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	<title>J.L. Granatstein &#8211; La revue Légion</title>
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		<title>Au Lendemain De La Guerre</title>
		<link>https://legionmagazine.com/fr/2025/07/au-lendemain-de-la-guerre/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[J.L. Granatstein]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 23 Jul 2025 15:00:48 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Articles principaux]]></category>
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					<description><![CDATA[Les péripéties de la Force d’occupation de l’Armée canadienne en Allemagne en 1945-1946]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<div class="caption_img">
        <a href="https://legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2025/07/PA-162830.jpg"><img fetchpriority="high" decoding="async" class="wp-image-6700 size-full" src="https://legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2025/07/PA-162830.jpg" alt="" width="800" height="618" srcset="https://legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2025/07/PA-162830.jpg 800w, https://legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2025/07/PA-162830-300x232.jpg 300w, https://legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2025/07/PA-162830-768x593.jpg 768w" sizes="(max-width: 800px) 100vw, 800px" /></a>
        <div class="caption">
            <span>Soldats de la Force d’occupation de l’Armée canadienne à Aurich, en Allemagne, fin aout 1945 </span>
            
        <div class="credit">
            <span>en regard</span>
        </div>

        </div>
        
    </div>
<p class="p1"><span class="s1"><b>À</b></span><b>l’orée de la fin</b> de la guerre en Europe, le gouvernement libéral dut se prononcer sur d’importantes questions militaires. Quel rôle le Canada jouerait-il dans la guerre contre le Japon après la défaite de l’Allemagne? Comment les soldats seraient-ils rapatriés, et dans quel ordre? Quel rôle, le cas échéant, le Canada aurait-il en Allemagne occupée?</p>
<p class="p2">Une réponse fut donnée à cette dernière question en décembre 1944. Le Canada affecterait une division de fantassins et 13 escadrilles de l’Aviation royale canadienne à l’occupation du Reich vaincu. Tout comme la division de fantassins qui serait formée pour aller combattre au Pacifique, la Force d’occupation de l’Armée canadienne (FOAC) devait se composer de volontaires désirant faire carrière dans l’armée. Si, comme on s’y attendait, les volontaires manquaient, le personnel clé et les soldats qui avaient gagné le moins de points d’appréciation pour le rapatriement seraient affectés à la division.</p>
<p class="p2">En fin de compte, il y eut 6 160 volon-taires, dont 565 officiers. Les rangs de la future 3<sup>e</sup> Division (FOAC) furent donc gonflés par 631 officiers et 13 280 soldats du rang qui étaient en bas de l’échelle de priorité pour le rapatriement.</p>
<p class="p2">Ottawa avait convenu que les conscrits expédiés en Europe au cours des cinq der-niers mois de la guerre seraient également inclus dans la FOAC. La 3<sup>e</sup> ressemblait à une division du temps de la guerre : trois brigades de trois bataillons d’infanterie, des régiments d’artillerie et la gamme complète d’armes et de services composée de 20 071 hommes de tous les grades. Si besoin était, elle pouvait se battre, car nul ne savait comment réagiraient les Allemands.</p>
<p><a href="https://legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2025/07/PA-145770.jpg"><img decoding="async" class="alignnone size-full wp-image-6699" src="https://legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2025/07/PA-145770.jpg" alt="" width="800" height="973" srcset="https://legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2025/07/PA-145770.jpg 800w, https://legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2025/07/PA-145770-247x300.jpg 247w, https://legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2025/07/PA-145770-768x934.jpg 768w" sizes="(max-width: 800px) 100vw, 800px" /></a></p>
<p class="p1">Les Canadiens avaient combattu au Nord-Ouest de l’Europe dans le 21<sup>e</sup> groupe d’armées sous les ordres du maréchal Bernard Montgomery, et il fut convenu dès le départ que la FOAC ferait partie du XXX<sup>e</sup> Corps britannique dans la région d’Emden-Wilhelmshaven, dans le Nord-Ouest de l’Allemagne. Aucun calendrier n’avait été déterminé, mais le gouvernement savait que Londres, en difficulté financière, allait vouloir que le Canada reste le plus longtemps possible.</p>
<p class="p1">Néanmoins, bon nombre des soldats au plus bas de la liste de rapatriement souhaitaient rentrer chez eux. Plus d’autres hommes de la Première Armée canadienne quittaient l’Europe aussi rapidement que possible, plus il allait être compliqué de soutenir une force relativement petite loin du Canada. Enfin, les Britanniques, les Américains, les Soviétiques et les Français supervisaient les mesures prises pour l’ennemi vaincu dans leurs zones, mais le Canada, nonobstant sa contribution à la victoire, ne serait pas consulté par les grandes puissances sur le sort des Allemands.</p>
<div class="caption_img">
        <a href="https://legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2025/07/PA-159242-.jpg"><img decoding="async" class="wp-image-6698 size-full" src="https://legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2025/07/PA-159242-.jpg" alt="" width="800" height="784" srcset="https://legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2025/07/PA-159242-.jpg 800w, https://legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2025/07/PA-159242--300x294.jpg 300w, https://legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2025/07/PA-159242--768x753.jpg 768w" sizes="(max-width: 800px) 100vw, 800px" /></a>
        <div class="caption">
            <span>Des soldats de la Force d’occupation de l’Armée canadienne vérifient les pièces d’identité à Aurich, en Allemagne, en aout 1945 (ci-contre). Le Brigadier Robert Moncel et le major-général Christopher Vokes </span>
            
        <div class="credit">
            <span>en haut</span>
        </div>

        </div>
        
    </div>
<p class="p1">C’était le major-général Christopher Vokes qui commandait la FOAC. Major à son arrivée en Europe, il avait dirigé une brigade lors de l’invasion de la Sicile et avait commandé la 1<sup>re </sup>Division canadienne en Italie à la fin de l’automne 1943. Après décembre 1944, il dirigeait la 4<sup>e</sup> Division blindée canadienne au nord-ouest de l’Europe.</p>
<p class="p1">Le 13 juillet, dans le théâtre de la garnison à Aurich, en Allemagne, le général Vokes expliqua à ses officiers et à ses hommes ce qu’il attendait de la FOAC : « Tous les Canadiens [seraient] jugés sur le comportement des hommes de tous les grades. Pour inspirer le respect à tous les Allemands ainsi qu’aux autres forces d’occupation, il [fallait] une supervision constante et une discipline irréprochable. La 3<sup>e</sup> Division d’infanterie du Canada, dit-il [devait] être la “vitrine” de l’Armée canadienne. »</p>
<p class="p1">En pratique, selon le brigadier Robert Moncel, Vokes dirigeait sa force d’occupation comme un seigneur de la guerre. Il organisait des fêtes turbulentes, ajouta-t-il.</p>
<p class="p1">Les tâches assignées à la FOAC étaient vastes, allant du désarmement de la Wehrmacht à la prise en charge de personnes déplacées, en passant par l’élimination du parti nazi et l’évacuation des prisonniers de guerre alliés. À plus long terme, les occupants furent également chargés de rééduquer la jeunesse allemande et de compromettre la capacité des Allemands à relancer une guerre.</p>
<p class="p3"><b>La force d’occupation</b> travaillait avec les officiers du gouvernement militaire qui avait été établi le jour de 1945 où les Alliés entrèrent en Allemagne, ainsi qu’avec ses équipes des affaires civiles. Le plus important était de contrôler les soldats allemands qui s’étaient rendus et de les renvoyer chez eux. Le processus mis en place, 3 000 membres de la Wehrmacht étaient traités et relâchés tous les deux jours. Toutefois, de nombreux soldats allemands avaient échappé à la garde à vue ou évité d’être faits prisonniers. Il fallait les trouver et les contrôler pour déterminer s’ils avaient été dans la SS ou avaient commis des crimes de guerre.</p>
<p class="p1">Pour capturer ces hommes, la FOAC organisa des descentes, des opérations coordonnées menées de nuit et sans avertissement. On encerclait les lieux et un contrôle rigoureux de tous les habitants était effectué aux premières lueurs. Toute personne sans certificat de libération ou sur qui pesaient des soupçons devait être remise au personnel du gouvernement militaire ou détenue en tant que prisonnier de guerre.</p>
<p><a href="https://legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2025/07/PA-151759.jpg"><img loading="lazy" decoding="async" class="alignnone size-full wp-image-6697" src="https://legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2025/07/PA-151759.jpg" alt="" width="800" height="562" srcset="https://legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2025/07/PA-151759.jpg 800w, https://legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2025/07/PA-151759-300x211.jpg 300w, https://legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2025/07/PA-151759-768x540.jpg 768w" sizes="(max-width: 800px) 100vw, 800px" /></a></p>
<p class="p1">La tâche suivante, encore plus ardue, consistait à aider les dizaines de milliers de personnes déplacées et de réfugiés dans la zone de la FOAC. Le régime nazi avait établi des camps de concentration sur tout son territoire. Les installations d’extermination se trouvaient dans l’Est, mais les camps, tels que celui de Bergen-Belsen, près de la région contrôlée par les Canadiens, avaient choqué les gens qui avaient vu les morts empilés et l’effroyable état des survivants. Ces personnes devaient désormais être soignées et renvoyées chez elles ou, si ce n’était pas possible, logées jusqu’à ce que leur destination ait été déterminée.</p>
<p class="p1">Il y avait aussi des ouvriers importés par le Reich pour travailler dans les usines ou les exploitations agricoles, certains venus volontairement, mais beaucoup plus amenés comme des esclaves. Ceux d’Europe de l’Ouest étaient généralement renvoyés facilement chez eux. Toutefois, les choses étaient plus compliquées pour ceux d’Europe de l’Est : nombreux étaient ceux qui, traités brutalement par les Allemands, voulaient se venger avant de rentrer chez eux. Les Polonais, en particulier, cherchaient à se venger des civils, et il y eut des cas de pillage, de vols violents, d’agressions sexuelles et de meurtres. La FOAC faisait son possible pour rétablir l’ordre. Elle finit par devoir établir un camp d’isolement sur l&#8217;ile de Borkum pour de tels criminels.</p>
<p class="p1">Ensuite, il y avait environ 2 000 prisonniers de guerre soviétiques qui avaient été affamés et brutalisés dans des camps de prisonniers. Désormais, beaucoup circu-laient librement. Les ententes entre les Alliés stipulaient que ces soldats devaient être rapatriés en URSS, et le gouvernement militaire avait « les services pour les renvoyer en Russie, est-il écrit dans le journal de guerre de la FOAC. Mais, soit par ignorance, soit par désir de rester en Allemagne, ils n’en avaient pas profité ». La FOAC avait donc « reçu l’ordre de prendre part à ce rapatriement ».</p>
<div class="caption_img">
        <a href="https://legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2025/07/The_Liberation_of_Bergen-belsen_Concentration_Camp_April_1945_BU4018.jpg"><img loading="lazy" decoding="async" class="wp-image-6696 size-full" src="https://legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2025/07/The_Liberation_of_Bergen-belsen_Concentration_Camp_April_1945_BU4018.jpg" alt="" width="800" height="801" srcset="https://legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2025/07/The_Liberation_of_Bergen-belsen_Concentration_Camp_April_1945_BU4018.jpg 800w, https://legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2025/07/The_Liberation_of_Bergen-belsen_Concentration_Camp_April_1945_BU4018-300x300.jpg 300w, https://legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2025/07/The_Liberation_of_Bergen-belsen_Concentration_Camp_April_1945_BU4018-150x150.jpg 150w, https://legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2025/07/The_Liberation_of_Bergen-belsen_Concentration_Camp_April_1945_BU4018-768x769.jpg 768w, https://legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2025/07/The_Liberation_of_Bergen-belsen_Concentration_Camp_April_1945_BU4018-600x600.jpg 600w, https://legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2025/07/The_Liberation_of_Bergen-belsen_Concentration_Camp_April_1945_BU4018-400x400.jpg 400w" sizes="(max-width: 800px) 100vw, 800px" /></a>
        <div class="caption">
            <span></span>
            
        <div class="credit">
            <span>IWM/BU 4018/Wikimedia</span>
        </div>

        </div>
        
    </div>
<p class="p1">Les Soviétiques essayaient d’échapper aux autorités pour pouvoir se venger des Allemands. La FOAC envoya des patrouilles pour prévenir les crimes : elle cerna une fois 30 Soviétiques qui pillaient des exploitations agricoles, violaient femmes et filles, et assassinaient des civils. Parfois, les Canadiens montraient peu de compassion pour les civils, et certains applaudissaient même les anciens prisonniers qui « rendaient un peu la pareille aux Boches ». Comme le dit prosaïquement un soldat : « les Russes bottaient le cul des civils allemands. »</p>
<p class="p1">Les nazis avaient plongé le monde dans une longue guerre cruelle, et seuls les crimes les plus graves faisaient l’objet de poursuites. La plupart des déplacés et des prisonniers de guerre évadés ne furent pas souvent punis, et les Soviétiques finirent par être renvoyés chez eux.</p>
<blockquote>
<p class="p1"><b>Parfois, les Canadiens montraient peu de compassion pour les civils, et certains applaudissaient même les anciens prisonniers qui « rendaient un peu la pareille aux Boches ». </b></p>
</blockquote>
<p><a href="https://legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2025/07/2AYF8EW.jpg"><img loading="lazy" decoding="async" class="alignnone size-full wp-image-6695" src="https://legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2025/07/2AYF8EW.jpg" alt="" width="800" height="1055" srcset="https://legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2025/07/2AYF8EW.jpg 800w, https://legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2025/07/2AYF8EW-227x300.jpg 227w, https://legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2025/07/2AYF8EW-776x1024.jpg 776w, https://legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2025/07/2AYF8EW-768x1013.jpg 768w" sizes="(max-width: 800px) 100vw, 800px" /></a></p>
<p class="p1"><span class="s1"><b>Malgré les représailles</b>, les Allemands </span>dans la zone d’occupation canadienne affichaient généralement une attitude acceptable. La plupart des personnes âgées étaient résignées à leur sort. La <span class="s1">guerre avait été perdue, mais ce n’était pas </span>de leur faute, prétendaient-elles; c’était seulement à cause de l’erreur qu’avait faite Hitler d’attaquer l’Union soviétique <span class="s1">avant d’achever la Grande-Bretagne. Mais, selon les responsables canadiens, certains des hommes de moins de 30 ans à qui l’idéologie nazie avait été inculquée pendant 12 ans vouaient une haine implacable aux vainqueurs. Et les Allemands évitaient généralement de coopérer avec ces derniers.</span></p>
<p class="p2">Les ordres de non-fraternisation du maréchal Montgomery n’aidaient pas : aucune relation informelle avec la population, pas de liaisons avec les femmes, pas de bonbons pour les enfants. Enfreindre ces ordres pouvait entrainer une punition pour les soldats, ce qui était incontestablement préjudiciable au moral.</p>
<p class="p2">Les soldats voyaient bien que les enfants <span class="s2">(et leurs parents) avaient faim, et ils voulaient les</span><span class="s1"> aider pendant les mois qui suivirent la reddition, lorsque la nourriture se faisait rare </span><span class="s2">et qu’ils n’avaient qu’à peine plus de 1 500 calo</span>ries par jour et par personne. Mais, comme le major Elmer Bell l’écrivit dans une lettre envoyée chez lui depuis l’Allemagne, donner du chocolat aux enfants « serait un petit <span class="s1">début de fraternisation et le gaspillage de tout le produit de nos pertes et de nos sacrifices ».</span></p>
<p class="p2">Les difficultés des civils allemands pouvaient être exploitées, et elles le furent. Il était difficile de trouver des cigarettes, et les soldats canadiens troquaient celles qu’ils obtenaient gratuitement contre des appareils photo, de l’alcool, des bijoux, des œuvres d’art, des jumelles, des montres. On pouvait mettre la main sur n’importe quoi, semblait-il, en échange de 100 à 1 500 cigarettes. C’était de la petite bière, cependant, par rapport au matériel, aux vêtements et aux denrées alimentaires volés à l’armée et refourgués au marché noir. Ce n’est qu’au printemps 1946 que ce fut contrôlé (« car d’autres responsabilités étaient d’une plus grande priorité », est-il noté dans le journal de guerre de la FOAC).</p>
<div class="caption_img">
        <a href="https://legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2025/07/PA-151751.jpg"><img loading="lazy" decoding="async" class="wp-image-6694 size-full" src="https://legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2025/07/PA-151751.jpg" alt="" width="800" height="577" srcset="https://legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2025/07/PA-151751.jpg 800w, https://legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2025/07/PA-151751-300x216.jpg 300w, https://legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2025/07/PA-151751-768x554.jpg 768w" sizes="(max-width: 800px) 100vw, 800px" /></a>
        <div class="caption">
            <span>Des soldats soviétiques harcèlent une Allemande (ci-contre). Le soldat canadien Murray Dorey donne du chocolat à des enfants de la région d’Aurich, en Allemagne, en aout 1945 (en bas). </span>
            
        <div class="credit">
            <span>Vintage_Space/Alamy/2AYF8EW; Barney J. Gloster/MDN/BAC/PA-151751;</span>
        </div>

        </div>
        
    </div>
<p class="p2">Les Canadiens, eux aussi, voulaient rencontrer du monde. Stanley Winfield, de l’ARC, écrivit que, même si la consigne de non-fraternisation était en vigueur,</p>
<p class="p1"><span class="s1">« les Fridolines ont tiré un avantage certain de cet ordre et n’y ont vu qu’une merveilleuse occasion de prendre leur revanche. Elles allaient se promener là où elles savaient que se trouveraient des soldats alliés […] et se montraient aussi enjouées et désirables que possible. » </span></p>
<p class="p1"><span class="s1">Il était difficile de résister à la tentation. Et vu l’approvisionnement abondant en cigarettes qui pouvaient leur servir de monnaie d’échange, de nombreux soldats obtenaient ce qu’ils voulaient. Pourtant, peu d’entre eux furent punis. Néanmoins, les soldats de la FOAC allaient fréquemment en permission non loin, aux Pays-Bas ou au Danemark, où les gens étaient amicaux, où les femmes s’intéressaient à eux et où les cigarettes leur ouvraient encore des portes. Les hommes pouvaient se payer une fin de semaine à Amsterdam ou à Copenhague pour 2 000 cigarettes seulement, </span>avec nourriture, boissons, hébergement et compagnie d’une dame tout compris.</p>
<p class="p1">On finit par s’habituer à la nouvelle réalité et, à la mi-juillet 1945, la consigne de non-fraternisation fut assouplie avant d’être éliminée. Le décret du XXX<sup>e</sup> Corps britannique disait, avec un humour <span class="s1">vraisemblablement fortuit, qu’ils « pouvaient maintenant parler à tous les Allemands dans les lieux publics et dans les rues, parce que, grâce aux rapports entre les deux peuples, on espère conduire les Allemands à un mode de vie démocratique […] n’entrez pas chez eux ni ne les recevez chez vous ».</span></p>
<p class="p1"><span class="s2">Il fut rapporté que les Allemandes étaient </span>menacées par leurs compatriotes si elles fréquentaient des Canadiens. Mais, les cigarettes étaient une récompense efficace <span class="s2">pour les risques pris, et de nombreux soldats </span>eurent vite des liaisons. En février 1946, il était noté dans le journal de guerre de la <span class="s2">FOAC : « La fraternisation s’accroit, et même les officiers parlent à voix basse de telle </span>“ belle blonde ” remarquée au centre-ville ». Plusieurs hommes, est-il dans le texte, ont exprimé leur désir d’épouser des Allemandes.</p>
<p class="p1">Ils avaient vraisemblablement réussi à « entrer chez elles ».</p>
<p class="p1"><span class="s2">Malgré les demandes faites aux Canadiens à plusieurs reprises par les Britanniques pour qu’ils restent en Allemagne, Ottawa décida que l’engagement prendrait fin au début de 1946. Les premiers soldats partirent pour l’Angleterre le 23 mars; les derniers s’en allèrent le 8 juin. La FOAC avait fait son devoir, et les Canadiens étaient tous de retour chez </span><span class="s1">eux peu après. La guerre était enfin terminée.</span></p>
<div class="caption_img">
        <a href="https://legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2025/07/PA-130018.jpg"><img loading="lazy" decoding="async" class="wp-image-6693 size-full" src="https://legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2025/07/PA-130018.jpg" alt="" width="800" height="685" srcset="https://legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2025/07/PA-130018.jpg 800w, https://legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2025/07/PA-130018-300x257.jpg 300w, https://legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2025/07/PA-130018-768x658.jpg 768w" sizes="(max-width: 800px) 100vw, 800px" /></a>
        <div class="caption">
            <span>Le « bataillon canadien de Berlin » défile dans la ville le 20 juillet 1945. </span>
            
        <div class="credit">
            <span>Foote/MDN/BAC/PA-130018</span>
        </div>

        </div>
        
    </div>
<p class="p1"><b>LE BATAILLON CANADIEN DE BERLIN</b></p>
<p class="p1"><span class="s1"><b>Bien qu’elles ne fassent pas</b> officiellement partie de la Force d’occupation de l’Armée canadienne, </span>les troupes canadiennes ont également servi en Allemagne d’après-guerre dans ce qu’on a appelé le « bataillon de Berlin ». Tirés d’unités <span class="s1">aux Pays-Bas qui attendaient d’être rapatriées, des </span>hommes du Argyll and Sutherland Highlanders, du Fusiliers Mont-Royal et du Loyal Edmonton Regiment furent déployés pour représenter le Canada au défilé britannique de la victoire dans la capitale allemande le 21 juillet 1945.</p>
<p class="p2">Les soldats, installés dans une maison de retraite de la ville, avaient peu de tâches officielles autres que la pratique de leurs exercices et l’entretien de leur équipement. Ils étaient par ailleurs libres d’aller voir les lieux en ruine.</p>
<p class="p2">Le sergent Kurt Loeb écrivit qu’il avait trouvé des souvenirs à la Chancellerie du Reich, y compris des dossiers de correspondance personnelle du ministre allemand de l’Intérieur du début de la guerre. Et chaque soldat, semblait-il, avait une collection de médailles allemandes.</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>le roi du NÉCESSAIRE</title>
		<link>https://legionmagazine.com/fr/2025/07/le-roi-du-necessaire/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[J.L. Granatstein]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 16 Jul 2025 13:54:49 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Articles principaux]]></category>
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					<description><![CDATA[UN REGARD SUR LE PREMIER MINISTRE MACKENZIE KING, CHEF EN TEMPS DE GUERRE]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<div class="caption_img">
        <a href="https://legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2025/07/76814.jpg"><img loading="lazy" decoding="async" class="wp-image-6634 size-full" src="https://legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2025/07/76814.jpg" alt="" width="800" height="1038" /></a>
        <div class="caption">
            <span>Le premier ministre Mackenzie King lors d’un moment privé avec son terrier irlandais Pa </span>
            
        <div class="credit">
            <span>Yousuf Karsh/Toronto Star/Digital Archive Ontario</span>
        </div>

        </div>
        
    </div>
<p class="p1"><span class="s1"><b>Mackenzie King</b> était indubitablement un singulier personnage. Ainsi, l’homme qui fut le premier ministre du Canada au pouvoir le plus longtemps rendait visite à des médiums pour tenter de communiquer avec les morts, notamment des dirigeants politiques, de vieux amis et sa mère. Il en aurait tiré plus de réconfort que de conseils. Célibataire, il ne pouvait se tourner vers sa moitié, cela comblait donc un vrai besoin.</span></p>
<p class="p2"><span class="s1">King avait aussi des traits obsessionnels : il notait si les aiguilles de l’horloge étaient ensemble (ou décalées) lorsqu’il prenait des décisions, et examinait les formes que dessinaient sa crème à raser ou les feuilles de thé dans sa tasse. Ses terriers irlandais (tous nommés Pat) qui se sont succédé étaient caressés, choyés et vénérés. Il tint un journal pendant plus de 50 ans, son autre confident, ce qui était sa manière d’indiquer ce qu’il avait fait ou, plus important encore, ce qu’il avait empêché au jour le jour.</span></p>
<p class="p2"><span class="s2">Mais, King n’était pas fou. Il fut élu chef des libéraux en 1919 en partie parce qu’il avait été fidèle à Wilfrid Laurier lors du débat sur la conscription pendant la Grande Guerre. Cela comptait aux yeux des Québécois francophones. Et il avait écrit un livre, <i>Industry and Humanity </i>(L’industrie et l’humanité, NDT) presque illisible (et peu lu), mais qui, aux yeux des délégués au congrès, faisait de lui un expert des conflits sociaux qui avaient secoué le Canada après la Première Guerre mondiale.</span></p>
<p class="p2"><span class="s1">Ensuite, King remporta les élections de 1921, perdit les suivantes de justesse quatre ans plus tard, et reprit le pouvoir en 1926. Il fut évincé en 1930, obligeant les conservateurs à gouverner pen-dant les pires années de la Grande Dépression, mais redevint premier ministre en 1935. King n’était </span>peut-être pas très charismatique, et il n’avait pas offert au Canada un bilan de remarquables réussites, mais c’était un gagnant.</p>
<p class="p2"><span class="s1">Lorsque les Allemands envahirent </span>la Pologne début septembre 1939 et que la Grande-Bretagne déclara la guerre, le 3 septembre, King sut que le Canada devait se joindre aux combats. Il avait cependant promis que « le Parlement déciderait ». Le pays, tout en restant dominion de l’Empire britannique, contrôlait sa politique étrangère grâce au Statut de Westminster de 1931. Alors, le Canada n’entra pas (encore) en guerre.</p>
<p class="p2"><span class="s2">Le Parlement la prit, cette décision, et le pays se joignit au conflit le 10 septembre. Le délai de réflexion, les promesses qu’il s’agirait d’une guerre « à responsabilité limitée » et qu’il n’y aurait pas de conscription pour le service outre-mer, tout cela avait une grande importance, surtout au Québec, où la plupart des gens n’étaient pas enthousiastes à l’idée de prendre part aux combats.</span></p>
<p class="p2">La politique du chef de l’État avait cependant préparé les francophones à accepter que le Canada devienne l’un des belligérants, ce que souhaitaient la plupart des Canadiens anglo<span class="s1">phones. L’unité nationale comptait pour King et son Parti libéral. </span></p>
<p class="p2"><span class="s1">Il fut facilement réélu en mars 1940 avec 51 % du vote populaire et 179 des 245 sièges à la Chambre des communes.</span></p>
<p class="p2"><span class="s2">Son cabinet de guerre était fort, avec de solides ministres libres de gérer leurs ministères. Clarence (C.D.) Howe contrôlait la production en temps de guerre. Ernest Lapointe était son lieutenant au Québec et, après sa mort fin 1941, Louis St-Laurent le remplaça et fut nommé ministre de la Justice. Le colonel J. Layton Ralston, officier fantassin qui s’était distingué pendant la Première Guerre mondiale, dirigea le ministère de la Défense de 1940 à la fin de 1944. James L. Ilsley était un ministre des Finances compétent, et Jimmy Gardiner était à la tête de l’Agriculture.</span></p>
<p class="p2"><span class="s1">En outre, les principaux fonctionnaires de King, Graham Towers à la Banque du Canada, Arnold Heeney au Bureau du Conseil privé, Oscar D. Skelton et Norman Robertson aux Affaires étrangères et Clifford Clark aux Finances, lui fournirent les idées qui façonnèrent l’effort de guerre. Et qui transformèrent à jamais le Canada.</span></p>
<p class="p2"><span class="s1">Mais, la responsabilité limitée que King avait prévue finit rapi-demen</span>t aux oubliettes.</p>
<p class="p1"><b>Les nazis envahirent</b> le <span class="s1">Danemark et la Norvège en avril 1940, puis les Pays-Bas et la France en mai. Au début du mois de juin, la Grande-Bretagne était au bord de la défaite. La 1<sup>re</sup> Division canadienne </span>en Angleterre, bien que partiellement entrainée, était presque la seule force pouvant résister à ce <span class="s1">que la plupart considéraient comme l’inévitable invasion de l’ile par les Allemands. L’effort de guerre </span>canadien devait alors changer.</p>
<p class="p2">La conscription pour la défense intérieure fut promulguée par la <i>Loi de 1940 sur la mobilisa</i><span class="s1"><i>tion des ressources nationales </i>en juin, et les premiers conscrits se présentèrent en octobre. La marine envoya tout ce qu’elle pouvait outre-mer, l’Aviation royale du Canada déploya ses quelques escadrilles et le Programme d’entrainement aérien du Commonwealth britannique accéléra ses efforts. L’armée intensifia le recrutement, créant des bataillons, des brigades et des divisions aussi vite qu’elle le pouvait. Les fonds, à sec pendant la dépression et rares en 1939-1940, n’étaient plus un problème, et les industries de guerre canadiennes se lancèrent dans la fabrication de tout : camions, </span>armes à feu, navires, avions.</p>
<p class="p2">King et le président des États-Unis, Franklin D. Roosevelt, con<span class="s1">clurent également des accords. Tout d’abord, celui d’Ogdensburg, en aout 1940, pour créer un plan de défense conjoint Canada–États-Unis.</span></p>
<div class="caption_img">
        <a href="https://legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2025/07/C-090191.jpg"><img loading="lazy" decoding="async" class="wp-image-6635 size-full" src="https://legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2025/07/C-090191.jpg" alt="" width="800" height="615" srcset="https://legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2025/07/C-090191.jpg 800w, https://legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2025/07/C-090191-300x231.jpg 300w, https://legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2025/07/C-090191-768x590.jpg 768w" sizes="(max-width: 800px) 100vw, 800px" /></a>
        <div class="caption">
            <span>King avec les membres de son cabinet en septembre 1939. </span>
            
