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	<title>Serge Durflinger &#8211; La revue Légion</title>
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		<title>Les meilleurs membres d’équipage de char d’assaut</title>
		<link>https://legionmagazine.com/fr/2025/07/les-meilleurs-membres-dequipage-de-char-dassaut/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Serge Durflinger]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 23 Jul 2025 14:50:56 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Articles principaux]]></category>
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					<description><![CDATA[Le Three Rivers Regiment pendant la Seconde Guerre mondiale]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<div class="caption_img">
        <a href="https://legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2025/07/PA-130352-V2.jpg"><img fetchpriority="high" decoding="async" class="wp-image-6691 size-full" src="https://legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2025/07/PA-130352-V2.jpg" alt="" width="800" height="684" srcset="https://legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2025/07/PA-130352-V2.jpg 800w, https://legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2025/07/PA-130352-V2-300x257.jpg 300w, https://legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2025/07/PA-130352-V2-768x657.jpg 768w" sizes="(max-width: 800px) 100vw, 800px" /></a>
        <div class="caption">
            <span>Des membres du Three Rivers Regiment posent devant un char allemand qu&#8217;ils ont détruit à Termoli en Italie, le 9 octobre 1943. </span>
            
        <div class="credit">
            <span>Dwight E. Dolan/MDN/BAC/PA-130352</span>
        </div>

        </div>
        
    </div>
<p class="p1"><strong>L</strong>’<b>une des unités</b> de blindés du Canada qui connut le plus de succès <span class="s1">lors de la Seconde Guerre mondiale avait ses modestes origines dans la </span>petite ville industrielle québécoise de Trois-Rivières. Établi en tant <span class="s1">qu’unité de réserve d’infanterie fran</span>cophone en 1871, le Three Rivers Regiment (TRR) avait été converti en unité blindée en 1936, bien qu’il eût fallu attendre 1940 pour qu’il <span class="s1">ait des chars. En 1943, il fut désigné 12<sup>e</sup> Régiment blindé canadien (The Three Rivers Regiment).</span></p>
<p class="p2"><span class="s1">Le TRR fut mis en service actif le 1<sup>er</sup> septembre 1939. Le recrutement traina, en partie à cause du besoin de mécaniciens et d’opérateurs radio à une époque où ni les manuels de formation ni ceux d’entretien n’existaient en français. En octobre, 250 hommes de Trois-Rivières s’étaient enrôlés (dont beaucoup étaient anglophones), et 167 hommes du Victoria Rifle de Montréal, ainsi que certains officiers anglophones d’autres unités, furent mutés au régiment pour renforcer les rangs. </span></p>
<p class="p2">Le TRR conserva en partie son caractère bilingue, mais la principale langue du régi<span class="s1">ment était l’anglais. À la fin de la guerre, 83 % de ses membres qui avaient servi outre-mer étaient anglophones, </span>et 14 % seulement venaient de Trois-Rivières.</p>
<p class="p2">Le TRR arriva en Grande-Bretagne le 30 juin 1941, et il fut envoyé à Salisbury Plain pour une formation poussée. Il faisait partie de la 1<sup>re</sup> Brigade de chars de l’Armée canadienne (appelée Brigade blindée par la suite), et <span class="s1">servait aux côtés des régiments de Calgary et de l’Ontario. L’effectif de l’unité s’élevait à 614 hommes, dont 41 officiers. Après avoir été équipé successivement de chars Matilda II, Churchill, Ram et, enfin, Sherman, </span>le régiment était prêt à combattre.</p>
<p class="p2">Le 10 juillet 1943, le TRR, sous le commandement du <span class="s1">lieutenant-colonel Eric Leslie Booth et composé de 54 chars d’assaut, débarqua en Sicile dans le cadre de l’opération <i>Husky</i>. Cinq jours après, à Grammichele, il fut la première formation de chars canadienne à détruire des chars allemands.</span></p>
<p class="p1"><span class="s1"><b>L’un des grands faits d’armes</b> du régiment prit place les 5 et 6 octobre 1943, après l’invasion Alliée de l’Italie continentale. Deux jours avant, les Britanniques avaient audacieusement débarqué à Termoli, sur la côte de l’Adriatique. Or, l’opération risquait de tourner au désastre, car ils étaient attaqués par la 16<sup>e</sup> <i>Panzerdivision</i> allemande. </span></p>
<p class="p2"><span class="s1">Les Sherman du TRR roulèrent pendant 16 heures pour se porter au secours des Britanniques et, en détruisant une dizaine de chars et de nombreux autres véhicules, ils obligèrent les Allemands à battre en retraite. Le prix payé? Neuf hommes tués ou blessés, et la perte de cinq chars. « Les cavaliers ont bien raison d’être fiers du travail de la journée », écrivit </span>Jean-Yves Gravel, <span class="s1">l’historien du régiment.</span></p>
<div class="caption_img">
        <a href="https://legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2025/07/PA-205255-v2.jpg"><img decoding="async" class="wp-image-6690 size-full" src="https://legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2025/07/PA-205255-v2.jpg" alt="" width="800" height="778" srcset="https://legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2025/07/PA-205255-v2.jpg 800w, https://legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2025/07/PA-205255-v2-300x292.jpg 300w, https://legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2025/07/PA-205255-v2-768x747.jpg 768w" sizes="(max-width: 800px) 100vw, 800px" /></a>
        <div class="caption">
            <span>Le soldat J.W. McConnell du Three Rivers Regiment examine un char allemand près d&#8217;Ortona, en Italie, le 20 décembre 1943 (ci-contre). Le major Charles Comfort illustre les combats à Ortona (ci-dessous).</span>
            
        <div class="credit">
            <span>Terry F. Rowe/ MDN/BAC/PA-205255; Charles Comfort/CWM/19710261-2254</span>
        </div>

        </div>
        
    </div>
<p class="p2"><span class="s1">Deux mois plus tard, le TRR était pleinement engagé dans la capture d’Ortona, port de l’Adriatique. Ce fut l’une des batailles les plus ardues de la guerre pour l’armée canadienne.</span></p>
<blockquote>
<p class="p1">« Les cavaliers ont bien raison d’être fiers du travail de la journée. »</p>
</blockquote>
<p class="p2">Les Sherman fournirent un soutien rapproché à l’infanterie dans la ville, détruisant les bâtiments où s’abritaient des mitrailleuses, des soldats, des tireurs d’élite et des armes antichars de l’ennemi. Le lieutenant John Wallace du TRR s’est souvenu par la suite que les Allemands dissimulaient leurs mines et leurs armes antichars de « manières diaboliques et étonnantes ».</p>
<p class="p2">Entre le 15 et le 29 décembre, le TRR déplora 33 morts et blessés, perdit cinq chars, et en vit 12 autres endommagés.</p>
<p class="p2">Le terrain en Italie n’était pas <span class="s1">des meilleurs pour les chars et, en</span> 1944, le régiment se battait dans des collines et des vallées, le long de routes boueuses et contre un <span class="s1">ennemi bien fortifié et acharné. En</span> mai, il traversa avec difficulté les puissantes lignes Gustav et Hitler au sud de Rome, combattant à Monte Cassino en cours de chemin.</p>
<p class="p2">Fin juin eurent lieu les pires pertes de la guerre que subit le régiment, dans la ligne Trasimene, au nord de Rome : 64 morts et blessés et 22 chars détruits. Néanmoins, Gerald W.L. Nicholson, historien officiel de l’Armée canadienne, qualifia les actions du TRR de « brillantes ».</p>
<p class="p2"><span class="s1">Pendant les 20 mois qu’il passa </span>en Italie, le TRR dénombra 114 morts et 331 blessés, et cinq de ses hommes furent faits prisonniers. Il avait passé plus de temps au front que toute autre unité de l’Armée canadienne et avait reçu plus d’honneurs de guerre que tout autre régiment blindé canadien.</p>
<p class="p2">Le régiment fut démobilisé à <span class="s1">Trois-Rivières le 30 novembre 1945, et il est aujourd’hui perpétué par le 12<sup>e </sup>Régiment blindé du Canada.</span></p>
<p><a href="https://legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2025/07/19710261-2254.jpg"><img decoding="async" class="alignnone size-full wp-image-6689" src="https://legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2025/07/19710261-2254.jpg" alt="" width="800" height="512" srcset="https://legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2025/07/19710261-2254.jpg 800w, https://legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2025/07/19710261-2254-300x192.jpg 300w, https://legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2025/07/19710261-2254-768x492.jpg 768w" sizes="(max-width: 800px) 100vw, 800px" /></a></p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>L’invasion américaine</title>
		<link>https://legionmagazine.com/fr/2025/07/linvasion-americaine/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Serge Durflinger]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 23 Jul 2025 14:05:06 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Articles principaux]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://legionmagazine.com/fr/?p=6679</guid>

					<description><![CDATA[COMMENT LES BRITANNIQUES ET LEURS SUJETS CANADIENS ONT REPOUSSÉ L’ATTAQUE DE 1775-1776 CONTRE LA PROVINCE DE QUÉBEC]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<div class="caption_img">
        <a href="https://legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2025/07/The_Death_of_General_Montgomery_in_the_Attack_on_Quebec_December_31_1775.jpg"><img loading="lazy" decoding="async" class="wp-image-6686 size-full" src="https://legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2025/07/The_Death_of_General_Montgomery_in_the_Attack_on_Quebec_December_31_1775.jpg" alt="" width="800" height="533" srcset="https://legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2025/07/The_Death_of_General_Montgomery_in_the_Attack_on_Quebec_December_31_1775.jpg 800w, https://legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2025/07/The_Death_of_General_Montgomery_in_the_Attack_on_Quebec_December_31_1775-300x200.jpg 300w, https://legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2025/07/The_Death_of_General_Montgomery_in_the_Attack_on_Quebec_December_31_1775-768x512.jpg 768w" sizes="(max-width: 800px) 100vw, 800px" /></a>
        <div class="caption">
            <span>La mort du général américain Richard Montgomery lors de l’invasion de Québec en 1775, selon l’artiste John Trumbull. </span>
            
        <div class="credit">
            <span>John Trumbull/Galerie d’art de l’Université de Yale/Wikimédia</span>
        </div>

        </div>
        
    </div>
<p class="p1"><span class="s1"><b>EN 1775-1776</b>, le Canada faillit devenir une colonie américaine. Son destin allait dépendre d’une froide bataille matinale dans une tempête de neige aux portes de Québec.</span></p>
<p class="p2"><span class="s1">Seize ans plus tôt, les forces britanniques avaient vaincu les Français sur les plaines d’Abraham et occupé la forteresse de Québec. La France avait cédé le Canada à la Grande-Bretagne lors du traité de Paris de 1763 et abandonné les habitants de la Nouvelle-France, près de 70 000 désormais sous le joug des protestants britanniques. La Grande-Bretagne avait ainsi gagné une colonie catholique francophone, la province de Québec (alors communément appelée Canada), sans loyauté envers le nouveau régime et son roi. Les Canadiens craignaient </span>de perdre leur mode de vie.</p>
<p class="p2"><span class="s1">Guy Carleton, le major-général gouverneur de Québec, s’inquiétait </span>du mécontentement croissant dans les colonies américaines. Il ignorait également comment les Canadiens réagiraient à une éventuelle révolte américaine. <span class="s1">La province avait peu de défenses. Carleton avait besoin du soutien de gens influents, du clergé catholique et de l’aristocratie locale, qui, sentait-il, pourraient dissuader les Canadiens de se joindre à une éventuelle insurrection américaine.</span></p>
<p class="p2"><span class="s1">Carleton joua donc un rôle déterminant quand le Parlement britannique adopta l’<i>Acte de Québec </i>de 1774, qui garantissait les droits de l’Église catholique, le droit des catholiques d’exercer des fonctions, et le maintien des systèmes juridiques et fonciers français au Québec. La loi élargissait aussi </span>considérablement les frontières de la province de Québec pour englober la région des Grands Lacs à l’ouest jusqu’au confluent des rivières Mississippi et Ohio. La mesure servait essentielle<span class="s1">ment à empêcher les 13 colonies américaines, principalement côtières, de s’étendre vers l’ouest. Mais, l’<i>Acte de Québec </i>était une trahison aux yeux des Américains </span>rebelles. Ils considéraient la Grande-Bretagne comme l’ennemi et le Canada comme une proie potentiellement facile.</p>
<div class="caption_img">
        <a href="https://legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2025/07/img_1929.jpg"><img loading="lazy" decoding="async" class="wp-image-6685 size-full" src="https://legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2025/07/img_1929.jpg" alt="" width="800" height="1067" srcset="https://legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2025/07/img_1929.jpg 800w, https://legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2025/07/img_1929-225x300.jpg 225w, https://legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2025/07/img_1929-768x1024.jpg 768w" sizes="(max-width: 800px) 100vw, 800px" /></a>
        <div class="caption">
            <span>Le major-général britannique Guy Carleton, gouverneur de Québec, dirigea la défense du Canada. </span>
            
