legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2017/06/Boer-War-1-300x180.jpg 300w, https://legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2017/06/Boer-War-1-768x461.jpg 768w, https://legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2017/06/Boer-War-1-1024x614.jpg 1024w" sizes="(max-width: 600px) 100vw, 600px" />
        <div class="caption">
            <span>Le raid malheureux de 1895, dirigé par le Britannique Leander Starr Jameson, fut l’un des nombreux évènements qui menèrent à la deuxième guerre d’Afrique du Sud qui eut lieu de 1899 à 1902. </span>
            
        <div class="credit">
            <span>Alamy/E1GG2T</span>
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<p class="p2">Une force boer d’environ 5 000 combattants qui avait assiégé Mafeking, la ville la plus septentrionale du cap des Tempêtes, se repliait vers le sud accompagnée de quelques dizaines de femmes et d’enfants, de plus de 400 wagons et de plusieurs milliers de chevaux devant l’avancée des Britanniques. Le général Piet Cronjé, commandant des Boers, <span class="s3">espérait contourner les Britanniques et établir une force de blocage pour protéger Bloemfontein jusqu’à l’arrivée de renforts.</span></p>
<p><span class="s2">Les Boers se firent aussi discrets que possible, mais rien ne pouvait empêcher les nuages de poussière. Le 16 février, les Boers de Cronjé furent remarqués par des éclaireurs britanniques et des échauffourées éclatèrent. À quelques kilomètres à l’est du gué de Paardeberg (Horse Mountain, ou Montagne des chevaux), sur la rivière Modder, Cronjé croyait encore qu’il lui serait possible de s’échapper. S’attendant à traverser la rivière facilement le lendemain matin, puis à atteindre la route de Bloemfontein pour poursuivre le retrait ordonné, Cronjé fit bivouaquer sa force.</span></p>
<p class="p2"><span class="s2">Ce fut une décision fatidique pour les Boers, car elle permit aux Britanniques d’obtenir leur première victoire décisive en Afrique du Sud; et c’est là que des soldats canadiens prirent part à leur premier combat à l’étranger.</span></p>
<p class="p1"><span class="s1">LES ORIGINES </span><span class="s2">de cette guerre remontaient à 1835. Quelque 15 000 Voortrekkers désireux d’empêcher les Britanniques d’étendre leur autorité sur les colons hollandais qui se sentaient de plus en plus marginalisés traversèrent le fleuve Orange pour quitter le cap des Tempêtes et établir des républiques indépendantes. Le Transvaal et l’État libre d’Orange établis par les conventions de Sand River en 1852 et de Bloemfontein en 1854 furent </span>reconnus respectueusement, mais à contrecœur, par la Grande-Bretagne.</p>
<p class="p2"><span class="s2">Les deux républiques étaient des tentatives de la part des colons hollandais de continuer le mode de vie agraire de leurs aïeux qui s’étaient établis en Afrique du Sud au XVII<sup>e</sup> siècle, et qu’ils croyaient menacé depuis que les Britanniques avaient saisi le cap, en 1795. En 1814, la mainmise sur le cap des Hollandais par les Britanniques fut rendue officielle au Congrès de Vienne. Le mouvement des Voortrekkers était l’expression d’un rejet de l’influence britannique qui se propageait. La plupart des Boers étaient de fervents croyants : ils pratiquaient un calvinisme strict et ne toléraient aucune autre foi. Après presque 200 ans de guerre avec les tribus africaines, ils étaient aguerris et rompus à l’art de la guérilla qui reposait sur leurs talents de cavaliers, leur grande adresse au tir et une utilisation tactique superbe du terrain. Tous les hommes adultes appartenaient à une formation militaire de type « commando ».</span></p>
<p class="p2"><span class="s2">Les Boers espéraient que leur fuite leur permettrait de rester libres de l’influence des Britanniques et de l’empiètement de ces derniers sur leurs nouvelles terres, mais la découverte de diamants en 1867 poussa les Britanniques à annexer le Transvaal en 1871. En décembre 1880, les efforts des Boers visant le renversement de l’annexion ayant échoué, ils recoururent à la résistance armée. À Majuba Hill, le 27 février 1881, ils infligèrent une cuisante </span>défaite à un grand contingent de régu<span class="s2">liers britanniques, défaite qui donna lieu à la convention de Pretoria quelques mois plus tard. Bien que la convention ne servît pas à rétablir l’indépendance totale, elle accordait aux Boers un contrôle important de leurs affaires et de leurs terres.</span></p>
<div class="caption_img">
        <img loading="lazy" decoding="async" class="wp-image-4191" src="https://legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2017/06/Boer-War-3.jpg" alt="" width="600" height="360" srcset="https://legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2017/06/Boer-War-3.jpg 2500w, https://legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2017/06/Boer-War-3-300x180.jpg 300w, https://legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2017/06/Boer-War-3-768x461.jpg 768w, https://legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2017/06/Boer-War-3-1024x614.jpg 1024w" sizes="(max-width: 600px) 100vw, 600px" />
        <div class="caption">
            <span>Le premier contingent du Canada à la guerre d’Afrique du Sud, le Royal Canadian Regiment, monta à bord du navire de Sa Majesté Sardinian à Québec le 30 octobre 1899. </span>
            
        <div class="credit">
            <span>Wikimedia Commons</span>
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<p class="p2"><span class="s2">En 1886, les relations anglo-boers se détériorèrent à nouveau à cause de la découverte dans le Transvaal de la plus grande réserve d’or de la planète. Le président du Transvaal, Paul Kruger, voulant minimiser le danger que les chercheurs d’or représentaient pour l’identité nationale du « peuple de Dieu », comme il appelait les Boers, adopta une législation servant à réserver le droit de vote aux hommes habitant le Transvaal depuis au moins 14 ans, c’est-à-dire, dans la pratique, aux Boers. Il imposa aussi des taxes que les Britanniques jugèrent prohibitives pour protéger la voie ferrée du Transvaal qui allait jusqu’à Johannesburg de l’empiètement des chemins de fer du Cap.</span></p>
<p class="p2"><span class="s2">De l’autre côté se trouvait le premier ministre du cap des Tempêtes, Cecil Rhodes, qui cherchait non seulement à agrandir ses intérêts aurifères personnels, mais aussi à unifier toute l’Afrique du Sud sous la couronne britannique. En 1895, après en avoir informé le secrétaire britannique Joseph Chamberlain, il tenta un coup qui échoua lamentablement. Rhodes fut obligé de démissionner, mais le gouverneur et haut-commissaire du cap des Tempêtes, sir Alfred Milner, continua d’exiger que la condition de résidence pour l’admission au droit de vote soit limitée à cinq ans.</span></p>
<p class="p2">Pendant les négociations de mai 1899, Kruger proposa de se mettre d’accord sur sept ans de résidence, ce que Milner refusa. La Grande-Bretagne commença à se préparer à la guerre dans la hâte et à composer un ultimatum que Kruger devança en lançant son propre ultimatum le 9 octobre 1899, exigeant le retrait de tous les soldats britanniques de la frontière. Deux jours plus tard, les Boers lançaient une attaque visant à désorganiser les troupes britanniques qui se rassemblaient à la frontière de Natal, et la deuxième guerre d’Afrique du Sud commença.</p>
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        <div class="caption">
            <span>Parmi les personnages clés du conflit se trouvaient le général sud-africain Piet Cronjé (à d.) et Paul Kruger, président du Transvaal de 1883 à 1900, le major-général britannique E.T.H. Hutton qui divulgua le projet d’une force canadienne. </span>
            
