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	<title>D&#8217;Arcy Jenish &#8211; La revue Légion</title>
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		<title>A-t-on eu raison d’accorder le passage libre jusqu’à Cuba aux ravisseurs de James Cross?</title>
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		<dc:creator><![CDATA[D'Arcy Jenish]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 09 Sep 2020 20:27:25 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Articles principaux]]></category>
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					<description><![CDATA[D&#8217;Arcy Jenish dit que OUI Aux premières heures du matin, le 3 décembre 1970, des dizaines de policiers et de soldats armés jusqu’aux dents ont encerclé une maison modeste à Montréal-Nord où, pendant près de deux mois, le diplomate britannique James Cross avait été tenu en otage par une bande de soi-disant révolutionnaires qui formaient [&#8230;]]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<div class="caption_img">
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        <div class="caption">
            <span></span>
            
        <div class="credit">
            <span>Joel Kimmel</span>
        </div>

        </div>
        
    </div>
<h2 style="text-align: center;"><strong><i>D&#8217;Arcy Jenish dit que OUI</i></strong></h2>
<p><b>Aux premières </b><span style="font-weight: 400;">heures du matin, le 3 décembre 1970, des dizaines de policiers et de soldats armés jusqu’aux dents ont encerclé une maison modeste à Montréal-Nord où, pendant près de deux mois, le diplomate britannique James Cross avait été tenu en otage par une bande de soi-disant révolutionnaires qui formaient une cellule du Front de libération du Québec.  </span></p>
<blockquote><p><strong>Ils ont opté pour une façon raisonnable de mener la crise de l&#8217;enlèvement à une conclusion pacificque.</strong></p></blockquote>
<p><span style="font-weight: 400;">Leur situation était désespérée, mais les kidnappeurs demeuraient réfractaires. Ils ont averti les autorités par un communiqué écrit à la main que si la police tentait de prendre leur planque d’assaut avec des fusils ou du gaz lacrymogène, Cross serait le premier à mourir. Et ils avaient deux carabines de calibre .30 à canon tronqué, deux armes de poing et huit livres de dynamite.</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Plutôt que de risquer la vie du diplomate, les autorités ont accordé aux kidnappeurs le passage libre jusqu’à Cuba en échange de sa libération. Ils ont opté pour une façon raisonnable de mener la crise de l’enlèvement à une conclusion pacifique et le temps passé a prouvé la sagesse de leur décision.</span></p>
<div class="caption_img">
        <img decoding="async" class="wp-image-5220 size-full" src="https://legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2021/03/James-Cross-2.jpg" alt="" width="800" height="917" srcset="https://legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2021/03/James-Cross-2.jpg 800w, https://legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2021/03/James-Cross-2-262x300.jpg 262w, https://legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2021/03/James-Cross-2-768x880.jpg 768w" sizes="(max-width: 800px) 100vw, 800px" />
        <div class="caption">
            <span></span>
            
        <div class="credit">
            <span>Jeff Goode, Toronto Star Archives 0041343f</span>
        </div>

        </div>
        
    </div>
<p><b>L’exil à Cuba</b><span style="font-weight: 400;"> a été un cauchemar pour les kidnappeurs. Ils ont été confinés dans des hôtels à La Havane pendant plusieurs mois d’affilée. Ils se sont atrocement ennuyés.</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Le groupe était miné par les dissensions. Jacques Cossette-Trudel et sa femme, Louise Lanctôt, ont renoncé au terrorisme, ce qui a provoqué une rupture entre eux et le frère de Louise, Jacques, qui était chef du gang.</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">À l’automne 1973, les exilés voulaient tous désespérément partir de Cuba. En juillet 1974, les Cubains leur ont finalement fourni des documents de voyage et des billets d’avion leur permettant de se rendre à Prague et de là, à Paris.</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Ils ont trouvé la vie dans la capitale française lamentable, au moins les Lanctôt et les Cossette-Trudel, qui étaient coincés dans des emplois serviles bas de gamme et logés dans des appartements miteux en banlieue. En outre, ils avaient réellement le mal du pays. Les Cossette-Trudel se sont hasardés à revenir en décembre 1978. Lanctôt et sa famille sont arrivés en janvier 1979; Marc Carbonneau, en mai 1981 et Yves Langlois, en juin 1982.</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Ils ont tous été arrêtés immédiatement à leur atterrissage au Canada et accusés de diverses infractions liées à l’enlèvement de Cross. Ils ont comparu devant les tribunaux : Carbonneau a été condamné à 20 mois, la sentence la plus légère, et Lanctôt à trois ans, la plus lourde, car c’était lui le chef de cette faction criminelle et qu’il était impénitent.</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Parmi certains Montréalais anglophones ainsi que dans les médias de langue anglaise, il y a eu des marmonnements de mécontentement relativement à la perception d’indulgence des tribunaux, mais la presse francophone a conclu que les cas avaient été traités correctement.</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Dans l’ensemble, on peut dire que le cas des kidnappeurs de Cross a été traité de façon appropriée, d’abord par les autorités canadiennes et ensuite par les tribunaux. Les autorités ont libéré le diplomate sans bain de sang, et les tribunaux ont prononcé des peines raisonnables selon lesquelles les ravisseurs ont tous été derrière les barreaux. L’exil n’était vraiment pas aussi sombre que le pénitencier fédéral, mais leur vie à Cuba et à Paris avait été misérable et ils sont revenus au Canada plus vieux, châtiés et un peu plus sages.</span></p>
<div class="caption_img">
        <img decoding="async" class="wp-image-5232 size-full" src="https://legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2021/03/granastein_final_v3.jpg" alt="" width="800" height="770" srcset="https://legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2021/03/granastein_final_v3.jpg 800w, https://legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2021/03/granastein_final_v3-300x289.jpg 300w, https://legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2021/03/granastein_final_v3-768x739.jpg 768w" sizes="(max-width: 800px) 100vw, 800px" />
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            <span></span>
            
        <div class="credit">
            <span>Joel Kimmel</span>
        </div>

        </div>
        
    </div>
<h2 style="text-align: center;"><strong><i>J.L. Granatstein dit que NON</i></strong></h2>
<p><b>Dans ses mémoires</b><span style="font-weight: 400;">,</span> <i><span style="font-weight: 400;">Beyond Reason</span></i><span style="font-weight: 400;">, Margaret Trudeau a écrit que son mari l’a avertie en octobre 1970 que si elle ou leur bébé, Justin, étaient enlevés, il ne négocierait pas leur libération.</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">« Tu veux dire que tu les laisserais me tuer plutôt que d’accepter leurs conditions? » lui a-t-elle demandé.</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">« Oui », a répondu Pierre Trudeau. Autrement dit, le Canada ne négocierait jamais avec des terroristes.</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Mais quand, le 5 octobre, le Front de libération du Québec s’est emparé de James Cross, délégué commercial britannique à Montréal, et a renchéri en enlevant le ministre québécois du Travail, Pierre Laporte, le Canada a en fait négocié avec les terroristes et accordé le passage libre jusqu’à Cuba aux ravisseurs de Cross.</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">La résolution de Trudeau – « Regardez-moi faire » – et sa promulgation de la </span><i><span style="font-weight: 400;">Loi sur les mesures de guerre</span></i><span style="font-weight: 400;"> ont brouillé la mémoire du public.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><b>La cellule du FLQ</b><span style="font-weight: 400;"> qui séquestrait Cross a publié une liste de conditions en échange de sa libération : arrêter les recherches de la police les concernant; libérer 23 membres du FLQ qui étaient prisonniers « politiques »; diffuser leur manifeste; leur donner 500 000 $ en lingots d’or; et organiser un asile en Algérie ou à Cuba aux membres de la cellule. Acceptez les demandes, déclarait la cellule, ou Cross mourra.</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Vu que Cross était diplomate, le ministre des Affaires étrangères, Mitchell Sharp, s’est chargé de la réponse immédiate et a informé le Parlement qu’il avait consulté Londres et Québec, et qu’ils recommandaient le rejet des demandes du FLQ.</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Mais le 8 octobre, Sharp a commencé le processus de négociation en permettant la diffusion du manifeste du FLQ, violente diatribe où Trudeau était traité de « tapette » et le maire de Montréal, Jean Drapeau, de « chien ». Le premier ministre n’avait apparemment pas été consulté, et il était très en colère. La cellule du FLQ, cependant, était ravie, croyant qu’on se plierait à ses exigences.</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Le 10 octobre, le ministre québécois de la Justice, Jérôme Choquette, a annoncé à la télévision qu’il n’y aurait pas de négociation. Mais il a ensuite accordé une concession majeure : un saufconduit vers un pays étranger. Laporte a été enlevé cette nuit-là.</span></p>