        <div class="credit">
            <span>Wikimédia</span>
        </div>

        </div>
        
    </div>
<p class="p2">Carleton était également parfaitement conscient qu’il y avait des sympathisants américains parmi les 2 000 colons britanniques de la province, surtout que beaucoup étaient venus des <span class="s1">colonies américaines du sud. C’était particulièrement le cas de la classe marchande britannique, fâchée de l’<i>Acte de Québec </i>qui menaçait son pouvoir commercial et politique.</span></p>
<p class="p2"><span class="s1">En 1774-1775, des agents américains diffusèrent de la propagande anti-britannique auprès des Canadiens, arguant que la révolution les libèrerait de la domination. La menace à peine voilée leur rappelait que les Canadiens étaient « un petit peuple, comparé à celui qui leur ouvrait grand les bras ».</span></p>
<p class="p2"><span class="s1">Les rebelles américains pourraient donc venir en conquérants plutôt qu’en libérateurs.</span></p>
<p class="p2"><span class="s1">Le meilleur cas de figure pour les Britanniques et les Américains serait la neutralité des Canadiens, qui voyaient leurs anciens ennemis s’orienter vers un conflit fratricide.</span></p>
<p class="p2"><span class="s1">La Révolution américaine commença en avril 1775 par les combats à Concord et à Lexington. Puis, les événements se précipitèrent. En mai, les forces américaines s’emparèrent des forts britanniques de Ticonderoga et de Crown Point, </span>points de départ classiques des attaques sur le Canada.</p>
<p class="p2"><span class="s1">Le Congrès continental américain décida d’envahir le Canada pour y encourager la révolte et empêcher les Britanniques de s’en servir comme base d’attaques contre les rebelles à New York ou au Massachusetts. Le Congrès ordonna au major-général Philip Schuyler de Ticonderoga de s’emparer du fort britannique de Saint-Jean, puis de Montréal.</span></p>
<p class="p1"><span class="s1"><b>Carleton ne commandait</b> que 944 soldats réguliers répartis au Québec, la plupart dans des forts de garnison situés le long de la rivière Richelieu. Le soutien de la milice composée de Canadiens et de colons britanniques loyaux était un besoin impératif. Mais, malgré l’appel aux armes du clergé, les francophones hésitaient.</span></p>
<p class="p2"><span class="s1">Sur un plan plus positif, Allan Maclean, lieutenant-colonel expérimenté, leva une nouvelle unité de réguliers très fiable composée principalement de colons écossais des Highlands recrutés au Canada : le Royal Highland Emigrants. Beaucoup étaient d’anciens combattants, prêts à défendre immédiatement la province.</span></p>
<div class="caption_img">
        <a href="https://legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2025/07/2WBJ916.jpg"><img loading="lazy" decoding="async" class="wp-image-6684 size-full" src="https://legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2025/07/2WBJ916.jpg" alt="" width="800" height="616" srcset="https://legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2025/07/2WBJ916.jpg 800w, https://legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2025/07/2WBJ916-300x231.jpg 300w, https://legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2025/07/2WBJ916-768x591.jpg 768w" sizes="(max-width: 800px) 100vw, 800px" /></a>
        <div class="caption">
            <span>Le brigadier-général Richard Montgomery prit le commandement de l’attaque américaine en septembre 1775. </span>
            
        <div class="credit">
            <span>Collection d’images historiques par Bildagentur-en ligne/Alamy/2WBJ916</span>
        </div>

        </div>
        
    </div>
<p class="p1">Une force d’environ 2 000 <span class="s1">New-Yorkais, dont un grand nombre étaient inexpérimentés, partit de Crown Point pour Saint-Jean le 30 aout. Ils arrivèrent cinq jours plus tard, leur nombre réduit par la maladie. Même leur commandant, Schuyler, était trop malade pour continuer. Le brigadier-général Richard Montgomery prit le commandement et assiégea le fort.</span></p>
<p class="p1"><span class="s1">Carleton misa presque tout sur la défense de la fortification de Saint-Jean, car il était peu probable que les médiocres murs de Montréal résistent à une attaque déterminée. Il y avait au fort de Saint-Jean 512 réguliers, 20 émigrants et 90 miliciens canadiens. Son commandant, le major Charles Preston, tint aussi longtemps qu’il le put.</span></p>
<p class="p1"><span class="s1">Mais, à 20 kilomètres au nord, le 17 octobre, les Britanniques se rendirent rapidement à une petite force américaine. Les envahisseurs s’étaient emparés d’une grande partie de son ravitaillement, donc tout espoir de relever Saint-Jean s’était évanoui. Preston rendit les armes le 3 novembre après une résistance héroïque, et la plupart de ses meilleurs soldats furent faits prisonniers.</span></p>
<p class="p1"><span class="s1">Sentant peut-être le cours des choses se renverser, certains des 900 miliciens canadiens de Montréal commencèrent à se détacher de la situation, à la grande déception de Carleton. Entretemps, d’autres Canadiens se joignaient aux envahisseurs. L’attitude de la population était le résultat de la perception de faiblesses chez les Britanniques et de la probabilité de leur défaite. Selon Carleton, « chaque individu semblait ressentir [sa] situation d’impuissance actuelle ». Pourquoi prendre les armes pour les Britanniques et ensuite encourir la colère des vainqueurs? La plupart des Canadiens restaient plutôt sur la touche.</span></p>
<p class="p1"><span class="s1">Pis encore, Carleton apprit qu’une force d’Américains commandée par le colonel Benedict Arnold avait atteint le fleuve Saint-Laurent à Pointe-Lévy, en face de Québec, le 8 novembre. Elle avait parcouru quelque 500 kilomètres en bateau et à pied dans la nature sauvage accidentée et en grande partie inhabitée du haut Massachusetts (aujourd’hui le Maine) en suivant les rivières Kennebec et Chaudière.</span></p>
<p class="p1"><span class="s1">L’historien George Stanley s’est émerveillé du remarquable « exploit d’endurance » des Américains et de leur capacité à manœuvrer « dans les marécages sans chemin, à travers les rivières glacées et sur les rapides dangereux, les hommes souffrant du froid, de la faim et du mauvais temps ».</span></p>
<p class="p1"><span class="s1">Il leur avait fallu sept semaines, et sur les 1 050 hommes du Massachusetts, de Pennsylvanie et de Virginie qu’il y avait au début du trajet, il n’en restait qu’environ 700, les autres ayant fait demi-tour, s’étant égarés ou ayant péri. Ils étaient épuisés et affamés, leurs vêtements en lambeaux, et pour survivre, certains avaient mangé de la soupe qu’ils avaient faite avec leurs chaussures et leurs ceintures en cuir. Nombreux étaient ceux qui souffraient de dysenterie.</span></p>
<p class="p1"><span class="s1">Arrivés au Canada, ils s’approvi-sionnèrent auprès des Canadiens </span>à des prix exorbitants. La force d’Arnold rassembla 40 petites embarcations et traversa le <span class="s1"><br />
Saint-Laurent les 13 et 14 novembre. Leur nombre étant insuffisant pour assiéger Québec. Les envahisseurs établirent un camp quelques jours après à Pointe-aux-Trembles, à 32 kilomètres à l’ouest, où ils attendirent Montgomery qui devait venir du sud-ouest.</span></p>
<p class="p3"><span class="s1"><b>Montréal était indéfendable<br />
</b></span>et se rendit sans combat le <span class="s1">13 novembre. Carleton, déguisé en fermier, s’enfuit à Trois-Rivières dans une barque avec des Canadiens aux rames, puis continua son voyage à bord d’un petit bateau. Il arriva à Québec le 19 novembre.</span></p>
<p class="p1"><span class="s1">Entretemps, comme il lui fallait placer des soldats en garnison à Montréal ou ailleurs, en plus des séquelles de maladie et de la fin du service d’un bon nombre de ses soldats, Montgomery n’avait plus sous ses ordres qu’à peu près 660 hommes : 300 des régiments de New York, 200 Canadiens recrutés à la hâte et 160 autres d’ici et là. Il disposait de quatre canons de 9 ou de 12 livres et six mortiers, ainsi que des vêtements d’hiver et des provisions pour les hommes d’Arnold.</span></p>
<p class="p1"><span class="s1">Montgomery rejoignit finalement Arnold en début décembre. Quelques jours plus tard, ils tentèrent d’assiéger la ville de Québec. Mais, les armes légères et les mortiers des Américains n’eurent aucun effet, car les canons de la ville étaient d’un calibre et d’une portée supérieurs à ceux des assaillants.</span></p>
<p class="p1"><span class="s1">La ville de Québec, essentielle à la défense du Canada, était presque dépourvue de soldats réguliers. Ainsi, Carleton devait compter sur la milice, les Emigrants, les équipages de navire alors dans le port et les citoyens volontaires sans expérience.</span></p>
<p class="p1"><span class="s1">« Je devrais m’encenser », écrivit-il au comte de Dartmouth, du fait que « nous puissions tenir bon, jusqu’à l’ouverture de la navigation au printemps prochain, au moins jusqu’à ce que quelques troupes remontent la rivière. » Mais, il désespérait : « Je pense que notre destin est extrêmement incertain ».</span></p>
<div class="caption_img">
        <a href="https://legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2025/07/E9M50A.jpg"><img loading="lazy" decoding="async" class="wp-image-6683 size-full" src="https://legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2025/07/E9M50A.jpg" alt="" width="800" height="1045" srcset="https://legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2025/07/E9M50A.jpg 800w, https://legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2025/07/E9M50A-230x300.jpg 230w, https://legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2025/07/E9M50A-784x1024.jpg 784w, https://legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2025/07/E9M50A-768x1003.jpg 768w" sizes="(max-width: 800px) 100vw, 800px" /></a>
        <div class="caption">
            <span>Le colonel américain Benedict Arnold dirigea une force distincte à Québec, qui fut attaquée le 31 décembre 1775. </span>
            
        <div class="credit">
            <span>Niday Picture Library/Alamy/E9M50A</span>
        </div>