        <div class="credit">
            <span>Frederick S. Lee/BAC/e002505778, Topley Studio/BAC/PA-028142</span>
        </div>

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<p class="p1"><span class="s1">LE SOUTIEN MANIFESTÉ </span><span class="s2">en faveur de l’écrasement de la révolte des Boers était ferme partout dans l’Empire britannique. Les Boers étaient vus comme des paysans diaboliques qui opprimaient les colons et les chercheurs d’or anglophones. Une telle oppression, déclarait-on dans un éditorial du <i>Province</i> de Vancouver, « par une horde de fermiers hollandais ignorants » était une insulte à l’Empire. Les Boers étaient méprisés et on s’attendait à ce que la victoire soit rapide. Après tout, comment une bande de fermiers hollandais pouvait-elle s’opposer à la plus grande puissance mondiale? Il s’agissait du plus haut point du nouvel impérialisme :<br />
les puissances européennes rivalisaient pour étendre leur pouvoir dans le monde, la Grande-Bretagne en tête. Les récompenses étaient des marchés captifs, l’accès à de vastes ressources naturelles, le blocage de la croissance des nations rivales. L’Afrique était au centre de cette lutte : la France, le Portugal, l’Espagne, l’Italie, l’Allemagne et la Grande-Bretagne s’y disputaient tous des colonies.</span></p>
<p class="p2"><span class="s2">Au Canada, le premier ministre Wilfrid Laurier ne voulait rien savoir de la guerre ni du chauvinisme impérial qui la motivait. Au pouvoir depuis trois ans, il croyait qu’une guerre impériale risquait de fracturer l’union délicate entre le Canada anglais et le Canada français. Seulement, l’appétit pour la guerre était grand dans la population. En 1897, le dominion avait fastueusement célébré le jubilé de diamant de la reine Victoria, et la plupart des Canadiens anglais considéraient que le Canada avait le devoir d’aider la mère patrie. Partout sauf au Québec, on réclamait de passer à l’action. Le cabinet de Laurier était divisé. Cependant, la pression continuait, à laquelle prenait part l’officier général commandant du Canada, le major-général britannique E.T.H. Hutton, le gouverneur général lord Minto et le Bureau colonial. Hutton dressa des plans à la demande du Bureau colonial pour lever une force canadienne de 1 200 hommes et en divulgua des parties aux journaux du pays. De nombreux officiers de la milice furent aussi mis au courant du plan, bien que Laurier fût laissé dans l’ignorance. Lorsqu’il apprit l’existence du plan, il n’avait plus d’autre choix que d’accéder aux demandes de la presse et du public. Un dernier recours, invoquant l’interdiction en vertu de la <i>Militia Act </i>pour les soldats canadiens de servir outre-mer, échoua lorsque la guerre éclata le 11 octobre. Laurier s’avoua vaincu et autorisa un budget de 600 000 $ pour enrôler, équiper et transporter un contingent en Afrique du Sud. La Grande-Bretagne serait ensuite chargée des coûts de son entretien.</span></p>
<p class="p2"><span class="s2">La force devait se composer de 1 000 soldats, chacun d’eux acceptant de servir durant un an. Il y avait tant que volontaires que l’on institua un processus de sélection fondé sur la santé, l’adresse au tir et le service militaire antérieur. Malgré le désaccord concernant la guerre au Canada français, les soldats de la compagnie F étaient tous des francophones du Québec, du Nouveau-Brunswick et de l’Ontario, et la moitié de ses officiers et de ses sous-officiers étaient également francophones. Le bataillon fut organisé en huit compagnies de 125 hommes selon leur région : une du Canada de l’Ouest, trois de l’Ontario, deux du Québec et deux des Maritimes (dont le conglomérat francophone). Soixante-dix pour cent des recrues étaient nées au Canada et la plupart des autres étaient venues de Grande-Bretagne. Leur commandant était le lieutenant-colonel William Otter qui s’était distingué pendant la Rébellion du Nord-Ouest.</span></p>
<p class="p2"><span class="s2">Le 2nd RCR fut admis à la force permanente et quitta Québec le 30 octobre 1899 à bord du navire de Sa Majesté <i>Sardinian</i>. Plus de 50 000 personnes s’étaient assemblées le long des quais pour lui souhaiter bon voyage.</span></p>
<p class="p2"><span class="s1">ET LE VOYAGE SERAIT LONG</span><span class="s2"> :</span> <span class="s2">11 000 kilomètres à parcourir en 30 jours. Le <i>Sardinian</i>, transporteur de bovins converti, était si petit que les gens « se marchaient sur les pieds ». Il n’y avait assez de lits de camp que pour la moitié du contingent, et les autres dormaient dans des hamacs. Otter, qui savait que ses hommes n’avaient vraiment pas la formation nécessaire et qu’ils manquaient de cohésion, espérait profiter du temps passé en mer pour leur donner un entraînement rudimentaire. Les quartiers exigus, le mauvais temps et une épidémie de dysenterie écartèrent cette idée. Le Sardinian jeta l’ancre à Cape Town le 30 novembre 1899. Les nouvelles du front étaient affligeantes. Les Boers avaient pris l’initiative et assiégeaient Ladysmith au Natal et Kimberley et Mafeking au cap des Tempêtes.</span></p>
<p class="p2"><span class="s2">Un grand nombre de Boers étaient armés du fusil Mauser allemand de sept millimètres qui avait une portée de 1 800 mètres, utilisait une poudre sans fumée permettant au tireur de rester caché et avait un chargeur de cinq cartouches. Bien que le nouveau Lee-Enfield britannique eût un magasin de 10 cartouches, ces dernières devaient être chargées une à une. La rapidité de tir des fusils des Boers, la qualité inattendue de leur artillerie et leurs tactiques téméraires semaient la confusion au sein du commandement britannique.</span></p>
<p class="p2"><span class="s2">Le 16 décembre, Londres accepta une offre faite auparavant par le Canada de fournir un deuxième contingent de fantassins et d’une artillerie de campagne montés. La première unité s’appelait 1<sup>er </sup>Bataillon du Canadian Mounted Rifles quand elle quitta le Canada, mais en août 1900, elle fut renommée Royal Canadian Dragoons (RCD). Ce contingent fut suivi peu après par le 2<sup>e</sup> Bataillon du Canadian Mounted Rifles (CMR) et la Royal Canadian Field Artillery (RCFA). Le deuxième contingent se composait de 1 289 hommes : 750 fantassins portés et 539 artilleurs.</span></p>
<p class="p2"><span class="s2">Pendant que ces unités se préparaient à quitter Halifax apparut du soutien pour un autre contingent canadien, celui de Donald Smith, lord Strathcona and Mount Royal. Ce célèbre bienfaiteur, cofondateur du Chemin de fer Canadien Pacifique et haut-commissaire canadien au Royaume-Uni de 1896 à 1914 déboursa 500 000 $ pour lever un autre régiment de fusiliers montés. Le Strathcona’s Horse comprenait trois escadrons de vachers (dont beaucoup apportaient leur propre cheval) recrutés au Manitoba, bien encadrés par des gendarmes. Son commandant était le légendaire surintendant de la Gendarmerie à cheval du Nord-Ouest, Sam Steele. Ses 28 officiers et 512 hommes d’autres rangs avec leurs 599 chevaux, 3 mitrailleuses Maxim, 500 cartouches par fusil et 500 000 cartouches par Maxim furent embarqués le 16 mars 1900. « Rares sont les offres plus généreuses faites par un sujet de ce pays », fut-il écrit dans un rapport.</span></p>
<p class="p2"><span class="s2">Le besoin d’une telle munificence s’était fait douloureusement sentir quelques semaines plus tôt : les Boers avaient infligé de cuisantes </span>défaites à Stormberg, Magersfontein et Colenso entre le 10 et le 15 décembre, <span class="s2">la<br />
« Black Week » [semaine noire, NDT]. À ces défaites vint s’ajouter la bataille désastreuse des 23 et 24 janvier à Spion Kop, où 8 000 Boers avaient forcé 20 000 Britanniques à reculer. Les Boers tuèrent 243 Britanniques et en blessèrent 1 250, et il ne leur en avait couté que 67 morts et 267 blessés.</span></p>
<p class="p2"><span class="s2">En Grande-Bretagne, la semaine noire avait provoqué la consternation. Le gouvernement décida qu’il lui fallait une force écrasante pour défaire les Boers et un effort militaire massif fut fourni, à la suite duquel 500 000 soldats de l’Empire seraient déployés contre environ 88 000 Boers.</span></p>
<div class="caption_img">
        <img loading="lazy" decoding="async" class="wp-image-4196" src="https://legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2017/06/Boer-War-8.jpg" alt="" width="600" height="480" srcset="https://legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2017/06/Boer-War-8.jpg 2500w, https://legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2017/06/Boer-War-8-300x240.jpg 300w, https://legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2017/06/Boer-War-8-768x614.jpg 768w, https://legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2017/06/Boer-War-8-1024x819.jpg 1024w" sizes="(max-width: 600px) 100vw, 600px" />
        <div class="caption">
            <span>Un bataillon d’infanterie et d’artillerie porté, le Royal Canadian Dragoons, faisait partie du deuxième contingent canadien. </span>
            