<blockquote><p><strong>Soyons clairs : Ottawa et Québec ont sourcillé.</strong></p></blockquote>
<p><span style="font-weight: 400;">Le lendemain, après avoir consulté Trudeau, Bourassa a entamé à nouveau les négociations et, le 12 octobre, nommé un avocat pour s’entendre avec un avocat du FLQ. Peu après, un groupe de 16 notables du Québec, estimant qu’aucun prix n’était trop élevé pour sauver Cross et Laporte, a exhorté Ottawa et Québec à la négociation. Les soldats patrouillant dans les rues du Québec et d’Ottawa, la </span><i><span style="font-weight: 400;">Loi sur les mesures de guerre </span></i><span style="font-weight: 400;">entrant en vigueur le 16 octobre et Laporte retrouvé assassiné dans le coffre d’une voiture, la police n’avait qu’à faire son travail.</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">La planque du FLQ a été trouvée. Cross a été libéré le 4 décembre. Ottawa avait négocié avec Cuba afin de permettre aux cinq kidnappeurs de s’y rendre et mis un avion de l’Aviation à leur disposition : dernière étape de l’affaire. Les meurtriers de Laporte ont été capturés le 28 décembre.</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Soyons clairs : Ottawa et Québec ont sourcillé. Les meurtriers de Laporte ont été incarcérés, mais les kidnappeurs de Cross se sont enfuis à Cuba. Le FLQ a atteint ses objectifs en éveillant les Québécois quant au penchant séparatiste grâce à son manifeste et à l’obtention d’un asile. Ce n’était pas la victoire de la fermeté, et Margaret Trudeau, est-on en droit de supposer, n’avait pas besoin de craindre pour sa vie.</span></p>
<hr />
<p class="p1"><span class="s1"><b>D’ARCY JENISH </b></span>est journaliste de magazine et auteur de 10 livres. Son dernier s’intitule <i>The Making of the October Crisis: Canada’s Long Nightmare of Terrorism at the Hands of the FLQ</i>.</p>
<p class="p1"><span class="s1"><b>J.L. GRANATSTEIN</b></span> a écrit des dizaines de livres, dont <i>Who Killed Canadian Military History?</i> et <i>Canada’s Army: Waging War and Keeping the Peace</i>. Il a été directeur et chef de la direction du Musée canadien de la guerre.</p>
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			</item>
		<item>
		<title>Bonne fête Québec</title>
		<link>https://legionmagazine.com/fr/2008/05/bonne-fete-quebec/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[D'Arcy Jenish]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 25 May 2008 04:01:09 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Articles principaux]]></category>
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					<description><![CDATA[Les feux d’artifice étaient au programme lors du lancement du 400e anniversaire de Québec. STEVE DESCHENES Les résidents de Québec ont exprimé leur suffrage, lors d’une élection partielle vers la fin de l’an dernier, pour choisir le successeur d’Andrée P. Boucher, mairesse populaire décédée à la fin du mois d’aout. Les électeurs ont choisi, parmi [&#8230;]]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<div class="caption_img "	style="width:630px"><img loading="lazy" decoding="async" src="https://legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2008/05/quebeclead.jpg" alt="Les feux d’artifice étaient au programme lors du lancement du 400e anniversaire de Québec. [STEVE DESCHENES]" class="top" height="236" width="630" /></p>
<div class="caption"><span>Les feux d’artifice étaient au programme lors du lancement du 400e anniversaire de Québec. </span></div>
<div class="credit"><span>STEVE DESCHENES</span></div>
</div>
<p>Les résidents de Québec ont exprimé leur suffrage, lors d’une élection partielle vers la fin de l’an dernier, pour choisir le successeur d’Andrée P. Boucher, mairesse populaire décédée à la fin du mois d’aout. Les électeurs ont choisi, parmi les quinze candidats qui s’étaient présentés, Régis Labeaume, homme d’affaires et politique novice de 51 ans qui, bien que n’ayant que 3 p. 100 des intentions de vote en sa faveur dans les sondages d’opinion publique au début de la campagne, a fini par obtenir 59 p. 100 des voix. Sa candidature reposait sur une plate-forme d’après laquelle il allait faire de Québec un centre d’excellence pour la recherche de pointe et l’innovation scientifique. Mais il dit qu’il n’a pas passé une grande partie de la première année qu’il a été maire à s’occuper de cela. À la place, il s’est dépensé surtout à la présidence de la plus grande fête d’anniversaire du continent.</p>
<p>Québec va avoir officiellement 400 ans le 3 juillet 2008 — il y a quatre siècles, un explorateur et aventurier intrépide du nom de Samuel de Champlain atterrissait avec environ 30 autres Français, y compris des travailleurs manuels, des charpentiers, des équarisseurs, sur la berge du fleuve Saint-Laurent que les autochtones appelaient kébec, ce qui signifie, « où le fleuve rétrécit », parait-il. Ils construisirent un hameau de trois édifices à étage, entouré d’une palissade et d’une douve, établissant ainsi une présence française en Amérique du Nord qui existe encore de nos jours.</p>
<p>Cela fait de Québec une des plus vieilles collectivités du continent habitées de façon continue. On dit que St. Augustine, en Floride, qui a été fondée par les Espagnols en 1565, est la plus vieille. En 2007, les États-Uniens ont célébré le 400e anniversaire de la fondation de Jamestown, en Virginie actuelle, la première colonie anglaise en Amérique du Nord, disparue avant 1750 et dont l’emplacement est aujourd’hui en partie submergé. Les résidents de Santa Fe, au Nouveau-Mexique, se préparent aussi pour le 400e anniversaire de leur ville, fondée par les Espagnols en 1610.</p>
<p>Mais, d’après certains écrivains, l’entreprise de l’audacieux explorateur français n’aurait pas donné naissance qu’à une seule collectivité. « Le 3 juillet 1608, quand Champlain mettait pied à terre à Québec et déployait le drapeau fleurdelisé, est le jour de la naissance de la ville et de la province, et même du pays qu’on appelle le Canada », écrivait son biographe Samuel Eliot Morse. Il s’agit d’une description appropriée du tour de force de Champlain, d’après Philippe Couillard, ministre de la Santé et des Services sociaux du gouvernement libéral de Jean Charest et responsable de la région de Québec. « Ces célébrations sont très importantes pour la ville ainsi que pour le Canada », dit M. Couillard, Québécois de 11e génération dont l’ancêtre parvenait à la petite colonie en 1613. « C’est une partie de l’histoire de tout le pays. C’est là où la dualité historique du Canada a commencé. »</p>
<p>Ce n’est pas tous les ans qu’une ville et ses citoyens ont des événements si agréables à célébrer, et les résidents de la capitale québécoise, ainsi que les visiteurs venant du reste du Canada, des États-Unis et d’ailleurs autour de la planète, vont célébrer en grand.</p>
<p>« Ça va être une grande fête », disait M. Labeaume quelques jours après avoir été installé. « Ça va être extraordinaire. Je n’ai pas pensé au 400e pendant la campagne électorale. Je me suis aperçu que j’allais devoir m’en occuper quand j’ai été intronisé. »</p>
<p>Il n’a pas eu beaucoup de temps pour étudier le dossier et se préparer. La célébration de 85 millions de dollars, financée grâce à 40 millions de dollars d’Ottawa, 40 millions de dollars du gouvernement provincial et le reste provenant des coffres municipaux, a commencé la veille du jour de l’an à la place d’Youville, à l’extérieur des impressionnants murs de pierre de la citadelle qui a été bâtie aux XVIIe et XVIIIe siècles en haut de la falaise surplombant la flèche riveraine où se trouvait la petite colonie à l’origine.</p>
<p>La célébration, le soir de l’ouverture, ne s’est pas passée telle que prévue. La foule (il est difficile d’obtenir les évaluations officielles de sa grandeur) était deux fois plus vaste que prévue. La plupart des gens ne réussirent pas à s’approcher de la scène et les moniteurs de vidéo étaient trop petits. Le compte à rebours vers minuit fut retardé et les feux d’artifice annulés parce que le public empiétait sur l’aire de lancement. Toutefois, les Québécois ont démontré par leur enthousiasme qu’ils désiraient célébrer.</p>
<div class="caption_img middle"	style="width:515px"><img loading="lazy" decoding="async" src="https://legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2008/05/quebecinset.jpg" alt="Les immenses silos du port de la ville vont servir d’écran géant pour le Moulin à images. [ ]" align="middle" height="444" width="515" /></p>
<div class="caption"><span>Les immenses silos du port de la ville vont servir d’écran géant pour le Moulin à images. </span></div>