        </div>
        
    </div>
<p class="p1"><span class="s1">C’était un triste constat.</span></p>
<p class="p1"><span class="s1">Pourtant, en sécurité dans la ville d’où il n’envisageait certainement pas de partir, Carleton avait près de 1 800 hommes à sa disposition, dont 70 réguliers, 230 du Highland Emigrants, 35 Royal Marines, 120 artificiers, 543 miliciens canadiens, 330 miliciens britanniques, environ 395 marins et divers autres soldats. La ville de 8 000 habitants était également bien approvisionnée en nourriture et en bois de chauffage. Et Carleton éjecta tous les Britanniques et Américains qui, selon lui, étaient déloyaux.</span></p>
<p class="p1"><span class="s1">Il y avait à peine 1 000 Américains, et ils se trouvaient devant une tâche redoutable. Ils étaient éprouvés par le froid et la maladie (notamment la variole mortelle), et ils ne disposaient pas de suffisamment d’abris. Plus de 100 mousquets appartenant aux hommes d’Arnold étaient inutilisables et les soldats manquaient tous de munitions, de poudre et de fournitures. Les 200 Canadiens dans ses rangs ne semblaient pas très enthousiastes, et certains désertèrent.</span></p>
<p class="p1"><span class="s1">Les conditions dans lesquelles beaucoup de ses hommes avaient été enrôlés aggravaient les problè-mes de Montgomery. Certains, dont le service se terminerait le 31 décembre, avouaient leur intention de partir. Leur départ mettrait fin aux espoirs des Américains de s’emparer de la capitale du Canada. Montgomery devait attaquer la ville dès que possible.</span></p>
<p class="p1"><span class="s1">L’attaque fut lancée le 31 décembre à 4 heures. Il faisait froid, il y avait du vent et il neigeait abondamment, ce qui masquait l’avance des Américains. Montgomery organisa un mouvement en tenaille au bas des falaises et des remparts de Québec pour s’emparer de la Basse-Ville avant d’escalader le promontoire pour surmonter les fortifications et atteindre la Haute-Ville. C’était un plan très ambitieux et désespéré, comme il le savait surement.</span></p>
<p class="p1"><span class="s1">Les Canadiens de Montgomery organisèrent une feinte sur les plaines d’Abraham pendant qu’il menait 300 New-Yorkais par l’ouest le long du chemin fluvial sous les positions dominantes du Cap Diamant. Pendant ce temps, les 600 soldats d’Arnold, au nord-ouest, tournèrent vers la falaise dans le quartier de Saint-Roch aux rues sinueuses bordées d’entrepôts portuaires.</span></p>
<p class="p3"><span class="s1"><b>Le désastre fut immédiat</b>. Au premier croisement de routes de la Basse-Ville, la force de Montgomery tomba sur une haute palissade qui allait de la falaise au bord de l’eau. De l’autre côté, il y avait un blockhaus abritant 30 miliciens canadiens et 17 miliciens et marins britanniques, ces derniers se servant de quatre petits canons qui dominaient les approches.</span></p>
<p class="p1"><span class="s1">Les Américains firent une brèche dans la palissade et certains s’avancèrent vers le blockhaus, Montgomery en tête. Les défenseurs déclenchèrent des tirs concentrés de mitraille et de mousquet dès que les assaillants furent à 45 mètres, tuant Montgomery, deux officiers et plusieurs autres hommes. Les Américains battirent en retraite; cette phase de l’attaque était terminée.</span></p>
<p class="p1">Arnold n’eut guère meilleure<br />
fortune. Ses hommes tombèrent sur leur première barricade de l’autre côté de l’étroite rue du <span class="s1"><br />
Sault-au-Matelot. Elle était défendue par 30 miliciens et trois canons. Les Américains capturèrent la position après un combat acharné, mais Arnold fut atteint d’une balle à la jambe et évacué. Le capitaine Daniel Morgan prit le commandement et passa à la barricade suivante, qui n’était pas gardée.</span></p>
<p class="p1">Pendant que Morgan attendait que le reste de ses hommes le rattrape, les 200 Britanniques, Emigrants et Canadiens eurent le temps de se rallier, et ils défendirent efficacement la position. Ne pouvant pas escalader le mur de 3,6 mètres avec leurs échelles sous le feu nourri, les assaillants furent coincés dans les étroites rues où ils subirent de lourdes pertes.</p>
<p class="p1">Les soldats canadiens et britanniques sortirent ensuite par la porte du Palais, reprirent la première barricade et attaquèrent les envahisseurs par-derrière.<br />
Les combats durèrent plusieurs<br />
heures, mais se rendant compte que leur situation était désespérée, les Américains déposèrent les armes à 10 heures.</p>
<p class="p1"><span class="s1">Au total, quelque 400 personnes furent capturées, dont Morgan, et il est probable qu’une centaine avaient été tuées ou blessées. Les pertes britanniques et canadiennes, en revanche, s’élevèrent à cinq morts et 14 blessés. Un officier britannique se réjouit que cela ait été : « Un jour glorieux pour nous, car nous avons remporté une petite victoire comme jamais auparavant. »</span></p>
<p class="p1"><span class="s1">C’était la première défaite des rebelles lors de la guerre de l’Indépendance américaine.</span></p>
<p class="p1"><span class="s1">Carleton choisit de ne pas quitter Québec et d’achever son ennemi, bien que les forces britanniques fussent trois plus nombreuses que les forces américaines.</span></p>
<div class="caption_img">
        <a href="https://legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2025/07/PA3DYC.jpg"><img loading="lazy" decoding="async" class="wp-image-6681 size-full" src="https://legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2025/07/PA3DYC.jpg" alt="" width="800" height="578" srcset="https://legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2025/07/PA3DYC.jpg 800w, https://legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2025/07/PA3DYC-300x217.jpg 300w, https://legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2025/07/PA3DYC-768x555.jpg 768w" sizes="(max-width: 800px) 100vw, 800px" /></a>
        <div class="caption">
            <span>Un artiste dépeint des soldats britanniques et canadiens combattant les Américains, rue du Sault-au-Matelot, à Québec, le 31 décembre 1775. </span>
            
        <div class="credit">
            <span>Collection historique/Alamy/KCT70B</span>
        </div>

        </div>
        
    </div>
<p class="p1"><span class="s1">Arnold, qui commandait alors, avait perdu une centaine d’hommes de plus lorsqu’ils partirent à la fin de leur service, et il ne lui en restait qu’à peine 700, dont les malades et les Canadiens sans enthousiasme. Il maintint les tirs d’artillerie légère contre la ville en attendant des renforts de Montréal. Ces derniers arrivèrent régulièrement au cours des mois suivants. Les nouvelles troupes totalisèrent finalement 2 500 hommes, mais beaucoup n’étaient pas en état de combattre et ne pouvaient pas entreprendre un siège critique.</span></p>
<p class="p1"><span class="s1">Le général George Washington, commandant en chef américain, insista pour que le Canada soit capturé avant que ne commence la saison de navigation. Cela n’allait pas se passer ainsi.</span></p>
<p class="p1"><span class="s1">Le premier navire de guerre britannique transportant des renforts surgit près de Québec le 5 mai 1776. « La nouvelle est parvenue rapidement aux oreilles de la ville; les gens à moitié habillés ont accouru […] ravis de voir un navire arborant le drapeau de l’Union », déclara un officier britannique d’alors. Les Américains se retirèrent en quasi-panique jusqu’à Sorel, prêts à remonter la Richelieu. Quarante autres navires britanniques transportant 9 000 soldats arrivèrent à Québec peu après.</span></p>
<p class="p1"><span class="s1">Les forces renforcées de Carleton prirent le chemin de Trois-Rivières. Les Américains, qui avaient aussi reçu des renforts, renouvelèrent leur offensive en juin, mais les<br />
solides défenses britanniques les repoussèrent, et quelque 200 Américains furent capturés. Il y avait encore 5 000 Américains au Canada, mais la variole con-<br />
</span>tinuait de faire des ravages, les désertions étaient légion, et les Canadiens étaient devenus beaucoup moins amicaux.</p>
<p class="p1"><span class="s1">À Montréal, Arnold écrivit au général John Sullivan, le nouveau commandant américain au Canada : « Abandonnons […] et sécurisons notre propre pays avant qu’il ne soit trop tard ».</span></p>
<p class="p1"><span class="s1">Les envahisseurs évacuèrent Sorel et Montréal, prirent le chemin du sud le long de la Richelieu et retournèrent à leur propre territoire. Le Canada avait rejeté la Révolution américaine. </span></p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Des blagues d’abord, puis la terreur, l’horreur</title>
		<link>https://legionmagazine.com/fr/2025/07/des-blagues-dabord-puis-la-terreur-lhorreur/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Serge Durflinger]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 22 Jul 2025 18:31:38 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Articles principaux]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://legionmagazine.com/fr/?p=6673</guid>

					<description><![CDATA[Le naufrage du VAPEUR Nerissa en avril 1941 ]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<div class="caption_img">
        <a href="https://legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2025/07/RAF_SS-Nerissa-30-April-1941-1-of-2.jpg"><img loading="lazy" decoding="async" class="wp-image-6674 size-full" src="https://legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2025/07/RAF_SS-Nerissa-30-April-1941-1-of-2.jpg" alt="" width="800" height="555" srcset="https://legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2025/07/RAF_SS-Nerissa-30-April-1941-1-of-2.jpg 800w, https://legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2025/07/RAF_SS-Nerissa-30-April-1941-1-of-2-300x208.jpg 300w, https://legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2025/07/RAF_SS-Nerissa-30-April-1941-1-of-2-768x533.jpg 768w" sizes="(max-width: 800px) 100vw, 800px" /></a>
        <div class="caption">
            <span>Le vapeur Nerissa s&#8217;approche de l&#8217;Irlande le 30 avril 1945, quelques heures avant d&#8217;être coulé par l&#8217;U552. </span>
            
        <div class="credit">
            <span>ssnerissa.com</span>
        </div>

        </div>
        
    </div>
<p class="p1"><b>Tout au long</b> de la Seconde Guerre mondiale, les Canadiens ont craint que les navires transportant les contingents de soldats canadiens en Grande-Bretagne ne soient coulés dans les eaux infestées de sous-marins. C’est bien arrivé, mais une seule fois.</p>
<p class="p2">Le vapeur <i>Nerissa</i> était un petit navire britannique de passagers et de fret de 5 583 tonnes, construit à Glasgow en 1926. Il fut mis à la disposition de l’armée britannique pour le transport de personnel et de matériel en 1940.</p>
<p class="p2">Le <i>Nerissa</i> quitta Halifax le <span class="s1">21 avril 1941. Le 24, après une escale à St. John’s (T.-N.), il mit le cap sur Liverpool sans escorte. Comme ce </span><span class="s2">navire pouvait soutenir une vitesse de 14 nœuds, il n’était pas obligé de se joindre à un convoi qui aurait été beaucoup plus lent (mais protégé).</span></p>
<div class="caption_img">
        <a href="https://legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2025/07/map.jpg"><img loading="lazy" decoding="async" class="wp-image-6675 size-large" src="https://legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2025/07/map-679x1024.jpg" alt="" width="679" height="1024" srcset="https://legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2025/07/map-679x1024.jpg 679w, https://legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2025/07/map-199x300.jpg 199w, https://legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2025/07/map-768x1159.jpg 768w, https://legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2025/07/map.jpg 800w" sizes="(max-width: 679px) 100vw, 679px" /></a>
        <div class="caption">
            <span></span>
            
        <div class="credit">
            <span>ssnerissa.com</span>
        </div>

        </div>
        
    </div>
<p class="p2">Il y avait 291 personnes à bord, dont 105 membres d’équipage, 108 membres de l’Armée canadienne provenant de divers corps et branches, 16 membres de la Marine royale canadienne (principalement des télégraphistes), <span class="s1">24 militaires britanniques, 14 pilotes </span>de transport américains, quatre aviateurs norvégiens et 20 civils, principalement des Canadiens. Le navire transportait également une cargaison de 3 049 tonnes : aluminium, munitions et une <span class="s1">trentaine d’ambulances militaires.</span></p>
<p class="p2"><span class="s2">Le 30 avril, vers 8 h 15, alors que le navire s’approchait de l’Irlande, le premier de quatre bombardiers de patrouille anti-sous-marine Hudson du Royal Air Force Coastal Command l’escorta pour passer dans une zone avérée de présence de U-boots. Au moins un Hudson accompagna le <i>Nerissa</i> tant qu’il faisait jour; le dernier le quitta vers 19 h 15. Mais, un sous-marin allemand qui filait droit sur le <i>Nerissa</i> n’avait pas été détecté, et il se trouvait à peine à 40 kilomètres du bâtiment.</span></p>
<p class="p2"><span class="s2">L<i>’Oberleutnant</i> <i>zur See</i> Erich Topp, commandant de l’<i>U-552</i>, aperçut malgré l’obscurité le <i>Nerissa</i> qui louvoyait, et le garda en vue jusqu’à ce qu’il soit à moins d</span>’un kilomètre. Le sous-marin fit alors surface à 22 h 30 et tira trois torpilles. L’une d’elles explosa sur le côté tribord du <i>Nerissa</i>, près de la poupe. Les dégâts furent irrémédiables.</p>
<p class="p1"><b>Le </b><span class="s3"><b><i>Nerissa</i></b></span> <b>perdit</b> toute sa puissance et donna immédiatement de la gite à tribord. Le cri <span class="s2">« Abandonnez le navire! » retentit, mais la plupart des tentatives pour lancer les canots de sauvetage et les </span>radeaux du navire furent vaines.</p>
<p class="p2">« Imaginez basculer du badinage et de l’amitié à la terreur et <span class="s2">l’horreur en un instant », explique le sergent canadien Frank Stojak. </span></p>
<p class="p2">Une autre torpille percuta le navire et lui brisa les reins. Topp, qui allait devenir l’un des principaux as sous-mariniers <span class="s2">allemands, avait administré le coup de grâce. Le <i>Nerissa</i> fut englouti par les flots quatre minutes après la première déflagration, à environ </span>200 kilomètres au nord-ouest de la ville irlandaise de Donegal.</p>
<p class="p2">Le bombardier suppléant Jack Cockrell garde en mémoire « des cris d’agonie des hommes dans l’eau », et le sous-lieutenant H.C. Ledsham, que « la proue du navire avait disparu à cinq mètres de [lui], et la mer grouillait d’hommes ».</p>
<blockquote>
<p class="p1"><span class="s1"><b>L’U-552 aperçut bientôt </b></span><b>le Nerissa qui louvoyait dans la nuit obscure.</b></p>
</blockquote>
<p class="p2">Les survivants s’accrochaient aux canots de sauvetage, dont la <span class="s2">plupart avaient chaviré, tandis que </span>l’eau déferlait sur eux. Beaucoup de ceux qui avaient survécu aux explosions initiales ne passèrent pas la nuit. Les hommes sup<span class="s2">por-tèrent « les vagues déferlantes, le désespoir et le froid pendant des heures, puis vint l’espoir lorsqu’un </span>avion passa au-dessus d’eux », a écrit l’historien Douglas How.</p>
<p><div class="caption_img">
        <a href="https://legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2025/07/037-2.jpg"><img loading="lazy" decoding="async" class="wp-image-6676 size-full" src="https://legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2025/07/037-2.jpg" alt="" width="800" height="576" srcset="https://legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2025/07/037-2.jpg 800w, https://legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2025/07/037-2-300x216.jpg 300w, https://legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2025/07/037-2-768x553.jpg 768w" sizes="(max-width: 800px) 100vw, 800px" /></a>
        <div class="caption">
            <span>L&#8217;oberleutnant zur See Erich Topp, commandant de l&#8217;U552. L&#8217;épouse et les enfants de Joseph Lomas; la famille au complet périt lors du naufrage.</span>
            