        <div class="credit">
            <span>BAC/C-000171; Notman Studio of Halifax</span>
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        </div>
        
    </div>
<p class="p1"><span class="s4">LE RCR ARRIVA </span><span class="s3">deux semaines avant la semaine noire, mais il ne prit pas part aux combats. Il passa le mois de décembre à s’entrainer et à apprendre les nouvelles tactiques de tir et de manœuvres pour vaincre les tireurs et mitrailleurs boers. </span><span class="s2">Les jours des assauts ordonnés en rangs et </span><span class="s3">des tirs de volée étaient à jamais révolus.</span></p>
<p class="p2"><span class="s3">Le 12 janvier, le RCR prit le chemin de </span><span class="s2">Paardeberg, où le général Piet Cronjé allait prendre sa décision fatidique de bivouaquer à l’est de la Modder. Le matin du 17 février, les Boers de Cronjé étaient piégés dans un </span><span class="s3">méandre de la Modder à l’est du gué, la </span><span class="s2">cavalerie britannique ayant coupé leur voie de repli. Bien que la ligne boer s’étirât sur quelque huit kilomètres de long, le cœur de la position avait un mur de wagons de trois côtés et la rivière de l’autre. Les femmes, les enfants, les chevaux et les bœufs y étaient abrités. Le major-général britannique Herbert Kitchener, 1<sup>er</sup> comte de Kitchener, avait 15 000 soldats pour affronter environ 5 000 Boers.</span></p>
<p class="p2"><span class="s2">Ce 18 février serait bientôt connu sous le nom de Bloody Sunday (dimanche sanglant, NDT). La bataille débuta sous un jour favo-rable lorsque Kitchener décida de prendre les tranchées boers d’assaut, ses fantassins arrivant de l’ouest, du sud et de l’est sous le couvert du feu de l’artillerie. Mais vu le terrain accidenté, la cohésion se fissura vite, et l’attaque fut menée de manière désorganisée. Le feu meurtrier des Boers causa la mort ou les blessures à 1 300 hommes dans les rangs britanniques, qui ne firent eux que 300 victimes boers. Pour les Britanniques, il s’agissait de la journée la plus meurtrière de la guerre.</span></p>
<p class="p2">Le RCR, partie de la 19<sup>e</sup> brigade que commandait le brigadier Horace Smith-Dorrien, avait parcouru 37 kilomètres pour atteindre le champ de bataille. Vu les pertes causées par la maladie et la fatigue, son effectif s’élevait à 872 hommes. Kitchener ordonna à la 19<sup>e</sup> brigade de traverser la Modder et d’occuper un terrain élevé du nom de Gun Hill au nord-est des Boers. La rivière avait à peu près 80 mètres de largeur et, au milieu de la matinée, les Royal Engineers avaient fixé une corde pour la traverser. Les Canadiens, après avoir pris à la hâte un café, un gâteau sec et leur ration de rhum, entrèrent dans l’eau jusqu’à la poitrine et atteignirent l’autre rive à 10 h 15. Ils avaient réussi l’exploit de faire traverser une mitrailleuse. Ils se joignirent aux troupes britanniques en haut de la Gun Hill et pointèrent leur mitrailleuse vers les Boers qui campaient le long de la rive.</p>
<p class="p2"><span class="s2">À ce moment-là, le RCR prit la tête de l’avancée de la 19<sup>e</sup> Brigade contre la ligne boer. Le terrain séparant les Canadiens des tranchées ennemies était totalement ouvert sur environ 1 650 mètres. Les hommes furent obligés de se tapir à terre au bout de 200 mètres à cause de l’intensité des tirs. Durant l’heure qui suivit, les soldats s’avancèrent par petits groupes ou seuls en courses précipitées de 20 ou 30 mètres, ou en rampant. Le flanc gauche s’approcha à quelque 800 mètres des Boers, tandis que le flanc droit s’en approcha à 400 mètres avant d’être immobilisé par les coups de feu. Au milieu, l’avancée était pratiquement nulle. Les hommes se tenaient couchés sous le soleil de feu, le plus petit mouvement attirant des balles, jusqu’au milieu de l’après-midi, quand une courte pluie torrentielle empira leur misère.</span></p>
<p class="p2"><span class="s2">Peu après arrivèrent trois compagnies de la Duke of Cornwall Light Infantry commandées par le lieutenant-colonel William Aldworth. Ce dernier, disant à Otter qu’on l’avait envoyé « finir l’affaire » à la baïonnette s’il le fallait, ordonna une charge à 17 h 15. Beaucoup de Canadiens se joignirent aux Cornwalls, mais l’attaque fut repoussée par une vive fusillade.</span></p>
<p class="p2"><img loading="lazy" decoding="async" class="alignnone wp-image-4195" src="https://legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2017/06/Boer-War-7.jpg" alt="" width="600" height="480" srcset="https://legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2017/06/Boer-War-7.jpg 2500w, https://legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2017/06/Boer-War-7-300x240.jpg 300w, https://legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2017/06/Boer-War-7-768x614.jpg 768w, https://legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2017/06/Boer-War-7-1024x819.jpg 1024w" sizes="(max-width: 600px) 100vw, 600px" /></p>
<p class="p2"><span class="s2">Les survivants se replièrent jusqu’au gué à la nuit tombée, tandis que les Boers retournèrent à leur campement principal. Le Bloody Sunday </span>avait été la pire journée de combats de la <span class="s2">guerre d’Afrique du Sud pour les Canadiens : 21 morts et 60 blessés. Les trois quarts des victimes tombèrent pendant la charge. Quant aux Cornwalls, ils avaient perdu 56 hommes, </span>presque tous tués pendant la charge.</p>
<p class="p2">Face à l’échec de ces charges frontales, les Britanniques décidèrent d’avoir recours à un siège, lequel dura jusqu’au 26 février. Croyant qu’il ne restait que peu de provisions aux Boers et que leur moral chancelait, les Canadiens reçurent l’ordre de mener une <span class="s2">attaque nocturne. Le 27 février à 2 h, sous un ciel étoilé, baïonnette au fusil, le RCR rampa silencieusement en deux lignes espacées de 4,5 mètres. Aucun mouvement ne fut décelé dans les tranchées boers jusqu’à ce que le bataillon s’en approche à 100 mètres à peu près. Soudainement, les Canadiens étaient à découvert sous un feu meurtrier. Six hommes furent tués et 21, blessés en quelques secondes. Ils s’allongèrent par terre et la première ligne riposta tandis que la deuxième continua son avancée. Au bout d’un échange de tirs de 15 minutes, un Boer cria à la force de se replier. Quatre des six compagnies tombèrent dans le panneau et se retirèrent. Deux compagnies de Néo-Écossais, de Néo-Brunswickois et de Prince-Édouardiens ne furent pas dupes, et elles résistèrent jusqu’à l’aube. Un drapeau blanc apparut au-dessus des tranchées boers à 5 h 15. Les deux compagnies continuèrent de tirer jusqu’à ce qu’un émissaire boer émerge à 6 h pour se rendre sans condition.</span></p>