        <div class="credit">
            <span>ONF/BAC/C-090191</span>
        </div>

        </div>
        
    </div>
<p class="p1"><span class="s1">Ensuite, la déclaration de Hyde Park, l’année suivante, qui garantissait que les deux pays travailleraient ensemble à la production en temps de guerre et que le Canada ne man</span>querait pas d’argent américain pour acheter ce qu’il lui fallait.</p>
<p class="p1">King négocia lui-même ces deux traités avec FDR, avec qui il entretenait des liens d’amitié. Et ceux-ci étaient cruciaux.</p>
<p class="p1"><span class="s1">En 1943, le Canada était devenu </span>une puissance militaire.</p>
<p class="p1">On comptait 10 000 réguliers dans les trois services avant la <span class="s1">guerre. Et tout à coup, la Première Armée canadienne était en Grande-Bretagne, des escadrilles d’avions volaient dans tous les théâtres de la guerre, et la Marine royale du Canada affrontait des U-boot et escortait des convois.</span></p>
<p class="p1"><span class="s1">Parallèlement, les usines et les exploitations agricoles produisaient de grandes quantités d’armes et de nourriture. Les salaires et les prix étaient étroitement règlementés, les impôts augmentaient chaque </span>année et les Canadiens, forts du plein emploi, achetaient des obligations d’épargne en nombre record pour financer tout l’équipement. C’était une guerre totale, gérée par le gouvernement de King.</p>
<p class="p1">Mais, pour beaucoup de gens, la guerre totale devait rimer avec <span class="s1">la conscription pour le service outre-mer. La plupart des conservateurs et certains libéraux (dont une poignée au cabinet) le préconisaient aussi vivement. Début 1942, le premier ministre décida d’organiser un plébiscite en posant une question quelque peu indirecte : « Êtes-vous en faveur de libérer le gouvernement de toute obligation découlant de tout engagement passé limitant les méthodes de recrutement d’hommes au service militaire? ». Cela équivalait à dire « oui » ou </span>« non » au service obligatoire.</p>
<p class="p1"><span class="s1">Au Québec, une grande majorité </span>se prononça pour le non; une majorité semblable dans le reste <span class="s1">du pays dit « oui ». Et King répondit « peut-être », prononçant le 10 juin </span>au Parlement ce qui est peut-être sa phrase la plus célèbre : « la <span class="s1">conscription si nécessaire, mais pas nécessairement la conscription. »</span></p>
<p class="p1">Comment définirait-il la nécessité? Au début de cette année-là, les pertes étaient relativement faibles et l’armée ne livrait pas encore de combats soutenus (à l’exception de la catastrophe à Hong Kong et de la débâcle imminente à Dieppe), il y avait <span class="s1">donc peu d’arguments crédibles en faveur du service obligatoire. Mais, la plupart des gens s’attendaient à des pertes, notamment dans l’ARC, </span>qui effectuait des raids de bom<span class="s2">bardiers au-dessus de l’Allemagne, et dans la MRC, qui combattait les U-boot en Atlantique Nord.</span></p>
<p class="p1"><span class="s2">À la mi -1943, la 1<sup>re</sup> Division et une brigade blindée débarquèrent en Sicile; en septembre, elles se joignirent à l’invasion de l’Italie, et la 5<sup>e</sup> Division blindée les y rejoignit peu après. Les combats à Ortona, </span><span class="s1">à Noël, furent intenses, et la campagne d’Italie progressa lentement.</span></p>
<p class="p1"><span class="s1">Les Alliés pénétrèrent en France le 6 juin 1944, la 3<sup>e</sup> Division canadienne et une brigade blindée jouant un rôle essentiel pendant le débarquement. Au cours des deux mois suivants, la 2<sup>e</sup> Division d’infanterie et la 4<sup>e </sup>Division blindée s’engagèrent dans la bataille et les pertes furent lourdes. Les combats qui avaient pour but d’ouvrir l’estuaire de l’Escaut au trafic maritime eurent lieu en octobre et en novembre, et ils menèrent à de nouvelles pertes importantes. Il y eut quelque 5 000 morts en Normandie, et les Canadiens subirent plus de 6 000 autres pertes aux combats de l’Escaut; sans compter les nombreuses victimes parmi les fantassins en Italie, où eurent lieu les combats acharnés nécessaires pour briser les lignes allemandes Hitler et Gothic. En automne 1944, c’était la crise au front et au Canada.</span></p>
<p class="p3"><b>Le flot des renforts</b> créé par l’armée se basait sur ce qu’elle prévoyait comme pertes. Les planificateurs s’attendaient à de <span class="s1">lourdes pertes parmi les fantassins, ainsi qu’à un nombre important de victimes parmi les troupes d’appui à cause des attaques aériennes des Allemands. Toutefois, la <i>Luftwaffe </i>avait quasiment été chassée du ciel et, par conséquent, il y avait plus de soldats aux arrières que nécessaire alors que le nombre des fantassins était insuffisant. Où, demanda le gouvernement à ses généraux, pourrait-on trouver des fantassins? Seulement parmi les troupes de défense intérieure, répondirent-ils.</span></p>
<p class="p1"><span class="s1">King en fut horrifié, car il croyait que la guerre était presque gagnée. Le ministre de la Défense, Ralston, et au moins sept autres ministres insistèrent tout de même pour que </span>les conscrits de la défense inté-rieure soient envoyés à l’étranger.</p>
<p class="p1">King congédia brutalement Ralston lors d’une réunion du cabinet, et nomma le général <span class="s1">Andrew McNaughton à sa place. Les ministres qui avaient voté pour la conscription étaient stupéfaits. McNaughton avait dirigé l’armée de 1939 à la fin de 1943, et il n’était </span>pas en faveur de la conscription. Il entreprit de chercher des volon-taires parmi les hommes de la défense nationale, mais il échoua.</p>
<p class="p1">Peu après, quelques officiers supérieurs parlèrent du manque de fantassins aux médias, ce que King interpréta comme des signes précurseurs d’une révolte de militaires. Il sentait également qu’il risquait de perdre l’appui des ministres proconscription. Il fit volte-face le 22 novembre 1944, annonçant que 16 000 conscrits, <span class="s1">assez pour répondre aux besoins de l’infanterie, seraient déployés outre-mer. Tout aussi important, King solidarisa son cabinet et son caucus, </span>perdant seulement le ministre de l’Aviation, Charles G. Power. La <span class="s1">crise politique était terminée, et une pause hivernale dans les combats donna le temps à l’armée de se rétablir et de renouveler ses rangs.</span></p>
<p class="p1"><span class="s1">Une fois l’enjeu de la conscription réglé, King pouvait passer à d’autres questions auxquelles il attachait de l’importance. Il croyait en la création de l’État-providence, et comme une élection était prévue en 1945, il estimait que de nouveaux programmes pourraient l’aider à séduire les électeurs. Son gouvernement avait mis en place l’assurance-chômage en 1940, une étape de son vaste plan.</span></p>
<p class="p1">Pendant ce temps, le ministre<br />
des Anciens Combattants, <span class="s1">Ian Mackenzie, avait également travaillé sur la création d’avantages pour les militaires, et la Charte des anciens combattants était prête à être dévoilée. Elle offrait de tout aux gens qui avaient servi : argent, vêtements, éducation, formation, terre, du soutien pour lancer une entreprise et des soins médicaux gratuits. Cette initiative, bien meilleure que les offres qui avaient été faites aux vétérans de la Grande Guerre, était aussi bonne que n’importe quel programme pour ancien combattant </span>dans le monde, et bien meilleure que la plupart d’entre eux. Le fait que les femmes y étaient traitées sur un pied d’égalité avec les hommes était également notable.</p>
<p class="p1"><span class="s1">Les allocations familiales, premier programme universel du pays, étaient également remarquables, car elles étaient versées directement aux </span>mères. Pour certaines, l’allocation familiale était le seul argent qui leur appartenait de droit, et elle fut appuyée partout au pays, sauf par certains critiques de l’opposition qui faisaient valoir que les familles nombreuses du Québec et des hommes qui ne se battraient pas <span class="s1">en profiteraient. Bien des Québécois </span><span class="s2">avaient, en effet, des familles nombreuses, mais l’enrôlement militaire dans la province était </span><span class="s1">d’environ trois fois supérieur à celui </span>de la Première Guerre mondiale. Le paiement moyen par enfant était de 5,94 $ (soit environ 100 $ d’aujourd’hui) par mois. Donner des fonds aux mères pour qu’elles les dépensent pour leurs enfants servirait à maintenir l’économie, <span class="s1">et les entreprises et les agriculteurs canadiens en profiteraient aussi.</span></p>
<p class="p1"><span class="s2">Le gouvernement de King se préparait également à faire face à un ralentissement de l’économie d’après-guerre très redouté. Le produit national brut du Canada avait plus que doublé pendant le conflit, mais la fin de la production de munitions et le retour d’hommes et de femmes au pays pourraient avoir un impact négatif. Des som</span><span class="s1">mes importantes furent consacrées </span>à la construction de logements pour les anciens combattants, au soutien des agriculteurs et à l’aide aux entreprises pour convertir les lignes de production à la fabrication des temps de paix. Parallèlement, les bureaucrates dressaient des plans pour de grands projets gouvernementaux qui pourraient employer des milliers de personnes.</p>
<p class="p1">« Vous, les socialistes, avez des projets, déclara un député libéral à un ami de la Fédération du Commonwealth coopératif (CCF), mais j’ai les factures ici, dans ma poche. »</p>
<p class="p1">King convoqua des élections pour le 11 juin 1945, un mois après le jour de la victoire en Europe, alors que la guerre contre le Japon continuait et que le Canada se préparait à y engager des forces. Cela conduisit les progressistes-conservateurs à demander la conscription pour le Pacifique; le CCF, quant à lui, s’attendait à bien faire avec sa plateforme socialiste.</p>
<p class="p1">King, cependant, faisait campagne, comme il le dit, « non pas du point de vue des promesses, mais de rendement ». Ses candidats exhortaient les électeurs à « finir le travail » et appelèrent à l’unité nationale et à la sécurité sociale. Le résultat fut serré. King obtint une mince majorité avec 118 sièges; les conservateurs en eurent 66 et le CCF, 28. Les libéraux remportèrent également la majeure partie du vote militaire.</p>
<p class="p1">Cette victoire a été interprétée comme une reconnaissance des réalisations de King qui avait dirigé le Canada dans son étonnant effort de guerre. Il avait maintenu l’unité dans le pays, contrairement à Robert Borden, premier ministre à la Grande Guerre. La nation, sous sa direction, produisit des résultats spectaculaires dans les champs de bataille, en mer, dans les airs et dans les usines et les fermes du front intérieur.</p>
<p class="p1">King fut donc un chef à un moment où il fallait l’être.</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Nous leurs en sommes reconnaissants, mais qu&#8217;ils rentrent</title>
		<link>https://legionmagazine.com/fr/2022/06/nous-leurs-en-sommes-reconnaissants-mais-quils-rentrent/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[J.L. Granatstein]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 24 Jun 2022 13:51:07 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Articles principaux]]></category>
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					<description><![CDATA[Les Néerlandais louèrent les Canadiens à la libération des Pays-Bas, cela ne fait pas l’ombre d’un doute. Le petit pays avait été terrorisé, brutalisé et affamé par les nazis pendant cinq ans. Les hommes avaient été envoyés travailler dans les usines en Allemagne; les juifs néerlandais avaient été tués dans les chambres à gaz.   [&#8230;]]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<div class="caption_img">
        <img loading="lazy" decoding="async" class="size-full wp-image-6151" src="https://legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2022/04/KIDS800.jpg" alt="" width="800" height="528" srcset="https://legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2022/04/KIDS800.jpg 800w, https://legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2022/04/KIDS800-300x198.jpg 300w, https://legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2022/04/KIDS800-768x507.jpg 768w" sizes="(max-width: 800px) 100vw, 800px" />
        <div class="caption">
            <span>Des femmes et enfants dans la rue de La Haye à la recherche de bois de chauffage dans les édifices détruits. </span>
            
        <div class="credit">
            <span>Menno Huizinga/Ondergedoken Camera/NIOD Institute for War </span>
        </div>

        </div>
        
    </div>
<p class="p1"><span class="s1"><b>Les Néerlandais</b> louèrent les Canadiens à la libération des Pays-Bas, cela ne fait pas l’ombre d’un doute. Le petit pays avait été terrorisé, brutalisé et affamé par les nazis pendant cinq ans. Les hommes avaient été envoyés travailler dans les usines en Allemagne; les juifs néerlandais avaient été tués dans les chambres à gaz. <span class="Apple-converted-space"> </span></span></p>
<p class="p2"><span class="s1">Les libérateurs, membres de la Première Armée canadienne, combattirent dans les campagnes et pénétrèrent dans les villes en apportant nourriture, médicaments et liberté. Les Néerlandais, reconnaissants, accueillirent les soldats chez eux à bras ouverts. Cette gratitude reste de mise aujourd’hui où les célébrations annuelles de la libération s’orchestrent autour de défilés d’anciens combattants canadiens et d’hommages dans les grands cimetières canadiens.</span></p>
<p class="p2"><span class="s1">Il s’agit de la version bien connue de l’histoire, et elle reste vraie. Un chapitre moins rose est toutefois occulté. Entre mai 1945 et mai 1946, avant leur rapatriement, les 170 000 libérateurs canadiens basés aux Pays-Bas devinrent des occupants. Ils n’exercèrent pas la sauvagerie des Allemands, mais ils n’étaient pas parfaits non plus. Les Canadiens causèrent des problèmes et, malgré des efforts incessants pour améliorer la situation, ils créèrent des ennuis aux Néerlandais et à leur gouvernement.</span></p>
<blockquote>
<p class="p1"><span class="s1">LES JOURNAUX NÉERLANDAIS SE PLAIGNAIENT QUE </span>LES CANADIENS AVAIENT ENVOYÉ LA NOURRITURE ET LES FOURNITURES EN ALLEMAGNE<span class="s1">.</span></p>
</blockquote>
<p class="p1"><span class="s1"><b>Le premier travail</b> après la victoire du 8 mai 1945 en Europe fut de fournir un </span><span class="s1">approvisionnement alimentaire aux Néerlandais et de récupérer, désarmer et contrôler les Allemands vaincus. La première tâche était de taille, car les plus gros centres urbains avaient la plus grande population et le moins de nourriture. Les convois circulaient presque sans arrêt. Au bout de quelques semaines, les Néerlandais avaient presque tout ce qu’il fallait pour se nourrir. Certains aliments étaient encore rares, comme le beurre. D’autres produits, comme le whisky, n’étaient pas accessibles aux Néerlandais, bien qu’il y en eût en quantité dans les mess des Canadiens. Cette pénurie était un terrain propice à la corruption.</span></p>
<div class="caption_img">
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        <div class="caption">
            <span>Les soldats canadiens distribution des vivres dont on avait un besoin criant.</span>
            
        <div class="credit">
            <span>Menno Huizinga/Ondergedoken Camera/NIOD Institute for War</span>
        </div>

        </div>
        
    </div>
<p class="p2"><span class="s1">Et puis il y avait les Allemands, regroupés dans les usines vides et d’autres grands édifices. Pour minimiser les problèmes, le commandement des détenus était confié aux officiers supérieurs allemands. Cela marchait habituellement bien, mais les Canadiens remirent deux déserteurs aux Allemands à Amsterdam au moins une fois. Les deux hommes furent rapidement jugés et exécutés. Les Canadiens fournirent les huit fusils et 16 balles de la sentence.</span></p>
<p class="p2">Le départ officiel du <span class="s1">« personnel ennemi qui s’était rendu » commença le 25 mai. Les forces allemandes furent escortées par la route en rangs disciplinés d’environ 10 000 hommes. Les soldats canadiens les accompagnaient pour tenir les Néerlandais à l’écart. Il était « évident depuis le début [&#8230;] », dit le général Bert Hoffmeister, commandant de la 5<sup>e</sup> Division blindée canadienne, que « le peuple néerlandais en aurait blessé un grand nombre, et peut-être tué plusieurs ».</span></p>
<p class="p2"><span class="s1">Les soldats et les véhicules de l’ennemi étaient parfois fouillés pendant l’exode. On trouvait des manteaux de fourrure, des voitures, des radios, des chevaux et de l’argent. Les soldats canadiens récupérèrent aussi plus de 15 millions en devise néerlandaise cachés dans des ambulances ou transportés par des membres auxiliaires féminins de l’armée allemande. Tout cela fut remis aux autorités néerlandaises et, trois semaines plus tard, la force allemande au complet était de retour dans son pays.</span></p>
<p class="p2"><span class="s1">Des tonnes de nourriture et de fournitures essentielles entraient aux Pays-Bas parallèlement au départ des Allemands. Les Canadiens rapportèrent le 22 juin que 242 000 tonnes de nourriture, charbon, pétrole, stocks et équipement avaient été livrées en tout. Mais pourquoi une telle liste détaillée avait-elle été dressée? Parce que les journaux néerlandais se plaignaient que les Canadiens avaient envoyé la nourriture et les biens en Allemagne. Le général Harry Crerar, commandant des forces canadiennes aux Pays-Bas, dut faire un rapport précis et expliquer clairement qu’on n’avait permis aux Allemands d’emporter que 450 tonnes de nourriture, carburant et stocks pour leurs besoins immédiats. Mais comme cet exemple l’illustre, les libérateurs étaient parfois vus d’un œil méfiant.</span></p>
<div class="caption_img">
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        <div class="caption">
            <span>Des soldats allemands escortés hors de La Haye après la libération </span>
            
        <div class="credit">
            <span>Holocaust and Genocide<br />Studies/216873/Wikimedia</span>
        </div>

        </div>
        
    </div>
<p class="p1"><span class="s1"><b>Toutefois, c’est </b>avec les cigarettes que les vrais problèmes commencèrent. Elles étaient si rares que leur prix pouvait atteindre cinq florins (2 $CAN) l’unité au marché noir. Les Néerlandais les voulaient quand même, et ils acceptaient le prix. Les Canadiens en avaient, même les non-fumeurs. Le gouvernement du Canada et les fabricants de cigarettes avaient coopéré pour envoyer des marques canadiennes aux troupes, sans taxe. Mille cigarettes pouvaient s’acheter et être transportées outre-mer pour seulement 3 $. À l’époque, le lot valait environ 400 $, ce qui serait aujourd’hui plus de 4 000 $.</span></p>
<p class="p2"><span class="s1">Les cigarettes s’offraient aux amis néerlandais, mais elles pouvaient aussi s’échanger contre des biens avec les Néerlandais qui étaient mal pris. Un bon appareil photo pouvait couter 500 cigarettes, des bijoux encore moins. Les cigarettes servaient aussi de monnaie d’échange pour la prostitution. Un soldat canadien a raconté avoir payé son mariage en tabac : « onze cents cigarettes pour les bagues et la photographie, et des cigarettes et du chocolat pour régler la note d’hôtel ».</span></p>
<p class="p2"><span class="s1">Le commerce du tabac, comme toutes les transactions au marché noir, était interdit en vertu des ordres de la Première Armée canadienne. Cependant, il était si répandu qu’on ne pouvait pas y mettre fin.</span></p>
<p class="p2"><span class="s1">D’autres fournitures militaires canadiennes finirent aussi par se retrouver entre les mains des Néerlandais. Les Canadiens, gradés et hommes de troupe, troquaient des véhicules, du whisky, des machines à écrire, des bottes, du savon et d’innombrables autres biens rares subtilisés. Des officiers se procurèrent de précieux tableaux, certains apparemment acquis </span><span class="s1">à mauvais escient. La reine Wilhelmina se plaignit de vols d’objets d’art au gouvernement du Canada. Poussé par Ottawa, le général Guy Simonds, commandant des Canadiens après le retour de Crerar au pays, traduisit les délinquants dont les activités étaient évidentes en cour martiale. Malheureusement, le chef d’état-major de Simonds lui-même fut jugé pour ses transactions sur le marché noir du diamant, mais « Diamond Jim », comme on le surnommait, fut acquitté.</span></p>
<div class="caption_img">
        <img loading="lazy" decoding="async" class="size-full wp-image-6157" src="https://legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2022/04/MARCH800.jpg" alt="" width="800" height="638" srcset="https://legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2022/04/MARCH800.jpg 800w, https://legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2022/04/MARCH800-300x239.jpg 300w, https://legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2022/04/MARCH800-768x612.jpg 768w" sizes="(max-width: 800px) 100vw, 800px" />
        <div class="caption">
            <span>Les soldats canadiens surveillèrent l’exode près d’Amsterdam. </span>
            
        <div class="credit">
            <span>Alexander Mackenzie/BAC/3204055;</span>
        </div>

        </div>
        
    </div>
<blockquote>
<p class="p1"><span class="s1"><b>«</b></span><span class="s1">APRÈS CE QUI VENAIT DE NOUS ARRIVER</span>, LES CANADIENS ÉTAIENT GRISANTS. <span class="s3"><b>»</b></span></p>
</blockquote>
<p class="p3"><span class="s1"><b>Les Néerlandais </b>calvi-nistes voyaient également d’un mauvais œil que les Néerlandaises trouvent les Canadiens séduisants. Contrairement aux milliers de Néerlandais revenant des travaux forcés en Allemagne </span><span class="s2">et aux civils qui avaient connu la famine, les soldats étaient en forme. L’amour et le sexe étaient inévitables.</span></p>
<p class="p1"><span class="s2">« Franchement, raconta une femme, après ce qui venait de nous arriver, les Canadiens étaient grisants. »</span></p>
<p class="p1"><span class="s2">Un historien néerlandais eut des mots plus durs : « Les </span>Néerlandais furent battus militairement en 1940; sexuellement en 1945 ».</p>
<p class="p1"><span class="s2">Jusqu’à 7 000 enfants naquirent hors des liens du mariage en 1946, et les pasteurs et journaux vitupéraient contre les femmes qui s’étaient déshonorées et les Canadiens qui les avaient prétendument engrossées.</span></p>
<p class="p1"><span class="s2">À Tilburg, par exemple, les taux de naissance hors mariage étaient 10 fois plus élevés en 1945 que cinq ans plus tôt. Le comédien néerlandais Wim Kan ironisa plus tard en disant que les Canadiens avaient « éconduit les Allemands et approvisionné les Néerlandais en cigarettes, les Néerlandaises en chocolat et les enfants néerlandais en petits frères et petites sœurs ».</span></p>
<p class="p1"><span class="s2">Sans surprise, la propagation des maladies vénériennes augmenta aussi. Les médecins canadiens répertorièrent 252 cas de maladies sexuellement transmissibles à Groningue en aout 1945. Les notables du coin formèrent un groupe de redressement de la morale pour exhorter les femmes à faire plus attention : « les filles, nous savons que vous voulez prendre un peu de bon temps [&#8230;], mais [&#8230;] n’oubliez pas que l’amour n’est jamais un jeu qui dure quelques heures ».</span></p>
<p class="p1"><span class="s2">La colère des Néerlandais éclata quelques fois. Il y eut inévitablement des rixes entre les soldats et les civils, bien que ce ne fut pas toujours pour des femmes. Environ 400 hommes furent impliqués dans une terrible bagarre à Utretch vers la fin de l’été de 1945. Plusieurs soldats se retrouvèrent face à la cour martiale, mais l’histoire ne dit pas si des Néerlandais furent traduits devant une cour civile.</span></p>
<div class="caption_img">
        <img loading="lazy" decoding="async" class="size-full wp-image-6160" src="https://legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2022/04/COUPLE800.jpg" alt="" width="800" height="840" srcset="https://legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2022/04/COUPLE800.jpg 800w, https://legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2022/04/COUPLE800-286x300.jpg 286w, https://legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2022/04/COUPLE800-768x806.jpg 768w" sizes="(max-width: 800px) 100vw, 800px" />
        <div class="caption">
            <span>Les Néerlandaises accompagnent les soldats canadiens à Amsterdam après la libération </span>
            
        <div class="credit">
            <span>Donald I. Grant/BAC/3191619</span>
        </div>