        <div class="credit">
            <span>waralbum.ru</span>
        </div>

        </div>
        
    </div><a href="https://legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2025/07/photo_lomasfamily.jpg"><img loading="lazy" decoding="async" class="alignnone size-full wp-image-6677" src="https://legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2025/07/photo_lomasfamily.jpg" alt="" width="800" height="1257" srcset="https://legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2025/07/photo_lomasfamily.jpg 800w, https://legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2025/07/photo_lomasfamily-191x300.jpg 191w, https://legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2025/07/photo_lomasfamily-652x1024.jpg 652w, https://legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2025/07/photo_lomasfamily-768x1207.jpg 768w" sizes="(max-width: 800px) 100vw, 800px" /></a></p>
<p class="p2">Le 1<sup>er </sup>mai, à 6 h 42, un avion <span class="s2">de patrouille Whitley aperçut six canots de sauvetage et six radeaux. Le contretorpilleur HMS <i>Veteran</i> arriva à 8 h 5, et les survivants étaient à son bord 10 minutes après.</span></p>
<p class="p2">Sur les 291 personnes à bord, <span class="s1">207 avaient péri, dont 93 Canadiens : </span><span class="s2">73 soldats, 10 marins, un membre de l’équipage et neuf civils. Il y avait 15 décès chez les Terre-Neuviens </span>membres de l’équipage.</p>
<p class="p2"><span class="s2">Les pertes en vies humaines furent les plus lourdes que l’Armée canadienne eut subies en un seul incident à ce moment-là de la guerre. Sur les 73 morts, 33 qui appartenaient à l’obscur Corps of Military Staff Clerks, et huit qui au Corps de santé royal de canadien. La plupart des marins canadiens décédés étaient des télégraphistes nouvellement formés, âgés de 20 ans en moyenne. </span></p>
<p class="p2"><span class="s2">Fait tragique, toute la famille britannique Lomas, soit cinq personnes, dont trois enfants âgés de trois à six ans, périt dans le naufrage. </span></p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Les confédérés au Canada</title>
		<link>https://legionmagazine.com/fr/2025/07/les-confederes-au-canada/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Serge Durflinger]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 15 Jul 2025 14:48:05 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Articles principaux]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://legionmagazine.com/fr/?p=6621</guid>

					<description><![CDATA[Le raid de St. Albans de 1864, pendant la guerre civile américaine, fut lancé au nord de la frontière]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><div class="caption_img">
        <a href="https://legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2025/07/robbing-a-bank.jpg"><img loading="lazy" decoding="async" class="wp-image-6624 size-full" src="https://legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2025/07/robbing-a-bank.jpg" alt="" width="800" height="616" srcset="https://legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2025/07/robbing-a-bank.jpg 800w, https://legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2025/07/robbing-a-bank-300x231.jpg 300w, https://legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2025/07/robbing-a-bank-768x591.jpg 768w" sizes="(max-width: 800px) 100vw, 800px" /></a>
        <div class="caption">
            <span>Un groupe de pillards confédérés est photographié après leur capture au Canada (en regard). Une illustration du raid de St. Albans publié un mois après (à gauche). Un autre dessin montrant un vol dans la ville (ci-dessus). Quelque 200 000 $ furent volés pendant le raid</span>
            
        <div class="credit">
            <span>Vermont Historical Society (2); St. Albans Historical Society</span>
        </div>

        </div>
        
    </div><a href="https://legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2025/07/Vermont-Free-Press.jpg"><img loading="lazy" decoding="async" class="alignnone size-full wp-image-6623" src="https://legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2025/07/Vermont-Free-Press.jpg" alt="" width="800" height="418" srcset="https://legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2025/07/Vermont-Free-Press.jpg 800w, https://legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2025/07/Vermont-Free-Press-300x157.jpg 300w, https://legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2025/07/Vermont-Free-Press-768x401.jpg 768w" sizes="(max-width: 800px) 100vw, 800px" /></a></p>
<p class="p1"><b>Le 19 octobre</b> 1864 à 15 heures, pendant que la guerre civile faisait<span class="s1"> rage aux États-Unis, le lieutenant de </span>l’armée confédérée Bennett Young, âgé de 21 ans, se tenait devant son hôtel. Il tira un coup de pistolet en l’air et proclama haut et fort : « Au nom des États confédérés, je prends possession de St. Albans. » <span class="s1">Les résidents de cette petite ville du </span>Vermont, à environ 20 kilomètres de la frontière canadienne, étaient stupéfaits. C’était l’opération la plus septentrionale du conflit.</p>
<p class="p2">Cet été-là, il était clair que la Confédération était en train de <span class="s1">perdre sa guerre avec les unionistes. </span>La Grande-Bretagne demeurait neutre, mais sa principale colonie en Amérique du Nord, la province du Canada, regorgeait d’espions, <span class="s2">de propagandistes et de soldats confédérés qui avaient été prisonniers de l’Union, en particulier à Montréal.</span></p>
<p class="p2">Les agents confédérés au Canada croyaient que de petites attaques lancées depuis le territoire canadien contre des villes <span class="s1">frontalières américaines forceraient l’Union à y affecter des troupes. Plus important encore, de telles opérations pourraient entrainer la Grande-Bretagne dans une guerre avec l’Union et inverser la fortune des sudistes. Ils choisirent pour leur premier raid la ville commerciale et manufacturière de St. Albans dont la population était de 4 000 personnes. Young commandait une force de 20 à 22 hommes armés en civil qui, pour éviter toute suspicion, étaient arrivés à St. Albans en petits </span>groupes pendant plusieurs jours.</p>
<p class="p2">Une fois qu’ils furent tous rassemblés, Young lança l’invasion en tirant ce coup de feu le 19, et de petits groupes de soldats firent irruption dans les trois banques <span class="s1">de la ville, tandis qu’un autre se dirigea vers les écuries pour voler des chevaux afin de s’enfuir. Les braquages de banque rapportèrent </span>plus de 200 000 $ (l’équivalent d’environ 4 millions de dollars <span class="s1">d’aujourd’hui) destinés au gouvernement confédéré, mais la tentative du groupe de raser la ville ne causa que des dommages mineurs.</span></p>
<div class="caption_img">
        <a href="https://legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2025/07/6-of-the-attackers-in-Montreal.-From-web-1.jpg"><img loading="lazy" decoding="async" class="wp-image-6625 size-full" src="https://legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2025/07/6-of-the-attackers-in-Montreal.-From-web-1.jpg" alt="" width="800" height="670" srcset="https://legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2025/07/6-of-the-attackers-in-Montreal.-From-web-1.jpg 800w, https://legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2025/07/6-of-the-attackers-in-Montreal.-From-web-1-300x251.jpg 300w, https://legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2025/07/6-of-the-attackers-in-Montreal.-From-web-1-768x643.jpg 768w" sizes="(max-width: 800px) 100vw, 800px" /></a>
        <div class="caption">
            <span></span>
            
        <div class="credit">
            <span>St. Albans Historical Museum</span>
        </div>

        </div>
        
    </div>
<p class="p1"><strong><span class="s1">Les assaillants s’enfuirent de la ville à toute allure, </span><span class="s2">se séparèrent et se réfugièrent au Canada</span><span class="s1">.</span></strong></p>
<p class="p1"><b>À ce moment-là</b>, un officier de l’armée de l’Union en congé, <span class="s2">le capitaine George Conger, organisa</span> la défense de la communauté. Il ordonna vite à 40 hommes armés de déloger les envahisseurs et forma une troupe pour les poursuivre. D’autres citadins, abrités dans des bâtiments, tirèrent sur les Confédérés. Il y eut un mort et deux blessés parmi les gens de la place, et un agresseur blessé, pendant les escarmouches.</p>
<p class="p2">Les assaillants s’enfuirent de la ville à bride abattue, se<span class="s1"> séparèrent et allèrent se réfugier au Canada. Mais les hommes de Conger s’acharnèrent à les suivre.</span></p>
<p class="p2"><span class="s2">Young estima que sa force ayant franchi la frontière vers 21 h était en sécurité au Canada neutre. De manière choquante, Conger ne tint </span>pas compte de la frontière et se <span class="s2">précipita dans les villes canadiennes </span>de Philipsburg et Frelighsburg. Les Américains appréhendèrent plusieurs confédérés, dont Young, <span class="s2">qui fut malmené. Un officier britannique arriva soudainement sur les lieux et convainquit les Américains </span>de lui abandonner les prisonniers et de retourner aux États-Unis.</p>
<p class="p2">Les autorités canadiennes, inquiètes de représailles de la <span class="s2">part des Américains, ordonnèrent </span>l’arrestation des Confédérés. Quatorze furent appréhendés en quelques jours et transportés à Montréal. Le magistrat de première instance Charles-Joseph <span class="s2">C</span>oursol avait un choix difficile à faire quant à savoir si le raid de St. Albans avait été un acte <span class="s2">de guerre, auquel cas l’extradition </span>ne pouvait pas avoir lieu, ou un cas de meurtre et de vol qualifié, ce qui lui permettrait d’envoyer <span class="s2">les hommes aux États-Unis pour </span>y être jugés comme le réclamait le gouvernement américain.</p>
<p class="p1"><b>Aux États-Unis</b>, le public et la presse étaient furieux. Dans un éditorial, le <i>New York Herald</i> plaida en faveur d’une réponse militaire, insistant qu’une « main forte est la seule loi acceptable ». Par la suite, le journal clama que <span class="s2">« le prochain raid [serait] vengé sur</span><span class="s1"> le village canadien le plus proche offrant refuge aux maraudeurs ».</span></p>
<p class="p2"><span class="s1">En décembre, Coursol statua que l’affaire était hors de sa compétence et, dans un geste qui exaspéra les autorités américaines tout autant que les canadiennes, il libéra les hommes (et leur restitua 84 000 $ en espèces volées) au lieu de renvoyer l’affaire devant une juridiction </span>supérieure. En 1865, certains des assaillants furent arrêtés à nouveau pour avoir dévalisé un citoyen pendant l’attaque et pour avoir violé la neutralité canadienne, mais toutes les accusations finirent par être abandonnées. Le gouvernement canadien <span class="s1">apaisa les États-Unis en versant environ 69 000 $ aux banques de St. Albans en guise de restitution.</span></p>
<p class="p2">Il n’y eut pas d’autres raids, et le soutien à la cause des <span class="s1">Confédérés au Canada diminua de façon spectaculaire. </span></p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Desnazissurle Saint-Laurent</title>
		<link>https://legionmagazine.com/fr/2023/09/desnazissurle-saint-laurent/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Serge Durflinger]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 25 Sep 2023 19:20:54 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Articles principaux]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://legionmagazine.com/fr/?p=6461</guid>

					<description><![CDATA[Le croiseur allemand Emden en escale à Montréal]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<div class="caption_img">
        <a href="https://legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2023/09/Max-schultze.jpg"><img loading="lazy" decoding="async" class="wp-image-6462 size-full" src="https://legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2023/09/Max-schultze.jpg" alt="" width="800" height="534" srcset="https://legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2023/09/Max-schultze.jpg 800w, https://legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2023/09/Max-schultze-300x200.jpg 300w, https://legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2023/09/Max-schultze-768x513.jpg 768w" sizes="(max-width: 800px) 100vw, 800px" /></a>
        <div class="caption">
            <span>L&#8217;artiste Max Schultz représente le croiseur allemand Emden lors de son passage à Montréal en 1936.</span>
            
        <div class="credit">
            <span>Max Schulz/CWM/19910197-001</span>
        </div>