<p class="p2">Quelque 4 000 Boers, dont Cronjé, furent faits prisonniers. Le RCR avait perdu 33 hommes, 13 morts et 21 blessés, mais la voie de Bloemfontein était libre.</p>
<p class="p2"><img loading="lazy" decoding="async" class="alignnone size-full wp-image-4204" src="https://legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2017/06/Lord-Minto.jpg" alt="" width="600" height="700" srcset="https://legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2017/06/Lord-Minto.jpg 600w, https://legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2017/06/Lord-Minto-257x300.jpg 257w" sizes="(max-width: 600px) 100vw, 600px" /></p>
<p class="p1"><span class="s1">APRÈS LA DÉFAITE DE PAARDEBERG</span><span class="s2">, le commandement boer évita les combats réglés où la supériorité britannique en effectif et en puissance de feu garantissait pratiquement leur défaite. À la place, il formait des unités de commandos allant de quelques hommes à plusieurs milliers. Tirant parti d’un vaste réseau de dépôts pour leur réapprovisionnement et grâce à l’aide des Boers sympathisants, les commandos ne se déplaçaient qu’avec peu d’armes et bagages, frappaient rapidement les réseaux de communication britanniques et se volatilisaient avant que les Britanniques puissent réagir. Cette guérilla réduisait à néant les efforts que faisaient les Britanniques pour capturer le territoire afrikaner. Il leur fallait aussi des milliers d’hommes pour protéger les réseaux de routes et de voies ferrées dont ils dépendaient pour se réapprovisionner et faire venir des renforts.</span></p>
<p class="p2"><span class="s2">Le deuxième contingent, se composant de troupes montées, était fort bien adapté à ce nouveau mode de combat, mais cela signifiait que les hommes de l’unité ne servaient que rarement ensemble, surtout dans le cas de la RCFA, dont même les batteries furent réparties entre diverses colonnes britanniques qui poursuivaient les commandos boers.</span></p>
<p class="p2"><span class="s2">La RCD et les batteries D et E furent les premières à être affectées à la « chasse aux rebelles ». Du 4 mars au 14 avril, des sections de ces deux unités accompagnèrent les soldats britanniques sur plus de 1 100 kilomètres de terrain difficile entre Victoria West et Upigton, </span>sans engager le combat avec des Boers.</p>
<p class="p2">Le 10 avril, le Strathcona atterrissait à Cape Town. En chemin, 27 p. 100 de ses chevaux avaient succombé à la maladie, principalement la pneumonie. Ceux qui <span class="s2">survivaient étaient en piètre état. Les hommes n’étaient guère plus vaillants, 63 d’entre eux s’étant portés malades pendant les deux premières semaines du déploiement.</span></p>
<p class="p2"><img loading="lazy" decoding="async" class="alignnone size-full wp-image-4203" src="https://legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2017/06/Horace-Smith.jpg" alt="" width="600" height="483" srcset="https://legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2017/06/Horace-Smith.jpg 600w, https://legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2017/06/Horace-Smith-300x242.jpg 300w" sizes="(max-width: 600px) 100vw, 600px" /></p>
<p class="p1"><span class="s1">PENDANT CE TEMPS</span><span class="s2">, le 7 mars, le RCR </span>se joignait à la grande avancée des<span class="s2"> Britanniques vers Bloemfontein. Le 15 mars, après une marche épuisante dans la chaleur<br />
où les hommes faisaient en moyenne 25 kilomètres par jour, la colonne s’introduisit dans la capitale de l’État libre d’Orange sans résistance. Une épidémie de typhus frappa peu après, emportant six hommes. Le 20 avril, le régiment quitta Bloemfontein pour nettoyer une unité de commandos boers à l’est de la ville, laissant quatre officiers et 150 hommes à l’hôpital.</span></p>
<p class="p2"><span class="s2">Le 25 avril, les Canadiens traversèrent un terrain à découvert sous la protection de l’artillerie britannique pour prendre le village de Thaba ‘Nchu et deux kopjes (petites collines sur un terrain plat) adjacentes. Le feu nourri des fusils boers tua un homme, en blessa deux autres, et stoppa net l’avancée de la ligne. Otter fut blessé d’une balle au menton et au cou pendant qu’il essayait d’organiser ses hommes, et il fut mis hors de combat pour un mois. La bataille d’Israel Poort, comme on l’a appelée par la suite, fit rage pendant trois heures, jusqu’au repli des Boers. Il n’y eut pas d’autres pertes du côté des Canadiens.</span></p>
<div class="caption_img">
        <img loading="lazy" decoding="async" class="wp-image-4197" src="https://legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2017/06/Boer-War-10.jpg" alt="" width="600" height="480" srcset="https://legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2017/06/Boer-War-10.jpg 2500w, https://legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2017/06/Boer-War-10-300x240.jpg 300w, https://legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2017/06/Boer-War-10-768x614.jpg 768w, https://legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2017/06/Boer-War-10-1024x819.jpg 1024w" sizes="(max-width: 600px) 100vw, 600px" />
        <div class="caption">
            <span>Le Royal Canadian Regiment et le 1st Gordon Highlanders, ayant traversé la rivière Modder à gué, arrivèrent à temps pour se joindre à la journée de combats la plus meurtrière pour les Britanniques. Malgré cela, lorsque l’offensive prit fin le 27 février, la Grande-Bretagne avait remporté sa première victoire contre les Boers, un tournant décisif. </span>
            