        </div>
        
    </div>
<p class="p1"><span class="s1">On menaça les femmes qui fréquentaient les Canadiens de leur raser la tête, comme </span><span class="s2">cela avait été fait à celles qui avaient couché avec les Allemands. Les désirs sexuels </span>des soldats commençaient à être considérés comme une menace à la morale et à la santé publiques.</p>
<p class="p1">L’éditorial du journal <i>Vrij Nederland</i> dit en <span class="s2">aout 1945 : « Nous ferons n’importe quoi pour les Canadiens. Mais nos filles doivent s’en tenir à l’écart. Nous ne pouvons pas prendre les risques. Et nous louerons Dieu quand les Canadiens seront de retour au Canada. »</span></p>
<p class="p1"><span class="s2">Bien sûr, les soldats vou-<br />
</span><span class="s1">laient aussi rentrer chez eux. Ils en avaient assez d’attendre.</span></p>
<p class="p1">À la fin de 1945, les Néerlandais voulaient reprendre possession de leur pays. Un journal de Nimègue l’assena sans ménagement : « Nous leurs en sommes reconnaissants, mais qu’ils rentrent chez eux. Nous n’oublierons jamais ces gentils garçons souriants, et ils auront toujours toute notre gratitude et nous leur souhaitons que du bien. »<span class="Apple-converted-space"> </span></p>
<p class="p1"><span class="s1">L’occupation canadienne n’avait que trop duré. Le ressentiment s’était intensifié à cause du comportement parfois inadmissible des officiers et des hommes. Un capitaine du North Shore (New Brunswick) Regiment raconta dans une lettre à sa famille une fête qui avait duré toute une nuit et qui s’était terminée par une balade dans un véhicule de reconnaissance : « Les gens ici pensent que nous sommes fous ». En effet, cela pouvait être le cas. Mais, d’autres choses fâchaient aussi les Néerlandais : le luxe, selon eux, du club des officiers de l’armée; l’abondance de nourriture et de boisson dont profitaient les Canadiens, mais pas les Néerlandais; les parcs de stationnement pleins de véhicules qui semblaient ne pas servir tandis que les civils n’avaient pratiquement aucune voiture à leur disposition.</span></p>
<div class="caption_img">
        <img loading="lazy" decoding="async" class="size-full wp-image-6162" src="https://legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2022/04/BYE800.jpg" alt="" width="800" height="732" srcset="https://legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2022/04/BYE800.jpg 800w, https://legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2022/04/BYE800-300x275.jpg 300w, https://legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2022/04/BYE800-768x703.jpg 768w" sizes="(max-width: 800px) 100vw, 800px" />
        <div class="caption">
            <span>les enfants néerlandais font au revoir de la main aux Canadiens qui partent en juillet 1945 </span>
            
        <div class="credit">
            <span>Fotograaf Onbekend/Anefo/Archive nationale des Pays-Bas</span>
        </div>

        </div>
        
    </div>
<blockquote>
<p class="p1"><span class="s1">LES CANADIENS N’EXERCÈRENT PAS LA SAUVAGERIE</span> DES ALLEMANDS, MAIS ILS N’ÉTAIENT PAS PARFAITS NON PLUS.</p>
</blockquote>
<p class="p1">Vers la fin de 1945, la reine Wilhelmina dit à <span class="s1">Simonds qu’il devrait ramener ses Canadiens chez eux. « Y compris les morts, votre majesté? » aurait demandé Simonds.</span></p>
<p class="p1"><span class="s1">À la fin du mois de mars 1946, il ne restait plus qu’environ 1 000 Canadiens sur le territoire néerlandais. Le quartier général de Simonds cessa ses activités le 31 mai 1946, et l’occupation des Canadiens prit fin. Les Pays-Bas connurent encore des difficultés pendant quelques années, mais seuls les bons souvenirs des Canadiens restèrent au fil du temps.<span class="Apple-converted-space"> </span></span></p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Une Grande Victorie</title>
		<link>https://legionmagazine.com/fr/2022/03/une-grande-victorie/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[J.L. Granatstein]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 17 Mar 2022 15:03:57 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Articles principaux]]></category>
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					<description><![CDATA[L’ATTAQUE À LA CRÊTE DE VIMY, PLANIFIÉE ET MENÉE AVEC PRÉCISION, A REDÉFINI LE CORPS CANADIEN EN TANT QUE FORMATION D’ÉLITE La plupart des Canadiens connaissent le chapitre de l’histoire militaire sur la victoire d’avril 1917 à la crête de Vimy. Certains de nos meilleurs écrivains, journalistes ou historiens, de Pierre Berton à Tim Cook, [&#8230;]]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<div class="caption_img">
        <a href="https://legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2022/03/VF2-15.jpg"><img loading="lazy" decoding="async" class="wp-image-6082 size-full" src="https://legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2022/03/VF2-15.jpg" alt="" width="800" height="895" srcset="https://legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2022/03/VF2-15.jpg 800w, https://legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2022/03/VF2-15-268x300.jpg 268w, https://legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2022/03/VF2-15-768x859.jpg 768w" sizes="(max-width: 800px) 100vw, 800px" /></a>
        <div class="caption">
            <span>Les troupes canadiennes revenant victorieuses du front à Vimy, leurs célébrations tempérées par la perte de 3 598 camarades tués et de 7 004 blessés. </span>
            
        <div class="credit">
            <span>William Ivor Castle/BAC/3194757/Colorisation : la Fondation Vimy</span>
        </div>

        </div>
        
    </div>
<blockquote>
<p class="p1"><strong>L’ATTAQUE À LA CRÊTE DE VIMY, PLANIFIÉE ET MENÉE AVEC PRÉCISION, <span class="s1">A REDÉFINI LE CORPS CANADIEN</span> EN TANT QUE FORMATION D’ÉLITE</strong></p>
</blockquote>
<p class="p1"><span class="s1"><b>La plupart </b>des Canadiens connaissent le chapitre de l’histoire militaire sur la victoire d’avril 1917 à la crête de Vimy. Certains de nos meilleurs écrivains, journalistes ou historiens, de Pierre Berton à Tim Cook, ont écrit des livres sur Vimy, et l’évènement a été souligné aussi bien dans les manuels scolaires que dans le matériel du gouvernement fédéral pour les nouveaux citoyens, sur notre monnaie et au Mémorial national du Canada à Vimy, en France. <span class="Apple-converted-space"> </span></span></p>
<p class="p2"><span class="s1">Les célébrations des 90<sup>e</sup> et 100<sup>e</sup> anniversaires ont attiré à Vimy des milliers d’élèves </span>du secondaire qui ont collecté des fonds pour leur voyage, et Radio-Canada a consacré des heures de diffusion à la retransmission de l’évènement au Canada. Plus d’un siècle plus tard, Vimy reste dans l’esprit des Canadiens.</p>
<p class="p1"><span class="s1"><b>La guerre </b>avait pris une mauvaise tournure pour les Alliés au printemps 1917. Les Russes chancelaient, et il faudrait des mois aux Américains, récemment entrés en guerre, pour entrainer leurs soldats, les équiper et les amener au front. Le nombre de morts et de blessés à Verdun et à la Somme grimpait sans cesse, et la France, la Grande-Bretagne, de même que le Canada, étaient au bord de la ruine à cause des couts financiers de la guerre totale qui allaient croissant.<span class="Apple-converted-space"> </span></span></p>
<p class="p2"><span class="s1">L’ennemi souffrait aussi des pénuries de nourriture et de matériel entrainées par le blocus maritime britannique, et les pertes allemandes étaient énormes. Toutefois, si la guerre avait pris fin le 1<sup>er </sup>avril 1917, les Allemands, qui occupaient la Belgique, une grande partie du nord de la France et de vastes étendues du territoire russe, auraient certainement été considérés comme vainqueurs.</span></p>
<div class="caption_img">
        <img loading="lazy" decoding="async" class="size-full wp-image-6066" src="https://legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2022/03/1.jpg" alt="" width="800" height="632" srcset="https://legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2022/03/1.jpg 800w, https://legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2022/03/1-300x237.jpg 300w, https://legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2022/03/1-768x607.jpg 768w" sizes="(max-width: 800px) 100vw, 800px" />
        <div class="caption">
            <span>Le lieutenant général Julian Byng inspecte l&#8217;un des canons allemands pris pendant la bataille. </span>
            
        <div class="credit">
            <span>BAC/PA-001308</span>
        </div>

        </div>
        
    </div>
<p class="p2"><span class="s1">Le maréchal commandant le corps expéditionnaire britannique (CEB) composé des quatre divisions du Corps canadien, Douglas Haig, préparait une attaque de grande envergure dans le secteur d’Arras au mois d’avril. Les Canadiens, sous les </span><span class="s2">ordres du lieutenant</span><span class="s1">-général britannique Julian Byng, devaient prendre la crête de Vimy, secteur géographique fortifié par les Allemands pour protéger une grande partie des exploitations et des industries extractives de la France occupée.</span></p>
<p class="p2"><span class="s1">La tâche serait ardue : les assauts précédents des Alliés avaient échoué avec d’importantes pertes, et les Allemands semblaient de taille à résister à toute attaque.</span></p>
<p class="p2"><span class="s1">Toutefois, les ordres étaient les ordres, et Byng et son état-major se mirent à dresser leurs plans. En janvier, Byng inclut le major-général Arthur Currie, commandant de la 1<sup>re</sup> Division canadienne, dans la délégation britannique qui rendait visite aux armées françaises pour se renseigner sur les combats livrés à Verdun.</span></p>
<p class="p2"><span class="s1">Dans son rapport, Currie souligna l’importance de la préparation des contrebatteries servant à éliminer les canons de l’ennemi, et il remarqua que les Français avaient perfectionné le barrage rampant qui avançait avec efficacité juste devant les combattants. Il apprit qu’ils avaient mis en place des pelotons pouvant évoluer indépendamment avec des sections de mitrailleurs, de grenadiers à fusil, de bombardiers et de fusiliers. Contrairement aux Canadiens, les Français n’attaquaient plus par vagues : les pelotons pouvaient appuyer leur propre avance en se déplaçant de manière à contourner les centres de résistance ennemis.</span></p>
<p class="p2"><span class="s1">Currie avait aussi été très impressionné par les missions de reconnaissance et les répétitions que les Français effectuaient avant de passer à l’attaque, au point où les soldats étaient « familiarisés autant que possible avec le terrain sur lequel ils allaient se battre ». Il fit remarquer que les Français affectaient des hommes de la ligne aux forces d’assaut et leur faisaient suivre un entrainement spécial, et qu’ils veillaient à ce qu’ils reçoivent « un nouvel équipement, de nouveaux vêtements et que des divertissements leur soient offerts, et que donc, ils étaient suffisamment reposés et bien entrainés ».</span></p>
<p class="p2"><span class="s1">Currie admirait aussi la pratique française de distribuer des cartes et des photographies en grand nombre, pas seulement aux officiers supérieurs comme le faisait le CEB. Les soldats devaient savoir où et pourquoi ils attaquaient, et ce qu’on attendait d’eux. À son retour, Currie recommanda que les Canadiens imitent les Français, et Byng accepta, modifiant ainsi l’entrainement et l’organisation des pelotons de fantassins, réduisant le nombre de leurs soldats à entre 35 et 40, le maximum qu’un officier subalterne puisse mener.</span></p>
<p class="p2"><span class="s1">L’assaut à Vimy, en partie grâce au rapport de Currie, fut précédé d’un entrainement inédit de tirs et déplacements appuyé par les rôles de spécialistes et, comme l’a noté l’historien G.W.L. Nicholson, « une copie grandeur nature du terrain de la bataille fut imaginée [&#8230;] aux arrières », où les unités, du peloton à la division, « répétaient à plusieurs reprises », si souvent que quelques soldats se plaignaient de devoir se plier aux « jeux stupides de leurs officiers ».</span></p>
<p class="p2"><span class="s1">Quarante mille cartes furent distribuées et un nouveau plan d’artillerie fut lancé : les canons commencèrent leur préparation du champ de bataille deux semaines avant l’attaque, l’artillerie lourde se concentrant sur les batteries ennemies. Les Allemands savaient très probablement qu’une attaque se préparait, mais ils ignoraient quand elle serait lancée. En outre, déplacer les troupes à tra-vers les tunnels percés dans le terrain calcaire très près des tranchées du front en maintenant le rythme des bombardements jusqu’au dernier moment avant l’assaut allait produire un effet de surprise tactique.</span></p>
<div class="caption_img">
        <img loading="lazy" decoding="async" class="size-full wp-image-6068" src="https://legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2022/03/19750215-030a_HR.jpg" alt="" width="800" height="688" srcset="https://legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2022/03/19750215-030a_HR.jpg 800w, https://legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2022/03/19750215-030a_HR-300x258.jpg 300w, https://legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2022/03/19750215-030a_HR-768x660.jpg 768w" sizes="(max-width: 800px) 100vw, 800px" />
        <div class="caption">
            <span>Une carte de l’époque montre les limites, les objectifs et les points d’appui auxquels se heurtaient les Canadiens entre le 9 avril et le 3 mai 1917. </span>
            
        <div class="credit">
            <span>MCG/19750215-030a</span>
        </div>

        </div>
        
    </div>
<p class="p1"><span class="s1"><b>Le plan de</b> Byng fut arrêté le 5 mars. Ses quatre divisions qui allaient combattre ensemble pour la première fois seraient disposées en ordre : la 1<sup>re</sup> à droite et la 4<sup>e</sup> à gauche. Il y avait quatre objectifs avec chacun sa propre couleur sur la carte : la crête dans son ensemble et la deuxième ligne de l’ennemi devaient être saisies en un peu moins de cinq heures. Il y avait 863 canons en appui, et leurs servants utilisaient l’obus qui pouvait trancher les barbelés de l’ennemi grâce à la nouvelle amorce n° 106. Le barrage rampant devait s’avancer par étapes de 50 verges. Les munitions pour les canons furent apportées en grand nombre (plus d’un million d’obus allaient être tirés entre le 20 mars et la capture de la crête), en grande partie transportées sur des voies de passage nouvellement tracées. L’eau pour les hommes et les chevaux arrivait au front par des aqueducs; les signaleurs enterraient les lignes téléphoniques pour résister aux bombardements; et les sapeurs creusaient de vastes chambres souterraines pour les quartiers généraux de bataillon ou de brigade. Chaque soldat savait ce qu’il devait faire.</span></p>
<div class="caption_img">
        <a href="https://legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2022/03/19930003-359.jpg"><img loading="lazy" decoding="async" class="wp-image-6069 size-full" src="https://legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2022/03/19930003-359.jpg" alt="" width="800" height="628" srcset="https://legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2022/03/19930003-359.jpg 800w, https://legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2022/03/19930003-359-300x236.jpg 300w, https://legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2022/03/19930003-359-768x603.jpg 768w" sizes="(max-width: 800px) 100vw, 800px" /></a>
        <div class="caption">
            <span>Des membres du 8e Bataillon (90th Winnipeg Rifles) s’entrainent à la baïonnette avec des sacs de paille à la plaine de Salisbury. </span>
            
        <div class="credit">
            <span>BAC/MCG/19930003-359</span>
        </div>

        </div>
        
    </div>
<p class="p2"><span class="s1">« Je suis grenadier à fusil, écrivit le soldat Ronald MacKinnon du Princess Patricia’s Canadian Light Infantry dans une lettre envoyée chez lui. Je vais me battre avec un bon nombre de gars et un bon appui de l’artillerie, donc nous allons atteindre notre objectif. » Il fut tué au combat.</span></p>
<div class="caption_img">
        <a href="https://legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2022/03/PA-001083-17th-Battery-C.F.A.-firing-a-German-4.2-on-the-retreating-Boche-April-1917.jpg"><img loading="lazy" decoding="async" class="wp-image-6071 size-full" src="https://legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2022/03/PA-001083-17th-Battery-C.F.A.-firing-a-German-4.2-on-the-retreating-Boche-April-1917.jpg" alt="" width="800" height="629" srcset="https://legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2022/03/PA-001083-17th-Battery-C.F.A.-firing-a-German-4.2-on-the-retreating-Boche-April-1917.jpg 800w, https://legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2022/03/PA-001083-17th-Battery-C.F.A.-firing-a-German-4.2-on-the-retreating-Boche-April-1917-300x236.jpg 300w, https://legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2022/03/PA-001083-17th-Battery-C.F.A.-firing-a-German-4.2-on-the-retreating-Boche-April-1917-768x604.jpg 768w" sizes="(max-width: 800px) 100vw, 800px" /></a>
        <div class="caption">
            <span>Des artilleurs canadiens manient un canon allemand confisqué de 4,2 po et font feu sur l’ennemi qui bat en retraite durant la bataille.</span>
            
        <div class="credit">
            <span>BAC/PA-001083</span>
        </div>

        </div>
        
    </div>
<p class="p1"><span class="s1"><b>L’attaque</b> fut lancée le 9 avril à 5 h 30, un lundi de Pâques, alors que le vent envoyait de la neige et du grésil sur les Allemands. Avec ce que le lieutenant Stuart Kirkland décrivit comme étant « le plus merveilleux barrage d’artillerie de l’histoire du monde » qui prenait pour cible les canons et les tranchées de l’ennemi à l’aide d’explosifs puissants et de gaz, plus de 80 % des canons allemands furent détruits, et leur infanterie dut se terrer dans des abris. « Les canons firent tous feu en même temps dans un grondement de tonnerre, écrivit le médecin militaire du 31<sup>e</sup> Bataillon (Alberta), et un beau feu d’artifice éclata tout le long des tranchées allemandes [&#8230;]. »</span></p>
<blockquote><p>Les munitions pour les canons furent apportées en grand nombre.</p></blockquote>
<p class="p2"><span class="s1">Les 15 000 fantassins s’avancèrent d’un pas ferme derrière le barrage rampant, leur poignée de chars ne pouvant malheureusement pas les accompagner à cause des cratères d’obus et de la boue. Quand la 1<sup>re</sup> Division atteignit les premières lignes allemandes, tenues par les Bavarois, la plupart des défenseurs étaient encore dans leurs abris. Les troupes chargées du nettoyage arrivèrent peu après, et les soldats de Currie gagnèrent la ligne rouge, leur deuxième objectif, à 7 h, même si les tireurs d’élite et les mitrailleurs ennemis commençaient à faire bien des victimes.</span></p>
<p class="p2"><span class="s2">La 2<sup>e</sup> Division traversa rapi-</span><span class="s1"><br />
dement son premier objectif, la ligne noire, et ne reçut un feu nourri qu’en arrivant à son deuxième objectif dont elle s’empara à 8 h. À 9 h 30, les brigades de réserve des deux divisions s’avancèrent vers le troisième objectif, celui de la ligne bleue.</span></p>
<p class="p2"><span class="s1">« Nos troupes se déplaçaient d’un pas assuré comme elles l’avaient répété », dit McGill, mais en réalité, il fallait souvent beaucoup de courage pour atteindre les objectifs. Le sergent Ellis Wellwood Sifton du 18<sup>e</sup> Bataillon (Western Ontario) fonça sur une mitrailleuse qui tirait sur ses hommes, planta sa baïonnette dans ses servants et repoussa les fusiliers venant vers lui dans la tranchée en maniant son propre fusil comme un gourdin. La Croix de Victoria lui fut décernée à titre posthume.</span></p>
<p class="p2"><span class="s1">Tout se passa relativement bien pour la 3<sup>e</sup> Division qui occupa ses deux objectifs rapidement. Billy Bishop, </span><span class="s2">jeune pilote du Royal Flying </span>Corps qui n’avait pas <span class="s1">encore connu ses victoires, regardait ce qui lui semblait être des hommes traverser avec désinvolture le terrain neutre. Des obus faisaient des victimes, mais les autres continuaient d’avancer.<span class="Apple-converted-space"> </span></span></p>
<p class="p2"><span class="s1">Le terrain avait été très abimé par les bombardements des deux dernières semaines, et beaucoup de points de repère qui devaient aider les attaquants à se situer avaient été </span>détruits. Certaines unités avançaient trop vite et se heurtaient au barrage des Canadiens. Beaucoup hommes frôlèrent la mort.</p>
<p class="p2">« [Nous] avons réussi à extirper nos hommes sans devenir victimes, écrivit le major Percy Menzies du 4<sup>e</sup> Bataillon de la 3<sup>e</sup> Division canadienne des fusiliers à cheval. Pendant tout ce temps-là, nous étions gênés par nos propres obus qui éclataient trop près de nous, mais je n’ai pas été touché. »</p>
<p class="p2">La 4<sup>e</sup> Division était celle qui était vraiment en difficulté. Son objectif principal était la côte 145 fermement défendue par quatre lignes et de profondes casemates en contrepente. Les 11<sup>e</sup> et 12<sup>e</sup> brigades, qui avaient chacune un bataillon supplémentaire, s’emparèrent de la première ligne, mais les Allemands de la seconde ligne les repoussèrent lors de multiples contrattaques.</p>
<p class="p2"><span class="s1">La côte 145 resta entre les mains des Allemands jusqu’à ce que le 85<sup>e</sup> Bataillon (Nova Scotia Highlanders) arrivé récemment la leur prenne cette nuit-là. Le lendemain, les 44<sup>e</sup> et 50<sup>e</sup> bataillons suivirent le barrage lors d’un affrontement sans merci en descendant le versant oriental, et la 4<sup>e</sup> Division prit la ligne rouge.</span></p>
<div class="caption_img">
        <a href="https://legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2022/03/PA-001020.jpg"><img loading="lazy" decoding="async" class="wp-image-6074 size-full" src="https://legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2022/03/PA-001020.jpg" alt="" width="800" height="576" srcset="https://legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2022/03/PA-001020.jpg 800w, https://legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2022/03/PA-001020-300x216.jpg 300w, https://legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2022/03/PA-001020-768x553.jpg 768w" sizes="(max-width: 800px) 100vw, 800px" /></a>
        <div class="caption">
            <span>Le 29e Bataillon (Vancouver) traverse le terrain neutre malgré les barbelés et le feu nourri des Allemands à Vimy. </span>
            
        <div class="credit">
            <span>William Ivor Castle/BAC/3192389</span>
        </div>

        </div>
        
    </div>
<p class="p1"><span class="s1"><b>Il ne restait </b>plus que le Pimple (bouton, NDT) à l’extrémité nord de la crête.</span></p>
<p class="p2"><span class="s1">Tôt le matin du 12 avril, la 10<sup>e</sup> Brigade lança une attaque-surprise contre les Allemands qui tenaient la côte. La brigade s’empara du Pimple à 6 h, lors d’un combat au corps à corps.<span class="Apple-converted-space"> </span></span></p>
<blockquote>
<p class="p1"><span class="s1"><span class="Apple-converted-space"> </span>Vimy</span> A ÉTÉ « LA CHOSE LA PLUS FANTASTIQUE À LAQUELLE LES CANADIENS ONT PRIS PART ».</p>
</blockquote>
<p class="p2"><span class="s1">Du haut de la crête, les Canadiens avaient vue sur les banlieues de la ville minière de Lens, à l’est, et leur artillerie peina dans la boue épaisse jusqu’à de nouvelles positions du côté oriental. La position allemande prétendue imprenable avait été prise, et le succès du Corps canadien fut acclamé à Paris, à Londres et au pays.</span></p>
<p class="p2"><span class="s1">Byng fut le premier à être félicité de la victoire. Il fut promu général et le commandement de la British Third Army lui fut confié. Son successeur, Currie, eut une promotion, la chevalerie, et le commandement du Corps canadien au mois de juin, poste qu’il occupa jusqu’à la fin de la guerre.</span></p>
<p class="p2"><span class="s1">La bataille avait été couteuse, et le succès, mitigé. La crête avait été prise, mais les Allemands n’avaient pas été mis en déroute. Il n’y avait pas eu de percée, pas de cavalerie mise à la disposition de Byng pour exploiter la réussite.</span></p>
<p class="p2"><span class="s1">En cinq jours de combats, les Canadiens déplorèrent 10 602 victimes, dont 3 598 morts, un nombre tel que le premier ministre Robert Borden, qui se trouvait alors à Londres, commença à prendre conscience que la conscription serait nécessaire. Beaucoup de soldats étaient fiers de la victoire.</span></p>
<p class="p2"><span class="s1">Vimy a été « la chose la plus fantastique à laquelle les Canadiens ont pris part, ils ont été merveilleux, dit le capitaine William Fingold du YMCA. Bien entendu, il y a eu des pertes importantes, mais c’était une grande victoire. »</span></p>
<p class="p2"><span class="s1">D’autres étaient simplement heureux d’avoir sur-vécu : « C’était l’enfer sur terre, écrivit un autre soldat, et je suis très chanceux d’être encore de ce monde. »</span></p>
<div class="caption_img">
        <img loading="lazy" decoding="async" class="size-full wp-image-6077" src="https://legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2022/03/PA-001941.jpg" alt="" width="800" height="505" srcset="https://legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2022/03/PA-001941.jpg 800w, https://legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2022/03/PA-001941-300x189.jpg 300w, https://legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2022/03/PA-001941-768x485.jpg 768w" sizes="(max-width: 800px) 100vw, 800px" />
        <div class="caption">
            <span>Des soldats canadiens assistent à un service commémoratif en septembre 1917 en l&#8217;honneur des hommes du 87e Bataillon (Canadian Grenadiers Guards) tombés à Vimy <span class="s1">tombés à Vimy. Au cours de la guerre, des cimetières<span class="Apple-converted-space">  </span></span><span class="s1">impromptus ont été construits le long du front occidental. Les </span><span class="s1">réenterrements et les monuments plus détaillés viendraient par la suite.</span></span>
            
        <div class="credit">
            <span>BAC/3213526</span>
        </div>

        </div>
        
    </div>
<h2 class="p1">LA BATAILLE DE LA <span class="s1">CRÊTE DE VIMY</span> A-T-ELLE COMPTÉ?</h2>
<div class="caption_img">
        <a href="https://legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2022/03/PA-001284.jpg"><img loading="lazy" decoding="async" class="wp-image-6079 size-full" src="https://legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2022/03/PA-001284.jpg" alt="" width="800" height="1120" srcset="https://legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2022/03/PA-001284.jpg 800w, https://legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2022/03/PA-001284-214x300.jpg 214w, https://legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2022/03/PA-001284-731x1024.jpg 731w, https://legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2022/03/PA-001284-768x1075.jpg 768w" sizes="(max-width: 800px) 100vw, 800px" /></a>
        <div class="caption">
            <span>major-général Arthur Currie </span>
            