<div class="credit"><span></span></div>
</div>
<p>La Société du 400e anniversaire de Québec, organisme responsable de toutes les festivités, prévoit des centaines de manifestations. La cérémonie de fermeture doit avoir lieu la veille du jour de l’an. Les activités vont comprendre des spectacles donnés par Céline Dion et le Cirque du Soleil, ainsi que l’exposition d’œuvres apportées du Louvre et des manifestations politiques auxquelles vont participer le premier ministre Stephen Harper et le président français Nicolas Sarkozy. Au site de la toile suivant se trouve la liste complète des manifestations : www.monquebec2008. sympatico.msn.ca.</p>
<p>Les organisateurs croient que le 400e de Québec va attirer 5,5 millions de visiteurs à une ville dont la population dépasse à peine les 500 000 habitants, mais les résidents sont habitués à de tels déferlements d’étrangers. Effectivement, le tourisme est une importante industrie de la capitale provinciale depuis longtemps (surpassée par le gouvernement et l’administration publique seulement), grâce à la situation spectaculaire au bord de l’eau, les montagnes environnantes et, bien entendu, ses riches édifices patrimoniaux, inégalés en Amérique du Nord et dont certains datent du début des années 1600. Mais le tourisme a atteint de nouveaux sommets depuis décembre 1985, quand le Comité du patrimoine mondial de l’UNESCO ajoutait l’arrondissement historique du Vieux-Québec à sa liste de sites historiques d’importance mondiale.</p>
<p>L’an dernier, 4,8 millions de personnes l’ont visité, d’après Richard Séguin, porte-parole de l’Office du tourisme de Québec. La plus grande partie — 3,2 millions — venaient de la province. Cinq cent mille autres venaient du reste du Canada, 550 000 des États-Unis et le reste d’autres endroits que de l’Amérique du Nord. La plupart des visiteurs internationaux viennent de la France, de la Grande-Bretagne, de l’Allemagne et de l’Italie, mais les Japonais et les Coréens viennent en nombres de plus en plus grands et, dernièrement, les Mexicains aussi, dit Séguin. Il dit aussi que si la ville peut recevoir autant de gens, c’est grâce à son industrie hospitalière qui s’enorgueillit de disposer de 12 000 chambres d’hôtel, de motel, d’auberges et d’autres pensions. Pour se renseigner sur l’hébergement, les restaurants et les autres services, visiter le site de la toile à www.quebecregion.com.</p>
<p>Lucie Latulippe, déléguée aux affaires nationales et internationales de la Société du 400e, dit que la planification du spectacle somptueux a commencé en 2000, quand le maire d’alors Jean-Paul L’Allier a demandé au directeur du Musée de la civilisation du Québec de dresser un modèle de célébration. La Société du 400e, qui a quelque 75 employés, a assemblé un répertoire d’environ 130 manifestations, dans le cadre desquelles seront accueillis quelques- uns des plus grands talents du Québec.</p>
<p>Il va y avoir un concert de Céline Dion, spectacle gratuit qui aura lieu le 22 aout aux plaines d’Abraham, tout juste à l’extérieur des murs de la vieille citadelle où, un jour de septembre 1759, le général James Wolfe et ses réguliers britanniques ont défait le général français Louis-Joseph Montcalm et ses forces (qui comprenaient des troupiers venus de France, des miliciens de Québec et leurs alliés aborigènes). Cet ancien champ de bataille, site de la conquête de la Nouvelle-France par les Britanniques — moment décisif du passé canadien — est actuellement un Site historique national et un parc urbain à quelques centaines de pieds au-dessus du Saint-Laurent.</p>
<p>On s’attend à ce que Mme Dion, qui se produira dans sa province natale pour la première fois depuis plusieurs années, attire entre 80 000 et 100 000 personnes.</p>
<p>Son concert public est prévu pour le 22 aout. La Société du 400e a commandé deux autres œuvres importantes dont on va parler longtemps après la fin des célébrations. Il s’agit d’abord du Moulin à images, une création du directeur, acteur, dramaturge, producteur et artiste de génie de Québec Robert Lepage. Cette production de 40 minutes sera affichée, après le coucher du soleil, du 20 juin au 29 juillet.</p>
<p>Des images de l’histoire longue et mouvementée de la ville serviront d’assiette aux coureurs de bois qui s’introduisaient à l’intérieur des terres pour les explorer et commercer avec les autochtones; à l’important port nord-américain d’où les cargos partaient pour l’Europe, remplis de bois de charpente et où ils arrivaient d’Europe, pleins d’immigrants; à la ville militaire où ont eu lieu des combats et où des soldats canadiens se sont assemblés pour aller se battre en Europe durant les deux guerres mondiales.</p>
<p>Les images de M. Lepage seront projetées sur les immenses silos du port, qui en deviendront des écrans géants de 600 mètres de longueur par 60 mètres de hauteur. On pourra les voir à plusieurs kilomètres de là.</p>
<p>L’autre œuvre est un spectacle en l’honneur de la diversité francophone créé par le Cirque du Soleil, qui est né au début des années 1980 à Baie-Saint-Paul, 90 kilomètres à l’est de Québec, et qui est actuellement un conglomérat international avec des tournées de spectacle et des salles permanentes à Las Vegas et au Disney World d’Orlando (Floride).</p>
<p>Mme Latulippe dit que d’après les plans d’origine, il y aurait un spectacle seulement, le 19 octobre, au Colisée, mais son organisation était en train de négocier avec le Cirque pour en ajouter.</p>
<p>À part les gros spectacles, la majeure partie des 130 et quelques manifestations vont être des productions populaires faisant étalage du génie créatif qui abonde au Québec. Mme Latulippe dit que la Société du 400e a demandé la participation des organisateurs de trois manifestations annuelles renommées : le Carnaval de Québec, le Festival d’été de Québec et les Fêtes de la Nouvelle-France. La société a aussi demandé le concours des institutions culturelles et des sociétés historiques. « Nous avons demandé à ces organisations de créer des projets spéciaux et nous leur avons apporté un soutien financier », dit Latulippe. « Nous pensons qu’il va y avoir quelque chose d’intéressant pour tous les secteurs de la population. Il y aura les compétitions sportives, les activités de plein air, les manifestations pour toute la famille, les spectacles culturels et les recréations historiques.</p>
<p>Le cœur des festivités sera l’Espace 400, sur la rive et à côté du bassin Saint-Louis, grande marina en dessous des falaises de la vieille ville. L’Espace 400, créé spécialement pour les manifestations de l’anniversaire, comprend deux scènes extérieures et un théâtre intérieur, plus grand, où peuvent s’asseoir 800 personnes.</p>
<p>Quant aux gouvernements fédéral et provincial, ils profitent du 400e pour rehausser le prestige international du Canada en tant que pays où il y a une importante population francophone et une culture francophone pleine de vie. À la mi-octobre, Québec se fera l’hôtesse du 12e Sommet de la Francophonie, organisation pour la coopération économique et culturelle entre les pays d’expression française ou qui abritent des minorités qui parlent la langue de Molière. Les chefs politiques de nombre de ces 55 pays, dont le premier ministre Harper et le président français Sarkozy, y sont attendus. Deux autres manifestations parrainées par l’organisation de la Francophonie vont précéder le sommet : une assemblée des ministres gouvernementaux et un congrès de maires de ville francophone.</p>
<p>Québec va retirer des bénéfices permanents d’une année de célébrations qui va probablement se terminer bien trop vite. M. Couillard fait remarquer qu’Ottawa et la province vont effectuer des investissements importants dans l’infrastructure, dont l’objet sera d’améliorer les approches de la rive pour les citoyens. On est en train de construire la Promenade Champlain pour piétons et cyclistes. Une expansion de l’aéroport de Québec de 65 millions de dollars devait être finie; et le terminal devrait ouvrir au mois de juin, à temps pour recevoir les visiteurs étrangers venant à l’anniversaire. « Les effets durables de ces investissements mixtes fédéral-provincial vont être appréciables pour la qualité de notre ville », dit Couillard. « Ces projets existent depuis bien des années, mais il fallait un événement comme le 400e pour les mettre en marche. »</p>
<p>La grande célébration de l’histoire et du patrimoine de la plus vieille municipalité canadienne éclipse une importante transformation qui s’est passée durant les derniers vingt ans. Elle retarde aussi de façon temporaire le but de M. Labeaume, qui était d’encourager ce changement. Québec, que l’on sait depuis longtemps ville de fonctionnaires et de touristes, est doucement devenue l’un des centres principaux de recherche et développement, surtout grâce aux programmes de science et de génie de l’Université Laval, une des plus grandes institutions postsecondaires au pays. « Notre renommée concerne notre histoire », dit Labeaume. « La plus grande partie du pays ignore que nous sommes actuellement un centre d’innovation. Je veux faire de Québec la ville la plus innovatrice du pays. »</p>