        <div class="credit">
            <span>Reinhold Thiele/BAC/C-014923</span>
        </div>

        </div>
        
    </div>
<p class="p2"><span class="s2">Le lendemain, une autre attaque était lancée contre les Boers qui avaient réoccupé un village pour bloquer la route de Pretoria. La bataille mouvementée de quatre jours se termina quand des Canadiens et des Gordon Highlanders, ayant gravi la face abrupte du plateau de Thaba ’Nchu, chassèrent les </span>Boers de cet emplacement stratégique. Malgré la férocité du feu des Boers, les <span class="s2">Canadiens n’y perdirent qu’un seul homme. Cette victoire ouvrit la voie vers Pretoria.</span></p>
<p class="p2"><span class="s2">Le RCR, dont les effectifs avaient été réduits par la maladie, reçut heureusement 103 volon-taires en renfort juste avant de reprendre son avancée, mais n’eut pas le temps de les former </span>ni de les intégrer dans l’unité. Le 10 mai, <span class="s2">il atteignit la rivière Zand, où la bataille du gué se poursuivait. Quatre compagnies de Canadiens essayèrent de prendre un point élevé qui surplombait la rivière à l’extrême droite de la ligne britannique, tandis que les </span><span class="s3">autres compagnies appuyèrent une brigade qui combattait au flanc gauche. Aussitôt que les compagnies atteignirent la colline, elles se trouvèrent dans la mire d’environ 800 Boers. Le sommet de la petite colline étant exigu, une seule compagnie pouvait y former une ligne de feu, alors une autre se plaça en réserve et les deux dernières retournèrent à la brigade principale pour moins s’exposer au feu de l’ennemi. Finalement, une section d’artillerie vint les rejoindre et débloqua la situation en dispersant les Boers. Deux Canadiens avaient été tués et deux, blessés.</span></p>
<div class="caption_img">
        <img loading="lazy" decoding="async" class="wp-image-4198" src="https://legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2017/06/Boer-War-11.jpg" alt="" width="600" height="480" srcset="https://legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2017/06/Boer-War-11.jpg 2500w, https://legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2017/06/Boer-War-11-300x240.jpg 300w, https://legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2017/06/Boer-War-11-768x614.jpg 768w, https://legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2017/06/Boer-War-11-1024x819.jpg 1024w" sizes="(max-width: 600px) 100vw, 600px" />
        <div class="caption">
            <span>Le contingent du Strathcona’s Horse de Samuel Steele – 540 hommes et 599 chevaux – mirent le cap sur l’Afrique du Sud à bord du Monterey. </span>
            