        <div class="credit">
            <span>BAC/3213526</span>
        </div>

        </div>
        
    </div>
<p class="p1"><b>La bataille </b>de la crête de Vimy est parfois décrite dans l’histoire populaire du Canada comme une victoire grâce à laquelle la guerre a été remportée. Les Canadiens du major-général Arthur Currie ont réalisé quelque chose dont les Alliés avaient été incapables : grimper sur les hauteurs de la crête et battre les Allemands.</p>
<p class="p2"><span class="s1">Mais, les réalistes savent que c’est Julian Byng, général britannique qui commandait le Corps canadien en avril 1917, et non Currie. Nous savons que la plus grande partie de la crête où a eu lieu l’attaque des Canadiens était une pente douce et que l’à-pic se situait derrière les tranchées de l’ennemi, sur l’autre versant. Nous savons qu’il n’y a pas eu de percée ni de cavalerie balayant les arrières de l’ennemi, et que les Allemands n’ont reculé que de quelques kilomètres vers l’est, jusqu’à leur prochaine ligne. Nous nous souvenons aussi que les Canadiens ont déploré 10 602 morts et blessés à Vimy, les pires pertes de notre histoire, et que l’hécatombe a continué pendant un an et demi de plus. Les mythes dépassent de loin la réalité.</span></p>
<p class="p1"><span class="s1"><b>Toutefois</b>, Vimy a quand même compté. Les Canadiens étaient loin d’être des professionnels de la guerre au début, mais ils avaient appris à se battre à Ypres, à Saint-Éloi et à la Somme.</span></p>
<p class="p2"><span class="s1">Après Vimy, les soldats ont compris qu’ils avaient accompli quelque chose de très important, que leurs bataillons, leurs brigades et leurs divisions avaient gagné en maturité, et que le Corps était devenu une formation d’élite. La guerre allait continuer. La confiance et la détermination acquises à Vimy avaient fait des Canadiens des soldats parmi les meilleurs des Alliés de la Grande Guerre.</span></p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Combats dans les cratères</title>
		<link>https://legionmagazine.com/fr/2021/03/combats-dans-les-crateres/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[J.L. Granatstein]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 31 Mar 2021 15:28:15 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Articles principaux]]></category>
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					<description><![CDATA[La bataille des cratères de Sainte-Éloi, en avril 1916, fut un désastre pour la 2e division Au début de l’année 1916, les habiles sapeurs britanniques travaillaient d’arrache-pied pour placer de grosses mines profondément sous les tranchées allemandes. Ils en firent exploser au saillant d’Ypres en Belgique le 2 mars, et la bataille pour contrôler les cratères [&#8230;]]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<h4>La bataille des cratères de Sainte-Éloi, en avril 1916, fut un d<b>é</b>sastre pour la 2<span class="s1"><sup>e</sup></span> division</h4>
<div class="caption_img">
        <img loading="lazy" decoding="async" class="wp-image-5638 size-full" src="https://legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2021/03/PA-004394.jpg" alt="" width="800" height="581" srcset="https://legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2021/03/PA-004394.jpg 800w, https://legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2021/03/PA-004394-300x218.jpg 300w, https://legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2021/03/PA-004394-768x558.jpg 768w" sizes="(max-width: 800px) 100vw, 800px" />
        <div class="caption">
            <span></span>
            
        <div class="credit">
            <span>Bureau canadien des archives de guerre/BAC/3329062</span>
        </div>

        </div>
        
    </div>
<p class="p1"><b>Au début de l’année 1916</b>, les habiles sapeurs britanniques travaillaient d’arrache-pied pour placer de grosses mines profondément sous les tranchées allemandes. Ils en firent exploser au saillant d’Ypres en Belgique le 2 mars, et la bataille pour contrôler les cratères qui en résultèrent dura à peu près deux semaines.<span class="Apple-converted-space"> </span></p>
<div class="caption_img">
        <img loading="lazy" decoding="async" class="wp-image-5639 size-full" src="https://legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2021/03/C-043985.jpg" alt="" width="800" height="1069" srcset="https://legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2021/03/C-043985.jpg 800w, https://legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2021/03/C-043985-225x300.jpg 225w, https://legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2021/03/C-043985-766x1024.jpg 766w, https://legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2021/03/C-043985-768x1026.jpg 768w" sizes="(max-width: 800px) 100vw, 800px" />
        <div class="caption">
            <span>Une photo de reconnaissance aérienne illustre la situation — des tranchées criblées de cratères de mines et de trous d’obus — à Saint Éloi, en mars 1916. </span>
            
        <div class="credit">
            <span>Bain/U.S. Library of Congress</span>
        </div>

        </div>
        
    </div>
<blockquote><p><strong>Six mines explosèrent tôt le matin du 27 mars, anéantissant les tranchées de l’ennemi et les soldats qui les tenaient. </strong></p></blockquote>
<p class="p2">Le commandant de la brigade britannique finit par rappeler ses hommes à leur ligne d’origine, disant à son état-major qu’il ne valait pas la peine de tenir l’intérieur boueux de cratères, car ils étaient une cible évidente pour l’ennemi.</p>
<p class="p2">Cependant, le général Herbert Plumer, qui commandait la Deuxième armée britannique, ne tint pas compte de ce bon conseil, et ses sapeurs enfouirent 31 000 kilogrammes d’ammonal sous les tranchées des Allemands à Saint-Éloi, à cinq kilomètres au sud d’Ypres. Six mines explosèrent tôt le matin du 27 mars, anéantissant les tranchées de l’ennemi et les soldats qui les tenaient. Les repères disparurent, les tranchées des deux côtés s’effondrèrent et les tranchées drainantes engorgées inondèrent les trous d’obus et les vieux cratères.</p>
<div class="caption_img">
        <img loading="lazy" decoding="async" class="wp-image-5640 size-full" src="https://legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2021/03/Herbert_Plumer.jpg" alt="" width="800" height="946" srcset="https://legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2021/03/Herbert_Plumer.jpg 800w, https://legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2021/03/Herbert_Plumer-254x300.jpg 254w, https://legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2021/03/Herbert_Plumer-768x908.jpg 768w" sizes="(max-width: 800px) 100vw, 800px" />
        <div class="caption">
            <span>Le général Herbert Plumer ordonna à ses sapeurs de placer 31  000 kilogrammes d’ammonal sous les tranchées allemandes. Six mines explosèrent, détruisant pratiquement toutes les tranchées de l’ennemi et les soldats qui s’y trouvaient. </span>
            
        <div class="credit">
            <span>RFC/BAC/3 230 889</span>
        </div>

        </div>
        
    </div>
<p class="p2">Des soldats de la 9<sup>e</sup> Brigade d’infanterie de la 3<sup>e</sup> Division s’avancèrent promptement et prirent la plus grande partie de la troisième ligne de l’ennemi. Cependant, un des bataillons qui attaquaient, naturellement dérouté par le terrain miné, rapporta qu’il s’était rendu maitre des cratères 4 et 5, alors qu’il s’agissait en fait des 6 et 7.</p>
<p class="p2">L’ennemi s’aperçut de l’erreur, fit avancer ses renforts et prit le contrôle du cratère 5 le 30 mars. Les soldats britanniques et allemands se battirent au corps à corps dans la boue du cratère. Quatre jours plus tard, les Britanniques avaient reconquis le terrain.</p>
<p class="p2">Selon le plan de Plumer, la 2<sup>e</sup> Division canadienne, commandée par le major-général Richard Turner, VC, devait les remplacer la nuit du 6 avril. Cependant, la brigade britannique était si mal-en-point que Plumer avança la relève à la nuit du 3 avril.</p>
<div class="caption_img">
        <img loading="lazy" decoding="async" class="wp-image-5641 size-full" src="https://legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2021/03/PA-006315.jpg" alt="" width="800" height="824" srcset="https://legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2021/03/PA-006315.jpg 800w, https://legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2021/03/PA-006315-291x300.jpg 291w, https://legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2021/03/PA-006315-768x791.jpg 768w" sizes="(max-width: 800px) 100vw, 800px" />
        <div class="caption">
            <span>Le major-général Richard Turner avait pris le commandement de la 2e Division canadienne à son arrivée en France, en septembre 1915. </span>
            
        <div class="credit">
            <span>MDN/BAC/PA-006315</span>
        </div>

        </div>
        
    </div>
<p class="p2">C’est la 6<sup>e</sup> Brigade canadienne, commandée par le brigadier-général Huntly Ketchen, qui remplaça les Britanniques. La passation fut précipitée, et le manque de reconnaissance, conséquent. En effet, il n’y <span class="s1">avait pas vraiment de ligne britannique : il n’y avait que des tranchées et des trous d’obus où on avait de l’eau jusqu’à la taille, et ils étaient exposés à l’artillerie dans deux directions.</span></p>
<blockquote><p><strong>« J’y ai vu plus de guerre et de meurtres sanglants que dans tout le reste du temps que j’ai passé en France. »</strong></p></blockquote>
<p class="p2"><span class="s1">Les Canadiens, relativement inexpérimentés et dont c’était le premier engagement important, faisaient face à des cratères numérotés de 1 à 7. Le 27<sup>e</sup> Bataillon était devant les cratères 2, 3, 4 et 5, lesquels étaient si près les uns des autres qu’ils formaient un obstacle impénétrable : un cratère avait 158 mètres de profondeur et 55 mètres de largeur (aujourd’hui, c’est un étang de pêche).</span></p>
<p class="p2">« Les soldats britanniques que nous remplacions nous avaient laissé un endroit pourri, » écrivit le lieutenant Frank McLorg, officier de mitrailleuse de la 6<sup>e</sup> Brigade, dans une <span class="s1">lettre qu’il envoya chez lui, à Saskatoon, le 14 avril. « On </span>les avait envoyés à l’assaut puis on les avait retirés, mais la position qu’ils avaient capturée n’avait pas été consolidée du tout, et notre flanc gauche était entièrement à découvert. Il y avait cinq cratères de mine et une tranchée de soutien allemande de troisième ligne de l’autre côté, que nous occupions, et ils étaient totalement aplatis.</p>
<p class="p2"><span class="Apple-converted-space"> </span>« Je n’ai jamais vu et je ne pense pas qu’il y ait jamais eu de bombardement plus intense dans une zone aussi petite [&#8230;]. J’y ai vu plus de guerre et de meurtres sanglants que dans tout le reste du temps que j’ai passé en France. »</p>
<div class="caption_img">
        <img loading="lazy" decoding="async" class="wp-image-5642 size-full" src="https://legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2021/03/PA-004590.jpg" alt="" width="800" height="565" srcset="https://legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2021/03/PA-004590.jpg 800w, https://legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2021/03/PA-004590-300x212.jpg 300w, https://legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2021/03/PA-004590-768x542.jpg 768w" sizes="(max-width: 800px) 100vw, 800px" />
        <div class="caption">
            <span>Un cratère à Saint-Éloi, en Belgique. Le 29e  Bataillon du Corps expéditionnaire canadien y livra des combats féroces en avril 1916. </span>
            
        <div class="credit">
            <span>MDN/BAC/PA-004590</span>
        </div>

        </div>
        
    </div>
<p class="p1"><span class="s1"><b>De gros efforts</b> furent déployés pour créer une ligne défendable et évacuer l’eau, mais les canons de l’ennemi infligeaient des pertes élevées et rendaient tout ce travail pratiquement inutile. L’ennemi martelait les Canadiens sans relâche. La boue enrayait les fusils Ross des fantassins. L’artillerie, dont les obus étaient rationnés pour constituer des stocks en prévision des batailles qui devaient avoir lieu à la Somme, ne pouvait riposter au bombardement de l’ennemi que de façon sporadique.</span></p>
<p class="p2"><span class="s1">Les 4 et 5 avril, le tir intensif des canons allemands infligea un grand nombre de pertes aux Canadiens. Le lieutenant-colonel Irvine Snider, commandant du 27<sup>e</sup> Bataillon, réduisit sa première ligne afin de minimiser les pertes, mais en vain.</span></p>
<p class="p2"><span class="s1"><span class="Apple-converted-space"> </span>« Tout ce que je peux dire, c’est que l’artillerie ennemie a oblitéré les tranchées, rapporta Snider le 6 avril. Il n’y avait plus de soldats dans le secteur qui puissent s’opposer à eux. Ceux du 27<sup>e</sup> Bataillon qu’il restait [&#8230;] étaient trop épuisés pour résister. »</span></p>
<p class="p2"><span class="s1">Snider ajouta que la plupart de ses officiers et lui n’avaient pas dormi depuis plus de 100 heures. Pis encore, le 31<sup>e</sup> Bataillon qui se trouvait à côté d’eux n’avait aucun contact avec les troupes de Snider. Lui aussi avait souffert du bombardement.</span></p>
<p class="p2"><span class="s1"><span class="Apple-converted-space"> </span>« L’ennemi faisait pleuvoir des obus sans cesse, écrivit le soldat Donald Fraser. Les tranchées étaient un vrai bourbier, et elles n’étaient pas reliées entre elles. La communication était inexistante, les lignes de tir n’étaient plus qu’un souvenir [&#8230;] et on ne pouvait plus faire monter de matériel. »</span></p>
<p class="p2"><span class="s1">Le soir du 5 avril, après un feu roulant de 17 heures sous la pluie qu’un soldat décrivit comme « douloureusement précis », le 29<sup>e</sup> Bataillon releva le 27<sup>e</sup> qui avait été décimé.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p class="p1"><b>À ce moment-là</b>, deux bataillons ennemis lancèrent une attaque, causant la déroute chez les Canadiens et capturant les cratères 2, 3, 4 et 5. L’état-major de la brigade lança rapidement une contrattaque à la lumière du jour aux cratères 2 et 3, que l’artillerie allemande repoussa. Ketchen ordonna ensuite aux 28<sup>e</sup> et 31<sup>e</sup> bataillons de reprendre les cratères 4 et 5.</p>
<p class="p2">Les Canadiens prirent les cratères 6 et 7, au nord du cratère 4, malgré un bombardement intensif, mais ils rapportèrent, à tort, que leurs objectifs avaient été atteints. « [Nous] croyions dur comme fer que nous avions repris les cratères 4 et 5 », écrivit un sous-officier par la suite.</p>
<p class="p2">Sans photo aérienne, Ketchen et Turner étaient convaincus que leurs fantassins tenaient l’objectif. Les Allemands faits prisonniers la nuit du 7 avril, toutefois, dirent à leurs interrogateurs que leurs camarades tenaient les cratères 2, 3, 4 et 5, mais apparemment aucune suite ne fut donnée à ce renseignement.</p>
<div class="caption_img">
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        <div class="caption">
            <span>Des prisonniers allemands capturés à Saint-Éloi par le Royal Fusiliers et le Royal Northumberland Fusiliers de Grande-Bretagne le 27 mars 1916. </span>
            
        <div class="credit">
            <span>Chronicle/Alamy/DRHRGJ</span>
        </div>

        </div>
        
    </div>
<blockquote><p><strong>Les soldats avaient bien pris un cratère dans le marasme désolé du champ de bataille, mais pas le bon.</strong></p></blockquote>
<p class="p2">Sachant que la 6<sup>e</sup> Brigade tenait le terrain bas exposé aux yeux de l’ennemi, Turner suggéra au lieutenant-général Edwin Alderson, commandant du Corps canadien, de se replier et de bombarder les Allemands dans les cratères ou d’attaquer sur un front plus large.</p>
<p class="p2">Alderson essaya de persuader Plumer, mais le commandant de la Deuxième armée refusa, car il croyait qu’on devait tenir chaque pouce de terrain gagné. Turner fut obligé d’obtempérer.</p>
<p class="p2">La 4<sup>e</sup> Brigade canadienne, fraiche et dispose, fut lancée à l’assaut du cratère 3, et une fois de plus, les rapports fournis à l’état-major indiquèrent qu’elle avait réussi. Les soldats avaient bien pris un cratère dans le marasme désolé du champ de bataille, mais pas le bon. Les combats se poursuivirent, les deux côtés peinant dans les bourbiers, les <span class="s1">pertes continuant de s’élever.</span></p>
<p class="p2"><span class="Apple-converted-space"> </span>« Nous marchions sur les cadavres, et le pire, c’est que c’était dans trois pieds de boue et d’eau », écrivit le soldat Frank Maheux du 21<sup>e</sup> Bataillon à son épouse. Son ami Anderson fut parmi les morts. « Un morceau d’acier l’a presque coupé en deux. »</p>
<p class="p2">« Presque toute la compagnie A a été exterminée à Saint-Éloi », écrivit Douglas Buckley du 19<sup>e</sup> Bataillon, qui avait été blessé et emmené à l’hôpital. « J’ai été assez secoué d’apprendre que tous les gars avec qui je m’étais entrainé avaient passé l’arme à gauche. »</p>
<p>&nbsp;</p>
<p class="p1"><span class="s1"><b>Le temps</b> avait été mauvais, déjouant la reconnaissance aérienne, mais les photos du 8 avril montraient que les rapports indiquant le terrain tenu étaient incorrects. De manière inexcusable, les états-majors des 6<sup>e</sup> et 4<sup>e</sup> brigades, de la 2<sup>e</sup> Division et du Corps canadien n’avaient pas relevé les erreurs. Tout ce qu’on peut dire pour leur défense, c’est que l’interprétation des photos aériennes en était encore à ses tout débuts. La situation misérable des Canadiens demeura sans correction jusqu’au 16 avril, quand de nouvelles photos aériennes révélèrent la véritable situation.</span></p>
<p class="p2">Aucune des tentatives des Canadiens pour recapturer les cratères n’aboutit, et le 19 avril, sous un bombardement féroce, les Allemands s’emparèrent du cratère 6. Une semaine plus tard, Alderson donna l’ordre d’abandonner les cratères. Cette débâcle pour la 2<sup>e</sup> Division avait été causée par des erreurs de commandement et par l’inexpérience. Le prix de la défaite pour les Canadiens : 1 372 morts et blessés. Les pertes de l’ennemi s’élevaient à 483.</p>
<p class="p2">Les résultats médiocres de la 2<sup>e</sup> Division à Saint-Éloi persuadèrent le haut commandement britannique que ni Turner ni Ketchen n’étaient des commandants compétents. Plumer ordonna à Alderson de saquer Ketchen, mais Turner refusa de le faire. Alderson demanda alors que le général Douglas Haig, commandant de la British Expeditionary Force, saque Turner et Ketchen pour incompétence. Mais Turner avait de bonnes relations politiques, et les protestations de Sam Hughes, ministre canadien de la Milice et de la Défense, et de sir Max Aitken, magnat de la presse et député fédéral, rendirent cela impossible. On s’inquiétait que le sentiment anti-britannique fût en train de croitre parmi les Canadiens.</p>
<p class="p2">« Turner n’est pas le meilleur commandant de division possible, écrivit Haig dans son journal, [mais] je pense que ce serait une erreur de le remplacer en ce moment-ci. » Il dit aussi que « tous ont fait de leur mieux et ont livré un vaillant combat ». Cela, au moins, était vrai, mais il fallait quand même un bouc émissaire.</p>
<p class="p2">Le pauvre Alderson, qui n’était certainement pas Napoléon, mais restait relativement irréprochable dans l’affaire, se fit limoger, et le lieutenant-général Julian Byng prit sa place. Ketchen et Turner survécurent; Turner, jusqu’à la fin novembre 1916.</p>
<div class="caption_img">
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        <div class="caption">
            <span>Le lieutenant-général Julian Byng venait de prendre le commandement du Corps canadien, début juin 1916, quand eut lieu une importante attaque des Allemands. </span>
            
        <div class="credit">
            <span>MDN/BAC/001284</span>
        </div>

        </div>
        
    </div>
<p class="p2">Les Canadiens restèrent à Saint-Éloi après les combats, les cratères étant toujours pleins de cadavres.<span class="Apple-converted-space"> </span></p>
<p class="p2">« Ceux d’entre nous dont l’odorat n’est pas très fin, écrivit le soldat Wilbert Gilroy à son père en mai 1916, sont avantagés quand il fait beau temps, car [Saint-Éloi] ne sent pas la rose. »<span class="Apple-converted-space"> </span></p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>La vie au Front</title>
		<link>https://legionmagazine.com/fr/2019/04/la-vie-au-front/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[J.L. Granatstein]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 05 Apr 2019 14:28:39 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Articles principaux]]></category>
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					<description><![CDATA[Ce qu’on portait, disait et mangeait au front pendant la Seconde Guerre mondiale Sept-cent-cinquante-mille Canadiens ont porté l’uniforme kaki à la Seconde Guerre mondiale. Des hommes de toutes les régions du pays se sont soudainement retrouvés dans des baraquements où ils apprenaient à devenir soldats. La transition n’était pas facile, ils devaient apprendre à défiler, à tirer et [&#8230;]]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<div class="caption_img">
        <img loading="lazy" decoding="async" class="wp-image-4667" src="https://legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2019/04/PA-211474.jpg" alt="" width="566" height="772" srcset="https://legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2019/04/PA-211474.jpg 3942w, https://legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2019/04/PA-211474-220x300.jpg 220w, https://legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2019/04/PA-211474-768x1047.jpg 768w, https://legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2019/04/PA-211474-751x1024.jpg 751w" sizes="(max-width: 566px) 100vw, 566px" />
        <div class="caption">
            <span>Un sergent non identifié du Royal Hamilton Light Infantry porte un harnais modèle 1937, qui fut remplacé pour le Débarquement par le modèle 1942, dont la capacité était supérieure. </span>
            
        <div class="credit">
            <span>Collection W.E. Storey/Metropolis studio; capitaine Laurie A. Audrain/MDN/BAC/PA-211474</span>
        </div>

        </div>
        
    </div>
<h2 class="p1">Ce qu’on portait, <span class="s1">disait </span><span class="s1">et </span>mangeait au front pendant la Seconde Guerre mondiale</h2>
<p class="p1"><span class="s1"><b>Sept-cent-cinquante-mille </b>Canadiens ont porté l’uniforme kaki à la Seconde Guerre mondiale. Des hommes de toutes les régions du pays se sont soudainement retrouvés dans des baraquements où ils apprenaient à devenir soldats. La transition n’était pas facile, ils devaient apprendre à défiler, à tirer et à combattre. Les dizaines de milliers d’entre eux qui ont pris part aux combats ont dû s’habituer à la violence et à la mort. Voici un aperçu de ce qu’ils portaient, mangeaient et disaient au front.</span></p>
<p class="p3"><span class="s2"><b>CE QU’ILS </b></span><span class="s3"><b>PORTAIENT</b></span></p>
<p class="p1"><span class="s1"><b>Tout d’abord</b>, ils mirent leurs vêtements civils de côté. Tout comme en 1914, il n’y avait pas suffisamment d’uniformes pour les premières unités se préparant à partir pour l’étranger. Les bottes étaient en nombre insuffisant, et certaines unités n’avaient que des uniformes de la Grande Guerre sous la main. Toutefois, à partir de la fin de 1939, les soldats pouvaient porter une tenue canadienne qui était une version améliorée de la tenue de combat de conception britannique. Tous les soldats ont fini par en avoir une peu après. La chemise en serge de laine avait deux poches à la poitrine et un col boutonné. Le pantalon assorti avait des boucles pour la ceinture, des boutons pour les bretelles et des poches pour les cartes et le pansement de combat.</span></p>
<p class="p4"><span class="s1">Bien repassé, et orné du rang, de l’unité et des insignes de formation, et agrémenté du nouveau béret réglementaire porté sur le côté, l’uniforme donnait belle allure. Les officiers supérieurs dont la tenue était faite sur mesure étaient encore plus élégants; et certains d’entre eux optaient même pour le barathéa, un tissu plus doux.</span></p>
<p class="p4"><span class="s1">Bien que de bonne qualité, la tenue de combat était trop chaude en été et pas assez chaude par temps froid. Au combat, elle absorbait la saleté et la boue, et elle était trempée par temps pluvieux. Les militaires pouvaient la couvrir d’une capote ou d’une parka en hiver, parfois même d’un pourpoint en cuir, d’une veste en peau de mouton ou de survêtements de ski blancs.</span></p>
<div class="caption_img">
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        <div class="caption">
            <span>Les tireurs d’élite du Régiment de la Chaudière portent des vêtements de camouflage d’hiver britanniques, aux Pays-Bas, en janvier 1945. </span>
            
        <div class="credit">
            <span>Lieutenant Barney J. Gloster/MDN /BAC/PA-137987</span>
        </div>

        </div>
        
    </div>
<p class="p4"><span class="s1">Pendant les opérations, une unité de bain et blanchisserie mobile (MBLU) réussissait parfois à s’avancer suffisamment pour distribuer de nouveaux vêtements et permettre aux soldats en sueur, crasseux et parfois infestés de poux de se laver. Le major Stewart Bull de l’Essex Scottish Regiment a décrit l’arrivée d’une MBLU dans son unité, en Normandie : « et là, oh bonheur, il y avait une douche [&#8230;]. Il y avait du savon à foison, et nous avons enfin pu nous sentir propres. Certains d’entre nous [avons reçu] des vêtements, des sous-vêtements et des chaussettes propres, et nous les avons mis [&#8230;] c’était un vrai luxe, ce jour-là. »</span></p>
<p class="p4"><span class="s4">À partir de 1943, les hommes portaient un béret sur le terrain, kaki pour la plupart, noir pour les unités blindées et brun rougeâtre pour les unités aéroportées. Au combat, les soldats portaient un casque d’acier avec mentonnière et filet de camouflage. Le casque, lourd et incommode, ne conférait aucune protection à la nuque (excepté contre la pluie) et rebondissait quand on courrait.</span></p>
<p class="p4"><span class="s1">Les soldats à l’entrainement portaient des salopettes kaki ou en denim, comme en portaient les unités de blindés et celles qui s’occupaient des véhicules et des machines. L’uniforme d’été se composait habituellement d’une chemise et d’une culotte courte kaki. En hiver, les Canadiens s’habillaient pour être au chaud sur le terrain, beaucoup d’entre eux se procurant un pourpoint en cuir ou une veste en peau de mouton.</span></p>
<h2 class="p1">La tenue de combat était <span class="s1">TROP CHAUDE EN ÉTÉ</span> et <span class="s1">PAS ASSEZ CHAUDE </span>par temps froid.</h2>
<p class="p4"><span class="s1">Chaque homme avait un harnais à sangles modèle 1937, dont l’entretien exigeait l’application régulière du produit de nettoyage Blanco. À la ceinture et aux sangles sur les épaules, il y avait diverses poches pour les munitions, un petit paquet de premières nécessités, un étui de masque à gaz (souvent abandonné, car les soldats se sont aperçus que le gaz ne serait probablement pas utilisé contre eux), des sachets utilitaires pour des munitions supplémentaires, un brandebourg pour baïonnette et un compartiment pour pelle-pioche. Les officiers avaient un étui à jumelles, un étui à boussole et un étui à pistolet. Le gros havresac du soldat, conçu pour être porté sur le dos, mais généralement abandonné à l’arrière avec les véhicules de transport de l’unité, servait au matériel de couchage, aux couvertures, à la capote et au reste du matériel jugé inutile au combat.</span></p>
<div class="caption_img">
        <img loading="lazy" decoding="async" class="wp-image-4668" src="https://legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2019/04/19750011-043.jpg" alt="" width="566" height="634" srcset="https://legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2019/04/19750011-043.jpg 2305w, https://legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2019/04/19750011-043-268x300.jpg 268w, https://legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2019/04/19750011-043-768x860.jpg 768w, https://legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2019/04/19750011-043-914x1024.jpg 914w" sizes="(max-width: 566px) 100vw, 566px" />
        <div class="caption">
            <span>Des contenants d’eau en fer blanc à bouchon en liège étaient distribués par la Marine royale du Canada. </span>
            