<p>Actuellement, quelque 6 000 scientifiques, dont beaucoup ont fait partie du personnel de Laval ou ont été associés à l’université, sont employés par les sociétés de recherche et développement du Parc technologique du Québec métropolitain. En tout, 90 sociétés sont en train d’essayer de transformer des découvertes scientifiques en produits commerciaux, ou leurs produits sont déjà sur le marché. Elles se rassemblent autour de quelques domaines scientifiques spécifiques, dont la technologie de l’information, les produits biopharmaceutiques et les technologies du bois. « On a commencé le parc il y a 10-15 ans et les résultats commencent à paraitre », dit Daniel Denis, architecte et président de la Chambre de commerce de Québec. « Le parc est plein et il nous faut l’agrandir. »</p>
<p>M. Denis dit que l’économie de la ville va extrêmement bien depuis quelques années, au point où le chômage n’est que d’environ 5 p. 100, en dessous de la norme nationale et bien en dessous du reste de la province. En effet, le manque de main-d’œuvre est un des pires problèmes qui point. « Beaucoup de membres du baby-boum vont prendre leur retraite et commencer à recevoir leur pension, dit M. Denis, il va nous falloir remplir 70 000 postes, principalement au gouvernement et dans l’industrie de l’assurance. »</p>
<p>Mais les gens ne s’intéressent pas beaucoup à ce genre de questions cette année. Les Québécois sont par trop occupés à célébrer la naissance de leur province et de leur culture.</p>
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		<title>Expo 67 nous apporte le monde</title>
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		<dc:creator><![CDATA[D'Arcy Jenish]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 02 May 2007 02:55:11 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Articles principaux]]></category>
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					<description><![CDATA[Dierdre McIlwraith avait 24 ans, elle était diplômée de l&#8217;Université Queen&#8217;s de Kingston (Ont.) et elle parlait français et espagnol couramment quand elle a obtenu du travail en tant que préposée au protocole à la Compagnie canadienne de l&#8217;Exposition universelle de 1967, l&#8217;organisation qui a planifié, construit et dirigé l&#8217;Expo 67 à Montréal. McIlwraith travaillait [&#8230;]]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<h1></h1>
<p>Dierdre McIlwraith avait 24 ans, elle était diplômée de l&#8217;Université Queen&#8217;s                   de Kingston (Ont.) et elle parlait français et espagnol couramment                   quand elle a obtenu du travail en tant que préposée au protocole à la                   Compagnie canadienne de l&#8217;Exposition universelle de 1967, l&#8217;organisation                   qui a planifié, construit et dirigé l&#8217;Expo 67 à Montréal.</p>
<p>McIlwraith travaillait au restaurant Hélène de Champlain,                   un endroit où les dignitaires en visite et les chefs d&#8217;État étaient                   reçus. Elle a exercé les fonctions protocolaires pour la princesse                   Grace de Monaco et la princesse Margaret, la soeur de la reine                   Elizabeth II. Elle se souvient des représentants de la Côte                   d&#8217;Ivoire, un pays d&#8217;Afrique équatoriale, qui étaient tous grands,                   parlaient français avec un accent parisien et portaient avec élégance                   des vêtements à la mode française du dernier cri. Elle se souvient                   très bien du vieil empereur Hailé Sélassié d&#8217;Éthiopie, très                   petit, frêle, qui arriva avec son chien et insista qu&#8217;on le                   laisse s&#8217;asseoir sous la table à côté de lui et qu&#8217;on lui serve                   du filet mignon haché. Elle raconte un dîner tendu à la fin                   du mois de juillet quand le maire de Montréal Jean Drapeau                   a fait des reproches au président français tristement célèbre,                   Charles de Gaulle, à la suite du discours donné à un balcon                   de la mairie où il a proféré les mots &#8220;Vive le Québec libre&#8221;.</p>
<p>McIlwraith était de service à des douzaines de dîners et ce                   dont elle se souvient le mieux, c&#8217;est l&#8217;exubérance et l&#8217;excitation                   presque essoufflée des gens ordinaires de tous les coins du                   Canada et d&#8217;autour du monde qui ont afflué à l&#8217;Expo 67 à partir                   du moment où les portes se sont ouvertes au le public, le vendredi                   28 avril 1967. &#8220;La foire a eu un succès énorme à partir du                   tout début&#8221;, dit-elle. &#8220;C&#8217;était fantastique. C&#8217;était merveilleux                   de voir que le Canada réalisait son potentiel. On sentait vraiment                   que tout était possible : que nous pouvions avoir un Canada                   biculturel et bilingue, que nous pouvions avoir le meilleur                   de l&#8217;Europe et le meilleur de l&#8217;Amérique du Nord.&#8221;</p>
<p>L&#8217;Expo 67 était une célébration des premiers 100 ans du Canada                   et, lorsqu&#8217; elle a eu lieu, les Canadiens étaient d&#8217;humeur à fêter.                   Après la Crise de 1929 et la Seconde Guerre mondiale, les années                   1950 et 1960 étaient des années d&#8217;optimisme et de prospérité sans                   précédent. C&#8217;était une période de progrès saisissants en médecine,                   de grandes familles, d&#8217;urbanisation qui allait en augmentant                   et de la création de programmes sociaux généreux. L&#8217;immigration                   enrichissait aussi la société canadienne. Les nouveaux venus                   arrivant d&#8217;Europe du Sud et de l&#8217;Est, d&#8217;Asie, d&#8217;Afrique et                   des Antilles diversifiaient davantage le pays, le rendaient                   plus tolérant et plus excitant. Il y avait la guerre froide                   et le conflit au Vietnam, mais beaucoup de gens les considéraient                   surtout comme les problèmes des autres et rien qui aurait pu étouffer                   l&#8217;enthousiasme de la foire mondiale.</p>
<p>La foire a débuté &#8220;officiellement&#8221; le 27 avril, alors que                   des centaines de travailleurs s&#8217;efforçaient de mettre la touche                   finale aux installations. Le Gouverneur général Roland Michener,                   le Premier ministre Lester B. Pearson, le maire Drapeau, les                   10 premiers ministres provinciaux et 53 chefs d&#8217;État ont fait                   le tour de la foire et puis ensuite quelque 7 000 invités ont                   jeté leur premier coup d&#8217;oeil. La construction de l&#8217;Expo, qui                   s&#8217;est élevée à 415 millions de dollars, a eu lieu sur deux Îles                   dans le Saint-Laurent : L&#8217;île Sainte-Hélène, une formation                   naturelle à laquelle des millions de tonnes de décharge ont été ajoutées                   pour l&#8217;agrandir; et l&#8217;île Notre-Dame, laquelle a été entièrement                   faite par l&#8217;homme. Le site comprend presque 1 000 acres, ce                   qui suffisait comme espace pour 39 restaurants, 62 casse-croûtes,                   un parc d&#8217;attractions appelé La Ronde, de l&#8217;espace de stationnement                   pour des milliers de véhicules et les pavillons pour les 62                   pays et les centaines de sociétés qui participaient.</p>
<p>Nombre d&#8217;invités officiels ont été éblouis par ce qu&#8217;ils ont                   vu, surtout par le dôme géodésique de l&#8217;ère spatiale où le                   pavillon américain était logé, la construction domiciliaire                   futuriste de 10 étages appelée Habitat &#8217;67 qui était formée                   d&#8217;unités d&#8217;habitation empilées ça et là, ainsi qu&#8217;un système                   de transport intérieur d&#8217;aéroglisseurs, de gondoles au style                   vénitien et de deux voies ferrées surélevées. Le premier ministre                   du Québec Daniel Johnson dit de l&#8217;Expo qu&#8217;elle était &#8220;plus                   merveilleuse, plus belle que ce que tout le monde prédisait.&#8221;</p>
<p>Après les politiciens, les dignitaires et les personnes de                   marque, les gens ordinaires de Montréal et d&#8217;ailleurs commencèrent à faire                   la queue pour l&#8217;ouverture publique à 9 h 30 le lendemain matin.                   La première personne à entrer était Al Carter, un batteur de                   jazz de 39 ans de Chicago qui avait payé 12 $ pour un passeport                   de l&#8217;Expo de sept jours portant le numéro 00001. À la fin de                   cette journée-là, quelque 335 000 personnes étaient allées à la                   foire, deux fois plus que prévu. Dimanche, le 30 avril, la                   fréquentation, étonnamment, s&#8217;éleva à 530 000, ce qui allait                   finir par être la journée la plus achalandée de l&#8217;Expo et ce                   qui fit dépasser la marque du million de visiteurs en trois                   jours.</p>