        </div>
        
    </div>
<p class="p1"><span class="s1"><b>Un puissant navire </b>de guerre de l’Allemagne nazie aux grands pavillons frappés de svastikas qui s’aventure effrontément dans le plus grand port du Canada où des Canadiens d’origine allemande lui font bon accueil. Cette scène troublante est bel et bien vraie : Montréal se réveilla face au croiseur <i>Emden</i> en mai 1936.</span></p>
<p class="p2"><span class="s1">En septembre 1935, le consul général allemand Ludwig Kempff, qui habitait à Montréal, avait demandé à Ottawa l’autorisation pour que l’<i>Emden</i> fasse escale dans la ville du 12 au 18 mai 1936. </span>Il s’agissait d’un « navire-école pour les aspirants de marine » sur le point d’entreprendre une croisière de huit mois en Amérique du Sud et du Nord.<span class="Apple-converted-space"> </span></p>
<p class="p2"><span class="s1">De tels périples visaient à diffuser la propagande nazie et à afficher la puissance croissante de l’Allemagne. Kempff nota que « les visites de courtoisie habituelles seraient rendues, sans aucune attente d’animations officielles ». Ottawa accepta avec méfiance de recevoir le navire, et ce, en dépit de la révoltante répression de l’Allemagne contre ses citoyens (en particulier les Juifs et les groupes syndicaux), de sa répudiation du Traité de Versailles et de son programme de réarmement public.</span></p>
<p class="p2">Puis l’Allemagne se mit à agir de plus en plus mal. En mars 1936, elle renia un engagement <span class="s1">antérieur et remilitarisa la Rhénanie. </span><span class="s2">L’Allemagne était de nouveau sur le pied de guerre, et la visite de l’<i>Emden</i> semblait faire partie du plan. Des officiers canadiens pourraient effectuer des visites à bord du navire par courtoisie, mais seules des réunions officieuses se tiendraient entre les représentants des deux pays afin de ne pas faire preuve d’une apparente bienveillance. Il n’y aurait ni réception ni cérémonie gouvernementale, bien que certaines unités militaires locales, comme le Canadian Grenadier Guards et le 17 th Duke of York’s Royal Canadian Hussars trinquè-rent avec quelques Allemands.</span></p>
<p class="p1"><span class="s1"><b>La visite de</b> <b>l’</b></span><span class="s2"><b><i>Emden</i></b></span><span class="s1"> était controversée et les politiciens devaient faire preuve de prudence. Le maire de Montréal, Camillien Houde, refusa de rencontrer les Allemands pendant leur séjour, et la ville ne tint aucune réunion </span>avec ces ambassadeurs du <span class="s1">régime odieux d’Hitler. L’échevin de Montréal Joseph Schubert, partisan </span>du Parti travailliste, nota que<br />
<span class="s1">« le croiseur en visite n’a pas de mission pacifique en vue » et qu’Hitler « opprime le peuple allemand ».<span class="Apple-converted-space"> </span></span></p>
<p><a href="https://legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2023/09/La-Presse-12-Mai-1936-p1-partie-2.jpg"><img loading="lazy" decoding="async" class="alignnone size-full wp-image-6463" src="https://legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2023/09/La-Presse-12-Mai-1936-p1-partie-2.jpg" alt="" width="800" height="324" srcset="https://legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2023/09/La-Presse-12-Mai-1936-p1-partie-2.jpg 800w, https://legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2023/09/La-Presse-12-Mai-1936-p1-partie-2-300x122.jpg 300w, https://legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2023/09/La-Presse-12-Mai-1936-p1-partie-2-768x311.jpg 768w" sizes="(max-width: 800px) 100vw, 800px" /></a></p>
<div class="caption_img">
        <a href="https://legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2023/09/e010861841-v8.jpg"><img loading="lazy" decoding="async" class="wp-image-6464 size-full" src="https://legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2023/09/e010861841-v8.jpg" alt="" width="800" height="630" srcset="https://legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2023/09/e010861841-v8.jpg 800w, https://legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2023/09/e010861841-v8-300x236.jpg 300w, https://legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2023/09/e010861841-v8-768x605.jpg 768w" sizes="(max-width: 800px) 100vw, 800px" /></a>
        <div class="caption">
            <span>L&#8217;escale de l&#8217;Emden dans la ville récolta des gros titres (en haut). Son équipage, très honoré pendant l&#8217;escale, prend la pose pour une photo.</span>
            
        <div class="credit">
            <span>La Presse; The Montreal Daily Star; BAC/3527920 </span>
        </div>

        </div>
        
    </div>
<p class="p2"><span class="s3">Mais d’un autre côté, l’échevin Léon Trépanier accueillit le navire et souhaita que la ville s’assure « que les marins du croiseur allemand aient le droit, comme les citoyens, de se promener à leur guise dans les rues de Montréal ».</span></p>
<p class="p2"><span class="s3">L’<i>Emden</i> arriva en grande pompe et dans un climat d’attente à Montréal le matin du 12 mai. Le rutilant navire de 155 mètres et de 5 400 tonnes avait été mis en service en 1925 et comptait 660 membres d’équipage. Son </span><span class="s1">armement principal se composait </span>de huit canons de 5,9 pouces.</p>
<p class="p2">Le <i>Montreal Daily Star </i><span class="s3">rapporta que 3 000 personnes vinrent voir l’orchestre du croiseur jouer « d’entrainantes marches allemandes, et que plus d’un Allemand versa des larmes en réentendant des airs de sa patrie sur des lèvres allemandes et un navire allemand ». Dans le public se trouvaient des membres de la communauté allemande de Montréal, forte de 5 000 personnes, et environ « 300 ou plus » crièrent </span>« Heil! Heil! Heil! » beaucoup avec le bras tendu du salut nazi. <span class="Apple-converted-space"> </span></p>
<p class="p2"><span class="s3">Mais, il y avait aussi une vive opposition antinazie. Plus de 250 policiers assuraient le main-tien de l’ordre, et de nombreux spectateurs « huèrent et sifflèrent ». </span>La police finit par disperser une foule incontrôlable de 200 manifestants par la force. Elle arrêta 10 personnes et saisit des banderoles, dont une qui clamait : <span class="s3">« L’<i>Emden</i> est un symbole de per-sécution du peuple allemand ». <span class="Apple-converted-space"> </span></span></p>
<p class="p2"><span class="s3">Les marins allemands furent tout de même plutôt bien accueillis. Une centaine assista à une réception en leur honneur au Teutonia Club, organisation allemande locale où un portrait d’Hitler saluait les </span>visiteurs. Beaucoup aussi visi-tèrent le Mont-Royal et d’autres lieux touristiques à Montréal.</p>
<p class="p2"><span class="s3">En outre, plus de 150 membres d’équipage se rendirent en train à Niagara Falls, en Ontario, tandis qu’une centaine préféra les forts historiques de Chambly, de Saint-Jean et de Lennox. Kempff et d’éminents Allemands de la région organisèrent diverses activités, dont des danses et des réceptions d’envergure dans les hôtels Windsor et Ritz-Carlton, fréquentés par l’élite de Montréal.</span></p>
<p class="p2"><span class="s3">Le 18 mai, l’<i>Emden</i> appareilla pour retourner à son port d’attache. Un fort symbole de l’Allemagne nazie s’était trouvé au centre de Montréal, mais dans les jours qui suivirent, il commença à sembler inéluctable que le navire et le régime qu’il représentait allaient bientôt devenir des ennemis mortels du Canada.<span class="Apple-converted-space"> </span></span></p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Les zouaves pontificaux</title>
		<link>https://legionmagazine.com/fr/2023/01/les-zouaves-pontificaux/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Serge Durflinger]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 09 Jan 2023 18:37:14 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Articles principaux]]></category>
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					<description><![CDATA[Les Canadiens à la défense du pape On appelait zouaves les fantassins des régiments français levés en Afrique du Nord dans les années 1830. En 1861, des volontaires français organisèrent une force internationale de milliers de zouaves pontificaux pour protéger les États pontificaux, territoires administrés par le Vatican en Italie. Ils étaient alors menacés par [&#8230;]]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<h3 class="p1"><span class="s1"><b>Les Canadiens </b></span><span class="s2"><b>à la défense du pape</b></span></h3>
<div class="caption_img">
        <img loading="lazy" decoding="async" class="wp-image-6366 size-full" src="https://legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2023/01/master-pnp-pga-02500-02513u.jpg" alt="" width="800" height="1039" />
        <div class="caption">
            <span>Le pape Pie IX (à g.) avait besoin d&#8217;aide militaire pour se défendre contre une révolution et des milliers de catholiques des quatre coins du monde se sont faits zouaves pontificaux.</span>
            
        <div class="credit">
            <span>Library of Congress/2003679782</span>
        </div>

        </div>
        
    </div>
<p class="p1"><span class="s1"><b>On appelait</b> zouaves les fantassins des régiments français levés en Afrique du Nord dans les années 1830. En 1861, des volontaires français organisèrent une force internationale de milliers de zouaves pontificaux pour protéger les États pontificaux, territoires administrés par le Vatican en Italie. Ils étaient alors menacés par les forces révolutionnaires qui vou-laient unifier toute l’Italie. Le pape Pie IX avait besoin d’aide militaire, et des centaines de catholiques ca-nadiens, surtout des francophones du Québec, se portèrent volontaires.<span class="Apple-converted-space"> </span></span></p>
<p class="p2"><span class="s1">Benjamin-Antoine Testard de Montigny fut le premier Canadien à endosser l’uniforme en février 1861. Hugh Murray, journaliste catholique anglophone dont l’oncle était évêque de Kingston, le rejoignit. Murray servit pendant neuf ans, plus longtemps que tout autre Canadien. Lors de son retour, en 1861, de Montigny déclara qu’il aurait été fier de « mourir pour la cause catholique ».</span></p>
<div class="caption_img">
        <img loading="lazy" decoding="async" class="wp-image-6367 size-full" src="https://legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2023/01/doubleframe.jpg" alt="" width="800" height="596" srcset="https://legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2023/01/doubleframe.jpg 800w, https://legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2023/01/doubleframe-300x224.jpg 300w, https://legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2023/01/doubleframe-768x572.jpg 768w" sizes="(max-width: 800px) 100vw, 800px" />
        <div class="caption">
            <span>catholiques des quatre coins du monde se sont faits zouaves pontificaux.</span>
            
        <div class="credit">
            <span>Wikimedia</span>
        </div>

        </div>
        
    </div>
<p class="p2"><span class="s2">Alfred Larocque se joignit aux zouaves en février 1867. Il fut blessé le mois de novembre suivant aux abords de Rome, à la bataille de Mentana où l’armée papale stoppa les forces de l’unification. La presse francophone du Québec rapporta avec enthousiasme la bravoure de Larocque, ce qui suscita chez les lecteurs un intérêt accru pour les zouaves.</span></p>
<p class="p1"><span class="s2"><b>Monseigneur Ignace Bourget</b>, évêque de Montréal, était soucieux de brider l’essor du libéralisme et même de l’anticléricalisme, et il souhaitait montrer que le Canada français acceptait la primauté du pape dans tous les domaines. Il encouragea le recrutement d’un bataillon de zouaves canadiens tout au long des années 1860.<span class="Apple-converted-space"> </span></span></p>
<p class="p2"><span class="s1">En 1867, les fonds collectés au Québec furent suffisants pour équiper et déplacer une force de catholiques canadiens en Italie. Lors d’un sermon du 17 novembre 1867, monseigneur Bourget tint ces mots aux fidèles : « Il y a, nous le savons, dans cette ville et dans toute l’étendue du pays, beaucoup de jeunes gens qui brûlent du désir d’aller […] s’immoler pour la défense […] de l’immortel Pie IX. »</span></p>
<p class="p2"><span class="s1">Bourget voulait que les soldats catholiques représentent l’élite sociale, et il y avait parmi les recrues 11 avocats, quatre notaires, plusieurs enseignants et fonctionnaires, ainsi que de nombreux étudiants souvent âgés de 18 ou de 19 ans. Ils étaient issus des familles bien connues de la bourgeoisie de Montréal, et beaucoup d’entre eux avaient des liens avec diverses unités de milice ou de corps de cadets de collège. Il y avait aussi bien sûr des volontaires de petites villes, et une poignée </span>venant de l’extérieur du Québec.</p>
<div class="caption_img">
        <img loading="lazy" decoding="async" class="wp-image-6368 size-full" src="https://legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2023/01/iStock-173802524.jpg" alt="" width="800" height="1195" srcset="https://legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2023/01/iStock-173802524.jpg 800w, https://legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2023/01/iStock-173802524-201x300.jpg 201w, https://legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2023/01/iStock-173802524-686x1024.jpg 686w, https://legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2023/01/iStock-173802524-768x1147.jpg 768w" sizes="(max-width: 800px) 100vw, 800px" />
        <div class="caption">
            <span>L’évêque de Montréal, Ignace Bourget a concouru au recrutement de Canadiens.</span>
            