        <div class="credit">
            <span>MCG/19750011-043</span>
        </div>

        </div>
        
    </div>
<p class="p4"><span class="s1">Dans le feu de l’action, les soldats </span>adaptaient leur matériel à ce qui fonctionnait le mieux. Chacun portait une charge de quelque <span class="s1">20 kilogrammes. Le simple soldat avait un fusil 0,303 Lee-Enfield No. 4 Mk I et une ou deux cartouchières en bandoulière contenant 50 cartouches chacune. Il portait habituellement un ou deux chargeurs de 30 cartouches pour les trois ou quatre mitrailleuses Bren de son peloton, au moins deux grenades n° 36 ou n° 69, et probablement des bombes de 2 livres pour le mortier de 2 pouces ou des projectiles de 3 livres pour l’arme antichar de la compagnie. Une bouteille d’eau et une baïonnette étaient accrochées à sa ceinture de toile; beaucoup portaient également un couteau.</span></p>
<div class="caption_img">
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        <div class="caption">
            <span>Portant de quoi se nourrir et combattre pendant deux jours, les soldats canadiens débarquent sur la plage Juno en juin 1944. </span>
            
        <div class="credit">
            <span>Lieutenant Ken Bell/MDN/BAC/PA-132655</span>
        </div>

        </div>
        
    </div>
<p class="p4"><span class="s1">Les servants de mitrailleuse Bren devaient trimballer leur arme qui pesait environ 10 kilogrammes, et les radios portaient l’encombrant appareil avec l’antenne révélatrice qui le surmontait. La plupart des sous-officiers avaient une mitraillette Sten; les officiers, une Sten et un révolver. En Italie, ce sont des Tommy (mitraillettes Thompson) qu’on utilisait.</span></p>
<p class="p4"><span class="s1">Dans le petit sac du soldat se trouvait un tapis de sol, quelques boites de nourriture prélevées dans les paquets de rationnement, des biscuits de mer pour les urgences, des cigarettes, un briquet, une paire de chaussettes, une trousse de couture (surnommée « housewife » [ménagère, NDT]), des lunettes de secours, du cirage, des lacets, un nécessaire de rasage, une brosse à dents, un préservatif ou deux au cas où une occasion se présente-rait, des gamelles en aluminium, une tasse, un couteau de poche, une cuillère, une fourchette, le courrier, quelques photos, un jeu de cartes et un livret de solde.</span></p>
<p class="p4"><span class="s1">Marcher, et même courir, en portant de telles charges, nécessitait une excellente condition physique et une grande endurance.</span></p>
<p class="p5"><span class="s5"><b>CE QU’ILS </b></span><span class="s2"><b>DISAIENT </b></span><span class="s5"><b>ET </b></span><span class="s2"><b>CHANTAIENT</b></span></p>
<p class="p1"><span class="s1"><b>Les soldats</b> canadiens ont dû maîtriser le langage étrange de l’armée. Il y avait des abréviations militaires, comme SMR (sergent-major régimentaire), SQMC (sergent quartier-maître de compagnie), CO (commandant), SMC (sergent-major de compagnie) et adj (adjudant) – il s’agissait des officiers et des sous-off (sous-officiers) qui contrôlaient leur vie au jour le jour.</span></p>
<p class="p4"><span class="s1">Il y avait des termes argotiques comme « Aldershit, » variante peu flatteuse du nom du camp d’entrainement Aldershot (<i>shit</i> signifiant merde, NDT) en Angleterre. Les Italiens étaient des « Eyties », les Allemands étaient des « Jerries » ou des « boches », et il y avait aussi le « Jerrican » qui servait au transport de l’essence ou de l’eau (parfois même, sans nettoyage intermédiaire). Les soldats espéraient qu&#8217;ils seraient « LOB » (laissés hors de la bataille, NDT) quand leur unité passerait à l’attaque. Un homme « LOB » était censé faire partie du noyau autour duquel une unité décimée serait reconstituée. « Snafu » </span><span class="s4">était l’acronyme de Situation Normal : </span><span class="s1">All Fucked Up (ou Fouled Up) (c’est-à-dire <i>Situation normale : c’est la merde</i>, NDT); « recce » se disait pour la reconnaissance; le « meathead » (tête de viande, NDT) était un prévôt ou un policier militaire; le « zombie » était un conscrit pour la défense au pays; un « ring knocker » (anneau heurtoir, NDT) était un diplômé du Collège militaire royal qui profitait de ses relations pour monter en grade.</span></p>
<p class="p4">Les jurons habituels étaient en usage constant, si bien qu’en Sicile, en aout 1943, l’aumônier des Seaforth Highlanders of Canada a tenté de choquer les soldats – pour qu’ils épurent leur langue –, en prononçant un juron particulièrement offensant dans le titre du sermon qu’il a prononcé lors d’un rassemblement pour service religieux obligatoire. Dans une lettre envoyée au pays, il est dit que cela avait donné lieu à « quelques rires nerveux », mais que rien n’avait changé à la longue :« La plupart des hommes mêlent des jurons à leur parler aussi naturellement qu’ils aspirent de l’air dans leurs poumons, et même peut-être sans vouloir mal faire. »</p>
<p class="p4">Au défilé, les soldats marchaient au rythme de la musique militaire. Certaines unités avaient apporté des instruments en cachette (il était interdit de les emporter outre-mer), puis ils les avaient sortis en Angleterre, quand la voie était libre. Les régiments de Highlanders avaient leurs cornemuseurs, bien sûr, et à Dieppe et le jour J, certaines unités ont débarqué au son des cornemuses. Cependant, dans les casernes, la plupart des soldats écoutaient les big bands de Benny Goodman ou de Glenn Miller à la radio, pleuraient discrètement quand Vera Lynn chantait <i>The White Cliffs of Dover</i>, ou fantasmaient sur l’extraordinaire <i>Lili Marlene</i>, qui était populaire chez les Alliés comme chez les Allemands. Parfois, le sentiment qu’ils se trouvaient à un front oublié faisait écrire des paroles ironiques aux soldats, comme « We are the D-Day Dodgers in sunny Italy (Nous <span class="s1">sommes les tire-au-flanc du jour J,</span> sous le soleil de l’Italie, NDT) ».</p>
<p class="p4"><span class="s1">Il y avait aussi des spectacles produits par l’armée et mettant en vedette des artistes canadiens. Les comédiens Wayne et Shuster, par exemple, ont fait carrière au Canada, en Grande-Bretagne et près du front en Europe du Nord-Ouest avec le spectacle « The Army Show », fastueuse revue musicale et humo-ristique qui a eu beaucoup de succès.</span></p>
<div class="caption_img">
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        <div class="caption">
            <span>Des membres de la 9e Brigade d’infanterie canadienne mangeant dans des gamelles à bord d&#8217;un engin de débarquement se dirigeant vers la France au jour J. </span>
            
        <div class="credit">
            <span>Lieutenant Ken Bell/MDN/BAC/PA-190144</span>
        </div>

        </div>
        
    </div>
<p class="p3"><span class="s2"><b>CE QU’ILS </b></span><span class="s6"><b>MANGEAIENT</b></span></p>
<p class="p1"><span class="s1"><b>Les soldats</b> étaient bien nourris, mais l’armée n’aspirait pas à la gastronomie. La plupart des soldats canadiens, ayant grandi pendant la dépression, n’avaient jamais connu la bonne chère et ils se contentaient probablement bien de la « bouffe » de l’armée.</span></p>
<p class="p4"><span class="s1">Si les cuisiniers de compagnie ne pouvaient pas leur apporter leurs rations sur le terrain, les soldats se nourrissaient grâce au Composite Ration Pack : une caisse contenant assez de nourriture pour 14 hommes pendant 24 heures. Ces rations « compo », emballées en Grande-Bretagne, étaient constituées de biscuits durs, de margarine cireuse, de boites de viande et de légumes, de fromage, de thé, de confitures et de bonbons durs. Un des mets les plus convoitées était un pouding imbibé de mélasse. Il y avait également des allumettes, sept cigarettes pour chaque homme, de l’alcool solidifié, et six feuilles de papier hygiénique par soldat. Les rations n’étaient pas très bonnes, a raconté un soldat par la suite, « mais cela faisait l’affaire et nous survivions ».</span></p>
<p class="p4"><span class="s1">Par contre, les bons cuisiniers de compagnie furetaient ici et là pour trouver de quoi enrichir les rations qu’on leur fournissait. Le SQMC faisait transporter la nourriture au front dans de grandes marmites de fer qui tenaient la nourriture au chaud. Le régime des hommes comprenait habituellement beaucoup de pain, de pommes de terre, de haricots et de viande et visait à leur donner au moins 3 000 calories par jour. Bien sûr, a écrit un canonnier avec un gros soupçon d’amertume au sujet de son service : « Nos intendants, les malheureux… se servaient toujours les premiers. »</span></p>
<div class="caption_img">
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        <div class="caption">
            <span>La stérilisation de l’eau à l’aide de comprimés était un processus en deux étapes qui durait 30 minutes. </span>
            
        <div class="credit">
            <span>MCG/19850419-022</span>
        </div>

        </div>
        
    </div>
<p class="p4"><span class="s1">Les soldats mangeaient « quand ils le pouvaient », a raconté un sergent des Cameron Highlanders. « Si vous aviez l’occasion de prendre un repas chaud, vous le faisiez &#8230; mais s’asseoir </span><span class="s7">manger tranquillement, ça, non, ça n’arrivait jamais. Parfois vous aviez à peine le temps de prendre une bouchée et les boches se mettaient à vous bombarder, alors fini, le petit-déjeuner. »</span></p>
<p class="p4"><span class="s1">Les soldats fouillaient aussi les maisons des civils à la recherche de nourriture, s’appropriant les comestibles (et autres objets de valeur) qu’ils y trouvaient. Un officier a écrit en Allemagne qu’il avait vu une estafette avec une dizaine de poulets attachés à l’arrière de sa moto, et « deux soldats tirant et poussant un cochon pendant qu’un autre affutait un couteau à une meule. »</span></p>
<p class="p4"><span class="s1">Les officiers mangeaient parfois bien quand ils étaient à l’arrière, mais au front, leur ration était la même que celle de leurs hommes. Hal MacDonald du North Shore (New Brunswick) Regiment a écrit, le 22 juillet 1944 : « mon ordonnance est en train de faire frire des galettes de viande : Bully Beef, oignons, pommes de terre et biscuits de mer émiettés. »</span></p>
<p class="p4"><span class="s1">La nourriture du mess des officiers, s’il était situé assez loin du front, était meilleure, les suppléments étant payés par le « fonds du mess » de ses membres, et il pouvait même y avoir un diner régimentaire à l’occasion.</span></p>
<div class="caption_img">
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        <div class="caption">
            <span>Une boîte de beurre Maple Leaf de l’époque la Seconde Guerre mondiale. </span>
            
        <div class="credit">
            <span>MCG/19850419-022 </span>
        </div>

        </div>
        
    </div>
<p class="p4"><span class="s1">Les colis provenant du pays étaient très prisés. Le soldat Geoff Turpin du Régiment royal de Montréal a écrit en Normandie : « J’ai énormément apprécié votre colis, comme vous vous en doutez certainement. C’était celui où il y avait l’assortiment [&#8230;], le chocolat de Cunninghams, les barres de chocolat [&#8230;] et les Life Savers [&#8230;]. McBride (mon compagnon de trou) et moi faisons fondre le chocolat et y trempons les biscuits : des biscuits au chocolat! Ça fait aussi du bon chocolat chaud. »</span></p>
<p class="p4"><span class="s1">Mais Turpin avait encore besoin de plusieurs choses de chez lui : « Le problème, en ce moment, ce sont les cigarettes parce que nous ne pouvons acheter que 60 anglaises par semaine. Très bon marché à 20 francs les 60. Mais ce sont toujours mes Winchester que j’affectionne. »</span></p>
<p class="p4"><span class="s1">Les organismes de bienfaisance canadiens collectaient des fonds pour envoyer des cigarettes outre-mer, et les proches des soldats pouvaient envoyer 300 cigarettes pour seulement 1 $. Les cigarettes servaient de monnaie d’échange aux Pays-Bas et en Allemagne occupée, où un carton pouvait acheter presque n’importe quoi : des bijoux, des appareils photo Leica, même une prostituée.</span></p>
<h2 class="p1"><span class="s1">Quelques âmes délicates </span>NE POUVAIENT PAS SE RÉSOUDRE À BOIRE À MÊME LE GOULOT<span class="s1">.</span></h2>
<p class="p4"><span class="s1">Parfois, l’armée faisait vraiment preuve d’initiative. À Arnhem, Pays-Bas, pendant l’hiver 1944-1945, quand la guerre semblait interminable, un officier de l’état-major du général Guy Simonds du II<sup>e</sup> Corps canadien a organisé « The Blue Diamond », cantine dirigée par l’armée. « La boulangerie produira 2 000 petits pains, 100 tartes et 4 000 beignets par jour, » a écrit l’officier, et « le boucher va hacher assez de viande pour faire 2 000 hamburgers par jour; on utilise 700 livres d’ognons par semaine ». En fait, la cantine a connu un tel succès qu’elle a servi près de 6 000 hambur-gers par jour durant le premier mois.</span></p>
<div class="caption_img">
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        <div class="caption">
            <span>Le sergent C. Orton du Highland Light Infantry of Canada prend une gorgée de cidre, en France, deux semaines après le jour J. </span>
            
        <div class="credit">
            <span>Lieutenant Ken Bell/MDN/BAC/PA-133113</span>
        </div>

        </div>
        
    </div>
<p class="p4"><span class="s1">L’autre préoccupation constante était l’eau. L’infrastructure locale d’approvisionnement en eau avait souvent été détruite et l’on craignait partout l’empoisonnement des réservoirs. Sur le terrain, les cours d’eau étaient bien </span><span class="s7">souvent pleins de cadavres d’êtres humains et d’animaux. Les comprimés de purification donnaient à l’eau un fort mauvais gout. La seule eau véritablement potable provenait des camions-citernes du Corps de l’intendance de l’Armée, mais elle avait toujours un gout de chlore.</span></p>
<p class="p4"><span class="s7">Les soldats recevaient de la bière à l’occasion, mais il n’y en avait jamais assez, et ils étaient toujours à la recherche d’alcool, s’appropriant les bouteilles qu’ils trouvaient dans les caches de l’ennemi ou dans les fermes et les maisons. Ils buvaient directement au goulot, se passant la bouteille entre camarades. Quelques âmes délicates ne pouvaient pas se résoudre à boire à même le goulot, et au moins un soldat a raconté qu&#8217;il rangeait soigneusement un gobelet de verre lourd dans son sac, l’enveloppant dans ses chaussettes supplémentaires, pour pouvoir boire avec un minimum de bienséance.</span></p>
<p class="p4"><span class="s1">À la fin de la guerre, les soldats canadiens sont redevenus des civils. Est-ce qu&#8217;ils mangeaient mieux que dans l’armée? Pour la plupart, oui. Est-ce qu’ils juraient moins? Peut-être. Ont-ils oublié leur temps dans l&#8217;armée? Certains ont essayé, mais peu ont réussi à le faire. Ce qui est certain, c’est que le service en temps de guerre a marqué tous ceux qui y sont passés.<i> </i></span></p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>La symétrie de Mons</title>
		<link>https://legionmagazine.com/fr/2018/11/la-symetrie-de-mons/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[J.L. Granatstein]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 06 Nov 2018 16:36:49 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Articles principaux]]></category>
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					<description><![CDATA[LA REPRISE DE LA VILLE OÙ LA GRANDE-BRETAGNE ET L&#8217;ALLEMAGNE S’AFFRONTÈRENT POUR LA PREMIÈRE FOIS Le 4 aout 1914, l&#8217;armée allemande mit en œuvre son plan Schlieffen contre la France. Conformément au plan, les deuxième et troisième armées allemandes passèrent par la Belgique pour rejoindre la frontière française. Le 23 aout, elles entrèrent en contact [&#8230;]]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><img loading="lazy" decoding="async" class="alignnone wp-image-4612 size-full" src="https://legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2018/11/CENTENAIRE.jpg" alt="" width="600" height="204" srcset="https://legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2018/11/CENTENAIRE.jpg 600w, https://legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2018/11/CENTENAIRE-300x102.jpg 300w" sizes="(max-width: 600px) 100vw, 600px" /></p>
<div class="caption_img">
        <img loading="lazy" decoding="async" class="wp-image-4609 size-full" src="https://legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2018/11/thesymmetryofmons-1.jpg" alt="" width="566" height="529" srcset="https://legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2018/11/thesymmetryofmons-1.jpg 566w, https://legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2018/11/thesymmetryofmons-1-300x280.jpg 300w" sizes="(max-width: 566px) 100vw, 566px" />
        <div class="caption">
            <span>Un poste de secours avancé du Canada (ci-dessous) à l&#8217;ancienne ligne allemande à l’est d&#8217;Arras, en septembre 1918. Le 42e bataillon défilant dans la Grand-Place de Mons, en Belgique (en regard), le matin du 11 novembre 1918. </span>
            
        <div class="credit">
            <span>MDN/BAC/PA-003248</span>
        </div>

        </div>
        
    </div>
<p class="p1" style="text-align: center;"><strong>LA REPRISE DE LA VILLE OÙ LA GRANDE-BRETAGNE<br />
ET L&#8217;ALLEMAGNE S’AFFRONTÈRENT POUR LA PREMIÈRE FOIS</strong></p>
<p class="p1"><span class="s1"><b>Le 4 aout 1914, </b></span><span class="s2">l&#8217;armée allemande mit en œuvre son plan Schlieffen contre la France. Conformément au plan, les deuxième et troisième armées allemandes passèrent par la Belgique pour rejoindre la frontière française. Le 23 aout, elles entrèrent en contact avec le corps expéditionnaire britannique (CEB) à Mons, en Belgique. Le CEB avait débarqué en France six jours auparavant et s’était déplacé vers l&#8217;est, où il avait pris des positions le long du canal de Mons.<br />
</span><span class="s2"><br />
Il résista pendant une journée contre des forces ennemies beaucoup plus nombreuses mais fut contraint d’amorcer une retraite longue et difficile vers Paris. L&#8217;avancée allemande fut stoppée à la Marne, et le conflit devint une guerre de tranchées. Mons allait demeurer aux mains des Allemands jusqu&#8217;à la fin de la guerre.</span></p>
<p class="p2"><span class="s2">Le Corps canadien fut chargé de libérer la ville les 10 et 11 novembre 1918. Les soldats du Corps savaient qu&#8217;ils avaient infligé d’importantes défaites à l&#8217;ennemi lors des grandes batailles qu&#8217;ils avaient menées depuis leur avancée du 8 aout à Amiens. Ils savaient que les Allemands étaient prêts à se rendre, mais rares étaient ceux qui faisaient confiance à un ennemi qui avait mené une guerre brutale, utilisé du gaz toxique, s’était livré à une guerre de sous-marins sans restriction et avait brutalisé les civils dans les territoires qu’il avait occupés. De plus, les ordres des états-majors étaient clairs : maintenir la pression jusqu&#8217;à ce que l&#8217;ennemi capitule.</span></p>
<p class="p2"><span class="s3">Rien ne semblait indiquer une reddition imminente des Allemands. Ils s’étaient battus férocement à la ligne Drocourt-Quéant et au canal du </span><span class="s2">Nord en septembre, et leurs mitrailleurs avaient souvent résisté jusqu’à leur dernier souffle en octobre et en novembre. L&#8217;ennemi était en pleine déroute à la première semaine de novembre, mais il essayait toujours de freiner les Canadiens.</span></p>
<div class="caption_img">
        <img loading="lazy" decoding="async" class="wp-image-4610 size-full" src="https://legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2018/11/thesymmetryofmons-2.jpg" alt="" width="566" height="501" srcset="https://legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2018/11/thesymmetryofmons-2.jpg 566w, https://legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2018/11/thesymmetryofmons-2-300x266.jpg 300w" sizes="(max-width: 566px) 100vw, 566px" />
        <div class="caption">
            <span>Les cornemuses de la paixLe corps de cornemuses du 42e bataillon joue dans les rues de Mons, en Belgique, le 11 novembre, annonçant aux citoyens que la guerre était finie. Plus tard ce jour-là, le corps mena les soldats à leurs casernements, puis il prit part à un défilé. </span>
            
        <div class="credit">
            <span>MDN/BAC/PA-003523</span>
        </div>

        </div>
        
    </div>
<p class="p2"><span class="s2">Le lieutenant-général Arthur Currie, commandant canadien, avait reçu l’ordre de prendre Mons, et il en chargea le Royal Canadian Regiment (RCR) et le 42<sup>e</sup> Bataillon (Royal Highlanders of Canada) de la 3<sup>e</sup> division le 9 novembre. La ville était entourée de canaux et les artilleurs allemands couvraient les endroits où l’on pouvait les traverser. </span></p>
<p class="p2"><span class="s2">« La garnison ennemie, la nuit du 10 novembre, se composait uniquement de tireurs d’élite et de mitrailleurs postés aux étages des maisons et aux autres endroits où ils avaient vue sur les routes et les approches, écrivit le lieutenant-colonel C. Beresford Topp du 42<sup>e</sup> Bataillon. L&#8217;avancée a commencé en plein jour et les Highlanders ont tout de suite été pris en cible, en particulier par les mitrailleuses, et il était évident qu&#8217;une tentative d&#8217;entrer dans la ville pendant le jour serait couteuse. Tout déplacement a été remis au soir, et Mons a finalement été prise par un peloton de la compagnie D qui a traversé la gare ferroviaire à pied et qui est entré dans la ville sans tirer un seul coup de feu. »</span></p>
<p class="p2"><span class="s2">À 23 heures, le 10 novembre, des éléments du 42<sup>e</sup> et une compagnie du RCR qui avaient traversé le canal se trouvaient dans la ville. Deux compagnies du RCR s’y introduisirent plus tard.</span></p>
<p class="p2"><span class="s2">« La ville était extrêmementcalme, écrivit Topp. Rien ne bougeait, rien n’indiquait la présence de civils, et aucun coup de feu n’a été tiré. On n’entendait que le crépitement provenant des quelques bâtiments incendiés par des explosions d&#8217;obus. »</span></p>
<p class="p1"><span class="s2"><b>À 7 heures</b>, le 11 novembre, le corps de cornemuses du 42<sup>e</sup> défila à travers la ville pour réveiller les 60 000 citoyens qui descendirent vite dans la rue en brandissant des drapeaux pour acclamer leurs libérateurs. « De grandes célébrations, écrivit le soldat Harold Davey dans son journal. Tout le monde se réjouissait. Flânait [&#8230;]. »</span></p>
<p class="p2"><span class="s2">L’état-major du Corps canadien avait appris à 6 h 30 que les Allemands avaient accepté les conditions des Alliés et que l&#8217;armistice devait entrer en vigueur à 11 h. Certaines unités ne furent mises au courant du cessez-le-feu qu&#8217;après 9 h, alors que les civils et les soldats faisaient déjà la fête. Le dernier Canadien tué, le soldat George Lawrence Price, mourut d’une balle tirée par un tireur d’élite quelques instants à peine avant 11 h.</span></p>
<p class="p2"><span class="s2">Currie avait compris qu&#8217;il y avait une importante symétrie dans la libération de Mons. Quatre ans et trois mois après que le CEB avait été forcé de battre en retraite, les Canadiens, soldats de la colonie – des hommes dont les efforts avaient forgé une nation – libérèrent la ville belge. La Grande Guerre avait changé le monde et avait aidé</span><span class="s3"> le Canada à se réinventer. </span></p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Comment nous y avons mis fin</title>
		<link>https://legionmagazine.com/fr/2018/11/comment-nous-y-avons-mis-fin/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[J.L. Granatstein]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 06 Nov 2018 16:04:23 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Articles principaux]]></category>
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					<description><![CDATA[PERSONNE NE S’ATTENDAIT À UNE TELLE GUERRE AU DÉBUT, ET PERSONNE N’AURAIT IMAGINÉ QUE LES CANADIENS JOUERAIENT UN RÔLE AUSSI DÉTERMINANT POUR Y METTRE FIN. « Quel soulagement pour les parents des garçons en service! » écrivit le Lieutenant Walter Thomas Robus de Norwood, en Ontario, quelques jours après que la Première Guerre mondiale s’était [&#8230;]]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<div class="caption_img">
        <img loading="lazy" decoding="async" class="wp-image-4601 size-full" src="https://legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2018/11/howitended-1.jpg" alt="" width="566" height="500" srcset="https://legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2018/11/howitended-1.jpg 566w, https://legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2018/11/howitended-1-300x265.jpg 300w" sizes="(max-width: 566px) 100vw, 566px" />
        <div class="caption">
            <span>Les troupes canadiennes revenant d’Europe à Halifax à bord du paquebot affrété Olympic,en 1919. </span>
            
        <div class="credit">
            <span>BAC/PA-135768; Archives de la Ville de Toronto</span>
        </div>