<p>Les comptes rendus commencèrent alors à paraître et ils étaient                   presque tous élogieux. La seigneuriale revue Time, à l&#8217;occasion                   posée, alloua sept pages à l&#8217;Expo dans son numéro du 5 mai,                   et les descriptions y étaient délirantes. Les foules, Time                   rapportait, étaient &#8220;stimulées, rendues heureuses, emballées                   et éblouies par un monde spectaculairement plus grand qu&#8217;elles&#8221;.                   L&#8217;article dans la revue se poursuivait en décrivant l&#8217;Expo                   comme &#8220;une aventure centenaire où un Canada nouvellement plein                   de confiance en soi reçoit le monde et, par-dessus le marché,                   il se trouve&#8221;.</p>
<p>En surenchère, le journal New York Times déclarait que : &#8220;la                   norme d&#8217;excellence sophistiquée [&#8230;] est presque indescriptible&#8221;.                   La revue The Economist déclarait que : &#8220;l&#8217;acclamation que se                   sont méritée les îles faites par l&#8217;homme dans le Saint-Laurent                   ont peut-être fait davantage pour rendre les Canadiens confiants                   que tout autre événement ces temps-ci&#8221;. Parmi les observateurs                   domestiques, il n&#8217;y en avait guère qui eussent surclassé l&#8217;observation                   de Peter C. Newman comme quoi : &#8220;c&#8217;est la meilleure chose que                   nous ayons faite en tant que nation (y compris la construction                   du rail CP) [&#8230;] ce pays des marches polaires, [&#8230;] il peut                   faire à peu près n&#8217;importe quoi&#8221;.</p>
<p>Lorsque la foire a fermé ses portes pour la dernière fois,                   dimanche le 27 octobre, l&#8217;Expo 67 avait obtenu une renommée                   comme étant l&#8217;exposition mondiale la plus réussie depuis que                   la première de son genre avait eu lieu, à Londres (Angleterre),                   en 1851. Ses seules rivales sérieuses étaient celle de Paris,                   en 1900, à laquelle 58 pays ont participé et qui a reçu 50,8                   millions de visiteurs, et celle de Bruxelles, en 1958, où sont                   allées quelque 41,4 millions de personnes. Expo 67 a attiré 50                   306 648 personnes, plus de 2 ½ fois la population entière                   du Canada d&#8217;alors.</p>
<p>Pour les Montréalais, la fin de la foire a été un événement émouvant. &#8220;L&#8217;humeur                   principale durant le 185e et dernier jour de l&#8217;Expo était un                   curieux mélange doux-amer de joie, de fierté et de tristesse&#8221;, écrivait                   Nick Auf der Maur dans la Montréal Gazette. Le personnel de                   divers pavillons distribuait des cornes et des drapeaux où l&#8217;on                   voyait le logo de l&#8217;Expo et les mots &#8220;Au revoir Expo&#8221;, mais                   comme le remarquait Auf der Maur : &#8220;Ils n&#8217;ont pas réussi à créer                   une atmosphère de fête. Malgré les grosses foules partout,                   le jour a surtout servi à un adieu&#8221;.</p>
<p>Vu ses origines, l&#8217;impact qu&#8217;a eu l&#8217;Expo 67 n&#8217;en a été que                   plus remarquable.</p>
<p>À la fin des années 1950, le sénateur conservateur Mark Drouin                   avait commencé à avancer l&#8217;idée d&#8217;organiser une foire mondiale                   pour célébrer le centenaire du Canada.</p>
<p>Mais en 1960, le Bureau international des expositions (BIE)                   basé à Paris décerna l&#8217;exposition universelle de 1967 à Moscou                   parce que, cette année-là, l&#8217;Union soviétique allait célébrer                   le 50e anniversaire de la révolution russe. Les Soviétiques                   travaillèrent au projet pendant deux ans et puis ils le laissèrent                   tomber parce qu&#8217;il était trop coûteux.</p>
<p>Le maire Drapeau et un petit groupe de Montréalais saisirent                   l&#8217;occasion. Ils allaient essayer de convaincre le BIE de décerner                   la foire à leur ville. Le bureau prit la décision le 13 novembre                   1962.</p>
<p>Cela ne donnait à Montréal que 4 ½ ans pour préparer un événement                   pour lequel il en aurait normalement fallu sept.</p>
<p>Le plus grand miracle à propos de l&#8217;Expo 67 a peut-être été que                   ses portes se sont ouvertes à temps et, depuis lors, les gens                   qui l&#8217;ont construit en chérissent le souvenir. &#8220;Mon épouse                   pensait que j&#8217;étais fou d&#8217;accepter un poste&#8221;, se souvient le                   directeur des opérations Philippe de Gaspé Beaubien qui, par                   la suite, à fondé la société de radiodiffusion Télémédia Inc. &#8220;Nous                   avons dû travailler jour et nuit. J&#8217;avais une chambre au-dessus                   du restaurant Hélène de Champlain [&#8230;]. Heureusement que mon épouse                   m&#8217;est d&#8217;un très grand soutien.&#8221;</p>
<p>&#8220;La partie que j&#8217;ai trouvé vraiment excitante, c&#8217;était de                   voir l&#8217;émergence des pavillons&#8221;, dit le courtier montréalais                   Danièle Touchette qui, en tant qu&#8217;hôtesse, menait des délégations étrangères                   en visite autour du site de construction. &#8220;Au début, il n&#8217;y                   avait rien là-bas. On voyait des maquettes et puis on voyait                   un pavillon qui s&#8217;élevait [&#8230;]. C&#8217;était si excitant.&#8221;</p>
<p>Diana Nicholson, une Américaine bilingue, à 22 ans est une                   des 100 premières personnes embauchées par la compagnie de                   l&#8217;Expo. Elle fut engagée comme liaison dans le service des                   relations publiques et elle devait s&#8217;occuper des communications                   avec l&#8217;Afrique de l&#8217;Ouest francophone et l&#8217;Amérique latine.                   Cela a vite changé. &#8220;J&#8217;ai passé à peu près un an à voyager à travers                   le Canada, pour faire des exposés publics sur le projet&#8221;, dit-elle. &#8220;Je                   me souviens que je voyageais avec une énorme maquette qui,                   en fin de compte, était complètement erronée.&#8221;</p>
<p>Un des premiers défis était de développer un thème pour la                   foire, une tâche affectée à un groupe sélect d&#8217;intellectuels,                   d&#8217;artistes, de scientifiques et d&#8217;administrateurs, y compris                   les romanciers Hugh MacLennan et Gabrielle Roy. Ils se sont                   rencontrés pendant trois jours en mai 1963, à Montebello (Qc),                   et ils ont choisi Terre des Hommes, s&#8217;inspirant de l&#8217;histoire                   du même nom écrite par Antoine de Saint-Exupéry (Man and His                   World en anglais) et de l&#8217;idée &#8220;Être homme [&#8230;]. C&#8217;est sentir,                   en posant sa pierre, que l&#8217;on contribue à bâtir le monde.&#8221;</p>
<p>La compagnie de l&#8217;Expo et la municipalité de Montréal ont                   passé neuf mois environ à choisir un endroit. Des promoteurs                   immobiliers, des propriétaires fonciers et des spéculateurs                   avaient fait pression pour des douzaines de propriétés ou plus                   dans la région de Montréal, mais le maire avait son propre                   plan exceptionnel. La foire serait construite sur deux îles                   dans le fleuve Saint-Laurent, une qui serait très agrandie                   et une autre qui serait construite de toutes pièces grâce à 25                   millions de tonnes de décharge provenant du nouveau métro de                   34 kilomètres de long.</p>
<p>Nombreux étaient ceux qui pensaient que l&#8217;idée était ridicule,                   y compris le Premier ministre. Dans une lettre à Drapeau, Pearson                   rejetait le plan comme étant &#8220;une des choses les plus absurdes                   que j&#8217;ai jamais entendues&#8221;, et il ajoutait : &#8220;Avec quatre millions                   de milles carrés de terre, nous devrions pouvoir trouver un                   endroit quelque part.&#8221; Mais il n&#8217;y avait pas moyen de faire                   changer le maire d&#8217;idée. Le 12 août 1963, Pearson lui-même à tiré sur                   un levier et un chouleur à chargement antérieur a déversé les                   25 premières verges de terre sur l&#8217;île Sainte-Hélène. Pendant                   les sept mois suivants, la décharge d&#8217;un camion était déposée                   toutes les quatre minutes, nuit et jour et, le 26 juin 1964,                   la municipalité remettait les îles aux organisateurs de l&#8217;Expo.</p>