        <div class="credit">
            <span>BAC/2908064</span>
        </div>

        </div>
        
    </div>
<p class="p1"><span class="s1"><b>Le premier contingent</b>, qui comptait 135 zouaves et auquel des milliers de sympathisants et de spectateurs dirent au revoir, quitta Montréal en février 1868. Le 9 mars, les Canadiens, bien équipés, atterrirent au port de Civitavecchia, dans les États papaux, où ils reçurent le drapeau papal sous lequel ils allaient servir.<span class="Apple-converted-space"> </span></span></p>
<p class="p2"><span class="s1">Charles-Edmond Rouleau, un zouave qui arriva à Rome au mois de mai en tant que membre du deuxième contingent de Canadiens, mentionna par la suite : « Le 18 mai nous sommes les plus heureux des mortels. Nous avons signé notre engagement comme Zouaves pour deux années […]. Pie IX sera désormais notre roi. » Les Canadiens formaient le seul groupe de zouaves qui ne venaient pas d’Europe.<span class="Apple-converted-space"> </span></span></p>
<p class="p2"><span class="s1">De plus petits groupes de Canadiens arrivèrent en Italie en 1868 et en 1869, et certains servirent dans des bataillons autres que canadiens. Le dernier contingent, formé de 114 hommes, débarqua en France en septembre 1870. Il était encore là lors de la capitulation du pape. En tout, 507 Canadiens s’étaient portés volontaires pour la défense de la papauté.<span class="Apple-converted-space"> </span></span></p>
<div class="caption_img">
        <img loading="lazy" decoding="async" class="wp-image-6369 size-full" src="https://legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2023/01/iStock-176833632.jpg" alt="" width="800" height="1124" srcset="https://legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2023/01/iStock-176833632.jpg 800w, https://legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2023/01/iStock-176833632-214x300.jpg 214w, https://legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2023/01/iStock-176833632-729x1024.jpg 729w, https://legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2023/01/iStock-176833632-768x1079.jpg 768w" sizes="(max-width: 800px) 100vw, 800px" />
        <div class="caption">
            <span>Charles-Edmond Rouleau était unCanadien parmi des centaines qui ont servi en tant que zouaves pontificaux.</span>
            
        <div class="credit">
            <span>Wikimedia/BAnQ</span>
        </div>

        </div>
        
    </div>
<p class="p2"><span class="s1">Les Canadiens avaient servi principalement comme soldats de garnison et ne s’étaient presque pas battus. Aucun d’entre eux n’était mort au combat, et trois seulement y avaient été blessés. Neuf étaient morts de maladie ou lors d’accidents.</span></p>
<p class="p2"><span class="s1">Les zouaves pontificaux du Canada furent acclamés comme des héros à leur retour au Québec. En 1871, 14 anciens zouaves fondèrent la municipalité de Piopolis, nommée en l’honneur de Pie IX, au bord du lac Mégantic, dans les Cantons de l’Est du Québec. La municipalité évoque aujourd’hui le souvenir de cette période où certains des </span>catholiques québécois les plus fervents se firent soldats du pape.<span class="Apple-converted-space"> </span></p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>La bataille qui sauva le Canada</title>
		<link>https://legionmagazine.com/fr/2022/11/la-bataille-qui-sauva-le-canada/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Serge Durflinger]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 04 Nov 2022 17:25:18 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Articles principaux]]></category>
		<category><![CDATA[Nouvelles]]></category>
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					<description><![CDATA[Une force composée entièrement de Canadiens et de guerriers autochtones repoussa une attaque des Américains à Châteauguay en 1813 La bataille de Châteauguay ne fut qu’un petit combat de la guerre de 1812 qui se joua entre les États-Unis et la Grande-Bretagne à 45 kilomètres au sud-ouest de Montréal. Mais, il est possible que la [&#8230;]]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<div class="caption_img">
        <a href="https://legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2022/11/1998_1776_600dpi.jpg"><img loading="lazy" decoding="async" class="wp-image-6343 size-full" src="https://legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2022/11/1998_1776_600dpi.jpg" alt="" width="800" height="533" srcset="https://legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2022/11/1998_1776_600dpi.jpg 800w, https://legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2022/11/1998_1776_600dpi-300x200.jpg 300w, https://legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2022/11/1998_1776_600dpi-768x512.jpg 768w" sizes="(max-width: 800px) 100vw, 800px" /></a>
        <div class="caption">
            <span></span>
            
        <div class="credit">
            <span>E.H. de Holmfield/Château Ramezay –<br />Musée et site historique de Montréal/MCG</span>
        </div>

        </div>
        
    </div>
<h2 class="p1">Une force composée entièrement de Canadiens et de guerriers autochtones repoussa une attaque des Américains à Châteauguay en 1813</h2>
<p class="p1"><span class="s1"><b>La bataille </b>de Châteauguay ne fut qu’un petit combat de la guerre de 1812 qui se joua entre les États-Unis et la Grande-Bretagne à 45 kilomètres au sud-ouest de Montréal. Mais, il est possible que la survie même du Canada ait reposé sur son issue.</span></p>
<p class="p2"><span class="s1">N’étant pas parvenus à occuper le Haut-Canada (l’Ontario d’aujourd’hui) en 1812, l’année suivante, les États-Unis tentèrent de couper la voie d’approvisionnement qui y menait en s’emparant de Montréal et en contrôlant le Saint-Laurent. </span></p>
<p class="p2"><span class="s1">Une force d’invasion américaine venant de l’ouest se dirigea vers Montréal, tandis qu’une autre, commandée par le général Wade Hampton, se déploya du sud. </span></p>
<p class="p2"><span class="s1">Comme les fortifications le long de la rivière Richelieu lui semblaient considérables, Hampton se dirigea d’abord vers l’ouest avant de longer la rivière Châteauguay vers le nord. Le 21 octobre, l’armée de Hampton constituée de 2 600 fantassins, 200 cavaliers et dix canons franchit la frontière du Bas-Canada (le Québec d’aujourd’hui). </span></p>
<p class="p2"><span class="s1">Une force entièrement canadienne rassemblée hâtivement qui était formée de 1 500 réguliers, miliciens et volontaires, principalement originaires des collectivités francophones et anglophones de la région de Montréal, barra la route aux envahisseurs avec l’aide d’environ 150 guerriers mohawks. Cette force était commandée par le lieutenant-colonel Charles-Michel d’Irumberry de Salaberry, officier canadien-français de 34 ans aguerri et bien connu qui servait dans l’armée britannique depuis 20 ans.</span></p>
<p class="p1"><span class="s1"><b>Les Canadiens </b>avaient dressé cinq barricades solides et bien situées qui s’étendaient sur environ trois kilomètres de la rive nord de la rivière Châteauguay. Ces épaulements, des abattis, étaient principalement constitués d’arbres coupés. Ils étaient érigés à des intersections de ravins le long de la voie accidentée que les Américains devaient emprunter. La première ligne de défense cruciale comprenait 100 hommes de l’unité de Salaberry, les Voltigeurs canadiens aguerris en uniforme gris, flanqués des détachements de Fencibles canadiens, de miliciens de Beauharnois, ainsi que d’environ 25 guerriers autochtones. Le corps s’élevait à 300 hommes.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<div class="caption_img">
        <a href="https://legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2022/11/e010958146-v8.jpg"><img loading="lazy" decoding="async" class="wp-image-6345 size-full" src="https://legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2022/11/e010958146-v8.jpg" alt="" width="800" height="1147" srcset="https://legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2022/11/e010958146-v8.jpg 800w, https://legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2022/11/e010958146-v8-209x300.jpg 209w, https://legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2022/11/e010958146-v8-714x1024.jpg 714w, https://legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2022/11/e010958146-v8-768x1101.jpg 768w" sizes="(max-width: 800px) 100vw, 800px" /></a>
        <div class="caption">
            <span></span>
            
        <div class="credit">
            <span>BAC/e010958146</span>
        </div>

        </div>
        
    </div>
<p class="p2"><span class="s1">Pendant la nuit du 25 au 26 octobre, Hampton envoya quelques 1 000 hommes avancer sur un kilomètre et demi le long de la rive sud, à la recherche d’un gué derrière le premier abattis de la milice canadienne-française. Les hommes ainsi positionnés, il comptait pendant ce temps lancer une attaque contre cette même barricade et prendre son adversaire en tenaille. </span></p>
<p class="p2"><span class="s1">La bataille commença le 26 octobre en fin de matinée, alors que la force américaine de la rive sud émergeait épuisée de l’épaisse forêt marécageuse. Elle affronta pendant plusieurs heures et de manière peu concluante les nombreux défenseurs canadiens que Salaberry avait dépêchés par prudence de l’autre côté de la rivière pour empêcher le passage.</span></p>
<blockquote>
<p class="p1">Les Canadiens accusèrent lA perte de deux hommes, 16 blessés et quatre disparus.</p>
</blockquote>
<p class="p1"><span class="s1"><b>Bien qu’ils</b> aient vu leurs compatriotes se faire repousser, les membres du reste de la force américaine du côté nord avancèrent tout de même vers l’abattis canadien. Toutefois, les salves répétées des attaquants furent inefficaces et la riposte des Canadiens les arrêta avant qu’ils ne l’atteignent. Le lieutenant Charles Pinquet des Fencibles canadiens raconta par la suite que ses « hommes [avaient] chacun tiré de 35 à 40 balles […] à hauteur de tête ou de poitrine d’homme. [Sa] compagnie a été engagée pendant à peu près trois-quarts d’heure avant l’arrivée de renforts. »</span></p>
<p class="p2"><span class="s1">Hampton, qui hésitait, finit par se replier de l’autre côté de la frontière. La bataille avait duré cinq heures. Les États-Unis admirent que leurs pertes s’étaient élevées à 23 morts, 33 blessés et 29 disparus, dont 16 prisonniers. Les Canadiens accusèrent la perte de deux hommes, 16 blessés et quatre disparus.</span></p>
<p class="p2"><span class="s1">Trois jours après la bataille, de Salaberry écrivit à son père : « Le 26 a été une journée glorieuse […]. L’armée américaine […] a été repoussée par une petite bande – tous Canadiens – et […] j’étais aux premières lignes durant tous les combats […]. » Il écrivit à son épouse qu’ils avaient « sauvé Montréal pour cette année […]. »</span></p>
<p class="p2"><span class="s1">Grâce à cette victoire, et à une autre qui eut lieu à la ferme de Crysler, à l’ouest de Montréal, le Canada était sauvé. La bataille de Châteauguay, les Voltigeurs canadiens et de Salaberry entrèrent dans l’histoire. </span></p>
<p class="p2"><span class="s1">Le champ de bataille fut déclaré lieu historique national en 1920. Parcs Canada gère un musée et un centre d’interprétation à Allan’s Corner, près de l’endroit où se sont déroulés les combats.</span></p>
<div class="caption_img">
        <a href="https://legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2022/11/a148887-v8.jpg"><img loading="lazy" decoding="async" class="size-full wp-image-6344" src="https://legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2022/11/a148887-v8.jpg" alt="" width="800" height="546" srcset="https://legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2022/11/a148887-v8.jpg 800w, https://legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2022/11/a148887-v8-300x205.jpg 300w, https://legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2022/11/a148887-v8-768x524.jpg 768w" sizes="(max-width: 800px) 100vw, 800px" /></a>
        <div class="caption">
            <span></span>
            
        <div class="credit">
            <span>Jules Benoit Livernois/BAC/PA-148887</span>
        </div>