        </div>
        
    </div>
<p class="p1"><strong>PERSONNE NE S’ATTENDAIT À UNE TELLE GUERRE AU DÉBUT, ET PERSONNE N’AURAIT IMAGINÉ QUE LES CANADIENS JOUERAIENT UN RÔLE AUSSI DÉTERMINANT POUR Y METTRE FIN.</strong></p>
<p class="p1"><span class="s1"><b>« Quel soulagement </b></span><span class="s2">pour les parents des garçons en service! » écrivit le Lieutenant Walter Thomas Robus de Norwood, en Ontario, quelques jours après que la Première Guerre mondiale s’était terminée par la reddition de l’Allemagne le 11 novembre 1918. « Et quel soulagement de savoir que les massacres et la souffrance sont terminés. »</span></p>
<p class="p2"><span class="s2">Robus s’était enrôlé dans le 2<sup>e</sup> Bataillon (Régiment de l’est de l’Ontario) du corps expéditionnaire canadien en aout 1914. Il fut blessé quatre fois. « Les Canadiens ont fini à merveille, écrivit-il, Mons a enfin été capturée. »</span></p>
<p class="p2"><span class="s2">Pour Robus, et pour le Canada, le conflit avait été long et dur.</span></p>
<p class="p2"><span class="s2">Déclenchée par le nationalisme impérialiste qui s’était répandu dans toute l’Europe, par les traités qui assuraient des alliances de défense mutuelle et finalement, par l’assassinat de l’archiduc Franz Ferdinand d’Autriche lors de sa visite à Sarajevo, la guerre opposa la Triple-Alliance entre l’Allemagne, l’Autriche-Hongrie et l’Italie à la Triple-Entente entre la Grande-Bretagne, la France et la Russie. Et le Canada se mit de la partie dès le début.</span></p>
<p class="p1"><span class="s2"><b>Le Canada </b>n’avait pratiquement pas d’armée quand la Grande-Bretagne déclara la guerre à l&#8217;Allemagne, le 4 aout 1914. La 1<sup>re</sup> Division fut rapidement constituée et elle était encore relativement inexpérimentée quand elle subit l’attaque au gaz des Allemands, à Ypres, en avril 1915. D’une façon ou d’une autre, elle réussit à maintenir sa position et commença ainsi à se faire une réputation. À mesure que l’engagement du Canada augmentait, ses lauriers grandissaient. La force de deux, puis de trois et enfin de quatre divisions se battit à la Somme en 1916, captura la crête de Vimy, la Côte 70 et Passendale en 1917, et enfin, reconnue en tant que corps d’élite, elle combattit durant les cent jours de la campagne qui mit fin à la guerre.</span></p>
<p class="p2"><span class="s2">Les Canadiens avaient appris à se battre et à s’imposer sur le champ de bataille, et ils avaient produit des dirigeants extraordinaires. Sir Arthur Currie était l’un d’entre eux. Ce promoteur immobilier de Victoria s’était distingué en tant qu’officier de milice, et il fut nommé commandant de brigade dans le premier contingent canadien. Currie prouva alors qu’il pouvait apprendre dans le feu de l’action, et quand le Corps canadien fut formé, en septembre 1915, il obtint le commandement de la 1<sup>re</sup> Division. Après la victoire à la crête de Vimy, et après que le lieutenant-général britannique, sir Julian Byng, fut promu au commandement de la Troisième armée britannique, le lieutenant-général Currie fut le premier Canadien nommé au commandement du Corps.</span></p>
<p class="p2"><span class="s2">Jusqu&#8217;à la toute fin de la guerre, le Corps canadien se composait en grande partie d’hommes nés en Grande-Bretagne qui avaient immigré au Canada. Vers la fin de 1918, les quatre divisions de Currie étaient commandées par des officiers canadiens et les officiers d’état-major, hormis les plus hauts gradés, étaient canadiens. Les commandants de brigade et de bataillon étaient presque tous des Canadiens, tout comme leurs officiers subalternes.</span></p>
<p class="p2"><span class="s2">Il est à noter que le Corps canadien et son superbe dossier militaire eurent une forte influence de « canadianisation » : où qu’ils fussent nés, les soldats se savaient excellents,<br />
et ils se savaient canadiens.</span></p>
<p class="p1"><span class="s2"><b>À l’été</b> de 1918, les rangs des bataillons canadiens étaient complets et leurs renforts étaient soit déjà à l’entraînement, soit en chemin vers la Grande-Bretagne. Le Corps eut la chance de pouvoir tenir ses positions au printemps, près de la crête de Vimy, malgré les offensives musclées des Allemands qui frappèrent durement leurs compagnons d’armes un peu plus au sud et un peu plus au nord. À ce moment-là, les Canadiens avaient déjà suivi un entraînement exigeant aux nouvelles tactiques de la guerre ouverte et de la coordination avec les corps blindés et l’Aviation royale. L’artillerie était devenue très habile dans la localisation et la destruction des canons ennemis, et dans l’utilisation de puissants barrages roulants qui permettaient aux fantassins de s’avancer jusqu’à leurs objectifs. Le Corps canadien était fin prêt à arracher ses plus grandes victoires.</span></p>
<p class="p2"><span class="s2">Et il y en eut, des victoires. Ayant quitté leurs lignes près d’Arras en secret, les Canadiens, rejoints par des formations australiennes, britanniques et françaises, pulvérisèrent l’ennemi à Amiens le 8 aout. Il en résulta des gains de terrain inouïs, d’innombrables prisonniers et le désespoir chez l’ennemi.</span></p>
<div class="caption_img">
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        <div class="caption">
            <span>Le jour de l&#8217;armistice, à Toronto, Mme J. Fraser, Joseph Fraser Jr., Mlle Ethel James, Frank James et Norman James (de g. à d.) lisent les bonnes nouvelles. </span>
            
        <div class="credit">
            <span>Archives de la Ville de Toronto</span>
        </div>

        </div>
        
    </div>
<p class="p2"><span class="s2">« Le jour noir de l’armée allemande », dit le général Erich von Ludendorff. Après Amiens, il n’y avait plus d’espoir de victoire pour l’Allemagne. Les soldats allemands continuèrent cependant à se battre courageusement. Au front d’Arras, les Canadiens attaquèrent de nouveau à la fin du mois d’aout, passant par les tranchées et les bunkers devant la ligne de Drocourt-Quéant. Les combats furent acharnés, les pertes très lourdes, mais le corps fit une brèche dans la ligne, ce qui obligea les Allemands à battre en retraite vers l&#8217;est, de l’autre côté du canal du Nord. Currie en dit que c’était « une des plus belles performances de la guerre » et il écrivit dans son journal qu’il s’agissait d’une victoire encore plus grande que celle d’Amiens.</span></p>
<p class="p2"><span class="s2">La traversée du canal du Nord était le nouvel objectif de Currie, et il concocta pour l’atteindre un plan audacieux. Le canal serait franchi à un endroit sec, et l’infanterie se disperserait ensuite au nord et au sud. Ses supérieurs britanniques avaient des doutes, mais Currie persista, et ses soldats prouvèrent qu’il avait raison, franchissant l’obstacle et poussant plus avant. C’étaient, écrivit Currie : « les combats les plus féroces que nous ayons jamais connus [&#8230;] ».<br />
</span></p>
<p class="p2"><span class="s2">Dans une autre lettre, il écrivit qu’il n’avait « jamais vu le boche se battre plus fort. Il est comme un rat acculé. » Les Canadiens finirent par l’emporter et peu après, ils libérè-rent Cambrai, important centre d’approvisionnement et carrefour ferroviaire et routier des Allemands au Nord de la France. Les troupes du Kaiser battaient alors en retraite.</span></p>
<p class="p2"><span class="s2">Il y eut une dernière attaque programmée à Valenciennes, juste à l&#8217;ouest de la frontière belge. Le mont Houy, qui surplombe la ville, tomba au bout d’un puissant barrage d’artillerie et d’une attaque menée par une seule brigade. L’avancée, devenue poursuite, continua grâce à la progression par dépassement des bataillons d’infanterie qui s’efforçaient de maintenir le contact avec l’ennemi en déroute. La cavalerie, enfin utile, passa devant tandis que les autocars blindés des brigades de mitrailleuses motorisées mettaient leur puissance de feu à contribution. Le 9 novembre, les Canadiens étaient aux abords de Mons, en Belgique, où le corps expéditionnaire britannique s’était mesuré aux Allemands pour la première fois en aout 1914.</span></p>
<p class="p2"><span class="s2">Les envoyés allemands négociaient alors les conditions de leur reddition avec le maréchal Ferdinand Foch, commandant en chef des forces alliées. Quand ils signèrent l&#8217;armistice – en réalité la capitulation des Allemands – tôt le matin du 11 novembre, les Canadiens avaient déjà libéré Mons. Les armes se turent à 11 h précises.</span></p>
<div class="caption_img">
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        <div class="caption">
            <span>Un prisonnier allemand traverse un canal à Valenciennes, en France, en novembre 1918. </span>
            
        <div class="credit">
            <span>MDN/BAC/PA-003383</span>
        </div>

        </div>
        
    </div>
<p class="p1"><span class="s2"><b>Les tragédies</b> de la guerre semblaient interminables. La pandémie de grippe espagnole ravageait les rangs, faisant des dizaines de milliers de malades et en en tuant un grand nombre. Des soldats qui avaient survécu aux combats en mouraient, et des parents et amis y succombaient aussi au pays. </span></p>
<p class="p2"><span class="s2">Le Canada avait pris part à la Grande guerre sans réserve, et ses citoyens-soldats étaient devenus de féroces guerriers. Leurs victoires étaient légion; leurs pertes, énormes : plus de 66 000 morts, presque 175 000 blessés. Malheureusement, la guerre ouverte des 100 derniers jours fut terriblement couteuse : 45 000 victimes — près de 20 pour cent du total — furent tuées ou blessées lors de ces combats acharnés qui durèrent un peu plus de trois mois. Néanmoins, ces batailles avaient été indispensables pour gagner la guerre, et elles étaient certainement les plus grandes réussites militaires canadiennes. Le corps d’armée canadien de Currie mérite sa place distinguée dans l’histoire du pays.</span></p>
<div class="caption_img">
        <img loading="lazy" decoding="async" class="wp-image-4605 size-full" src="https://legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2018/11/howitended-4.jpg" alt="" width="566" height="402" srcset="https://legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2018/11/howitended-4.jpg 566w, https://legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2018/11/howitended-4-300x213.jpg 300w" sizes="(max-width: 566px) 100vw, 566px" />
        <div class="caption">
            <span></span>
            
        <div class="credit">
            <span>Pillard/National Trust/836535; MDN/BAC/PA-003248</span>
        </div>

        </div>
        
    </div>
<p class="p1"><strong>Signataires à l’étroit</strong></p>
<p class="p2"><span class="s1">Les signataires alliés et allemands se réunirent dans une voiture de chemin de fer sur une voie d&#8217;évitement au nord-est de Paris. De g. à d. : le capitaine allemand Ernst Vanselow, le comte allemand Alfred von Oberndorff, le major-général allemand Detlof von Winterfeldt, le capitaine britannique Jack Marriott, le secrétaire d&#8217;État allemand Matthias Erzberger, le contre-amiral George Hope, l&#8217;amiral britannique Rosslyn Wemyss, le maréchal Foch (debout) et le général Maxime Weygand.</span></p>
<hr />
<p class="p1"><strong><span class="s1">QUI </span>A SIGNÉ L’ARMISTICE?</strong></p>
<p class="p2"><strong>Les deux signataires des Alliés étaient :</strong></p>
<p class="p3"><span class="s2">•</span> le maréchal français Ferdinand Foch, commandant en chef des forces alliées<br />
<span class="s2">•</span> l’amiral Rosslyn Wemyss de Grande-Bretagne, chef d&#8217;état-major de la Marine</p>
<p class="p5"><strong>Les six autres membres de la délégation étaient :</strong></p>
<p class="p3"><span class="s2">•</span> Maxime Weygand, chef d&#8217;état-major de Foch. Il lut les conditions de l’armistice aux Allemands<br />
<span class="s2">•</span> le contre-amiral George Hope, sous-chef d&#8217;état-major de la Marine<br />
<span class="s2">•</span> le capitaine Jack Marriott,adjoint naval au chef d&#8217;état-major de la Marine</p>
<p class="p5"><strong>Les quatre signataires de l&#8217;Allemagne étaient :</strong></p>
<p><span class="s2">•</span> Matthias Erzberger, secrétaire d’État et chef de la délégation allemande<br />
<span class="s2">•</span> le comte Alfred von Oberndorff, ministère des Affaires étrangères<br />
<span class="s2">•</span> le major-général Detlof von Winterfeldt, armée<br />
<span class="s2">•</span> le capitaine Ernst Vanselow, marine</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Cinq batailles qui ont façonnée Canada</title>
		<link>https://legionmagazine.com/fr/2016/11/cinq-batailles-qui-ont-faconnee-canada/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[J.L. Granatstein]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 03 Nov 2016 18:26:33 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Articles principaux]]></category>
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					<description><![CDATA[LA GUERRE A FAÇONNÉ LE CANADA. Cette petite phrase ne vient pas souvent à l’esprit des Canadiens, habitués à vivre dans un royaume pacifique, mais elle est certainement vraie. L’avenir de l’Amérique du Nord britannique fut décidé dans les plaines d’Abraham en 1759 et confirmé pendant la guerre de 1812, où le Canada survécut tout [&#8230;]]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p class="p1"><span style="color: #800000;"><strong><span class="s1">LA GUERRE A FAÇONNÉ LE CANADA.</span></strong></span> Cette petite phrase ne vient pas souvent à l’esprit des Canadiens, habitués à vivre dans un royaume pacifique, mais elle est certainement vraie. L’avenir de l’Amérique du Nord britannique fut décidé dans les plaines d’Abraham en 1759 et confirmé pendant la guerre de 1812, où le Canada survécut tout juste à l’invasion américaine. Deux grandes guerres mondiales ont montré que le Canada ne plierait devant rien pour vaincre les desseins expansionnistes des kaisers et des dictateurs de l’Axe. Des Canadiens et Canadiennes ont été déployés au combat contre les islamistes qui menaçaient, et menacent encore, les démocraties. Le Canada n’était pas une grande puissance, mais ses militaires, au cours du siècle passé, ont joué un rôle important aux côtés de leurs alliés.</p>
<div class="caption_img">
        <img loading="lazy" decoding="async" class="wp-image-4063 size-full" src="https://legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2016/11/Plains-of-Abraham-Fr.jpg" alt="plains-of-abraham-fr" width="600" height="600" srcset="https://legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2016/11/Plains-of-Abraham-Fr.jpg 600w, https://legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2016/11/Plains-of-Abraham-Fr-150x150.jpg 150w, https://legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2016/11/Plains-of-Abraham-Fr-300x300.jpg 300w, https://legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2016/11/Plains-of-Abraham-Fr-50x50.jpg 50w, https://legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2016/11/Plains-of-Abraham-Fr-140x140.jpg 140w" sizes="(max-width: 600px) 100vw, 600px" />
        <div class="caption">
            <span>L’artiste Hervey Smith dépeint en un seul tableau tous les aspects de la bataille. </span>
            
        <div class="credit">
            <span>Collection d&#8217;œuvres canadiennes Peter Winkworth/BAC/R9866-2102</span>
        </div>

        </div>
        
    </div>
<p class="p1"><span style="color: #800000;"><strong><span class="s1">LE CANADA ALLAIT-IL ÊTRE COLONIE FRANÇAISE OU BRITANNIQUE?</span></strong></span><span class="s2"> La guerre de Sept Ans (1756-1763) régla la question, et la bataille déterminante fut livrée à Québec le 13 septembre 1759. Cet affrontement opposa le général James Wolfe, qui commandait des troupes régulières britanniques au marquis de Montcalm, qui avait des forces plus nombreuses mais mixtes de réguliers, de guerriers des Premières Nations et de miliciens. Les préparatifs de l’engagement décisif furent longs; la bataille devait être brève.</span></p>
<p class="p2"><span class="s2">James Wolfe, né en 1727, était officier de l’armée depuis </span>1741, et il avait servi sur le continent, en Écosse et à la prise de Louisbourg en 1758 où, en tant que brigadier, il s’était distingué. Il fut promu major-général et on lui confia le commandement des forces terrestres de l’expédition de Québec le 12 janvier 1759. Son com<span class="s2">mandement englobait 10 bataillons d’infanterie formés de quelque 8 500 soldats réguliers. L’expédition avait le </span>soutien de 49 navires, dont 22 de 50 canons ou plus.</p>
<p class="p2">Wolfe avait des problèmes d’estomac et des rhumatismes, et bien que très compétent, il avait du mal à gérer ses subordonnés.</p>
<p class="p2"><span class="s2">À son arrivée au large de Québec, le 27 juin, Wolfe prévoyait accoster à l’est de la ville, sur la rive nord du Saint-Laurent, mais prévoyant cette manœuvre, Montcalm avait fortifié la rive. Le commandant britannique, sûr de gagner s’il pouvait obliger Montcalm à accepter le combat, se trouva donc forcé de revoir ses plans. S’il ne pouvait pas obliger les Français à se battre, l’hiver le contraindrait à se replier sur Louisbourg jusqu’à la fin du printemps de 1760.</span></p>
<p class="p2"><span class="s2">Que faire? Wolfe modifiait ses plans sans arrêt, sa mauvaise santé empirant les choses. Il plaça ses canons en face de Québec et bombarda la ville; il lança une attaque juste à l’ouest de la rivière Montmorency le 31 juillet et subit de lourdes pertes; il donna l’ordre d’incendier les habitations à l’est et à l’ouest de Québec. Finalement, ne sachant comment procéder, il écrivit à ses trois brigadiers pour leur demander de « penser à la meilleure façon d’attaquer l’ennemi ». Ils lui suggérèrent d’envoyer l’armée en amont de la ville, sur la rive nord. Ils dirent que, si les voies de communication vers Montréal et l’intérieur de la Nouvelle-France étaient bloquées, « le général français devrait se battre selon [leurs] propres conditions ». Wolfe accepta et, le 8 ou le 9 septembre, il fit faire une reconnaissance vers l’aval et décida de tenter un débarquement à l’Anse-au-Foulon, où une piste montait la falaise. </span></p>
<p class="p2"><span class="s2">Le 13 septembre à 4 h, plusieurs compagnies d’infanterie légère grimpèrent la falaise et mirent en déroute la petite force qui se trouvait là. Au matin, les réguliers de Wolfe s’alignaient dans les plaines d’Abraham et Montcalm, attendant peut-être des renforts de l’ouest, décida quand même de se battre. Il forma ses colonnes et lança ses hommes à l’assaut des lignes britanniques à 10 h. Wolfe laissa les Français s’approcher à moins de 80 coudées et deux salves les décimèrent. Montcalm fut blessé pendant le premier quart d’heure de la bataille et fut transporté à Québec où il mourut. Wolfe, atteint trois fois, mourut dans les plaines. Le reste de la force française partit vers l’ouest peu après en contournant les Britanniques. La ville de Québec se rendit le 18 septembre.</span></p>
<p class="p2"><span class="s2">La conquête de la Nouvelle-France n’était pas encore achevée. La Marine royale devait quitter le Saint-Laurent peu après la victoire, et la garnison britannique, où le scorbut faisait rage, avait peine à survivre. À la fin du mois d’avril 1760, les Français attaquèrent et remportèrent une importante bataille à Sainte-Foy, à l’ouest de Québec, mais les Britanniques se replièrent à l’intérieur des murs de la ville. Le succès éventuel dépendait alors de l’arrivée des navires ravitailleurs : s’ils étaient français, la Nouvelle-France pourrait survivre; s’ils étaient britanniques, la colonie était condamnée. La Royal Navy arriva à la mi-mai, et la conquête fut effectivement totale. Montréal capitula en septembre, et le traité de Paris de 1763 donna la Nouvelle-France à la Grande-Bretagne.</span></p>
<p class="p2"><span class="s2">Le fait français demeurait au Canada, mais l’avenir de la colonie était entre les mains de Londres. Wolfe n’avait pas été un grand capitaine, mais il avait gagné la bataille décisive. Le sort d’empires, la destinée du Canada, avaient dépendu d’un sentier montant une falaise dans une anse qu’on surnomme maintenant Wolfe’s Cove.</span></p>
<div class="caption_img">
        <img loading="lazy" decoding="async" class="wp-image-4062 size-full" src="https://legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2016/11/MICHILIMACKINAC-ET-DÉTROIT.jpg" alt="michilimackinac-et-detroit" width="600" height="600" srcset="https://legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2016/11/MICHILIMACKINAC-ET-DÉTROIT.jpg 600w, https://legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2016/11/MICHILIMACKINAC-ET-DÉTROIT-150x150.jpg 150w, https://legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2016/11/MICHILIMACKINAC-ET-DÉTROIT-300x300.jpg 300w, https://legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2016/11/MICHILIMACKINAC-ET-DÉTROIT-50x50.jpg 50w, https://legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2016/11/MICHILIMACKINAC-ET-DÉTROIT-140x140.jpg 140w" sizes="(max-width: 600px) 100vw, 600px" />
        <div class="caption">
            <span>Les derniers mots du major-général Isaac Brock furent : « Continuez, volontaires de York! » </span>
            
        <div class="credit">
            <span>John David Kelly/Collection Beaverbrook d&#8217;art militaire</span>
        </div>

        </div>
        
    </div>
<p class="p1"><span style="color: #800000;"><strong><span class="s1">LA GUERRE DE 1812 MIT EN PÉRIL L’EXISTENCE </span><span class="s2">DE L’AMÉRIQUE DU NORD BRITANNIQUE.</span></strong></span><span class="s3"> Les</span><span class="s4"> Canadas pourraient-ils survivre à l’assaut des États-Unis numériquement supérieurs et plus riches? Pour ce faire, il faudrait un commandant aguerri. Heureusement, au début de la guerre en juin 1812, les forces britanniques en avaient un : le major-général Isaac Brock.</span></p>
<p class="p2"><span class="s4">Ce dernier avait une tâche colossale à accomplir pour défendre le Haut-Canada. La loyauté d’un grand nombre des colons arrivés des États-Unis au cours des 30 dernières années était naturellement suspecte, et ils étaient au moins quatre fois plus nombreux que les colons loyalistes. L’organe législatif, peu coopératif, refusait de dresser des plans sérieux pour la guerre. Le nombre de soldats britanniques réguliers n’était que de 1 600. En outre, pour s’assurer la loyauté des </span>Premières Nations, il fallait leur montrer que les <span class="s4">défenseurs britanniques aient une chance crédible de victoire. Brock savait qu’il devait frapper le premier.</span></p>
<p class="p2"><span class="s4">Tout de suite après avoir appris que la guerre avait commencé, et après une petite indécision qui ne lui ressemblait pas, Brock donna l’ordre au capitaine Charles Roberts du Fort St. Joseph, situé à la tête du lac Huron, de s’emparer de Michillimakinac. Roberts déplaça 600 hommes, des autochtones, quelques soldats et un petit nombre de commerçants de fourrures, sur 80 kilomètres jusqu’à Michillimakinac, dit au commandant américain surpris que la guerre avait été déclarée, et accepta sa reddition le 18 juillet. Cette petite victoire mit les Premières Nations du secteur supérieur des Grands Lacs du côté des Britanniques.</span></p>
<p class="p2"><span class="s4">Cependant, tout n’était pas encore dit. Le 12 juillet, le brigadier-général William Hull quitta Détroit à la tête de forces américaines et entra au Canada. Le long de la frontière, les miliciens désertaient pour se joindre aux Américains ou s’enfuyaient. Brock était découragé, et il s’inquiétait que le moral du public défaillît, que tout le monde eût peur que le Haut-Canada soit condamné. Mais les troupes britanniques tenaient encore Fort Amherstburg, alors Brock rassembla réguliers, Autochtones et miliciens et s’y rendit le 13 aout. Il s’aperçut que Hull, commandant pompeux et faible, était déjà reparti à Détroit avec ses 2 000 hommes. Brock disait que l’« état de la province [du Haut-Canada] n’exigeait rien de moins que des mesures désespérées ». La Marine provinciale avait capturé un navire américain où se trouvait la correspondance entre le général Hull et le secrétaire de la Guerre à Washington. Il était clair, dit Brock, que la « confiance accordée au [général Hull] n’était plus, et il est évident que le découragement règne partout ».</span></p>
<p class="p2"><span class="s4">Cette intuition poussa Brock à prendre la décision d’attaquer Détroit. Le 16 aout, il fit traverser la rivière Détroit à ses 1 300 hommes, dont 600 membres des Premières Nations commandés par Tecumseh, chef shawnee, et 400 miliciens, et invita Hull à se rendre. Le danger que les Premières Nations échappent « à tout contrôle au moment où commenceraient les hostilités », comme l’écrivit Brock à Hull, fut suffisant et le général américain déposa les armes, livrant hommes, provisions, 35 canons et autre matériel de guerre.</span></p>
<p class="p2"><span class="s4">L’effet du bluff et de l’audace de Brock sur la population du Haut-Canada fut vite évident. Il écrivit à sa famille que « la milice a été inspirée par notre récent succès; les mécontents ont été réduits au silence ». Personne ne pensait plus que la défaite britannique était inévitable.</span></p>
<p class="p2"><span class="s4">La guerre était cependant loin d’être terminée, et Brock lui-même fut tué lors de la première grande bataille sur la péninsule du Niagara, à la victoire de Queenston Heights en octobre 1812. Les défenseurs des Canadas ne seraient pas toujours aussi bien dirigés qu’ils l’avaient été par Brock, mais la fin de l’impasse de deux ans de guerre fit que les Canadas, rien qu’en survivant, avaient remporté une grande victoire. Ils étaient restés britanniques, et l’expansionnisme américain avait été bloqué. Brock est encore vu comme le héros de la guerre, le chef capable et charismatique qui comprenait l’impact des victoires sur l’opinion publique, même les plus petites.</span></p>
<div class="caption_img">
        <img loading="lazy" decoding="async" class="wp-image-4061 size-full" src="https://legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2016/11/le-canal-du-nord-.jpg" alt="le-canal-du-nord" width="600" height="600" srcset="https://legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2016/11/le-canal-du-nord-.jpg 600w, https://legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2016/11/le-canal-du-nord--150x150.jpg 150w, https://legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2016/11/le-canal-du-nord--300x300.jpg 300w, https://legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2016/11/le-canal-du-nord--50x50.jpg 50w, https://legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2016/11/le-canal-du-nord--140x140.jpg 140w" sizes="(max-width: 600px) 100vw, 600px" />
        <div class="caption">
            <span>Les Canadiens bâtissent un pont sur le Canal du Nord, en septembre 1918.</span>
            