<p>C&#8217;est le colonel Edward Churchill, un officier de l&#8217;armée à la                   retraite recruté à Ottawa où il avait un emploi pépère au gouvernement,                   qui a construit la foire. Il avait 878 jours pour faire le                   travail et il a failli en mourir. Après des mois de longues                   journées qui se terminaient fréquemment à minuit, il s&#8217;est écroulé de                   fatigue lors d&#8217;une conférence et il a dû faire un séjour à l&#8217;hôpital.                   Pour faire avancer plusieurs tâches simultanément, Churchill                   a copié la technique des voies cruciales du programme spatial                   des États-Unis. Chacun des projets sur les îles fut divisé en étapes, à partir                   de la planification et jusqu&#8217;à l&#8217;achèvement.</p>
<p>Convaincre le monde de participer était un autre grand défi                   et la responsabilité en fut donnée au commissaire général d&#8217;Expo                   Pierre Dupuy, un diplomate de carrière recruté au ministère                   des Affaires étrangères. Il visita 125 pays, rencontra 90 chefs                   d&#8217;État, se déplaça sur plus de 250 000 milles, mit tous les                   diplomates canadiens à l&#8217;étranger à contribution et eut un                   succès énorme.</p>
<p>Dupuy, surnommé M. Énergie par son personnel, convainquit                   62 nations de participer, un nouveau record pour une foire                   mondiale, et ils vinrent de tous les coins de la planète.</p>
<p>De tous les pavillons et expositions, deux sont des jalons                   qui ont saisi l&#8217;esprit futuriste de toute l&#8217;entreprise. Le                   premier était le dôme géodésique américain, dessiné par l&#8217;architecte,                   inventeur et visionnaire Buckminster Fuller. qui a été surnommé Bucky&#8217;s                   Bubble (la Bulle de Bucky). Bien que certains aient trouvé les                   expositions banales, la structure elle-même était saisissante                   : une sphère de 250 pieds de diamètre et de 200 pieds de hauteur,                   grandiose comme une cathédrale. L&#8217;extérieur était construit                   en panneaux d&#8217;acrylique fixés à une charpente de tubes d&#8217;acier                   ressemblant à un nid d&#8217;abeilles, et c&#8217;était transparent. Cela                   donnait au dôme &#8220;un air léger suggérant un conte de fée&#8221;, d&#8217;après                   l&#8217;auteur Pierre Berton, qui dit aussi : &#8220;la nuit, illuminé de                   l&#8217;intérieur, le dôme était vraiment une fantaisie&#8221;.</p>
<p>L&#8217;autre structure qui est devenue un symbole de la foire qui                   perdure, c&#8217;est Habitat &#8217;67 de Moshe Safdie. Safdie, un architecte                   de 28 ans, né en Israël, qui avait grandi à Montréal, en avait                   conçu l&#8217;idée dans sa thèse de maîtrise à l&#8217;Université McGill.                   Il s&#8217;agissait de 354 boîtes en béton préfabriquées qui étaient                   soulevées avec des grues et déposées ça et là, ce qui donnait                   en tout 158 appartements. &#8220;Pratiquement tous les précédents,                   règles, coutumes, normes et usages sont enfreints par Habitat&#8221;, écrivait                   Ada Louise Huxtable dans le New York Times. Mais elle poursuivait                   en le décrivant comme étant &#8220;un exercice conséquent et stupéfiant                   en logement expérimental&#8221;.</p>
<p>Habitat &#8217;67 sert encore de domicile aujourd&#8217;hui et la plupart                   des unités sont la propriété de particuliers. En 1976, un incendie                   a détruit l&#8217;extérieur en acrylique du dôme de Fuller, mais                   il a été remplacé et la structure abrite actuellement un musée                   appelé Biosphère. Le parc d&#8217;attractions La Ronde continue à fonctionner,                   mais rares sont les autres souvenirs physiques de l&#8217;Expo 67                   qui restent.</p>
<p>Le temps a aussi effacé une bonne partie de la bienveillance                   et de l&#8217;idéalisme qui ont rendu l&#8217;Expo possible. La crise d&#8217;octobre                   1970, l&#8217;élection des gouvernements séparatistes au Québec,                   l&#8217;exode des Montréalais anglophones et la chute de l&#8217;économie                   de Montréal ont servi à saper l&#8217;optimisme et la camaraderie                   qui avaient permis aux Canadiens d&#8217;éblouir le monde. &#8220;C&#8217;était                   une époque très intéressante&#8221;, dit Beaubien qui aujourd&#8217;hui                   est âgé de 80 ans. &#8220;Nos esprits se développaient.&#8221; Ainsi que                   notre sentiment de ce que cela voulait dire d&#8217;être Canadien.</p>
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		<title>Le cartographe de Temagami</title>
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		<dc:creator><![CDATA[D'Arcy Jenish]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 02 May 2006 03:17:11 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Articles principaux]]></category>
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					<description><![CDATA[Craig Macdonald a toujours eu la bougeotte, il a été ébloui par l&#8217;envie de voyager toute sa vie, non pas au sommet des plus hautes montagnes du monde, ni aux terres lointaines ou aux villes exotiques, mais de long en large sur les cours d&#8217;eau nord-américains de l&#8217;Est. Macdonald, un résident de Dwight (Ont.), à [&#8230;]]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<h1></h1>
<p>Craig Macdonald a toujours eu la bougeotte, il a été ébloui                   par l&#8217;envie de voyager toute sa vie, non pas au sommet des                   plus hautes montagnes du monde, ni aux terres lointaines ou                   aux villes exotiques, mais de long en large sur les cours d&#8217;eau                   nord-américains de l&#8217;Est. Macdonald, un résident de Dwight                   (Ont.), à 200 kilomètres au nord-est de Toronto, qui a maintenant                   59 ans, a pagayé, fait de la raquette et marché des côtes de                   la baie d&#8217;Hudson jusqu&#8217;à l&#8217;embouchure de la rivière Penobscot à Old                   Town (Maine), surtout en parcourant les anciennes voies commerciales                   des peuples autochtones qui autrefois vivaient sur ces territoires.</p>
<p>Mais de tous ces endroits, celui pour lequel il a éprouvé le                   plus vif intérêt, et pendant le plus longtemps, est le Temagami,                   une région sauvage de plus de 10 000 kilomètres carrés au nord                   de North Bay à cheval sur la frontière entre l&#8217;Ontario et le                   Québec. Macdonald explore les forêts, les hautes terres et                   les cours d&#8217;eau de Temagami depuis son adolescence. Il a étudié l&#8217;histoire,                   la langue et la culture du peuple Anishinawbeg ou Ojibway qui                   vit là depuis nombre de générations et il a profité de son                   expérience pour créer une importante fenêtre sur l&#8217;histoire                   du territoire. Sa création est intitulée Historical Map of                   Temagami (carte historique de Temagami), et elle représente                   une contribution inégalée et très précieuse pour notre compréhension                   du monde autochtone qui existait au Canada avant d&#8217;entrer en                   contact avec la civilisation blanche.</p>
<p>La carte de Macdonald, qui lui a pris vingt-six ans à faire,                   offre un instantané cartographique de la vie des Anishinawbegs                   de Temagami. La carte, publiée en 1993 par la Commission de                   toponymie de l&#8217;Ontario, comprend les noms de 660 caractéristiques,                   lacs, rivières, ruisseaux, îles et terres hautes, le tout dans                   la langue des Anishinawbegs. On y trouve les voies de voyagement                   hivernales et estivales et y sont identifiés des centaines                   de portages, ainsi que leur longueur exacte.</p>
<p>En incluant ces caractéristiques, la carte sert à nous donner                   une idée des petites bandes semi-nomades des autochtones qui                   subsistaient en chassant, en trappant et en pêchant le ménomini                   dans le Te-mee-ay-gaming, le lac profond au coeur de leur monde.                   Ces gens utilisaient les cours d&#8217;eau et les portages pour aller                   d&#8217;un camp à l&#8217;autre selon les saisons et ils les connaissaient                   aussi bien que le citadin d&#8217;aujourd&#8217;hui compte sur ses rues,                   ses avenues et ses autoroutes.</p>