        <div class="credit">
            <span>BAC/PA-028434</span>
        </div>

        </div>
        
    </div>
<p class="p2"><span class="s3">Le 26 mai, Otter reprit le commandement et le RCR, dont l’effectif s’élevait à 443 hommes, traversa la rivière Vaal et fut le premier bataillon britannique à entrer au Transvaal. Il atteignit la rivière Klip trois jours plus tard et y découvrit des Boers retranchés en haut de la colline Doornkop. Le RCR et d’autres bataillons de la 19<sup>e</sup> Brigade s’avancèrent à 13 h 45, les Canadiens et les Gordon Highlanders en tête. Les Boers incendièrent le veld, et les vêtements et les cheveux de quelques soldats roussirent lorsqu’ils contournèrent les flammes. Le feu imprécis de l’artillerie boer commença lorsque la ligne frontale était à 1 800 mètres de la ligne défensive. Les Boers retranchés, de leur position élevée à 1 000 mètres des Canadiens, prirent ces derniers dans un feu croisé lorsqu’ils s’engagèrent dans le terrain noirci par l’incendie devant la colline. Les Canadiens se mirent à couvert, mais les membres du Gordon continuèrent. Juste avant la tombée de la nuit, ils chargèrent la position des Boers à la baïonnette. Vingt soldats du Gordon furent tués et 70, blessés, mais ils avaient nettoyé la colline avec l’appui des Canadiens. </span>Sept Canadiens avaient été blessés.</p>
<p class="p2">Le 5 juin, les 437 hommes du RCR<span class="s3"> arrivèrent à Pretoria, qui était sans défense. </span>Après Pretoria, le RCR se consacra à des activités de garnison à plusieurs gares ferroviaires jusqu’à la fin de sa période <span class="s3">d’affectation. Le 1<sup>er</sup> octobre, 11 mois après son arrivée à Cape Town, il repartit au Canada.</span></p>
<p class="p2"><span class="s3">Le RCR n’est pas le seul régiment canadien </span>à avoir pris part à la marche vers Pretoria. Dans une autre colonne, trois escadrons du CMR et la RCD faisaient partie de la 1<sup>re </sup><span class="s3">Brigade de fantassins portés. Leur marche de 33 jours emprunta une voie différente de celle qu’avait empruntée le RCR. Ils livrèrent plu-sieurs combats intenses, notamment au gué de Coetzee, le 5 mai, participèrent aux batailles de la rivière Zand et de Doornkop, et entrèrent dans Pretoria le 6 juin. Deux Canadiens seulement furent blessés pendant ces engagements.</span></p>
<p class="p2"><span class="s3">Pendant la marche du RCR et des régiments de fantassins portés vers Pretoria, des batteries de la RCFA se joignirent à la relève de Mafeking. Le plan des Britanniques était de s’avancer sur Mafeking en venant du nord et du sud. Au nord, il n’y avait qu’un seul régiment, le Rhodesian Regiment dont l’effectif s’élevait à 800 hommes et qui n’était pas assez puissant pour défier les Boers. La batterie C de la RCFA et une force de campagne rhodésienne de 5 000 hommes prirent la mer pour leur venir en renfort, atterrissant à Beira, en Afrique de l’Est portugaise. Un </span>voyage pénible de 1 600 kilomètres, en partie en train et le reste à pied, amena la <span class="s3">colonne par le nord à Mafeking. Le 15 mai, la force de campagne se joignit à une colonne s’approchant du sud à Jan Massibi et tomba sur une force de siège boer vers midi le 16 mai.</span></p>
<p class="p2"><span class="s3">La batterie canadienne se livra à un combat de trois heures avec les canonniers boers à la gare de Sanie et elle parvint à libérer la route. Vers 4 h, le 17 mai, les éléments de tête entrèrent dans Mafeking où ils furent accueillis chaleureusement par les défenseurs épuisés. La batterie C resta au Transvaal du Nord-Ouest jusqu’à son retour à Cape Town, le 20 novembre, puis elle partit pour le Canada le 13 décembre. Pendant ce temps, elle s’était livrée à de nombreux petits combats, poursuivant les insaisissables commandos boers qui occupaient les villes et détruisaient les voies ferrées dans une quasi-impunité. Ailleurs en Afrique du Sud et dans les États afrikaners, la même tâche ingrate fut confiée aux autres unités d’artillerie canadiennes.</span></p>
<div class="caption_img">
        <img loading="lazy" decoding="async" class="wp-image-4199" src="https://legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2017/06/Boer-War-12.jpg" alt="" width="600" height="906" srcset="https://legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2017/06/Boer-War-12.jpg 600w, https://legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2017/06/Boer-War-12-199x300.jpg 199w" sizes="(max-width: 600px) 100vw, 600px" />
        <div class="caption">
            <span>Le chef de la rébellion boer, le général et politicien Christiaan de Wet, échappa à la capture jusqu’à la toute fin de la guerre. </span>
            