        <div class="credit">
            <span>MCG/19970051-001</span>
        </div>

        </div>
        
    </div>
<p class="p1"><span style="color: #800000;"><strong><span class="s1">CENT ANS APRÈS, LE DOMINION DU CANADA ÉTAIT À NOUVEAU EN GUERRE.</span></strong></span><span class="s2"> Sa relation avec les États-Unis s’était améliorée depuis des dizaines d’années, malgré les craintes de guerre occasionnelles. </span>Les Canadiens avaient combattu les Boers en <span class="s2">Afrique du Sud au début du siècle, mais la population n’était pas du tout prête à un conflit outre-mer.</span></p>
<p class="p2"><span class="s2">La Grande-Guerre commença pour le Canada le jour où la Grande-Bretagne déclara la guerre à l’Allemagne du Kaiser, le Canada étant alors une colonie britannique. Les hommes répondirent à l’appel diligemment, et ils continuèrent de le faire jusqu’à ce que le nombre des victimes dépasse celui des volontaires, à la fin de 1916. Les soldats canadiens qui partirent en guerre, surtout de récents immigrants britanniques, apprirent sur le tas. Ils tinrent bon à la première attaque au gaz majeure, à Ypres, en avril 1915. Ils se battirent à la Somme en 1916, ils prirent la crête de Vimy auparavant imprenable en avril 1917, et ils avancèrent avec obstination à travers les horreurs de Passchendaele dans le froid de l’automne de 1917. Les batailles les plus importantes, celles des cent jours entre le 8 aout 1918 et l’armistice, les attendaient encore.</span></p>
<p class="p2"><span class="s2">En aout 1918, les Canadiens menèrent une attaque de grande envergure à Amiens, s’avançant de jusqu’à 15 kilomètres le premier jour. Alors commandé par des Canadiens, et la moitié de ses effectifs étant nés au Canada, le Corps canadien avait une réputation bien méritée de corps d’élite, et le lieutenant-général sir Arthur Currie, son commandant, avait gagné l’admiration du grand état-major britannique. Malheureusement, ses propres soldats ne l’aimaient pas.</span></p>
<p class="p2"><span class="s2">Après Amiens, les quatre divisions canadiennes partirent à Arras, au nord. Les effectifs étaient au complet et, grâce à Currie, ils avaient plus d’ingénieurs, de camions, de canons et de fantassins que les corps d’armée britannique. Le Corps canadien fit une brèche dans la ligne Drocourt-Quéant à l’issue de luttes couteuses, obligea les Allemands à se replier et prit la voie de l’ouest vers le Canal du Nord inachevé. Sa tâche, la plus importante de la guerre, était de le traverser.</span></p>
<p class="p2"><span class="s2">Mais comment? Les berges étaient élevées, le canal était large et le côté allemand bien fortifié. Les postes de mitrailleuses ennemies sur la berge étaient nombreux, il y avait des lignes successives de tranchées à l’arrière, ainsi que les canons et le gaz. Currie fit sa reconnaissance lui-même, comme il le faisait toujours, et décida que le meilleur endroit pour attaquer était le tronçon inachevé de 3 600 mètres. Il lui fallait l’élément de surprise pour réussir, et parvenir à envoyer 50 000 hommes à travers une petite brèche et les déployer sur un front de 15 à 20 kilomètres. Il lui faudrait construire rapidement des ponts pouvant supporter ses chars et ses camions, une bonne communication et assez de munitions, de fil de fer et de nourriture pour soutenir ses soldats lorsque l’ennemi contre-attaquerait. Le plan que produisirent les officiers d’état-major, presque </span>tous canadiens, était complexe, mais bien conçu.</p>
<p class="p2"><span class="s2">Les supérieurs britanniques de Currie doutaient qu’il réussisse à mettre en œuvre un plan si audacieux. Son ami le général sir Julian Byng lui demanda s’il pensait pouvoir le faire. « Oui, répondit Currie. S’il y a moyen de le faire, les Canadiens peuvent le faire. » Byng enchaina, « mais si tu échoues, on te renvoie chez toi. »</span></p>
<p class="p2"><span class="s2">Les canons canadiens ouvrirent le feu le 27 septembre à l’aube, et les fantassins des 1<sup>re</sup> et 4<sup>e</sup> divisions s’avancèrent. Les ingénieurs canadiens fournirent rapidement des ponts pour l’infanterie et des rampes pour les canons et les véhicules. La 4<sup>e</sup> Division fut l’objet d’un feu d’enfilade, mais elle atteignit quand même son objectif, le bois de Bourlon. La Première Division, se dirigeant vers la gauche, prit le contrôle des villages le long du canal. Le front était alors d’environ 15 kilomètres, et une division britannique traversa le canal. L’ennemi envoya des renforts à la hâte, et les combats se poursuivirent jusqu’au 1<sup>er</sup> octobre, quand Currie annula l’avancée. Le chemin de Cambrai, route principale et voie ferrée servant au transport du matériel allemand dans le nord de la France, était alors leur point de mire.</span></p>
<p class="p2"><span class="s2">À ce moment-là, les Canadiens de Currie étaient au milieu de ce qu’on appelle depuis les Cent jours du Canada. Ils allaient pulvériser les positions allemandes au front occidental et écraser un quart des divisions ennemies sur le terrain. Entre le 8 aout et le 11 novembre, jour de la capture de Mons, en Belgique, les quatre divisions de Currie jouèrent le rôle le plus important jamais joué par des soldats canadiens. Le prix fut terrible – </span>45 000 morts, blessés et prisonniers, c’est-à-dire <span class="s2">20 p. 100 du total des pertes canadiennes à la guerre de 1914-1918 –, mais les gains de territoire et les coups portés à l’ennemi étaient réels et extrêmement importants. L’objectif des Allemands, contrôler l’Europe, avait été bloqué par les Alliés, et le Corps canadien avait joué un rôle disproportionné par rapport à son effectif.</span></p>
<div class="caption_img">
        <img loading="lazy" decoding="async" class="wp-image-4060 size-full" src="https://legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2016/11/LA-BATAILLE-DE-L’ESCAUT.jpg" alt="la-bataille-de-lescaut" width="600" height="600" srcset="https://legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2016/11/LA-BATAILLE-DE-L’ESCAUT.jpg 600w, https://legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2016/11/LA-BATAILLE-DE-L’ESCAUT-150x150.jpg 150w, https://legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2016/11/LA-BATAILLE-DE-L’ESCAUT-300x300.jpg 300w, https://legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2016/11/LA-BATAILLE-DE-L’ESCAUT-50x50.jpg 50w, https://legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2016/11/LA-BATAILLE-DE-L’ESCAUT-140x140.jpg 140w" sizes="(max-width: 600px) 100vw, 600px" />
        <div class="caption">
            <span>Les troupes canadiennes traversent l’Escaut à bord de véhicules amphibies Buffalo. </span>
            
        <div class="credit">
            <span>Donald I. Grant/MDN/BAC/PA-136754</span>
        </div>

        </div>
        
    </div>
<p class="p2"><span class="s2">Le Corps canadien avait montré que les civils inexpérimentés de 1914, devenus fiers Canadiens grâce au succès sur les champs de bataille, étaient devenus les soldats qualifiés, techniquement compétents et déterminés des Cent jours. Ils avaient aussi montré qu’ils pouvaient apprendre à se battre sur le tas, bâtir une excellente réputation et se forger une renommée. Et sir Arthur Currie était devenu le plus grand soldat canadien, un commandant à l’imagination fertile qui s’occupait bien de ses hommes et qui faisait partie des tout meilleurs de la Première Guerre mondiale.</span></p>
<p class="p1"><span style="color: #800000;"><strong><span class="s1">LES LEÇONS DE LA GRANDE GUERRE FURENT MALHEUREUSEMENT VITE OUBLIÉES AU CANADA.</span> </strong></span>Les gouvernements laissèrent les forces armées s’amoindrir presque au point de disparaitre, les armes devinrent vite obsolètes et une fois de plus, le Canada allait partir en guerre sans y être préparé.</p>
<p class="p2"><span class="s2">Le Canada entra en guerre le 10 septembre 1939, non plus en tant que colonie comme en 1914, mais en tant que dominion qui avait le contrôle de sa politique inté-ri</span>eure et étrangère. Le Canada décida tout de même<br />
de suivre la Grande-Bretagne dans la guerre contre l’Allemagne hitlérienne. Pendant que la guerre faisait rage, pendant que la Grande-Bretagne subissait une<span class="s2"> défaite après l’autre, l’effort principal du Canada était de lever une Première armée canadienne de cinq divisions et deux brigades blindées pour la Grande-Bretagne. Une division fut envoyée se battre en Italie en 1943, puis une deuxième. Les trois autres divisions traversèrent la Manche en juin et juillet 1944 où elles prirent part aux féroces combats en Normandie et, en aout, au « breakout ». La Première Armée canadienne accomplit une partie importante des efforts des alliés contre les nazis.</span></p>
<p class="p2"><span class="s3">À la fin de septembre, le deuxième Corps de l’Armée canadienne était en Belgique où il se préparait à sa principale lutte de la guerre. Le lieutenant-général Guy Simonds, commandant du corps, remplaçait temporairement le général Harry Crerar, qui avait de graves problèmes d’estomac, en tant que commandant de l’Armée. Il avait pour tâche de nettoyer l’estuaire de l’Escaut que le maréchal Bernard Montgomery, commandant du 21<sup>e</sup> Groupe d’armées, avait oublié, on ne sait comment, afin que les provisions indispensables puissent atteindre le grand port d’Anvers, capturé intact par les alliés, mais à 80 kilomètres à l’intérieur des terres.</span></p>
<p class="p2"><span class="s3">Les Allemands avaient été nettement battus en Normandie, mais ils avaient récupéré à une vitesse incroyable, et ils étaient en train de fortifier la péninsule du Beveland-Sud et l’ile de Walcheren. Les en déloger serait pour les Canadiens la tâche la plus difficile de la Seconde Guerre mondiale. Le temps était misérable, froid, humide. Le champ de bataille était en grande partie au-dessous du niveau de la mer, et seules les digues permettaient de se déplacer sans trop de difficultés; ces digues, étant bien entendu, exposées au feu de l’ennemi.</span></p>
<p class="p2"><span class="s3">Simonds se replia dans sa roulotte, réfléchit au problème et établit son plan. La 3<sup>e</sup> Division d’infanterie canadienne, renforcée par la 4<sup>e</sup> blindée canadienne et la 52<sup>e</sup> Division britannique, nettoierait la rive sud de l’Escaut qu’on appelait la poche de Breskens. Pendant ce temps, la 2<sup>e</sup> Division canadienne libèrerait le Beveland-Sud. Pour terminer, Walcheren, d’où l’on contrôlait l’entrée de l’estuaire de l’Escaut, serait attaquée par la route sur digue menant au Beveland-Sud. Le concept était simple, et Simonds devait persuader </span>le Bomber Command de l’Aviation royale d’attaquer les digues qui tenaient la mer à l’écart du sol fertile de Walcheren. Il présenta son point de vue brillamment aux maréchaux de l’air, et son argument l’emporta.</p>
<p class="p2">Les combats furent féroces. Dans la poche de <span class="s3">Breskens, les Allemands étaient très compétents et bien approvisionnés, et il fallut des lance-flammes, un feu d’artillerie implacable et beaucoup de courage pour les chasser de leurs tranchées d’où ils défendaient les nombreux canaux. Les Canadiens utilisèrent leurs blindés, leurs Buffalo sur chenilles, leurs véhicules de transport de personnel et leurs mortiers pour l’emporter. Il lui fallut tout le mois d’octobre et une partie du mois de novembre, mais la Première Armée canadienne finit par contrôler la rive sud de l’Escaut.</span></p>
<p class="p2"><span class="s3">Les choses n’étaient pas plus faciles au Beveland-Sud, </span>où la 2<sup>e</sup> Division traversait les polders inondés avec beaucoup de difficulté et se battait avec les parachu-tistes allemands fanatiques. Le Black Watch fut mis en pièces le 13 octobre, et le Royal Hamilton Light Infantry, trois jours après. Ce n’est que le 24 octobre que l’isthme fut coupé et que le Beveland fut finalement libéré. C’était alors le tour de Walcheren.</p>
<p class="p2"><span class="s2">Le bombardement des digues effectué par l’AR commença le 3 octobre et </span>l’ile fut rapidement inondée, isolant l’ennemi. Les commandos et soldats<span class="s2"> britanniques sous les ordres de Simonds attaquèrent par la mer et la résistance cessa le 8 novembre. Pour détourner l’attention de l’attaque amphibie, les Canadiens avaient été obligés de poursuivre leur attaque sur la route sur digue fortement défendue qui reliait Beveland à Walcheren. Les assauts répétés décimèrent un bataillon après l’autre, mais les combats durèrent jusqu’au<br />
8 novembre. En tout, 6 367 Canadiens, et autant de Britanniques, perdirent la vie, furent blessés ou capturés pour reprendre le contrôle de l’Escaut. Mais les approvisionnements pouvaient dorénavant se rendre à Anvers, et la défaite de l’Allemagne nazie était désormais inévitable.</span></p>
<p class="p2"><span class="s2">Les batailles de l’Escaut avaient eu leur importance. Le deuxième Corps canadien qui s’y était battu se composait entièrement de volontaires; un million d’hommes et femmes s’étaient portés volontaires pour combattre l’axe à la Seconde Guerre mondiale, prouvant que les Canadiens comprenaient le danger du régime monstrueux d’Hitler pour leur démocratie. L’armée, mal formée, mal équipée et mal dirigée en septembre 1939, était devenue la meilleure petite armée au monde, capable de battre les SS et la Wehrmacht. Et le général Simonds, le seul commandant supérieur canadien en qui les Britanniques et les Américains avaient entièrement confiance, avait montré qu’il pouvait planifier et mener une grande opération militaire cruciale, et faire en sorte que ses Canadiens en sortent victorieux. Tout comme à la Grande Guerre, les Canadiens savaient alors qu’ils pouvaient accomplir les travaux les plus exigeants.</span></p>
<div class="caption_img">
        <img loading="lazy" decoding="async" class="wp-image-4059 size-full" src="https://legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2016/11/KANDAHAR-ET-PANJWAYE.jpg" alt="kandahar-et-panjwaye" width="600" height="600" srcset="https://legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2016/11/KANDAHAR-ET-PANJWAYE.jpg 600w, https://legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2016/11/KANDAHAR-ET-PANJWAYE-150x150.jpg 150w, https://legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2016/11/KANDAHAR-ET-PANJWAYE-300x300.jpg 300w, https://legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2016/11/KANDAHAR-ET-PANJWAYE-50x50.jpg 50w, https://legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2016/11/KANDAHAR-ET-PANJWAYE-140x140.jpg 140w" sizes="(max-width: 600px) 100vw, 600px" />
        <div class="caption">
            <span>Des membres du Royal Canadian Regiment vont au combat près de Chalghrow, au Panjwaye, en 2010. </span>
            
        <div class="credit">
            <span>Adam Day</span>
        </div>

        </div>
        
    </div>
<p class="p1"><span style="color: #800000;"><strong><span class="s1">LES MILITAIRES CANADIENS N’AVAIENT PAS PRIS LES ARMES DEPUIS LA FIN DE LA GUERRE DE CORÉE, EN 1953.</span></strong></span><span class="s2"> Ils avaient été pris pour cibles lors de plusieurs missions de « maintien de la paix » et avaient subi des pertes, mais la guerre? Les combats contre une force ennemie? Cela n’était pas arrivé jusqu’en 2006, en Afghanistan.</span></p>
<p class="p2"><span class="s2">Le Canada a participé de plusieurs manières à la guerre d’Afghanistan qui a débuté après l’attaque d’Al-Qaïda </span>le 11 septembre 2001 à New York et Washington, et ce, jusqu’au retrait en 2012. Ce qui est sûr, c’est que plus de Canadiens ont servi en Afghanistan qu’en Corée, une guerre fort différente, où le nombre de victimes avait été beaucoup plus important.</p>
<p class="p2"><span class="s2">Le Canada répondit vite au 11 septembre, envoyant en Afghanistan et dans ses environs des navires, des avions et des soldats des Forces spéciales, et au début de 2002, un bataillon de fantassins. Les Américains et les forces alliées firent prendre la fuite à Al-Qaïda rapidement, mais les militants islamistes, les talibans, se reformèrent peu </span>après. Le Canada poursuivit le rôle majeur qu’il avait <span class="s2">dans la Force internationale d’assistance à la sécurité de </span>l’OTAN à Kaboul. En 2006, on se concentrait surtout sur Kandahar, lieu de naissance des talibans, et sur la création d’une équipe provinciale de reconstruction (ÉPR) qui devait faire avancer la réforme, bâtir des <span class="s2">institutions pendant que les soldats se battaient contre les islamistes. Pour protéger l’ÉPR, le Canada envoya un groupement tactique du 1<sup>er</sup> Bataillon du Princess Patricia’s Canadian Light Infantry. On pensait que les militants talibans, dont le nombre, pensait-on, s’élevait à 200, pouvaient au pire enfouir des bombes le long des routes.</span></p>
<p class="p2">Ce n’était pas du tout le cas. En juillet, il y avait au Kandahar des milliers de talibans empressés de se mesurer aux Canadiens, et le PPCLI dut faire face à une force bien équipée qui se déplaçait rapidement. Les Canadiens, dotés de VBL III, établirent vite des bases d’opérations avancées, « vivant parmi les gens du pays, [&#8230;] dans leur VBL ». Cela signifiait que leur <span class="s2">réaction était plus rapide, mais l’approvisionnement des soldats qui se battaient en sous-unités plus difficile. Le premier combat important du PPCLI eut lieu en mai, au village de Pashmul, où fut tuée la capitaine Nichola Goddard, observatrice avancée d’artillerie. C’était la première militaire canadienne jamais tuée au combat.</span></p>
<p class="p2"><span class="s2">Deux mois après, le PPCLI prit part à une grande bataille dans la région de Panjwaye où une importante force de talibans engagea le combat. C’était une erreur pour l’ennemi, car les Canadiens lui infligèrent de lourdes pertes. Les talibans commirent la même erreur en aout, quand le PPCLI se préparait à quitter le théâtre et que le 1<sup>er</sup> Bataillon du Royal Canadian Regiment prenait sa place. Les islamistes subirent des centaines de pertes, mais ils réussirent à tuer quatre Canadiens et à en blesser onze. L’assaut de Pashmul qui avait menacé Kandahar avait été défait à un coût très élevé pour l’ennemi.</span></p>
<p class="p2"><span class="s2">Les combats se poursuivirent. Le groupement tactique du RCR fit face peu après à une attaque de grande envergure au Panjwaye, laquelle fut déchiquetée par les avions et l’artillerie et, selon un officier, « des combats désespérés et improvisés âprement livrés ». Des attaques </span>semblables mais plus modestes continuèrent jusqu’à ce que les dernières unités de combat canadiennes reviennent au pays, à la fin de 2011. Une mission de formation resta en Afghanistan jusqu’en 2014.</p>
<p class="p2"><span class="s2">Si l’objectif avait été de protéger Kandahar, on pourrait dire que le rôle canadien en Afghanistan fut une réussite. Mais si le but était de permettre aux villageois afghans de vivre leur vie à l’abri des talibans, il faut bien dire </span>que la guerre fut pour le moins un échec partiel. Les talibans n’ont pas disparu, les efforts de l&#8217;ÉPR<span class="s2"> ont été restreints, et la</span> paix et la sécurité sont encore du domaine du rêve.</p>
<p class="p2">Mais le général Rick Hillier, chef d’état-major de la <span class="s2">défense pendant cette période des plus cruciales, avait eu un autre objectif. Il avait servi en ancienne Yougoslavie et avait été consterné des règles qui bridaient les Canadiens là-bas, règles tellement strictes que les militaires des autres nations modifièrent le terme « Canbat », en « Can’tbat » (« can » voulant dire « pouvoir » et « can’t » voulant dire « ne pas pouvoir », NDT). Cela l’avait piqué au vif, et il se promit de rendre ses soldats aptes au combat à nouveau. Le gouvernement libéral de Paul Martin et le gouvernement conservateur de Stephen Harper lui donnèrent les fonds et le matériel, et les réguliers canadiens, leurs rangs renforcés par des réservistes jusque-là méprisés, firent leurs preuves au champ de bataille.</span></p>
<p class="p2"><span class="s2">Le public canadien n’était pas très favorable à la guerre en Afghanistan, mais il appuyait avec ferveur les soldats. Il y avait les « vendredis en rouge » où les civils portaient des vêtements rouges pour montrer leur soutien, des autocollants pour pare-chocs et des épinglettes. Et, plus émouvant encore, chaque fois qu’un des 158 soldats canadiens tués en Afghanistan arrivait à Trenton, le cortège vers Toronto était accueilli par des milliers de personnes longeant les ponts de l’autoroute 401, laquelle a été rebaptisée Autoroute des héros. Hillier avait réussi à modifier l’image de soldats du maintien de la paix en celle de soldats combattants, au moins temporairement.</span></p>
<p class="p2"><span class="s2">L’Afghanistan, comme les plaines d’Abraham, la guerre de 1812 et les deux guerres mondiales, a façonné le Canada à sa manière. La population canadienne n’a jamais eu un esprit militariste, mais ses soldats étaient qualifiés et féroces au combat, une fois bien entrainés et bien équipés. Cela a toujours pris du temps et de l’argent, mais heureusement, le Canada avait des alliés et, le plus souvent, le temps de se préparer. Toutefois, cela ne sera peut-être pas toujours le cas, et les Canadiens, chanceux de vivre dans un pays paisible, devraient à tout le moins penser aux pires des scénarios auxquels ils ont souvent échappé. Le temps ne sera peut-être pas toujours de leur côté. </span></p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>12 Évènements militaires qui ont formé le Canada</title>
		<link>https://legionmagazine.com/fr/2013/04/12-evenements-militaires-qui-ont-forme-le-canada/</link>
					<comments>https://legionmagazine.com/fr/2013/04/12-evenements-militaires-qui-ont-forme-le-canada/#respond</comments>
		
		<dc:creator><![CDATA[J.L. Granatstein]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 22 Apr 2013 04:05:43 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Articles principaux]]></category>
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					<description><![CDATA[Tout le monde aime les listes. Tout le monde fait des listes. Elles sont toujours sélectionnées par la personne, incomplètes et éminemment discutables, mais elles peuvent servir à se concentrer sur des points importants qui risqueraient de passer inaperçus.Cette liste de 12 évènements et enjeux militaires ne se concentre pas sur des batailles importantes, même s’il y en a quelques-unes. Elle ne concerne pas les grands leadeurs, bien que quelques-uns y figurent. Il s’agit plutôt du choix d’une douzaine d’occurrences clés qui ont eu des conséquences militaires à long terme et qui ont façonné le Canada et l’armée canadienne au cours des années qui ont succédé à la Confédération.