        </div>
        
    </div>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>L’ennemi aux portes</title>
		<link>https://legionmagazine.com/fr/2022/09/lennemi-aux-portes/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Serge Durflinger]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 23 Sep 2022 13:57:15 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Articles principaux]]></category>
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					<description><![CDATA[En septembre 1942,le lieutenant d’aviation Maurice J. Bélanger attaqua l’U-517 allemandau large de la côte estdu Canada. La guerre avait gagné les côtes du Canada. Entre mai et octobre 1942, les U-boot allemands s’étaient livrés à une brutale offensive contre le Canada dans le golfe du Saint-Laurent et dans le fleuve Saint-Laurent. Ils avaient coulé 21 [&#8230;]]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<div class="caption_img">
        <a href="https://legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2022/09/DND-PMR-77-178-Belanger-right-and-crew.jpg"><img loading="lazy" decoding="async" class="wp-image-6282 size-full" src="https://legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2022/09/DND-PMR-77-178-Belanger-right-and-crew.jpg" alt="" width="800" height="654" srcset="https://legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2022/09/DND-PMR-77-178-Belanger-right-and-crew.jpg 800w, https://legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2022/09/DND-PMR-77-178-Belanger-right-and-crew-300x245.jpg 300w, https://legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2022/09/DND-PMR-77-178-Belanger-right-and-crew-768x628.jpg 768w" sizes="(max-width: 800px) 100vw, 800px" /></a>
        <div class="caption">
            <span>L&#8217;U-517 plonge lorsque le lieutenant d&#8217;aviation Maurice J. Bélanger l&#8217;attaque,<br />le 29 septembre 1942 Bélanger (à d.) et son équipage attaquèrent le sous-marin trois fois ce mois-là..</span>
            
        <div class="credit">
            <span>DND/PMR 77-178</span>
        </div>

        </div>
        
    </div>
<blockquote>
<p class="p1">En septembre 1942,le lieutenant d’aviation Maurice J. Bélanger attaqua l’<span class="s1">U-517</span> allemandau large de la côte estdu Canada.</p>
</blockquote>
<p class="p1"><b>La guerre avait gagné </b>les côtes du Canada. Entre mai et octobre 1942, les U-boot alle<span class="s1">mands s’étaient livrés à une brutale offensive contre le Canada dans le </span><span class="s2">golfe du Saint-Laurent et dans le fleuve Saint-Laurent. Ils avaient coulé 21 navires et causé la mort de 300 personnes. Un U-boot en particulier était responsable d’une grande partie du carnage.</span></p>
<p class="p2"><span class="s2">Le 26 aout 1942, l’<i>U-517</i> que commandait Paul Hartwig, </span><span class="s1"><i>Kapitänleutnant </i>(lieutenant de vaisseau) âgé de 27 ans, se faufila dans le détroit de Belle-Isle jusqu’au golfe du Saint-Laurent. Il s’agissait de la première opération qu’Hartwig commandait, et le sous-marinier se révéla aussi agressif que doué. L’<i>U-517</i> envoya neuf bâtiments par le fond en moins d’un mois, dont la corvette NCSM <i>Charlottetown</i>. Il fallait faire quelque chose.</span></p>
<p class="p2"><span class="s1">Le Commandement aérien de l’Est de l’Aviation royale canadienne affecta 35 aéronefs supplémentaires </span>aux opérations dans la région, et établit un « détachement de chasseurs de sous-marins » spécial <span class="s1">avec six bombardiers de patrouille Lockheed Hudson du 113<sup>e</sup> Escadron (bombardement-reconnaissance) basé à Chatham, N.-B. Chaque avion avait quatre membres d’équipage.</span></p>
<p class="p2"><span class="s1">Les pilotes et l’équipage du 113<sup>e</sup> comprirent vite à qui ils avaient affaire : en seulement 24 heures, les 24 et 25 septembre, ils repérèrent l’<i>U-517</i> sept fois et lancèrent trois attaques. Deux de ces attaques furent menées par le lieutenant </span><span class="s2">d’aviation Maurice J. Bélanger, 23 ans, ancien instructeur de vol né au Québec qui avait grandi à Vancouver.</span></p>
<p class="p2"><span class="s1">Le 24 septembre, vers 22 h 30, Bélanger attaqua l’<i>U-517</i> au clair de lune près de l’ile d’Anticosti. Il était à 12 mètres au-dessus de lui. Deux grenades sous-marines tombèrent près de la poupe du submersible et le secouèrent fortement. Les Canadiens mitraillèrent aussi le sous-marin, mais sans effet. « Deux explosions puissantes vers la poupe. Trois bombes larguées; la troisième juste à côté du navire », écrivit Hartwig dans son journal de bord. Ils l’avaient presque eu. Réglées pour détoner à faible profondeur, les grenades sous-marines perdaient toute efficacité dès que le sous-marin plongeait, même à quelques secondes près.</span></p>
<p class="p2"><span class="s1">Le lendemain matin, le 113<sup>e</sup> obligea l’U-boot à plonger à deux reprises. Dans l’après-midi, Bélanger décela à nouveau sa cible, qui suivait un convoi. Il passa à l’attaque, mais ses grenades sous-marines manquèrent de peu la cible, et Hartwig parvint à s’esquiver en plongeant. Les patrouilles aériennes réussirent tout de même à obliger l’<i>U-517 </i>à rester submergé : limité par sa vitesse sous l’eau, il ne pouvait plus suivre ses cibles potentielles.<span class="Apple-converted-space"> </span></span></p>
<blockquote>
<p class="p1">Les chasseurs comprirent vite à qui ils avaient affaire.</p>
</blockquote>
<p class="p2"><span class="s1">Hartwig décida de tenter sa chance vers Gaspé. Il ne put cependant pas échapper au 113<sup>e</sup>. L’après-midi du 29 septembre, à l’issue d’une longue patrouille, Bélanger et son équipage aperçurent l’<i>U-517</i> à 37 kilomètres au large de Gaspé. Le pilote descendit en piqué de 1 500 mètres à 18 mètres et largua quatre grenades </span>sous-marines sur le submersi-<span class="s1">ble qui naviguait à la surface.<span class="Apple-converted-space"> </span></span></p>
<p class="p2"><span class="s1">Voici ce qu’il écrivit plus tard : « Les grenades ont explosé tout autour de la coque, légèrement à l’avant du kiosque. Une grosse déflagration a entouré la coque […]. La proue du sous-marin est sortie de l’eau et tout mouvement vers l’avant s’est arrêté. Le sous-marin a semblé ensuite se diriger droit vers le fond […] on n’a observé aucune trace de débris, de bulles d’air ou de carburant ». Hartwig admit que les grenades sous-marines de Bélanger avaient été « bien placées », mais son U-boot ne subit que des dégâts mineurs.<span class="Apple-converted-space"> </span></span></p>
<p class="p2"><span class="s1">La Croix du service distingué dans l’Aviation fut décernée à Bélanger en </span>reconnaissance des trois attaques qu’il avait menées avec détermination contre l’<i>U-517</i>. Il reçut une barrette à cette décoration en 1944 alors qu’il servait outre-mer comme pilote de bombardier.</p>
<p class="p2">Hartwig quitta les eaux cana<span class="s1">diennes au début du mois d’octobre. La Marine royale britannique coula l’<i>U-517</i> le mois suivant au large de la France. Les personnes qui interrogèrent Hartwig après sa capture notèrent que c&#8217;était un « jeune nazi froid et calculateur […] dévoué à son </span><span class="s2">führer ». Dans les années 1950, il finit par rejoindre la marine de la </span><span class="s1">République fédérale d’Allemagne, où il acquit le grade de vice-amiral.<span class="Apple-converted-space"> </span></span></p>
<p>&nbsp;</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Ne jamais reculer</title>
		<link>https://legionmagazine.com/fr/2022/08/ne-jamais-reculer/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Serge Durflinger]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 10 Aug 2022 19:52:40 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Articles principaux]]></category>
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					<description><![CDATA[Les Fusiliers Mont-Royal à Dieppe, 19 aout 1942 Créé en 1869, le Fusiliers Mont-Royal (FMR) est l’un des plus anciens régiments de Montréal. L’unité de réservistes fut mobilisée pour le service actif dès le début de la Seconde Guerre mondiale. D’abord en garnison en Islande en juillet, il arriva en Angleterre en octobre 1940. Le FMR servit dans la 6e [&#8230;]]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<div class="caption_img">
        <a href="https://legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2022/08/19920142-003-Cov.jpg"><img loading="lazy" decoding="async" class="wp-image-6237 size-full" src="https://legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2022/08/19920142-003-Cov.jpg" alt="" width="800" height="830" srcset="https://legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2022/08/19920142-003-Cov.jpg 800w, https://legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2022/08/19920142-003-Cov-289x300.jpg 289w, https://legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2022/08/19920142-003-Cov-768x797.jpg 768w" sizes="(max-width: 800px) 100vw, 800px" /></a>
        <div class="caption">
            <span>Le lieutenant-colonel Dollard Ménard des Fusiliers Mont-Royal. il fut représenté par la suite dans cet affiche de propagande</span>
            
        <div class="credit">
            <span>Reginald Rogers/MCG/19920142-003</span>
        </div>

        </div>
        
    </div>
<h2 class="p1"><span class="s1"><b>Les Fusiliers Mont-Royal </b></span>à Dieppe, 19 aout 1942</h2>
<p class="p1"><span class="s1"><b>Créé en 1869, le Fusiliers Mont-Royal</b></span><b> </b>(FMR) est l’un des plus anciens régiments de Montréal. L’unité de réservistes fut mobilisée pour le service actif dès le début de la Seconde Guerre mondiale. D’abord en garnison en Islande en juillet, il arriva en Angleterre en octobre 1940. Le FMR servit dans la 6<sup>e</sup> Brigade d’infanterie de la 2<sup>e</sup> Division d’infan-terie canadienne. Au bout de deux ans d’entrainement, il affronta la pire épreuve qu’il devait connaitre pendant la guerre : le célèbre raid de Dieppe du 19 aout 1942.<span class="Apple-converted-space"> </span></p>
<blockquote>
<p class="p1">Nous savions que nous<span class="Apple-converted-space"> </span>tenions dans nos mains <b>l’honneur du Canada</b><span class="s1">.<span class="Apple-converted-space"> </span></span></p>
</blockquote>
<p class="p2">Le FMR avait été désigné comme force de réserve pour le raid : il devait débarquer pour asseoir le succès ou protéger les forces alliées lors d’un repli. Les troupes canadiennes prirent les plages d’assaut à 5 h, mais ils n’avancèrent pas beaucoup devant la résistance allemande. Le nombre de victimes s’accumula rapidement, et le chaos régnait. Le major-général John Roberts, <span class="s1">commandant de division à bord du NSM <i>Calpe</i>, ignorait ce qu’il se pas</span>sait à terre : les communications étaient mauvaises et une épaisse fumée occultait la situation.</p>
<div class="caption_img">
        <a href="https://legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2022/08/patch-les-fusiliers-mont-royal-capbadge.jpg"><img loading="lazy" decoding="async" class="wp-image-6245 size-full" src="https://legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2022/08/patch-les-fusiliers-mont-royal-capbadge.jpg" alt="" width="483" height="715" srcset="https://legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2022/08/patch-les-fusiliers-mont-royal-capbadge.jpg 483w, https://legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2022/08/patch-les-fusiliers-mont-royal-capbadge-203x300.jpg 203w" sizes="(max-width: 483px) 100vw, 483px" /></a>
        <div class="caption">
            <span>Le lieutenant-colonel Dollard Ménard des Fusiliers Mont-Royal (insigne de casquette pour chapeau en encart)</span>
            
        <div class="credit">
            <span></span>
        </div>

        </div>
        
    </div>
<p class="p2">Roberts reçut un message à 6 h 10 et crut malencontreusement à l’annonce d’un progrès favora-ble des Canadiens. Il donna donc l’ordre au FMR de se joindre aux combats. Les 584 soldats du FMR, en grande partie des francophones commandés par Dollard Ménard, un lieutenant-colonel de 29 ans, sautèrent dans 26 péniches de débarquement rapides en bois.<span class="Apple-converted-space"> </span></p>
<div class="caption_img">
        <a href="https://legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2022/08/C-014160.jpg"><img loading="lazy" decoding="async" class="wp-image-6241 size-full" src="https://legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2022/08/C-014160.jpg" alt="" width="800" height="540" srcset="https://legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2022/08/C-014160.jpg 800w, https://legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2022/08/C-014160-300x203.jpg 300w, https://legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2022/08/C-014160-768x518.jpg 768w" sizes="(max-width: 800px) 100vw, 800px" /></a>
        <div class="caption">
            <span>Des corps de soldat gisent sur la plage de Dieppe. </span>
            