<p>Macdonald voulait enregistrer ces caractéristiques, et d&#8217;autres,                   avant que le temps en ait effacé toute trace. &#8220;J&#8217;ai guidé des                   expéditions en canoë à des camps de jeunes à Temagami durant                   les années 1960 alors que j&#8217;étais à l&#8217;université et j&#8217;ai connu                   certains des Indiens, dont la plupart étaient des trappeurs âgés.                   Ils avaient de très grandes connaissances des ressources de                   leurs terres. Je me suis rendu compte à quel point ces connaissances étaient                   fragiles et que leur histoire et leurs traditions risquaient                   de disparaître à tout moment.&#8221;</p>
<p>Le contact avec les commerçants de fourrure et les missionnaires, à partir                   du 17e siècle, commença de modifier la culture traditionnelle                   des Anishinawbegs et cette modification a accéléré quand la                   mise en coupe, le minage et la construction des barrages électriques                   ont altéré le territoire physiquement. Toutefois, les gens                   continuaient à vivre à la vieille manière jusqu&#8217;aux années                   1940, d&#8217;après Macdonald, quand le gouvernement canadien a commencé à appliquer                   une politique d&#8217;assimilation de manière agressive. Finalement,                   eux aussi ont quitté la terre pour aller vivre dans des réserves                   et envoyer leurs enfants aux pensionnats.</p>
<p>Les Anishinawbegs vivent maintenant à la réserve de Bear Island,                   au lac Temagami et, comme Macdonald l&#8217;a appris pendant qu&#8217;il                   faisait ses recherches, une grande partie des plus jeunes ne                   connaissent pas grand-chose du monde de leurs ancêtres.</p>
<p>Macdonald décida de lui-même d&#8217;étudier ce monde et il le fit                   sans s&#8217;attendre à être récompensé ou reconnu. Ce qu&#8217;il a accompli,                   si ce n&#8217;est pas inégalé, est tout au moins rare. D&#8217;après Conrad                   Heidenreich, un géographe historien et professeur de l&#8217;Université York à la                   retraite, les Inuits du Labrador et du Québec du Nord ont créé des                   cartes détaillées de leurs terres, et certaines bandes indiennes                   de la côte Ouest ont fait des efforts semblables. Mais une                   telle cartographie autochtone n&#8217;existe pas pour les autres                   parties du pays; sauf pour Temagami et c&#8217;est grâce à Macdonald.                   Pourtant, cet homme de grand air, grand, mince et qui devient                   chauve, est modeste en ce qui concerne sa motivation et ce                   qu&#8217;il a accompli.</p>
<p>Ce sont les autres qui parlent en termes enthousiastes de                   lui et de son travail. &#8220;C&#8217;est un trésor national&#8221;, dit Brian                   Back, qui a fondé la Temagami Wilderness Society (société de                   la réserve naturelle de Temagami) au début des années 1980                   et qui a pagayé sur les cours d&#8217;eau du district presque autant                   que Macdonald. &#8220;L&#8217;exactitude de la carte est vraiment impressionnante.&#8221;</p>
<p>Michael Smart, un secrétaire exécutif à la retraite de la                   Commission de toponymie, dit que ses collègues et lui ont vu                   la carte sous sa forme manuscrite au milieu des années 1980                   quand ils faisaient une révision périodique des noms géographiques                   du district de Temagami. &#8220;Il a déroulé sa carte à une réunion                   de la commission et ce fut une révélation que de voir un travail                   génial comme celui-là. C&#8217;était un manuscrit extra. L&#8217;arpenteur                   en chef l&#8217;a vu et dit : &#8216;mon Dieu, il faut qu&#8217;on le publie&#8217;.&#8221;</p>
<p>Alejandro Rabazo, le cartographe du ministère qui a transformé la                   carte manuscrite de Macdonald en un produit final, dit beaucoup                   de bien de Macdonald. &#8220;J&#8217;ai beaucoup aimé le travail. Il connaissait                   le territoire incroyablement bien. Je n&#8217;ai jamais rencontré quelqu&#8217;un                   qui connaissait un projet autant que lui.&#8221;</p>
<p>La commission a fait imprimer 10 000 copies, en a gardé à peu                   près la moitié et envoyé des échantillons aux organisations                   comme la Bibliothèque nationale et Archives nationales du Canada à Ottawa,                   le Smithsonian Institute à Washington (D.C.) et l&#8217;United States                   Board of Geographic Names. Macdonald a reçu le reste du tirage                   et de temps en temps vend des copies ou les donne à des canoéistes                   ou à des gens qui font des expéditions en milieu sauvage à Temagami.</p>
<p>Les autochtones ont reconnu la valeur de son travail et se                   sont tournés vers lui plusieurs fois quand ils avaient besoin                   d&#8217;aide. À la fin des années 1980, les Anishinawbeg de l&#8217;île                   Bear de Temagami ont appelé Macdonald en tant que témoin à l&#8217;occasion                   d&#8217;audiences concernant les revendications territoriales devant                   la Cour de justice de l&#8217;Ontario et ont profité de son témoignage                   pour établir que leurs ancêtres utilisaient entièrement les                   terres depuis au moins les années 1600, quand les missionnaires                   français, qu&#8217;ils appelaient les way-mit-a-goosh ou branleurs                   de bout de bois, sont arrivés.</p>
<p>Plusieurs bandes autochtones sont entrées en contact avec                   lui et lui ont demandé conseil pour entreprendre des projet                   cartographiques semblables. &#8220;Chaque année, on dirait qu&#8217;on                   s&#8217;intéresse de plus en plus à cette sorte de chose&#8221;, dit-il. &#8220;J&#8217;ai                   reçu des coups de fil d&#8217;autochtones de l&#8217;Ontario, du Québec                   et du Nouveau-Brunswick, mais il y a autant de régions au Canada                   de l&#8217;Est où l&#8217;on ne peut plus faire de carte historique détaillée.&#8221; Macdonald                   dit que c&#8217;est parce qu&#8217;il ne reste pas de gens qui connaissent                   l&#8217;histoire, ou tout au moins très peu.</p>
<p>Macdonald a commencé à faire ses recherches sérieusement au                   début des années 1970, après avoir obtenu une maîtrise en pêcheries                   et commencé sa carrière à l&#8217;agence provinciale qu&#8217;on appelait                   le Department of Lands and Forests (ministère des terres et                   forêts). Il a obtenu une connaissance directe du Temagami grâce à des                   voyages en canoë durant l&#8217;été et des expéditions de raquette                   durant l&#8217;hiver, ce qu&#8217;il augmentait en interviewant les vieux                   trappeurs anishinawbegs.</p>
<p>Nombre d&#8217;entre eux étaient nés et avaient été élevés dans                   la brousse et leurs anciens leur avaient appris la chasse et                   la trappe, mais durant les années 1970, ces trappeurs qui se                   faisaient vieux étaient le dernier lien avec le vieux monde                   des Anishinawbegs. Pendant des siècles, le peuple anishinawbeg                   passait l&#8217;hiver dans des petits camps de deux ou au maximum                   trois familles et s&#8217;occupaient de leurs lignes de piégeage.                   Au printemps, ils récoltaient le sirop d&#8217;érable et en été des                   familles venant de tout le territoire s&#8217;assemblaient à Ka-tay                   Temee-ay-ga-maw Minis, une île dans le lac de Temagami. Ils                   pêchaient le ménomini et cultivaient une petite variété robuste                   de maïs, et en automne ils reprenaient le chemin de leur camp                   d&#8217;hiver.</p>
<p>Macdonald estime qu&#8217;il a interviewé 500 anciens autochtones à l&#8217;île                   Bear et plusieurs réserves avoisinantes en Ontario et au Québec.                   Il a accumulé des centaines de pages de cahier de note et ramassé du                   matériel sur une grande série de choses, y compris les croyances                   spirituelles des Anishinawbegs, leurs méthodes de prestidigitation,                   leurs techniques de canoë et les endroits où chasser, tendre                   un piège et ramasser de la catilnite. &#8220;J&#8217;ai parlé aux gens                   les plus vieux que je pouvais trouver et les plus jeunes avaient                   de la difficulté à écouter parce que les anciens parlent d&#8217;endroits                   qu&#8217;ils n&#8217;avaient jamais vus&#8221;, se rappelle Macdonald.</p>
<p>Son plus vieil informateur était Phileas Lepage, qui avait                   108 ans lors de l&#8217;interview et qui était probablement né autour                   de 1868. Quelques jours avant que Macdonald lui parle, Lepage                   avait soupé avec le premier ministre de l&#8217;Ontario d&#8217;alors Bill                   Davis et le Premier ministre Pierre Trudeau car c&#8217;était alors                   un des plus vieux vétérans de la Première Guerre mondiale encore                   vivant. &#8220;Il était si vieux qu&#8217;il avait vu Sir John A. Macdonald                   faire des discours électoraux dans des trains&#8221;, dit Macdonald.</p>