Je sais bien que certains lecteurs ne seront pas d’accord avec quelques-uns de mes choix, et que d’autres s’opposeront farouchement à ce que tel ou tel évènement ait été omis. Qu’en est-il de la bataille de la crête de Vimy? diront-ils. Comment pourrait-on passer Ortona sous silence? Et pourquoi la liste penche-t-elle tellement vers l’armée? Toutes ces questions sont bonnes, et certaines trouveront réponse ci-dessous.]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><span style="color: #000000;"></p>
<div class="caption_img "	style="width:630px"><img loading="lazy" decoding="async" class="size-full wp-image-1939 alignnone" title="EventsLead" alt=". [ ]" src="https://legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2012/10/EventsLead.jpg" width="630" height="236" srcset="https://legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2012/10/EventsLead.jpg 630w, https://legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2012/10/EventsLead-300x112.jpg 300w" sizes="(max-width: 630px) 100vw, 630px" /></p>
<div class="caption"><span>. </span></div>
<div class="credit"><span></span></div>
</div>
<p></span></p>
<p><strong>Tout le monde aime les listes. Tout le monde fait des listes. Elles sont toujours sélectionnées par la personne, incomplètes et éminemment discutables, mais elles peuvent servir à se concentrer sur des points importants qui risqueraient de passer inaperçus.</strong><strong>Cette liste de 12 évènements et enjeux militaires ne se concentre pas sur des batailles importantes, même s’il y en a quelques-unes. Elle ne concerne pas les grands leadeurs, bien que quelques-uns y figurent. Il s’agit plutôt du choix d’une douzaine d’occurrences clés qui ont eu des conséquences militaires à long terme et qui ont façonné le Canada et l’armée canadienne au cours des années qui ont succédé à la Confédération.</strong></p>
<p><strong>Je sais bien que certains lecteurs ne seront pas d’accord avec quelques-uns de mes choix, et que d’autres s’opposeront farouchement à ce que tel ou tel évènement ait été omis. Qu’en est-il de la bataille de la crête de Vimy? diront-ils. Comment pourrait-on passer Ortona sous silence? Et pourquoi la liste penche-t-elle tellement vers l’armée? Toutes ces questions sont bonnes, et certaines trouveront réponse ci-dessous.</strong></p>
<div class="caption_img "	style="width:515px"><img loading="lazy" decoding="async" class="size-full wp-image-1945  alignnone" title="Le chef métis Louis Riel témoigne à son procès pour trahison, en 1885, à Regina. [PHOTO : O.B. BUELL, BIBLIOTHÈQUE ET ARCHIVES CANADA — C001879]" alt="Le chef métis Louis Riel témoigne à son procès pour trahison, en 1885, à Regina. [PHOTO : O.B. BUELL, BIBLIOTHÈQUE ET ARCHIVES CANADA — C001879]" src="https://legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2012/11/EventsInset1.jpg" width="515" height="333" srcset="https://legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2012/11/EventsInset1.jpg 515w, https://legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2012/11/EventsInset1-300x193.jpg 300w" sizes="(max-width: 515px) 100vw, 515px" /></p>
<div class="caption"><span>Le chef métis Louis Riel témoigne à son procès pour trahison, en 1885, à Regina. </span></div>
<div class="credit"><span>PHOTO : O.B. BUELL, BIBLIOTHÈQUE ET ARCHIVES CANADA — C001879</span></div>
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<h2>1. La Rébellion du Nord-Ouest, 1885</h2>
<p>L’expansion du Canada dans les Prairies a été moins brutale que celle qui a eu lieu au sud, mais les Métis et les Premières nations ont quand même eu des craintes légitimes pour leur survie à cause des chemins de fer et des implantations. Le chef métis Louis Riel avait mené une rébellion à la rivière Rouge en 1869-1870, et il revint au Canada en 1884-1885 pour en diriger une autre, cette fois-ci dans les territoires du Nord-Ouest (c.-à-d. en Saskatchewan). Les tireurs d’élite métis se terraient dans des trous de tirailleur, et, au début, ils ont plus que tenu bon contre le petit nombre de miliciens et de membres de la Police à cheval du Nord-Ouest. Seulement, Ottawa leva la force de campagne du Nord-Ouest, en confia le commandement au major-général Frederick Middleton, officier général commandant la milice canadienne, et l’envoya à l’ouest. Les soldats canadiens novices éprouvèrent des difficultés face aux hommes de Riel et aux indiens dans un certain nombre d’escarmouches, mais la supériorité numérique et la puissance de tir finit par l’emporter : à Batoche, en mai 1885, la rébellion fut effectivement étouffée. Bien que Riel fut certainement insensé, il fut jugé et pendu, comme le furent huit chefs autochtones; l’exécution de Riel éveilla la colère au Québec et créa une division politique tenace.</p>
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<div class="caption_img "	style="width:515px"><img loading="lazy" decoding="async" class="alignnone size-full wp-image-1950" title="Les Canadian Mounted Rifles se préparent à aller en guerre en Afrique du Sud en 1900. [PHOTO : BIBLIOTHÈQUE ET ARCHIVES CANADA — PA028895]" alt="Les Canadian Mounted Rifles se préparent à aller en guerre en Afrique du Sud en 1900. [PHOTO : BIBLIOTHÈQUE ET ARCHIVES CANADA — PA028895]" src="https://legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2012/11/EventsInset2.jpg" width="515" height="260" srcset="https://legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2012/11/EventsInset2.jpg 515w, https://legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2012/11/EventsInset2-300x151.jpg 300w" sizes="(max-width: 515px) 100vw, 515px" /></p>
<div class="caption"><span>Les Canadian Mounted Rifles se préparent à aller en guerre en Afrique du Sud en 1900. </span></div>
<div class="credit"><span>PHOTO : BIBLIOTHÈQUE ET ARCHIVES CANADA — PA028895</span></div>
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<h2>2. La guerre d’Afrique du Sud</h2>
<p>Le Canada anglais a été entrainé dans l’impérialisme britannique de la fin de l’ère victorienne, l’opinion publique obligeant littéralement le gouvernement libéral de sir Wilfrid Laurier à lever des troupes pour la première vraie mission militaire outre-mer. Les Afrikaners d’Afrique du Sud faisaient la guerre pour empêcher les intérêts commerciaux britanniques de s’emparer du Transvaal et de l’État libre d’Orange où l’on parlait l’afrikaans. Ce n’était pas une guerre du Canada, surtout pas d’après les Canadiens français, mais le Royal Canadian Regiment (RCR), formé à la va-vite de la petite force régulière canadienne et de recrues ralliées au pied-levé, se retrouva au combat dans le veldt. Le RCR se distingua à Paardeberg en février 1900 et il participa à la prise de Bloemfontein et de Pretoria. Mais lorsque la guerre se transforma en escarmouches de guérilléros, le RCR repartit et de nouveaux contingents de fantassins, d’artilleurs et de cavaliers vinrent du Canada. Le conflit se poursuivit jusqu’en 1902, les Canadiens y subissant à peu près 500 morts et blessés (sur les 7 368 qui y servirent). La guerre d’Afrique du Sud démontra que les Canadiens pouvaient faire bonne figure sur le terrain, mais elle prouva aussi à la population québécoise que même un premier ministre francophone ne pouvait pas résister aux réclamations des anglophones d’appuyer la Grande-Bretagne.</p>
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<div class="caption_img "	style="width:515px"><img loading="lazy" decoding="async" class="alignnone size-full wp-image-1954" title="Un défilé anticonscription passe au centre-ville de Montréal en 1917. [PHOTO : BIBLIOTHÈQUE ET ARCHIVES CANADA — C006859]" alt="Un défilé anticonscription passe au centre-ville de Montréal en 1917. [PHOTO : BIBLIOTHÈQUE ET ARCHIVES CANADA — C006859]" src="https://legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2012/11/EventsInset3.jpg" width="515" height="426" srcset="https://legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2012/11/EventsInset3.jpg 515w, https://legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2012/11/EventsInset3-300x248.jpg 300w" sizes="(max-width: 515px) 100vw, 515px" /></p>
<div class="caption"><span>Un défilé anticonscription passe au centre-ville de Montréal en 1917. </span></div>
<div class="credit"><span>PHOTO : BIBLIOTHÈQUE ET ARCHIVES CANADA — C006859</span></div>
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<h2>3. La conscription en 1917</h2>
<p>Le Canada français a démontré à maintes reprises qu’il ne soutenait pas « l’impérialisme » britannique, et pour bien des Québécois, la Grande Guerre de 1914-1918 était une guerre de la Grande-Bretagne, pas du Canada. Le Corps expéditionnaire canadien travaillait en anglais et l’enrôlement des francophones était peu élevé et lent; il l’était aussi, en 1917, dans les provinces anglophones. Les nombreuses pertes du Corps canadien ne pouvaient plus être remplacées au moyen de l’enrôlement volontaire, et le gouvernement conservateur de sir Robert Borden, sachant très bien les difficultés qu’il éprouverait, prit le taureau par les cornes et présenta un projet de loi sur la conscription, en mai, qui devint loi en aout. Le projet de loi divisa la nation, et il mena à la formation d’un gouvernement unioniste et à une élection remplie d’amertume que remporta Borden. La conscription, qui avait comme objectif la levée de 100 000 hommes en renforts, entra en vigueur au début de 1918. Au moment de l’armistice, quelque 24 000 conscrits avaient été dans les rangs du CEC dont ils avaient maintenu les effectifs au complet pendant les derniers mois de la guerre. Le Corps canadien aurait pu maintenir ses effectifs même si la guerre s’était poursuivie en 1919, ce à quoi on s’attendait. Cependant, le service obligatoire avait renforcé l’antimilitarisme du Canada français.</p>
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<div class="caption_img "	style="width:515px"><img loading="lazy" decoding="async" class="alignnone size-full wp-image-1955" title="Un peloton canadien entre à Valenciennes au début de novembre 1918. [PHOTO : WILLIAM RIDER-RIDER, BIBLIOTHÈQUE ET ARCHIVES CANADA — PA003377]" alt="Un peloton canadien entre à Valenciennes au début de novembre 1918. [PHOTO : WILLIAM RIDER-RIDER, BIBLIOTHÈQUE ET ARCHIVES CANADA — PA003377]" src="https://legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2012/11/EventsInset4.jpg" width="515" height="347" srcset="https://legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2012/11/EventsInset4.jpg 515w, https://legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2012/11/EventsInset4-300x202.jpg 300w" sizes="(max-width: 515px) 100vw, 515px" /></p>
<div class="caption"><span>Un peloton canadien entre à Valenciennes au début de novembre 1918. </span></div>
<div class="credit"><span>PHOTO : WILLIAM RIDER-RIDER, BIBLIOTHÈQUE ET ARCHIVES CANADA — PA003377</span></div>
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<h2>4. Les 100 jours</h2>
<p>La victoire du Corps canadien à la crête de Vimy, en avril 1917, capte encore l’attention des Canadiens. Le succès de l’attaque ordonnée à Vimy, à Pâques, donna au Corps son élan et sa fierté nationaliste, mais elle n’affecta pas beaucoup la conduite de la guerre. Ce qui mena les alliés à la victoire, ce fut les 100 jours. En mars 1918, les Allemands lancèrent la première d’une série de grandes attaques au front de l’ouest. Les alliés chancelèrent, mais ils finirent par tenir, et le 8 aout, les Britanniques, les Français et les Américains étaient prêts à l’attaque. L’attaque de sir Douglas Haig à Amiens, le 8 aout, corps canadien et australien en tête, fut le « jour noir » de l’armée allemande. Les Canadiens de sir Arthur Currie ne cessèrent de progresser vers l’est pendant une longue succession de batailles, fracassant la ligne ennemie fortifiée de Drocourt-Quéant, traversant le canal du Nord, prenant Valenciennes, et finissant la guerre, le 11 novembre, à Mons, en Belgique, où les Britanniques s’étaient mesurés aux Allemands pour la première fois depuis le début de cette guerre, en 1914. Malgré les 45 000 victimes subies depuis aout, le Corps avait gagné un immense territoire, battu les divisions ennemies en grand nombre, établi sa réputation en tant que corps d’élite, et joué le rôle le plus grand et le plus décisif au combat de toutes les troupes canadiennes.</p>
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<div class="caption_img "	style="width:515px"><img loading="lazy" decoding="async" class="alignnone size-full wp-image-1956" title="Le premier ministre Mackenzie King vote lors du plébiscite de 1942 sur la conscription. [PHOTO : BIBLIOTHÈQUE ET ARCHIVES CANADA — C022001]" alt="Le premier ministre Mackenzie King vote lors du plébiscite de 1942 sur la conscription. [PHOTO : BIBLIOTHÈQUE ET ARCHIVES CANADA — C022001]" src="https://legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2012/11/EventsInset5.jpg" width="515" height="487" srcset="https://legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2012/11/EventsInset5.jpg 515w, https://legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2012/11/EventsInset5-300x283.jpg 300w" sizes="(max-width: 515px) 100vw, 515px" /></p>
<div class="caption"><span>Le premier ministre Mackenzie King vote lors du plébiscite de 1942 sur la conscription. </span></div>
<div class="credit"><span>PHOTO : BIBLIOTHÈQUE ET ARCHIVES CANADA — C022001</span></div>
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<h2>5. Le plébiscite sur la conscription de 1942</h2>
<p>La crise de la conscription de la Grande Guerre a divisé âprement les Canadiens français et anglais. À ce moment-là, pendant la Seconde Guerre mondiale et alors que l’Allemagne et le Japon gagnaient au début de 1942, beaucoup de gens au Canada exi-geaient la mise en vigueur du service outre-mer obligatoire, bien qu’avant la guerre, les libéraux et les conservateurs eussent promis au pays qu’il n’y aurait pas de conscription. L’armée n’avait pas encore été engagée, excepté au désastre de Hong Kong, en 1941, mais cela ne faisait rien aux yeux des partisans de la conscription. Plutôt que de se soumettre, le premier ministre Mackenzie King organisa un plébiscite (non contraignant), mais la campagne pour la conscription au Québec, le seul endroit où le vote importait vraiment, fut inconséquente. Le résultat était prévisible : les Canadiens anglais étaient fortement en faveur de la conscription et les francophones s’y opposaient en grand nombre. Le gouvernement libéral vacilla, mais le rusé King s’en sortit grâce à sa célèbre expression, « pas nécessairement la conscription, mais la conscription si nécessaire ». Ce n’est qu’à la fin de 1944 qu’on la jugea nécessaire, et même alors on n’envoya que 16 000 conscrits outre-mer.</p>
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<div class="caption_img "	style="width:515px"><img loading="lazy" decoding="async" class="alignnone size-full wp-image-1957" title="En Italie, un soldat canadien se sert de jumelles pour balayer le champ de bataille alors que d’autres attendent derrière une partie de mur, en décembre 1943. [PHOTO : FREDERICK G. WHITCOMBE, BIBLIOTHÈQUE ET ARCHIVES CANADA — PA136332]" alt="En Italie, un soldat canadien se sert de jumelles pour balayer le champ de bataille alors que d’autres attendent derrière une partie de mur, en décembre 1943. [PHOTO : FREDERICK G. WHITCOMBE, BIBLIOTHÈQUE ET ARCHIVES CANADA — PA136332]" src="https://legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2012/11/EventsInset6.jpg" width="515" height="446" srcset="https://legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2012/11/EventsInset6.jpg 515w, https://legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2012/11/EventsInset6-300x259.jpg 300w" sizes="(max-width: 515px) 100vw, 515px" /></p>
<div class="caption"><span>En Italie, un soldat canadien se sert de jumelles pour balayer le champ de bataille alors que d’autres attendent derrière une partie de mur, en décembre 1943. </span></div>
<div class="credit"><span>PHOTO : FREDERICK G. WHITCOMBE, BIBLIOTHÈQUE ET ARCHIVES CANADA — PA136332</span></div>
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<h2>6. La Première Armée canadienne</h2>
<p>La Première Armée canadienne, créée en avril 1942 et commandée par le général Andrew G.L. McNaughton, fut la plus grande formation de campagne canadienne de tous les temps. Cette armée, comprenant les 1er et 2e corps canadiens, formée de trois divisions de fantassins et de deux divisions de blindés ainsi que de deux brigades blindées supplémentaires, était une force puissante. Toutefois, les troupes n’ont pas combattu ensemble avant la fin de la guerre, la 1re Division d’infanterie et la 1re Brigade blindée, et par la suite la 5e Division blindée et l’état-major du 1er Corps, étant déployés à la campagne d’Italie et à une succession de batailles couteuses et épuisantes à Ortona et aux lignes Hitler et Gothic. Le 2e Corps canadien s’est battu en Normandie et sur les berges de l’Escaut, subissant de lourdes pertes alors qu’il poussait en direction de l’est au long flanc gauche de l’avancée alliée. Les deux corps furent réunis aux Pays-Bas en avril 1945 et, commandés par le général Harry Crerar, la Première Armée canadienne contribua considérablement à la rupture de la résistance des nazis. La formation canadienne, que certains appelaient « la meilleure petite armée de tous les temps », a surmonté les problèmes et les difficultés liés aux renforts qu’elle avait avec Ottawa et avec le feld-maréchal Montgomery pour mériter sa grande réputation.</p>
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<div class="caption_img "	style="width:515px"><img loading="lazy" decoding="async" class="alignnone size-full wp-image-1959" title="Les joyeux citoyens hollandais tendent la main à un soldat canadien en célébration de la libération, en mai 1945. [PHOTO :  ALEXANDER STIRTON, BIBLIOTHÈQUE ET ARCHIVES CANADA — PA134376]" alt="Les joyeux citoyens hollandais tendent la main à un soldat canadien en célébration de la libération, en mai 1945. [PHOTO :  ALEXANDER STIRTON, BIBLIOTHÈQUE ET ARCHIVES CANADA — PA134376]" src="https://legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2012/11/EventsInset7.jpg" width="515" height="529" srcset="https://legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2012/11/EventsInset7.jpg 515w, https://legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2012/11/EventsInset7-292x300.jpg 292w" sizes="(max-width: 515px) 100vw, 515px" /></p>
<div class="caption"><span>Les joyeux citoyens hollandais tendent la main à un soldat canadien en célébration de la libération, en mai 1945. </span></div>
<div class="credit"><span>PHOTO :  ALEXANDER STIRTON, BIBLIOTHÈQUE ET ARCHIVES CANADA — PA134376</span></div>
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<h2>7. La libération des Pays-Bas</h2>
<p>C’est tout un honneur que de libérer un pays de la tyrannie, et le Canada peut se targuer à juste titre d’avoir libéré les Pays-Bas en 1945. Les soldats canadiens, aux côtés des forces britanniques et américaines, entrèrent dans le territoire hollandais en automne 1944, mais les grandes villes d’Amsterdam, de Rotterdam et de La Haye, et les centres plus petits comme Groningue et Apeldoorn, étaient toujours sous le joug des nazis. Les Hollandais, brutalisés par la Gestapo, furent affamés délibérément pendant le terrible « hiver de la faim » de 1944-1945 alors que les alliés se battaient avec les féroces légions d’Hitler en Rhénanie. Mais au début d’avril, la Première Armée canadienne se tourna vers le nord et prit Arnhem, Apeldoorn et Groningue au cours de combats qui étaient souvent très durs. Le 28 avril, les Allemands, ayant peur que leurs leadeurs soient exécutés en tant que criminels de guerre, permirent à des convois de nourriture de traverser les lignes et à des bombardiers de parachuter des approvisionnements pour les Hollandais. Le 5 mai, après le suicide d’Hitler dans son bunker berlinois, la Wehrmacht se rendit au lieutenant-général Charles Foulkes, commandant du 1er Corps canadien. Pour les Hollandais, le spectacle des colonnes canadiennes s’avançant le long de leurs routes et d’avions de l’Aviation royale canadienne (ARC) les survolant était un cadeau du ciel. Enfin la nourriture, la liberté et la paix.</p>
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<div class="caption_img "	style="width:515px"><img loading="lazy" decoding="async" class="alignnone size-full wp-image-1960" title="À la suite d’une patrouille nocturne en Corée, le soldat Heath Matthews du 1er Bataillon du Royal Canadian Regiment attend pour se faire soigner à côté d’un poste de secours régimentaire, en juin 1952. La guerre de Corée, autorisée par Moscou avec l’accord de la Chine communiste, mena au réarmement de l’Ouest. [PHOTO : PAUL TOMELIN, BIBLIOTHÈQUE ET ARCHIVES CANADA — PA128850]" alt="À la suite d’une patrouille nocturne en Corée, le soldat Heath Matthews du 1er Bataillon du Royal Canadian Regiment attend pour se faire soigner à côté d’un poste de secours régimentaire, en juin 1952. La guerre de Corée, autorisée par Moscou avec l’accord de la Chine communiste, mena au réarmement de l’Ouest. [PHOTO : PAUL TOMELIN, BIBLIOTHÈQUE ET ARCHIVES CANADA — PA128850]" src="https://legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2012/11/EventsInset8.jpg" width="515" height="498" srcset="https://legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2012/11/EventsInset8.jpg 515w, https://legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2012/11/EventsInset8-300x290.jpg 300w" sizes="(max-width: 515px) 100vw, 515px" /></p>
<div class="caption"><span>À la suite d’une patrouille nocturne en Corée, le soldat Heath Matthews du 1er Bataillon du Royal Canadian Regiment attend pour se faire soigner à côté d’un poste de secours régimentaire, en juin 1952. La guerre de Corée, autorisée par Moscou avec l’accord de la Chine communiste, mena au réarmement de l’Ouest. </span></div>
<div class="credit"><span>PHOTO : PAUL TOMELIN, BIBLIOTHÈQUE ET ARCHIVES CANADA — PA128850</span></div>
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<h2>8. La guerre froide</h2>
<p>Elle a commencé par la défection d’un chiffreur de l’ambassade soviétique à Ottawa, en septembre 1945, et s’est terminée par la chute du mur de Berlin et de l’Union soviétique. Elle a duré plus de 45 ans et a mené le monde au bord de l’anéantissement nucléaire lors de la crise des missiles de Cuba en 1962 et de la tension causée par la descente d’un avion de ligne coréen par les Soviétiques en 1983. La guerre froide obligea le Canada à se rapprocher militairement et économiquement des États-Unis; à devenir membre de l’OTAN et à affecter des troupes et des chasseurs à réaction outre-mer en « temps de paix »; à consacrer les ressources de la Marine royale canadienne (MRC) à la lutte anti-sous-marine; à envoyer des soldats, des marins et des aviateurs à la guerre de Corée; et à créer une armée qui s’est élevée à 120 000 soldats réguliers et a couté jusqu’à sept pour cent du PIB, étonnamment, pendant les pires années de réarmement qu’ont été les années 1950. Le Canada et les autres démocraties occidentales ont gagné la guerre froide, et le monde aurait surement été bien différent si ce n’avait pas été le cas.</p>
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<div class="caption_img "	style="width:515px"><img loading="lazy" decoding="async" class="alignnone size-full wp-image-1961" title="Lester B. Pearson montre son prix Nobel de la paix, en décembre 1956. [PHOTO : ASSOCIATED PRESS]" alt="Lester B. Pearson montre son prix Nobel de la paix, en décembre 1956. [PHOTO : ASSOCIATED PRESS]" src="https://legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2012/11/EventsInset9.jpg" width="515" height="572" srcset="https://legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2012/11/EventsInset9.jpg 515w, https://legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2012/11/EventsInset9-270x300.jpg 270w" sizes="(max-width: 515px) 100vw, 515px" /></p>
<div class="caption"><span>Lester B. Pearson montre son prix Nobel de la paix, en décembre 1956. </span></div>
<div class="credit"><span>PHOTO : ASSOCIATED PRESS</span></div>
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<h2>9. Suez 1956</h2>
<p>Le Canada avait apporté une petite contribution lors des opérations de maintien de la paix des Nations Unies avant la crise du canal de Suez de 1956, mais ce n’est qu’après, dans l’esprit du public, que le maintien de la paix devint une spécialité canadienne. La crise commença par un assaut surprise des Israéliens sur les forces égyptiennes dans le désert du Sinaï, et par l’intervention prévue de la Grande-Bretagne et de la France pour « protéger » le canal de Suez qui venait d’être nationalisé par Le Caire. Londres et Paris n’avaient pas compté sur l’indignation mondiale qui suivit leur tentative de renverser le président Nasser d’Égypte; non les moindres étant celle de Moscou, qui menaçait de déclen-cher une guerre nucléaire, et celle de Washington, alors en pleine élection qui fit fermer les robinets financiers. Même le Canada officiel fut horrifié, mais Lester B. Pearson, ministre des Affaires étrangères, essaya de sauver les métropoles de leur déraison. Sa suggestion d’une Force d’urgence des Nations Unies (FUNU) qui s’interposerait entre les combattants et qui permettrait aux envahisseurs anglais et français de quitter l’Égypte, fut vite acceptée à New York. Mais Pearson fut choqué que Le Caire vît le Canada comme étant trop britannique et désira empêcher sa participation à la FUNU. Il fallut des efforts extraordinaires pour obtenir une place pour les troupes de logistique canadiennes, mais l’enthousiasme du public pour le maintien de la paix s’épanouit quand Pearson obtint le prix Nobel de la paix pour ses efforts. Il l’est encore tout autant aujourd’hui.</p>
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<div class="caption_img "	style="width:515px"><img loading="lazy" decoding="async" class="alignnone size-full wp-image-1962" title="Le nouveau drapeau canadien est hissé en 1965 à un établissement de la marine. Pendant la même décennie, il y a eu l’unification des forces, ce qui a mené à un uniforme commun et à une structure de grades commune. [PHOTO : MINISTÈRE DE LA DÉFENSE NATIONALE]" alt="Le nouveau drapeau canadien est hissé en 1965 à un établissement de la marine. Pendant la même décennie, il y a eu l’unification des forces, ce qui a mené à un uniforme commun et à une structure de grades commune. [PHOTO : MINISTÈRE DE LA DÉFENSE NATIONALE]" src="https://legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2012/11/EventsInset10.jpg" width="515" height="616" srcset="https://legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2012/11/EventsInset10.jpg 515w, https://legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2012/11/EventsInset10-250x300.jpg 250w" sizes="(max-width: 515px) 100vw, 515px" /></p>
<div class="caption"><span>Le nouveau drapeau canadien est hissé en 1965 à un établissement de la marine. Pendant la même décennie, il y a eu l’unification des forces, ce qui a mené à un uniforme commun et à une structure de grades commune. </span></div>
<div class="credit"><span>PHOTO : MINISTÈRE DE LA DÉFENSE NATIONALE</span></div>
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<h2>10. L’unification des Forces canadiennes</h2>
<p>Paul Hellyer devint ministre de la Défense en 1963, décidé à rationaliser l’armée canadienne qui, étant donné ses trois services, avait une structure lourde et pas de plan en commun. Le premier stade de l’intégration du ministre ambitieux fut la création d’un chef d’état-major dirigeant de nouveaux commandements fonctionnels qui ferait fi des lignes des services et réduirait la triplication. Il y eut de nombreuses difficultés, mais l’intégration représentait une étape dont on avait grandement besoin. Hellyer, encouragé, institua une mesure en novembre 1966 qui unifiait les services en remplaçant l’Armée, la MRC et l’ARC par les Forces canadiennes, lesquelles auraient les mêmes uniformes et une structure de grades commune. Ce fut tout un tollé, les hauts gradés démissionnant en grand nombre. Hellyer persista et son projet de loi fut adopté le 1er février 1968, mais l’espoir qu’il avait de devenir premier ministre s’évapora dans le tumulte. Nombre de changements de Hellyer furent acceptés peu à peu, mais les FC amorcèrent bientôt un progrès lent vers le <em>statu quo ante</em>.</p>
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<div class="caption_img "	style="width:515px"><img loading="lazy" decoding="async" class="alignnone size-full wp-image-1963" title="Un vendeur de journaux dans les rues d’Ottawa en octobre 1970. [PHOTO : PETER BREGG, LA PRESSE CANADIENNE]" alt="Un vendeur de journaux dans les rues d’Ottawa en octobre 1970. [PHOTO : PETER BREGG, LA PRESSE CANADIENNE]" src="https://legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2012/11/EventsInset11.jpg" width="515" height="367" srcset="https://legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2012/11/EventsInset11.jpg 515w, https://legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2012/11/EventsInset11-300x213.jpg 300w" sizes="(max-width: 515px) 100vw, 515px" /></p>
<div class="caption"><span>Un vendeur de journaux dans les rues d’Ottawa en octobre 1970. </span></div>
<div class="credit"><span>PHOTO : PETER BREGG, LA PRESSE CANADIENNE</span></div>
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<h2>11. La crise d’octobre</h2>
<p>Au cours des années 1960, les factions séparatistes au Québec prenaient part à des actes de terrorisme sporadiques contre les installations fédérales. En octobre 1970, toutefois, des cellules du Front de libération du Québec kidnappèrent James Cross, délégué commercial de Grande-Bretagne à Montréal, et Pierre Laporte, ministre québécois du Travail. Ottawa répondit en déployant des milliers de soldats dans les rues d’Ottawa et du Québec afin d’essayer de calmer la tension publique. Les troupes firent leur travail extrêmement bien, dans les patrouilles et les postes de contrôle, se servant de leur service de renseignements dans une atmosphère où la ferveur révolutionnaire allait en augmentant, mais le 16 octobre, selon l’accord entre Ottawa et Québec, le premier ministre Trudeau invoqua la Loi sur les mesures de guerre pour mettre fin à « une crainte d’insurrection ». L’arrestation de centaines de personnes s’ensuivit, ainsi que le meurtre de Laporte. Ce n’est qu’au début de décembre que Cross fut retrouvé et libéré, et les membres du FLQ qui l’avaient séquestré obtinrent un sauf-conduit inexplicable vers Cuba. Les meurtriers de Laporte furent jugés et incarcérés. Trudeau fut acclamé pour sa réponse dure; toutefois, au fil du temps, une grande partie du public conclut que sa réaction avait été excessive.</p>
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<div class="caption_img "	style="width:515px"><img loading="lazy" decoding="async" class="alignnone size-full wp-image-1964" title="Des soldats en patrouille au Kandahar, en 2006. [PHOTO : ADAM DAY, REVUE LÉGION]" alt="Des soldats en patrouille au Kandahar, en 2006. [PHOTO : ADAM DAY, REVUE LÉGION]" src="https://legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2012/11/EventsInset12.jpg" width="515" height="673" srcset="https://legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2012/11/EventsInset12.jpg 515w, https://legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2012/11/EventsInset12-229x300.jpg 229w" sizes="(max-width: 515px) 100vw, 515px" /></p>
<div class="caption"><span>Des soldats en patrouille au Kandahar, en 2006. </span></div>
<div class="credit"><span>PHOTO : ADAM DAY, REVUE LÉGION</span></div>
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<h2>12. Kandahar 2006</h2>
<p>Après les attaques d’al-Qaïda, le 11 septembre, aux États-Unis, le Canada a déployé un groupe opérationnel naval, des forces spéciales et des fantassins en renfort des opérations américaines en Afghanistan contre le régime islamiste des talibans. Les Forces canadiennes ont eu un rôle majeur, à partir de 2003, dans la Force internationale d’assistance à la sécurité (FIAS) qui a sa base à l’OTAN, à Kaboul d’abord et au Kandahar, lieu de naissance des talibans, à partir du début de 2006. Les groupements tactiques cana-diens, ne s’attendant pas à des affrontements intensifs, se sont vus combattre dans une série d’engagements avec des forces d’insurgés dans la contrée autour de Kandahar, la première bataille étendue depuis la guerre de Corée. Les combats dans les opérations comme Méduse, pendant la deuxième moitié de 2006, ont entrainé le déploiement d’artillerie, de chars d’assaut et d’hélicoptères, et de ressources de la FIAS et de l’aviation états-unienne. La plupart des 158 morts des Forces canadiennes en Afghanistan ont eu lieu pendant les féroces combats entre 2006 et 2010, dont 37 d’entre eux, y compris un diplomate, en 2006. Bien que les groupements tactiques étaient en sous-effectif, ils ont vaincu l’ennemi lors d’importantes confrontations et ils ont tenu le Kandahar presque tout seuls jusqu’à ce que la FIAS et les É.-U. envoient d’autres troupes à la province, en 2009.</p>
<p style="text-align: justify; line-height: 11.5px; font: normal normal normal 41.5px/normal Korolev; margin: 0px;">
<div id="_mcePaste" style="position: absolute; left: -10000px; top: 0px; width: 1px; height: 1px; overflow-x: hidden; overflow-y: hidden;">
<p><em><strong><span style="color: #000000;">Tout le monde aime les listes. Tout le monde fait des listes. Elles sont toujours sélectionnées par la personne, incomplètes et éminemment discutables, mais elles peuvent servir à se concentrer sur des points importants qui risqueraient de passer inaperçus.</span></strong></em></p>
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<div id="_mcePaste" style="position: absolute; left: -10000px; top: 0px; width: 1px; height: 1px; overflow-x: hidden; overflow-y: hidden;">
<p><em><strong><span style="color: #000000;">Cette liste de 12 évènements et enjeux militaires ne se concentre pas sur des batailles importantes, même s’il y en a quelques-unes. Elle ne concerne pas les grands leadeurs, bien que quelques-uns y figurent. Il s’agit plutôt du choix d’une douzaine d’occurrences clés qui ont eu des conséquences militaires à long terme et qui ont façonné le Canada et l’armée canadienne au cours des années qui ont succédé à la Confédération.</span></strong></em></p>
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<div id="_mcePaste" style="position: absolute; left: -10000px; top: 0px; width: 1px; height: 1px; overflow-x: hidden; overflow-y: hidden;">
<p><em><strong><span style="color: #000000;">Je sais bien que certains lecteurs ne seront pas d’accord avec quelques-uns de mes choix, et que d’autres s’opposeront farouchement à ce que tel ou tel évènement ait été omis. Qu’en est-il de la bataille de la crête de Vimy? diront-ils. Comment pourrait-on passer Ortona sous silence? Et pourquoi la liste penche-t-elle tellement vers l’armée? Toutes ces questions sont bonnes, et certaines trouveront réponse ci-dessous.</span></strong></em></p>
<p><em><strong><span style="color: #000000;"><br />
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