        <div class="credit">
            <span>Alamy/BGCY99</span>
        </div>

        </div>
        
    </div>
<p class="p1"><span class="s4">LES DEUX RÉGIMENTS</span><span class="s3"> canadiens finirent par entrer au Transvaal par le Nord-Est et furent contraints de poursuivre la stratégie de la terre brûlée, incendiant les fermes et emprisonnant la population boer, pour priver les commandos d’aide. Le 6 novembre, une colonne commandée par Smith-Dorrien s’apprêta à frapper les commandos boers dans la région de Carolina. Le CMR, la RCD et la batterie D prirent part à l’assaut. Après une série d’escarmouches qui ne réussit pas à réprimer les Boers, Smith-Dorrien décida à Leliefontein de se replier et de retourner à Belfast. C’est la RCD qui servit d’arrière-garde.</span></p>
<p class="p2"><span class="s3">Au début du repli, le 7 novembre, deux unités de commandos de quelque 200 hommes passèrent à l’attaque. La RCD repoussa les Boers avec l’aide des deux canons de la batterie D tout en effectuant un retrait ordonné. Il semblait de plus en plus probable que les canons seraient capturés, à mesure que les Boers redoublaient d’efforts. Ce n’est que grâce à une embuscade improvisée par le lieutenant Richard Turner et 12 hommes que les Boers échouèrent. L’action fit trois morts et 11 blessés en tout à la RCD. Turner et deux autres, le lieutenant Hampden </span>Zane Churchill Cockburn et le sergent <span class="s3">Edward James Gibson Holland, obtinrent la Croix de Victoria. C’est à Leliefontein qu’eut lieu la dernière bataille importante du deu-xième contingent. La plupart de ses soldats retournèrent à Halifax le 8 janvier 1901.</span></p>
<p class="p2"><span class="s3">Le Strathcona, en tant que partie de la force de campagne de Natal, reçut aussi la consigne de Kitchener de suivre la stratégie de la terre brûlée. Le 1<sup>er</sup> septembre 1900, le Strathcona partit avec Buller vers Lydenburg à la poursuite d’une unité de 2 000 commandos. Une bataille intermittente et en constant déplacement s’ensuivit, les Boers fuyant la force de campagne de Natal qui essayait de les contenir. La poursuite fut abandonnée au bout d’un mois, et la force de campagne </span>de Natal fut divisée à la mi-octobre. Le <span class="s3">Strathcona se prépara à revenir au Canada.</span></p>
<p class="p2"><span class="s3">Cependant, l’action des Boers fut ravivée contre toute attente, sous le commandement du général Christiaan de Wet. Cela surprit les Britanniques, et Kitchener rappela le Strathcona le 24 octobre. Trois jours après, Steele et sa force de plus en plus démoralisée retournèrent au combat. Le Strathcona avança et recula dans les secteurs </span>de l’État libre d’Orange et du Transvaal. Bien qu’il y eut plu-sieurs batailles, de Wet échappa à la capture, et la poursuite fut abandonnée le 9 janvier 1901. <span class="s3">Le Strathcona prit la mer à la fin du mois pour retourner au pays. Vingt-trois de ses membres avaient trouvé la mort en Afrique du Sud.</span></p>
<p class="p1"><span class="s4">AINSI PRIT FIN</span><span class="s3"> la contribution militaire du Canada à la deuxième guerre des Boers. Environ 280 des 7 368 Canadiens qui servirent en Afrique du Sud y moururent. La maladie et les accidents avaient fait plus de victimes que les combats.</span></p>
<p class="p2"><span class="s3">Le 31 mai 1902, les Boers acceptèrent la perte de leur indépendance et signèrent un accord de paix avec la Grande-Bretagne. Pour le Canada, les contingents envoyés en Afrique du Sud avaient établi un précédent important, car la plupart demeurèrent des unités commandées par des officiers canadiens. Pour un grand nombre de Canadiens, toutefois, la guerre avait laissé un gout amer. Même Otter en dit que ç’avait été « du sang et du sable, et tout ce qui est désagréable, et tout cela pour un ruban de terre et une pièce d’argent ».</span></p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Le plus doux des printemps</title>
		<link>https://legionmagazine.com/fr/2015/06/le-plus-doux-des-printemps/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Mark Zuehlke]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 04 Jun 2015 19:37:58 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Articles principaux]]></category>
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					<description><![CDATA[L’armée canadienne a joué un rôle important dans la libération des Pays-Bas. Le Canada et la Hollande sont d’excellents amis depuis lors. Une multitude de citoyens hollandais accueillent la 49e Division britannique lors de la libération d Utrecht, le 7 mai 1945. Cette division servait alors avec la Première Armée canadienne. J. ERNEST DEGUIRE/MDN/BAC/PA-171747 La [&#8230;]]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><strong>L’armée canadienne a joué un rôle important dans la libération des Pays-Bas. Le Canada et la Hollande sont d’excellents amis depuis lors.</strong></p>
<p><em></p>
<div class="caption_img "	style="width:515px"><img loading="lazy" decoding="async" class="alignnone wp-image-3453 size-full" src="https://legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2015/06/netherlands-1_pa-171747.jpg" alt="Une multitude de citoyens hollandais accueillent la 49e Division britannique lors de la libération d Utrecht, le 7 mai 1945. Cette division servait alors avec la Première Armée canadienne. [J. ERNEST DEGUIRE/MDN/BAC/PA-171747]" width="515" height="382" srcset="https://legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2015/06/netherlands-1_pa-171747.jpg 515w, https://legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2015/06/netherlands-1_pa-171747-300x223.jpg 300w" sizes="(max-width: 515px) 100vw, 515px" /></p>
<div class="caption"><span>Une multitude de citoyens hollandais accueillent la 49e Division britannique lors de la libération d Utrecht, le 7 mai 1945. Cette division servait alors avec la Première Armée canadienne. </span></div>
<div class="credit"><span>J. ERNEST DEGUIRE/MDN/BAC/PA-171747</span></div>
</div>
<p></em></p>
<p><strong>La Seconde Guerre mondiale</strong> en Europe a pris fin officiellement le 7 mai 1945, jour de la reddition inconditionnelle des forces allemandes. Pour la Première Armée canadienne, cependant, elle s’était terminée deux jours avant. Le 5 mai, la Vingt-cinquième Armée allemande, composée de 120 000 hommes et commandée par le général Johannes Blaskowitz avait déposé les armes à Wageningen, aux Pays-Bas, aux pieds du lieutenant-général Charles Foulkes, commandant du 1er Corps canadien. Presque en même temps, à la ville de villégiature allemande de Bad Zwischenahn, le lieutenant-général Guy Simonds du 2e Corps canadien acceptait la reddition du général Erich von Straube, commandant de quelque 93 000 soldats au nord-ouest de l’Allemagne.</p>
<p>Cette dernière reddition s’est passée en sourdine, mais aux Pays-Bas, l’avènement de la paix a suscité une éruption de réjouissances publiques que ni les Néerlandais ni les soldats canadiens n’oublieraient. En nul endroit les célébrations spontanées n’ont-elles été plus joyeuses que dans les grandes villes comme Amsterdam, Rotterdam, Utrecht et La Haye. Le 5 mai, la plus grande partie des Pays-Bas avait été libérée, l’exception étant la partie Ouest où sont situées ces villes. Les troupes canadiennes sont arrivées dans cette région après la capitulation.</p>
<p>Quand le Seaforth Highlanders of Canada est entré à Amsterdam, il a été accueilli par « des milliers et des milliers » de Néerlandais longeant les rues, comme l’a griffonné dans son journal Roy Durnford, aumônier du Seaforth.</p>
<div class="caption_img "	style="width:515px"><img loading="lazy" decoding="async" class="alignnone wp-image-3454 size-full" src="https://legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2015/06/netherlands-2_e010865632.jpg" alt="Ces patients avaient été transportés dans la rue pour prendre part aux célébrations à Utrecht. [BAC/MIKAN-4476772]" width="515" height="485" srcset="https://legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2015/06/netherlands-2_e010865632.jpg 515w, https://legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2015/06/netherlands-2_e010865632-300x283.jpg 300w" sizes="(max-width: 515px) 100vw, 515px" /></p>