        <div class="credit">
            <span>BAC/C-014160</span>
        </div>

        </div>
        
    </div>
<p class="p1"><b>Les hommes</b> débarquèrent à 7 h 10 le long de la côte devant Dieppe, plus dispersés et plus à l’ouest que prévu. Le FMR vit nombre de morts et de blessés, ainsi que des chars détruits. Les Allemands attaquèrent immédiatement les embarcations à l’aide de mitrailleuses et de mortiers, infligeant de lourdes pertes avant même que les hommes ne mettent pied à terre.<span class="Apple-converted-space"> </span></p>
<p class="p2">Le FMR fut confronté à la même chose que les unités qui l’avaient précédé : une plage de cailloux donnant sur un haut brise-lames, et derrière un terrain à découvert, zone mortelle pour quiconque s’y aventurerait.<span class="Apple-converted-space"> </span></p>
<p class="p2">L’ennemi retranché concentrait son feu sur ces nouvelles cibles canadiennes. La plus grande partie de la compagnie « D » gagna le rivage en arrivant sous de hautes falaises du côté ouest de la zone de débarquement. On ne pouvait ni avancer ni reculer. « Cloués sur place, les survivants ne songent plus qu’à s’abriter », rapporte l’histoire régimentaire du FMR.<span class="Apple-converted-space"> </span></p>
<p class="p2">Des hommes se collèrent aux falaises alors que les Allemands leur lançaient des grenades. Peu après, un tir en enfilade venant de l’est prit pour cible des hommes qui s’étaient abrités derrière des rochers. Plus à l’est, un groupe de 12 hommes commandé par le sergent Pierre Dubuc réussit à pénétrer dans la ville et à détruire quelques positions allemandes. Ce fut la plus grande percée du FMR ce jour-là.<span class="Apple-converted-space"> </span></p>
<p class="p1"><b>Il était évident </b>que le raid avait échoué et, à 11 h, Roberts donna l’ordre du repli. Les<br />
Allemands furent sans merci<br />
pendant la manœuvre. À 13 h, le combat avait pris fin : les Canadiens s’étaient rendus.</p>
<p class="p2">Blessé cinq fois, Ménard fut sauvé par ses hommes qui le portèrent jusqu’à un embarcation d’évacuation. L’Ordre du service distingué lui fut décerné pour son commandement. En octobre 1942, il déclara à Montréal devant une grande foule : « Nous savions que nous tenions dans nos mains l’honneur du Canada ». Fier du courage de ses hommes, il dit : « Comme on dit chez nous, du cœur au ventre, ils en avaient ».</p>
<p class="p2">Le FMR fut décimé à Dieppe : seuls 125 hommes retournèrent en Angleterre, pas moins de 105 avaient été tués. Quatre autres devaient décéder en Angleterre des suites de leurs blessures et 10 dans des camps de prisonniers de guerre, 344 avaient été capturés, dont 111 blessés. En tout, 916 Canadiens périrent et 1 946 furent faits prisonniers.</p>
<p class="p2">Le 21 aout 1942, <i>Le Devoir</i> écrit ceci : « À Dieppe, les Fusiliers n’ont pas déçu les espoirs qu’on avait mis en eux ». Ils étaient restés fidèles à leur devise, « <i>Nunquam Retrorsum </i>» (Ne jamais reculer).<span class="Apple-converted-space"> </span></p>
<div class="caption_img">
        <img loading="lazy" decoding="async" class="size-full wp-image-6243" src="https://legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2022/08/FMR-memorial-Dieppe-Durflinger.jpg" alt="" width="800" height="1167" srcset="https://legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2022/08/FMR-memorial-Dieppe-Durflinger.jpg 800w, https://legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2022/08/FMR-memorial-Dieppe-Durflinger-206x300.jpg 206w, https://legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2022/08/FMR-memorial-Dieppe-Durflinger-702x1024.jpg 702w, https://legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2022/08/FMR-memorial-Dieppe-Durflinger-768x1120.jpg 768w" sizes="(max-width: 800px) 100vw, 800px" />
        <div class="caption">
            <span>Un monument en l&#8217;honneur du Fusiliers a été dressé sur les lieux.</span>
            
        <div class="credit">
            <span>Serge Durflinger</span>
        </div>

        </div>
        
    </div>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Un travail gigantesque</title>
		<link>https://legionmagazine.com/fr/2022/06/un-travail-gigantesque/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Serge Durflinger]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 24 Jun 2022 13:44:24 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Articles principaux]]></category>
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					<description><![CDATA[La formation du 425e Escadron « Les Alouettes », premier escadron canadien français de l’ARC L’Aviation royale canadienne était une institution de langue anglaise pendant la Seconde Guerre mondiale. Les escadrons devaient être interopérables et agir avec ceux de la Royal Air Force. En effet, beaucoup d’aviateurs canadiens faisaient partie d’escadrons britanniques.  Cela n’aidait pas [&#8230;]]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<div class="caption_img">
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        <div class="caption">
            <span>l’Escadron 425 dont l’insigne comporte une alouette réalisée par le capitaine d’aviation Paul Goranson. </span>
            
        <div class="credit">
            <span>Capt avn Paul Goranson/Musée canadien de la guerre/19710261-3230</span>
        </div>

        </div>
        
    </div>
<blockquote>
<p class="p1"><em><strong>La formation du 425<sup>e</sup> Escadron « <span class="s1">Les Alouettes</span> », premier escadron canadien français de l’ARC</strong></em></p>
</blockquote>
<p class="p1"><span class="s1"><b>L’Aviation royale</b> canadienne était une institution de langue anglaise pendant la Seconde Guerre mondiale. Les escadrons devaient être interopérables et agir avec ceux de la Royal Air Force. En effet, beaucoup d’aviateurs canadiens faisaient partie d’escadrons britanniques</span><span class="s2">.<span class="Apple-converted-space"> </span></span></p>
<p class="p2"><span class="s2">Cela n’aidait pas franchement l’aviation à recruter des Canadiens français, même si on leur promettait une formation linguistique. L’ARC n’avait tout simplement pas l’équivalent des bataillons francophones de l’armée de terre, où les soldats pouvaient fonctionner en français et ne parler anglais que pour communiquer avec d’autres unités. Mais, tout cela changea il y a 80 ans, en 1942.<span class="Apple-converted-space"> </span></span></p>
<p class="p2"><span class="s2">Charles Gavan Power, mi-nistre de la Défense nationale pour l’air, venait de Québec. Il était bien décidé à « cana-<br />
dianiser » l’ARC. Il voulait que, dans la mesure du possible, les Canadiens servent dans des esca-drons canadiens, même si cela voulait dire faire revenir ceux qui étaient dans la RAF. L’exemple parfait? Des Canadiens français furent regroupés pour former un escadron distinct.<span class="Apple-converted-space"><br />
</span></span></p>
<div class="caption_img">
        <img loading="lazy" decoding="async" class="size-full wp-image-6168" src="https://legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2022/04/425-alouette-001.jpg" alt="" width="800" height="1170" srcset="https://legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2022/04/425-alouette-001.jpg 800w, https://legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2022/04/425-alouette-001-205x300.jpg 205w, https://legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2022/04/425-alouette-001-700x1024.jpg 700w, https://legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2022/04/425-alouette-001-768x1123.jpg 768w" sizes="(max-width: 800px) 100vw, 800px" />
        <div class="caption">
            <span>La représentation de l’Escadron 425 </span>
            
        <div class="credit">
            <span>Jacques Morin</span>
        </div>

        </div>
        
    </div>
<p class="p2"><span class="s2"><span class="Apple-converted-space"> </span></span></p>
<p class="p2"><span class="s2">Quelques officiers de l’ARC en service outre-mer estimaient que l’idée était peu réaliste. Harold Edwards, vice-maréchal de l’Air, avança que les Canadiens français ne comprendraient pas l’accent des Britanniques pendant les opérations, car la difficulté se posait même pour les Canadiens anglais. Leslie Hollinghurst, vice-maréchal de l’Air britannique, s’inquiétait du fait que les Canadiens français « ne parlent qu’en français entre eux, et finissent par oublier l’anglais ».<span class="Apple-converted-space"> </span></span></p>
<p class="p2"><span class="s2">Mais, Power n’en démordait pas et Edwards se fit à l’idée, tout comme la RAF.<span class="Apple-converted-space"> </span></span></p>
<blockquote>
<p class="p1"><span class="s1"><b><i><span class="Apple-converted-space">    </span></i></b></span><b><i>« Pour le francophone du Canada, c’était une barrière qui cédait. »</i></b><span class="s1"><b><i><span class="Apple-converted-space"> </span></i></b></span></p>
</blockquote>
<p class="p1"><span class="s2"><b>Le 425<sup>e</sup> Escadron</b> (canadien français) fut formé en juin 1942, à l’aérodrome de la RAF, à Dishforth, au nord du Yorkshire anglais. Il fut doté de bombardiers bimoteurs<span class="Apple-converted-space">  </span>Vickers Wellington. Le 425<sup>e</sup>, commandé par le lieutenant-colonel d’aviation Joseph Saint-Pierre, eut des effectifs initiaux de 20 avions et de plus de 100 aviateurs, et servit dans le No. 4 Group du Bomber Command de la RAF. La devise de l’escadron, surnommé « Les Alouettes », était « Je te plumerai », tirée du refrain de la célèbre comptine canadienne-française.</span></p>
<p class="p2"><span class="s2">Les fiers membres du seul escadron canadien-français du Bomber Command étaient très liés. L’un des vétérans les plus célèbres de l’escadron, Gilles Lamontagne, qui devint plus tard maire de Québec, ministre canadien de la Défense nationale et lieutenant-gouverneur du Québec, déclara que « pour le francophone du Canada, c’était une barrière qui cédait. » C’est cet obstacle linguistique que Power avait voulu abattre.</span></p>
<p class="p1"><span class="s1">L’escadron Les Alouettes </span>accomplit sa première mission dans la nuit du 5 au 6 octobre 1942 avec le bombardement d’Aachen, <span class="s1">en Allemagne. Le 1<sup>er</sup> janvier 1943, le 425<sup>e</sup> fut transféré au No. 6 Group de l’ARC, basé en Grande-Bretagne. L’escadron vint s’établir en Tunisie en mai, où il mena des opérations contre l’Italie. Après son retour à Dishforth en novembre, il fut équipé du bombardier quadrimoteur lourd Handley Page Halifax et il s’établit à la RAF Tholthorpe, aussi située au nord du Yorkshire, en Angleterre.</span></p>
<p class="p1"><span class="s2">Maintenir le caractère<br />
canadien-français de l’esca-dron devint difficile avec les pertes qui s’alourdissaient et le manque de remplaçants. Bien que plus de 4 000 francophones aient servi dans d’autres escadrons de l’ARC </span><span class="s1">outre-mer, il ne restait que 53 % d’aviateurs </span>franco-<br />
phones dans le 425<sup>e</sup> en décembre 1943.</p>
<p class="p1"><span class="s1">La dernière opération de l’escadron Les Alouettes eut lieu le 25 avril 1945 : le bombardement des îles Frisonnes allemandes en mer du Nord. À la fin de la guerre en Europe, le 425<sup>e</sup> échangea ses Halifax contre des Avro Lancaster Mark X et retourna au Canada pour rejoindre la « Tiger Force ». Il devait se battre contre le Japon, mais le conflit prit fin après les bombardements atomiques d’Hiroshima et de Nagasaki, et l’escadron fut dissout.</span></p>
<div class="caption_img">
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        <div class="caption">
            <span>Le lieutenant-colonel du 425e, Joseph Saint-Pierre discute de plans avec des collègues en 1943. </span>
            
        <div class="credit">
            <span>BAC/3263255</span>
        </div>

        </div>
        
    </div>
<p class="p3"><span class="s1"><b>Le 425<sup>e</sup> </b>fit 3 694 sorties dans </span>le cadre de 328 missions, et il largua 8 300 tonnes de bombes. Ses aviateurs reçurent au moins 94 déco-rations. L’escadron perdit <span class="s1">66 appareils au combat ou lors d’accidents, et recensa 254 morts et 91 prisonniers. On ne s’étonnera pas qu’un journal de Montréal, <i>Le Devoir</i>, ait rapporté à la fin de la guerre que « L’escadrille Alouette a accompli un travail gigantesque outre-mer et elle est reconnue comme une des plus effectives [sic]. […] Les Canadiens d’expression française se sont illustrés dans les rangs de cette merveilleuse escadrille dont les faits d’armes ont été rapportés par tous les correspondants. » Pour l’ancien combattant Lamontagne, dont l’avion fut abattu en 1943 et qui fut capturé par les Allemands, l’impact était plus personnel. « Je n’oublierai jamais ce sentiment d’exaltation et de fierté </span>que j’ai connu au sein de <span class="s1">l’escadrille 425, non plus que l’esprit de camaraderie qui y régnait. Ce fut l’un des grands moments de ma vie. »</span></p>
<div class="caption_img">
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        <div class="caption">
            <span>Des membres de l’Escadron 425 posent pour une photo de groupe le 14 juillet 1944. </span>
            
        <div class="credit">
            <span>Collection Réal st-Amour</span>
        </div>

        </div>
        
    </div>
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