<p>Lepage avait été employé comme garde-feu par le gouvernement                   de l&#8217;Ontario au début du 20e siècle et il connaissait bien                   le pays autour du lac dans la partie nord-ouest du district                   que les Anishinawbegs appelaient Shonj-a-waw-gaming Saw-gi-hay-gun-ning,                   ou lac aux eaux calmes. Il a donné des renseignements sur les                   portages et présenté Macdonald à une femme appelée Angélique                   Misabi, qui avait dans les 90 ans et qui quand elle était enfant                   et jeune adulte avait vécu à des camps d&#8217;hiver à un lac avoisinant. &#8220;Elle                   pouvait vous raconter tout ce que vous vouliez savoir à propos                   de la vie dans les bois&#8221;, dit Macdonald. &#8220;Elle avait beaucoup                   d&#8217;histoires à propos des temps anciens et comment c&#8217;était quand                   on voyageait en canoë d&#8217;écorce.&#8221;</p>
<p>Misabi a répondu à une question qui avait laissé Macdonald                   perplexe pendant longtemps. Durant ses propres voyages, il                   avait souvent vu de magnifiques pins blancs imposants marqués                   d&#8217;encoches carrées profondes que quelqu&#8217;un avait certainement                   fait avec une hache. &#8220;J&#8217;avais vu ces choses-là pendant 10 ou                   15 ans, toujours du côté sud des arbres. Elle me dit que c&#8217;étaient                   des postes à résine. La résine de pin était cueillie par les                   Indiens qui s&#8217;en servaient pour réparer leurs canoës. Certaines                   de ces encoches avaient peut-être 150 ans.&#8221;</p>
<p>Macdonald a interviewé des centaines de personnes qui n&#8217;étaient                   pas des autochtones : des trappeurs, des guides, des bûcherons                   et bien d&#8217;autres, n&#8217;importe qui qui puisse lui donner des renseignements,                   aussi fragmentaires soient-ils, sur la géographie autochtone                   de Temagami. Il a étudié d&#8217;innombrables vieilles cartes et                   rapports d&#8217;arpenteurs à la recherche des noms autochtones des                   caractéristiques géographiques qui auraient pu avoir changé au                   fil du temps. Il a aussi lu les histoires locales et les journaux                   des commerçants de fourrure, des missionnaires et des pionniers,                   bref, tout ce qui pouvait lui donner des renseignements utiles.</p>
<p>Ses recherches lui ont donné une idée inhabituelle du monde                   des Anishinawbegs, une grande compréhension de leur langue                   et une appréciation durable de leur utilisation du territoire                   et des ressources. &#8220;Leur capacité à survivre dans cet environnement était                   le résultat des connaissances expertes des ressources et des                   systèmes de sentiers. Ils avaient des territoires familiaux                   pour la trappe et la chasse qui étaient aussi clairement définis                   qu&#8217;une ligne de piégeage moderne enregistrée auprès du gouvernement.&#8221;</p>
<p>Le nom des endroits et des caractéristiques géographiques étaient                   très importants et souvent il était choisi d&#8217;après la nourriture                   ou la ressource qu&#8217;on pouvait obtenir à la rivière, au lac                   ou à l&#8217;autre cours d&#8217;eau. Par exemple, sur la carte de Macdonald                   il y a un long lac mince appelé Kee-chim Ma-ko-bing Saw-gi-hay-gun-ning,                   soit où l&#8217;ours va à l&#8217;eau. En d&#8217;autres mots, c&#8217;était un croisement                   d&#8217;ours. D&#8217;une façon semblable, il y a une bouche à un des bras                   du sud du lac Temagami que les Anishinawbegs appelaient Ma-kwaw                   na-gwaw-awk-shing Saw-gi-hay-gun-ning ou l&#8217;endroit du piégeage                   des ours.</p>
<p>Les Indiens savaient que les ours traversaient fréquemment                   cette bouche alors ils construisaient des pièges en rondins                   bâtis comme des appentis mais lestés avec d&#8217;énormes charges                   de pierres. Ils mettaient un morceau de viande ou autre appât                   sous les rondins. Quand l&#8217;ours tirait sur l&#8217;appât, les rondins                   et les pierres tombaient et soient qu&#8217;ils écrasaient l&#8217;animal,                   soit qu&#8217;ils l&#8217;étouffaient.</p>
<p>Les Anishinawbegs appelaient une de leurs rivières Wu-num-man                   Zipi ou la rivière à vase rouge. Ils s&#8217;y rendaient pour ramasser                   un matériel de couleur rouge, en fait un oxyde de fer, parmi                   les pierres dont ils se servaient comme peinture ou teinture.</p>
<p>Ils se servaient des noms comme aides au déplacement. Macdonald                   dit que dans tout territoire indien il y avait nombre de lacs                   qui étaient identifiés par leur forme ou quelque autre caractéristique                   physique pour aider les gens qui allaient d&#8217;un endroit à un                   autre. Ainsi, il y avait des lacs ronds, des lacs longs et                   des lacs aux pins, ainsi que des lacs qui étaient clairs, sales,                   herbeux, vaseux ou brûlés, c&#8217;est-à-dire entourés par des forêts                   qui avaient passé au feu.</p>
<p>Les autochtones donnaient aussi un nom aux points de repère,                   pour servir d&#8217;aide à la navigation aussi. Il y a un plan d&#8217;eau                   long et étroit à Temagami que les Anishinawbegs appelaient                   Waw-bos Nah-mat-ta-bee Saw-gi-hay-gun-ning ou lac au lapin,                   parce qu&#8217;on peut y voir un gros rocher qui ressemble à un lapin                   accroupi.</p>
<p>À Temagami, comme dans la plupart des endroits au Canada,                   il y a nombre de caractéristiques physiques qui ont encore                   le nom indien ou une corruption de ce nom. Le lac Wanapitei                   sur les cartes contemporaines vient du nom anishinawbeg Wawn-a                   bitay-bing Saw-gi-hay-gun-ning ou lac de la dent creuse, une                   description si vieille que même les plus vieux informateurs                   de Macdonald ne pouvaient pas l&#8217;expliquer. La rivière Sturgeon                   (esturgeon) est une traduction du nom anishinawbeg, Nah-may                   Zipi, et appelée ainsi parce qu&#8217;elle contenait tant d&#8217;esturgeons.</p>
<p>Nombre de noms autochtones ont toutefois disparu, parce que                   des fois les gens non autochtones préfèrent donner le nom de                   quelqu&#8217;un aux endroits. Sur n&#8217;importe quelle carte de Temagami                   officielle il y a des lacs auxquels on a donné le nom d&#8217;arpenteurs,                   de politiciens et, dans un cas, un jeune qui avait été à un                   camp d&#8217;été et nommé campeur de l&#8217;année.</p>
<p>Un des plus grands lacs à Temagami s&#8217;appelait, dans le temps                   des Indiens, Mons-kaw naw-ning Saw-gi-hay-gun-ning ou lac repaire                   de l&#8217;orignal. Durant les années 1880, Robert Bell de la Commission                   géologique du Canada lui donna le nom de lac Lady Evelyn en                   l&#8217;honneur de la fille d&#8217;un aristocrate irlandais de ses relations.                   On a aussi donné le nom de femmes aristocrates à deux autres                   lacs : Lady Dufferin et Lady Sydney. &#8220;Nombre de ces gens n&#8217;ont                   même jamais vu les lacs et ils n&#8217;avaient aucun lien avec les                   terres&#8221;, dit Macdonald.</p>
<p>La carte de Macdonald est précise d&#8217;une autre manière, que                   seules les personnes qui connaissent très bien le Temagami                   ne remarqueraient. Il note que 36 lacs dans le district ont été changés                   par des barrages hydro-électriques. Dans la plupart des cas,                   ils sont plus grands qu&#8217;autrefois parce que les barrages ont                   inondé des terres limitrophes. Les lacs sur sa carte semblent être                   comme ils l&#8217;étaient avant la construction des barrages. C&#8217;est                   un petit détail mais une de ces choses qui font que sa carte                   est tellement précieuse, et qui ont tellement impressionné les                   gens qui ont transformé son manuscrit en produit fini.</p>
<p>Pour de plus amples renseignements sur la carte historique                   de Temagami, veuillez prendre contact avec Craig Macdonald à RR                   1 Dwight ON P0A 1H0, 1-705-635-3416.</p>
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