<div class="caption"><span>Ces patients avaient été transportés dans la rue pour prendre part aux célébrations à Utrecht. </span></div>
<div class="credit"><span>BAC/MIKAN-4476772</span></div>
</div>
<p>« Des fleurs — des roses, des tulipes, et d&#8217;autres fleurs de toutes sortes. Les foules chargent tous les véhicules [&#8230;] Accueil formidable. Ils nous disent dans un mauvais anglais, avec des larmes de joie débridée, à quel point ils nous sont reconnaissants. Les enfants sont adorables. Terrible pénurie de nourriture, ½ miche de pain, une poignée de pommes de terre par semaine. Pas de gras, pas de thé, sucre, cacao, bois de chauffage. Des milliers de personnes âgées meurent. Nous campons au parc [&#8230;] Je me réjouis aujourd’hui avec les gens libres. »</p>
<p>Pour tenir la foule à distance, les Canadiens ont campé dans le grand Vondelspark du centre de la ville. Malgré les barricades autour de leurs tentes et de leurs véhicules, il était facile de s’y infiltrer. La jeune Margriet Blaisse s’y est glissée en sortant simplement de son arrière-cour par le portail. Elle est allée directement vers un officier de grande taille et l’a invité chez elle rencontrer ses parents. Le lieute-nant Wilf Gildersleeve y a emmené 19 de ses amis.</p>
<p>« Mes parents ne pouvaient pas y croire, a écrit Blaisse par la suite. Ils étaient tous assis au balcon à rire, à pleurer et à parler [&#8230;]. Ensuite, ils sont partis. Dans la soirée [&#8230;] nous avons entendu frapper à la porte d’entrée [&#8230;]. Je suis descendue et Wilf était là avec un ami. Wilf était vêtu d’un kilt et il avait les bras pleins de pain, de beurre, de fromage et de jambon [&#8230;]. Oh, mon doux, nous avons tellement mangé ce soir-là. »</p>
<p>Le père de Blaisse l’a mise en garde, « quoi que tu fas-ses, ne tombe pas amoureuse de l’un d’eux. Ils vont tous retourner au Canada et tu vas rester ici, à Amsterdam! »</p>
<p><strong>Bien que les Néerlandais</strong> se souviennent du prin-temps de 1945 comme étant le plus « doux », pour les soldats canadiens cette douceur était accompagnée d’un peu d’aigreur. Au total, plus de 7 600 aviateurs, marins et soldats canadiens ont donné leur vie pour la liberté des Néerlandais, et leurs restes ont été enterrés sur le territoire néerlandais. 1 191 soldats ont trouvé la mort rien qu’en avril 1945. 114 autres sont tombés pendant les premiers jours du mois de mai.</p>
<p>Les provinces méridionales des Pays-Bas avaient été libérées au cours de l’opération Market Garden, qui par ailleurs avait été un échec, en septembre 1944 et lors de la campagne de l’estuaire de l’Escaut menée de la fin de septembre au début de novembre. Toutefois, l’effort principal, celui de l’opération Plunder, n’a eu lieu que le 23 mars 1945.</p>
<p>Dans le cadre de l’opération Plunder, la Première Armée canadienne avait reçu l’ordre de pénétrer en Allemagne en traversant le Rhin et de faire un crochet vers la gauche en direction des Pays-Bas, ce qui la situerait derrière les principales défenses de l’ennemi. Bien qu&#8217;ils eussent essuyé de lourdes pertes en faisant irruption aux Pays-Bas, les Canadiens y ont entrepris une double avancée. Le 2e Corps canadien a poussé vers le Nord par le centre du pays et le 1er Corps canadien, venu d’Italie prendre part à cette opération, a pris la direction des grandes villes de l’Ouest.</p>
<p>Le grand état-major canadien savait que les soldats allant vers ces villes faisaient une course contre la montre. Les Allemands avaient créé une grande disette dans les villes et même dans une grande partie des campagnes. Ils les avaient dépouillées de tout objet de valeur et ils avaient détruit les réseaux de transport, de carburant et d’électricité du pays. L’hiver 1944-1945 en Europe avait été celui des pires intempéries depuis au moins 50 ans. Il n’y avait pas de carburant pour le chauffage ni pour la cuisson. Les Néerlandais l’avaient baptisé Hongerwinter (hiver de la faim). Quelque 20 000 Néerlandais étaient morts de faim au cours des mois précédant la libération. Beaucoup d’entre eux avaient été réduits à manger des bulbes de tulipe pour survivre.</p>
<p>Craignant qu’une poussée directe en Hollande occidentale n’incite les défenseurs allemands de plus en plus désespérés, car on leur avait enlevé toute possibilité de retraite vers leur pays, à inonder la région en perçant les digues, l’avancée canadienne a été provisoirement arrêtée le 25 avril le long d’une ligne qui passait par Amersfoort. Les analystes du renseignement des Alliés craignaient aussi que des batailles dans les rues de ces villes ne causent de très nombreuses pertes civiles en plus d’un grand nombre de pertes militaires.</p>
<p><strong>On tâta le terrain secrètement</strong>, laissant le soin à la résistance néerlandaise de communiquer avec le commandement allemand. Cela a donné lieu, le 27 avril, à l’ouverture de négociations en vue d’un cessez-le-feu officiel dans la région. L’opération Manna a commencé le lendemain matin, dans le cadre de laquelle des bombardiers de l’Aviation royale canadienne et de la Royal Air Force larguaient des paquets de rations militaires pour les Hollandais. L’approvisionnement par voie aérienne ne pouvait cependant être qu’insuffisant. Il fallait des convois de camions et l’arrivée de cargos dans les ports de la région, pour le transport de nourriture en quantité raisonnable. Le 30 avril, les Allemands ont accepté de donner des saufconduits aux convois à partir du 2 mai. Trois cargos par jour seraient également autorisés dans le port de Rotterdam à partir du 4 mai. Entretemps, l’opération Manna se poursuivait.</p>
<p>Le capitaine Robert H. Parkinson du Corps royal de l’intendance de l’Armée canadienne était à la tête des premiers camions qui ont traversé les lignes allemandes. « Nous savions que nous apportions de la nourriture au peuple néerlandais, se rappelle-t-il. C’était intéressant et un peu effrayant de passer devant des soldats allemands qui avaient encore toutes leurs armes [&#8230;]. Nous avons déchargé les<br />
camions au bord de la route et donné la nourriture à une autorité néerlandaise quelconque [&#8230;]. Elle s&#8217;est chargée de la nourriture et nous n’avons eu [&#8230;] aucun contact avec les Allemands. » L’opération Faust a servi à livrer 1 000 tonnes de vivres et de matériel médical par jour. Elle a duré jusqu’au 8 mai.</p>
<p>Pendant la lente reconstruction des Pays-Bas, les Canadiens attendaient l’ordre de rentrer chez eux. Le dernier n’a quitté le pays qu’à la fin de 1946. Ils étaient 1 886 à revenir avec une épouse néerlandaise. Wilf Gildersleeve est revenu seul au pays, mais il est retourné là-bas peu après pour épouser Margriet Blaisse et la ramener au Canada.</p>
<p>Le 4 mai est le jour du Souvenir aux Pays-Bas. C’est toujours une occasion solennelle pendant laquelle les Hollandais organisent des cérémonies aux cimetières militaires canadiens de Bergen op Zoom, de Groesbeek et de Holten. À Holten, les enfants de la région déposent une tulipe jaune devant chacune des 1 393 pierres tombales. À Groesbeek, des milliers de citoyens néerlandais défilent en silence jusqu’au cimetière, au coucher du soleil, pour rendre hommage aux plus de 2 300 Canadiens qui y sont enterrés. Comme la ville de Bergen op Zoom a été libérée pendant les combats de l’Escaut, le 27 octobre 1944, c’est à cette date-là qu’ont lieu les commémorations à ce cimetière.</p>
<p>Le 5 mai, jour de la libération néerlandaise est beaucoup moins sombre que le précédent, mais il est quand même marqué par des cérémonies de commémoration. Le défilé et le festival de Wageningen sont les temps forts de la journée dans la ville où les Allemands se sont rendus. D’anciens combattants canadiens, des représentants des chapitres canadien et néerlandais de la Légion royale canadienne, des colonnes de véhicules militaires servant aux reconstitutions historiques, plusieurs orchestres de cornemuses et tambours et des membres des Forces armées canadiennes y ont participé au cours des années. Des foules de plus de 120 000 personnes y assistent, réaffirmant le très bon souvenir des évènements qui ont uni à jamais le Canada et les Pays-Bas.</p>
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